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Épisode 130 – Panama; Plus Qu’une Simple « City »

Isthme
(se prononce « isme »)

« Étroite bande de terre, entre 2 mers (océans), qui relie 2 grandes étendus de terre. »

23 Juillet 2017

L’Amérique du Sud et Cuba étant de l’histoire ancienne, et de nouveau voyageur solo, je foulais le sol de l’isthme le plus connu sur Terre au jour 482 de mon second voyage autour du monde. 
Bienvenue en Amérique Centrale!



Panama… ma 1ère de 7 destinations (pays) sur l’isthme…
Le Panama est à l’Amérique Centrale, ce que l’Équateur est à l’Amérique du Sud; un passage obligé que la grande majorité des voyageurs traversent en coup de vent en route vers des pays plus attrayants.
Trop cher, sans grand intérêt… il y a tout de même quelques endroits qui valent le détour.

PANAMA POUR LES NULS
Signifiant « Abondance de papillons » en language indigène, Panama est le point de rencontre entre l’Amérique du Sud & l’Amérique du Nord, et entre l’océan Pacifique et la mer des Caraïbes. 
Au point le plus étroit du pays, seulement 80km séparent le Pacifique des Caraibes. 
Le Panama fut le 1er endroit « colonisé » par les européens en Amérique Centrale. Les espagnols arrivèrent sur l’isthme en 1501, Christophe Colomb vint à son tour en 1502 lors de son 4ème voyage en Amérique, et la 1ère colonie fut fondée en 1510 (rapidement abandonnée). Panama City fut ensuite fondée en 1519. 
C’est aussi à Panama que les européens « découvrirent » l’océan Pacifique pour la 1ère fois. Tout d’abord surnommée « El Mar del Sur (la Mer du Sud) », l’océan fut rebaptisée « Pacifique » après que les premiers européens à y avoir navigué aient trouvé les eaux extrêmement calmes. On sait aujourd’hui que l’océan Pacifique porte très mal son nom puisque c’est l’océan la plus agité sur Terre. 
De 1531 à 1660, on estime que plus de 60% des richesses transportées du Nouveau Monde à l’Espagne ont transitées par Panama. Cela s’explique par le fait que les espagnols controlaient principalement la cote pacifique de l’Amérique du Sud (les portugais étaient sur la cote atlantique) et la présence de beaucoup de pirates dans l’Atlantique. 
Il était donc plus sécuritaire de charger les richesses sur des bateaux à Lima (capitale espagnole sur le Nouveau Monde), monter jusqu’au Panama sur le Pacifique, débarquer le butin, traverser l’isthme via le « Camino del Oro (Chemin de l’Or) », une sentier de 80km reliant les 2 océans, remettre la cargaison sur un nouveau bateau dans la mer des Caraïbes, rejoindre La Havane et traverser l’Atlantique escorté par l’Armada Espagnole. 
En 1821, le Panama a obtenu son indépendance de l’Espagne… pour presque limmédiatement rejoindre le pays nouvellement formé de « Gran Colombia », le rêve de Simon Bolivar, qui comprenait la Colombie, l’Équateur et le Venezuela. 
Fait surprenant, même si le Panama et la Colombie sont limitrophes… et qu’ils ont longtemps été un seul et même pays, il n’y a aucun moyen de franchir de la Colombie au Panama (ou vice verca) par la voie terrestre. 
L’autoroute PanAmerican traverse les Amériques de Vancouver jusqu’à Ushuaia (au sud de l’Argentine), mais est interrompue sur environ 60km à la frontière Panama/Colombie. 
Cet endroit se nomme le « Darian Gap », une jungle très dense, paradis des narco trafiquants, contrebandiers et autre vermines. En d’autres mots, vous n’allez pas là si vous êtes une personne saine d’esprit… 
Panama Version 21ème Siècle est un pays très (T R È S) américanisé; tout le monde parle anglais, ils utilisent le $ américain comme monnaie (qu’ils ont rebaptisé le « Balboa panaméen »… mais c’est la monnaie américaine). 
Résultat; le cout de la vie y est beaucoup plus élevé que dans le reste de l’Amérique Latine (exception faite du Costa Rica et du Chili). 
C’est tellement américanisé que des asiatiques travaillent dans la plupart des dépanneurs…
Le nom Balboa n’a aucun rapport avec Rocky Balboa, mais plutôt en l’honneur de Vasco Nunez Balboa, le conquistador espagnol qui fut le 1er européen à découvrir l’océan Pacifique… depuis de Panama. 
De nos jours, les panaméens connaissent le mot Balboa surtout en raison de la bière nationale qui est nommée ainsi.

