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Épisode 61 – What dreams may come

« Au-delà de nos rêves » – Traduction du titre de l’épisode… et nom d’un magnifique film mettant en vedette Robin Williams.

J’ai quitté le Canada début mars 2013 armé de mon sac à dos et un billet allé simple pour New Delhi. À ce moment là, je n’avais absolument aucune… mais aucune idée comment mon voyage allait tourner.

Par delà le chaos indien, les montagnes himalayennes, les plantations de thé du Sri Lanka et du Darjeeling, les caméras de Bollywood, le paradis infernal de Varanasi, le désert du Ladack, la jungle et les hauteurs de Bornéo, Manille la ville qui ne dort jamais, les rizières et les plages immaculés des Philippines, Singapour la magnifique, Kuala Lumpur la moins magnifique, les délices culinaires de Melaka et de Penang, les plages dignes de cartes postales de la Thailande, Bangkok l’envoutante, le Laos et ses démons, le Myanmar et ses merveilles… et bien plus encore… j’ai tracé mon itinéraire au jour le jour à coup de décision prise sous le coup de l’émotion.

Malheureusement, comme toute bonne chose, il fallait bien que ça se finesse un jour.

En ce 14 février 2014, après quelques 345 jours de voyage, je déclare mon voyage en Asie T E R M I N É.

ÇA NE CHANGE PAS LE MONDE…

1 an en Asie ça ne change pas le monde… sauf que… j’ai de nouvelles scratchs un peu partout sur le corps et des souvenirs plein la tête…

Je suis toujours le même gars impulsif, insolent et stupide, mais j’ai l’impression d’avoir considérable vieillit, je suis devenu un expert en gestion de crise et je suis beaucoup plus ouvert d’esprit. J’ai encore les mêmes convictions, mais je suis beaucoup plus nuancé dans mes propos puisque je sais maintenant que tout n’est pas Noir ou Blanc comme les médias tendent à nous le montrer.

Entre autre, j’ai voyagé avec des jeunes israéliens qui n’avaient aucune haine pour les arabes… mais qui avaient du faire leur service militaire obligatoire en Israel. J’ai aussi voyagé avec un jeune médecin palestinien qui vivait désormais à Tel Aviv (Israel) et qui avait apprit l’hébreux.

Au delà de tout cela, après avoir côtoyé l’extrême pauvreté au quotidien, je réalise maintenant pleinement que nous (Nord Américains/Européens) sommes des privilégiés de la vie. Il faudrait un jour arrêter de se plaindre la bouche pleine et réaliser que cette liberté de penser et de pouvoir choisir notre destiné… bref, toutes ces choses que nous prenons pour acquis… sont des rêves complètement hors de portés pour la très grande majorité des habitants de cette belle Planète Bleue.

Je sais aussi que l’argent ne fait pas le bonheur… ça aide, sauf que ça a ses limites. J’ai vu des gens sourire à la vie… même si la vie ne leur souriait pas en retour.

UN VOYAGE SANS LUNETTE ROSE À TRÈS PETIT V

Je ne suis pas journaliste et je prétend encore moins être un bon photographe, mais j’ai essayé au mieux de mes capacités de vous transmettre ma passion et de vous faire découvrir des contrés qu’on entend si peu souvent parler… sauf quand des catastrophes s’y produisent.

J’ai l’impression que mon voyage a duré une décennie. Malgré tout, je peux me rappeller de chacun des 345 jours dernier jour de ma vie sans même avoir à relire mes histoires; du moment où je me suis envolé du Canada au moment où je suis revenu à Bangkok après mon trip au Myanmar… je peux réciter dans l’ordre ce que j’ai fait et où j’étais à chaque jours.

Quand on vit au quotidien comme au Québec, on se lève, on travaille, on mange, on se couche et à la fin de la semaine arrive et on se demande où notre semaine a bien pu passer. On est toujours à se projeter dans le futur: « ce soir/en fin de semaine je vais faire… ». C’est tout le contraire en voyage; l’absence de télévision/internet/wifi à porté de la main fait en sorte que le temps passe L E N T E M E N T… on vit chacune des secondes à fond.

UNE SEULE VIE À VIVRE

Je terminerais mes épisodes en Asie par l’affirmation suivante; STOP DREAMING, START LEAVING

Peu importe vos rêves/ambitions, arrêtez de vous trouver des raisons et plongez.

Oui l’inconnu fait peur…

Oui il y aura de très mauvais jours…

Oui vous allez peut-être vous planter…

… mais en bout de ligne, il y aura plus de positifs que de négatifs et le confort de votre salon n’est rien par rapport au sentiment d’accomplissement que vous pourrez ressentir.

Pour ceux qui pensent que je suis dont chanceux d’avoir fait tout ce que j’ai fait et qui aimerait avoir le courage de faire comme moi, sachez que j’ai monté l’une des plus haute montagne au monde en sandale, fait du vélo à plus de 5000m d’altitude, marché pendant 2 mois l’Himalaya et bien d’autres choses encore… mais qu’à chaque fois il y avait une voix très forte dans ma tête qui me disait de ne pas le faire… que je serais dont bien à rester dans mon lit ce matin là… à chaque fois, j’ai mis cette petite voix à Off et je me suis lancé.

J’ai lu un jour que réaliser un rêve est comme de sauter dans un train en marche; il y a une chance que vous vous pétiez la gueulle, mais de très grande chance de réussir… dans tous les cas, les chances de réussir sont plus grande que si vous restez le cul assis sur une chaise… et puis même si vous vous pêtez la gueulle, c’est toujours mieux d’avoir le coeur net que de passer le reste de sa vie à se dire « qu’est-ce qui serait arrivé si j’avais… »

Ne me sortez pas les excuses du genre « je suis trop vieux » ou « je n’ai pas le temps » puisqu’à ces 2 affirmations je répondrais « il n’est jamais trop tard » et « vous n’aurez jamais le temps si vous ne vous donnez pas le temps ». L’inconnu fait peur, mais lâchez prise, faites confiance au destin et lancez-vous.

Je rends donc l’antenne… c’est maintenant à vous de jouer. Vous n’avez qu’une vie à vivre, alors GO…

Il n’y a pas d’excuse qui tienne; JUST DO IT (faites-le un point c’est tout).

IF YOU DON’T RISK, YOU CAN’T WIN

P.S. I – AVANT – APRÈS L’ASIE

AVANT je pensais savoir c’était quoi la pauvreté… APRÈS, je sais que je n’avais aucune idée de quoi je parlais avant,

AVANT, un klaxon n’avait aucune utilité… APRÈS, je sais que ça me tombe royalement sur les nerfs,

AVANT, le mot « Tata » était employé pour décrire quelqu’un de stupide… APRÈS, c’est l’une des plus grande compagnie au monde et ça veut aussi dire bonjour en birman,

AVANT, je n’avais aucune raison de détester les indiens… APRÈS, j’en ai des tonnes,

AVANT, les musulmans/arabes étaient simplement de mauvais pilotes d’avion… APRÈS, j’ai appris à respecter ce peuple,

AVANT, rien ne pouvait battre une bonne pièce de viande pour souper… APRÈS, je ne pourrais plus me passer de la nourriture indienne…

AVANT, je pensais que le papier de toilette était essentiel pour aller au… pour faire… euh… vous savez quoi… APRÈS, je sais pourquoi se servir de la main gauche pour manger et serrer la main est malpropre,

AVANT, j’avais rarement vu des singes et j’étais émerveillé à chaque fois… APRÈS, je sais que les singes sont des ras en plus beau…

AVANT, je ne pouvais pratiquement rien faire avec 10$… APRÈS, je sais que dans certains pays, je peux me payer une chambre, 2 repas et une bière…

AVANT, je me pensais invincible… APRÈS, je sais que je suis invincible… mais que j’ai certaines limites à ne pas franchir…

P.S. II – Mon année en Asie en chiffre;

– Angleterre/Londre = 1jour
– Inde = 109jours
– Sri Lanka = 22jours
– Népal = 52jours
– Malaisie = 40 jours
– Brunei = 3 jours
– Les Philippines = 30 jours
– Singapour = 4 jours
– Thaïlande = 45 jours
– Laos = 12 jours
– Myanmar = 28 jours

P.S. III – Vous n’avez pas besoin de voyager à l’autre bout du monde pour découvrir des merveilles. Dites vous qu’il y a des gens qui voyage de l’autre bout du monde jusqu’à dans votre coin de pays…

Comme c’est souvent le cas, des étrangers en connaissent bien souvent plus sur votre coin de pays.

Je vous lance donc un défi… aller voir sur un site de voyage comme Lonely Planet où Trip Advisor, tapez « Québec », « Lac-St-Jean », etc. et regarder ce qu’il recommande comme endroit à visiter ou restaurant à essayer. Pourquoi ces sites ne devraient être utile qu’au touriste, vous vivez là à l’année longue, autant en profiter pleinement. Vous allez faire des découvertes.

Épisode 60 – Bagan; 4000 temples à la douzaine

3.30am – Un bus de nuit plus tard, nous nous retrouvions à Bagan.

5.00am – Après avoir erré dans les rues en quête d’une auberge, trouvé une auberge et dormi en boule sur le sofa du lobby pendant 30minutes, nous étions inconfortablement assis à bord d’une calèche roulant en direction de la BULEDI Paya… l’un des NOMBREUX temple que compte Bagan, pour y admirer le lever du soleil.

6.00am – C’est donc bien perché sur le temple que je regardais Bagan sortir des bras de Morphée…  IMG_3534

Il y en avait des temples qui sortaient du brouillard et de la jungle PARTOUT PARTOUT PARTOUT. Peu importe de quel coté je regardais, j’étais en mesure de voir une bonne cinquantaine de temples sinon plus.

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Comme si ce n’était pas assez, une tonne de montgolfière, remplis de touristes ayant les poches pleines, qui tapissaient le ciel et vous avez un décor unique.

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Ce fut sans aucun doute le plus beau lever de soleil que j’ai vu de ma vie. J’avais commencé mon voyage avec un levé de soleil au Taj Mahal presque 1an auparavant… difficile de trouver meilleur endroit pour boucler la boucle.

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Après un très (trop) bref repos à l’auberge, nous avons loué des calèches et la journée s’est donc résumé à se déplacer de temple en temple au rythme des roues de bois de notre chariot qui butaient sur des roches sur les routes de terre.

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Il y a des temples partout… partout partout partout partout… c’est impossible de s’arrêter à tous tellement il y en a partout… est-ce que j’ai dit qu’il y en avait partout? Et je ne parle pas de petits temples, ils sont pour la plupart immenses.

Pour ceux qui n’ont jamais vu de temple de leur vie, vous n’avez qu’à visiter Bagan pour changer la situation du tout au tout. Vous pouriez aller à Bagan et ne jamais plus aller dans aucun autre temple par la suite, que vous auriez une overdose de temples pour le reste de votre vie. Cela dépasse l’entendement d’avoir autant de temples concentrés au même endroit. Je crois qu’il faudrait au moins 2-3 semaines à quelqu’un désirant visiter chacun de ces temples en détail…

Je n’en dit pas plus, voici un bref aperçu des temples que nous avons visités…

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Du sommet de certains, nous avions un panorama 360 degrés à coupé le souffle qui valait son pesant d’or…

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D’autres avaient des corridors tout simplement immenses construits pour abriter des géants.

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C’est finalement perché tout en haut du temple SHWE-LEIK-TOO que nous avons admiré le coucher du soleil. J’étais installé au plus haut que j’avais pu monter sur la façade du temple (il n’y avait personne de plus haut que moi). Tout ce qu’il y a de plus sécuritaire…

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– Chance d’avoir un merveilleux coucher de soleil; Garanti

– Chance de se pêter la gueulle en redescendant; très élevé

– Chance que cette idée m’ait passé par la tête en montant; 0%

J’étais comme un chat qui avait monté trop haut dans un arbre et qui avait peur de descendre… appelez les pompiers…

Je laisse les images parler d’elles-même…

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Descendu sain et sauf de mon perchoir, c’est complètement crevé après un nuit dans un bus suivit d’une journée d’exploration de Bagan que nous sommes rentré à l’auberge. Il n’était pas question ce soir là de coucher dans un bus ou sur le plancher d’une maison perdue dans la jungle… oh que non… nous allions plutôt avoir l’une de nos rares bonnes nuits de sommeil au Myanmar.

9 février 2014 – Après une seule journée passée à Bagan… alors que le touriste moyen y séjourne environ 3 jours… je prenais un bus de nuit… encore… en direction de Yangon.

Je n’ai vu qu’une INFIME portion de tous les trésors que recèlent Bagan, mais ce fut amplement suffisant puisque mon cerveau ne pouvait en prendre plus.

Yangon – 10 février – 4.00am
C’est dans le stationnement poussiéreux de la gare/ville d’autobus de Yangon que je disais Au Revoir à mon compagnon Roark pour la dernière fois. Après près de 5 mois à voyager ensemble réparti sur 5 voyages, il n’y aurait pas de 6ème fois. Alors qu’il allait continuer son voyage, le mien tirait à sa fin.

En effet, je m’envolais pour Bangkok… mon 5ème séjour dans la ville du pécher asiatique… l’instant de refaire ma garde-robe afin de me diriger vers Dubai où j’ai accepté un travail d’architecte. J’allais donc troquer mes flip flop toutes troués et une senteur persistante de swing pour des pantalons, chemises et souliers.

En moins d’une semaine, j’allais donc passer d’un backpacker un peu crado ayant un budget de moins de 30$/jour et qui couche directement sur le plancher de villages perdus dans le fin fond d’un des pays les plus pauvres du monde… à un architecte travaillant dans l’une des villes les plus décadentes du monde. Après maintenant 1an à voyager, le choc allait s’avérer brutal.

MYANMAR EN BREF

J’aurais séjourné exactement 28 jours au Myanmar, soit le maximum permit pour un étranger. Ce mois aura sans aucun doute été l’un des plus éprouvants de mon voyage (mis à part les 2 treks de 1 mois) dans la mesure où il y avait beaucoup trop d’endroits à visiter pour le temps qui nous était alloué. Nous avons voyagé au sud, au nord, à l’ouest et à l’est du Myanmar sans aucun répit… et après beaucoup de nuits blanches, je peux dire mission accompli. Je quitte ce pays l’esprit plein de merveilleux souvenirs et les batteries complètement à terre.

– 28 jours,

– 24h dans un bus

– 7 nuits… blanches dans des bus,

– 4 nuits presque blanches à dormir sur le plancher des vaches lors de treks

– 3 trip de bateaux mémorables

– 2 train de jour surprenants

– 1 peuple birman qui bat à plate couture tous les autres peuples asiatiques pour sa gentillesse. Mention honorable au laotien et népalais.

Épisode 59 – Inle Lake; plus qu’un simple lac

4 février 2014

Alors que la très grande majorité des transport que j’ai pu prendre en Asie ont été sans histoire, la totalité de ceux que j’ai pris jusqu’à maintenant se sont avérés être de petites aventures en soit. Le bus de nuit qui m’a conduit de Hsipaw à Inle lake n’y a pas fait exception.

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce bus était complètement à l’opposé de celui que nous avions pris quelques jours plus tôt de Mrauk U à Mandalay (la boite de conserve). Nous étions à bord d’un bus très luxueux, on avait même des coussins pour le cou, et surtout… il n’y avait aucun trou. Cependant, qui dit bus « luxueux sans trous » dit aussi « musique et air climatisé dans le tapis ».

J’étais assis directement en avant, avec beaucoup d’espace pour les pieds et genoux et un sympathique vieux monsieur à côté de moi. À peine le bus parti qu’il s’arrêtait à nouveau pour faire monter un autre touriste. Le bus étant complètement plein, ils ont alors tassé le vieux monsieur pour l’installer sur un petit banc au milieu de l’allée et ainsi donner le siège au touriste. Je me sentais alors très mal pour le monsieur… même que j’ai pensé pendant un bon 2 secondes à lui donner mon siège… on dit que c’est l’intention qui compte… non?!?

Tout juste à l’arrière de moi, mon pote Brad (du trek à Hsipaw) était assis à côté d’une femme à qui j’ai vite donné mon vote pour la personne la plus dégoutante que j’ai rencontré de ma vie.

Elle avait un bébé en très bas âge dans les bras et à chaque fois qu’il se lamentait (c’est donc dire TOUTE LA NUIT), cette lumière criait plus fort que lui et le brassait pour le faire taire. Par moment, j’étais convaincu qu’elle allait jeter le bébé par-dessus bord tellement elle semblait le détester profondément.

Une fois la nuit tombé, la musique s’est finalement arrêté, mais le chauffeur d’autobus… qui était directement en avant de moi… a décidé de se mettre de la musique heavy métal pour combattre le sommeil. Le résultat fut très concluant puisque ni lui ni moi n’avons fermé l’œil de la nuit (dans le premier cas c’est très bien, dans le second c’est pas super).

Cela m’a permit d’être au première loge de ce que j’ai souvent cru être les derniers instants de ma vie. C’était la 1ère fois que je me retrouvais directement devant dans un autobus en Asie… et je ne souhaite pas renouveler l’expérience. De la façon dont le conducteur négociait le trajet sinueux, j’évaluais nos chances de voir un nouveau lever de soleil à environ 20%. C’était un vrai MALADE.

Pendant plus d’une heure, le bus a dévalé une route de montagne à une vitesse insensé. On se serait cru dans une boite à savon sans frein. Le chauffeur prenait les courbes à toute vitesse et très serré, sans même appuyer sur les freins.

Le nombre de fois que j’ai eu les yeux ronds, les dents serrés et les mains qui agrippaient mon banc de toute leur force ne se compte pas sur les 2 mains. À un certain moment, il est entré trop large dans un virage et nous avons failli être déporté dans le précipice lors du virage juste après. Si il n’avait pas appuyé comme un demeuré sur les freins… nous aurions assurément plongé dans le précipice.

À peine avant les 1ère lueurs du soleil, le bus s’est arrêté au bord de la route et que le chauffeur s’est écrié « Inle »…

Un dernier regard en direction de l’$st! de folle qui se trouvait derrière moi, en souhaitant la meilleure des chances à son petit bébé, et nous étions contre toute attente sain et sauf sur le bord de la route à se les geler.

J’étais alors en état de semi panique, tandis que mes 2 compagnons avaient dormis toute la nuit. Ils n’avaient pas eu vent de ce qui s’était passé… ou plutôt de ce qui avait failli se passer… une autre preuve que les ignorants sont bénis.

« Où est que nous sommes?!? »

C’est la question qui chicotait moi et mes compagnons. Pour sur, il n’y avait aucun lac en vue et nous étions dans un petit centre-ville sans le moindre charme à nous faire achaler par une tonne de chauffeur de taxi…

Ceux-ci nous ont vite fait comprendre que Nyaung Shwe, porte d’entrée d’Inle lake et véritable « incontournable », était à plus de 30min de là… et qu’il n’y avait aucune autre alternative que de prendre le taxi… ouin. Au grand malheur de toutes ces mouches à merde, nous avons choisi un chauffeur un peu en recul qui n’avait pas dit un mot… ça vous apprendra ma gang de gossants.

Autant inle lake est réputé pour sa tranquilité, autant je suis devenu agressif à la minute où j’ai mis les pieds à Nyaung Shwe. Cette ville est un trou de la pire espèce digne de l’Inde. C’est de loin l’endroit le plus touristique que j’ai vu au Myanmar. Autant les touristes se faisaient rare partout au pays, autant je crois qu’il y avait plus de blancs que de birman dans cette ville. Des hôtels de luxe sont en construction un peu partout ce qui n’annonce rien de bon. Je me demandais alors pourquoi tout le monde parlaient tellement en bien de cette endroit…

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Heureusement pour moi, j’ai réussit à trouver un endroit encore à l’abri de la manne touristique… probablement trop sale pour le touriste moyen… j’ai nommé le marché au poisson…

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Peu importe, l’idée n’était pas de s’éterniser dans cet endroit… à peine arrivé qu’on s’embarquait dans un nouveau trek de 3 jours et 2 nuits. Nous allions marcher pendant 2 jours dans les montagnes entourant Inle lake pour passer la 3ème journée à l’explorer en bateau…

TREK DAY 1

Nous marchions depuis environ 1h quand nous avons finalement quitté la route principale bruyante et achalandée pour s’engouffrer dans un réseau de petits sentiers traversant une campagne verdoyante. Dans peu de temps, nous allions atteindre le pied de la montagne et commencer l’ascension. Objectif de la journée; atteindre un monastère situé au plus haut de la montagne. Cette fois-ci, moi, Roark et Brad étions accompagnés de 2 très jeunes guides haut comme trois pommes.

