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Articles de la catégorie ‘Colombie’

631 – La FIN d’une Grande Aventure

631 jours (21 mois) et 24 pays plus tard, je déclare ce voyage autour du monde T E R M I N É!

Sans l’ombre d’un doute, j’ai prisThe Long Way Home (le long chemin pour revenir à la maison).

J’ai vu les baobabs et lémurs du Madagascar!

J’ai franchit les Cirques & Pitons de La Réunion!

J’ai été pèlerin sur le Camino de Santiago à travers l’Espagne!

J’ai marché la Corse du nord au sud sur le GR20!

J’ai atteint le toit de l’Europe (Mont Blanc)!

J’ai visité le Triangle du Café en Colombie!

J’ai nagé avec des penguins aux Galapagos!

J’ai atteint l’endroit le plus éloigné du Centre de la Terre en Équateur (Chimborazo)!

J’ai vu Machu Picchu et contemplé les hauts sommets des Andes au Pérou!

J’ai marché dans le plus grand désert de sel sur Terre en Bolivie!

J’ai bu de bons vins chiliens et argentins directement à la source à Santiago de Chile et Mendoza!

J’ai arpenté la Patagonie du nord au sud, d’ouest en est!

J’ai campé à l’extrême sud des Amériques en Terre de Feu!

J’ai dégusté des Asados à Buenos Aires!

J’ai tenté de surfer en Uruguay!

J’ai assisté au Carnaval de Rio!

J’ai découvert que le Brésil était beaucoup plus que fiesta et playa!

J’ai mangé du bons fromages et des charcuteries en Guyane Française!

J’ai mangé de la nourriture indienne au Suriname!

J’ai passé une nuit entière dans un bus en panne sur une route de terre au beau milieu d’une jungle peuplée de jaguars… avec un groupe de brésilien qui ne voulait pas se la fermer… en Guyana!

J’ai dormi en compagnie de grosses tarentules au sommet de Roraima au Venezuela!

J’ai remonté l’Amazone (fleuve) sur un vieux bateau pendant 6 jours (à écouter Games of Throne) jusqu’à la Triple Frontière Brésil/Pérou/Colombie!

J’ai marché sur la Malecon au coucher du soleil à La Habana, Cuba!

J’ai vu le Canal de Panama!

J’ai vécu la Pura Vida et traversé des rivières en 4×4 au Costa Rica!

J’ai marché à quelques centimètres d’un cratère fumant et rempli de lave au Nicaragua!

J’ai visité ma 1ère Cité Maya au Honduras!

J’ai dégusté des Pupusas (mon met favoris en Amérique Latine) au El Salvador!

J’ai travaillé comme guide de montagne au Guatemala!

J’ai nagé dans les cenotes au Yucatan!

J’ai escaladé en solo le 3ème plus haut sommet (5600m+) en Amérique du Nord au Mexique!

J’ai commencé ce voyage en parlant à peine l’espagnol et en ignorant tout du portugais. Je rentre au Canada en parlant un espagnol d’enfant de 5 ans (c’est peut-être généreux), en sachant par coeur tous les (foutus) Hits Reggaeton, et en étant toujours aussi nul en portugais.

En comptant mon voyage en Asie, j’ai voyagé temps plein durant 3 des 5 dernières années. L’ensemble peut paraitre insensé, mais au final tout cela n’est que l’addition de (centaines de milliers de) pas.

Ne vous projetez pas (trop) dans le Futur! Vivez le Présent!! Chérissez le Passé!!! Plus que tout; suivez votre coeur!!!!

Épisode 127 – Hasta la Vista America del Sur

29 Juin 2017

Aéroport El Dorado 

Bogota
Le hasard fait bien les choses!
Le 10 aout 2016, je posais les pieds, pour la 1ère fois de ma vie, en sol sud américain à l’aéroport El Dorado de Bogota. 
Au jour 456 de mon 2ème voyage autour du monde, et après avoir fait le (quasi) tour du continent lors des 324 derniers jours, je quitte un continent, qui m’a coupé le souffle à plusieurs reprises (1er et 2ème degrés), depuis ce même aéroport. 


324 jours où j’ai exploré 11 pays (Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie, Chili, Argentine, Uruguay, Brésil, Suriname, Guyana, Vénézuela) et un territoire français outre mer (Guyane Française). Seule ombre au table; je n’ai pas visité le Paraguay. J’aurais bien voulu, mais le visa de 150$us requis pour les canadiens m’a fait changer d’idée.


Il y a principalement 4 endroits que j’aurais aimé visiter, mais que j’ai du éviter (pour multiples raisons); l’Ile de Pâques & le sud de la Carretera Austral au Chili, Aconcagua en Argentine et le Parque El Cocuy en Colombie. Pour le reste, on peu dire mission accomplis. 

Pour ce dernier Épisode en Amérique du Sud, j’ai décidé de dresser un Palmarès de mes endroits coup de coeur. 
Si vous êtes tout comme moi adepte de plein air et d’architecture (villes coloniales, etc.), vous devriez trouver votre compte. 


TOP 30 – ENDROITS À NE PAS MANQUER


Grand Champion… et de loin

– Trek Roraima (Venezuela)

Top 5 

– Trek Circuit (O) de Torres del Paine (Chile)

– Trek Parinacota + Sajama (Chile/Bolivia)

– Isla Navarino + Puerto Williams + Trek Dientes de Navarino (Chile)

– Trek Vallée de Cochamo + Puerto Varas (Chile)

Top 10

– El Chalten; Trek Circuit Huemul + Trek Fitz Roy & Glacier Perito Moreno (Argentina)

– Ascensions des Volcans Ilinizas + Chimborazo (Ecuador)

– Trek Chapada Diamantina (Brasil)

– Ouro Preto (Brasil)

– Zona Cafetera; Salento + Trek Los Nevados (Colombia)

Top 20

– Mompos + Cartagena de Indias (Colombia)

– Medellin + Guatape (Colombia)

– Riohacha + Guajira Peninsula (Colombia)

– Arequipa + Trek Canyon Cotahuasi + Ascension El Misti (Peru)

– Iquitos / Isla de los Monos (Peru)

– Trek Circuit Huaywash + Huaraz (Peru)

– Quito + Ascension Volcan Pichincha (Ecuador)

– Iles Galapagos (Ecuador)

– Salar de Uyuni – San Pedro de Atacama 4×4 Trip (Bolivia/Chile)

– Trek Circuit Illampu + Sorata (Bolivia)

Top 30

– Trek Nahua Huapi + Volcan Tronador + Bariloche (Argentina)

– Buenos Aires (Argentina)

– Isla Chiloé (Chile)

– Rio de Janeiro + Carnaval (Brasil)

– Florianapolis (Brasil)

– Lago Titikaka + Copacabana + Isla del Sol (Bolivia)

– Punta del Diablo (Uruguay)

– San Gil + Barichara (Colombia)

– Cordillera Blanca; Trek Santa Cruz + Trek Laguna 69 + Refugio Peru (Peru)

– Machu Picchu (Peru)

Mentions Honorables

– Trek Altos de Lircay (Chile)

– Iles du Salut (Guyane Francaise)

– Cayenne & Saint Laurent du Maroni (Guyane Francaise)

– Santiago de Chile (Chile)

– Trek Parque Pumalin (Chile) 

– La Paz (Bolivia)

– Sucre (Bolivia)

– Trek Ausangate + Rainbow Mountain (Peru)

– Chachapoya + Kuelap (Peru)

– Annai / Savane Runupuni (Guyana)

– Les Chutes Iguazu (Brasil)

– Cuenca (Ecuador)

– Paramaribo (Suriname)
… 
PAYS EN 1 AFFIRMATION
Colombie

Meilleure nourriture et les gens les plus chaleureux du continent!
Équateur

Des hauts volcans partout!
Pérou

La meilleure bière (Cusquena) et la pire nourriture du continent. 
Bolivie

Des randonnées en haute altitude à faire rêver (Sajama et Illampu)!
Chili

Pays qui fait mal au budget, mais je vais m’ennuyer de tout (mon pays préféré), surtout des bonnes bouteilles de vin à 2-3$!
Argentina

Des paysages de fou en Patagonie, mais des trajets de bus interminables (et extrêmement $$$)!
Uruguay

Pas grand chose à dire… évitez Montevideo!
Brésil

Des fruits, Floripa, le bijou colonial de Ouro Preto, les couleurs de Salvador, camper dans la Chapada Diamantina… j’avais peur du Brésil avant d’y poser les pieds, mais le Brésil ne mérite pas sa mauvaise réputation et fut ma plus grande surprise/découverte!
Guyane Française

De la charcuterie et du vin français… une bénédiction en Amérique du Sud!
Suriname

Une capitale hors de l’ordinaire et de la superbe nourriture indienne!
Guyana

Mini India… en espérant ne jamais y reposer les pieds!
Vénézuela

Pas aussi dangereux que tout le monde le dit (tout le monde en sait quoi au juste?). Mon plus beau souvenir en Amérique du Sud (Roraima)!
Paraguay

Ce sera pour une autre fois!