PANAMA CITY
1er arrêt; Panama City!
Ma 1ère impression de Panama City fut de me demander si j’étais de retour à Dubai? Avec tous ces gratte-ciels en bord de mer, les similitudes sont grandes… mais au lieu du Burj Khalifa (comme édifice le plus grand de la ville) c’était la Trump Tower…


Panama City est sans aucun doute la ville la plus cosmopolite d’Amérique Centrale. La métropole de 1.4 millions d’habitants (sur un total de 3.7 dans tout le pays) est en quelque sorte le Singapour (centre économique) de l’Amérique Latine; un pays avec une position (géographique) centrale, et qui est stable (en paix) depuis longtemps.
Panama Viejo

Le site original où fut fondée « Nuestra Senora de la Asuncion de Panama » en 1519. 
Stratégiquement positionnée sur la cote Pacifique de Panama, la ville était à l’abri des attaques de pirates… jusqu’à 1671… où la ville fut entièrement détruite par le pirate anglais Henry Morgan. 
L’endroit est aujourd’hui inhabité et il n’en reste que des ruines…
Casco Antiguo – Districto Historico

Peu de temps après la destruction de la ville originale, une nouvelle ville fut construite sur une petite pointe rocheuse 8km plus loin dans la Bahia de Panama; Casco Viejo… vieille ville coloniale inscrite au Patrimoine de l’UNESCO… aujourd’hui ceinturée par une très laide (et bizarre) autoroute surélevée contournant le quartier à environ 100m sur l’océan. 



LE CANAL DE PANAMA
1914 ne rime pas seulement avec le début de la 1ère Guerre Mondiale… 1914 rime aussi avec l’inauguration du « Canal Interoceanico de Panama ».


Encore aujourd’hui, plus de 100 ans après sa construction, le Canal est vue comme l’une des plus grandes constructions humaines… une véritable merveille de technologique.
Pour ceux qui ont vécu sur une autres planètes depuis 100ans, le Canal de Panama est le lien fluvial (eau) créé par l’homme pour relier la mer des Caraïbes/Atlantique au Pacifique.  
Avant son ouverture, les bateaux désirant passer d’un coté à l’autre de l’Amérique n’avaient pas le choix; ils devaient contourner le Cap Horn à l’extrême sud de l’Amérique du Sud.
L’idée d’un Canal qui lie les 2 océans ne date pas d’hier. Depuis que les européens ont foulé la terre de Panama, ils ont rapidement compris que l’endroit représentait la plus étroite bande de terre entre les océans Pacifiques et Atlantique.
Tout au long du 19ème siècle, des entreprises européennes ont tenté de construire le Canal, mais se sont butées aux forces de la Nature… et ont toutes finis par abandonner… jusqu’au jour où les américains (qui d’autres) sont entrés dans le décor. 
Un Canal, Un Pays

Fait surprenant; c’est la construction du Canal qui précipita la sorti du Panama de la Colombie… au profit des États-Unis. 
Le 3 Novembre est l’anniversaire de l’Indépendance de Panama… de la Colombie. Avec l’aide des États-Unis (encore et toujours), Panama s’est séparé de la Colombie en 1903.
Tout de suite après (1904), les États-Unis et Panama signaient un accord pour construire le Canal de Panama. Le Canal serait construit par les américains (1904-1914) et géré par les américains (tous les profits, etc., reviendraient aux américains). 
Dès sa signature, l’accord allait être décrié partout au Panama et en Amérique Latine. Les États-Unis allaient finalement céder le Canal de Panama au Panama en 1999. 
De Nos Jours