Encore tôt le matin, la vallée était alors enveloppée d’un espèce de brouillard et le soleil de plomb se chargeait d’irradier tout sur son passage… y compris nous… rendant les paysages et les couleurs un peu fades.

Premier arrêt, une petite école au milieu de nul part. Alors que mes compagnons s’empressaient d’entrer à l’intérieur, j’éprouvais un certain malaise. Les jeunes étaient en pleine leçons et mes compagnons se promenaient dans les classes en prenant des photos. Imaginez un instant quelqu’un que quelqu’un qui ne parle pas votre langue arrive dans votre classe de primaire au lac-st-jean avec sa caméra et faisait le tour, prenait des photos et repartait… sans même avoir demandé la permission. Peu importe, c’était un véritable capharnaüm même avant que nous arrivons, les enfants criaient à tue tête, la salle était hyper éco et se séparait en 3 classes seulement séparés par de petites cloisons mobiles. Pauvres professeurs…

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Ayant repris la route, nous sommes ensuite tombé sur Nam Noye, un paisible (ennuyeux) petit village entouré de champ de tabac (plantes très haute) bien emmitouflée entre 2 petites collines.

C’est à cet endroit que nos 2 jeunes guides ont eu la mauvaise idée de nous imposer une sieste de 2h après le lunch. Les garçons ne se rendaient pas compte qu’ils n’étaient pas avec des touristes, mais des voyageurs… on en avait rien à cr!ss$r de votre foutu sieste, on avait même pas forcé durant la 1ère partie du trajet.

À la reprise des hostilités, nous leur avons fait comprendre assez vite que nous n’étions pas là pour faire la sieste. Nous avons donc mené la charge… alors que les 2 jeunes trainaient à la peine à l’arrière.

Plus la journée avançait, plus nous étions haut dans la montagne, plus le brouillard s’estompait, plus le soleil baisait en intensité et plus les paysages gagnaient en couleurs et beauté.

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Le sentier montait alors de manière très intense et sans relâche, mais il ne restait plus qu’une petite colline à franchir pour basculer au sommet de la montagne. Nous avions une superbe vue de la vallée tout en bas… il n’y avait par contre aucune trace de Inle…

Après avoir traversé quelques champs de blé, le monastère était finalement en vue. Situé sur une petite montagne, celui-ci était entouré de 4 petits villages… d’au plus une dizaines de maisons en bois chacun.

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Dans l’un d’eux, nous avons croisé une jeune femme avec un enfant de 25 jours dans les bras. Cet enfant était un local et n’avait vécu que 2 jours de plus que moi dans son pays.

À peine arrivé au monastère qu’ils tuaient un cochon… cri et débattement inclus… pour ensuite le couper en tous petits morceaux… le faire bouillir dans une immense marmite dans une grange qu’ils osaient appeler cuisine… et nous le faire déguster pour le souper. Difficile de ne refuser quand on pense qu’ils l’ont sacrifié pour nous…

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Après avoir commencé notre journée dans un endroit hyper touristique où les blancs étaient quasiment en majorité, nous nous retrouvions à seulement quelques heures de là à être les seuls blancs des environs.

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DAY 2

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Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a fait frette en titi durant la nuit. Nous avons dormi (c’est un grand mot) dans une petite maison pas chauffé du tout d’un des 4 villages.

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Nous étions cordé serré sur 3 minuscules tapis… qui nous servaient de matelas… autant dire que nous n’avions pas de matelas et qu’on couchait sur le sol. Même si je suis de loin celui qui bouge le plus, j’ai eu « l’honneur » d’être celui qui allait dormir au milieu. Résultat, je me suis souvent retrouvé la face à quelques pouces de celle de mes compagnons…

Coup de bol, il y avait une grande cérémonie en l’honneur de la construction d’un nouveau pavillon au monastère ce jour là. Tous les habitants des villages des environs convergeaient là-bas, de même qu’une tonne de moines…

Pour résumer cela le plus simplement possible, il y avait une centaine de moines qui récitaient des mantras (prières) en position accroupi… à l’endroit exact où le futur bâtiment allait être construit… alors que tout autour d’eux s’entassaient la population qui les fixaient en silence.

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Après 2 heures à regarder la cérémonie, j’ai décidé que j’en avais assez vu. J’avais beau avoir la meilleure des intentions, cela restait une bande de vieux bonhommes en jaquette rouge accroupis en grenouille qui marmonnaient des choses incompréhensible. 10minutes… c’était intéressant… 1h… ça commençait à faire… 2h… ouf… pousse mais pousse égal.

Alors que la cérémonie durait encore toute l’après-midi et que Brad et Roark désiraient y assister jusqu’à la fin, j’ai demander à partir avec l’un des 2 guides…

Quelques minutes plus tard, je me retrouvais à marcher dans un sentier avec le plus jeune des guides… le silence et la nature… j’étais de retour dans mon élément.

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Le trajet d’aujourd’hui traversait des petites collines et forêts tout en restant sur le dessus de la montagne.

Après avoir lunché chez une vieille femme portant une serviette jaune et étant fort sympathique, ont s’est arrêté au sommet d’une montagne surnommée Elephant Hill… je vous laisse deviner pourquoi… De là, nous avions un super point de vue sur la vallée… et j’ai enfin pu apercevoir Inle lake. J’ai du passer un bon 2h à ce viewpoint. Pour certains, écouter une tonne de vieux moines marmonner peu s’avérer être relaxant… eh bien, pour moi relaxer c’est plutôt contempler un magnifique panorama du sommet d’une montagne et avoir le vent qui me souffle dans la figure.

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L’ÉCOLE BUISSONNIÈRE

Une fois de retour sur nos pieds, nous avons vite rejoint Kone Sone, le village où nous allions être hébergé pour la nuit.

Alors que mon guide voulait que je fasse la sieste… j’ai plutôt réussit à lui fausser compagnie pour aller explorer les environ. Sans trop savoir où aller, j’avais une chose en tête: je voulais voir un coucher de soleil sur Inle Lake du haut de la montagne.

1er arrêt, l’école du village. Situé au sommet d’une petite colline, j’y suis monté alors que la cloche de la fin des cours venait de sonner et que la plupart des jeunes étaient à dévaler la colline pour rentrer à la maison. Ma simple présence a failli causer quelques accidents alors que certains stoppaient net sec lorsqu’ils m’apercevaient… en manquant se péter la marboulette. Ils semblaient avoir de la misère à concevoir qu’un blanc puisse se promener tout seul dans leur village… ce qui est assez compréhensif. Une fois à l’école, je me suis aperçu qu’une colline me bloquait la vue… j’ai donc continué ma quête.

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En quittant l’école, je me suis fait une nouvelle amie… une très jeune fille s’était mise en tête de me suivre. Trop timide pour venir me parler, elle agissait plutôt comme mon ombre en restant quelques mètres derrière moi.

Après avoir quitté le sentier et m’être engagé directement dans les champs depuis une bonne demi-heure… en prenant bien soin de me laisser des points de repères… je cassais des branches… j’ai finalement trouvé l’endroit IDÉAL.

Dès que j’ai vu le site, mon esprit d’architecte s’est emballé. J’ai l’ai affectueusement baptisé « la montagne de Penrose », en l’honneur des escaliers de Penrose (escaliers infinis).

En plus d’avoir une vue imprenable sur Inle Lake et la vallée en contrebas, le site est constitué de 3 collines avec des sommets de hauteur différentes formant une montagne ressemblant à un escalier infini. Chacun des sommets avait sa propre ‘’spécialité’’; l’un était recouvert de palmiers, l’autre d’une forêt de feuillus, tandis que le 3ème était déboisé et en train d’être converti en champ. Au centre de ces 3 sommets se trouvait une dépression, le point le plus bas du site, avec un gros arbre en plein centre.

J’aurais tellement voulu avoir beaucoup d’argent pour me porter acquéreur du site afin qu’il ne tombe pas entre de ‘’mauvaise’’ main (promoteur qui ne pense qu’à faire de l’argent). J’aurais aimé pouvoir acheter le site, le développer de manière à profiter des atouts actuels du site en le modifiant le moins possible. J’y aurais installé une auberge/guesthouse… bref, un complexe qui mettrait en valeur le site et qui ne jurerait pas dans le décor. Une fois construit, j’aurais redonné 49% de mes parts au village pour que les habitants en bénéficient eux aussi.

Pour l’heure, nous étions bien loin de ce rêve; une poigné de locaux cultivaient difficilement la terre semi-aride afin d’en tirer le plus de chose possible… c’est-à-dire presque rien… à peine de quoi subvenir à leur besoin. Alors que les champs en bas de la vallée peuvent jouir d’une source d’eau quasi illimité provenant de Inle et de ses nombreuses rivières et canaux d’irrigation, les montagnes tout autour sont assez arides.

Bref… tout cela pour dire que je me suis assoupi sur la colline la plus haute des 3… pour me réveiller environ 1h plus tard tout couvert de toc et d’insectes. Heureusement pour moi, le soleil s’apprêtait à se coucher… tu parles d’un timing parfait.

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Les réjouissances furent assez brèves… je n’avais aucune intention d’être encore dans le champ une fois le soleil disparu… j’avais beau avoir un très bon sens de l’orientation et m’être laissé des repères, je n’aurais pas donné cher de ma peau une fois la nuit tombée.

À mon retour à notre hébergement, il faisait nuit, mes 2 compagnons et l’autre guide étaient déjà arrivé et tout le monde se demandait où j’étais passé. Après tout, j’avais quitté la maison 4h plus tôt sans crier gare 😉

DAY 3

Après une nuit très similaire à la précédente… sur des tapis directement sur le plancher d’une maison glaciale… autant dire que j’avais le dos d’un gars de 80ans.

Après un trek d’environ 2h pour descendre la montagne, nous avions rejoint le lac et nous étions fin près pour notre promenade en bateau.

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Après 2 journée de trek somme toute assez décevante, les attentes étaient très élevés pour cette journée.

INLE LAKE – BEYOND MY EXPECTATION

Attention; les évènements/photos relatés/vus ci-bas ne sont pas des photos d’archive de la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina il y a quelques années. Les évènements se sont bel et bien passé au Myanmar et il n’y a eu aucune catastrophe naturelle.

Inle lake… Ceinturé par une chaine de montagne, c’est un lac extrêmement long, pas très large, qui représente la plus grande source d’eau potable d’Asie du Sud-Est et dont ont distingue difficilement la limite entre l’eau et les champs tout autour tellement ils ne font qu’un.

Inle n’est pas un lac photogénique et beau au premier coup d’oeil comme le serait les lacs d’eau bleu clair de l’Ouest Canadien. Ce qui le rend spécial est la façon dont depuis des siècles les habitants des environs ont développé une culture et un mode de orientés en fonction du lac. Leur survit étant intimement liée à cette symbiose, ceux-ci ont appris à vivre en parfaite harmonie avec le riche écosystème du lac. C’est d’ailleurs probablement le 1er et dernier endroit… mis à part Singapour… de tout mon voyage en Asie où je n’ai vu aucune trace de pollution.

Comment cela se matérialise il concrètement me demanderez-vous? C’est simple, tout ce que vous avez l’habitude de voir sur la terre ferme est ici sur l’eau.

… mais encore?!?

Les villages autour de Inle ressemblent à s’y méprendre à des banlieue une comme on les connait… à la différence majeure que tout est sur l’eau. C’est comme si on remplaçait tout ce qui est béton/pavé/pelouse/etc. par l’eau. On croirait se trouver dans un quartier qui a récemment été inondé… mais c’est en fait un village tout à fait normal.

Chaque maison est construite sur pilotis et a son « terrain » (eau) délimité avec de la verdure qui flotte et une ouverture pour entrer sur le terrain avec son bateau. Tout a été pensé… des tiges de bambou à fleur d’eau pour empêcher les bateaux d’aller trop vite dans les quartiers résidentiels… l’équivalent de nos dos d’âne.

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Pour ce qui est de la circulation, quiconque veut se promener d’un endroit à l’autre doit se déplacer par bateau puisqu’il n’y a aucun pont/passerelle. Je suis près a parier qu’il y a beaucoup d’enfants et peut-être des adultes qui n’ont jamais mis les pieds sur la terre ferme.

En ce qui concerne l’agriculture, ils cultivent des jardins flottants. Mal vous prendra de vouloir mettre le pied sur les touffes de végétations qu’on voit un peu partout… même si ce sont des champs, ce ne sont que des ilots qui flottent à la surface de l’eau… vous vous retrouveriez rapidement à manger des pissenlit par la racine… des racines très mouillées.

Ils ont même poussé l’audace à développer du tissus non pas à base de coton, mais bien à base de fleur de Lotus (pousse dans l’eau). C’est donc dire que la plupart des vêtements fait à Inle sont fait de fleur de lotus… on ne voit pas la différence.

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LES BALLERINES SUR L’EAU

Les villages sur pilotis sont quelques choses, mais le véritable spectacle peut se trouver un peu partout sur le lac; les pêcheurs.

Installés à la proue de leur petit bateau de bois, les pêcheurs sont de véritables ballerines; 1 pied pour se tenir en équilibre sur le bateau et l’autre enroulé autour de la pagaie pour diriger le bateau font en sorte de permettre aux pêcheurs de manoeuvrer leur filet à 2 mains. De toute beauté à regarder. La pêche est un art sur Inle… et c’est le cas de le dire.

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Un peu avant de retourner à Nyaung Shwe, notre point de départ d’il y a 3 jours, le pilote du bateau s’est arrêté au milieu du lac et nous a demandé si on voulait se baigner. Difficile de dire non à cette occasion qui ne se reproduirait probablement jamais. À peine dans l’eau qu’un groupe de pêcheurs passaient à coté de nous en tapant l’eau avec leur pagaie afin de diriger les poissons vers des filets… j’en ai donc profité pour piquer une petite course avec eux…

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Au final, Inle Lake n’est pas seulement un lac… c’est un endroit à ne pas manquer qui saura vous en mettre plein la vue… même si il vous faudra endurer des hordes de touristes et séjourner dans une ville de merde avant de pouvoir poser les yeux dessus et l’apprécier à sa juste valeur…

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De retour sur la terre ferme à Nyaung Shwe, notre point de départ 3 jours plus tôt, il était hors de question se reposer… au grand désespoir de mon corps…

À peine récupéré nos sacs et piqué une collation au night market du coin, que moi, Roark et Brad embarquions dans un bus de nuit…

Je vais avoir toute l’éternité pour me reposer dans une petite boite de bois 6 pieds sous terre… mais pas tout de suite… pour l’instant, autant profiter du moment.

Bagan me voilà… je ne le savais pas encore, mais ce serait le dernier arrêt de mon voyage.

P.S. I – J’ai appris que le Myanmar est le pays où le plus de gens sont tués par des morsures de serpents venimeux. J’ai appris cela au 23ème jour de mon trip dans le pays… alors que j’ai passé le plus clair de mon temps à marcher en flip flop dans les bois et les champs… j’ai survécu 23 jours, je ne vais surement pas commencer à être prudent maintenant 😉

P.S. II – Ici l’électricité est un concept très obscur… le seul moyen pour les habitants de la campagne d’avoir de l’électricité est via de petits panneaux solaires. Ils accumulent l’énergie durant la journée et ont ensuite des choix déchirant à faire le soir venu (comment utiliser cette énergie). Alors qu’on pourrait penser qu’ils seraient sage et économe, ils dépensent plutôt le plus clair de cette énergie à des fins complètement stupides… comme des lumières de Noël sur une statu de bouddha.

Épisode 58 – Hpisaw; Little Lion Man

30 janvier 2014

Mandalay – 3.30am – Les yeux encore dans la brume, nous étions en file indienne derrière beaucoup trop de locaux pour se procurer des billets de train en partance pour Hsipaw à 4.00am.

Alors que la file ne donnait aucun signe de vouloir avancer et que je commençais à croire que nous allions manquer le train, un policier est venu nous chercher et nous a amené dans les bureaux à l’arrière du comptoir (traitement royal héhé). Ils commencent par nous dire qu’il n’y avait plus de place disponible. Nous avons fini par comprendre qu’il n’y avait plus de place dans les wagons Upper class… pour touristes, mais qu’il en restait amplement dans la lower class (avec le peuple). Ceux-ci ne voulaient simplement pas que des touristes voyagent dans cette classe. J’ai alors sorti mon regard de chien battu… et à force de rouspéter… ils nous ont donné des billets.

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Un seul regard à l’intérieur suffisait pour comprendre que ce wagon servait aussi wagon de marchandise; entrer et sortir relevait du miracle et s’avérait être un véritable course à obstacle. Étant parmi les dernières personnes à prendre place à bord, la tâche ne s’annonçait pas facile pour rejoindre nos places. Le wagon rempli à surcapacité; l’allée était pleine de gens qui dormaient, il y avait des paniers de fruits et légumes un peu partout, des enfants qui criaient, bref la galère… je comprenais un peu mieux pourquoi les autorités avaient hésité à nous donner des billets dans ces wagons.

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Moi et Roark étions donc assis l’un à coté de l’autre sur un banc d’église pas assez large pour nous 2. À nos pieds, se trouvaient des valises et des poches de riz (tient donc, ca me rappelle quelque chose) appartenant au couple birman qui nous faisait face. J’ai donc passé toute cette promenade recroquevillé en petit bonhomme. À ce moment précis, les trains indiens me manquaient…

Comme c’était devenu l’habitude depuis notre arrivé au pays, tous les locaux nous regardaient avec leur grande paire d’yeux en se demandant ce que nous faisions là. Il faut croire que voyager backpack sans aucune organisation n’était pas encore la norme dans ce pays et comme nous ne réservions jamais à l’avance, ce genre de situation se répétait encore et encore.

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Avec ce train, on boucle la boucle de tous les types de transport possible au Myanmar; fast boat jusqu’à Sittwe, slow boat jusqu’à Mrauk K, bus plus que très ordinaire pour se rendre jusqu’à Mandalay, train lower class jusqu’à Hsipaw, très en upper class pour se rendre jusqu’à Mawlamyine, etc.

Nous étions donc en route pour Hsipaw, quelques 11h plus loin. Le voyage s’annonçait assez « intéressant » merci…

Chaque arrêt dans une nouvelle station transformait notre wagon un véritable bordel; des gens voulaient sortir tandis que d’autres voulaient entrer en même temps, certains passaient par les fenêtres, on se faisait piler dessus, les gens se bagarraient pour les quelques places disponibles… dans l’allée.

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Après environ 6h de train à passer de station en station sans véritable histoire à raconter à sa mère, les choses sont devenus un peu plus intéressantes alors que le chemin de fer zigzaguait/descendait dans une canyon. Tout au bout se dressait un gigantesque pont de métal reliant les 2 coté.

Arrêté à la dernière station tout juste avant le pont, c’était une véritable convention de petit vieux avec des grosses caméras et sorti tout droit de la upper class. Certains d’entre-eux sont même monté dans notre wagon pour prendre des photos du « peuple »… et avaient l’air très surpris d’y trouver des blancs.

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Une fois le passage du pont à très petit V, comme si on marchait sur des œufs, les choses sont redevenu monotone…

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4.00 – Hsipaw… finalement.

Réputé comme le plus beau trajet de train du pays, le trajet Mandalay à Hsipaw n’a pourtant rien de comparable à celui que nous avons fait de Kyaikto à Mawlamyine. C’était beau, mais sans plus. C’est surtout le ‘’vie’’ à l’intérieur de notre wagon et dans les gare qui a rendu le voyage intéressant.

HSIPAW

« On sait quand on y arrive, mais on ne sait pas quand on en repart »… c’est ce que le Lonely Planet écrit à propos de cet endroit.

Ma 1ère impression de Hsipaw est allé dans le même sens; une belle petite ville tranquille qui pourrait devenir comme Pai/Thailand dans quelques années.

On est atterri dans un espèce de paradis; Lily Homestay. Tenu par Lily et ses petites filles, on a été traité aux petits oignons comme j’ai rarement vu en Asie. Par contre, la propriétaire un mettait un peu trop… en nous serrant sans ses bras et en éclatant de rire à tout ce qu’on disait… elle donnait l’impression d’être tout le temps bourré ou sur le crack.

Pour moins de 10$, on nous a eu droit à la plus belle chambre dans laquelle j’ai pu coucher depuis mes 1ères semaines en Inde. Elle pourrait facilement rivaliser les chambres d’hotel en Amérique et en Europe… on avait même un petit frigo… ça sert à quoi déja?!?

