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Articles de la catégorie ‘Inde’

Épisode 24 – Les Z’Indes; Stockholm Syndrom

5 septembre 2013

EXACTEMENT 6 mois après avoir débuté mon voyage en Asie (5 mars 2013) à l’aéroport de Delhi, je boucle aujourd’hui la boucle en étant au même aéroport à la veille de mon départ définitif de l’Inde.

Fait cocasse, à peine 2 semaines après avoir posé les pieds dans ce pays chaotique (le mot n’est pas assez fort), je m’étais juré que je ne resterais pas une semaine de plus…

UN PEU DE RÉPIT À MANALI

Entre la fin de mon éprouvant trek de 3 semaines dans la vallée de Zanskar (épisode 23 à être publié sous peu) et mon arrivé à l’aéroport de Delhi, il s’est écoulé 1 semaine… semaine que j’ai passée entièrement à Manali.

C’est complètement exténué et plus maigre que jamais je ne l’ai été dans ma vie que j’ai entamé mon 2ème séjour dans cette ville.

J’avais alors besoin de 2 choses; du repos et manger comme un ogre. Un seul mot d’ordre; hors de question de sortir de mon hôtel autrement que pour aller m’acheter à manger et me gaver de sucreries. Ne pensez cependant pas que je me suis pogné le cul. Au contraire, je trié mes photos et écris mes « mémoires » à temps plein.

L’instant de quelques jours, je mets donc mon voyage sur pause et je prend des vacances de voyager… comme je l’avais déja fait à Katmandou avant. Le dernier mois a été très haut en couleur, il faut donc que je mette de l’ordre dans ma tête et mes affaires…

J’en ai aussi profité pour faire le Grand Ménage d’automne en vue de ma rentrée très prochaine en Asie du Sud-Est; tous les poils, si utile durant le trek pour me réchauffer, et doivent quitter le navire. Je fais peau neuve. Pour ceux qui se le demanderais, je conserve les poils sur mon torse… bien que plusieurs pourraient les trouver inutiles, ils font partis de mon patrimoine familiale et il est HORS DE QUESTION de même les effleurer.

Ce fut ensuite au tour des vêtements d’y passer… ce qui ne fut pas une tâche facile puisque la crasse s’était incrustée dans la moindre maille.

Une fois la barbe parti, les cheveux court et les vêtements propre sur le dos, je redevenais un simple touriste parmi tant d’autre. J’avais perdu toute mon Aura et je ne donnais surtout pas l’impression d’avoir passé 6 mois en Inde et ses environs.

Durant les 7 jours que j’ai passés à Manali, j’avais établi ma petite routine; grâce matinée jusqu’à 8h, petit déjeuner au resto de l’hôtel, je remontais ensuite m’enfermer dans ma chambre pour me mettre au travail; trier mes photos et écrire. Durant tout le reste de l’avant-midi, j’attendais avec impatience les coups de midi pour faire ma seule sorti en ville de la journée… pour aller me chercher une tonne de croisants au chocolat et au fromage tout frais sorti du four à la patisserie tout près. Je me remettais ensuite à la tâche jusqu’à 19-20h en grignotant mon butin petit peu par petit peu… après tout, j’étais en mode « on regagne de la masse au plus cr!ss ». C’était ensuite l’heure du souper à l’excellent resto de l’hôtel encore une fois… bien que la cuisine est hyper minuscule, le menu comprend des plats de partout dans le monde et contrairement à la majorité des endroits en Inde, les plats occidentaux étaient tout aussi bon que ceux indiens.

Bien que mon hôtel était rempli à pleine capacité tous les soirs, j’étais un véritable ermite et en aucun temps je n’ai essayé de socialiser. Dans quelques jours je décampe de l’Inde et je mets tous mes efforts pour finir mes épisodes relatant mes aventures du dernier mois. De plus, je dois être le seul touriste dans l’hôtel à ne pas parler hébreu… pas que je n’aime pas les juifs, au contraire… mais bon…

LES Z’INDES

Vous avez peut-être remarqué le titre de mon épisode; Stockholm Syndrom…

Non je ne fais pas référence à l’excellente pièce du tout aussi excellent groupe de musique britannique Muse.

Non… Mon titre fait plutôt référence au véritable syndrome de Stockholm.

De kessé?!?

Pour faire une histoire brève, dans les années 70, une fille a été kidnappée à Stockholm. En échange de sa libération, les ravisseurs demandaient alors une rançon très importante à son père milliardaire. Après un certain temps en captivité, la jeune fille a fini par « épouser » la cause de ses ravisseurs. Eh bien depuis ce temps, on désigne une personne qui « épouse » la cause de ses ravisseurs « Stockholm Syndrom ».

Pourquoi je vous parle de cette histoire, eh bien l’Inde a été très longtemps une sorte de bourreau pour moi et je m’apprête à écrire quelque chose qui aurait été complètement inconcevable il y a quelques mois; l’Inde va me manquer… Peut-être pas demain, ni dans 2 semaines, pas plus dans 2 mois, mais ce pays va finir par me manquer… mais shut, ne lui dite pas…

Bien sur, les premiers pas y sont TRÈS difficile, une fois adapté… pour ceux qui réussiront… vous allez ouvrir les yeux sur quelques chose d’unique.

Que ce soit à pied, à dos de cheval et de chameau, à vélo, en tuk tuk, en voiture, en taxi, en jeep, en autobus, debout dans la boite d’un camion, à la nage, en kayak, en ferry, en train, en avion… j’ai parcouru l’Inde de long en large et de haut en bas lors de 6 derniers moi (entrecoupé d’un séjour de 2,5 mois au Sri Lanka et au Népal). Pourtant, je n’ai fait que voir la pointe de l’iceberg…

Vous ne croyez plus, ou n’avez jamais cru, aux histoires des « Milles et Une nuits » et bien sachez qu’il y a un pays sur Terre où tous ces racontars sont plus vrais que vrai. Un pays ou réalité, nouvelles technologies et modernité doivent faire ménage avec fiction, religionS et légendeS ne font qu’un dans le coeur et le quotidien de ses habitants.

Quel est ce pays mystérieux… je vous le donne en mille; les Z’Indes.

Aussi grand que l’Europe ou le Québec en superficie, il est impossible de décrire l’Inde en une seule affirmation sinon la suivante; l’Inde est un pays aux multiples facettes et tout en contraste.

En fait, les Z’Indes sont en fait un regroupement de plusieurs pays;

– Le Nord-Est de l’Inde (Sikkim, Assam et Darjeeling); dans ce pays, très similaire au Népal, règne la simplicité et la nature,
– Le Sud de l’Inde (au Sud de Mumbai); zone essentiellement rurale, tout tourne autour des plantations de thé, de la pêche et des plages. C’est aussi là qu’on peut trouver la meilleure nourriture…
– Centre (autour de Delhi et le Rajastan); cet endroit pourrait être représenté comme l’enfer sur Terre… C’est l’Inde surpeuplé et TRÈS pauvre. Là-bas, tout est chaos et il faut avoir l’esprit bien attaché pour ne pas être emporté. Malgré tout, il y a des endroits magnifiques qui valent le détour (Taj Mahal, Pushkar, Jaisalmer, Jodhpur, Udaipur, etc.)
– Le Nord-Ouest de l’Inde; peut-être le parados sur Terre… pour les amateurs de plein air; désert, hautes montagnes, vues à couper le souffle, tout y est,

Il y a aussi quelques microcosmes;
– Varanasi – Endroit UNIQUE sur Terre et impossible à cataloguer dans une section autre que celle intitulé « Varanasi »…
– Mumbai et Kolkata; mégapoles tout en contraste, alliant modernité et pauvreté cote à cote.

En effet, l’Inde d’aujourd’hui un pays très susperticieux, qui accorde une place très importante aux contes et légendes. À première vue, cela peut sembler très farfelu vue les avancés technologiques et les connaissances que nous possédons de nos jours. Les indiens sont comme des enfants à l’échelle mondiale; ils sont naif et très impressionnables.

L’Inde est un pays qui possède absolument TOUT, que ce soit au niveau des ressources (forêts, eau, etc.), des montagnes parmis les plus belles et hautes du monde, des déserts, des plaines cultivables, des plages magnifiques et surtout… un patrimoine culturel énorme (que ce soit par les anciennes civilisations où les britanniques à l’époque de la colonie). Qu’est-ce qu’ils en font?

Depuis leur indépendance, ils sont en train de tout dilapider. Je ne suis pas en mesure de nommer une seule chose que j’ai vu qui a été fait par les indiens. Il y a en fait 1 chose que je pourrais nommer; la construction de Chandigarh, mais ce fut dirigé par des étrangers. Tout est à l’abandon et ils ont l’écart entre les riches et les pauvres est probablement la plus importante au monde. Les riches sont plus riches et vivent mieux que ceux en occident et les pauvres sont les plus pauvres de la planète. Et ce n’est pas demain la veille que ca risque de changer puisque tout cela est justifié par la religion et son système de caste complètement stupide.

Je me demande si la mondialisation, les nouvelles technologies et la société de consommation dans laquelle nous visons n’ont pas fait en sorte qu’ils ont manqué une coupe de marches dans l’escalier de l’évolution. Avant toute chose, je tiens à dire que je ne me considère aucunement supérieur à eux en écrivant cela… c’est simplement mon constat après avoir fait le tour.

C’est simplement que l’Europe, l’Amérique du Nord et quelques autres pays étaient à l’avant garde lors du siècle passé. Pendant ce temps la, des pays comme l’Inde se développaient beaucoup moins rapidement. Avant l’arrivé de la télévision et plus spécialement de l’internet et de la téléphonie sans fil, cette différence n’était pas vraiment un problème puisque les indiens vivaient dans leur petit monde et évoluaient à leur rythme. Avec l’arrivé de ces technologies, les frontières sont devenus obsolètes et du jour au lendemain, des pays qui étaient beaucoup moins avancé se retrouvait avec toutes nos technologies sans trop savoir quoi en faire.