Le Canal de Panama est un système de 3 écluses. 
De l’océan Pacifique, les bateaux entrent dans l’Écluse Miraflores (située à quelques km de Panama City) et sortent 16 mètres plus haut dans le lac (artificiel) Miraflores. 
Les bateaux atteignent rapidement la seconde Écluse (Pedro Miguel) moins de 1km plus loin, pour en sortir 10m plus haut (donc 26m au-dessus du niveau de l’océan Pacifique) dans le lac (artificiel) Gatun. 
Jusqu’en 1940, le lac Gatun était considéré comme le plus grand lac artificiel (créé par l’homme) sur Terre. 
Une fois franchit le lac, les bateaux arrivent du coté atlantique à la 3ème et dernière Écluse (Gatun), où ils redescendent au niveau de l’océan Atlantique. 
Il faut de 8 et 10 heures pour passer d’un océan à l’autre via le Canal (qui fonctionne 24h/24). Plus de 14000 bateaux y transitent chaque année. On estime qu’environ 4-5% de tous les transports maritimes sur Terre transite par le Canal de Panama (1 bateau sur 20 naviguant syr Terre). 

BOQUETE
Pour un pays réputé comme minuscule, il m’aura fallu plus de 7h de bus pour gagner Boquete depuis Panama City. 
Bienvenue dams la « contrée du printemps éternel » (climat parfait à l’année longue), la capitale du café panaméen… café actuellement réputé comme étant le meilleur (et plus cher) café au monde. 
Jusqu’au début des années 2000, Boquete n’était pas sur les radars du tourisme international. Ce n’était qu’une petite ville de montagne bien tranquille. 


Puis, l’endroit fut désigné par un magazine américain comme étant l’un des secrets les mieux gardés des endroits où il fait bon vivre pour des expatriés… et l’endroit fut rapidement « colonisé » par les américains (toujours encore et toujours). 
Perché à plus de 1100m d’altitude, Boquete se situe directement au pied d’un géant; le volcan Baru… le seul volcan du Panama… et par le fait même l’endroit le plus haut du pays (@3475m). 
Le sommet du volcan est le seul endroit du pays où des températures en-dessous de zéro ont été enregistrées… sa dernière irruption remonte à il y a plus de 500ans… et il se situe dans le Top30 des plus hautes montagnes sur Terre si l’on considère la différence de hauteur entre la base (@1100m) et le sommet (@3475m). 
Fait le plus intéressant, il est possible de voir les 2 cotés de l’Amérique Centrale (océan Pacifique et mer des Caraïbes) par temps clair depuis le sommet.
Il n’en fallait pas plus pour que je tente ma chance… 

Le Toit du Panama!