Seul point négatif, j’ai appris que le mari de Lily était l’un des seuls médecins en ville. Malheureusement, en raison du succès de leur auberge, il avait peu à peu abandonné sa pratique pour se concentrer sur les affaires. On ne peut pas lui en vouloir, mais c’est assurément l’un des effets pervers de l’essor du touriste.

Autrement, nous n’étions pas venu à Hsipaw pour se la couler douce et se faire dorloter… au contraire.

On pourrait dire sans trop se tromper que Hsipaw est la capitale du plein air au Myanmar. Il y a plein de possibilité de trek de 1, 2 ou 3 jours, avec ou sans guide, à se promener au travers de la campagne et des villages environnants qui compose l’état du Shan.

À peine arrivé qu’on bookait un trek de 3 jours et 2 nuits avec un guide qui m’avait été fortement recommandé par une amie rencontrée en Malaisie.

3D – 2N TREK
L’ÉQUIPE

Than (guide)
Un ancien joueur de football, ayant représenté son pays à l’échelle internationale, et homme aux multiples surnoms;
– « Lion Man (l’homme lion) », en raison de sa longue crinière dorée
– « Mister Hangover (monsieur lendemain de veille) », pas parce qu’il ne supporte pas l’alcool, bien au contraire, mais bien parce que quand des gens boivent avec lui, c’est la gueule de bois garanti.

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Je l’ai gentiment rebaptisé « Little Lion Man » en l’honneur de la chanson du même nom du groupe Mumforn’n Sons

Tous les villages qui nous allions croiser sur notre route ne parlaient pas birman… encore moins l’anglais… mais bien le Shan… d’où l’utilité d’un guide. Il fallait donc troquer mon désormais célèbre « Minglaba » pour « Chemsa » (bonjour en Shan) et « Tata » (je vais m’ennuyer de celui la) pour « Rock me » (au revoir).

Roark
l’américain saoulons de service, rebaptisé Mr Egg (monsieur oeuf) par le guide parce qu’il n’était pas capable de prononcer son prénom.

Brad
un australien aux multiples appareils photos, portant une étrange (laid) moustache comme seul les australiens sont capable d’en porter.

Caleb et Kaitlyn
Un couple d’américains colorés venant de Seattle (même ville que Roark)

JOUR 1

A peine quitté la ville que nous étions à marcher sur une petite route de pierre serpentant dans la plaine pour éventuellement gagner les montagnes au loin.

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Les gens d’ici vivent en très grande partie de leur propre culture. Ils soutirent donc tout ce qu’ils peuvent de la terre. Ils plantent du riz durant la mousson, des légumes par temps sec et du melon d’eau juste avant le retour de la mousson… Tout cela dans les même champs.

Au fur et a mesure qu’on montait en élévation, les champs se sont peu à peu transformés en montagne et petites vallées avec des versants plein de plantation de thé.

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C’est alors que mon guide s’est rendu compte que je fessais le trek en flip flop. Il avait peur que je ralentisse le groupe. C’était mal me connaitre puisque j’ai été dans son sillage toute la journée alors que les autres peinaient à l’arrière. Après tout, la marche d’aujourd’hui ne consistait qu’à un maigre 18km et 900m d’ascension.

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Nos pas nous ont ensuite conduits jusqu’à Panthan, un village situé entre 2 collines.

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Les maisons sont principalement faites de bambou, alors que les écoles sont construites en matériaux plus solides tels le béton. Fait particulier, ils étendent de la merde sur le bambou pour isoler et éloigner les moustiques.

Après un lunch traditionnel dans une maison rustique, nous sommes allé faire un tour à l’école du village pendant une bonne heure et demi. Alors que les 3 autres s’occupaient du volet éducatif (anglais), je m’amusait à jouer au frisbee et à rigoler avec eux.

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À ce sujet, l’école n’est pas obligatoire au Myanmar, c’est plutôt laissé à la discrétion des parents. Ils seraient toutefois stupide de s’en passer puisque, mis à part l’achat des livres et crayons (qui peut s’avérer couteux quand on a pas un sous je l’admet), l’école élémentaire est gratuite en plus de fournir l’uniforme. Ils y apprennent 3 choses; le birman, l’anglais et les mathématiques. Une fois l’école élémentaire terminée, ils ont l’option de continuer… mais ce n’est plus gratuit. Ils pourront ainsi apprendront la géographie, l’histoire, etc.

La plupart des parents envoient leurs filles à l’école élémentaire du village et leurs garçons chez les moines. Il faut savoir qu’au Myanmar il est possible de joindre/quitter les moines quand bon leur semble. La plupart des garçons font donc leur études chez les moines et volent de leur propre ailes par la suite… un peu comme au Québec avant la révolution tranquille. Il fait aussi savoir que tout bon bouddhistes devrait être moine au moins 2 fois dans sa vie. Ils le font généralement lors de leur étude et vers la fin de leur vie.

Autrement, dans l’état du Shan, les gens n’ont pas de nom de famille… ils ont un nom dérivé du jour de la semaine où ils sont nés. Il y a donc 7 noms pour les gars et 7 noms pour les filles. Par exemple, notre guide se nomme Than en référence au vendredi.

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Toute bonne chose ayant une fin, nous avons fini par reprendre la route. Après tout, le soleil était à se coucher sous peu et il nous restait toujours une dernière montagne à franchir avant d’arriver au village où nous allions passer la nuit.

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JOUR 2

Après une soirée bien arrosée à boire du vin local fait à base de riz… qui tape sur le coco en s.v.p. force était d’admettre que notre guide portait très bien son surnom de Mr. Hangover; tout le monde avait la tête dans le cul… mis à part lui qui semblait frais comme une rose… il faut croire que s’endormir saoul mort en bobette sur la table de la cuisine fait des miracles sur la gueule de bois… je devrais essayer un jour.

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Après avoir déambulé dans le village à la recherche d’air frais pour ventiler mon cerveau et m’être amusé avec les enfants qui jouaient dans la rue, j’étais comme neuf et fin près à me mettre en route.

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La journée d’aujourd’hui allait être des plus spectaculaire. Nous allions tout d’abord contourner la vallée en marchant sur la crête de la montagne. Alors que les montagnes étaient densément boisées de feuillus, les sommets étaient pour leur part clairsemé et recouvert de plantations de thé.

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Alors que les autres marchaient d’un pas assuré à l’avant, je marchais d’un pas léger à l’arrière en prenant le temps de contempler le paysage…

… m’amuser avec les nombreux jeunes qui passaient leur journée de congé (samedi – pas d’école) à arpenter les sentiers. À ce sujet, à ma vue, la plupart de ces jeunes me récitaient des phrases du genre « byebye hello what your name nice to meet you »… bref, tous les mots d’anglais qu’ils savaient dans une même phrase sans véritablement comprendre la sens et même attendre une réponse…

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… croiser un groupe de femmes qui transportaient du bois sur leur tête… je vous ai déjà dit que ce sont les femmes qui font tout au Myanmar… si oui, je le redis… les homme sont des lâches ici… bref, malgré la lourde charge qu’elles transportaient, elles ont affiché leur plus beau sourire lorsqu’elles m’ont aperçu.

Puis, ce qui devait arriver arriva; j’ai fini par perdre de vue mon groupe trop loin à l’avant. Pas un problème en soit si le sentier avait été linéaire, mais une toute autre paire de manche dans une contrée s’apparentant à un labyrinthe où se promener sans guide équivaut à se perdre. Devant une jonction de 3 sentiers allant dans des directions opposées, il aura fallu que je fasse confiance à mon pif légendaire pour retrouver mes compagnons… sans quoi j’étais voué à une mort certaine…euh… ils vécurent heureux jusqu’à la fin de nos jours… Mmm… ouin… je crois que je me trompe d’histoire… enfin bref…

Puis, sorti de nul part, on quittait la campagne luxuriante, l’instant de se retrouver dans un village tout droit sorti d’un film du Far West; une très large rue principale faite de sable avec des construction de bois de part et d’autres… il ne manquait plus que des balles de foin roulant dans les rues.

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Aussitôt arrivé, aussitôt reparti…

À peine retourné dans la forêt que nous tombions sur Mandloy, un village situé dans un creux de montagne, alliant champs et jardins luxuriant, enfants jouant un peu partout, chevaux, vaches, chien, forgerons (qui transforment les pièces de métal de vieux camions en outils pour travailler la terre) et un arbre gigantesque… voire immense… au milieu de la place publique. J’aurais très facilement pu arrêter mon voyage, devenir instituteur et y vivre jusqu’à la fin de mes jours.

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Non je n’allais pas y vivre, mais nous allions au moins s’y arrêter un bon moment pour le lunch… mince consolation…

La maison où nous sommes arrêté était probablement la plus belle du village; une construction superbe en revêtement de pierre et charpente de bois, un jardin immense à l’arrière et des animaux un peu partout.

Armé d’une tasse de thé bien chaude, j’ai profité de notre pause pour aller piquer une jasette avec les animaux de la ferme…

Essayer de toucher à un jeune Water Buffalo né moins de 5 jours auparavant sous le regard furieux et TRÈS désapprobateur de sa mère juste à coté (elle me regardait de ses gros yeux noir vitreux et a voulu me charger 2 ou 3 fois).

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Faire boire du thé à un cheval et sentir ses dents sur tes doigts; check…

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Une fois de retour sur le sentier, l’après-midi a défilé en alternant entre le sommet des montagnes fraichement coupé à blanc afin d’être éventuellement être transformé en pâturage et plantation…

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… le creux des vallées temporairement à l’abri du soleil sous le couvert végétal. Celui-ci ne ménageait pas les efforts pour nous taper sur la tête depuis le début de la journée. Le temps des réjouissances était cependant toujours de courte durée et invariablement suivit de l’ascension d’une nouvelle montagne.

Mis à 1 ou 2 petit village sur le dessus des montagnes au loin, il n’y avait alors aucune trace de civilisation… que de la végétation à perte de vue tout autour.

C’est ensuite sous un ciel rosé, après avoir vu le soleil disparaitre derrière les montagnes et sous le regard attentif de la Lune, qui n’était alors qu’une mince ligne blanche, que la journée s’acheva. Nous avions marché plus de 25km, descendu et monté une demi douzaine de montagnes pour arriver au village où nous allions passer la nuit. Toutes les maisons de ce village avaient de l’électricité et les rues étaient éclairées par des lampadaires, gracieuseté de turbines dans la rivières à proximité.

LA NUIT DES LONG COUTEAUX

L’homestay… ça ressemblait plus à une grange qu’à une maison… où nous étions hébergé pour la nuit s’avérait être le cinéma du village… par cinéma j’entends « la seule maison où il y avait une télé »… un vieil écran cathodique. Ce n’était donc pas pour nous voir, mais bien pour regarder la télé, qu’une bonne cinquantaine d’enfants se sont entassés devant la télé une bonne partie de la soirée.

Plus la soirée avançait, moins il y avait d’enfants et plus notre taux d’alcool augmentait… jusqu’au moment où tout le groupe dormait complètement bourré. Tout le monde… sauf moi.

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Je n’arrivais pas à fermer l’oeil non pas en raison des 4 tracteurs qui dormaient à coté de moi, mais bien en raison de mon estomac. Quelques minutes après avoir gagné mon lit, celui-ci avait littéralement explosé. Résultat, j’ai passé le plus clair de la nuit à faire des allé-retour à l’extérieur pour… comment dire… mettre de l’engrais sur les plantes… burp…

Il n’y avait alors aucun son; pas d’animaux, pas de vent… rien. Seule la Lune dans le ciel étoilé était encore debout pour me tenir compagnie.

Une autre nuit blanche… ça commençait à devenir une habitude depuis le début de mon séjour au Myanmar.

JOUR 3

À mon réveil, parce que oui j’ai dû dormir quelques minutes, j’ai décidé d’aller faire un tour dehors sur ma scène de « crime ». Je me suis alors rendu compte que le lieu où j’allais… mmm… passer le temps durant la nuit, était en fait l’enclos des ânes (environ 10). Quand je suis arrivé là-bas, ils m’ont regardé avec un regard qui disait « tient donc, vla le tawin qui nous a empêché de fermer l’oeil la nuit passé »…

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À l’aube d’une autre journée de marche, ma réserve d’énergie était déjà à sec, mes jambes étaient molle comme de la guenille et je ressemblais à un zombie. Il me fallait alors toute concentration pour tenir debout et mettre un pas en avant de l’autre sans me planter.

Mon guide m’a alors proposé de prendre une moto ou un âne pour rallier l’arrivé. Il ne comprenait pas… il était hors de question que j’abandonne… j’allais marcher tous les foutus km comme un grand, pas plus simple que cela…

Les belles vallées luxuriantes des 2 derniers jours ont vite été remplacées par une plaine semi-aride où toute végétation avait été coupé. Un véritable no man’s land qui me rappelait la savane australienne et son sable rouge. Notre trek s’est du même coup transformé en une Death marche alors que la température était dans le tapis et qu’il n’y avait aucun endroit où se mettre à l’ombre.

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Quelques heures de souffrances plus tard, nous arrivions à Kyauk Mé, ville sans intérêt et capitale de l’état du Shan… notre trek était terminé.

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Il ne restait plus qu’à embarquer à l’arrière d’un tuk tuk pour rejoindre Hsipaw.

BACK IN HSIPAW

Bien que le trek ait été super, il n’est pas arrivé à la cheville de celui que j’ai fait dans des tribus reculées au Laos. Si vous avez un seul trek de 3 jours à faire en Asie du Sud-Est, c’est au Laos qu’il faut le faire.

Après une bonne nuit de sommeil et une journée plutôt tranquille à visiter quelques temples à proximité de Hsipaw, il était l’heure de mettre le cap sur Inle lake…

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Épisode 57 – 24h in a Tin Can

Mrauk U – matin du 28 janvier 2014

J’ai définitivement connu des jours meilleurs. À mon réveil ce matin là, je ne le savais pas encore, mais j’étais sur le point de m’embarquer dans l’une des aventures les plus « incroyables » (dans le mauvais sens du terme) de toute ma vie; j’allais passer plus de 24h dans une boite de conserve.

Attachez bien votre ceinture… si vous êtes assez chanceux pour en avoir une… parce que ce n’était pas offert dans mon cas à ce moment… et je l’aurais assurément bouclé…

COMMENCONS PAR LE COMMENCEMENT

9.30 – Après un formidable séjour dans l’Ouest du Myanmar et avoir dit au revoir à nos 3 compagnons des derniers jours, moi et Roark étions à attendre sagement à la station d’autobus.

Bon… par station de bus, on s’entend pour dire que c’était une grange dans un champ… le prix à payer pour être dans un endroit pas encore touristique. Pour l’heure, nous étions à attendre un bus qui allait nous conduire jusqu’à Mandalay, sur une route ouverte aux touristes depuis seulement 2 semaines…

11.30 – 2h après notre heure prévu de départ, il n’y avait toujours aucune trace de notre bus…

Tandis que Roark jouait de la guitare pour les locaux, j’en profitais pour piquer une jasette avec certains d’entre-eux. J’ai entre-autre sympathisé avec un jeune avocat parlant assez bien anglais. Il allait à Yangon pour la 1ère fois de sa vie afin d’y acheter une voiture. Il était tout impressionné que j’ai voyagé un peu partout au Myanmar et que j’en sache autant sur son pays… j’ai volontairement omis de lui dire que j’avais presque fait le tour de l’Asie… il aurait fait une crise cardiaque…

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12.00 – Après avoir vu défilé une grande quantité d’autobus et qu’à chaque fois le responsable de la gare nous fasse un signe négatif de la tête et nous lance « wait 10 more minutes »… un bus bon pour la cour à scrap s’est arrêté devant nous.

L’homme s’est alors levé, nous a regardé, a pointé le tas de ferraille en s’écriant « Mandalay ».

Euh… Quoi?!? … Non… mais c’est une joke ou quoi?!?

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UNE ÉPAVE SUR 4 ROUES

C’était bel et bien vrai… nous allions faire le trajet de Mrauk U à Mandalay dans une boite de conserve qui ferait rougir de honte un gruyère tellement il y avait des trous tout partout dans la carlingue.

Voici donc comment avoir un bus de merde en quelques étapes très simples;

ÉTAPE 1
Allez dans une cour à scrap près de chez vous et achetez le plus vieux bus que vous pourrez trouver (vieux bus rond des années 50-60 de préférence).

Faites ensuite « mijoter » le bus dehors sous la pluie… tout sauf à l’abri des intempéries… durant 3-4 ans.

ÉTAPE 2
Achetez-vous un troupeau de chèvres et faites de ce bus leur demeure. Une fois que vos chèvres (qui sont reconnus pour manger tout ce qui passe près de leur bouche) auront mangé tous les bancs/plancher/murs, bref que toute la structure sera bien en évidence et que toute notion de confort aura disparu, votre bus sera presque à point.

Pour ceux qui veulent un résultat tout aussi efficace et plus rapide, vous pouvez remplacer les chèvres par des rats. Je ne recommande cependant pas de mixer chèvres et rats…

ÉTAPE 3
À cette étape, votre bus est presque à point. Il ne vous reste plus qu’à prendre une pioche et à faire une quantité incalculable de trou un peu partout dans les parois, plafond et plancher. Je vous conseil d’enlever les chèvres du bus au préalable, sinon vous risquez d’en décapiter une au passage… on veut un bus miteux pas un cimetière.

ON Y EST PRESQUE
Faites enfin un tour d’horizon et enlevez/brisez tout ce qui pourrait être encore fonctionnel. Assurez-vous aussi que toutes les fenêtres battent bien au vent et qu’il est impossible de les fermer.

UNE TOUCHE DE RÉALISTE
Dernière petite étape avant de commencer à voyager des gens à son bord; entreposez de grosses poches de riz/blé PARTOUT sur le plancher à l’intérieur du bus. Il ne doit y avoir aucun moyen de savoir si il y avait réellement un plancher en-dessous de ces poches.

C’était donc un bref aperçu de notre prison… euh… maison… bref, l’épave qui allait nous servir de transport jusqu’à Mandalay, un trajet estimé à plus de 18h.

C’est de loin le moyen de transport le plus dangereux, inconfortable, tous les qualificatif négatifs possible, que j’ai pris de ma vie.

Si cela ne vous a pas convaincu, sachez que c’était une véritable course à obstacle que de se rendre à
nos sièges. Il fallait tout d’abord vaincre LA marche qui sert à monter dans le bus. À au moins 1.2m du sol, ce n’était pas une mince affaire pour moi, j’imaginais mal les personne de petites tailles… gare à mes fesses quand j’allais sortir du bus… un moment d’inattention pourrait m’être fatal.

Une fois monté à bord, le véritable défi commençait; une course à obstacle nous attendait… des caisses, des sac de riz, des personnes allongés dans l’allée et j’en passe.

Si ce n’est pas encore assez réaliste à votre gout, remplissez le bus de gens avec qui il vous est impossible de communiquer et qui passent le plus clair de leur temps à vous dévisager d’un air ébahi… semblant ne pas comprendre qu’est-ce qu’un blanc faisait dans le même bus de merde qu’eux… et ils n’étaient pas les seuls à se poser cette question…

Vous ne croyez pas qu’un bus comme je viens de le décrire puisse rouler de nos jours… eh bien regardez attentivement les photos qui suivent…

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EN VOITURE…

Petite équation très simple; « trous partout dans les parois » + « route de terre » = ?!?

Nous étions à rouler sur une route de campagne très cahoteuse depuis quelques heures. Le chauffeur se prenait pour un pilote de formule 1… il n’était pas payé à l’heure ça c’est garanti… mais peu m’importait, les paysages étaient magnifiques et j’étais rivé à ma petite fenêtre.

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Puis, les super paysages ont fait place à de la poussière, une tonne de poussière (réponse à l’équation). La route était un chantier de construction sur des miles et des miles. Au lieu de construire km par km, de le finir et de passer à l’autre km, ils avaient prit la décision de construire toute la route en même temps. Résultat; rien n’avançait… y compris notre bus…

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Au travers cette tempête de poussière, ont pouvait apercevoir des femmes et des enfants (oui oui, des femmes et des enfants) travailler comme des déchainer pour construire la route, couper la pierre en petit morceau et transporter le tout au moyen de panier sur leue tête… tout cela sous les yeux non attentif d’un homme qui semblait avoir perdu à la courte paille avec les autres hommes du village… à savoir qu’il allait devoir surveiller les travaux pendant que tous les autres hommes se la coulaient douce… bref, j’en avait honte d’être un homme. Peu importe la tâche ingrate qu’elles devaient s’acquitter, toutes ces femmes et jeunes filles avaient le sourire fendu jusqu’aux oreilles en nous apercevant.

