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Épisode 145 – La Face Cachée du Mexique!

La Mexique Terre de Hautes Montagnes?!?

Pour ceux qui pensent que le Mexique n’est qu’une terre de plage et farniente, le prochain article risque de changer votre impression de ce pays plein de surprises et tout en contraste!

10 jours… 4 volcans… 1 voiture… 0 acclimatization à l’altitude… ohhh… et un Gringo Muy Loco… c’est ainsi que débutait la dernière aventure de ce grand voyage!

Dans la culture populaire, gracieuseté des films américains, on associe le Mexique à une contrée plane et désertique. Pourtant, le centre du Mexique se trouve sur un plateau à 2000m au-dessus du niveau de la mer, et un peu partout sur ce plateau se trouve des volcans dépassant les 4000m, sinon les 5000m. Mon plan de match était d’atteindre le sommet de la 1ère, 3ème, 4ème et 5ème plus haute montagne du Mexique, dont la 3ème plus haute d’Amérique du Nord.

Après quelques jours à Mexico City, et après plus de 2 semaines à faire des visites de villes, je commençais à avoir des fourmis dans les jambes. À peine le soleil levé, je prenais possession de ma voiture de location et quittais Ciudad de Mexico.

Je mattendais à avoir une golf ou une petite voiture du genre… on me donnait une grosse voiture de monsieur.

Elle allait passer un mauvais quart d’heure!

VOLCAN TOLUCA

Quelques heures à lutter dans le traffic de la 3ème plus grande ville du monde, pour avancer de quelques km, que j’avais enfin quitté Mexico et la grande route.

Au final d’un long chemin de terre passant au travers d’une forêt de pins et montant d’au moins +1000m, je me retrouvais sur les flancs du Volcan Toluca, Ixnantecatl pour les intimes, 4ème plus haute montagne du Mexique.

4155m… fin de la route… à vos bottes!!!

Après un GROS 10min de marche, je gagnais le pourtour du cratère (@4275m). Le Lago del Sol et le Lago de la Luna (Lacs du Soleil et de la Lune) étaient visibles dans le fond du cratère.

De là, il me fallait un peu moins d’une heure pour atteindre le point le plus haut de Toluca @4691m, via une ascension dans la cendre, puis une dernière portion un peu plus technique.

Toluca est extrêmement touristique (en raison de la route qui se rend presque jusqu’au sommet), mais 99% des gens se contentent de marcher dans le fond du cratère autour des lacs. L’expérience s’avèrera décevante pour un randonneur d’expérience, mais se veut une excellente introduction à la haute montagne ou pour s’acclimater à l’altitude (mon cas).

J’allais passer la nuit à (essayer de) dormir dans la voiture @4155m. Avantage certain d’avoir une voiture de monsieur; j’avais beaucoup de place pour les jambes!

VOLCAN IXTACCIHUALT – LA MUJER DORMIRA

Réveillé aux premiers rayons du soleil, je quittais mon nid d’aigle sur Toluca pour reprendre la route.

Après une journée passée à lutter dans le traffic, j’arrivais finalement à Paso de Cortes.

À 3600m d’altitude, l’endroit porte le nom du conquistador Hernan Cortes puisque c’est de cet endroit que les espagnols ont aperçu pour la 1ère fois une grande & majestueuse cité située sur un plateau au beau milieu d’un lac, un millier de mètres plus bas; Tenochtitlan, la capitale aztèque sur laquelle Mexico City fut construite.

Ayant essuyé plusieurs embuscades depuis leur arrivé en sol aztèque, Cortes avait voulu surprendre Montezuma (l’Empereur Aztèque).

Pour une surprise, ce fut toute une surprise! Tous les autres accès à Tenochtitlan était plat (facile), alors que passer par la Paso… de Cortes demandait aux espagnols de se taper plus de 1000m d’ascension et monter à 3600m d’altitude. Pour des hommes habituer à vivre au niveau de la mer, sans chevaux et lourdement armé, cette marche a dû être un calvaire!