Je tourne donc la dernière page du chapitre « Une Année en Amérique du Sud » dans le livre de ma vie. Assurément le plus beau chapitre jusqu’à maintenant. 
Une chose se termine… Une autre débute… 
Cuba Nous Voila!!!

Épisode 126 – Guajira Peninsula; À l’Extrême Nord de l’Amérique du Sud

Plusieurs « barrage » improvisés, faits avec des cordes à linge et quelques morceaux de vêtement, barraient la « route » ici et là. 

Des enfants gardaient ces barrages. À la minute où le 4×4 s’arrêtait, notre chauffeur ouvrait sa portière, tendait la main, et les enfants s’empressaient de collecter ce qu’il tenait. Le manège se répétait une bonne vingtaine de fois. 
Du jamais vu! 
Les habitants de la région demandaient des biscuits/bonbons ou une bouteille d’eau en échange du droit de passage. 
Antichitia (Bienvenue) dans la Guajira Peninsula; une bande désertique s’avançant dans l’océan à l’extrême nord de l’Amérique du Sud. 

Une contrée demeurée relativement inchangée depuis l’époque pré colombienne et habitée depuis toujours par le peuple semi-nomade Wayuu… qui ont leur language propre… 
Une contrée où la vie est au mieux extrêmement rudimentaire… où la plupart des gens vivent dans des huttes de terre cuite, quand ce n’est pas tout simplement un simple toit en paille avec des hamacs en-dessous…
Une contrée où rien ne pousse… autre que du sable, des cactus et des chèvres…
Une contrée balayée en quasi permanence par de fortes rafales de vent chargées de sable…
Une contrée où l’eau (potable) est une denrée rare et précieuse ($$$)…
Une contrée labyrinthique faite de sentier (qu’ils appellent « routes ») partant dans toutes les directions…
Une contrée où il fait tellement chaud & humide qu’on a l’impression d’être un oeuf qui rôti sur la poêle (même à l’ombre)…
Une contrée dévastée où il règne une ambiance de « Fin du Monde »… parfaite pour filmer le prochain Mad Max…
Une contrée surprenante et d’une beauté singulière… 

JOUR 1 – FAIT CHAUD EN TITI

20 Juin 2017
Tout voyage en Guajira commence à Riohacha, 180km à l’est de l’exubérante et très touristique Santa Marta. 


08.00 – Départ de Riohacha dans un jeep bondé (6 touristes + 1 conducteur/guide) faisant parti d’un convois de 2 4×4. Vous ne rêvez pas, nous (anti voyage organisé) sommes embarqué dans un tour tout inclus de 3 jours 2 nuits. 

Encore à l’écart du tourisme de masse, et peu peuplée, c’est la seule façon de visiter l’ensemble de la péninsule. 
Manaure

Premier stop dans une ville où on « cultive » le sel; de vaste champs sont inondés d’eau de mer, on laisse ensuite évaporer l’eau, pour récolter le sel et le vendre. Un processus similaire au Salar de Uyuni en Bolivie. 



Uribia

Autoproclamé « Capitale Indigena de Colombia », Uribia est la porte d’entrée officielle de la Péninsule Guajira. 
À partir de là, il n’y avait plus de route pavée… que des sentiers au mieux en mauvais état.
Plus on roulait et moins la végétation était dense, jusqu’au point où il n’y avait plus rien d’autre que des cactus, des troncs d’arbustes séchés et beaucoup beaucoup de sable à 360.
Cabo de la Vela

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps un simple village de pêcheurs anonyme baignant dans une baie aux eaux turquoise, l’endroit s’est transformé en quelques années en une véritable Mecque mondiale du Kitesurf (beaucoup de vent). 


Résultat; l’endroit regorge de petits hostels et restaurants éparpillés le long de la plage. 
Pas besoin de faire parti d’un tour pour se rendre à Cabo de la Vela. Il est possible de s’y rendre avec un minubus de Riohacha à Uribia, suivit d’une camionnette de Uribia à Cabo.


Cerro Pilon de Azucar

Petite randonnée jusqu’au sommet du « Pilon de Azucar », une petite montagne bordant l’océan. 
L’endroit offre un superbe panorama aux couleurs contrastée; le sable orange, des traces de lacs asséchés tout blanc (sel), un océan bleu azur et le ciel.



Cueva del Diablo


Faro (phare)


Cette journée bien remplis se terminait en assistant au coucher de soleil du haut du phare surplombant Cabo de la Vela. 
De retour à Cabo, nous en étions quitte pour une nuit en hamacs à la (presque) belle étoile (pas de mur, juste un toit en paille). 


À 2 pas du Vénézuela, il est plus facile (et moins cher) pour les habitants de s’approvisionner dans le pays voisin. Du coup, la seule bière disponible sur la péninsule est la Polar du Venezuela. 

JOUR 2 – LE NORD DU SUD

21 Juin 2017
Le programme du jour était simple; s’enfoncer encore plus loin dans la péninsule. 
Passé Cabo de la Vela, nous entrions dans la parti peu fréquentée de la péninsule; le Alto Guajira, où seuls les locaux et des 4×4 chargés de touristes pouvaient (et voulaient) s’y rendre. Un No Man’s Land fait de zones désertiques, ponctués de plages à faire rêver.


Playa Pusheo

Plage dans une baie de couleur azur. 

Dunas de Taroa

En s’enfonçant encore plus loin, la végétation disparaissait complètement. Il n’y avait que du sable à perte de vue dans toutes les directions. 
Puis les dunes bordant l’océan du mini désert de Taroa apparaissaient devant nous.


Punta Gallinas

Un peu avant le coucher du soleil, nous atteignons Punta Gallinas. 
« Quel endroit formidable » – Pour sur, personne ne dira jamais cela à propos de Punta Gallinas tellement l’endroit est sans aucun intérêt… et laid. 
Sans aucun intérêt… ne serait-ce que c’est le Nord du Sud. Alors que nous avions atteint l’extrême sud du continent sud américain (Puerto Williams en Terre de Feu) pour le jour de l’an presque 6 mois plus tôt, nous étions cette fois à l’extrême nord de ce même continent pour le solstice d’été (21 juin). 


En ce lieu précis, nous étions à plus de 7500km à vol d’oiseau de Puerto Williams… et à « seulement » 3600km de Montréal. 
Difficile de trouver un endroit plus symbolique pour finir notre Tour de l’Amérique du Sud. En effet, plus que 5 jours et nous quittions définitivement l’Amérique du Sud après respectivement 11mois pour moi et 8 pour Tanzi. À sa décharge, Tanzi avait visité les 12 pays et le territoire constituant le continent sud américain… il me manquait pour ma part le Paraguay…
Pour l’heure, nous passions la nuit dans le minuscule village de Punta Gallinas, avec une forte impression de bout du monde (métaphoriquement parlant) et une 2ème nuit en hamac (hyper confortable… pas des jokes). 



Toute bonne (et même mauvaise) chose ayant une fin, nous remballions nos trucs à la première heure le lendemain, pour traverser toute la péninsule d’un coup et retourner à Riohacha. 


Nous avions débuté cette aventure avec l’unique intention d’atteindre l’extrême nord du continent. Ce serait cependant faire une grosse erreur de réduire la Guajira Peninsula à cela. 
Visiter la Guajira Peninsula c’est visiter un endroit hors du commun, qui coupe le souffle au niveau des paysages et qui offre un mini choc culturel lorsqu’on se retrouve confronté à la qualité de vie du peuple Wayuu. Je crois qu’ils échangeraient sans hésiter ces panoramas pour des terres fertiles. 
Oui la Guajira Peninsula fait parti de la Colombie, mais c’est un tout autre monde!



Petit conseil avant de terminer. Peu importe ce que vous faites sur la Guajira Peninsula, ne pissez surtout pas contre le vent 😉 

Épisode 125 – Colombia + Caraïbes =

Mon Premier est réputé comme LA plus belle ville de Colombie, 

Mon Second est réputé comme LA plus belle ville des Caraïbes,

Mon Troisième est LA ville la plus touristique de Colombie, 
Mon Tout est une seule et même ville.