Pour vous imager mon point, je prendrais en comparaison le jeu Civilization (désolé pour ceux qui ne savent pas de quoi je parle). C’est comme si l’Inde avait acheté d’une autre civilisation les technologies « Internet »et « Téléphonie sans fil » sans avoir au préalable découvert la « roue » et « l’écriture » (j’exagère, mais c’est pour imager mon point). Bien sur, il y a une élite qui vie comme nous les occidentaux, mais la grande majorité vivent encore au moyen-âge…avec des ordinateurs et des téléphones intelligents. Encore une fois, ce paragraphe n’est qu’un essai de ma part pour essayer de comprendre cette question qui me chicote depuis mon arrivé ici. Vous pouvez être donc être complètement en désaccord avec moi.

Après avoir passé quelques mois en Inde, au Népal et au Sri Lanka, je suis en mesure de faire ma petite analyse personnelle de ces 3 pays qui partagent plus que des frontières communes, mais bien une histoire et des racines similaires. Quand on commence à jouer au jeu des comparaison, le constat est affreux pour l’Inde. Autant niveau de la qualité de vie de ses habitants que de tout autre champ, l’Inde est loin derrière ses 2 voisins. Alors que le Sri Lanka sont déjà bien en avance et semblent avoir des plans bien défini pour développer leur pays dans un avenir à plus ou long terme, je ne vois pas comment l ‘Inde va pouvoir faire pour se sortir du marasme dans laquelle elle se trouve. Oui, du point de vue purement industriel et monétaire, l’Inde s’en sort très bien au niveau mondial, mais mon analyse concerne le point de vue humain uniquement. Ces avancés au niveau mondial se font au détriment d’une très grande portion de la population qui est laissé en plan, livré à son propre sort, c’est à dire la désorganisation et bien souvent la famine.

Il n’y a rien pour eux, aucun avenir (j’espere vraiment me tromper). Je vois difficilement un enfant issue de la rue se sortir du cycle infernal de la pauvreté. Pendant ce temps, les riches indiens vivent tels les occidentaux avec la meilleure education, etc.

C’est bien sombre pour un pays qui se targue d’être la plus grande démocratie du monde (en terme de nombre d’habitants).

Mais bon…

C’EST REPARTI…

C’est maintenant l’heure de redémarrer mon voyage…

Après plus de 1 mois à voyager avec le strict minimum dans mon petit sac bleu, me revoici avec mon gros sac de 70livres hyper lourd sur les épaules…

Je quitte l’Inde le coeur TRÈS léger avec un incroyable sentiment du devoir accompli. Il y a bien sur beaucoup d’endroits que j’aurais aimé visiter (Amritsar, Dharamsala, Srinigar, le Sikkim, la vallée de Lahaul et Spiti, etc.), mais pour être franc, je n’en peu plus de ce pays tout croche. J’ai besoin de changer d’air et découvrir de nouveaux horizons.

Direction Kota Kinabalu… vous n’avez jamais entendu parler de cette ville, eh bien je suis dans la même position que vous… plus importante ville de la partie Malaisie de l’ile de Borneo. J’y rejoint mon compagnon de toujours Roark… après avoir pris des chemins différents il y a un peu moins de 2 mois, nous refaisons équipe pour une 3ème fois…

L’idée est donc de passer quelques semaines à Borneo/Malaisie, pour ensuite prendre un ferry jusqu’au Philipines et nous y amuser un peu. Par la suite, ce sera direction Singapour, qui se situe à l’extrémité Sud du continent Sud-Asiatique, afin d’entreprendre une remonté jusqu’à Hanoi – Vietnam, dernier arrêt supposé de mon voyage, en passant par la Malaisie, la Thailande, un détour au Myanmar, le Laos, le Cambodge et finalement le Vietnam. Tout cela devrait me prendre un 5-6mois…

Je vous donne donc rendez-vous dans un prochain épisode près de chez vous, afin de vous faire découvrir une nouvelle partie de l’Asie…

10-4 Inde T E R M I N É…

Nananana nananana hey hey hey GOODBYE

P.S. – L’Inde va essentiellement me manquer pour sa cuisine. Je tiens donc à rendre hommage à mes meilleurs repas;
– Déjeuner au restaurant Sonam de Darjeeling
– Thali à mon hotel de Varanasi (Sani River View Guesthouse) et au restaurant de Shimla
– Poisson frais acheté sur la grève à Kochi
– Masala Dosa du restaurant Anang de Kolkata
– Palak Paneer à Leh

P.S. II – Voici un petit test afin de savoir si vous êtes prêt pour l’Inde;
– vous aimez être entouré d’étranger, qui ne parle pas votre langue,
– vous aimez avoir toute l’attention, être dévisagé continuellement,
– vous êtes près à être confronté au quotidien au chaos et la pollution,
– vous êtes insensible à la pauvreté… autrement, vous allez vite le devenir,
– vous aimez prendre des photos avec des inconnus et répondre à la question « tu viens de où toué »,
– pour vous, le cri strident d’une femme peut être interprété comme étant de la musique,
– la nuit, vous aimez entendre des chiens japper,
– vous recherchez un délice culinaire,
– vous êtes végétarien… ou allez vite le devenir,
Et bien plus encore.

Bref, vous voulez vous retrouver dans l’endroit le plus déstabilisant au monde…

Épisode 23 – Zanskar Vallée; sortir des sentiers battus

Du 8 au 28 aout 2013

Voici le récit de mon épopée dans la vallée de Zanskar, l’un des endroits les plus reculé de l’Inde, et par le fait même de la planète. Pendant 3 semaines, j’ai parcouru à la marche cet endroit surprenant de Lamayuru à Darcha en passant par Padum.

Tandis que la majorité des randonneurs font ce trek avec un guide, des porteurs et dans un luxe quasi indécent, une carte, mon instinct et mes pieds me servaient de Guide, tandis que mon dos agissait comme porteur.

ATTENTION
Ces 3 semaines ont été parmi les plus difficiles de ma vie, tellement que par quelque fois, j’ai même cru que mon heure était venue. Sur le moment même, j’ai écrit beaucoup de choses très crus et sombres qui peuvent s’apparenter à une sorte de délire. J’ai pris la décision de conserver ces sections afin de vous faire partager au mieux l’expérience que j’ai vécue.

Aussi, la qualité des photos est affreuses puisque j’ai éprouvé un problème avec ma caméra dès le départ… toutes les photos ont donc été pris avec mon IPhone. Cela ne rend donc pas justice à la vallée de Zanskar. Comble de malheur, je savais pertinemment que je n’avais plus beaucoup d’espace sur ma seconde et très petite carte mémoire d’appareil photo (ma grosse étant pleine de mon trip de vélo), j’ai donc réservé l’espace aux meilleurs endroits du trek, qui ont sans aucun doute été les jours 4, 5 et 6… mais j’ai perdu cette carte une fois rendu à Karsha (jour 10). Un merci tout spécial à Clémentine (je sais pas ton nom de famille) pour avoir partagé avec moi quelques bonnes photos des jours 17-18 et 19.

TABLE DES MATIÈRES

– LA VALLÉE DE ZANSKAR

– Jour J – DIRECTION LAMAYURU

PREMIÈRE MOITIÉ (Jour 1 à 10)

– Jour 1 – RIEN NE SERT DE COURIR, IL FAUT PARTIR À POINT…

– Jour 2 – LA VALLÉE ARC-EN-CIEL

– Jour 3 – DE SI JOLIE CHEVAUX

– Jour 4 – LE JOUR DE LA MARMOTTE

– Jour 5 – A WILD NIGHT INTO THE WILD

– Jour 6 – LE FOND DU BARIL

– Jour 7 – QUAND DAME NATURE S’EN MÈLE

– Jour 8 – REBORN

– Jour 9 – VOYAGE DANS LE TEMPS

– Jour 10 – SUR LA ROUTE

– Jour 11 – STOP

– Jour 12 – PADUM TERRE PROMISE

DEUXIÈME MOITIÉ

– Jour 13 – PAS D’EXCUSE

– Jour 14 – PURNE COUTE QUE COUTE

– Jour 15 – PREMIER CONTACT

– Jour 16 – CATCH ME IF YOU CAN

– Jour 17 – QUAND LES TORRENTS SE DÉCHAINENT

– Jour 18 – LE VENT DU NORD

– Jour 19 – À DOS DE… CAMION

– MINUIT MOINS UNE POUR MANALI

– FIN DU CHEMIN DE CROIX

– EXPÉRIENCE CULINAIRE ZANSKARIENNE

LA VALLÉE DE ZANSKAR

Ancien royaume prospère du Nord-Ouest Indien, Zanskar est aujourd’hui la plus isolée des vallées Himalayennes. Jusqu’au début des années 80, il n’y avait aucune route reliant la vallée au reste du Ladack. Complètement entourée de hautes montagnes, les fortes accumulations de neige bloquent les cols (passages), de sorte que tous les accès routiers et les sentiers pédestres sont impraticables… il est donc impossible d’y entrer ou d’en sortir plus de 8 mois par année.

Zanskar compte aujourd’hui un peu plus de 14000 habitants répartis dans une vallée formant un Y; la branche Ouest (Padum à Kargil), la branche Nord (Padum à Lamayuru) et la branche Sud (Padum à Darcha). Les 3 vallées se rejoindre en un centre où se situe Padum. Avec ses quelques 1400 habitants, Padum est la capitale et le centre commercial de cette région faisant partie du Ladack. L’ensemble de la population de la vallée est bouddhiste, exception faite de 40% des habitants de capitale qui sont musulmans.