Le hasard aura voulu que Paso de Cortes se situe entre les 2 volcans sacrés de la mythologie aztèque;

Ixtaccihualt… volcan éteint @5220m – 3ème plus haute montagne du Mexique. Son nom signifie « La Femme Qui Dort« ,

Popocatepetl (volcan encore bien actif @5436m – 2ème plus haute montagne du Mexique. Son nom signifie « Montagne Fumante« .

La légende veut que ces 2 volcans naquirent en un jour il y a 1000ans. Popocatepetl, un valeureux guerrier, voulait la main de Ixtaccihualt, une très belle princesses. Le père de Ixta le lui accordait si celui-ci revenait victorieux de sa prochaine bataille. Popo parti donc à la guerre gonflé à bloc. Durant son absence, l’un de ses rivaux (jaloux) allait dire à Ixta que Popo avait été tué au combat…

À son retour (victorieux), Popo apprenait que Ixta s’était enlevée la vie. Popo prenait son corps et montait au sommet de la plus haute colline pour maudir les Dieux. Ceux-ci transformait les amants en 2 volcans, l’un éteint (Ixtaccihualt), l’autre encore bien actif (Popocatepetl).

De nos jours, en regardant le Volcan Ixtaccihualt d’un certain angle, on voit une femme allongée, d’où son nom; La Mujer Dormira (La Femme qui Dort).

(Femme allongée sur le coté avec la tête à gauche)

Fin de l’histoire! Retour en 2017!

Alors que Popo est interdit d’ascension, il est possible d’atteindre le sommet de Ixta. Vous me voyez venir…

Depuis Paso de Cortes, j’empruntais une route sablonneuse & cahoteuse. Si il fallait qu’il pleuve dans les prochains jours, il me serait impossible de repartir (avec ma voiture de monsieur)!

Au final d’une route avec des vues à couper le souffle sur une contrée jaune (buissons) et verte (pins), et avec des percés sur les 2 volcans, La Joya se pointait.

À presque 4000m, c’est la fin de la route!

Dès lors, il fallait prendre le sentier La Arrista del Sol (La Crête du Soleil), long de 5.5km et +1250km d’ascension, pour rejoindre El Pecho (le sommet de Ixta).

En moyenne, on raconte que la majorité des randonneurs prennent de 8 à 10 heures pour faire l’ascension. La plupart coupe le parcours en 2 en dormant au Refugio de los Cien, situé à 3km de La Joya. Ma grande expérience de randonnée (j’ai plusieurs fois fait bien pire en moins longtemps) me disait que ces temps de marche étaient complètement insensés.

Le plan de match était de dormir dans la voiture (encore!), me lever à 04.00am, et réaliser l’ascension jusqu’au sommet allé-retour dans la même journée. Seul hic (qui pourrait jouer contre moi); je n’étais pas complètement acclimaté à l’altitude… mais bon!

Avance rapide jusqu’à 01.50am. Il y avait beaucoup de bruit dans le stationnement La Joya, beaucoup de randonneurs commençaient l’ascension, si bien que j’avais les yeux bien rond et ne pouvais plus dormir. Je n’arrêtais pas de me dire « peut-être que c’est vrai que ça prend 8h pour monter ». Je décidais donc de couper court à ma nuit et sautais dans mes bottes.

La nuit était claire. D’une part avec une pleine lune si brillante que je n’avais même pas besoin de ma lampe frontale pour voir le sentier. C’était comme si la Lune me disait « après toutes les ascensions de nuit que je t’ai vu faire depuis 2 ans, tu le mérites! ». D’une autre, avec la quantité incalculable de lampe que je pouvais voir sur la montagne. Il y avait beaucoup de monde à la messe!

Le sentier était tantôt en sable, tantôt en pierre, mais toujours bien balisé, si bien qu’il était difficile de se perdre. Dans le doute, il n’y avait qu’à suivre les nombreuses lampes.