Cartagena de Indias… l’une des premières villes fondées par les espagnols (en 1533) sur le Nouveau Monde… alors qu’ils pensaient avoir atteint les Indes.


Décrit comme un parfait mélange des cultures africaine, espagnole et caribéenne, se perdre dans les dédales de rues labyrinthiques de la vieille ville fortifiée & inscrite au Patrimoine de l’UNESCO est un régal pour les yeux et un retour dans le temps.


L’un des principaux port où transitait les richesses du continent sud americain en route pour l’Espagne, Cartagena de Indias fut attaquée à de multiples reprises par les pirates. 

En 1586, Sir Francis Drake, célèbre pirate britannique, alla même jusqu’à capturer la ville. Il la libéra en échange d’une imposante rançon. 

Par les suite, les espagnols commencèrent à construire les fortifications qui sont aujourd’hui l’un des éléments phare de la ville; 11km de remparts ceinturant la ville et une multitude de forteresses un peu partout autour sur la terre et au large. 
Au 17ème siècle, Cartagena de Indias était la « capitale » de l’esclavage dans les Caraïbes. 

Bastion Santo Domingo

Seul véritable endroit qui vaille le coup sur le mur qui ceinture la vieille ville. L’endroit offre une superbe vue sur l’océan, la vieille ville, et « Little Miami » (étroite bande de terre bordant l’océan, où se trouve une multitude de hauts édifices à condo). 



Castillo San Felipe de Barajas

Sans aucun doute le plus imposant & impressionnant « chateaux » construits autour de Cartagena de Indias. 

Se dressant un peu en dehors de la ville fortifié, telle une espèce d’immense pyramide incomplète ou, comme Tanzi l’a suggéré, « une grosse crotte de chien »… c’est selon. 


Peu importe, difficile d’avoir une meilleure vue de Cartagena que depuis le Castillo. 


MOMPOS
Après avoir attendu en vain notre transport durant toute l’avant-midi, nous passions au Plan B… en catastrophe… en sautant dans un taxi roulant en direction du Terminal de Cartagena, pour sauter dans un collectivo pour Magangue, puis un petit traversier pour La Bodega, pour arriver In Extremis de l’autre coté et sauter dans le dernier collectivo de la journée en partance pour Mompos. 
Bienvenue à Mompos, officiellement Santa Cruz de Mompox, ville coloniale extrêmement bien préservée, inscrite au Patrimoine de l’UNESCO, qui semble sorti du passé. 


Située au coeur de la zone marécageuse du Rio Magdalena, Mompos était autrefois une halte impossible à manquer lors du transfert des richesses du continent vers Cartagena. 
« À Caracas je dois ma vie, mais à Mompos je dois ma gloire »… telles sont les paroles prononcées par Simon Bolivar, le « Libérateur » de l’Amérique du Sud espagnole, lui qui a passé beaucoup de temps à Mompos avant de commencer la Révolution. 


C’est en parti ce qui explique que Mompos fut la 1ère ville colombienne à déclarer son indépendance de la couronne espagnole. 
En marchant dans Mompos, le temps donne l’impression de s’être arrêté il y a de cela quelques centaines d’années; 6 petites églises, autant de places publiques, des rues bordées de bâtiments tout blanc collés les uns aux autres, et une superbe promenade le long de la rivière. 


Il existe une sérénité et une authenticité comme on en retrouve rarement dans une ville dite touristique en Amérique du Sud. De fait, mis à part le tourisme local (colombiens), on peu compter sur les 2 doigts de la main les touristes étrangers. 
On fait le tout en moins d’une heure (en prenant bien son temps et en marchant à reculons), mais Mompos a une ambiance unique qui fait du bien à l’âme. 



Même si il n’y a pas grand chose à faire d’autre que regarder le temps passer, il a fallu se résigner à quitter Mompos tellement on y était bien. 


Direction la cote des Caraïbes (encore).

Épisode 79 – Shakira… vous-avez dit Shakira?!?

Je quittais Salento et la Zona Cafetera en sautant dans un congélateur de nuit en direction de Neiva. J’avais cette fois-ci prévu la shot; habillé de mon manteau d’hiver et de ma tuque (oui… il fait froid à ce point dans les bus sud américains), j’allais avoir une « bonne » nuit… je n’avais pas pris en compte que la route serait houleuse comme une mer agitée.