Anecdote pas très drôle, même si les 2 religions cohabitent quand même bien, il est strictement interdit à un homme/femme musulman et un homme/femme bouddhiste de se fréquenter. Il y a quelques semaines, il y a eu un bran le bas de combat au village entre musulman et bouddhiste quand un musulman s’est enfuit de la région avec une bouddhiste pour aller vivre leur amour loin de toute cette tension. S’en est suivit un véritable bain de sang entre les 2 familles.

La situation géographique unique de la vallée, qui les isolent plus de la moitié de l’année, a fait en sorte que les habitants du Zanskar ont développé une identité très forte qui n’a rien à voir avec les autres habitants du Ladack; c’est un peuple bien distinct. De plus, ils ont démontrés beaucoup de ténacité et vivent en parfaite harmonie avec la nature, ce qui leur permet de survivre dans un endroit extrêmement hostile.

Pour les aventuriers, à noter qu’il est possible de faire un trek dans le Zanskar en plein hiver au mois de février. Le trek emprunte la seule route possible… soit directement sur la rivière Zanskar… alors gelée. Pour plus d’informations, cherchez « Chadar Trek ».

Jour J – DIRECTION LAMAYURU

C’est très nerveux que j’entreprends ma 3ème aventure un peu folle depuis le début de mon voyage. Après un trek de 1 mois au Népal et un trip de vélo d’une dizaine de jour entre Manali et Leh, je trouve encore le moyen de hausser le niveau de difficulté avec ce trek de 3 semaines en solitaire et en autonomie semi-complète; j’apporte avec moi tente, mon sac de couchage et une certaine quantité de nourriture.

Ma dernière journée à Leh avant le départ a été looooongue. Je me suis levé comme à l’habitude avant 7h et j’ai tué le temps jusqu’au moment d’aller prendre mon bus à 1h30.

Bien que j’avais pris la peine de me déplacer en personne à la station d’autobus (marche de 40min allé) hier afin de m’enquérir sur quel bus prendre, l’heure, etc., les informations qu’on m’a données étaient incomplètes et erronées. D’une part, le bus ne partait pas à 1h30, mais bien à 2h30… j’ai donc poiroté comme un con plus de 2h… d’une autre, il fallait faire une réservation et le gars au comptoir ne m’a jamais mentionné cette info. Sans réservation, les seules places disponibles pour un touriste stupide comme moi étaient à l’avant sur le moteur à coté du conducteur. Ça commençait bien mon nouveau périple.

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J’étais donc dans la cabine du bus à somnoler quand j’ai vu une touriste sortir d’un taxi avec une tonne de bagages. Elle se dirigeait vers mon bus avec le chauffeur de taxi qui peinait sous le poids. Je me suis alors dit « yen as-tu des gens qui ne savent pas voyager », puis je me suis refermé les yeux.

Quelques minutes plus tard, j’entendais un « excuse me »… c’était la même fille qui me demandait pour s’assoir dans la même cabine…

Elle – « Hi… where are you from? (salut… de où tu viens?) »

Moi – « Canada… (d’un air désintéressé) »

Elle – « Me too… I’m from Quebec and you? (moi aussi… je suis du Québec et toi?) »

Moi – (je m’éveille tout d’un coup) « ahhh ouais… moi aussi »

Quelle ne fut pas ma surprise de voir arriver une québécoise (Catherine – 23ans – beauceronne et étudiante en enseignement) et son chum Thibault (français – ayant étudié au Québec, plus précisément à Chicoutimi). Elle était arrivé avec une tonne de bagage puisqu’ils reviennent d’avoir travaillé 6 mois en Nouvelle-Zélande et voyagé 2 mois au Ladack.

J’ai donc passé le reste de la journée à parler québécois pour la 1ère fois depuis mon séjour à Mumbai avec mes amis Franko et Pascale. J’ai souvent parlé français avec des français de France, mais québécois sans m’efforcer pour bien parler afin de me faire comprendre… Wow…

S’en est suivit un trajet de 4h jusqu’à Lamayuru, lieu de départ du trek.

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18h00 – Moi et mes nouveaux copains avions désormais quitté notre luxueuse cabine d’autobus…

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Une fois l’hébergement trouvé, nous avons profité des derniers rayons du soleil pour visiter un peu le village et nous rendre à la Gompa tout en haut. Lamayuru possède un beau petit monastère comprenant plusieurs bâtiments éparpillés sur une colline.

Au moment de l’année où nous y sommes allé, il n’y a qu’un seul moine au monastère (en temps normal ils sont plusieurs). La rumeur veut que les moines aient tirés à la courte paille et celui qui a perdu devait rester au monastère durant la saison touristique (l’un des monastères les plus connus du Ladack) avec la tonne de touristes qui se pointent et qui veulent prendre des photos. Bon, c’est moi qui ai parti la rumeur, mais c’est une rumeur quand même…

Nous sommes alors tombé sur une gang de morveux… euh… littles bouddhas… ou si vous voulez de jeunes moines bouddhistes en herbe.

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Pas moyen de les empêcher de bouger et de se chamailler 2 secondes. Puis, Catherine a sorti sa tablette numérique pour prendre des photos et ils ont alors concentré leur regard dessus, ne sachant probablement pas qu’est-ce que c’était…

Jour 1 – RIEN NE SERT DE COURIR, IL FAUT PARTIR À POINT…

Info;
– Lamayuru (3510m)
– PringLa Pass (3730m)
– Shila
– Wanla (3160m)

Nombre de kilomètres; 6km

Description;
Bon… allez, je me lance…

Réveil pénard à 6h pour ensuite aller à l’ouverture du monastère entendre les chants avec Catherine et Thibault.

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Quand le plus vieux des moines entonnait ses mantras, on aurait dit le bruit d’un Digeridou… instrument de musique des aborigènes en Australie. Le son de sa voix imitait le son de l’instrument à merveille… ce qui n’a pas manqué de me faire sourire.

8h30 – Après avoir fait mes adieux à Cath et Thibault (c’est fou comme on s’attache rapidement en voyage), qui prennent l’autobus pour Srinigar, je m’élance officiellement pour mon trek.

départ

Ce sera donc moi, ma barbe de pas propre, mon bandana rouge et mon sac à dos bleu pour un trek de 3 semaines au beau milieu du désert Himalayen.

Après avoir suivit la route et m’être engagé dans une espèce de tranché tout sauf accueillante, je traversait un ruisseau pour officiellement m’engager sur le sentier.

Tout de suite, la première épreuve pointait à l’horizon; franchir la PringLa Pass, pointant à 3730m, soit 500m plus haut que Lamayuru…

L’ascension, qui se fessait dans de petites crevasses assez étroites, s’est faite les doigts dans le… ahhh non, on m’informe que j’ai souffert durant cette ascension…

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9h45 – Le sommet était atteint et j’entamais la descente très abrupte à l’intérieur d’un ravin étroit qui menait directement à la rivière… et au village de Wanla.

Pas de vent, soleil de plomb, zéro végétation, aucun bruit… pas de doute, l’ennemi no.1 ne sera pas l’altitude ici, mais bien la chaleur.

10h40 – Je commence à apercevoir de la végétation sur les parois, puis j’aperçois au loin un drapeau, puis une maison en-dessous du drapeau. Nul doute, la gorge aride que je descend depuis plus d’une heure est terminée au petit village de Shila tout juste avant Wanla.

Je quitte alors le sentier sinueux pour me retrouver sur une route de terre.

11h30 – Après quelques kilomètres à marcher sur la route longeant la rivière. je pose finalement les pieds à Wanla. Village en construction… ou en destruction… Wanla est construit sur un flanc de montagne avec quoi comme cerise sur le Sunday?!? Un monastère sur le dessus de la montagne… Ouiiiiiiiii

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Ne pouvant empêcher le progrès, une route a été construite pour relier les villages de Shilla, Wanla et quelques autres sur mon chemin à la route Leh/Srinigar. C’est donc dire que si j’avais fait ce trip 2 ans plus tôt, tout ces petits villages n’auraient eu que des sentiers pédestres comme chemin principal.

Bien qu’il soit simplement midi, j’ai pris la décision de rester ici pour la nuit. Plusieurs raisons ont motivés ma décisions.

1er – Le poids de mon sac avec les nouveaux arrivants pèse lourd et mon dos n’a pas vraiment aimé ce matin. J’ai donc besoin de m’y habituer en douceur,
2ème – Je suis parti très tard ce matin (8h30) et bien que j’ai marché seulement 3h, la chaleur est accablante et ne pardonne pas,
3ème – Le village que j’avais en tête est à au moins à 4h (sinon plus de marche),
4ème – Mon genou droit n’a pas aussi bien récupéré de mon trip de vélo que je l’aurais cru,
5ème – Mon trek s’apparente plus à un marathon qu’à un sprint et je ne me suis pas beaucoup reposé (seulement 1 journée à Leh) entre le début de cette aventure et la fin de mon trip de vélo. Je ne veux pas me bruler dès le départ et trainer une fatigue/mal durant 3 semaines,
6ème – Dernier argument et non le moindre; IL N’Y A PAS LE FEU, J’AI TOUT MON TEMPS

Bref, pour toutes ces raisons, j’ai pris la décision de me reposer dans ce village pour le reste de la journée. Si vous n’êtes pas content, vous pouvez bien aller au Di@bl€… c’est ma vie après tout héhé.

En me promenant un peu et en demandant aux gens, j’ai trouvé une très belle homestay (rester chez les gens) dans le village; la maison du maitre de l’école d’ébénisterie. Pas besoin de vous dire que ma chambre est très somptueuse et ornée de magnifiques boiseries.