02.57 – Désormais à 4391m, il m’avait fallu beaucoup de patience, mais j’avais finalement dépassé tous les groupes, si bien qu’il n’y avait plus une seule lampe devant moi. En short et desormais en manche courte, je suais à grosse goutes dans la nuit chaude et sans vent (ça n’allait pas durer!).

03.15 – J’atteignais un petit plateau à 4500m. J’apercevais alors les lumières de Mexico City d’un coté, et de Puebla de l’autre.

03.44 – À 4750m, j’apercevais le Refugio de los Cien. Contre toute attente, j’avais fait plus de la moitié de l’ascension en moins de 2heures (3 des 5.5km et +750m des 1250m d’ascension). Je commençais à croire en mes chances d’être au sommet pour le lever du soleil puisque les groupes, qui avaient dormi au Refuge, venaient à peine de partir; il y avait (à nouveau) des tonnes de lampes sur la montagne un peu plus haut.

Les choses devenaient beaucoup plus sérieuse tout de suite après le Refugio; un mur, haut de 300m, se dressait devant moi. Pour l’avoir descendu à la lumière du soleil, ce flanc de montagne est effrayant. C’est de la randonnée à la limite de l’escalade.

04.50 – À 5050m, je me trouvais désormais sur l’arête sommitale. Telle une montagne russe, une série de montés et de descentes étaient au menu pour la prochaine heure.

05.50 – Quelques faux sommet, la traversé d’un glacier (plat et sans difficulté) et une petite ascension finale, que je me trouvais au sommet de Ixta à 5220m. J’avais réalisé l’ascension en 4h… et j’étais au sommet près de 30 minutes avant que le soleil se pointe le bout du nez. Il faisait un froid G L A C I A L.

C’est un des beaux lever de soleil que j’ai pu voir d’un sommet, avec une mer de petites lumières & de nuages en contrebas, et le soleil qui se levait juste à la droite de 2 hauts sommets qui perçait le ciel; Malinche et Pico de Orizaba… mes 2 prochaines ascensions.

Tout ce qui monte… doit redescendre!

Si vous avez trouvé l’ascension difficile, watch out pour la descente! Au mieux, on peut la qualifier de casse coup.

De retour à la voiture, je me dirigeais vers la ville de Puebla. J’avais mérité le droit de dormir dans un lit ce soir!

Ixtaccilualt entre dans mon Top 3 des plus belles montagnes dont j’ai réalisé l’ascension (on parle d’ascension… pas de randonnée) avec le Kilimanjaro et Roraima. Les paysages sont complètement fou… et variés!

VOLCAN LA MALINCHE

La Malinche, Malintzi, Dona Marina… tous ces noms réfèrent à une jeune et belle esclave qui fut donnée en cadeau (avec 19 autres jeunes femmes) à Hernan Cortes par les mayas en 1521.

Malintzin allait avoir un role décisif à jouer dans la conquête espagnole… et la fin de l’Empire Aztèque, servant d’interprète (et de maitresse) pour Cortes.

C’est ainsi que la Malinche est entrée dans la légende mexicaine. Elle est vu par certains comme une traitresse, par d’autres comme une victime (l’expression « malinchista » est couramment employé au Mexique pour désigner un ami déloyal), tandis que la majorité la considère comme étant la Mère du peuple mexicain. En effet, l’enfant qu’elle a eu avec Hernan Cortes est considéré comme le 1er métis du Nouveau Monde.

Tout cela pour dire qu’un volcan fut nommé en son honneur. Haut de 4420m, La Malinche est la 5ème plus haute montagne du Mexique. Elle surplombe Puebla et ses environs.

Le départ se fait depuis un camp de vacance à 3100m. Durant les 6.5km et +1300m pour atteindre le sommet, la difficulté du parcours augmente de façon exponentielle. Les premiers km se passent dans une forêt de pins sur un sentier très large et à faible inclinaison. Au 3ème km, la forêt devient verticale.

Après avoir atteint un plateau à 3700m, la forêt disparaît pour laisser toute la place à une contrée de buissons jaunes. Jusque là en terre battue, le sentier devient extrêmement sablonneux et pentu. L’ascension de cette section se fait donc en mode « 3 pas en avant, 2 pas en arrière ».