Dès lors, j’entamais mon lent périple vers le sud de la Colombie, périple qui allait me mener en Équateur sous peu.
Exception faite de Cali; capitale mondiale (autoproclamée) de la salsa, il y a encore 2 ou 3 ans, seuls les voyageurs téméraires osaient visiter le sud de la Colombie. Alors sous forte influence du mouvement FARC, plus grosse organisation de guerrieros en Colombie, les voyageurs passaient plus souvent qu’autrement en coup de vent pour gagner la frontière en croisant les doigts pour qu’il n’y ait pas de casse en chemin.
On peu dire que les temps ont (rapidement) bien changé. Les FARC ont récemment signé un accord avec le gouvernement pour cesser le feu, et le sud de la Colombie est en plein essor touristique.
03.55 – Arrivé au terminus d’autobus (crasseux) de Neiva avant le soleil, je lutais alors contre le sommeil; il était hors de question que je dorme avec tous les gens louches qui peuplaient cette gare d’autobus à cette heure. Dormir dans un coin avec mes 2 sacs était l’équivalent de lancer une invitation officielle aux voyous pour me dépouiller.
05.30 – Je sautais dans un espèce de pick up modifié afin de me rendre à Villa Vieja, village perdu au milieu de nul part, 1h plus loin. Bien assis à l’arrière de la camionnette, je me faisait brasser à souhait en regardant le ciel passer du noir, au bleu poudre, au gris…
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06.20 – Une pluie fine me disait; « Bienvenue à Villa Vieja ». De cette petite ville encore endormi, il ne me restait « plus qu’à » franchir les 6.5km me séparant de ma destination; le Désert de Tatacoa.
On m’offrait un service de moto, que je déclinais immédiatement. Vous savez cette impression de liberté quand votre agenda du jour est complètement vide et que vous n’avez pas à vous « grouiller » pour arriver à temps au boulot ou à un rendez-vous. J’imagine que quand cela vous arrive, vous vous sentez coupable de ne rien faire… eh bien pas moi…
Non je n’allais pas prendre une moto pour me sauver du temps que je n’avais pas besoin de sauver. Il était à peine 06.30 et j’avais tout mon temps… et j’allais utiliser tout ce temps libre pour marcher 6.5km dans le désert. (J’aurais probablement du trouver un synonyme à « temps », mais je ne l’ai pas fait 😉
DÉSERT DE TATACOA
Tu vas dans un désert? Le Moyen-Orient ne t’a pas sufit? Eh bien il faut croire que non. Minuscule désert de seulement 300km2, le Tatacoa n’est pas un désert de sable, plutôt un endroit aride comme un décor de film western tout droit sorti du sud ouest américain. C’est le repère des lézards, araignés et serpents de ce monde…
Autrefois appelé « Valle de la Tristezas (vallée de la tristesse) » par les 1ers conquistadors, il doit son nom actuel aux nombreuses couleuvres noires qui y habitents… les couleuvres Tatacoa.
J’étais seul à marcher sur la route fraichement goudronnée qui serpentait au travers de beaux gros cactus et sur le dos des collines. Je me permettais même de marcher pieds nus… l’asphalte neuve étant un véritable massage pour mes pieds. Déjà inhospitalier, l’endroit était rendu encore plus dramatique par la présence de gros nuages gris au-dessus de ma tête. Le moment était magique; seul à marcher sur une route menant nul part.
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Les rares motos qui croisaient ma route me regardaient comme si j’étais un extra terrestre. L’image devait effectivement être assez amusante; un grand barbu blanc, portant de lourd sacs à dos (15kg et +) et marchant pieds nu en direction du bout du monde. Vous savez quoi; je m’en foutais royalement… rien n’allait pouvoir gâcher ce moment… je les saluais de la main et continuais mon petit bonheur de chemin.
J’admirais l’endroit en slow motion… ses multiples teintes de jaune (herbe), orangé (buissons), vert foncé (rares arbres et cactus) et gris (terre)… couleurs clairement usées par le soleil.
07.45 – J’arrivais au coeur du désert à l’observatoire d’étoile (le désert de Tatacoa est un super endroit pour admirer les étoiles).
De l’autre coté de la rue se trouvait un « shack à patate » surplombant l’attraction no.1 des environs; le Laberintos de Cusco, un espèce de labyrinthe naturel formé de multitude de monticules de terre. Vu de haut, le labyrinthe semble enfantin, mais une fois dedans, on change d’opinion; plus on s’enfonce et moins ça devient évident d’en sortir. La nuit venu, cela pourrait être un lieu de game de cachette mémorable.
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10.30 – Il n’était même pas midi et j’avais déjà fait le tour des environs. Avec la nuit de merde que j’avais passé, j’avais l’impression d’avoir  toute une journée dans le corps et qu’il était 21.00. J’atteignais alors un niveau de crassitude rarement égalé; mes pieds étaient bruns (j’avais aussi marché pieds nus dans la boue du désert) et mes vêtements sentaient la… ouais… bon… vous avez compris.
Je me trouvais un petit auberge pour me reposer le reste de la journée (ça s’appelais auberge, mais bon… c’était plus une grange). À peine arrivé que je rencontrait 3 jeunes backpackers sur leur départ et qui me déconseillaient de rester pour la nuit (d’un ennui mortel). Ni 1, ni 2, je sautais dans leur transport pour retourner à Neiva.
1 marche de 6.5km, 1 déjeuner copieux à moins de 3$ et 1 marche dans un labyrinthe… cela résumait mon trip dans le désert Tatacoa.
Allez… scram gram… direction le sud.
Un autre bus et un autre pick up modifié plus tard, que je me retrouvais à San Agustin, ville tranquille enfouie dans une vallée montagneuse toute verte.
C’est d’ailleurs à l’arrière de ce dernier pick up modifié que j’avais pu cocher de ma To Do List; être assis à l’arrière d’un pick up juste à coté d’une adolescente qui donne le sein à sa fillette. Dans une « zone de turbulence », elle manquait échapper son enfant sur la route. Je dois avouer que je ne savais même pas que c’était dans ma liste de chose à faire.
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J’atterrissais dans un véritable havre de paix; une auberge/ferme organique perdue au sommet d’une colline, entourée de forêt… et renommée pour sa cuisine thai et ses curry (WTF?!?).
Cela couronnait la fin d’une loooooongue journée. J’allais pouvoir profiter d’un repos bien mérité.
SAN AGUSTIN
Situé dans un cadre enchanteur de montagnes à plus de 1700m d’altitude, le petit village de San Agustin et ses environs sont le plus grand site archéologique de Colombie. Depuis 1995, la région est d’ailleurs inscrite au Patrimoine de l’humanité (UNESCO).
L’instant de quelques jours j’enlevais mon chapeau de randonneur, pour mettre celui d’archéologue. J’allais plonger dans le passé et découvrir une civilisation ancienne de tailleur de pierre ayant vécue d’environ 1000ans BC jusqu’à l’an 1000 de notre ère. On n’en sait pas vraiment beaucoup sur ce peuple de maçon, autre qu’ils auraient vécu durant la période pré-hispanique et auraient probablement été exterminés par les Incas. Ce qu’on sait en revanche c’est que l’ensemble de la région est parsemée de monuments funéraires.
On m’offrait de visiter les lieux à cheval, mais je préférais la bonne vieille technique… que beaucoup de gens semblent oublier de nos jours… qui consiste à mettre un pied devant l’autre.
En marche vers mon premier site, un gros chien rottweiler décidait de me tenir compagnie. Je marchais sur le bord de la route et il bloquait le traffic en zigzaguant d’une voie à l’autre. Un conducteur me lançait même de garder mon chien en laisse. Comment vouliez-vous que je fasse signe à ce chien de déguerpir… nous avions une barrière de langue et lui taper sur le museau pour me faire mordre par la suite n’était pas une option. Il allait donc continuer à faire ce qu’il faisait si bien (bloquer la route) aussi longtemps qu’il le voulait.
PARQUE ARCHEOLOGICA
Première visite, le Parque Archeologica, inscrit à l’UNESCO depuis 1955 et principal site archéologique de la région. Il comprend la plus grande quantité de monuments funéraires. Si vous êtes de passage à San Agustin et n’avez qu’un seul site à voir… c’est celui-ci.
Les multiples monuments de pierre prennent la forme de poissons, amphibiens, reptiles, félins, singes et humaines, la plupart combinant des traits humain et animal.
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Le parque culmine avec le Alto de Lavapatas, site le plus ancien de toute la règion et évalué à il y a 3300ans… Très compréhensible vu sa position avantageuse au sommet d’une montagne dominant toute la région.
SHAKIRA!!! VOUS-AVEZ DIT SHAKIRA?!?
M’en allant voir un autre site complètement perdu en marge du village, un vieil homme criait « shakira » à plusieurs reprises en me regardant.
Ne comprenant pas du tout ce que la célèbre chanteuse colombienne pouvait bien venir faire dans mon périple, je continuais sans broncher… jusqu’à ce que j’arrive au site… Chaquira… Aghhh… le vieil homme voulait simplement me montrer la voie.
Cela n’était pas la 1ère fois et ce ne serait assurément pas la dernière où j’aurais l’air complètement stupide dans un pays étranger.
On accède a Chaquira au bout de 2km sur une route de terre au travers de plantation de café et autres…2 magnifiques km… Mais aussi 2km au beau milieu de nul part, où je me sentais extrêmement stupide d’avoir apporté avec moi tout mon argent et mon passeport.