Je repousse donc à demain mon camping héhé…

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Après seulement quelques heures à arpenter le sentier, il m’apparait clair que contrairement à Annapurna (Népal), où même un aveugle aurait pu retrouver son chemin tellement c’était facile et les indications étaient claires, au Zanskar c’est tout le contraire; on ne prend pas le trekkeur par la main et une bonne carte est essentielle. En fait, je crois qu’il me sera très difficile de terminer ce trek sans m’être perdu au moins une fois. L’avenir nous le dira…

Autre constat, la communication sera très difficile avec les locaux. La très grande majorité d’entre-eux ne parlent/comprennent pas l’anglais et les autres baragouinnent quelques mots par-ci par-là.

Jour 2 – LA VALLÉE ARC-EN-CIEL

Info;
– Wanla (3160m)
– Phanjila (3270m)
– Hanupatta (3760m)

Nombre de kilomètres; 17km
Total; 22km

Description;
Chassez le naturel, il revient au galop…

Après une journée assez pénard passée principalement dans une superbe chambre de Wanli, le réveil a sonne à 4h30 du matin, me ramenant brutalement sur Terre.

Hier, je me suis offert de petite vacance, mais aujourd’hui il est temps de se mettre à l’ouvrage le plus tôt possible afin de me trouver un abri et éviter la chaleur accablante de l’après-midi.

La promenade d’aujourd’hui a principalement consisté à marcher durant plusieurs heures sur une route longeant un cours d’eau dans le fond d’une vallée.

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7h30 – J’atteint le beau petit village de Phanjila, qui se trouve à la croisé de 2 rivières. De là, on peu faire un autre trek jusqu’à Alchi/Chilling et connecter acec la Markha Valley.

Puis, un manchot n’aurait pas fait pire… j’ai échappé ma gourde par terre et il ne me restait presque plus d’eau pour la suite du chemin.

Plus j’avançais vers Hanupatta et plus la vallée devenait étroite. Les montagnes se sont ainsi rapprochés l’une de l’autre, on aurait dit qu’elles avaient été tranchées au couteau, et le torrent s’est déchainé plus bas dans la rivière. Ajoutez à cela le soleil qui, en frappant les montagnes, faisait apparaitre une multitude de couleurs; mauve, gris, orange, vert.

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Les 2 dernières heures ont été TRÈS pénible. C’est complètement agonisant (vous savez comme les zombies qui se trainent les pieds) que je suis finalement arrivé à Hanupatta à 11h20. Pour dire vrai, les yeux m’ont tournés une coupe de fois, mais j’ai réussi à me concentrer pour éviter de m’évanouir.

Je n’avais alors qu’une idée en tête; trouver de l’eau… beaucoup d’eau.

1er bâtiment en entrant en ville; le magasin général (un garage de fond de cour avec 2 portes de grange, mais contenant de la nourriture… et de l’eau.

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J’ai ensuite demandé si il y avait un homestay en ville et on m’a répondu que pour 800rs ça pourrait s’arranger. Je n’ai pas dit 1 mot, je me suis levé et je suis parti.

Moins de 1h de marche plus loin, j’ai trouvé un camping… avec une tente restaurant très très très rustique… où il était possible de souper et d’y établir mon campement pour la nuit.

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L’endroit est tenu par un ancien guide dans la Zanskar valley originaire de Lamayuru. Il passe ses étés ici avec ses 5 garçons. Vous aimeriez passé 3-4mois au milieu de nul part à coucher dans une tente plus petite que mon cul avec votre père et vos 4 autres frères?!?

J’ai tout d’abord repris mes esprits… un peu… et j’ai ensuite entrepris de monter ma tente… vous savez, celle que j’ai acheté il y a 4 jours et qu’en gars hyper intelligent, j’ai jugé bon de ne pas essayer de la monter avant de partir.

Disons simplement que d’être à bout de force et manquer s’évanouir à toutes les 2 minutes n’est pas le meilleur moment pour comprendre comment ça marche. Résultat; ça m’a pris 1h30 pour la monter.

Pour ce qui est du camping, le site est à un endroit très avantageux dans la vallée, étant perché dans les hauteurs, offrant à la fois une vue sur Hanupatta en contrebas, sur les montagnes tout autour et étant en bord de falaise avec la rivière en contrebas. J’aurais donc le bruit du torrent pour me tenir compagnie…

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Vers 17h, tout le beau monde est finalement parti, me laissant tout fin seul avec ma petite tente à 4000m d’altitude. Le village de Hanupatta étant à quelques kilomètres, cela veut dire que pour la première fois, je serais la seule âme qui vive à des kilomètres à la ronde. La sensation de liberté est difficile à égaler; seul entouré de gigantesques et magnifiques montagnes. Quand on y pense, c’est quand même ironique puisque l’Inde est l’un des pays les plus peuplés de la Terre. Je dois me pincer pour véritablement y croire…

Entretemps, on aurait dit que le paysage s’était mit sur pause, seul le son de la rivière en contrebas trahissait un quelconque mouvement; la pluie avait cessée, le vent aussi, mais le froid, cet ennemi invisible, s’installait tranquillement dans tous les pores de ma peau.

Je suis donc resté dehors à contempler le jour qui s’en allait peu à peu, laissant tranquillement toute la place aux étoiles. Une journée pénible qui se termine de manière très douce.

Puis, je me suis finalement résigné à rentrer me coucher. J’étreins pour la première fois ce qui sera ma maison pour les prochaines semaines; une petite tente très solide et un sleeping très chaud… disposé directement sur le plancher des vaches (intentionnellement, je n’ai pas acheté de matelas de sol)… avec un sac de compression remplis de trucs en guise d’oreiller.

Ayez une pensée pour moi quand vous soulèverez votre couverte en allant au lit ce soir… et pensez-y à 2 fois la prochaine fois que vous me direz « tu es dont ben chanceux de voyager ». En voyage, il faut bien souvent faire des sacrifices…

Jour 3 – DE SI JOLIE CHEVAUX

Info;
– Hanupatta (3760m)
– SisirLa Pass (4805m)
– Photoksar (4120m)

Nombre de kilomètres; 15km
Total; 37km

Description;
6h du matin; bouge tes fesses le grand, il est temps de défaire le campement et de se mettre en route… sous un couvert nuageux qui n’annonce rien de bon.

Comme première nuit dans ma tente, on aurait difficilement pu trouver un meilleur test; il a fait un froid d’enfer, il ventait comme le criss et ce dernier n’a pas cessé de brasser mon abri de tout bord, tout coté. Résultat; mon amanchure a tenu le coup et mon sleeping m’a tenu bien au chaud. Par contre, chaque partie de mon corps est en état de choc après cette première nuit passé à dormir directement sur le sol.

Aujourd’hui, le chemin m’amène à franchir la SirSirLa Pass, qui pointe à plus de 4800m. Selon toute logique, je devrais ensuite m’arrêter un peu plus loin près du village de Photoksar.

Bonne nouvelle, mon corps et mon esprit sont sur le même diapason pour une 1ère fois depuis le départ. C’est peut-être en raison de mon matelas… inexistant… qu’ils se sont dit « hey les gars, si on coopère, il va pouvoir aller plus vite et on aura moins de nuit à passer comme ça ».

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11h10 – Non sans peine, j’atteint le sommet de la SisirLa Pass quelques 1000m plus haut que mon point de départ ce matin.

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Durant l’ascension, j’ai dépassé un groupe organisé d’environ 10 allemands d’âge mur qui me regardaient comme si j’étais un extraterrestre.

Ma journée de travail se résume donc maintenant à descendre jusqu’au village de Photoksar quelques 2h plus bas.

C’était cependant plus facile à dire qu’à faire puisque pour descendre la SirSirLa Pass, il a fallu que j’emprunte une section de sentier des plus dangereuse, comprenant des zigzag très serrés, tout en étant très inclinée. Une perte d’équilibre se serait résultée en une chute d’une bonne centaine de mètres… mais j’aurais probablement survécu.

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Tout de suite après que je me sois élancé dans cette section, un groupe de chevaux a fait de même. Sur le coup, je me suis dit « tiens c’est amusant, des chevaux qui descendent la montagne ». J’ai cependant déchanté très vite quand j’ai commencé à avoir des roches par la tête.

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La nouvelle vallée dans laquelle je viens de basculer est beaucoup plus belle que la précédente; il y a de la végétation en contrebas, mais pour le reste, c’est complètement désertique. C’est dur à expliquer, mais les couleurs et les formes sont très attrayantes pour l’oeil.

Tout en suivant le sentier qui me menait au fin fond de la vallée, à un endroit où il m’était impossible d’apercevoir jusqu’à la dernière minute, il n’y avait aucun son… même pas le bruit habituel du vent, ni de la rivière… RIEN. C’était quelque chose d’assez troublant. Je me surprenais à penser que si Guillaume Fafard avait été à plusieurs kilomètres de moi, je l’aurais clairement entendu.

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Les caravanes de chevaux/ânes sont nombreuses sur la route aujourd’hui et il y a beaucoup de bergers avec leur troupeau le long de la route. Même si il y a la route à proximité, je n’ai pas vu de voiture depuis mon départ de Wanla. Je peux me tromper, mais j’ai l’impression que tout se fait encore par convoi.

Puis, Photoksar s’est finalement pointé à l’horizon. Un peu à l’écart du sentier principal, qui passe sur l’autre rive, le village vaut le détour. Bien installé sur le bord d’une falaise très abrupte (quand je dis bord c’est BORD), qui ne demande qu’un petit tremblement de terre pour faire table rase, et adossé à une très haute montagne, qui ne demande qu’un signe pour lancer quelques pierres, le village est très impressionnant. Ayant été relié au reste de l’Inde par une route carrossable il y a moins de 1 an, le village n’a encore rien perdu de son authenticité et s’y promener équivaut à un voyage au Moyen-Age. Ne cherchez pas de magasin général ou même un endroit ayant de l’électricité… c’est peine perdu. Par contre, ayez à porté de main votre appareil photo, affichez votre plus beau sourire, faites un signe de la main et dites « Juley » lorsque vous croisez l’un des habitants. Avis aux intéressés, j’ai tout de même distingué 2 homestays.