À 4200m, Malinche devient une mer de grosses roches. L’inclinaison et l’instabilité des roches rendent l’ascension délicate.

Après 3h de marche, j’avais finalement toute la montagne en dessous de moi. J’étais seul, il n’y avait aucun vent vent, aucun bruit et aucun nuage à l’horizon. D’un coté, j’apercevais mon ancienne conquête Ixta et son amant Popo, de l’autre, ma future flame Pico de Orizaba.

Malintzi est une montagne qui avait l’air de rien vue d’en bas, mais qui s’est avérée surprenante.

La descente allait être tout sauf une sinécure!

PICO DE ORIZABA

Il faudrait être aveugle pour ne pas l’apercevoir!

Impossible de manquer cette haute montagne au sommet en crème glacé, surtout que pendant plus d’une centaine de km, la route d’approche se fait via une plaine avec une vue dégagée sur la montagne.

Je vous présente Pico de Orizaba, aussi appelé Citlaltepetl, qui signifie « La Montagne Étoilée », la plus haute montagne du Mexique.

Du haut de ses 5675m, seul le Mont MacKinley (aussi appelé Denali… en Alaska) et le Mont Logan (Canada), sont plus hautes en Amérique du Nord. C’est aussi la 7ème plus haute montagne au monde en terme de proéminence (différence de hauteur entre sa base et le sommet).

Cone coiffé d’un manteau de neige/glace, Pico est un volcan dormant dont la dernière éruption remonte à 1846. Le glacier, la marque de commerce du volcan, peut être vu à des centaines de km à la ronde. À seulement 100km du Golfe du Mexique, il est visible depuis les bateaux arrivant à Veracruz, l’un des plus important port du Mexique.

Pour réaliser l’ascension, dirigez vous en premier lieu à l’auberge Orizaba Mountain Guide (OMG), situé au pied du volcan à (San Miguel de) Zoapan. Roberto (ancien guide de montagne) et son équipe vous accueilleront dans leur charmante auberge, avec dortoir confortable, vue à 360 depuis le toit terrace et des repas de qualités. OMG propose aussi des ascensions guidés très abordables du Pico. Autrement, si comme moi vous aimez faire vos randonnées/ascensions par vous-même, vous pouvez louer piolet/crampons/casque à des prix ridicules.

Alors que je me préparais à réaliser l’ascension du Pico par la voie nord, la voie la plus empruntée, qui nécessitait de gagner le refuge Piedra Grande et ensuite marcher pendant de longues heures sur le Glacier Jamapa jusqu’au sommet, Roberto me faisait changer d’idée en me disant que cette voie était sur la glace bleu depuis plusieurs mois (donc très dangereuse).

J’allais plutôt y aller par le versant sud, la 2ème voie la plus empruntée, plus courte, mais beaucoup plus abrupte.

À peine le soleil levé (et par un froid glacial), je quittais Zoapan pour gagner le village de Atzitzintla 50km plus loin. Une fois au village, j’empruntait la (seule) route qui montait en droite ligne vers Pico de Orizaba. Ayant tout sauf une voiture 4×4 (avez-vous oublié ma voiture de monsieur?), j’avais l’intention de monter le plus haut possible sur la route de terre, pour ensuite laisser la voiture sur le bord du chemin et finir à pied.

3000m… 3100m… 3200m…3300m… 3400m… 3500m… 3600m… j’étais toujours au volant de ma voiture de monsieur…3700m… 3800m… la route devenait de plus en plus impraticable et le RPM de monsieur voiture allait de plus en plus haut… 3900m… 4000m… 4012m… ça y était, je ne pouvais pas aller plus loin.

En marche!

Au final de 2 heures de marche, sur un sentier vraiment facile, je me trouvais à 4710m et un point rouge scintillait devant moi. Le Refugio Fausto Gonzalez Gomar ressemblait à une petite boite de conserve noyée dans une mer de roches.