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On peux finalement admirer Shakira après avoir descendu la moitié d’une belle vallée via un escalier tout sauf bien entretenu. Comme pour plusieurs endroits où je suis allé dans ma vie, la trajet s’était avéré beaucoup plus passionnant que le monument lui-même… monument qui peut se résumer à une grosse roche avec une femme ou un chaman les bras en l’air (je ne l’ai même pas prise en photo)…
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ANILLO TURISTICO
Voulant visiter les autres sites un peu plus en marge et difficile d’accès à la marche, je me résignait à prendre un tour organisé en jeep.
Avec un chauffeur armé d’un fusil à la taille… j’imagine qu’un groupe de touristes peut s’avérer attrayant pour des bandits… moi et ma bande de touristes étions en route pour la campagne profonde entourant San Agustin.
La journée consistait à passer plus de 90% du temps à se faire brasser sur des routes de terre défoncées entre montagnes, champs et forêt. Il fallait avoir l’estomac extrêmement bien accroché et ne pas trop avoit mangé.
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Salto (chute) de Mortino…
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Alto de las Piedras…
Complexe funéraire vieux de plus de 3000ans
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Salto (chute) de Bordones…
2ème plus haute chute en Amérique du sud. Endroit assez impressionnant, j’aurais voulu avoir le temps de marcher le sentier (45min en descente, 1h30 en monté pour le retour) jusqu’au pied de la chute, mais le guide/conducteur me signalait que nous repartions dans 10min. Si vous allez à San Agustin un jour, organisez vous pour faire un day trip à cette chute par vous-même sans un tour organisé.
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Altos de los Idolos…
2ème site en importance après le Parque Archeologico, l’endroit abrite le plus haut monument (7m de haut) et 2 représentations de crocodiles… même si c’est maintenant prouvé qu’il n’y a jamais eu de crocodiles dans les environs.
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Je finissais tranquillement la journée en « surfant » debout derrière le camion… illégal en Amérique du Nord, mais toléré ici 😉
C’est couvert d’une bonne couche de poussière et après m’être fait bardasser toute la journée (de 09.00@18.00) que nous retournions finalement à San Agustin. On ne me reprendrais pas à faire un tour organisé de si peu.
Dommage que je ne sois pas un grand amateur de vieilles pierres sculptées sinon San Agustin aurait été mon coup de coeur en Colombie…
Une dernière nuit à San Agustin et puis je passais à un autre appel.
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POPAYAN – « LA CIUDAD BLANCA »
Popayan n’est qu’à 137km de San Agustin. Il faut cependant au moins 4h pour franchir cette distance. La raison; une route défoncée, digne du Madagascar, traversant jungle & montagnes à plus de 3000m d’altitude et sous une pluie diluvienne. Il fait comprendre le gouvernement de ne pas avoir invertis dans cette route jusqu’à maintenant puisque le territoire était sous contrôle des guerreros.
Célèbre dans l’histoire pour avoir été un bastion de la couronne espagnole durant les guerres d’indépendance, la ville est très impliquée socialement. Siège du pouvoir à l’époque de la colonie espagnole, pas moins de 11 présidents de Colombie étaient originaires de Popayan depuis l’indépendance du pays.
La ville porte aussi plusieurs chapeaux: ville blanche (reconnu pour son architecture coloniale avec sa vieille ville fait uniquement de bâtiments blancs), ville sainte et ville gastronomique (désigné par l’UNESCO).
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Le soir venu, des lumières (blanches) illuminent toutes les rues de la vieille-ville.
La ville compte sur la plus belle place centrale que j’ai vu en Colombie (et il n’y a pas de statu de Simon Bolivar). De plus, de jour comme de soir, il fait bon de vagabonder dans les rues de la ville. On s’y sent en sécurité.
LE VOLCAN PURACÉ
03.40 – Le réveil sonne… WTF…
Ahhh… oui… je me souviens… j’ai eu la bonne idée de vouloir monter le volcan Puracé.
Situé à 40km de Popayan dans la Réserve Indigène Puracé (autrefois un parc national de Colombie, mais depuis redonné à la communauté indigène de la région), c’était loin d’être évident pour s’y rendre.
Il fallait tout d’abord se pointer à la gare d’autobus vers 04.15, acheter un billet pour le seul bus passant par l’entrée du parc… et croiser les doigts pour que celui-ci parte. En effet, ce bus était réputé comme étant « extrêmement peu fiable ». Plus souvent qu’autrement, le bus ne partait pas faute d’une quantité insuffisante de passagers.
Le bus prévu à 04.30 partait finalement à 05.05… à l’heure en terme de bus colombien. Nous étions en route…
Nous?!?
Oui « nous »… par pur hasard j’étais tombé sur Hannah (Los Nevados) qui se promenait dans le rue à Popayan la veille. Elle aussi était intéressé par l’ascension du Volcan Puracé.
De Popayan (1700m d’altitude) à l’entrée du parc (3300m d’altitude), le bus devait se taper 1600m d’ascension sur une route de terre sinueuse en montagne. On pouvait entendre le RPM du moteur du vieux bus qui peinait à la tâche.
06.40 – Débarqué en bord de route au milieu de nul part à la « Cruce de la Mina », nous gagnions l’entrée du parc quelques 2km plus loin.
De là, on nous assignais un guide (obligatoire) et l’ascension de 8km (allé) et 1370m pour rejoindre le cratère au sommet du Volcan Puracé (Koko-Urko en langue indigène), pointant à 4670m, allait commencer.
On nous jumelait avec indigène semi-nain de 17ans. Celui-ci avait l’air équipé pour faire tout sauf de la montagne; botte d’eau dans les pieds, pantalon trop court mettant bien en évidence sa craque de plombier et sac qui ne zip pas. Peu nous importait, nous n’avions pas vraiment besoin de guide puisque le sentier était bien balisé.
Autour de nous, tout resplendissant… sauf le sommet du volcan qui était complètement bouché par les nuages. Nous marchions tout d’abord dans les prés, puis dans la toundra, pour finalement marcher dans un environnement de roches volcaniques.
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Passé 4000m, les conditions devenaient très difficiles; le soleil faisait place au brouillard qui nous enveloppait tranquillement, mais surement, le vent soufflait comme si il voulait écorner les boeufs et il faisait un froid glacial. L’environnement était devenu complètement inhospitalier.
L’ascension finale sur un sentier en lacet fait de petites roches volcanique et totalement exposé au vent était infernal. Juste avant le sommet, la grêle se mettait de la partie.
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Alors que Hannah & midget utilisaient leur nitro pour monter jusqu’en haut, ma transmission restait bloqué à vitesse tortue. L’altitude m’avait complètement intoxiqué.
Je continuais à monter avec l’espoir que le sommet soit au-dessus des nuages… pour le trouver enveloppé dans la tempête. Il était impossible de voir le cratère.
Bien que chaudement habillé, j’avais un peu plus tôt prêté mes (seuls) gants à Hannah qui se les gelait plus que moi. Désormais dans la tempête glaciale, j’en payais le prix; mes doigts étaient tout boursoufflés et raides.
À peine rendu au sommet que je n’avais qu’une seule envi; redescendre au plus vite.
Plus je descendais et mieux je me sentais. Après 2h de descente, nous étions de retour à l’accueil et déjà sur le retour vers Popayan après 21km, +1300m, -1300m.
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Randonnée d’entrainement et d’acclimatation à l’altitude no.2 en vue de l’ascension de l’Aconcagua; Check
CE N’EST QU’UN « AU REVOIR » COLOMBIE
Après maintenant 29 jours passés en Colombie, je quitte Popayan ce soir avec un bus de nuit en direction de la frontière équatorienne.
Un avis en vigueur par la gouvernement du Canada, recommande à ses ressortissants (voyageurs canadiens) d’éviter le sud de la Colombie, de ne pas voyager de nuit dans le sud de la Colombie, et surtout, de ne pas franchir la frontière terrestre entre la Colombie et l’Équateur.
Eh bien, vous savez qu’est-ce que je fais de cet avis; je m’en t@rch€ le c$l.
Après une longue réflexion, j’ai décidé de faire une croix sur Cali (capitale de la salsa, mais aussi l’une des villes les plus dangereuses au monde), San Ciprianos (et ses étranges train/moto), Mocoa (où les Andes rencontrent l’Amazone) et Terradentro (second site archéologique en importance en Colombie).
En ce qui concerne le parc El Cocuy & la cote des Caraïbes, je les garde pour quand je bouclerais ma boucle de l’Amérique du Sud.
On se revoit dans 10/12mois Colombie. Jusque là, porte-toi bien et je tâcherais d’en faire de même.
Équateur dans 3, 2, 1…
BUDGET POUR UN VOYAGE EN COLOMBIE
Pendant mon mois en Colombie, et malgré toutes les activités que j’ai pu faire, j’ai dépensé un peu moins de 75000COP (COlombian Pesos) par jour. C’est environ 30$… et j’ai très bien vécu.
Voici un résumé de ce que chaque truc devrait vous couter;
– Auberge jeunesse
Entre 20000 & 30000COP (9 et 12$) pour un lit en dortoir. Je n’ai pas encore vu le reste de l’Amérique du Sud, mais ce sont pour l’instant les plus beaux auberges que j’ai vu de ma vie.
– Bière
3000COP (moins de 1.5$)
– Déjeuner/Lunch
Moins de 10000COP
– Souper
Moins de 20000COP