Après quelques heures de tumulte, la route est redevenue une route et les paysage ont commencé à percer au travers de la poussière. Nous avions alors quitté la plaine pour rentrer dans les montagnes… rien de rassurant en considérant que nous étions dans un vieux bus pourris conduit par un pilote de F1. Est-ce que les freins allaient tenir bon?!? La question était pertinente vu l’état du bus.

L’autobus dévalait ainsi à pleine vitesse la route de montagne sinueuse. Chaque courbe était prise beaucoup trop rapidement par le conducteur. Quand celui-ci se rendait compte qu’il ne pourrait pas passer à cette vitesse, il appuyait comme un demeuré sur la pédale de frein et un grissement métallique se faisait entendre. Chaque fois, j’avais les yeux bien rond et je me disais que c’était la fin… et ça repartait pour un tour…

Le bus devait faire du 50km/h sur une petite route à peine plus large que le véhicule et la plupart des virages se faisaient à l’aveugle. À la vitesse que le conducteur prenait les courbes, nous aurions été foutu si une voiture avait eu le malheur de tourner le coin en sens inverse. Entre 2 instants de panique, je m’évadais dans mes pensé et je me disais que cette route serait un vrai petit bijou à faire en vélo une fois les travaux complétés.

Puis, un peu à l’image d’un otage qui commence peu à peu à épouser la cause de son bourreau, j’ai commencé à apprécier le trajet…. Plus les heures avançait, et plus cet autobus me devenait sympathique.

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J’ai commencé à voir les choses du bon coté… parce que oui il y avait quand même certains avantages à notre malchances. D’une part, contrairement à la plupart des trajets en bus que j’ai pu faire en Asie où on se les jelait en raison de l’air climatisé dans le tapis… il n’y avait pas d’air climatisé dans ce bus… les multiples trous dans la carlingue étant le seul moyen de faire le plein d’air frais… et d’avoir une bonne dose de sable dans les poumons.

De 2, (parce que oui le 1er point est positif), nous n’avions pas à endurer de la musique et des vidéoclip de merde pour la simple raison qu’il n’y avait pas la moindre trace d’électronique/électricité dans cet carcasse de métal autrefois appelé autobus.

LA NUIT NE PORTE PAS CONSEIL

INFERNAL est le meilleur mot pour décrire la nuit qui nous attendait dans ce bus magique. Au moins cette fois on pouvait dormir sur nos 2 oreilles sans risque de rater notre arrêt… on se rendait jusqu’au bout du trajet…

Il ne restait plus qu’à dormir… pas une mince affaire quand on pense que la nuit s’annonçait hyper froide, que le vent glacial et la poussières pénétraient dans le bus comme dans une grange, que ça brassait de partout, que le bruit du moteur était assourdissant et qu’on était serré comme des sardines…

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Si vous étiez malgré tout capable de vous endormir, les nombreux checkpoint sur la route… où il fallait sortir du bus, faire la file indienne et montrer nos papiers… tâchaient de vous tenir éveillé.

Ajoutez à cela que j’en était quitte pour une bonne dose de panique quand j’avais le malheur de regarder en avant; le chauffeur roulait toujours aussi vite que durant le jour… sur une route sans éclairage… avec seulement de petites lumières pour illuminer l’avant de la boite de métal. J’avais beau plisser les yeux, je ne voyais pas le route, mais j’entendais très bien le moteur vrombir et trop peu souvent les freins… pas de doute, cette boite de conserve serait mon tombeau…

3.00am – Magwe… la mi-parcours… véritable délivrance alors que plus de la moitié des passagers quittaient l’épave. Une partie de moi les enviait, tandis que l’autre se résignait en se disant qu’au moins il y aurait plus d’espace.

Par la suite, la nuit fut curieusement assez bonne. J’ai fini par allumer que j’avais un sleeping… et une tente… dans mon sac. Après avoir songé très sérieusement pendant un bon 10min à monter ma tente à l’arrière du bus… j’ai finalement choisi de me limiter à mon sleeping.

En boule sur des poches de riz sur le sol, je me suis créé un petit abri de fortune avec. Fini le vent, le froid et la poussière. J’étais même… confortable… qui l’eu cru… j’ai même fini par m’endormir.

11.30 – Presque 24h après avoir quitté Mrauk U. La carcasse de métal qui nous servait de transport s’est finalement échoué pour de bon dans une ruelle… ‘’Mandalay Mandalay’’ s’est alors exclamé le chauffeur d’autobus tout sourire.

Nous avions survécu.

MANDALAY

First thing first, il fallait retrouver nos sacs… et j’emploi le mot retrouver puisque nos sacs avaient depuis longtemps été recouvert de sable… au point où on avait du mal à les différencier des poches de riz.

La gare se trouvant un peu à l’extérieur de la ville, c’est à dos de moto que nous avons fait le reste du trajet jusqu’au centre ville.

Alors que le trajet de 24h dans le bus pourri s’était fait sans trop de casse, si on fait abstraction de l’absence total de confort thermique, sonore, etc., cette run de moto d’environ 20min a bien faillit me couter la vie à plusieurs reprises. Il aura fallu que je tombe sur un $st! de crétin de chauffeur. Celui-ci était plus intéressé à me piquer la jasette qu’à regarder la route; Il n’arrêtait pas de se tourner pour me parler. Par 4 fois nous avons failli rentrer dans quelque chose qui venait de sortir de nul part en avant et à chaque fois c’est moi qui lui ai dit ‘’watch out… stop watching me and drive carefully (attention… Arrête de me regarder et conduit prudemment) »… il me disait oui oui… pour recommencer de plus belle quelques minutes plus tard.

Une fois rendu à notre auberge, il n’y avait qu’une seule chose qui occupait tout mon esprit; prendre une douche pour enlever la crasse qui s’était incrusté dans tous les pores de ma peau. Je n’ai jamais eu autant de poussière sur le corps que dans ce bus. Louez une décapotable, abaissez le toit et les vitres et roulez sur une route de terre et vous allez avoir une bonne idée de ce que nous avons enduré. J’ai assurément raccourci mon espérance de vie avec tout ce sable flan ban neuf dans les poumons.

COURSE CONTRE LE SOLEIL UP TO MANDALAY HILL

Après un après-midi peinard, j’ai décidé de faire l’activité principale à faire à Mandalay; se rendre sur Mandalay Hill, une petite montagne parsemée de temples qui surplombe la ville du haut de ses 230m (ouuuu). Pourquoi pas aller y admirer le coucher du soleil.

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Je me suis donc mis à marcher… et à marcher… et à marcher. À vue de nez sur la carte, j’avais évalué la promenade à environ 45min… Je me disais, « ahh c’est juste de l’autre cote de l’enceinte du palais »…

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1h après mon départ j’étais toujours à marcher et loin du but. Chaque coté de l’enceinte du palais était incroyablement long.

Bucké comme je le suis, il n’était pas question que je prenne un taxi/moto pour mettre fin à mes ‘’souffrances’’ et me rendre à la montagne plus rapidement. Je m’étais mis en tête que j’allais faire la distance à pied… j’allais la faire à pied… même si cela me fessait manquer le coucher de soleil.

2h après mon départ de mon auberge et 16km plus tard, j’arrivais finalement au pied de la montagne… il ne me restait plus qu’à monter les interminables escaliers jusqu’au sommet.

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À chaque palier. fois, je croyais être rendu à sommet… mais il en restait toujours un autre niveau à monter. Ajoutez à cela que la montagne est un vrai labyrinthe. On est vite désorienté avec la présence d’escaliers/chemins qui partent de tout bord, tout coté. Assez facile en monté (tu prends le chemin qui monte, mais une autre paire de manche en descente.

Une fois au sommet, la boule jaune était toujours suspendu dans le ciel. J’ai donc pu admirer le coucher du soleil sur Mandalay, 2ème plus grande ville du pays avec 900000 habitants. Mis à part Mandalay Hill, la ville est une grande plaine composée de petits édifices… seulement 2 ou 3 d’entre-eux semble dépasser la cime des arbres.

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Du haut de Mandalay Hill, notre regard se porte inévitablement sur l’enceinte du vieux Palais. Entouré d’eau et de muraille, l’espace carré est tout simplement gigantesque. Alors qu’elle est ceinturé par la ville, l’enceinte est complètement boisée. Moyennant quelques aménagements par-ci par-là, cette enceinte pourrait un jour avantageusement ressembler à Central Park à New-York.

Pas plus fou que les autres, j’ai décidé de me ‘’gâter’’ en m’offrant un trip de moto pour courvrir les 16km de retour… de la marche, non merci.

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MOUSTACHE BROTHERS SHOW

En soirée nous sommes allé voir le show des Moustache Brochers, que le Lonely Planet mentionnait comme étant à ne pas manquer lors d’un passage à Mandalay.

Dans un garage ayant été transformé en théâtre, se produisait un groupe de 3 vieux comédiens moustachus. Les Moustache Brothers sont des personnalités extrêmement connu au Myanmar. Jusqu’à il y a quelques années, ils se produisaient en spectacle un peu partout au pays.

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Ils étaient reconnus comme l’une des seules voix libre d’un pays où la liberté de penser était un luxe et pouvait vous couter la vie. À travers des spectacles humoristiques, ils se moquaient et confrontaient le gouvernement totalitaire et oppressif.

2 d’entre-eux ont d’ailleurs payé très cher leur liberté d’expression alors qu’ils ont été enfermés dans des camps de travail durant plus de 7ans.

Pendant que ses 2 comparses croupissaient en prison (synonyme de camp de travail), le 3ème a continué à faire des représentation pour dénoncer le gouvernement, tout en apprenant l’anglais.

Aujourd’hui frappé d’une interdiction de se produire en spectacle devant quiconque au pays (autant les birmans que les touristes étrangers), ils ont décidé de confronter le gouvernement une ultime fois en donnant des représentations devant les touristes.

Après tout, le gouvernement peut avoir un droit de vie ou de mort sur ces citoyens, mais c’est une toute autre paire de manches en ce qui concerne les touristes pour un pays qui tente de s’ouvrir au reste du monde et profiter de la manne touristique. Une mauvaise presse à ce sujet pourrait être désastreuse.

En ce qui concerne le spectacle, c’est un espèce de spectacle de variété bizarre et un peu pas mal désorganisé. On ne comprend pas tout et la partie danse traditionnelle est un peu pathétique, mais bon, on allait essentiellement voir le spectacle pour encourager des gens qui n’avait pas peur de se lever et de confronter un gouvernement oppressif. Après tout, c’est une vie risquée, mais si personne ne fessait face à l’injustice et à la tyrannie, il n’y aura jamais de changement dans ce bas monde. Bien que nous vivons en paix depuis longtemps En Occident, nous avons la qualité de vie que nous avons maintenant parce que des gens comme eux se sont battus pour ces valeurs avant nous.

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Comme il nous l’expliquait si bien, la situation au Myanmar s’est grandement amélioré depuis 5ans. Cela ne veut pas cependant pas dire que la partie est gagné et qu’il peuvent arrêter de se battre. À l’heure actuelle, les généraux qui gouvernaient le pays depuis des décennies ont simplement enlevés leur uniforme. Le jour n’est pas encore levé où le Myanmar sera une véritable démocratie.

CHOW BYE

On va se dire les choses bien franchement… entre vous et moi, Mandalay n’a aucun charme; c’est bruyant, il y a du trafic à mort, les gens sont achalants, c’est pas super beau… bref, tu veux partir de là au plus cr!ss… et c’est exactement ce que nous avons fait.

30 janvier 2014 – 3.00am – en pleine nuit, moins de 18h après être arrivé en ville et sans avoir véritablement pris le temps de se reposer, nous étions en route vers la gare de train.

J’ai déjà dit que les horaires de bus/train étaient fucké au Myanmar (toujours à partir et/ou arriver en plein milieu de la nuit)… enfin bref… NEXT

Épisode 56 – A journey to Mrauk U; Possible but DIFFICULT

Soir du 22 janvier 2014

CHAPITRE 1 – EN ROUTE POUR TAUNGGOK

À partir de quel vitesse pouvez vous dire que vous allez lentement dans un transport; 70km/h?!? 60km/h?!? 50km/h?!?

Toutes ces vitesses peuvent effectivement être considérées comme lente pour un occidental… mais c’est loin d’être le cas en Asie? Durant la dernière année, je n’ai jamais été dans un transport en commun qui avait dépassé les 60km/h et rarement les 50km/h.

J’ai par contre battu des records de lentesse en faisant du 15km/h. Oui oui…15km/h… et je ne parle pas de circuler dans un stationnement de centre d’achat, mais bien de rouler sur la grande route; 120km en 8h, c’est ce que nous avons parcouru dans un bus de nuit entre Pyay et Taunggok… sur une route de gravelle cahoteuse.

Autant dire que moi et mes compagnons avons peu dormi même si nous avions littéralement accaparé l’arrière du bus en se faisant des lits avec les moyens du bord… alors que le reste du bus était bondé avec des locaux cordés 2 par 2…

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Et si vous aviez le malheur de vous endormir malgré tout, les multiples postes de contrôle où il fallait arrêter et montrer nos passeports se chargeaient de faire le reste. Ces postes de contrôles furent au nombre de 4…

Checkpoint 1 – Les officiers sont montés dans le bus, ont passé très vite sur nos passeports canadien, allemand et américain… pour ensuite s’attarder longuement sur celui de Enis. Pendant plusieurs minutes, ils l’ont regardé attentivement, ont discuté au téléphone, pour finalement en venir à la conclusion (mon hypothèse, mais qui semble très plausible) que la Slovénie devait être un véritable pays.

Checkpoint 2 – Sans histoire

Checkpoint 3 – Même scénario que lors du checkpoint 1; les officiels ont demandé le passeport de Enis. Au moment où je m’apprêtais à me foutre encore une fois de la gueulle de Enis, les officiels se sont tournés vers moi et mes 2 compagnons allemandes pour demander nos passeports de manière assez rude. À voir la gueule qu’ils faisaient en regardant le passeport de l’Allemagne et du Canada, il n’y a pas de doute dans mon esprit qu’ils venaient de découvrir l’existence de ces 2 pays.

Alors que Roark s’apprêtait à tendre son passeport américain aux officiels, ils lui ont dit d’un geste rempli de respect qu’ils n’avaient pas besoin de le voir ‘’America… nono’’… s’inclinant presque devant le représentant du pays de l’Oncle Sam.

J’étais alors d’une humeur massacrante… Je peux comprendre la population locale de ne pas connaitre l’Allemagne, le Canada et la Slovénie, mais que des gens dont l’une des tâches est de vérifier les passeports étrangers, c’est inacceptable…

Checkpoint 4; Aucun souvenir… Zzzzz

3.30am – Arrivé à la gare d’autobus (stationnement poussiéreux) de Taunggok quelques minutes plus tôt, nous étions à marcher jusqu’à LA guesthouse en ville. Ayant les lumières toutes allumés en pleine nuit, quelle ne fut pas la surprise du manager de voir 5 blancs becs demander à se loger.

Quelques minutes plus tard, nous étions de retour dans les bras de Morphée… dans une chambre crasseuse à dormir dans un twin bed (donc pas très large) avec Roark… autant j’ai voyagé plus de 4 mois avec ce gars là, autant c’est la 1ère fois qu’on partageait le même lit…

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CHAPITRE 2 – EN ATTENDANT LE BATEAU

Vous avez une journée à tuer au milieu de nul part, en l’occurrence la petite ville de Taunggok perdu à l’Ouest du Myanmar, avant de prendre un bateau dès le lendemain matin. Vous n’avez pas d’accès à internet et votre Lonely Planet est complètement muet sur les choses à faire à cet endroit… vous faites quoi?!?

À peine les yeux ouvert, je me dirige tout droit sur la terrasse de l’auberge. Tel un nid d’aigle, elle surplombait un 4 chemins poussiéreux, très bruyant et rempli de locaux faisant leur petite affaire. Pas de doute, la journée est déjà bien entamé… allez hop, c’était à mon tour de me lancer.

Après un déjeuner atroce (personne ne parlait anglais, j’ai donc pointé sur les autres tables… pour me ramasser avec un café pas buvable et du pain tout sauf appétissant), mes compagnons s’étaient levé un à un et nous étions près à explorer.

Direction le marché…

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… un petit village de l’autre coté de la rivière via un pont en bambou tout sauf solide.

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Alors que nous étions à prendre un snack sous une petite cabane de fortune le long d’une route entouré d’une tonne de locaux amusés, 4 jeunes filles ont tenu à nous faire visiter un petit monastère à proximité.

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Elles nous ont ensuite proposé d’aller prendre le thé chez elles… pourquoi pas.

Quelle ne fut pas la stupéfaction de leur mère quand elle a vu ses filles arriver avec 5 blancs à la maison. Je m’imagine tellement à leur âge, me pointer avec 5 étrangers à la maison et voir la réaction de ma mère. Nous avons passé les 2h suivantes à ‘’discuter’’ avec eux, à regarder leur album de photo et les aider à pratiquer leur anglais.

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Étant simplement un lieu de transit où on ne s’arrête généralement pas pour visiter, Taunggok a déjà eu la visite de quelques blancs, mais des blancs comme nous qui ont décidé de visiter les alentours sont assez rares… les jeunes filles nous ont fait comprendre que c’était la 1ère fois qu’elles voyaient des blancs dans leur village.

Sur le chemin du retour, nous sommes tombé sur un monastère bouddhiste. Bon, je dois l’avouer, nous étions plutôt à la recherche d’un endroit pour prendre une bière (tout un défi dans cette ville), mais bon, c’est un bon prix de consolation non?!?

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Bref, comme je le disais, quelle meilleure façon de terminer la journée que d’aller visiter un monastère rempli de jeunes bouddhistes. Ceux-ci étaient très impressionnés et curieux de notre présence et nous sommes rapidement devenu le centre d’attention de tous.

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Ayant mon journal sous la mains (depuis que mon Iphone a rendu l’âme sur Bornéo, j’écris mes aventures dans un carnet de voyage), je me suis assis quelques minutes pour écrire ce que nous avions fait durant la journée… pour me relever la tête et voir une bonne douzaine de jeunes très près de moi à regarder très attentivement le moindre signes que j’écrivais dans mon journal. Well, je suis très conscient que mon écriture est merdique, mais ça devait être la 1ère fois qu’ils voyaient une écriture autre que du birman. J’ai donc pris une page vierge et j’y ai écrit mon nom, pour ensuite leur tendre le crayon et les inviter à faire de même… pour chacun, j’essayais de dire à haute voix ce qu’ils avaient écrit, mais je visais rarement dans le mile (l’écrit et le dit sont complètement différent). Peu importe, ils se sont bien foutu de ma gueule.

Moi et Roark avons ensuite joué une partie de badminton avec 2 petites planches de bois et un moineau, dont les ailes avaient été remplacées par de véritables plumes d’oiseaux. Encore une fois, ça n’a pas prit beaucoup de temps pour qu’on soit entouré de jeunes moines.

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Ils nous ont ensuite invité à assister à la cérémonie du soir. C’est donc bien assis sur le sol dans le fond de la salle commune que nous les avons regardé réciter leurs prières et mantras. Cette même salle commune dans laquelle ils récitent leurs prières 5 fois par jour sert aussi de dortoir; ils prennent un petit cousin et dorment directement sur le sol.

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Une fois la cérémonie terminé, les moines se sont précipités sur nous et s’amusaient au moindre geste que nous faisions. À un certain moment, j’ai entrepris de m’assoir avec l’un d’eux et d’essayer de parler anglais. Quelle ne fut pas ma surprise quelques minutes plus tard de me lever la tête et de constater que TOUS les jeunes moines s’étaient entassés autour de moi et du jeune. Toutes ces paires d’yeux qui me regardait attentivement et en silence. Je ne me suis jamais senti claustrophobe, mais à ce moment j’ai littéralement été pris de panique….

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On nous a ensuite fait visiter le réfectoire qui leur sert de salle à manger. Il faut savoir que les moines mangent le matin et à l’heure du lunch, mais une fois les coups de midi sonnés, ils ne peuvent plus manger de la journée. Ils peuvent par contre boire.

C’est là que nous avons fait la connaissance de 3 vieux moines. On s’amusait à essayer de communiquer et on prenait des photos de groupes (à leur demande). Enis a prise leur adresse et a fait la promesse de leur envoyer les photos. C’est donc dire que si un jour vous aller à Taunggok, vous risquez de me voir la face sur une photo dans le monastère.