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12h40 – Mon campement pour la nuit un peu en marge du village dans un espèce de camping broche à foin, comportant une teahouse tout ce qu’il y a de plus basic (un cabanon en pierre dans lequel il y a une « cuisine »). Fait intéressant, il y a un pâturage à 2 pas de ma tente et des centaines de chevaux y ont élus domiciles… c’est assurément le genre d’endroit que ma soeur détesterait héhé.

J’ai monté ma tente en moins de 10min… mon nouveau record… pas de niaisage… pour ensuite aller me promener dans le village…

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Autant hier soir j’étais tout fin seul dans mon petit monde, autant ce soir je me sens seul… mais pour une raison différente. Je suis le seul blanc avec une vingtaine de locaux dans le campement. Au moment même où j’écris ces mots, 2 d’entre-eux ne quittent pas des yeux mon crayon et le papier tout chiffonné sur lequel j’écris. Ils n’arrêtent pas de crier aux autres « english » en faisant des signes de la main vers mes hiéroglyphes.

Ouin… bon… ceux qui me connaissent un peu savent à quel point je peux écrire en pattes de mouches (je ne comprend toujours pas comment j’ai fait pour passer le cours de « convention graphique » en 1ère année d’architecture… où on était sensé apprendre à écrire comme de vrais architectes…). Ils leur est donc IMPOSSIBLE de distinguer quoique ce soit.

De toute façon, mes nouveaux « amis », en plus d’être très crasseux (je suis mal placé pour parler) et habillés avec les moyens du bord (il y en a un qui porte des lunettes de ski), ne parlent/comprennent aucun mot d’anglais. D’un autre coté, je suis en minorité et ce serait plutôt à moi de faire un effort pour parler leur langue…. mais je ne comprend absolument rien de ce qu’ils peuvent se raconter. En fait, les seuls langages universels sont la monnaie et les signes. Quand je dis « how much? (combien?) » en pointant quelque chose, ils comprennent très bien. Pour le reste, je me contente de sourire, de faire ma petite affaire et d’amuser les enfants.

Ce problème (qui n’en est pas vraiment un) de communication me fait réaliser à quel point je peux être loin de mon bon vieux petit Québec présentement. J’essai de penser à un film pour vous faire imaginer l’environnement où je suis présentement, mais le seul exemple qui me vient en tête… et c’est un très mauvais exemple… c’est le film « Ironman I », lorsque Tony Stark est retenu prisonnier dans une caverne dans le désert au début du film. Oubliez la caverne… et les armes, mais l’endroit et le peuple (pacifique) sont identiques.

Jour 4 – LE JOUR DE LA MARMOTTE

Info;
– Photoksar (4120m)
– BurmitseLa Pass (4400m)
– SenngeLa Base Camp (4480m)

Nombre de kilomètres; 20km
Total; 57km

Description;
Autant dormir devrait logiquement représenter l’étape relaxante de ma journée, autant ce n’est qu’un autre défi douloureux auquel je dois faire face. Ma décision de ne pas apporter de matelas de sol fait en sorte que peu importe la position que j’adopte, une partie de mon corps souffre en raison d’un caillou mal placé, etc. Malgré tout, cette tente représente un véritable cocon pour moi. Peu importe où je l’installe, j’ai l’impression que plus rien ne peut m’arriver une fois à l’intérieur. C’est mon havre de paix, mon « vaisseau spécial ».

Parfois, que dire, plusieurs fois par jour, je me demande qu’est-ce qui a bien pu me passer par la tête pour entreprendre ce trip complètement fou. Je me dis que je serais tellement mieux en Thaïlande, en Indonésie ou sur une quelconque plage perdue de l’Asie. Mon seul problème serait alors de savoir si je vais prendre un Mijoto ou un Rum’n Coke. Après toutes les choses folles que j’ai faites depuis 2 mois, mon corps commence à demander un peu de repos. Mais bon, je me réveille, je sors de ma tente et j’ai la raison pourquoi je suis ici; de magnifiques paysages. Rien ne peut venir troubler ces moments… Ahhh si… un manque de batterie dans ma caméra.

6h40 – C’est un départ. Dès les premiers instants, j’éprouve de la difficulté à trouver le sentier. Heureusement, j’avais prévu le coup hier en observant durant plusieurs minutes le groupe d’allemands avec leur guide négocier cette portion.

Dès le départ, je fais face à mon premier défi; l’ascension de la BurmikseLa Pass, 300m plus haut que Photoksar et lui faisant directement face. Durant l’ascendion, 3 choses pouvaient être aperçus. D’une part, il y a des marmottes, d’un orange Halloween et noir, PARTOUT. La majorité du temps, tout ce que je voyais d’eux c’était un gros derrière et 2 pattes qui prenaient la poudre d’escampette. Sinon, en se tournant vers la gauche, on aperçoit le formidable village de Photoksar avec ses maisons toutes cordées sur le bord de la falaise comme si c’était la plage. Finalement, en se tournant complètement pointe le mur désertique qu’est la SisirLa Pass, le sommet que j’ai arpenté hier.

En moins de 2h, j’avais atteint le sommet de cette passe. L’instant de dire Au Revoir à Photoksar et Sisir, je basculais dans une nouvelle vallée toute verte où rien ne pousse plus haut que de vulgaires touffes d’herbe, complètement exempte de traces humaines (exception faite du sentier) et emprisonnée de tout bord tout coté par les montagnes.

À partir de là, 2 moyens s’offraient à moi pour en sortir; faire demi-tour et redescendre vers Photoksar, ou me diriger droit devant à l’endroit le plus éloigné de moi, vers une montagne ressemblant à une grosse tache noir. C’est en effet au milieu de cette tache noire que se trouvait la SenngeLa Pass, pointant à plus de 5000m, selon ma carte.

J’étais cependant encore loin du compte puisqu’il me fallait tout d’abord traverser une vallée extrêmement vallonnée et qui semblait se prolonger jusqu’à l’infini.

Allez… lève-toi de la roche sur laquelle tu es en train d’écrire… il faut se mettre en route si on veut arriver un jour.

Tout au long de la promenade dans la plaine parsemée de roches orange et noire… et de marmottes de la même couleur (peut-être un camouflage héhé), se trouve une chaine de montagne continu, abrupte… bref infranchissable… d’une couleur rouge/orangé sur ma gauche et des montagnes toutes vertes, mignonnes et où broutent plusieurs animaux sauvages sur ma droite. Ajoutez un ciel bleu tacheté de quelques moutons blancs et on aurait pu dire que je fessais parti d’une espèce de peinture à numéro sur laquelle l’auteur aurait décidé d’utiliser une panoplie de couleurs qui tranchent l’une part rapport à l’autre.

Encore merci à l’effet de profondeur trompeur dans cet espace démesuré où il est difficile de trouver un repère afin d’établir la grandeur et les distances à parcourir… je croyais bien franchir cette plaine en moins d’une heure, mais j’étais encore bien loin du compte après 3h de marche.

Puis, après avoir traversé un torrent avec mes bottes sous le regard médusé du groupe d’allemands, que j’avais redépassé quelques instants plus tôt, je me suis ensuite amusé à les regarder essayer par tous les moyens de ne pas se mouiller le petit orteil, pour finalement se rendre à l’évidence qu’il n’y avait qu’une option possible; l’assaut frontal sans dentelle… comme je l’avais fait. J’ai donc pris plaisir à assister à cette scène pendant plusieurs minutes en compagnie d’un des allemands qui, tout comme moi, avait vite compris comment faire.

Il m’a alors expliqué que son groupe comprenait une femme de 78ans et un homme de 77 et que mis à part un adolescent qui accompagnait son grand-père, il était le benjamin à 57ans. Je n’ai pas manqué de lui dire que je trouvais cela super, que je les admirais au plus haut point et que j’espérais être dans une aussi bonne forme qu’eux plus tard.

Bon, cessons le bavardage… s’en était maintenant fini des beaux petits vallons à monter/descendre, la montagne se pointait désormais directement devant moi.

Un peu avant que ça commence à véritablement se corser, moi et mon estomac, qui rêvait depuis un bon moment de casser la croute, sommes tombés sur une teahouse au milieu de nul part. Tout comme à Photoksar, je n’étais pas capable de communiquer avec les 4 habitants (un vieillard, 2 hommes et un enfant), mais le langage de la nourriture est universel comme celui de l’argent; tu n’as qu’à mettre tes mains près de ta bouche et le message est entendu.

Sur un coup de tête, j’ai alors décidé d’établir mon camp pour la nuit à proximité de la teahouse.

Alors que je montais ma tente, le vieillard s’est approché de moi et m’a tendu une pelle en me faisant un signe de demi-cercle autour de moi et en me pointant le ciel rempli de nuages peu commodes. Installé sur un terrain boueux, le message n’est pas rentré dans l’oreille d’un sourd. Tout de suite après avoir fini l’installation, j’ai entrepris de creuser une tranchée sur le pourtour. Après tout, il valait mieux creuser une tranchée pour rien que de se retrouver avec une tente pleine de boue.

Coup de bole, quelques temps après mon installation, un très violent orage s’est abattu sur l’ensemble de la vallée. J’avais donc pris la bonne décision de m’arrêter sinon j’aurais été trempé jusqu’aux os.

Environ 1h après avoir finalisé mon installation et avoir mangé une soupe typiquement zanskarienne (thukpa), d’horribles crampes d’estomac, suivit de problèmes majeurs de plomberie m’ont littéralement cloués au « lit » (donc sur le sol).