Épisode 77 – Medellin; la rédemption… par l’architecture

Comment complètement changer l’image d’une ville? Demandez à Medellin… pas à Clotaire Rapaille!

En moins de 10ans, la ville est passée de la Capitale Mondiale de la drogue à une Mecque de l’architecture.
LE CARTEL DE MEDELLIN
Revenons dans les années 90. Depuis plus de 20ans, Medellin était alors la Capitale de l’or blanc (cocaine) et le Cartel de Medellin y régnait en roi et maitre. À la tête du cartel; le tristement célèbre Pablo Escobar; le plus célèbre baron de la drogue que la Terre ait porté.
Si vous êtes adulte et que vous ne connaissez pas Pablo Escobar, je vous suggère de sortir de votre grotte et de lire un peu… ou d’écouter les excellents films « Escobar » et « Blow ».
Durant les années 80 et 90, de tous les endroits peu recommandables que la Terre pouvait proposer, Medellin était le moins recommandable. La ville était alors considérée comme LA ville la plus dangereuse au monde année après année.
Enlèvements et meurtres étaient monnaie courante. On parlait d’environ 6000 meurtres par année… 6000… ça revient à plus d’une quinzaine par jour.
Vous aurez compris que les autorités étaient totalement impuissantes devant le règne sanguinaire des narco trafiquants. Vous aurez aussi compris (j’espère) que Medellin était TOUT SAUF une destination touristique. Il fallait être suicidaire ou trafiquant de drogue pour s’y rendre.
La mort de Pablo Escobar en 1993 sonnait la fin de « l’âge d’or » des trafiquants de drogue. À partir de ce moment, les choses commençaient à changer (ça allait toujours très mal… pour encore très longtemps… mais c’était mieux).
LA RÉDEMPTION
Quand on dit que les villes ont le pouvoir de faire changer les choses, Medellin en est le meilleur exemple.
2 mesures implantées par les autorités municipales ont eu un impact majeur sur la ville.
Une 1ère mesure, implantée dans les années 80, voulait que tout bâtiment public consacre au moins 5% de son budget total à des oeuvres d’art et/ou à améliorer l’environnement urbain. Résultat; il y a une multitude de parcs un peu partout en ville, la ville est (quand même) verte et est aujourd’hui reconnue comme « la ville aux sculptures ».
La 2ème mesure, implantée quelque part à la fin des années 90, consistait à construire des bâtiments éducatifs emblématiques; écoles, bibliothèques et musée… non pas dans le centre-ville, mais dans les quartiers les plus pauvres & dangereux. Pour les autorités, ces bâtiments icônes allaient agir comme catalyseur et aider à revitaliser & sécuriser les quartiers… un peu à l’image du Parc St-Roch par le maire L’Allier.
Pour ce faire, la ville allait faire confiance à ses architectes locaux… pas de syndrome du petit peuple qui considère que pour avoir un bâtiment d’envergure international il faut un architecte de réputation international… MNBAQ… 😉
Cette dernière mesure allait avoir une influence majeure sur la ville d’aujourd’hui.
LA VILLE AU PRINTEMPS ÉTERNEL
Vous connaissez mon amour pour les grandes villes… je déteste les grandes villes… Medellin était cependant un incontournable. Je m’étais donné 48h pour arpenter ses rues.
Medellin 2016 est une ville entre fiction et réalité; une ville qui allie un passé trouble à un avenir de plus en plus radieux.
Je dois avouer que j’avais beaucoup d’appréhension. Avec tout ce que j’avais lu sur son histoire, mon imagination fertile avait fait le reste et transformé cette ville en un véritable Enfer sur Terre… avant même d’y mettre les pieds.
Je m’imaginais un endroit où les criminels frappaient en pleine journée dans les rues bondées…
La réalité fut tout autre; j’ai marché pendant 2 jours toute la ville en limitant au minimum la prise de transport en commun… bref j’ai marché Medellin de long en large… j’ai été voir beaucoup de ces bâtiments icônes… ce qui veut dire que j’ai marché dans les quartiers peu recommandables.
Jamais au grand jamais je ne me suis senti menacé d’une quelconque façon. Le fait d’être un gars qui mesure 6.2 y est peut-être pour quelque chose, mais je doute que ce soit la seule raison. Par contre, tout le monde était unanime pour le soir; ne pas sortir dehors seul… ou ne pas sortir dehors POINT dans certains quartiers. Je n’avais pas vraiment envi de tester si c’était vrai.
Bref, revenons à nos moutons… l’exploration de Medellin.
Blotti dans une immense vallée formant une immense cuvette, Medellin et ses 2 millions d’habitants s’étendent dans le fond et les parois de cette « cuvette ». « The City of Eternal Spring (la ville au printemps éternel) » avec ses 24 degrés celcius à l’année longue, est la 2ème ville en importance en Colombie (après Bogota) et est la seule à avoir un métro (aérien… Dubai Style) au pays.
En fait, les transports en commun pullulent; métro traversant la ville dans le fond de la vallée, tramway & bus pour relier les périphéries, et remontés mécaniques quand les pentes sont trop raides. Tous ces services étant reliés l’un à l’autre.
Comme si ce n’était pas assez, de multiples pont piétons extravagants évitent aux piétons de se faire tuer par le traffic qui abonde.
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Bref, ce ne sont pas les options qui manquent pour se rendre à bon port. Heureusement puisque (comme je le mentionnais plus tôt) les bâtiments à voir sont dispersés un peu partout dans le chaos urbain qu’est Medellin.
En voici quelques-uns;
PARQUE DE LAS LUCES
En plein centre-ville, ce parc tout bétonné est des plus intrigant avec sa forêt de sabres lasers pointant vers le ciel.
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PARQUE BARRIO
Aussi au centre-ville, ce parc est un incontournable avec ses multiples sculptures d’humains et d’animaux « obèses » (la définition officielle est « satirique »… dans mon livre à moi ils sont « obèses ») gracieuseté de l’artiste Santiago Botero, natif de Medellin, et rendu célèbre pour sa Mona Lisa… obèse…
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MUSEO CASA DE LA MEMORIA
Rendant hommage aux victimes des conflits qui ont déchiré la ville et le pays.
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PARQUE BIBLIOTECA LÉON DE GREIFF
Probablement celui que j’aime le plus;  une bibliothèque + parc… qui garde les geeks (intérieur) et les bums (dehors) au même endroit… tout en ayant une superbe vue sur la ville.
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PARQUE BIBLIOTECA ESPAÑA
Un peu en périphérie de la ville, le musée en formé de 2 gros blocs noirs est accessible via une remontée mécanique et offre une vue imprenable sur l’ensemble de la ville. En total rénovation lorsque je suis passé, cela vaut tout de même le détour pour y admirer la vue de la ville.
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C’est la 1ère fois que je prenais une remonté mécanique sans bottes de ski à mes pieds.
JARDIN BOTANICO
Même si vous n’êtes pas un adepte de plante (genre moi), sa superbe structure semi-transparente utilisée pour accueillir des expositions temporaires vaut le détour… et c’est gratuit.
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CERRO NUTIBARA
Situé en plein coeur de la ville, cette petite colline toute verte offre un magnifique (presque) 360 degrés de Medellin.
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ETC.
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CUVETTE ORANGÉE
La cerise sur le sunday, une mer de bâtiments orangés entassées l’un par dessus l’autre sur les flancs de la vallée. Le bâtiment suivant étant toujours un peu plus haut que celui le précédant, cela fait en sorte qu’à peu près tout le monde en ville à une vue de la vallée de leur maison.
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Le soir venu, les bâtiments disparaissent dans la noirceur, mais les montagnes scintillent de lumières tels des tapis d’étoiles.
Bien joué Medellin pour ce revirement de situation pour le moins spectaculaire.
Si l’ancienne ville la plus dangereuse au monde peut le faire, rien n’est à l’épreuve d’une ville motivée.
Bon, ce n’est pas tout, j’ai un bus à prendre. Direction la Zona Cafeteria… enfin un peu de marche en montagne… et peut-être mon 1er 5000m en Amérique du Sud.
À suivre…

Épisode 76 – Colombie; il fut un temps…

 

Il fut un temps pas si lointain… où le mot « Colombie » était indissociable du mot « Cocaine ».
Il fut un temps pas si lointain… où la Colombie était le royaume des narco trafiquants et des guerrieros.
Il fut un temps pas si lointain… où on n’allait pas en Colombie pour voyager… oh que non.
Il fut un temps pas si lointain… où, autre que les trafiquants, seuls les espions de la CIA, MI6 et KGB de ce monde osaient y mettre les pieds.
Il fut un temps… où au tournant des années 2000, la Colombie a décidé de se prendre en main. Tout n’est pas parfait, mais le pays s’en va dans la bonne direction.