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Au moment où on est parti de l’enceinte du monastère, les jeunes moines nous suivaient encore. Ils ont fermé les portes du complexe derrière nous, mais plusieurs jeunes continuaient à nous faire des signes de la main au travers des grilles.

Autant je me sentais un peu mal de venir les déranger dans leur monastère au départ, autant cet impression a vite été remplacée par du bonheur… le bonheur de savoir que votre simple présence rempli de joie des jeunes birmans. Ce genre d’accueil risque de s’estomper dans les prochaines années au fur et à mesure qu’il sera de plus en plus commun de voir des blancs dans leur village, mais pour l’instant on a profité du fait que nous étions parmi les rares à y être allé.

Nous avons ensuite fini par trouver un endroit où ils servaient de la bière… je vous laisse deviner la suite… le proprio nous a même donné des chandails et un manteau aux couleurs du Myanmar.

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CHAPITRE 3 – UNE JOURNÉE EN MER

5.00am – Après 30min à constamment refuser l’inévitable et tourner dans mon lit, j’ai fini par me lever. À peine les yeux ouvert que nous sautions dans un tuk tuk en direction du port.

6.00am – Les amarres étaient largués et nous quittions Taunggok en direction de Sittwe… quelques 10h+ loin.

Nous prenions place à bord d’un bateau tout en longueur… un espèce de train fonçant à vive allure sur l’eau.

Faisons un bref tour du propriétaire. À tout seigneur, tout horreur, commençons par l’intérieur. Que dire de plus sinon que c’était un véritable trou à ras; les gens s’entassaient l’un sur l’autre et même dans les allées, ça sentait le swing, les fenêtres étaient trop sale pour permettre de voir à l’extérieur et des télés crachaient à tue-tête des chansons de merde (la plupart de la musique entendu au Myanmar est composée de classiques de la musiques pop rock occidentale… qu’ils ont traduit en birman… vous reconnaissez donc la mélodie, mais les mots sont complètement différents… bref, un festin (euh) pour les oreilles). Bref, ça c’est pour l’intérieur… j’y suis demeuré 30min au départ du bateau et j’ai failli devenir fou…

Nous avons heureusement vite compris que nous pouvions aller dehors. Quoique les espaces étaient assez restreint; à la proue (avant du bateau) tout pogné et au grand vent, ou à la poupe (arrière) bien au chaud mais avec le bruit infernal du moteur qui rendait sourd. Pour relier l’un à l’autre et l’intérieur, il y avait une très étroite passerelle sans garde corps… il fallait avoir un bon équilibre sans quoi vous alliez aller visiter les poissons.

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C’est donc bien emmitouflé dans mon nouveau manteau aux couleurs du Myanmar que j’ai passé la journée à l’extérieur avec mes 4 compagnons.

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Nous avons ainsi pu admirer le lever du soleil…

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Toute l’avant-midi, le bateau serpentait dans les petites rivières d’un archipel formé d’immenses iles séparant le golfe du Bengale du continent birman.

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Peu après midi, toutes les iles avaient disparues et nous étions dans le golfe. Je me suis alors trouvé une place confortable pour dormir bien allongé entre les boite/bagages sur le dessus du bateau. Avec le bruit du moteur en sourdine et les vagues, ce fut extra.

En milieu d’après-midi, le bateau a changé de cap pour s’engouffrer dans une très large rivière avec de formidables pâturages jaune vif et petites collines verte de part et d’autre.

Plus le bateau avançait, et plus la rivière se refermait au point où se dressait un mur devant nous. Le bateau est alors rentré dans un delta (plaines inondables) composé de très petite rivière et de morceaux de terre. Il fallait alors un pilotes extrêmement expérimenté pour retrouver son chemin parmi ce labyrinthe de rivières.

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Le paysage était rempli de nuance de noir, de vert, de jaune et de bleu… un paysage tout droit tiré d’une peinture abstraite composée de champs verdoyant où l’on retrouvaient d’immenses ballots de foin, de fermes de poissons sur l’eau, de beaux gros/petits bateaux en bois voguant un peu partout, etc. Par moment, le terre ferme était tellement à ras l’eau que j’avais l’impression que les arbres poussaient dans l’eau à l’horizon.

Puis, comme une fin digne d’Hollywood, à la minute ou le gros rond rouge du soleil est disparu dans l’océan, Sittwe est apparue à l’horizon juste devant nous.

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Cette journée à voguer sur les rivières birmanes fut magique; des plus reposante pour le cerveau et le corps, et des plus agréable pour les yeux.

SITTWE… UNE NUIT C’EST BIEN ASSEZ

6.00pm – Nous étions de retour sur la terre ferme. J’avais l’impression d’être débarqué en Inde tellement les locaux au port étaient gossants. Ils me donnaient envi de lever les coudes et de foncer dans le tas…

Pourtant, je ne me trouvais pas en Inde, mais bien à Sittwe, ville de 200 000 habitants et capitale de l’état Rhakine situé à l’ouest du Myanmar, un état réputé comme étant séparatiste.

Si Sittwe voulait dire « bruyant » ou « PAS tranquille », je n’aurais aucune difficulté à le croire.

Après une journée à rien faire sur un bateau, un défi se dressait devant nous; trouver un endroit où s’héberger.

Le hic, nous l’avons appris assez rapidement, c’est que la ville n’avait pas beaucoup d’hotel et qu’encore moins de ces hôtels n’avaient une licence pour accueillir les étrangers.

Nous avons donc fait le tour de la ville à bord d’un tuk tuk. À chaque hotel où nous allions, c’était la même réponse;
– nous n’avons pas de licence pour accueillir des étrangers
OU
– l’hotel est complet.

Après s’être fait viré de bord par quelques hôtels, nous avons décidé de « coller » à l’un de ceux-ci même si on nous avait dit qu’il n’y avait pas de place. Après leur avoir demandé de toutes les manières possible si ils avaient des chambres et que le gars nous ai aidé à appeler tous les autres hôtels de la ville pour se faire revirer aussi… Roark a décidé de lui redemander une dernière fois si ils avaient de la place… que peu importe la chambre ça conviendrait…

À notre grande surprise, le manager a fini par allumer qu’il lui restait une chambre de dispo…

Quel genre de directeur d’hotel se refuserait à louer sa dernière chambre disponible et donc ne pas se faire d’argent sous prétexte qu’ils sont 5 et que la chambre peut en accueillir 3… alors que nous étions près à payer plus cher… QUEL CON.

Ils leur restaient une chambre avec un lit double et un lit simple… autant dire que c’était PARFAIT pour 5 personnes (des voyageurs d’expérience trouvent toujours le moyen de transformer 3 places en 5 😉

La nuit à Sittwe fut des plus spéciale…

De 1, il y a eu une espèce de musique assez forte qui jouait toute la nuit au loin…

De 2, à 4.30pm, soit 30min avant notre réveil prévu, un véritable party a commencé juste à coté de notre chambre. Un énorme système de son crachait la chanson « I just want to say I love you »… version birmane…

Nous avons fini par apprendre que la gare d’autobus se trouvait directement de l’autre côté de la clôture à côté de notre chambre. Ouin… pis c quoi le rapport avec la musique forte?!? Au Myanmar, la plupart des bus de jour on des amplificateurs (système de son) GI GAN TES QUE dans le fond du bus. Quand un bus te passe sur la route tu entends généralement de la musique hyper forte.

De 3, à peine les bus partis que des oiseaux commençaient à crier à tue-tête… bref, pas reposant du tout.

Quand tu parles de te lever du mauvais pied, c’est la définition même de l’expression.

CHAPITRE 4 – REMONTER LA RIVIÈRE JUSQU’À MRAUK U

Heureusement pour nous, on ne s’est vraiment pas éternisé dans cette ville; nous étions arrivé par bateau après le coucher du soleil hier soir et nous étions à nouveau sur un bateau dès le lendemain alors que ce même monsieur Soleil ne s’était pas encore pointé à l’horizon.

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6.30am – contrairement à la veille, nous n’allions pas battre de record de vitesse. Nous étions à bord d’un très gros, très vieux et très très lent bateau de 2 niveaux. Alors que la plupart des gens étaient entassés au rez-de-chaussée, nous étions assis au second niveau devant la cabine du pilote à voir défiler le paysage devant nos yeux… à vitesse très petit V.

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Alors que le soleil se levait au loin sur l’océan et que le bateau quittait le port, plein de goélands (sea gull… gull voulant dire « eau » en vieux anglais) nous escortaient. Ils faisaient des cercles autour du bateau. Avez-vous déjà vu un oiseau faire un vol stationnaire à seulement quelques mètres au-dessus de vous? Moi oui… avoir voulu, j’aurais pu en attraper un.

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Alors qu’hier nous longions la cote birmane, nous entrons profondément dans les terres aujourd’hui en voguant sur d’immense rivière d’un bleu clair azur large comme le fleuve St-Laurent à la hauteur de Qc et serpentant dans la plaine.

Le paysage qui nous entourait était composé de plaines verdoyantes, alliant de multiples teintes de vert et de jaunes, de plages recouvertes d’un espèce de lychen vert perçant, de multiples animaux/oiseaux… dont une grande quantité de water buffalos… une tonne de petits villages sur pilotis, des petits et grands bateau, des pagodas toutes dorés, des arbres comme j’en avait seulement vu sur des photos de l’Afrique, etc.

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Puis, plus nous avancions dans les terres, plus les rivières devenaient de plus en plus étroites. La plupart des petits villages qui défilaient devant nos yeux depuis notre départ de Taunggok hier matin n’étaient accessible que par bateau.

Cela me faisait un pincement au coeur de penser que ce magnifique paysage était appelé à disparaitre si le niveau de la mer continuait à monter. Toutes les plaines étaient presque au niveau de l’eau.

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Puis, après presque 6h sur le bateau, alors que la rivière n’était maintenant pas plus large qu’une centaine de mètre, se pointait finalement Mrauk U.

CHAPITRE 5.1 – MRAUK U

Aussitôt débarqué du bateau qu’un homme nous attendait (avec nos noms sur une pancarte) pour nous conduire à notre auberge en jeep… le gros luxe.

Capitale de l’empire Rakhaing durant près de 400ans, de 1430 à 1826, Mrauk U, qui se prononce « Miaou », fut par la suite la capitale provinciale de la colonie britannique avant que ceux-ci déménagent à Sittwe.

Les plaines et petites collines entourant aujourd’hui cette capitale déchu comportent un lot important de temples éparpillés sur quelques km, ce qui en fait le 2ème lieu en importance au pays après Bagan (épisode futur) d’où notre présence.

À peine arrivé à notre auberge que nous étions déjà à explorer les environs.

SHITTAUNG PAYA
Construit en 1535, l’intérieur ressemble à un labyrinthe. Plus de 1000 sculptures de bouddhas.

AN DAW PAYA
Juste à coté de la précédente. Plus sobre, plus petite, mais tout aussi intéressant.

RATANABON STUPA
Construite en 1612, elle a survécu de justesse à un bombardement lors de la WWII

DUKKANTHEIN PAYA
Construite en 1571, elle ressemble à un véritable château fort. Impressionnant tunnel qui culmine au centre devant un bouddha illuminé par un jeu de lumière Dolarama.

LAYMYATHNA PAYA
Simple, petite, mais très belle.

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Ces 5 temples, et quelques autres que nous n’avons pas visités, étaient à moins de 1km de marche de notre auberge.

On a par la suite fini la journée en beauté en admirant un sunset parfait du haut d’une petite colline à proximité.

CHAPITRE 5.2 – UNE JOURNÉE EN BATEAU… POUR FAIRE CHANGEMENT

7.00am – Le moins que l’on puisse dire c’est que les gens à notre auberge sont dur d’oreille. Alors que nous avions pris la peine de leur dire que nous étions pressé, le déjeuner auquel ils nous ont convié fut l’un des plus lent de ma vie.

Ça n’en finissait pas de ne pas finir; ils nous ont amené les ustensiles… 10min plus tard les assiettes…10min plus tard de l’eau… 10min (vous commencez à comprendre) après le thé/café… le beurre… puis la confiture… le pain… les oeufs… Bref, 1h30 après s’être assis, nous étions encore là… pendant que notre chauffeur/guide nous attendait patiemment dans son jeep à l’extérieur.

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9.00am – après nous avoir attendu une bonne heure, on s’est finalement mis en route pour se diriger un peu à l’extérieur de la ville à un petit port. Nous allions donc passer une 3ème journée de suite sur un bateau. Alors que le 1er jour avait été passé sur un fastboat, que le 2eme s’était passé sur gros, vieux et lent bateau, le 3ème allait se passer bien assis l’un derrière l’autre sur des chaises de plastiques dans une petite embarcation de bois un peu bruyante. À ce rythme là, si on devait faire du bateau demain, ce serait sur une simple planche de bois.

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Objectif de la journée; remonter la rivière pour aller visiter les Chan, une tribu vivant en marge de la société dans de petits villages très rustiques et accessible seulement par bateau.

Peu après avoir pris place dans le bateau, des problèmes de « plomberie » ont commencé à faire surface… sans me prévenir, mon estomac venait de décider que j’allais passer une journée de merde… pas très dadon quand on pense qu’on allait passer la majeure partie de la journée sur un petit bateau… sans toilette…

Durant 2h, les plaines et les petits villages défilaient devant nos yeux alors que j’utilisais toute ma concentration pour garder à l’intérieur ce qui devait être à l’intérieur.

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Le bateau a alors commencé à se rapprocher du rivage dans le but d’aller visiter l’un des villages. J’ai alors sorti du papier de toilette de mon sac et même avant de s’être complètement immobilisé, je sautais par dessus bord les 2 pieds dans l’eau jusqu’au genou pour ensuite courir jusqu’à un petit boisé à l’extrémité de la plage… L I B E R T É comme le crierait Mel Gibson dans Braveheart.

De retour à la normale, j’ai rapidement rejoint mon groupe qui visitait le village. Pour chacun des villages que nous avons visités, le guide nous faisait un tour de ville comme si nous étions dans un zoo. Imaginez des extraterrestres ayant un guide blanc qui ferait visiter St-Félicien ou Québec à des extraterrestres. Ceux-ci regarderaient comment vous vivez et rentreraient dans votre maison sans demander la permission… ils prendraient même des photos. Eh bien c’est un peu comme cela que je me sentais… j’avais l’impression de violer leur vie privé… mais bon, ils étaient hyper heureux de nous voir donc j’imagine que le sentiment n’était pas partagé.

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Fait particulier des tribu Chan, une vieille tradition ancestrale veux que les femmes, une fois rendu à l’adolescence, se fassent tatouer une de toile d’araignée (spider web) dans le visage. Interdit depuis environ 20ans, cette coutume visait à empêcher les tribus ennemis de kidnapper leurs femmes. Nous avons pu voir un demi-douzaine de femmes portant ces tatous.

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Après avoir visité 3 villages, nous avons entamé le chemin du retour… pour s’arrêter sur une « plage »… en tout cas de loin ça ressemblait à une plage… lorsque j’ai sauté du bateau, j’ai enfoncé jusqu’au genou dans une boue noire…

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Alors que mes compagnons américain et allemands piquait une saucette et « empruntaient » (volaient) un bateau… et passaient tout près de le couler au milieu de la rivière (vous auriez du voir la figure horrifié des locaux qui regardaient la scène impuissants)…

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moi et Enis rendions visite aux femmes qui travaillaient dans un champ de cacahuètes juste à coté. Mon cerveau a ainsi pu comprendre que les cacahuètes (Peanut en anglais) poussaient dans la terre… Ohhhhh

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CHAPITRE 5.3 – MRAUK U À VÉLO

5.00am – Après un réveil en vitesse, nous étions tous les 5 à demi réveillés et complètement gelé dans un tuk tuk. Il n’était pas question aujourd’hui de faire un tour de bateau… oh que non… les phares du tuk tuk transperçant la nuit noire, nous étions plutôt en direction d’une petite montagne.

S’en est suivit l’ascension de la montagne… dans le noir total… sans lampe frontale… en flip flop… dans un sentier tout sauf facile… pour finalement atteindre le sommet et se retrouver devant la SHWEDAUNG Stupa, un temple assez récente. Qu’importe, nous n’étions pas là pour le temple, mais bien pour y admirer le lever du soleil de haut de sa terrasse offrant un 360degrés de la vallée.

Tic Tac Tic Tac… plus d’une heure plus tard à se les geler, le soleil a enfin daigné se montrer le bout du rond. À ce moment, la vallée de Mrauk U était recouverte d’une mince couche de brouillard. Seul les arbres et les petites collines environnantes l’épais manteau blanc… MA GNI FI QUE

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Le ciel a peu à peu commencé à s’illuminer, passant du noir au rosé, pour finalement voir apparaitre la grosse boule jaune… le brouillard et la noirceur faisant alors place à un bain de lumière. On entendait alors la vallée se réveiller et peu à peu reprendre vie; des coqs chanter à gauche, des moines chanter à droite, quelques voiture circuler sur les routes, etc.

Une fois de retour à l’auberge et après avoir enduré un autre très loin déjeuner 10 services, nous avons pris la direction du marché. Situé un plein coeur de Mrauk U, l’endroit ressemblait à un marché au pus dont les employés chargé de la maintenance auraient déclarés la grève il y a de cela une bonne décennie. Le clou du spectacle fut assurément le « Meat Market ». Véritable poubelle en plein air, cette boucherie en plein air version médiévale m’a littéralement coupé l’appétit. Dans un coin, des vendeurs de poissons/poulets (en morceau et vivant) étalés directement sur le sol, dans un autre, des gens en train de dépecer un Water Buffalo récemment tué à coup de hache, le vendant ensuite pièce par pièce sans emballage avec le sang qui dégoulinait, de l’autre des gens lavant leurs vêtements dans une rivière infesté de déchets. Ajoutez à cela quelques oiseaux et des chiens un peu partout qui n’attendaient qu’un instant d’inattention pour manger une pièces… et des mouches un peu partout et vous pourriez avoir un portrait assez fidèle de la situation. S’en était beau tellement c’était laid…

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Après cette visite pour le moins divertissante, nous avons décidé de louer des vélos pour visiter les environs…

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Monastère SANDA MUNI PHRA GRI…

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Le lac Latsay… merveilleux lac non pollué et bordé par un vieux rempart de brique…

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ZINAMANAUNG Paya
Superbe paya datant du 17eme siècle

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PHRANOUK Paya
Petite paya avec de statues de bouddhas dans des alcôves tout autour.

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PISEI Paya
Temple se situant au sommet d’une petite colline. En grande parti détruit, il n’en reste aujourd’hui que des tas de pierre et un réseau de corridors à ciel ouvert menant à des statues de bouddhas.

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KOETHAUNG PAYA
Sans aucun doute le plus beau et impressionnant temple de la vallée de Mrauk U.

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6.00pm – S’en est suivit une véritable course contre le soleil. Déjà presque disparu de l’horizon derrière les montagnes lors de notre départ du temple, s’en est suivit un véritable sprint pour rejoindre la ville et un endroit plus propice à admirer le coucher du soleil sur la vallée… via un « raccourci » que j’avais localisé sur la carte…

Alors que nous étions à baisser les bras, un temple sur une petite colline est sorti de nul part… en moins de temps qu’il ne m’en faudrait pour m’habiller le matin, nous avions déposé nos vélos (garoché) et monté en vitesse la colline pour nous retrouver face à face avec le SA-KYA-MAN-AUNG Paya, un temple non restauré et resté à l’état sauvage.

La végétation avait depuis longtemps pris le dessus sur la construction humaine. Éteignant mon département de la peur (qui me disait que c’était tout sauf prudent), j’ai alors entrepris de monter sur une section du temple qui s’était écroulé. Cette décision n’aurait pas pu être plus judicieuse. Nous étions juché sur une portion effondré du temple avec une vue sublime de la vallée; plein de temples qui perçaient la jungle par-ci par-la et la boule jaune disparaître tranquillement derrière la montagne à l’horizon.

TOUTE BONNE CHOSE A UNE FIN

La fin de soirée fut des plus émotive alors que notre Fantastique Five allait se séparer dès le lendemain matin.

Cela bouclait la fabuleuse boucle commencée sur un coup de tête il y a plus de 6 jours à Pyay et qui avait mené à la découverte d’endroits magnifiques. Ce fut l’une des mes plus belles aventures en Asie en compagnie de personnes formidables. 6 jours ce n’est rien dans une vie normale, mais en voyage c’est suffisant pour tisser des liens solides et durables.