J’étais dans mon « vaisseau spécial » à gémir et me tordre de douleurs avec une douleur abdominale à la limite du supportable. J’avais l’impression qu’un Alien allait me sortir du ventre…

Malgré tout, je trouvais le moyen de rire devant l’ironie de la chose; depuis 6 mois que je parcourais l’Inde et ses environs à manger tout ce que je voulais sans jamais me soucier de mon estomac parce qu’il m’avait prouvé qu’il pouvait digérer n’importe quoi, j’étais à des milles de toute civilisation au beau milieu de nul part et c’était maintenant que ça m’arrivait.

Quelques heures, qui ont paru comme une éternité, ont finalement passé sans que ma situation ne s’améliore. Puis, j’ai entendu 2 personnes parler un langage familier… enfin… pas vraiment familier, voire aucunement, mais 2 individus qui parlaient en crachant ne pouvaient être autre chose que des israéliens (beaucoup de mots en hébreu demandent de faire un son s’apparentant à un crachat). Dans les circonstances, je ne pouvais pas demander mieux… j’allais pouvoir communiquer…

Jour 5 – A WILD NIGHT INTO THE WILD

Info;
– SenngeLa Base Camp (4480m)
– SenngeLa Pass (5060m)
– Stayang

Nombre de kilomètres; +/-13km
Total; 71km

Description;
À mon réveil ce matin, j’étais tout sauf en grande forme. Ayant vu la majeure parti de la nuit défiler devant mes yeux en étant tordu de douleur, je me sentais très faible, mais au moins le pire était passé (c’est ce que je pensais).

J’ai donc pris la décision insensée de poursuite mon chemin et franchir le monstre que représente la SenngeLa Pass (3ème plus hait col du trek). Encore plus insensé quand j’y repense, j’ai décidé de faire tout cela ajun (sans avoir déjeuner), préférant ne rien mettre dans mon estomac puisque je savais pertinemment que le tout allait ressortir assez vite. J’ai donc callé une tonne d’eau dans la rivière, regarni ma provision de biscuit en dévalisant (façon de parler… j’ai payé… vous me prenez pour qui) et en moins de temps qu’il faut pour lire « 20000 lieux sous les mers » (autre manière de dire que ça m’a prit une éternité) j’étais en route.

J’ai donc décidé de continuer, mais en prenant cela easy; je vais prendre le temps qu’il faut pour franchir la Passe et je vais gagner le spot de camping que j’avais originalement prévu pour hier tout juste après.

Pourquoi bouger? Parce que je n’avais aucune intention de passer la journée dans cet endroit perdu près d’une teahouse louche qui était probablement à l’origine de mes maux. J’aimais mieux l’idée de rouler les dés et peut-être gagner un meilleur endroit.

À peine commencé l’ascension que j’étais déjà à l’article de la mort; la motivation était au plus bas, sinon complètement absente, j’avais faim… mais le gout de vomir simplement à l’idée de manger, mes jambes ne voulaient pas avancer, mon dos ne pouvait pas supporter une seule seconde la charge qui semblait aujourd’hui si atroce. Bref, j’étais Top Shape et dans les conditions idéales pour m’attaquer à la 3ème difficulté du parcours…

Durant cette ascension, je ne pouvais m’empêcher de penser à mon buddy Roark qui se la coulait douce au même moment en Indonésie.

Pourquoi je ne l’avais pas suivi là-bas au lieu de venir dans le Nord-Ouest de l’Inde tout seul?!?

Pourquoi je dois vouloir relever des défis qui sont toujours plus difficiles?!?

Pourquoi les mots « Danger/Hardcore » veulent dire pour moi « on y va »?!?

Comme Roark le disait si bien « You like to learn the hard way (tu aimes apprendre de la manière difficile) ». La voila la réponse à toute ces questions. Ça risque de finir par me couter cher…

J’ai écris ces dernières lignes assis sur une roche, au 3/4 de l’ascension, en contemplant l’extraordinaire vu autour de moi. Pourtant solitaire de nature, je ne me suis jamais senti aussi seul et sans ressource de toute ma vie que depuis quelques jours. À ce moment, un silence de mort régnait autour de moi. On aurait dit que Dame Nature me donnait toutes les bonnes cartes et retenait son souffle en se disant « y va tu finir par la franchir cette foutu Passe?!? ».

Bon… allez… debout… avancer à pas de tortue vaut toujours mieux que rester assis sur mon derrière.

Il restait alors moins de 200m à monter pour atteindre le sommet. À chaque 10m, je m’arrêtais plié en 2. La vue que j’avais en me retournant était magnifique; j’apercevais la SisirLa Pass, très loin derrière, et les 2 vallées que j’avais arpentées depuis. Tout petit en dessous de moi, je pouvais distinguer un petit point blanc qui correspondait à la teahouse que j’avais quitté ce matin. Cette vue m’a insufflé un brin de motivation. Après tout, même à avancer à la vitesse que j’avançais, j’avais réussi à parcourir/monter tout ce chemin… WOW.

Allez fainéant… En route…

J’étais rendu si près du but, mon équilibre précaire sur le sentier hyper étroit manquait me faire tomber à chaque 2 pas. Mon sleeping (fixé par le haut sur le coté de mon sac), qui balançait de tout bord tout coté, n’aidait en rien pour arranger les choses. À ce stade, basculer aurait résulté à faire une chute de plus de 200m, sans risque réel pour ma vie… mais bon, il n’était pas question de tenter l’expérience.

J’ai alors aperçu un monticule de pierres ornés de drapeaux de prières. Je suis au sommet… vraiment?!?

Sans hésiter, j’ai jeté un dernier regard en direction de la vallée que je m’apprêtais à quitter, pour ensuite me retourner et ne plus jamais regarder en arrière.

Devant moi se dressait une nouvelle vallée toute aussi désertique, mais beaucoup plus étroite et très très accidentée.

Les prochains 2h de ma vie allait me voir descendre un véritable pan de mur. Alors que de l’autre coté l’ascension se serait faite les 2 pouces dans le nez si j’avais été en forme, ce versant était un véritable monstre dont l’ampleur dépassait tout ce que j’avais pu monter comme montagne dans ma vie. Je plain ceux qui ont du s’y attaquer.

Durant la descente, je sentais mes forces revenir. Je me suis plutôt rendu compte une fois rendu sur le plat que tout était dans l’élan et que ce n’était qu’une illusion. Je me trainait littéralement les pieds jusqu’au village de Stayang, ma destination du jour, et chaque roche, aussi vulgaire pouvait-elle être, me faisait dévier de ma trajectoire.

Sensé être au détour de la colline devant moi, je me promettais de payer le prix qu’il faudrait pour avoir un lit et un repas décent afin de bien récupérer.

J’ai donc marché, marché et remarché et le village de Stayang n’était toujours pas en vue. Pourtant, selon ma carte, qui avait pourtant prouvée son extrême précision depuis mon départ de Lamayuru, j’avais dépassé son emplacement depuis très longtemps. Pourtant, tout ce que j’avais vu depuis mon départ du sommet était un misérable campement sur le bord de la route… un campement où devait à peu près se trouver Stayang… Ahh ta peu toi (je cherche dans mon livre)… fuck… Stayang n’est pas un village, mais bien cette dompe qu’ils osent appeler un camping. Il était hors de question de retourner sur mes pas et d’aller coucher là-bas…

Il y avait bien un village un peu plus loin… à environ 2h de marche… mais j’étais à bout de force et anéantit par ma récente découverte. La nuit dans une chambre avec un bon lit allait donc attendre encore un peu. J’allais plutôt m’improviser un camping là, sur le bord du sentier.
J’ai donc installé ma tente sur un petit plateau adossé à de petites montagnes. Tout de suite en avant de moi se trouvait une vallée qui plongeait de quelques centaines de mètres et il y avait une très impressionnante chaine de montagnes droit devant en background. Je n’étais donc pas en reste coté vu…

Jusqu’à maintenant, tous les endroits où j’ai installé mon vaisseau spécial étaient à proximité de Teahouse où dans des campings « officiels ». Il faut savoir que les zanskariens se sont appropriés tous les endroits populaires où les randonneurs s’installaient pour camper le long du parcours. Puisque la très grande majorité des trekkeurs qui viennent ici ont tout leur matériel et qu’ils ne dépensent pas un sous dans la région, ce « cover charge » est pour rééquilibrer la situation. Cette fois-ci, j’étais au beau milieu de nul part…

Bon, il faut que j’arrête d’écrire, il y a un orage qui s’en vient et ma tente n’est pas encore montée…

À peine le temps de planter mes 4 piquets principaux que l’orage s’abattait sur moi… et pas n’importe quel orage; de la grêle.

J’ai pris tout mon stock, je l’ai foutu en-dessous de la toile qui était étendu par terre (le toit de la tente) et je suis resté dos à l’averse avec mes 2 pieds bien installé sur la dite toile pour l’empêcher de partir au vent qui soufflait alors comme un déchainé. Ça a duré au moins 15-20min. Tout au long, si vous aviez passé par là au même moment, vous auriez pu entendre un québécois sacrer à tue-tête en se demandant qu’est-ce qu’il avait bien pu faire pour mériter tout cela.

L’orage une fois passé, rien n’était mouillé exception faite de la toile et de ma petite personne. J’ai monté le tout pour ensuite me réfugier dans mon vaisseau spécial bien à l’abri de cet environnement devenu très hostile en l’espace de 24h.

Aujourd’hui fut une journée où je n’ai pas croisé grand monde mis à part un couple de français avec un guide indien. Quand vous dites 2 personnes sans aucune personnalité, je crois qu’ils ne savaient même pas qu’ils étaient en Inde… même que c’est probablement leur guide qui les a forcé à faire ce trek tellement ils avaient l’air d’être aussi enthousiaste que Pierre Gauthier lorsqu’il était DG des Canadiens. À chaque fois que je leur demandais quelque chose, la réponse était toujours la même « mmm… je sais pas… demande à notre guide ».