MERCI CANADA

À peine sorti de l’avion que je me retrouvais au douane et faisais connaissance avec la « Bienvenidos Tax »; une taxe spécialement conçue pour les canadiens (nous sommes les SEULS à avoir à payer pour avoir le visa colombien)… parce que le Canada est un véritable emmerdeur pour les colombiens voulant venir au Canada. Ils font donc subir le même sort au canadiens venant en Colombie.
Avantage non négligeable; cela nous permet d’éviter la loooooongue file d’attente… mais bon… je tentais d’amadouer la douanière avec mon espagnol cassé, en lui expliquant que j’étais toujours gentil avec les colombiens au Canada… et que j’adorais Shakira… en vain. J’ai au moins eu droit à un éclat de rire de sa part 😉
80$ et un visa bon pour 90 jours plus tard, je me retrouvais seul au monde à Bogota… en Colombie… en Amérique du Sud.
La réalité me frappait de plein fouet; j’allais passer la prochaine année sur un continent où la langue principale était l’espagnol… langue que je ne maitrisais pas du tout.
Petit (gros) instant de panique, une grande respiration et je sautais dans un taxi pour officiellement lancer mon voyage en Amérique du Sud.
COLOMBIE POUR LES NULS
Nommé en l’honneur de Christophe Colomb… même si il n’a jamais mis les pieds sur le territoire de la Colombie d’aujourd’hui, le pays a obtenu son indépendance de l’Espagne en 1810 après une très longue et sanglante guerre d’indépendance. Alors la « Grande Colombie », le pays regroupait l’Équateur, le Venezuela et le Panama.
L’Équateur et Venezuela se sont séparés de la République en 1830, suivit de Panama en 1903, pour former le pays que l’on connait aujourd’hui.
Quelques infos supplémentaires;
– Monnaie; Peso Colombien (COP), mais ils utilisent le signe $ partout… ce qui peut porter à confusion au premier abord; une chambre à 21000$?!?
– Population; 45 millions d’habitants,
– Presque 1/2 de la superficie de la Colombie est occupée par la jungle amazonienne. C’est un « No Man’s Land »; repère des guerrieros et des trafiquants de drogue… autant dire que je n’ai aucune intention d’aller dans ce coin.
– La cordillère des Andes prend forme en Colombie, pour longer la cote ouest du continent jusqu’en Argentine tout en bas.
– La Colombie est l’un des pays où l’on retrouve le plus de mines anti-personnelles dans le monde. Autant dire que je ne quitterais pas les sentiers.
– De manière plus générale, vous allez souvent m’entendre parler de Simon Bolivar un peu partout en Amérique du Sud.
Ayant vécu de 1783 à 1830 et surnommé « le Liberator (le Libérateur) », il a joué un rôle majeur dans la libération des colonies espagnoles d’Amérique du Sud du joug de la couronne espagnole. Il a participé à l’indépendance de la Bolivie, la Colombie, l’Équateur, le Panama, le Pérou & sa terre natale le Vénézuela.
Il caressa toute sa vie (en vain) le rêve d’unir toutes l’Amérique du Sud sous un seul état… un peu à la manière des États-Unis.
LA VILLE AUX GRAFITIS
Perché à plus de 2600m au dessus de la mer, Bogota, ou plutôt Santa Fe de Bogota est la capitale du pays. Fondée en 1538 sous le nom de Bacata, la ville n’avait que 300000 habitants en 1940, tout un contraste avec les 7.6 millions d’aujourd’hui.
Ma 1ère impression de Bogota; bof. Une grande ville comme une autre. Certains éléments valent tout de même le détour.
CERRO DE MONSERRATE
Du haut de ses 3152m, Monserrate surplombe Bogota. L’endroit vaut le détour pour le super panorama qu’il offre sur l’ensemble de la capitale.
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LA CANDELARIA
Quartier historique de Bogota, vagabonder dans les rues est un régal pour les yeux. On croise entre autre sur notre chemin;
La Plaza de Bolivar, aussi appelé Place de l’Indépendance, coeur de la ville,
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La Plazoleta del Chorro de Quevedo, lieu de fondation présumé de Bogota,
Une multitude de jolies murales (grafitis),
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Et le Museo del Oro. Bon… vous connaissez mon amour pour les musées. On m’avait mentionné que si j’avais un seul musée à voir à Bogota, c’était le musée de l’or. Celui-ci relatait l’histoire de l’or en Amérique du Sud avant l’arrivé des espagnols.
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Toute la journée durant, le regard de tout le monde pointait sur mes pieds. Il devait faire 10 degrés et j’étais le seul à me promener en short et en flip flop dans la rue.
J’apprenais plus tard que nous étions en hiver en Colombie. Désolé je n’avais pas eu le mémo.
CLAUSTROPHOBE S’ABSTENIR
Direction Zipaquira, ville à 50km en banlieue de Bogota, pour y admirer « La primera maravilla de Colombia (la plus grande merveille de Colombie) »; la Catedral de Sal, une cathédrale construite dans une ancienne mine de sel.
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Depuis la surface, on s’enfonce sous la terre en arpentant un tunnel long de 2km et creusé au travers de la roche, du sel et du sel pétrifié (noir). Fait intéressant, nul besoin de dynamite pour creuser des tunnels dans une montagne de sel… de l’eau sous pression suffit.
Tout au long du chemin, 14 stations ont été aménagées et relatent le chemin de croix de Jésus. Le tout culmine avec une immense cathédrale située à plus de 180m sous terre… ce qui en fait l’église la plus profonde au monde.
Je vais laisser les images parler par elles-mêmes…
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Après plus d’une heure sous terre, l’atmosphère était très lourde et l’air tout sauf agréable à respirer… on aurait dit que je pouvais la gouter. Ajoutez à cela que j’en avais mare d’entendre la chanson « Ave Maria » en boucle. Il était temps de sortir et de retourner à Bogota.
SAN GIL
Par une journée grise et au ciel très bas, je mettais le cap sur San Gil; la capitale du plein air en Colombie… à 300km et des poussières au Nord de Bogota.
Après 1.5h de route, nous étions encore au beau milieu de Bogota. Je ne sais pas qui était le Génie qui avait eu l’idée de mettre la station de bus au beau milieu de la ville.
À peine quitté Bogota que l’autoroute disparaissait pour faire place à une route de montagne sinueuse. Le traffic lui ne disparaissait pas. En clair, les routes étaient bouchonnées.
Il m’a fallu 9h pour franchir les 300km…. 9h… et il fallait avoir l’estomac bien attaché pour ne pas faire un Numéro 3 (le Dedans Dehors… vous voyez ce que je veux dire 😉
J’avais donc tout le loisir d’admirer le paysage de la campagne colombienne (en fait je n’avais pas trop le choix); un mix de petites collines, champs et forêts à perte de vue… avec de multiples teintes de vert.
Parti tôt en matinée de Bogota, j’arrivais en milieu de soirée à San Gil. C’est fou comme 300km faisaient toute la différence; alors qu’il faisait frisquet le jour et froid la nuit à Bogota, il faisait très chaud le jour et chaud/humide le soir à San Gil.
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JUAN CURI WATERFALL
La fille travaillant à mon auberge avait été clair; si tu as une seule chose à voir/faire ici, c’est aller voir la chute Juan Curi.
Ouin… une chute… une autre chute… j’en ai vu des centaines des chutes… c’est toujours du pareil au même. Je me laissait tout de même convaincre en raison du fait qu’il fallait marcher 45min dans la jungle pour y accéder (quelqu’un a dit randonnée?!?).
1 bus local et 1 marche de 45min dans la jungle plus tard et je me trouvais devant cette « fameuse » chute.
Le sceptique en moi aura été confondu. WOW… l’une des chutes les plus photogéniques que j’ai vu de ma vie… dans mon top 3 avec celles de Kanchanaburi (Thailande) et de Yosemite (Californie). Ajoutez à cela qu’elle une immense piscine naturelle à ses pieds et la possibilité de la descendre en rappel.
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LE LABYRINTHE BLANC
Aussitôt levé, aussitôt dans un bus. Cap sur Barichara à 30km dans les hauteurs de San Gil via une route en lacet qui ferait l’envi de tous les cyclistes grimpeurs.
Réputé comme étant l’un des plus beaux villages de Colombie, Barichala datait de l’époque coloniale et était extrêmement bien préservée. J’avais l’impression d’avoir remonté 100ans en arrière.
Mis à part la cathédrale et les 3 autres églises, tous les bâtiments était finis à la chaux blanche.
Ajoutez à cela que toutes les rues étaient identiques; les façades de bâtiments étaient alignées pour ne former qu’un seul et même mur, de sorte que cela donnait l’impression de marcher entre 2 murs blancs… ce qui pouvait donner l’impression d’être dans un labyrinthe.
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CAMINO REAL
Aussitot trouvé mon auberge (tâche rendue difficile puisqu’elle était mal localisé sur ma carte… une maison blanche tu dis…) que je quittais Barichala via le Camino Real.
J’allais marcher (sous un soleil de plomb) sur un vieux chemin de pierre pour rejoindre le village de Guane 5.5km plus loin.
J’avais encore une fois laissé mon bon jugement de coté en optant pour mes flip flop au lieu de mes bottes. Sage décision sur un sentier de pierres toutes croches… idéal pour se fouler une cheville…
Peu m’importait, j’avais monté le Mont Blanc, marché l’Espagne, la Corse et la Réunion… ce n’était pas un vulgaire sentier de touristes qui aurait raison de moi 😉
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Je descendais donc dans la vallée aride pour atteindre Guane; charmant petit village où toute l’activité se concentrait autour d’une place publique et d’une jolie église.