On m’avait décrit l’endroit comme « crasseux »… « tu veux pas dormir là »… « dors plutôt dans ta tente ». Je trouvais un refuge vraiment basic, un peu sale, mais confortable.

Déjà à plus de 4700m, sans avoir eu aucune embuche et avec moins de +900m d’ascension pour atteindre le sommet, Pico de Orizaba avait l’air beaucoup moins Bad Ass sur le versant sud que sur les versants ouest et nord. Le glacier du versant sud ressemblait plus à une tache de neige tellement il était petit… un désavantage puisque l’ascension allait se faire dans de la cendre volcanique (en mode 3 pas en avant, 2 pas en arrière) plutôt que sur de la neige/glace solide avec des crampons.

Je ne voulais pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais toutes mes craintes s’étaient évaporées. Sans dire que j’entrevoyais une promenade de santé… oh que non… j’allais en baver… mais ce ne serait pas difficile techniquement parlant.

02.50am – Une nuit (froide) passé au refuge… ma dernière nuit en refuge/camping de ce voyage de 2 ans… que j’étais en route pour le sommet! J’avais prévu commencer l’ascension vers 04.00am, mais j’avais les yeux bien rond dans mon sleeping depuis une bonne heure.

La nuit était tapissée d’un ciel étoilée, avec une lune encore assez pleine pour éclairer convenablement le sentier. Un fort vent d’hiver me rappelait que j’étais vraiment stupide de faire l’ascension en short (I am Canadian).

03.18am – Maintenant à 4920m, j’en avais fini avec une 1ère section dans la cendre volcanique. J’allais désormais m’attaquer à un parcours accidenté & de plus en plus incliné au travers de grosses pierres instables.

04.22am – À 5246m, j’avais maintenant dépassé 2 des 3 groupes qui étaient partis à minuit (plus de 2heures avant moi). Les lumières du 3ème et dernier groupe sur la montagne se trouvaient à une centaine de mètres en haut de moi.

04.49am – À 5410m, j’étais entouré de neige depuis plusieurs centaines de mètres, mais avais toujours réussi à continuer l’ascension en zigzaguant un peu pour éviter de mettre mes crampons. Le versant était désormais tellement incliné, à AU MOINS 50 (sinon 60) degrés d’inclinaison, que je préférais continuer en mode « escalade sur roches instables » que de me mettre en mode « marche sur glacier très incliné ».

06.05am – Le 3ème groupe dépassé depuis une bonne demi-heure, Pico de Orizaba, ma 3ème plus haute montagne à vie, était entièrement sous mes pieds. Le sommet se situait sur l’arrête du cratère de 400m de diamètre et 300m de profond.

J’avais (encore une fois) réalisé l’ascension beaucoup plus rapidement que prévu et devais me les geler solide pendant plus de 40minutes avant de voir le soleil se lever (06.45am).

M’ayant rejoint au sommet, l’un des 3 guides venait à moi et me lançait « même sans client, je n’aurais jamais pu monter cette montagne aussi vite que toi… et tu ne connaissais même pas le sentier ».

07.15am – Après avoir passé une bonne heure au sommet, principalement occupé à empêcher mes doigts de geler (en vain), j’étais pris de convulsions (qui me traversaient tout le corps) tellement j’avais froid, le plus dur était maintenant à faire; descendre cette montagne glacée et hyper inclinée sans faire LE faux pas qui pourrait me précipiterait vers… vers la base de la montagne… beaucoup plus rapidement (et en moins bon état) que prévu!!!

Désormais à la lueur du jour, j’étais comme un chat dans un arbre; javais peur en regardant le sentier que j’avais à emprunter pour redescendre.

Après coup, je me sens vraiment stupide d’avoir réalisé l’ascension du Pico de Orizaba en solo. Je n’ai pas fait ce faux pas (possiblement fatal), mais personne n’est à l’abri d’une maladresse, d’une chute de roches ou même d’une avalanche sur cette montagne.