De ce fait, je n’ai marché que 5h aujourd’hui, alors qu’au Népal je pouvais en marcher 7 ou 8. Je me trouve donc un peu paresseux, mais quand j’y pense un peu plus, ce n’est pas le cas. En effet, au Québec, si vous allez faire la randonnée des Loups au Parc de la Jacques Cartier en banlieue de Québec (magnifique randonnée en passant), en 3-4h ce sera bouclé. Si en revanche vous tentez le sentier principal au Parc des Hautes-Gorges dans Charlevoix, vous serez revenu au parking en 5-6h.

Jour 6 – LE FOND DU BARIL

Info;
– Stayang (4450m)
– KiupaLa Pass (4430m)
– Gongma
– Skyumpata
– MargunLa Pass (4380m)
– Lindshed (4100m)

Nombre de kilomètres; +/-16km
Total; 87km

Description;
Après avoir passé la nuit sur le cul, et c’est le cas de le dire, j’ai eu toutes les misères du monde à ranger mes affaires et démonter ma tente afin de me mettre en route. Une partie de moi se demandait à quoi bon continuer, préférant rester étendu sur mon sleeping dans l’espérance que quelqu’un vienne me porter secours. J’ai rarement été aussi faible de toute ma vie.

Je me suis finalement mis en route, mais la cadence n’était pas fameuse. En fait, je ne sais pas avec quelle force, mais je suis arrivé au sommet de la KiupaLa Pass, une petite montagne de rien du tout. C’est cependant tout ce qu’il me fallait pour me donner un peu le motivation puisque de là, je pouvais admirer une nouvelle série de sommets et surtout, 2 beaux petits villages entourés de pâturages en contrebas.

Si je comprenais mal pourquoi cette montagne était considérée comme une Passe du coté où je suis arrivé, n’étant qu’une vulgaire colline, j’ai vite compris en descendant l’autre versant; c’est un véritable pan de mur d’au moins 400-500m et le sentier ne fait pas de quartier. Pour se rendre en bas, c’est un série de zigzag sans fin, très étroit et abrupte.

En descendant, j’ai rencontré ce qui semblait être un père et son fil. L’homme ne cessait pas de répéter le mot « jeep » en pointant le sommet de la montagne, tout en me montrant le bras en écharde de son fils. J’ai catché assez rapidement qu’il me demandait si j’étais arrivé avec un jeep et si celui-ci attendait toujours en haut. Il voulait surement conduire son fils à l’hôpital/médecin le plus proche… qui ne devait pas être proche pentoute. J’ai malheureusement répondu par la négative à sa requête…

Il faut savoir que la route s’arrête présentement au sommet de la montagne où j’étais précédemment, c’est donc dire juste avant cette vallée. Le petit sentier de montagne que j’emprunterais alors était donc le seul moyen de circulation de toute la région.

Une fois la descente terminée, je suis enfin tombé sur une source d’eau… les rivières/villages/teahouses se faisaient très rares depuis mon départ de Photoksar, si bien que cela faisait un bon 24h que ma gourde était vide. Dans ma situation, ce n’était pas vraiment recommandable (de ne pas boire d’eau) puisque je me déshydratais par les 2 bouts… sans commentaire. Comble de malheur, l’une de mes 2 petites bouteilles d’iode, employées pour purifier l’eau que je bois, était mal fermée et s’est vidée dans mon sac durant la nuit, si bien que je dois désormais boire l’eau prise directement dans les rivières à partir de maintenant. Ce point ne m’inquiète pas trop puisqu’à cette altitude, l’eau provient la plupart du temps des glaciers environnants. Je ne suis quand même pas con au point de boire de l’eau prise dans une rivière en contrebas d’un village… où les femmes lavent le linge, etc. Il faudra que la rivière tombe directement d’une montagne et que je vois le fond de ma bouteille une fois pleine d’eau.

Les 2 villages que j’avais aperçu du haut de la montagne ce matin étaient désormais derrière moi et j’entamais la plus grosse difficulté de la journée; l’ascension de la MargumLa Pass, dernier obstacle entre moi et le village (cette fois c’est un vrai village… et un gros en plus) de Lindshed, mon stop pour la nuit.

Margum s’est avérée être un adversaire très coriace. Avançant à ma vitesse maximale, c’est donc dire à pas de tortue qui boite, j’allais de déception en déception. En effet, chaque fois que j’identifiais ce que je pensais être le sommet, une autre colline se pointait le bout du nez. La montagne a joué à ce petit jeu avec moi à plusieurs reprises…

Alors que j’étais complètement résigné à monter jusqu’à l’éternité, en conséquence de toutes les fautes que j’ai commises dans ma vie… donc environ 2 ou 3… j’ai entrevu mes bons amis les drapeaux tibétains. HOURA… Le sommet… une 5ème Passe de plus de 4000m dans la poche.

Mon ventre n’entendait alors pas à rire… Depuis Photoksar, aucune nourriture que j’avais ingérée n’était resté plus d’une heure dans mon estomac… remontant ou descendant subitement selon l’esprit du moment. Je marche donc depuis 2 jours sans la moindre miette dans mon estomac. Pas besoin de vous dire (je vous le dis quand même) qu’il me fait sentir son mécontentement. En plus, il fait maintenant la baboune quand j’ose penser à des plats indiens. Même si j’adore la cuisine végétarienne indienne, la seule idée de penser à un Dal Rice, un Thali, une Thukpa, des Chapatis, du Chowmein, un Masala Dosa (pourtant l’un de mes plats préférés dans le mooonde entier) me donne le gout de vomir.

NON… J’ai plutôt la tête à un bon repas préparé par mes parents, bien arrosé de (beaucoup de) vin… du bon vin, ça fait trop longtemps. Je m’imagine donc déguster une entrée de salade César, suivit d’une assiette de bons fromages et de salamis du Québec, avec comme plat de résistance de bonnes cotes levées (ça fait bientôt 6 mois que je mange uniquement végétarien, un Nord Américain s’écoeure).

Le lendemain, je veux être dans un restaurant de sushi de Qc en bonnE compagniE à siroter un bon chardonnay blanc Kim Crawford et à jouer à « mmmm… j’aime mieux celui-la ».

Deux jours plus tard, j’irais manger une bonne Poutine format régulière de Chez Ashton à Québec. MIAM MIAM… (que personne ne me parle de riz quand je rentrerais au Qc).

Le 4ème jour, j’irais au St-Hubert prendre mon classique 4 filets de poulet avec salade crémeuse, petit pain et sauce à volonté.

Puis, le 5ème jour, j’irais m’acheter un bonne pizza Deliscio, celle avec le plus de viandes dessus, et j’agrémenterais le tout de frites Cavendish.

Bon… allez… cesse de penser à toutes ces choses que tu ne mangeras pas avant un très long moment encore… ce n’est pas comme à vélo; la montagne ne se descendra pas toute seule… un dernier « sprint » jusqu’à Lindshed.

Puis, au détour du sentier, Lindshed s’est laissé admirer pour la 1ère fois. Du sentier, je surplombait le village. J’avais alors tout le loisir d’admirer ses nombreux et très beaux champs, aménagés sur des plateaux à différents niveaux dans la montagne. Autrement, les montagnes étaient exemptes de toutes forme de vie.

Ma seule inquiétude; le village est blotti dans les bras de gigantesques montagnes sur 3 cotés, formant un espèce de cul de sac… et le sentier pour continuer jusqu’à Padum est sensé passer par là. J’ai beau me plisser les yeux, je ne vois pas de section moins difficile où le sentier pourrait se faufiler. Nul doute, il faudra passer par-dessus… des heures et des heures de plaisir en perspective… mais bon, ce n’est pas pour aujourd’hui.

Une fois arrivé au village, on m’avait recommandé de séjourner à l’hôtel du village (je pèse le mot TRÈS FORT).

L’hotel se trouvait à l’entrée du village près d’un bâtiment contemporain devant lequel se trouvait une espèce d’aire de cérémonie avec des drapeaux tout autour. J’ai appris plus tard que ce bâtiment était une « nunnery »… comme seulement les hommes peuvent devenir moine, dans certains villages, certaines femmes ont décider de se regrouper et de faire ce qu’une tonne de femmes regroupées ensemble peuvent faire de mieux durant toute une journée; parler…

Bon, je vous rassure, elle font d’autres choses… euh… probablement… la preuve, quand je suis arrivé là-bas une vingtaine d’entre-elles s’affairaient à balayer le sol de leur aire de cérémonie avec des queues de yaks. Je regardais le tout d’un air amusé puisque je ne voyais pas la fin de leur tâche, le sol de l’aire de cérémonie étant en terre…

Bref, je me suis pointé à cet endroit complètement à bout de force, mais délivré puisque j’étais arrivé à destination. Tout cela pour apprendre que le manager de l’hôtel ne s’était pas présenté au travail aujourd’hui et donc, que l’hôtel était fermé.

Je me suis alors empressé de dire très fort « homestay possible » dans l’espoir que l’un d’entre-eux viennent à mes devants et me dise « oui oui… Tu peux venir chez moi ».

En guise de réponse, l’une des nonnes s’est arrêtée de balayer, a levé la tête et a balayé tout le village qui se trouvait légèrement en contrebas avec un signe de la main en me disant dans un anglais impeccable « go look (va voir) ».

À ce moment exact, mes 2 jambes sont devenus hyper molles. Dans un village normal, je n’aurais aucun problème à faire ce que la femme venait de me dire, mais Lindshed était tout sauf un village normal; les maisons étaient séparées d’au moins 50-100m l’une de l’autre, tout en étant éparpillées sur 2 flancs de montagnes séparés au milieu par une rivière. Je n’avais donc aucunement l’intention de faire ce que la femme venait de me dire dans l’état où je me trouvais.