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Je choisissais un restaurant pour y casser la croute et demandait « la specialidad ». La femme se mettait alors à m’expliquer plus de truc (que je ne comprenais pas). Je lui relançais alors; « si si, la specialidad ».
J’aurais peut-être du être plus attentif à ce qu’elle m’expliquait puisque je me ramassais à manger des intestins de mouton ou quelque chose de pas très beau à voir comme cela. À ce moment même, je décidé d’ajouter à mon vocabulaire « soy vegetariano / comida vegetariana ». On ne me reprendrais pas 2 fois.
Je finissais l’assiette et décidais de retourner à Barichara par le sentier. Il faut savoir que la plupart des touristes font le sentier de Barichara à Guane, pour ensuite prendre un bus pour revenir à Barichara… mais bon, je ne suis pas la plupart des touristes, je suis un idiot borné… pour économiser les 2000cop de la run de bus… environ 0.80$… c’est avec des $ qu’on fait des milles $…
Fidèle à mes habitudes, je n’avais pas assez pris d’eau… et je suffoquais sous la canicule. C’est fou comme j’étais dans la meilleure forme de ma vie au début juillet après le Mont Blanc, et qu’un mois au Canada à trop manger et boire avait tout détruit. Tout était à recommencer.
De retour à Barichara sain et sauf, j’entreprenais une farniente bien méritée à mon auberge, un véritable havre de paix aux allures de resort avec piscine et balcon surplombant la ville… pour la modique somme de 12$ 🙂img_1891
RIO SUAREZ
De retour à San Gil et à mon dernier jour dans les environs, je me laissais tenter par une randonnée en rafting sur la rivière Suarez.
Cette rivière proposait des rapides de classes 4 et 5… les classes 5 étant les rapides les plus difficiles à franchir… un rapide de classe 6 étant réputé infranchissable.
Après 2 intenses heures sur la rivière, je peux maintenant dire que faire du rafting sur la rivière Suarez est ma meilleure expérience de rafting à vie (c’est ma 5ème fois)… ça brassait à souhait.
VILLA DE LEYVA
Situé à 150km en banlieue de Bogota, Villa de Leyva est considérée comme un « joyaux de l’époque coloniale ». Plusieurs considèrent cette ville comme étant la plus belle de Colombie. On va se le dire bien franchement, Villa de Leyva était plate à mort. Sans rien lui enlever, elle n’arrivait pas à la cheville de Barichala.
Fondé en 1572 et perché à 2143m d’altitude au plus profond d’une vallée semi-désertique et entouré de montagnes allant jusqu’à 3500m, l’endroit est un lieu très prisé par les familles aisées de Bogota depuis toujours.
Sa place centrale, Plaza Mayor, est la plus grande place publique de Colombie et l’une des plus grande d’Amérique du Sud. Dit comme cela, ça pouvait paraitre impressionnant, mais c’était en vérité un grand espace vide avec un pavement de roches de toutes sortes et propice à se péter une cheville.
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Les paysages étaient bien sur intéressant, mais sans plus, notamment en raison du fait que la vallée ressemblait à une grosse banlieue désorganisée; ils avaient laissé les gens se construire où ils voulaient. Résultat; il n’y avait pas moyen de regarder nul part sans voir des constructions.
Heureusement pour moi, j’avais encore une fois touché le jackpot avec mon hébergement; un magnifique complexe à flanc de montagne un peu en retrait de l’action. On m’avait même offert une bière de bienvenue puisque j’avais marché pour m’y rendre au lieu de prendre un taxi.
SAGRADO CORAZON
À la 1ère heure le lendemain matin, je décidais d’aller piquer une jasette avec la status du Christ tout en haut de la montagne derrière la ville.
Avec ma stupidité habituelle, je décidais de ne pas apporter d’eau et de prendre mon déjeuner après… mauvaise idée. Perchée à 2500m, soit 400m au-dessus de la ville, le sentier s’avérait plus difficile que prévu.
J’avais la vallée au complet sous mes pieds; un paysage de montagne semi-aride sans grand intérêt. Peut-être aurait-il été plus intéressant si il n’y avait pas eu de trace humaine PARTOUT.
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Sur les coups de midi, j’entreprenais de faire une randonnée d’acclimatation en altitude dans les montagnes derrière Villa de Leyva. J’avais localisé un sentier montant jusqu’à 3500m. Mon entreprise coupait malheureusement court quand je rencontrais des policiers. Ceux-ci m’expliquaient que la montagne était interdite d’accès pour une raison que mon espagnol limité m’empêchait de comprendre.
Je décidais de faire l’idiot qui n’avait pas compris (c’était en parti vrai) et décidait de continuer l’ascension. C’est alors qu’un des 2 policiers a couru devant moi, a placé ses 2 mains sur mon torse et m’a fait un signe assez clair de retourner sur mes pas. J’aurai au moins essayé…
LE MONOLITHE & L’ARCHIPEL
04.35 – Après une nuit sans trop de sommeil dans un congélateur sur 4 roues (tous les bus colombiens sont glacials), je débarquais à Medellin.
05.30 – Aussitôt arrivé, que je ne laissait pas le temps au soleil de se lever et que je sautais à nouveau dans un bus. Direction Guetape, 2 heures plus loin.
Guetape est un lieu à ne pas manquer en raison de El Peñón. Faisant plus de 200m, la Piedra est un étrange monolithe de pierre qui semble avoir été placé au beau milieu de nul part. Certaines locaux racontent que c’est un météorite… qui sait.
Un escalier de 680 marches, construit dans une crevasse, permet d’atteindre le sommet. C’est toutefois sans compter l’ascension pour se rendre à la base du monolithe.
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Il faut être ajun et attentif du début pour entreprendre l’ascension; tantôt large, tantôt étroit, des fois triangulaire, l’autre seconde plongé dans le noir, l’escalier ne passeraient pas le test du Code du Bâtiment du Québec (qui demande à ce que toutes les marches soient identiques). N’empêche, ce double escalier en colimaçons (l’un pour monter, l’autre pour descendre) est un superbe ouvrage d’ingénierie qui offre des points de vue bien particulier.
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Une fois au sommet, si vous n’avez pas fait une fait une crise cardiaque lors de l’éreintante monté, il ne reste qu’à monter (encore) les 60 marches de la tour d’observation pour vous retrouver avec une vue à 360 degrés de la région.
La vue est tout simplement spectaculaire; on peut admirer sous toutes ses coutures le lac El Penol; réservoir créé lors de la construction d’un barrage hydroélectrique et qui fournit plus de 30% de l’électricité en Colombie. Le réservoir ressemble à un archipel avec tous les petits sommets/iles qui sortent ici et là de l’eau bleu azur.
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Le village de Guetape en lui-même est à ne pas manquer. Situé à 4km du monolithe, un programme d’embellissement urbain opéré de 2012 à 2015 à fait en sorte de transformer ce village autrefois monotone en un endroit coloré.
La plupart des bâtiments sont colorés et tous les bâtiments ont une bandeau de dessins (représentant n’importe quoi) sculptés & peinturés dans le bas.
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Bref, il fait très bon de visiter les environs de Guetape… et je n’ai même pas mentionné que l’endroit est un paradis des sports nautiques… et j’avais encore une fois touché le jackpot en ce qui concerne mon hébergement.
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Après maintenant 12 jours passés en Colombie, je dois dire que l’adaptation s’est bien passée. Je parle en espagnol comme un analphabète, mais les gens sont gentils et très serviables. Toujours avec le sourire (ils doivent se bidonner), ils prennent le temps de m’expliquer et de me ré-expliquer jusqu’à ce que je comprenne… ou que je me tanne et fasse semblant de comprendre.
Il n’y a pas eu de choc culturel à proprement parler… probablement dû au fait que je commence à avoir l’habitude d’être dépaysé.
J’adore tout particulièrement le fait que la Colombie n’est pas un gigantesque attrape touriste comme l’Asie du Sud-Est. Il y a une sorte d’indifférence envers les touristes… et j’adore cela. Je n’ai pas l’impression d’être le centre d’attention comme en Inde par exemple.
Je dois par contre avouer que j’ai hâte de gagner la montagne et de bouger.
J’en ai presque terminé avec les visites culturelles… l’action commence dans pas très longtemps.
Pour l’heure… cap sur Medellin.
TEJO
Difficile de passer en Colombie sans faire une partie de Tejo.
Sport traditionnel du pays, le Tejo est un espèce de jeu de poche… avec de la boue, des roches de métal et des explosions (sérieux). Si vous voulez mon avis, le Tejo est une excuse pour se saouler la gueulle… parce que (selon moi) c’est bien la seule manière de trouvez ce jeu amusant.
COLOMBIAN BOWLING
Tant qu’à y être, il fait aussi essayer les quilles colombiennes. Imaginez-vous une game de quille colombienne comme une game de quille joué à l’extérieur dans une cour à scrapt, avec de la musique espanol un peu cul cul, et ou presque tout le monde fument comme des cheminées et boivent comme des trous.
Le but est de faire tomber 3 quilles en lançant une boule de métal par delà un champs de cailloux. Plus facile à dire qu’à faire. J’ai quand même fait un abat avec chacune de mes mains… et failli tuer le ramasseur de quille (pauvre gars).
P.S. I – Je me sens comme chez moi en Colombie avec mon nom écrit partout; le mot « Stop » sur les panneaux rouges est remplacé par le mot « Pare ». Peut-être ais-je résolu le mystère de mon nom de famille. Peu être suis-je un latino?!?
P.S. II – En Colombie, et j’imagine un peu partout en Amérique du Sud, partir à l’heure signifie partir avec 15 à 30 minutes de retard.