Pour ajouter aux festivités, c’était l’anniversaire de Roark 2 jours plus tard… nous avons donc fêté comme il se devait.

Next; Mandalay

P.S. – Environ 90% de la musique au Myanmar consiste à des cover des plus grands classiques rock pop des 40 dernières années… qui ont été traduits en Birman; de Bryan Adams, à Kiss, à Abba, à Nickelback, Céline Dion, etc. tout y passe. Tu reconnais la mélodie mais les mots sont complètement différents. C’est très amusants.

Épisode 55 – A  »Fallout » day

21 janvier 2014

8.00pm – Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?!? C’est la question qui me hantait l’esprit alors que nous étions assis à bord du bus de nuit qui roulait en direction du Nord du Myanmar.

BACK IN TIME

7.00pm – Centre-ville de Yangon
Billets de bus achetés la veille, nous étions à quitter notre auberge pour nous rendre à la gare d’autobus…

« Taxi » (en levant la main au taxi qui s’apprêtait à passer devant nous)

Moi – « to the Highway bus station please » en lui montrant le nom de la station sur nos billets…

Chauffeur – « at what time is your bus (à quel heure est votre bus?) »

Moi – 7.45pm

Chauffeur – « Ohhh… It’s going to be short (ohhh… ça va être juste) »… dit-il dans un anglais boiteux en écrasant l’accélérateur… faisant ainsi vrombir les 2 gros chevaux vapeurs de son vieux bolide.

Notre séjour à Yangon allait donc se terminer comme il l’avait commencé; dans un vieux taxi jaune roulant à vive allure.

… 45min plus tard et après 2 feux de circulation brulés par notre chauffeur, nous étions toujours dans ce même taxi, dont la vitesse n’avait pas ralenti.

Nous avions alors quitté la ville depuis un bon 20min, nous roulions maintenant sur des routes de campagnes et il n’y avait toujours aucun signe de vie de la dite gare d’autobus. On commençait alors à se poser de sérieuses questions.

7.50pm
Chauffeur – « Sir, Highway bus station » en pointant un petit village…

Moi/Roark – WTF?!?

J’ai vite compris pourquoi le chauffeur avait fait des « nonono » en hochant de la tête (en signe de désapprobation) pour ensuite insister pour aller nous déposer directement à notre autobus quand je lui avait demandé de simplement nous déposer devant la gare et qu’on se chargerait du reste comme des grands garçons.

La gare est en fait un village composé d’une multitude de rues. C’est pas compliqué, l’endroit devait être aussi grand que St-Félicien… avec des bus PARTOUT… et tous les noms de compagnie étaient écrits en birman (incompréhensible – ils ont leur propre alphabet). Quand même un chauffeur de taxi birman a de la difficulté à trouver votre bus, c’est que vous n’auriez eu aucune chance de le trouver par vous même.

Heureusement pour nous, « transport en commun » et « Asie » = retard

7.56pm – nous trouvions finalement le dit bus,

7.57pm – de gentils bonhommes garochaient nos sacs dans le compartiment à bagage,

7.58pm – on prenait place à bord,

7.59pm – le moteur du bus se faisait entendre… pas vraiment plus puissant que celui du taxi, mais oh combien plus bruyant,

8.00pm – Fin du calvaire… enfin… pas tout à fait… au moins on était en route…

Ce qu’il faut savoir avec les bus au Myanmar c’est que même si vous dites au chauffeur à quel endroit vous allez, il s’en c@l!ss et va plus souvent qu’autrement oublier. Quand vous vous rendez au bout du trajet, ce n’est pas un problème et vous pouvez dormir (ou à tout le moins essayer) sur vos 2 oreilles… mais quand votre arrêt en est un parmi tant d’autres au milieu de la nuit, que vous ne savez pas trop où vous allez et que le bus n’arrête pas si personne ne lui signale qu’il veut descendre… votre nuit de sommeil devient une partie d’échec.

Heureusement pour nous, Roark avait son application gratuite pour Iphone ‘’maps with me’’. Celle-ci vous localise peu importe où vous vous trouvez dans le monde sans même avoir besoin de WiFi. Chanceux comme nous le sommes, la route de terre sur laquelle nous étions et la ville où nous allions étaient indiqués sur la carte de l’application. Nous pouvions ainsi voir notre position sur la route à tout moment. Ne restait plus qu’à prier pour que les batteries du téléphone tiennent.

3.45am – 15min avant l’heure prévu, nous étions sur nos 2 pieds à Pyay.

Sans la moindre réservation, nous étions à chercher un banc, etc. pour y somnoler en attendant le lever du soleil quand 2 jeunes birmans nous ont proposé de nous conduire à un auberge… soit disant ouverte à cette heure.

Tel un air de déjà vu, moi et Roark étions sur une moto à rouler à toute allure dans les rues désertes jusqu’à une auberge mentionnée dans le Lonely Planet.

Une fois sur place, tout était fermé à double tour… L’un des pilotes s’est alors mis à frapper sur la porte (vouloir enfoncer la porte serait un terme plus exact) et à crier… au point de réveiller quelques voisins, un bébé… et finalement le propriétaire de l’auberge… et assurément tous les touristes qui y dormaient.

4.15am – Moins de 30min après notre arrivé en ville, nous étions dans une chambre en train de dormir.

SE LEVER DU BON PYAY

8.00am – Après une courte, mais reposante nuit de sommeil, nous étions devant l’auberge à prendre notre déjeuner.

Alors que l’établissement se trouve sur une belle petite rue résidentielle, l’intérieur est pour le moins… « spécial »; décor années 60 avec un vieux tapis d’un rouge pale plein de taches, des plafond en planches de bois bruns foncés, les murs couverts d’une tapisserie beige-brun défraichi et déchirée, de vieux meubles/cadres très laids et des fenêtres qui laissent passer une très faible quantité de lumière jaunâtre tellement elles étaient recouvertes de saleté désormais incrusté dans le verre. L’ambiance était très réussit pour tourner un film d’horreur du style « Massacre à la tronçonneuse ».

Pour tout dire, j’avais l’impression de me retrouver dans le jeu « Fallout 3 ». Pour ceux qui ont déjà joué à ce jeu, dites-vous que l’intérieur de la maison était IDENTIQUE à l’intérieur des maisons dans le jeu.

Ajoutez à cela que le gérant n’aidait pas du tout à enlever cette image de ma tête… bien au contraire. Un peu beaucoup bedonnant, portant une moustache longue et fine et poussant des cri/raclements de gorge infâmes à tout moment, on aurait dit monsieur Myagi (le maitre de karate dans Karate Kid) qui aurait poussé un peu trop sur l’alcool au fil du temps et qui avait été mordu par un zombie.

Bref, l’ambiance était à couper au couteau 😉

Peu importe, pour l’heure nous étions toujours en vie à manger des toasts brulés dans la rue à faire des gestes de la mains/sourires/dire minglaba aux passants qui nous apercevaient avec l’air médusé; un nombre restreint de blanc était passé par ici avant nous c’est sur.

SRI KSETRA

Alors que nous avions encore les yeux dans le même trou, que nous n’avions aucune espèce d’idée de quoi faire de notre peau à Pyay et qu’on songeait sérieusement à retourner nous coucher, nous avons fait la connaissance d’un couple de jeunes suisses en voyage de noce. Ceux-ci s’apprêtait à aller visiter une ancienne cité pleine de temples à quelques kilomètres à l’extérieur de la ville. Il n’en fallu pas plus pour nous convaincre de les accompagner.

Jadis une cité très prospère, l’ancienne cité impériale de Sri Ksetra est considéré comme la plus ancienne capitale du territoire aujourd’hui connu sous le nom de Myanmar. On raconte que les 1er temples construits au Myanmar ont été construit ici. Il n’en reste plus aujourd’hui que des ruines et quelques temples dispersés sur plusieurs kilomètres dans la plaine.

C’est donc tous les 4 cordés sur des sacs de riz et un pneu à l’arrière d’un petit camion tuk tuk conduit par l’infâme monsieur Miagy… avec les pieds qui pendaient au-dessus de la route, que nous avons fait le tour de cette ancienne cité.

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Le petit camion roulaient trèèèès lentement (j’aurais pu courir à coté) au point de se faire klaxonner par toutes les voitures. Pour ajouter à l’ambiance, Miagy faisait jouer de la vieille musique country digne du fin fond des États-Unis… rappellant étrangement la trame sonore de Fallout.

Nous sommes donc allé de temple…

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… en temple…

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… en temple…

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Alors que la plupart ressemblaient à de gigantesques gâteaux renversés et faits de briques rouges… same same but different…

La cerise sur le Sunday fut assurément la Stupa BawBaw.

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Non pas de forme conique comme les autres, celle-ci était plutôt cylindrique… ce qui a du poser sont lots de contraintes techniques à l’époque puisque n’étant pas de forme pyramidale.

En plus de sa forme, elle avait une porte et une fenêtre à environ 10m du sol. On raconte que l’intérieur de la Stupa n’est pas plein et qu’elle comprendrait une quantité importante de reliques bouddhistes.

Puis, sur le chemin du retour, ce qui devait arriver arriva… notre camion est tombé en panne au beau milieu de la route. Pendant que monsieur Miagy courait (marchait très lentement) pour aller chercher de l’essence, nous étions tous les 4 dans la boite du petit camion au milieu de la route. Vous auriez du voir la face pleine de points d’interrogation des locaux qui passaient à côté de nous. Dire qu’ils étaient complètement ébahi serait faible.

À notre retour à l’auberge, notre rue était remplie de jeunes moinEs (des jeunes filles), le crane rasé, portant de superbe robe rose et arborant leur plus beau sourire lorsque nous les croisions… il ne suffisait que de faire un signe de la main et/ou dire minglaba et/ou hocher de la tête pour qu’elles aient un petite rire timide du genre ‘’jeune fille au secondaire qui se fait dire salut par le gars qu’elle trouve beau’’… bref, ça fait plaisir à voir héhé

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LES PYAY DANS LE SABLE RADIOACTIF

Pyay se trouve le long de la rive d’une importante rivière. Quoi de mieux que de terminer la journée à la plage. Le moment aurait été parfait… si toute la berge n’avait pas été un véritable dépotoir… il y avait même d’énormes cochons qui mangeaient les ordures.

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À un certain moment, j’ai lancé à Roark de faire attention puisque mon « pipboy » (lui aussi fan de Fallout) indiquait un haut degré de radiation et qu’il vaudrait mieux prendre des RadX (joke de geek).

J’ai alors eu un flashback de l’infirmière que j’avais rencontré à plusieurs reprises pour mes nombreux vaccins avant mon départ du Canada. En marchant nu pied sur cette plage jonché de déchets, je me suis rappelé qu’elle m’avait dit de faire attention au plage qui semblait suspecte… de ne pas m’y aventurer…

Ce instant de raison est vite passé et j’ai continué à marcher pyay nus sur le sable chaud…

Il y avait tous ces beaux vieux bateaux en bois…

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… ces gens qui se lavaient dans la rivière et qui accrochaient leur plus beau sourire à notre vue… nous invitant même à venir nous tremper à notre tour… euh… ce n’est pas le Gange, mais bon… mon esprit aventurier a ses limites.

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… pour finalement arriver jusqu’à 2 bateaux littéralement échoués. La rivière étant alors à un niveau très bas, je n’aurais pas donné cher du sort de ces 2 carcasses de bois si le niveau de l’eau avait monté subitement… ils seraient restés bien « assis » dans le fond de l’eau.

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Les 2 bateaux étaient remplis de gravier et des locaux se démenaient à le sortir des bateaux. Il n’en fallu pas plus pour que Roark s’empare d’un siaux, monte sur le bateau et donne un coup de pouce, au grand plaisir des locaux qui semblaient tout aussi content qu’ébahi de voir un blanc leur donner un coup de main.

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S’en ait suivit une soirée bien arrosée. Jamais 3 sans 4 (?!?), Roark s’est mis à collectionner des cap de bouteille afin de participer à un concours pour gagner des chandails aux couleurs du Myanmar… les caps de bouteilles étant la monnaie dans le jeu Fallout.

Fait cocasse, une fois de retour à notre chambre, la femme de monsieur Miagy nous a apporté une télé (très vieil écran cathodique). Ayant gentiment refusé, elle m’a fait comprendre que puisque nous étions américains, nous devions avoir une télé dans notre chambre (WTF… quel raisonnement bizarre…)… mais bon, quand vous avez devant vous une vieille dame toute gentille qui tient une lourde télé à bout de bras, vous ne voulez pas la décevoir en lui disant « non merci »… j’ai donc pris un air emballé en la remerciant et en lui donnant un coup de main pour l’installer.

Roark étant arrivé sur l’entrefaites, son visage était rempli de points d’interrogation… du genre pourquoi j’avais demandé à nous installer une télé dans la chambre… je lui ai lancé d’avoir l’air emballé, que je lui expliquerait tout par la suite.

Une fois la télé installé, elle nous a mit la télé à un poste américain et poussé le son dans le tapis… nous avons alors feinté d’être aux anges… jusqu’à ce qu’elle quitte… pour immédiatement l’éteindre. Cela fait des mois que je n’ai pas regardé la télé et je ne m’en porte que mieux.

J’ai ensuite enfin pu dormir une véritable nuit sur mes 2 oreilles dans un bon lit… en fait, n’importe quoi à l’horizontal aurait fait… tout sauf un siège d’autobus…

WEST MYANMAR SIDE STORY

À notre réveil ce matin là, moi et Roark étions très confu quand à la suite de notre voyage.

Nous étions venu à Pyay dans de collecter plus d’information à propos de l’Ouest du Myanmar (Pyay est l’une des 2 portes d’entrée) dans le but éventuel d’aller à Mrauk U (jadis capitale du Myanmar il y a de cela plusieurs siècles).

Nous n’avions malheureusement pas appris grand chose de plus que nous savions déjà; l’Ouest du Myanmar était sensé être magnifique, mais le voyage semblait tout sauf facile et surtout trèèèèès long. De plus, n’étant pas encore un endroit très touristique, l’information que nous avions recueillis était bien souvent contradictoire. En bref, il fallait prendre un bus de nuit jusqu’à une petite ville du nom de Tauggok, prendre ensuite un bateau durant toute une journée jusqu’à Sittwe, pour finalement prendre un autre bateau d’une journée jusqu’à Mrauk U. Ajoutez à cela que les bateaux n’étaient pas à tous les jours et qu’au retour il nous faudrait faire le même chemin pour revenir.

Est-ce que le prix en valait la chandelle… en d’autres mots; nous en étions au jour 9 de notre visa au Myanmar… est-ce que ce trip valait la chandelle d’y passer plus de 10 de nos 30 jours au Myanmar? Nous avions encore beaucoup de choses à voir au pays et si on se lancait dans l’aventure nous serions très serré pour la suite des choses…

Nous étions à laisser tomber et continuer notre chemin quand le hasard a voulu que 3 nouvelles personnes (un couple d’allemands et une slovène) se trouve à notre auberge à notre 2ème matin à Pyay. Arrivé durant la nuit en provenance de Bagan, ils étaient venu ici avec la même intention que nous; atteindre Mrauk U.

Qui aurait cru que cette décision prise sur le coin d’une table allait lier le sort de 5 personnes pour la prochaine semaine et que cela allait s’avérer l’une des plus belles aventure de tout mon voyage en Asie.

L’équipe se composait donc de;

Roark – mon éternel compagnon de voyage et l’américain de service – rebaptisé Elgis (egg en allemand) par les allemands

Mattias – Allemand – l’archecte timide

Stefan – Allemand – acteur

Enis – Slovène – dit la slovène enjoué – rebaptisée « Estrogen » (seule fille du groupe) par les allemands

Après une après-midi tué à se promener dans le marché…

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… il nous fallait prendre un bus de nuit (tient donc… encore) jusqu’à Tauggok… sur une route réputée comme étant l’une des plus difficiles qu’un touriste peut emprunter au Myanmar.

En route vers l’inconnu… rien de bien différent de mon quotidien depuis 1 an à bien y penser…

P.S. I – Pyay se prononce de la même manière que Pied… d’où mes jeux de mots poches…

P.S. II – Depuis mon arrivé au pays, la plupart des gens qui m’abordent me demandent ‘’where are you from (de où tu viens)’’. Au début, je répondais Canada… mais leur visage restait de marbre (ils n’avaient jamais entendu parlé du Canada). J’ai donc commencé à dire USA… et eux de me répondre… Obama.

P.S. III – Dans la catégorie des questions existentielles qui demeurent encore aujourd’hui sans réponse, je crois pouvoir régler l’une d’elle; « où sont passé les casques des militaires allemands après la seconde guerre mondiale ». La réponse est bien simple; ils ont été donné au Myanmar.

Je ne crois pas que ce soit le fruit du hasard si la plupart des chauffeurs de moto du pays portent des casques identiques aux casques allemands. Certains poussent même jusqu’à arborer la croix nazi ou le signe de la Gestapo. Difficile de leur en vouloir puisque j’imagine très mal qu’il puisse être au courant de la signification de ce qu’ils portent. Je peux donc maintenant me concentrer sur un autre des mystère de la vie; chapeau allemand; Check… toujours aucune idée comment mettre du caramel dans les Caramilk.

Vous voulez savoir qu’est-ce qui est plus bizarre qu’un birman portant un casque allemand avec la croix gammée?!? Un nain birman portant fièrement un chandail avec une croix gammé et la face de Hitler…

Épisode 54 – Yangon; Avant qu’il ne soit trop tard…

18 janvier 2014

5.00am – le soleil n’allait pas se pointer le bout du nez avant une bonne heure que nous étions dans un petit taxi jaune filant à toute allure dans les rues désertes du centre-ville de la plus grande ville du Myanmar encore endormi… la chanceuse.

Dès lors, Mawlamyine n’était plus qu’un lointain souvenir. Mon corps se remettait alors péniblement d’une nuit blanche… une autre… passé à bord d’un horrible bus de nuit.

N’ayant aucune réservation (Bravo Champion), c’est donc à coté de la Sula Paya… un gros temple recouvert d’or construit il y a plus de 2000ans et se trouvant au beau milieu d’un rond point au milieu de l’artère la plus importante de la ville (je me demande si le rond point était déjà là à l’époque?!?)… que notre aventure à Yangon (anciennement Rangoon) allait débuter POINT(.) – Fin de la phrase/paragraphe

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Nous étions donc à déambuler dans les rues, en se trainant les pieds tels des zombies, à la recherche d’un café/restaurant ouvert pour y tuer les quelques heures qui nous séparaient de l’ouverture des hôtels. Parions que la tranquillité du moment n’allait pas durer très longtemps une fois le soleil levé.

LOVE AT FIRST SIGHT

11.00am – De retour dans la rue après avoir trouvé un auberge et fait un bref repos (je vous épargne les pénibles et étroites marches que nous avons dû monter jusqu’au 10 étages… sans ascenseur et nos ronflements), la tranquillité du matin avait fait place à d’énormes bouchons un peu partout en ville.

J’ai donc passé toute la journée et la suivante à marcher… et marcher… jusqu’à en avoir des ampoules en-dessous des pieds.

C’est vieillot, c’est bruyant, c’est sale, c’est délabré/abandonné, c’est plein de fils d’électricité un peu partout, c’est tout ce que vous ne voulez pas que la ville que vous habitez soit… tout cela pour dire que ce fut un véritable coup de foudre entre moi et Yangon.

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Je n’ai aucune explication rationnelle. C’est comme si j’avais croisé une superbe jeune femme dans la rue et que j’étais tombé en amour dret bang… sauf que dans le cas présent, la jeune femme est remplacée par une ville trèèèès moche.

J’ai littéralement zigzagué dans toutes les rues du centre-ville. La trame urbaine carré fait en sorte qu’il est très facile de s’orienter. Cependant, un piège attend ceux qui seraient un peu trop sur d’eux; dans un sens comme dans l’autre les rues sont appelés « street ». Le même nom de rue se retrouve donc à 2 endroits…

Comme à Mawlamyine, c’est tout simplement épatant de voir comment les habitants se sont approprié les édifices. Aucun, je dis bien AUCUN, occidentaux sain d’esprit (et je m’inclus dans le groupe… quoique je ne sois pas un exemple de personne saine d’esprit) ne voudraient habiter dans ces vieilles carcasses de béton datant des belles années de l’architecture moderne il y a plus de 60ans… et pourtant, elles sont remplis de vie (vous prenez le plus hideux HLM de Cote-des-Neiges à Montréal et c’est 100 fois plus propre qu’ici).