Pico n’est vraiment pas à prendre à la légère! Ne vous laissez pas aveugler par mon temps d’ascension ahurissant. J’ai beaucoup de millage (expérience) dans les jambes! Il vous faudra vraisemblablement plus de 5, sinon 6 heures, pour faire de même.

Tout ce que j’essai de dire c’est « ne suivez pas mon exemple »… soyez prudent!

J’ai l’impression d’être au Mexique depuis une éternité (près de 50 jours pour être exact).

Un 2ème (et dernier) séjour à Mexico City, pour laisser ma voiture monsieur et me remettre de mes émotions (me reposer), et j’entamerais la fin de mon voyage (plus que 10jours) en me dirigeant vers Cancun et effectuer mon grand retour au Canada.

VOLCAN BONUS

Volcan Paricutin « Le Jeune »

Le village de Angahuan est situé dans une contrée de forêt (typiquement canadienne) où les bruits de scies mécaniques se font entendre d’un peu partout. Uns seule raison justifie la visite de cet endroit

Après quelques km à marcher dans une forêt dense, la végétation disparaissait brutalement. Devant mes yeux se trouvait l’une des vues les plus incroyables que jai pu voir: une rivière de lave pétrifiée… avec un clocher d’église qui sortait de nul part.

Bienvenue au Santuario del Senor de los Milagros! Les ruines du Santuario pour être exact.

Le 20 février 1943, une violente éruption, qui allait durer 9 ans, allait détruire tout sur son passage (champs et villages), et laisser derrière un dome volcanique et une rivière de magma.

Le dome en question, c’est le Volcan Paricutin, le 3ème plus jeune (créé de toute pièce) volcan sur Terre.

Dire que Paricutin jure dans le décor est un euphémisme. Dans un paysage de collines toutes vertes recouvertes de végétation luxuriante, même le plus idiot des hommes se rendrait compte que quelque chose cloche. L’emplacement de ce volcan est aussi invraisemblable que si un volcan sortait de nul part au milieu du Parc des Laurentides.

De toutes les constructions du coin, seule le Santuario a résisté aux coulées de lave… devenant du même coup un lieu de pèlerinage pour les mexicains.

Il est possible d’atteindre le sommet de Paricutin via un sentier de 7km depuis le Santuario. Bien que le sommet du volcan soit officiellement à 2800m d’altitude, il ne surplombe la vallée que de 500m. J’y voyais donc peu d’intérêt.

Nous prenons souvent pour acquis que les choses ont toujours été ainsi, mais le visage de la Terre subit des « chirurgies » en permanence. Parlez-en aux habitants de Angahuan!

P.S. I – Durant ce road trip, j’ai dormi 5 des 9 nuits dans ma voiture. Une nuit, alors que je dormais dans les rues d’une grande ville, la police est venu cogner à ma vitre. Les 2 policiers me disaient que j’étais fou de dormir dans ma voiture au Mexique. Après plus de 20min à essayer de me convaincre d’aller dormir dans un hôtel, voyant que je n’avais pas l’intention d’obtempérer, les policiers me disaient qu’ils n’avaient pas le pouvoir de me forcer à obtempérer, mais que je devrait suivre leur conseil si je voulais revoir ma famille. On m’a souvent qualifié de loco (fou), mais cette fois-ci était pleinement méritée.

P.S. II – Durant mon tour de l’Amérique Latine, on m’a interpelé avec plusieurs qualificatifs, Cabron, Gringo & Caballero étant les principaux. Depuis mon arrivé au Mexique, on m’appelle Joven (Le Jeune) partout où je vais. À 33ans depuis quelques jours, et ayant toujours donné l’impression d’être 5-10ans plus vieux que mon age, je ne vous cacherais pas que ça fait un petit velour 😉

Publié par Nicolas Pare le 10 décembre 2017
1 commentaire Poster un commentaire
  1. 12/10/2017
    Jeanne-Mance Gauthier

    Vraiment très téméraire dans son ascension et ton aventure avec ta voiture. Mais tu as vécu des aventures rocambolesques que personne ne vit….. mais tu nous fais découvrir des endroits magnifiques….. bravo… xxx

    Réponse

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