22h50pm – À l’heure où tout le monde faisait la fête dans mon auberge, j’enfilais mes bottes de montagne et quittais dans la nuit noire. 
J’allais réaliser l’ascension du volcan de nuit afin d’être au sommet pour le lever du soleil… et espérer voir les 2 cotés de l’Amérique Centrale. 
« You’re going to walk from here?!? Why don’t you take a taxi?!? (tu vas commencer à marcher de l’auberge?!? Pourquoi ne prend-tu pas un tax?!?) »
Il fait savoir qu’une route se rend jusqu’à la moitié de la hauteur du volcan. La totalité des gens qui font l’ascension de Baru prennent un taxi et marchent 12km +1200m allé… et 12km -1200km pour revenir. 
Pour ma part, j’allais me taper 25km, +2500m, -200m d’ascension… et 25km, -2500m, +200m de descente… soit le double… imaginez… 50km de marche avec presque 3km de monté ET de descente… assurément l’une des idées les plus stupides que j’ai eu…
Quand on me demandait « Pourquoi », je répondais « Pourquoi pas… j’ai toute la nuit… ». 
Les randonnées de nuit sont toujours spéciales (j’en ai 7 à mon actif); vous ne voyez rien, mais votre ouie prend le relais… et votre imagination fait le reste. 
Éclairs à l’horizon et ciel exempt de nuages avec une tonne d’étoiles au-dessus de ma tête allaient m’accompagner durant mon périple nocturne. 
00.56am – Après un peu plus de 2 heures de marche, j’avais atteint la fin de la route pavée (où les gens commencent à marcher) à 1885m d’altitude. Cette 1ère section s’était avérée beaucoup plus difficile que prévu; bien que pavée, la route montait en ligne droite (aucun zig zag) avec un degré d’inclinaison impossible. 
Dès lors, le sentier était un chemin forestier (jusqu’au sommet) avec un degré d’inclinaison tout aussi impossible. Je ne tardais pas à être complètement exténué. Mes jambes, qui n’avaient pas eu à faire de longue randonnée depuis 2 bon mois, me faisaient sentir leur mécontentement. 
Plus je montais en altitude et plus la température descendait. À un certain point, le froid, et surtout l’humidité, transperçaient mes vêtements et me glaçaient les os (je portais bas thermique, tuque, gants d’hiver, imperméable avec manteau d’hiver en dessous). Moi… qui avait marché à de multiple reprises à plus de 5000 et 6000m en Amérique du Sud, me les gelais S O L I D E sur une « petite » montagne d’à peine 3475m. 
05.00am – Les étoiles disparaissaient au profit d’un ciel qui se couvrait de plus en plus. 
06.25am – Après 7h30 d’ascension, j’atteignais le sommet du Volcan Baru… l’un des endroits les plus inhospitaliers que jai vu de ma vie; couvert de brouillard et balayé par des rafales de vent extrême (c’est sans parler du froid intense qui régnait).


Tout était complètement bouché par ls brouillard… jusqu’au moment où je m’apprêtais à redescendre. Quelque chose de magique se passait; en l’espace de 5minutes, TOUT s’éclaircissait. Je pouvais admirer les 3 cotés de l’Amérique Centrale (mes doigts étaient gelés… les photos sont donc à chier). 


Après avoir marché à l’aveuglette, en fixant le petit spot de lumière que ma lampe frontale allumait sur le sol, pendant plus de 7 heures d’ascension, j’allais maintenant marcher (descendre) le chemin du retour à la lumière du jour.
-2500m de dénivelé négatif au programme… un pur délice pour les genoux… 

BOCAS DEL TORO


Un minibus, suivit d’un speed boat plus tard que j’avais quitté les hauteurs de Panama pour me retrouver sur Bocas del Toro; petit archipel de 9 iles situé à environ 1km au large de la cote dans la mer des Caraïbes. 
Bocas del Toro, la Perle du Panana! 
L’un des rares endroits dans le monde où on peut surfer et faire de la plongé sous marine (normalement l’un ne va pas avec l’autre puisque les récifs stoppent les vagues…). 
Bocas del Toro ville se trouve sur Isla Colon, l’ile principale. C’est un endroit un peu chaotique où les restaurants, hotels et agences de voyage s’empilent les uns par dessus les autres. Il est préférable de se trouver un petit coin tranquille sur l’une des autres iles… 



S’en est déjà fini du Panama!

Direction le Costa Rica!

P.S. I – Malgré la petitesse du pays, Panama est le pays où l’on retrouve le plus d’espèces d’oiseaux sur Terre (960).

P.S. II – 3 autres destinations au Panama que je n’ai pas faite, mais qui valent le détour;

San Blas Archipelago – trip en bateau à voile & façon la plus populaire de passer du Panama à la Colombie (ou vice verca)

Darian Gap – randonnées dans la jungle

Isla Coiba – réputée comme les Galapagos de l’Amérique Centrale.
Comme j’étais déjà allé en Colombie, que j’ai déjà assez donné en terme de jungle en traversant l’Amazone, et que j’ai visité les Galapagos, vous comprenez un peu pourquoi j’ai évité ces destinations… 

Publié par Nicolas Pare le 11 août 2017

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