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Il y a un espèce de feeling vivre et laisser vivre que j’adore et qu’on ne retrouve pas dans les autres grandes villes sud asiatique; même si on est le seul blanc à 1 mile à la ronde, on ne ressent pas de stress/pression et les gens sont hyper sympathiques. Alors qu’en Inde je n’aurais pas pu marcher 100m sans me faire constamment arrêter, à Yangon les gens agissaient comme si j’étais l’un des leurs.

SHWEDAGON PAGODA

Situé sur une petite colline en plein cœur de Yangon, la Shwedagon Pagoda est le temple le site religieux le plus sacré du pays. Vieux de 2500ans, le complexe est tout simplement GI GAN TES QUE.

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Autant dire que c’est difficile de ne pas aller y faire un tour lors d’un séjour à Yangon. Nous y sommes donc allé au couché du soleil afin de faire une pierre 2 coups et l’admirer de jour…

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… avec des moines qui escaladent la Pagoda au coucher du soleil…

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… comme de nuit…

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Malgré la beauté de l’endroit, ça tourne un peu au ridicule le soir venu avec tous les néons et les lumières dolorama qu’on retrouve un peu partout. On se croirait dans un casino.

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Fait intéressant et inutile, il y a 7 lieux de prières autour de la Pagoda… un pour chaque jour de la semaine. Les gens vont donc se recueillir au jour de la semaine où ils sont nés. Curieux, j’ai donc cherché à savoir quelle jour j’étais né… le 30 novembre 84 était un vendredi… party…

IL N’EST PAS TROP TARD

J’ai peur pour ton avenir Yangon…

Nous sommes à l’aube de la renaissance du Myanmar et son ouverture sur le monde la verra vraisemblablement se moderniser. Tous les taudis formant le centre-ville de Yangon vont donc inévitablement subir une cure de rajeunissement.

En marchant dans la ville, je me mettais à rêver à ce que la ville pourrait devenir si les bons gestes étaient posés dans la prochaines décennie; Yangon pourrait devenir LA ville référence en terme d’architecture moderne.

Yangon a TOUT pour briller. Il ne manque plus que les autorités démontrent une volonté d’aller dans cette direction en se dotant d’une réglementation solide qui viserait restaurer les bâtiments de manière à préserver/mettre en valeur son patrimoine architectural.

Or, comme je le disais, j’ai peur pour toi Yangon. J’ai peur puisque ce que j’ai vu comme restauration ne m’a pas du tout convaincu.

Les quelques édifices qui ont été restaurés l’on été à la méthode indienne; on cache l’apparence de béton… au lieu de mettre en valeur… en y placardant une façade faites de parements d’acier aux couleurs vives et de fenêtres/mur rideau en vitres miroir. Un bling bling de très mauvais gout qui ne va vraiment pas avec les lignes de l’architecture moderne (à bien y penser, ça n’a pas sa place tout court).

J’ai très peur que dans un futur proche Yangon ressemble à toutes ces grandes villes indiennes qui ont perdu leur âme en négligeant leur passé.

Mon plus grand souhait pour serait que l’UNESCO prenne conscience de cela avant qu’il ne soit trop tard et qu’elle prenne la ville sous tutelle afin de la guider sur le droit chemin.

Mais bon… autant rêver…

Pour l’heure, autant apprécier l’endroit et finir ma journée en beauté dans le super Mahabandoola Garden à proximité de notre auberge et à 2 pas de la Sula Paya où tout avait commencé pour nous la veille. Entouré de l’hôtel de ville et ayant en son centre le monument commémorant l’Indépendance du pays, le parc était bondé de gens/familles à l’heure du coucher du soleil.

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Une fois la nuit tombé, les voitures cèdent tranquillement la place aux piétons qui envahissent les rues et la ville s’endort à nouveau.

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Je voudrais contribuer à la renaissance de Yangon… mais bon, regardons les choses en face; l’architecte en moi est enfoui sous une bonne couche de crasse…

Autant faire ce que je sais maintenant faire de bon; voyager vers d’autres cieux. Je prend donc un bus de nuit… encore et toujours… pour me rendre à Pied… euh… Pyay… same same but different…

Épisode 53 – Bumpy train to Mawlamyine

16 janvier 2014

Après avoir attendu quelques heures à la gare de Kyaikto (on m’aurait dit que la gare avait été bombardé la veille et j’aurais pu le croire sans problème), le train s’est finalement pointé.

Pour un maigre 3$, moi et roark avions réservé une banquette de bois dans le classe normale. Alors qu’on s’apprêtais à entrer dans notre wagon, l’opérateur du train nous a prié de prendre place dans la upper class sans nous demander aucun extra… pourquoi pas héhé.

Direction Mawlamyine…

WILD WILD WEST

Alors que nous aurions du partager un banc d’église en bois dans un wagon rempli à surcapacité, nous nous retrouvions confortablement assis dans de vieux Lay-Z-Boy avec toute l’espace qu’il nous fallait pour les jambes et les bras…

L’intérieur du wagon avait un look vieillot ringard; les sofas un peu décrépi… mais très confortable et la peinture délavé du wagon donnaient une ambiance des plus particulière.

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Le train traversait alors une contrée perdu au milieu de nul part dans le Sud de la Birmanie… paysage qu’il n’aurait pas été possible de voir autrement que dans ce train, puisqu’il n’y avait bien souvent aucune trace de route aux alentour.

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L’intérieur du train, jumelé au paysage donnait l’impression de se retrouver dans un vieux western américain. Je n’aurais pas été surpris de voir des cow-boy attaquer le train…

Le train a donc alterné entre de looooongues, magnifiques et interminables plaines et des petits villages de campagnes. Dans chacun de ces villages, le passage du train signifiait beaucoup pour les habitants. Ceux-ci, particulièrement les enfants, s’entassaient de part et d’autre de la voie ferré pour nous saluer. Beaucoup d’entre-eux semblaient très surpris de voir 2 visages blancs.

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Le système ferroviaire birman souffre d’un manque d’entretient flagrant… on se serait cru sur une route de terre avec toutes ces secousses…

Secousse?!? Pourquoi tu parles de secousses si tu était dans un train?!?

Eh bien mes amis, ce n’est pas bien compliqué; ça brassait de tout bord tout coté. En fait, ça brassait tellement qu’on levait de nos sièges…

À tout moment, il y avait de grosse secousse qui duraient 10-15 secondes… on aurait dit des tremblements de terre…

Il ne suffisait que de regarder la porte qui reliait notre wagon à celui d’en arrière pour constater à quel point ça brassait. Il fallait littéralement être suicidaire pour se risquer à passer dans l’ouverture reliant les 2 wagons puisque celle-ci (normalement d’environ 7 pieds) pouvait se réduire à moins de 3 pieds. C’est donc dire que les wagons « sautaient » d’un bon 3-4pieds au-dessus des rails.

La 1ère fois que c’est arrivé, j’avais l’impression que le train allait dérailler. Heureusement pour nous, le train allait tellement leeeeentemeeeent que ça aurait été plus drôle qu’autre chose si cela s’était produit.

On ne pouvait rien changer à la situation, nous avons alors fait de mauvaise fortune bon coeur…

On s’est alors mis à coter l’intensité des tremblements sur l’échelle de Richter…

À chaque fois qu’une de ces grosses ‘’secousses’’ se pointait, je criais très fort « EEEEEARTHQUAAAASKE » en me levant et en me levant et en dansant une espèce de gigue dans l’allé. Bien qu’ils ne comprenaient pas un mot de ce que je pouvais dire, tout le monde dans le wagon se mettaient à rire… difficile de faire autrement à la vue d’un touriste blanc en simili état de panique…

Alors que la journée s’étirait de plus en plus et que Mawlamyine ne pointait toujours pas à l’horizon, le soleil a décidé qu’il en avait assez et qu’il allait aller se coucher.

Nous étions alors à traverser des champs de blé. C’était tout simplement magnifique de voir le soleil changer de couleur et passer du jaune, au orangé, au rose avec le champ de blé en avant plan.

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Puis, alors que le soleil en était à disparaitre à l’horizon, Mawlamyine est apparu devant nous… Si ce n’était pas arrangé avec le gars des vues, on pouvait au moins dire que le timing était parfait. On a donc pu voir le beau rond du soleil disparaitre dans l’eau en traversant le pont qui sépare la ville du continent.

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Au final, le moins que l’ont puisse dire c’est qu’il valait mieux ne pas être pressé aujourd’hui. Il nous aura fallu 9h pour faire un trajet d’environ 200km. Cela dit, je le referais sans hésiter puisque c’est probablement la journée de transport la plus amusante de ma vie.

On peu dire sans AUCUN DOUTE que cette promenade en train est unique. Je recommande ce trajet entre Kyaikto et Mawlamyine à tous… si vous allez en direction de Malawmyine, installez vous sur la gauche et admirez…

MAWLAMYINE

18.30 – Il était maintenant temps de se mettre à la recherche d’un hébergement. 15 minutes et une ride de tuk tuk plus tard, nous étions à l’autre bout de la ville dans notre nouveau chez nous (pas très compliqué, il y avait 2 « hôtels » (trous à ras) ayant une licence pour accueillir les touristes étrangers.

Lors de notre passage, l’auberge était pleine à craquer de touristes blancs. Chacun d’eux faisait parti d’un tour organisé. Nous étions donc les 2 seuls péquenots à voyager par nos propres moyens. Ils ont donc eu de gros yeux en nous voyant arriver avec nos backpack sans aucun guide…

S’en ait suivit notre désormais quotidien Food’n Beers Festival.

Je profite de mon sommeil pour vous en dire un peu plus long au sujet de Mawlamyine.

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Prononcé « Moulmein » ou encore « More-la-Mean », Mawlamyine est la capitale de l’état « Mon ». Avec ses quelques 300 000 habitants, c’est la 3ème plus grande ville du pays après Yangon (3 millions d’habitants) et Mandalay (900 000 habitants)… c’est vous dire à quel point il y a tout un contraste entre les 2 plus grandes villes et le reste du pays. Même au beau milieu du centre-ville, on a l’impression d’être dans une petite ville de campagne.

La population est composé à 90% de bouddhistes. Ajoutez à cela des catholiques (5%… ancienne colonie britannique) et des musulmans (5%). Mawlamyine comprend d’ailleurs la plus vieille église baptiste du pays (on s’entend qu’il ne doit pas y en avoir des tonnes).

En ce qui concerne sa position géographique, Malawmyine est une ile situé dans un espèce de delta (composé de gigantesques iles planes et d’une multitude de rivières) à la jonction du continent et de l’océan Indien. Qui dit océan ne dit pas plage… oh que non puisqu’elle sont quasi inexistante… vous pouvez donc ranger vos parasols.

Pour s’y rendre, on doit traverser un pont long de 2km (pont partagé par les voitures et trains). La nuit, le pont est fermé, c’est donc dire que les bus et autres véhicules doivent patienter jusqu’à l’aube pour pouvoir circuler de part et d’autre.

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Avec beaucoup BEAUCOUP d’imagination et en étant un peu pas mal saoul, on pourrait penser que Malawmyine ressemble à Miami. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais cette ville a beaucoup de potentiel. Ce n’est pas compliqué, depuis le début de mon voyage, c’est l’un des endroits qui m’a le plus « excité » en tant qu’architecte. Je m’explique…

Alors que la vieille architecture coloniale domine partout en ville, le bord de mer est composé de vieux bâtiment d’architecture moderne (béton). Sur une distance d’environ 1-2 km, le même bâtiment se répète encore et encore et encore. En temps normal, je déteste qu’on répète le même bâtiment encore et encore, mais la situation de Mawlamyine est différente. Depuis les 50-60 dernières années, les habitants se sont appropriés leur bâtiment pour les transformer peu à peu, ce qui fait en sorte que le « squelette » est le même, mais l’enveloppe est devenu complètement différente. On a beau tout planifier en tant qu’architectes/urbanistes, je crois que c’est ce qui importe le plus en bout de ligne; que les gens s’approprient leur milieu de vie et le transforment/adapte selon leurs besoins.

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Alors que la plupart sont en état assez avancé de décrépitude, quelques uns ont peut en apercevoir quelque-uns par-ci par-là qui ont été remis à neuf et peinturé de multiples couleurs. Le tout donne un mélange coloré qui me faisait beaucoup penser au quartier Art Deco de Miami.

Dans quelques années, si la réhabilitation de cette ville se fait bien, on pourrait avoir un endroit très intéressant. Il y a plein de petit bijoux à l’état ‘’sauvage’’ qui n’attendent qu’à se faire « polir » un peu pour briller plus que jamais. Je me plaisais même à penser que j’aimerais beaucoup vivre à Malawmyine et contribuer à sa renaissance. Je pourrais être l’architecte en chef de la ville ou encore le maire et faire voter certaines lois qui feraient en sorte de préserver le patrimoine architectural de l’endroit… puisque le tout est menacé par la restauration « fast food » (beau, bon, pas cher) de type indienne qui consiste à placarder le bâtiment de matériaux plus faux les uns que les autres et ajouter des murs rideaux miroirs.

Pour l’instant ça fait un bord de mer un peu moche, mais je suis sur que si la restauration se déroule bien, ma comparaison avec Miami pourrait tenir la route.

Voila, vous en savez autant que moi sur cette ville… c’est-à-dire pas grand chose.

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Le réveil fut très brutal ce matin… en fait, pour avoir eu un réveil brutal, nous aurions du dormir… mais ce ne fut pas le cas… comment vous expliquer… ahhh oui… l’auberge où nous résidons est comme un centre d’achat en plein Boxing Day… pas moyen de dormir. Pas besoin de dire que j’avais le couteau entre les dents à mon  »réveil ». Je voulais chercher  »vengeance » envers ceux qui m’avaient empêché de dormir; ce foutu espagnol qui parlait très fort, cet enculé qui avait écouté la TV jusqu’à très tard dans la nuit, le saoulons qui avait vomi ses tripes durant plus d’une heure et la conne de française qui avait flirté avec un local toute la soirée avec un local qui semblait ne rien comprendre (ou bien elle était très laide et il ne voulait rien comprendre). Bref, si vous allez un jour à Mawlamyine, faites gaffe à la Breeze Guesthouse… c’est un trou à ras.

Peu importe, la journée d’aujourd’hui était consacrée à la visite de la ville.

1ère destination, le centre de méditation Pa-Auk-Taw-Ya

Situé un peu à l’extérieur de la ville, la renommé de ce centre de méditation bouddhiste dépasse les frontière birmane.

C’est un endroit qui impose le respect. Il n’était pas question de faire le con. Même si on avait été averti que c’était un centre de méditation silencieuse, et donc d’agir en conséquence. », à la minute où on croisait des moines (c’est-à-dire à toute les 2 secondes) ils nous lançaient des « minglaba » hyper fort… faites ce que je dis pas ce que je fais.

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Couvrant un immense territoire, 2 bâtiments prédominent; le pavillon de méditation pour les hommes et celui pour les femmes. Dans les 2 cas, ce sont d’immenses salles avec un bouddha en avant.

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Ce qui frappe le plus en entrant dans ces salles est le silence qui y règne (pas un bruit), même si c’est plein de gens. Pour se protéger des mouches, chacun à son petit filet à mouche en forme de bulle… ce qui fait en sorte de rendre l’endroit assez impressionnant.

Puis, vers 10h, tous les moines sortent de leur méditation pour se rendre au grand hall pour manger…

Au moment où nous nous apprétions à partir, l’un des responsables nous a invité à manger avec eux. Nous avons alors eu droit à un véritable buffet all you can eat. Au moment où nous voulions payer, ils nous ont gentiment (en fait le monsieur s’est quasiment offusqué) dit que ce n’était pas nécessaire. On a donc eu droit à l’un de nos meilleurs repas en Asie… pour gratis.

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Pour ce qui est de la méditation, je n’irais pas dans les détails… puisque j’en ai aucune idée. Tout ce que je sais, c’est que le centre est ouvert à tout le monde et que c’est gratuit. Tu te présente sans avoir nécessairement à réserver à l’avance (même si c’est préférable), il vont ensuite t’assigner un petit chalet, te donner un habit et te nourrir 3 fois par jours. En échange, tu dois méditer en silence toute la journée. Il est même possible de se procurer un visa spécial de 3mois pour séjourner au Myanmar si vous allez dans ce genre de centre.

Pour les visiteurs d’un jour qui désirez aller faire un tour là-bas comme nous, présentez vous là-bas vers 9h30. Cela vous laissera amplement le temps (environ 1h) pour faire le tour des installations et vous présenter au grand hall pour manger avec les moines.

Une fois sorti du centre de méditation, nous avons ensuite enclenché un « Pagoda tour »

Comme je l’ai dit plus tôt, Malawmyine est un ile ceinturée d’eau. Au milieu de l’ile, se trouve le seul endroit qui n’est pas plat et au niveau de l’eau. Cela prend la forme d’une colline longitudinale. Sur cette colline se trouve une multitude de temples, parfois bien entretenus…

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… parfois tombé en état de décrépitude…

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… on peut même tomber sur une église abandonné au détour d’une rue…

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Nous avons donc marché sur le sommet de temple en temple… pour tomber sur une salle communautaire indienne… WTF?!?… qui dit « salle communautaire indienne » dit; qu’il y avait du monde en titi, que ça ne sentait pas la rose et que c’était un véritable capharnaüm.

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En nous voyant, les indiens nous on tout de suite encerclés. Sans même le savoir, nous étions rendu à l’intérieur et nous étions à manger avec eux. Cout total pour le nouveau festin; nada.

Puis, nos pas nous ont mené en bas de la colline jusqu’au pont que nous avions traversé en train la veille. Interdit au piéton, on a trouvé une porte avec un locker brisé… on s’y est aventuré… mais la police nous a rattrapé avant qu’on puisse aller bien loin.

DAY TRIP SUR « ATTRAPE TOURISTE ISLAND »

À notre 2ème et dernière journée à Mawlamyine, nous sommes allé faire un tour sur Ogre Island, la très grosse ile tout en face de là. Pour ce faire, nous avons décidé d’écouter le Lonely Planet, qui ne tarissait pas d’éloge à l’endroit d’un opérateur de tour… qui se trouvait justement à être notre auberge.

Well… moi et Roark se retrouvions donc embarqué dans un petit bateau de bois en compagnie d’un vieux guide (qui semblait sur le point de mourir) et de 7 autres touristes plus touristes que touristes… disons simplement qu’on jurait dans le décor…

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Le petit bateau de bois voguait donc jusqu’à une gigantesque ile surnommé « Ogre Island », ile comprenant plus de 64 villages/200 000 habitants, inaccessible autrement que par bateau et… hanté… Ouuuuuuu

Une légende veut que les tribus qui vivaient sur cette ile étaient originalement des cannibales… fouillez moi pour ce qui est du lien entre des canibales et des ogres… tout ce que je souhaite c’est que s’ils ont bel et bien existé, ils aient disparu depuis longtemps. Bref, on raconte que ces cannibales viennent hanter l’ile la nuit… si vous voulez mon avis, c’est la défaite qu’on sert aux touristes pour qu’on ne puisse pas coucher sur l’ile.

Après plus d’une heure à se faire brasser de tout bord tout coté par les vagues à bord du petit bateau, nous arrivions finalement à bon port…

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Aussitôt sur la terre ferme que tout le groupe prenait place à l’arrière de 2 gigantesque tuk tuk. Les routes que nous avons alors arpentées feraient passer les moins belles route du Québec pour des routes en parfait état… quand on se compare on se console.

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On nous a alors trimballé d’un endroit à l’autre… dégustation d’alcool local fait à base de feuille de palmier, ‘’usine’’ (maison) de confection de chapeau, ‘’usine’’ de confection de friandise, usine de fabrication de canne pour marcher… de collier… Je n’arrêtais pas de me demander comment 2 backpackers aguerris avaient pu se faire embarquer dans une telle arnaque pour touristes.

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Puis, alors que j’avais jeté l’éponge et que je me résignais à passer une journée de merde, les choses ont commencés à prendre une tournure inattendu… en grande parti puisqu’on a commencer à désobéir au guide et à faire ce qu’on voulait…

S’en ai donc suivit une baignade dans une piscine au milieu de la jungle… WTF?!?

Ensuite, alors que notre convoi se dirigeait vers une autre de ces formidables usines, nous avons croisé un cortège funèbre sur le chemin. Oubliant la peine qui les affligeait, les locaux se sont mis à hurler de joix en nous voyants… ni une ni 2 que moi et 3 de mes compagnons étions à se mêler au groupe et à marcher en direction… de la mausolée… au grand dam de notre guide. Ne voulant pas manquer de respect envers quiconque, nous avons marché avec eux jusqu’au mausolé mais nous ne sommes pas entré… malgré le fait que les gens se montraient très insistant pour qu’on y aille.

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Au même moment, alors que moi et 2 de mes compagnons retournions paisiblement jusqu’à notre convoi de peine et de misère à travers les dédales de rues formant un véritable labyrinthe, l’un de nos compagnons a décidé de s’aventurer un peu plus loin dans le village. Ce qui devait arriver arriva; il s’est perdu. S’en est alors suivit une véritable chasse à l’homme blanc dans une botte de foin rempli de birman. Après près de 30 minutes de recherche, nous avons finalement retrouvé sa trace.

« USINE » ARC EN CIEL

On s’est ensuite dirigé vers une grande de fond de cours. Qui aurait pu croire que cette grange, entourée d’étrange tube jaune, rouge et bleu, cachait l’un des endroits les plus étranges que j’ai pu voir de ma vie…

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En entrant dans la grange, mon cerveau n’a pas compris tout de suite ce qu’il se passait. Il y avait devant nos yeux 2 jeunes femmes assises derrière d’horribles monstres mécaniques. A leurs pieds se trouvaient une tonne
d’élastiques. Quelques mètres à leur gauche se trouvait 2 jeunes hommes qui trempaient des tiges de bois dans de la peinture qui semblait hautement toxique.

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Se rappelant alors la tonne de tiges de bois colorés qui se trouvaient à l’extérieur, mon cerveau a alors compris… non ce n’était pas une usine à bonbon… c’était une usine à ÉLASTIQUE. Parce que même si les élastiques sont des objets en apparence très simples, il faut bien les fabriquer puisqu’ils ne poussent pas dans les arbres…

Malgré tout, mon cerveau peinait toujours à comprendre comment ça fonctionnait. Les 2 jeunes hommes était assurément au début de la chaine alimentaire (ils trempaient les tiges de bois afin de les empreigner de peinture)… ils plaçaient ensuite ces tiges à l’extérieur pour les faire sécher… une fois séché, ils retiraient la couleur de la tige de bois avec comme résultat des cylindres de couleur… puis, ces cylindres étaient coupés en de très fin élastiques par les 2 jeunes femmes. Tout ce travail pour des élastiques…

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Nous avons alors appris que les élastiques sont de véritables bijoux pour les enfants de tout le Myanmar; ils les collectionnent, ont de multiples jeux, etc.

Bref, une chose était sur; ça sentait le toxique dans cette grange là mes amis. Les 4 jeunes gens qui y travaillaient avaient beau avoir de large sourire et aimer leur travail, je ne gagerais pas beaucoup d’argent qu’ils allaient passer le cap des 50ans.

Une promenade en bateau pour revenir en ville, suivit d’un souper en vitesse et s’en était fini de nos aventures à Mawlamyine.

Après une journée haute en couleur … et pas simplement en raison des élastiques… nous avons entrepris une virée infernale dans un bus de nuit en direction de Yangon. En fait, pour utiliser le mot nuit, il aurait fallu que je ferme les yeux… ce qui ne fut pas le cas. À un certain moment j’ai cru qu’il y avait un ras qui se promenait dans l’autobus puisque quelque chose n’arrêtait pas de toucher mes pieds. Pris de panique, j’ai finalement découvert que c’était une bouteille d’eau…

Ajoutez à cela que le bus était fait selon les normes/dimensions asiatiques… c’est donc dire pour des nains. À un certain moment, le gars en avant de moi a décidé de coucher son banc et ainsi restreindre encore plus mon espace. J’ai alors entamé avec lui une interminable partie d’échec avec mes genoux qui lui frappaient le dos à travers son siège non rembouré… à chaque fois qu’il se retournait pour vouloir protester, je lui sourirais et je lui lançais un beau minglaba. Je ne crois pas que j’aurais pu dormir de toute façon, alors cette petite guerre m’a amusé au plus haut point.

C’est donc tout pogné, tout racké et pas du tout reposé que nous sommes arrivé à Yangon vers 5h du matin… alors que le soleil se faisait encore attendre… mais bon, c’est pour une autre histoire…

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P.S. I – la communication est très difficile au Myanmar. La communication avec les habitants se résume généralement à des signes/gestes… ça c’est facile. Ce qui l’est moins c’est de comprendre ce qui est écrit sur les panneaux. Prenez par exemple la fois où j’ai voulu aller au toilette à la gare. Après avoir regardé attentivement les 2 signes (homme et femme) pendant une bonne minute, je n’arrivais pas à comprendre lequel était lequel. J’ai donc décidé de regarder à l’intérieur de chacun pour voir lequel semblait être pour les hommes… je n’étais pas plus avancé. J’ai donc choisi l’un des 2 au hasard (j’ai pris le plus sale en me disant que ça devait être celle des hommes)… ERREUR… à peine entré qu’une femme entrait à son tour et me chantait des bêtises en me priant de sortir au plus vite. Bref…

P.S. II – Phénomène similaire à l’Inde, la très grande majorité des hommes, surtout les vieux, se promènent avec un drap autour de la taille en guise de pantalon… l’histoire ne dit pas si il y a quelque chose en dessous ou si c’est porté comme un kilt… en fait, je ne veux pas vraiment le savoir…

P.S. III – L’hébergement est actuellement le plus gros point faible du Myanmar. Comprenez-moi bien, je ne recherche pas des hôtels 5 étoiles, bien au contraire. Mis à part les hébergement au Ladack/Nord-Ouest de l’Inde, c’est assurément le pire endroit que j’ai vu en Asie. Même les petites auberges hyper rudimentaires dans lesquelles j’ai dormi au Népal lors de mon trek de 1 mois dans l’Annapurna sont mieux que les seuls hébergement disponibles au Myanmar.

Prenez par exemple notre hébergement à Mawlamyine; vous prenez un grand espace intérieur sans fenêtre, vous faite de petite cloisons avec une simple planche de venir (cloison qui ne se rendent pas jusqu’au plafond), vous mettez un grillage entre cette cloison et le dit plafond et vous patentez ensuite un système électrique avec des morceaux pris un peu partout.

Épisode 52 – Minglaba Pilgrim

UN AIR DE MARCHÉ AU PUCE

8.00pm – 14 janvier 2014

À peine remis de nos émotions, après une ride de moto nocturne haute en couleur, nous étions au « centre-ville » de Kinpun à nous chercher un endroit où dormir. L’endroit, ressemblait à s’y méprendre à un Marché au Puce en plein air; il y avait des kiosques… qui vendait de tout et de rien… de part et d’autre du petit sentier qui servait de rue principale.

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Et pour cause… Kinpun n’est pas considéré comme une ville, mais bien un ‘’camp de base’’; l’endroit duquel les pèlerins/touristes commencent leur ascension vers la Golden Rock, roche sacrée qui tient en équilibre dans une position impossible à expliquer tout en haut d’une montagne. L’un des sites religieux les plus sacrés au pays, vous aurez deviné que c’était la raison de notre visite ici.

LE PÈLERINAGE

C’est au son des coqs qui célébraient la venu du soleil que nous avons entamé le pèlerinage qui allait nous mener à cette grosse roche. En effet, pour atteindre la Golden Rock, il fait se taper un sentier de 7 miles (11km) montant tranquillement jusqu’au sommet de la chaine de montagne environnante.

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C’est donc pour moi un 3ème pèlerinage d’un jour après celui de Champaner and Pavanagh en Inde et celui de Adam’s Peak au Sri Lanka. Les 3 endroits sont très similaires; ce sont des lieux bouddhistes très sacrés perchés tout en haut de grosses montagnes, les sentiers sont très techniques et remplis de pèlerins et où l’on retrouve peu d’étranger (mis à part Adam’s Peak qui est très couru des touristes).

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Alors que je réalisais l’ascension en flip flop… comme d’habitude… Roark avait décidé de faire un pèlerinage à la manière des moines bouddhistes… c’est-à-dire pieds nus. Nous avons encore une fois été témoin de l’extrême gentillesse du peuple birman alors que tout au long du parcours des hommes s’arrêtaient, retiraient leurs souliers et les offraient à Roark. Il n’y avait plus de doute dans mon esprit, ce peuple était définitivement spécial.

C’est donc dans un sentier de terre pas commode du tout que nous avons marché… et marché… et marché…

De part et d’autre du sentier se trouvait une multitude de stands vendant de tout et de rien. La plupart étant des cabanes construites avec les moyens du bord (donc avec pas beaucoup de moyens), ils servaient aussi de maison pour les gens… le sentier étant devenu avec les années un véritable « village ». Il y a donc une très grande quantité d’enfants qui vivent sur la montagne le long du sentier. Il était donc très habituel de tomber sur des groupes de tout jeunes qui s’émerveillaient de notre présence. Certains semblaient avoir de la misère à concevoir que des blancs puissent être tout juste devant leur « maison ».

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Nous avons entre autre été assailli par un groupe de jeunes birmans étaient convaincu que Roark était en fait Justin Timberlake. S’en ai donc suivi la traditionnelle prise de photos…

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Il y avait aussi ce jeune moine. Celui-ci nous suivait depuis déjà quelque temps, restant en repli à quelques mètres derrière nous (il nous avait rattrapé sans le moindre effort et aurait dû en principe nous larguer assez facilement) et s’arrêtant un peu derrière nous quand on prenait une pause. J’ai donc décidé d’engager la « conversation » avec lui… à son plus grand plaisir. Même si nous ne parlions pas le même langage, j’ai tôt fait de l’amuser. J’ai aussi réussit à comprendre (par les signes/mimes qu’il me faisait), qu’il était moine dans un temple un peu plus haut dans la colline et qu’il avait pour tâche de descendre chercher du thé (il avait un gros thermos dans les mains) à Kinpun… alors à au moins 1h de là. Voyant qu’il peinait sous le poids de gros thermos rempli à pleine capacité de thé, je n’ai pas hésité 2 secondes à le lui chiper des mains pour ainsi lui faciliter la vie. Pas besoin de vous dire que je me suis fait un ami pour la vie à la vue de sa joie.

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Alors que la très grande majorité de kiosques se résument à vendre de la nourriture et des rafraichissements.
Certains se spécialisent dans la vente de trucs très bizarre. On retrouve de temps en temps quelques kiosques qui vendent des immenses… fusils fabriqués avec du bambou. Oui oui… Des guns en bambou aussi long qu’une canne à pêche. C’était donc assez commun de voir des jeunes avec ces fusils en arpentant le sentier. À un certains moment, 2 mignonnes petites filles assises en marge du sentier se sont levées d’un coup sec à ma vue, m’ont chargé et m’ont « mitraillés » de balles invisibles en étant tout sourire. J’ai alors mimé ma plus belle. Me voyant immobile sur le sol depuis quelques secondes, elles se sont alors rué sur moi pour me ‘’sauver’’. J’ai alors attrapé 2 fleurs sur le bord du chemin et je les ai mises dans l’ouverture de leur fusil, tout en leur faisant le signe Peace avec les doigts. Quelle fut la réponse? Elles se sont mises à rire et m’ont mitraillé à nouveau… au moins j’aurais essayé…

9.00am – Après exactement 2h, nous avions parcouru 3.5miles et atteint la mi-parcours. Comment le savoir? Eh bien, un gentil gentil vieux moine s’était fait un abri de fortune et une barrière pour signifier aux gens qu’ils étaient à mi-chemin… en espérant collecter un peu de monnaie au passage.

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J’avais alors l’impression que ca faisait 6h que nous marchions… ma motivation était à son plus bas et mes pieds étaient en compote. Heureusement, j’avais un boost de moral à chaque fois que nous croisions un groupe de birman qui nous souriait et nous encourageaient.

Endroit encore peu couru par les touristes étrangers (nous étions encore une fois les seuls blancs sur le sentier), le pèlerinage jusqu’à la Golden Rock est quelque chose de très important à faire au moins une fois dans une vie pour tous les bouddhistes birmans. Ils étaient donc vraisemblablement très heureux que des étrangers se donnent la peine de le faire aussi.

Peu après la mi-parcours, le plus gros de l’ascension était derrière nous. Nous étions désormais à emprunter un sentier serpentant au sommet de la chaine de montagnes. Nous avions alors une vue magnifique de la région. De part et d’autres, on ne voyant que de la forêts et des montagnes à perte de vue. Chaque montagne environnante avait un temple à son sommet.

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Puis, presque arrivé au sommet, nous sommes arrivé dans un gros village improvisé. À peine passé l’enceinte du village qu’une horde de jeunes enfants nous accueillaient en véritable héros.

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De l’une des ‘’maisons’’ (cabane de fond de cours), nous pouvions entendre les gens chanter… du karaoke. Ni une, ni deux, Roark se précipitait vers la maison… tenait le micro dans ses mains… et chantait le pire cover que j’ai pu entendre de « My Heart will go on » de Céline Dion… il chantait tellement fort et tellement mal que je suis certains que tout le monde dans le village l’a entendu.

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Une fois sorti du ‘’village’’, le sentier se combinait avec une route d’asphalte nouvelle construite pour culminer un peu plus loin au sommet… un peu poche si vous voulez mon avis, alors que c’est sensé être un pèlerinage et que la plupart des gens ne se donnent même plus la peine de le faire… voulant le résultat avant tout (ils veulent voir la Golden Rock c’est tout ce qui compte)… un reflet de la société dans lequel on vit aujourd’hui où tout monde pense avoir tout en claquant des doigts sans effort. C’est malheureux puisque quand on ne fait pas d’effort pour avoir quelque chose, on a pas tendance à l’apprécier à sa juste valeur… mais bon… on ne peut pas arrêter l’évolution… à quand un ascenseur pour se rendre au sommet de l’Everest?!?

GOLDEN ROCK CIRCUS SHOW

11.00am – après avoir passé plus de 4h à marcher dans un sentier de terre en mauvais état… de food stall en food stall… à dire Minglaba à toutes les 30sec à qui voulait bien l’entendre… nous étions finalement rendu au sommet. J’aurais voulu me faire élire comme président/maire/député que je n’aurais pas agi autrement…

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre du sommet et de la Golden Rock avant d’entreprendre le pèlerinage. Je m’imaginais que la roche serait dans un endroit un peu difficile d’accès au sommet d’une montagne dans la jungle avec quelques pèlerins venant se recueillir.

Une chose est sure… Je n’aurais jamais pu imaginer ce que j’ai vu. Autant tout au long du sentier nous avions croisé quelques personnes/groupes de temps en temps, autant rendu au sommet nous étions désormais dans une mer de monde.

Le sommet ressemblait à un véritable cirque. Qui eu cru qu’après avoir marché dans un sentier poussiéreux bordé par des cabanes tout croches, nous allions tomber sur des restaurant, des hôtels, même une petite ville. J’en avais le moral à terre… avoir marché toute la montagne pour ça…

Puis, au bout d’une très grande place publique, nous avons finalement aperçu la Golden Rock. Ouais… Encore là mes attentes ont été revues à la baisse.

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On va se dire les choses en face… la roche est un peu poche… Oui elle semble tenir en équilibre sur la montagne d’une manière impossible (elle donne l’impression de vouloir tomber à tout moment), mais même si on raconte qu’elle tient en équilibre par elle-même depuis des temps immémoriaux, il m’était impossible de concevoir qu’elle n’avait pas été fixée à la montagne d’une quelconque façon. Après tout, cela ne serait pas la 1ère fois qu’on mentirait à des gens au nom de la religion. Bref, je veux bien leur donner le bénéfice du doute… oui oui la roche tient par elle-même sur la montagne… mais bon, en même temps je n’ai pas de poignée dans le dos… enfin je crois…

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Autrement, étant un objet de culte, chaque pèlerin apporte une petite feuille d’or pour la coller sur la roche… d’où sa couleur dorée.

HERE WE GO AGAIN

Après un lunch copieux dans un restaurant de fond de cours du village en haut de la montagne, Roark a décidé de prendre un camion afin de redescendre jusqu’à Kinpun (le pèlerinage nu pied avait eu raison de lui). Pour ma part, je décidait sur un coup de tête de vivre le pèlerinage à fond en redescendant à pied.

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La descente c’est faite en mode « hardcore » dans la mesure où je n’avais aucun argent (c’est Roark qui avait l’argent) et sans aucune bouteille d’eau. Les yeux ont failli me tourner une coupe de fois, mais j’ai toujours réussi à garder conscience…

Après avoir descendu à un rythme d’enfer sous un soleil de plomb et m’être ouvert les 2 gros orteils (mes pieds étaient en sang, mais ca ne paraissait pas trop puisqu’ils étaient recouvert de poussières), Kinpun pointait finalement à l’horizon… seulement 2h après mon départ du sommet.

Je n’aurais jamais cru éprouver autant de joie à la vu de la cabane délabré qui nous servait d’hotel.

15 janvier 2014

Après une grace matinée bien mérité… jusqu’à 8h… il était temps de se lever pour continuer notre chemin.

Après avoir contemplé nos pieds meurtries et entendu les doléances de nos jambes… qui nous faisaient sentir leur mécontentement par rapport à la veille (je suis très loin de la forme que j’affichais au Népal), nous avions à nouveau nos sacs sur le dos.

Comme nous l’aurions fait sur le dos d’un jeepney aux Philippines, nous avons fait le trajet sur le toit du minibus. C’est donc d’une manière tout aussi originale que lors de notre arrivé (moto de nuit) que nous sommes reparti de kinpun jusqu’à Kyaikto.

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Une fois en ville, le chauffeur nous a déposé à la gare de train ‘’train station there (la gare est là-bas)’’ en pointant un bâtiment… euh… le bâtiment qu’il nous pointait ressemblait à une usine désaffecté et il n’y avait aucune trace d’un quelconque chemin de fer dans les alentour. Une fois un peu plus près, nous avons aperçu une tranché avec le chemin de fer tout au fond…

Ne nous restait plus qu’à attendre 3 petites heures (merci informations inexactes) pour prendre notre 1er train au Myanmar… en direction de Mawlamyine…

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On se reparle une fois là-bas…

P.S. I – À peine 24h passé au Myanmar que nous avons déjà essayé 3 des bières locales… hic… Alors que la Myanmar Beer ne goute absolument rien, la Mandalay Beer a un petit quelque chose de spécial en plus d’être forte en alcool (8%… très forte pour une bière asiatique), tandis que la Dagon a définitivement un petit quelque chose de spécial (forte et bonne au gout). N’empêche, nous avons appris qu’il y a un concours avec la Myanmar Beer. Il suffit de récolter 30 cap pour avoir un chandail au couleur du Myanmar et 50 pour avoir un veston… voyons voir si on peu réussir.

P.S.II – L’une des choses les plus difficile pour moi et Roark depuis notre arrivé au Myanmar est de commander de la nourriture dans les restaurants. Comme on évite comme la peste les restos trop touristiques (il n’y en a quasiment pas ici), au profil des restos remplis de locaux et en apparence un peu louche, ils ont rarement des menus en anglais ou même du personnel qui peut communiquer avec nous. Plus souvent qu’autrement, on se lève, on se promène dans le resto et on pointe les choses que les gens mangent autour de nous et qui nous semble intéressantes.

P.S. III – L’habit des moines bouddhistes du Myanmar est de couleur rouge vif… contrairement à des tons plus orangé pour ceux de l’Inde et du Népal.

P.S. IIII – J’ai souvent brisé des cœurs (sans le vouloir) depuis le début de mon voyage en Asie, mais j’ai battu tous les records aujourd’hui. Au sommet et lors de la destente, des jeunes filles birmanes venaient à ma rencontre pour me demander mon nom, d’où je venais, etc. L’une d’entre-elle m’a même proposer de venir chez elle lors de mon passage à Yangon. Ouin… disons que je me garde une petite gêne.

P.S. IIIII – Faire un effort pour parler ne serait-ce que quelques petits mots de la langue locale fait toute la différence. Jusqu’à maintenant je sais dire;
– Ming-guh-la-ba (se prononce Minglaba) = Bonjour
– Jày-zù-ding-ba-de (jesus démalé) = merci beaucoup
– Tata = au revoir

– No-goo-gna-shytay = Je t’aime

Vous devriez voir la joie dans le visage des gens lorsque je leur dit ces quelques petits mots. Cela fait la différence entre des visages qui te regardent incrédule et des visages qui s’illuminent de joie et qui te saluent.

P.S. IIIII – Problème d’aqueduc? Vous devriez faire appel au patenteux qui a fait l’aqueduc de Kinpun…

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