Voilà plutôt ce que j’aurais voulu faire. J’aurais voulu aller chez le dentiste avec cette vieille dame ayant perdu la majorité de ses dents, j’aurais ainsi pu lui payer un beau dentier tout neuf. Une fois de retour au village, elle aurait pu exhiber fièrement sa nouvelle bouche à tous ses amis. Après coup, et c’est le cas de le dire, je me serais présenté devant elle et sans crier gare, je lui aurais pété chacune de ses nouvelles dents avec mon poing pour ensuite lui faire avaler le tout. On appelle cela de l’argent bien investi… mais bon, ce sera pour une autre fois.

J’ai donc quitté les environs de la nunnery et de l’hôtel complètement abattu alors que toutes les femmes riaient derrière moi. Je ne sais pas si elles riaient de moi ou quel genre de coutume douteuse et qui m’était inconnue cela pouvait être, mais cela ne faisait qu’augmenter ma colère.

Malgré tout ce que j’ai pu écrire dans les derniers paragraphes, en aucun moment je n’ai perdu mon sang froid (probablement parce que je n’avais plus d’énergie) et j’ai été courtois en tout temps.

J’ai donc arpenté les sentiers labyrinthiques du village, en demandant « homestay » à chaque personne que je rencontrais… en vain. J’étais alors rendu au plus bas du village à proximité de la rivière. Au moment où j’allais la traverser pour ne plus jamais poser les pieds sur cette berge, je me suis arrêté sec en me disant « ça ne se passera pas comme ça… tu vas retourner à l’hôtel et attendre que ce foutu manager se pointe… si il ne se pointe pas, tu n’auras qu’à tenter ta tente en plein milieu de l’aire de cérémonie une fois la nuit tombé pour faire chier les connes… euh… nonnes ».

J’ai donc remonté la montagne jusqu’à l’hôtel/nunnery. Quelle ne fut pas alors ma surprise d’y trouver le manager qui venait d’arriver. N’ayant plus assez d’énergie pour entretenir ma colère, j’ai alors tenté d’oublier les incidents et je me suis empressé de me reposer un peu.

Autrement, Lindshed possède l’un des plus gros monastère bouddhiste du Zanskar. Il y a donc plein de littles bouddhas partout en ville.

Autre fait inutile, l’hotel où je réside est aussi le magasin du village. Si j’avais à décrire le bâtiment, je dirais qu’une cabane de coureur des bois, à l’époque de la colonisation de l’Amérique, devait ressembler à cela. C’est surprenant tout ce qu’on peut trouver dans cet endroit. Bon, il y bien sur les désormais classiques (une tonne de biscuits, des bonbons, des noodles), mais aussi des choses inattendus comme de la teinture pour les cheveux (quand on pense que TOUT LE MONDE a les cheveux noir depuis la nuit des temps), des lunettes ayant des prescriptions, des graines pour planter dans le jardin, des stylos et des post-it…

Après ce qui fut probablement le pire souper qu’une personne a pu me préparer en Asie (du riz pas cuit avec de la salade pas fraiche, le tout sans aucune saveur) et que je me sois forcé à tout manger pour ne pas aller au lit le ventre vide pour une 3ème nuit d’affilée, j’ai gagné ma chambre.

Comme vous décrire cette pièce?!? Disons simplement que ma chambre pourrait s’apparenter à un bunker qu’on aurait bombardé la veille de mon arrivé; il y a des trous dans les murs de béton, je vois les étoiles dans le plafond… et elle ne sont pas peinturé… et on dirait qu’il y a une convention d’insecte près de la porte. N’empêche, ma chambre possède la seule chose qui occupe mes rêves depuis quelques jours; un matelas très confortable à même le sol… il est hors de question que je le soulève pour voir qu’est-ce qu’il y a en dessous… les ignorants sont bénis…

Jour 7 – QUAND DAME NATURE S’EN MÈLE

Info;
– Lindshed (4100m)
– SabkangLa Pass (4340m)
– HanumaLa Base Camp
– HanamuLa Pass (4720m)
– Snertse (3360m)

Nombre de kilomètres; +/-17km
Total: 104km

Description :
C’est sous les bèèèè que j’ai quitté Lindshed ce matin. En effet, à peine traversé la rivière que je me retrouvais submergé par une horde de gentils moutons. Je me suis alors amusé comme un fou puisqu’à la minute où je m’approchais de l’un d’entre-eux, la panique s’installait dans leur rang et ils prennaient la poudre d’escampette… au grand dam des éleveurs qui devaient les rattraper (je m’amuse avec ce que j’ai sous la main héhé). Je vous rassure, aucun mouton n’a été maltraité dans l’exercice et je ne me suis mis aucun éleveur à dos… en fait ils riaient tous de bon coeur avec moi.

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La forme dans tout ça; la plomberie tient le coup et j’ai mangé un peu ce matin… assez pour me mettre en route.

10h15 – Après 3h d’ascension, je pointe finalement au sommet de la SabkangLa Pass, montagne secondaire qui sépare Lindshed de la HanumaLa Pass, véritable bête. Tout au long plein de sentiers secondaires m’ont induits en erreur… j’ai même marché pendant une heure dans la mauvaise direction et grimpé une grosse montagne pour absolument rien… Heureusement, je me suis rendu compte de mon erreur.

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Ajoutez à tout cela, qu’une fois rendu au sommet de la montagne, Dame Nature, qui ne collaborait déja pas depuis quelques jours (je suis sensé être au beau milieu d’un été aride et tout ce que je vois depuis le départ c’est un couvert nuageux opaque et de la pluie) était d’une humeur massacrante. Juste avant de redescendre de l’autre coté pour atteindre le camp à la base de Hanuma, je me suis fait acceuillir par la pluie batante…

Rendu à la teahouse située au pied de la HanumaLa, mes batteries étaient complètement épuisée et TOUT restait à faire. Le monstre que représentait HamunaLa se dressait désormais directement devant moi tel un mur et je pouvais apercevoir le sentier zigzaguant dangereusement jusqu’à son sommet. En me plissant les yeux, je pouvais même apercevoir un convoi de chevaux/ânes en plein milieu… Wow

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J’avais alors le choix de m’arrêter à la teahouse et y installer mon campement, ou avaler la pilule et monter la foutu montagne comme un grand. L’idée de rester une nuit dans cet endroit sans charme ne me disait rien qui vaille.

En rentrant dans la teahouse en quête d’un bon thé bien chaud, quelle ne fut pas ma surprise d’y trouver une slovène… virée complètement maboule. Elle séjournait dans cette teahouse perdue au milieu de nul part depuis bientôt 2 semaines. J’ai essayé d’avoir une conversation avec elle, mais elle n’arrêtait pas de dire « I need to finish my painting (je dois finir ma peinture) »… Oui oui… elle avait entrepris de peinturer chaque maudite pierre autour de la teahouse. Il fait avoir l’esprit attaché avec de la broche si on ne veut pas virer complètement fou après avoir passé trop de temps en Inde. Pauvre fille…

J’ai donc débuté l’ascension…

La première section était une prairie très abrupte, mais sans grande difficulté. Je me suis donné un rythme qui me permettait de bien respirer et j’ai monté le tout sans trop de problème.

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En revanche, la deuxième section était très technique et assez dangereuse, à contourner et marcher au travers de massifs rocheux très accidentés. Un faux mouvement à ce moment aurait pu résulter en moi qui se ramasse tout en bas de la montagne en quelques secondes. Entretemps, en plus de la pluie, la brume s’était aussi pointée, mais bon, tant que le vent ne se joignait pas à la partie, moi et mon équilibre précaire n’étions pas menacés.

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Puis, je suis arrivé sur un plateau. À partir de là, j’entamais la 3ème section, une plaine très inclinée où une chute ne serait pas mortelle.

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J’ai alors vu une espèce d’ouverture avec beaucoup de lumière un peu plus haut. Je me disais que comme hier ce serait un faux sommet, alors je ne m’emballais pas trop. Puis, j’y ai vu un monument avec des drapeaux de prière. Ça y était… j’étais véritablement rendu au sommet.

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J’ai ensuite entrepris ma descente dans une très petites vallées en forme d’entonnoir. La pluie avait alors cessé depuis quelques minutes, mais le mal était fait; j’étais gelé comme jamais. Il régnait un silence de mort que seul mes pas incertains et mon souffle lourd brisaient.

Durant au moins 3h, j’ai descendu cet entonnoir. Plus j’avançais, plus le gentil petit ruisseau se transformait tranquillement mais surement en torrent, tandis que les montagnes se rapprochaient et gagnaient en amplitude… si bien qu’au bout d’un moment, le sentier était devenu très abrupte et changeait constamment de coté de rivière… avec pour seuls ponts des roches glissantes et à demi/complètement submergés. En temps normal, j’aurais adoré cette section, mais nous n’étions pas en temps normal; j’étais malade, j’avais faim et j’étais gelé.

Puis, ne voyant pas le campement de Snertse arriver et surtout ne voyant pas la fin de cette vallée interminable, j’ai commencé à chercher un terrain de camping de fortune; trop en pente, de grosses roches, dans le lit de la rivière, parfait… mais juste en dessous d’une montagne qui me semble instable (donc très à risque de recevoir des pierres)… aucun site ne me semblait convenable.

Le campement n’était toujours pas en vue… puis, j’ai trouvé un site vraiment pas idéal, mais proposant un juste compromis; dans le lit de la rivière… mais en hauteur, terrain fait de semi-grosse roche (bonjour les courbatures demain) et montagne qui n’avait pas l’air hyper menaçante au-dessus. Bref, ce n’était pas le Hilton, mais je pouvais faire avec…

J’étais alors convaincu que le campement, et son teahouse/restaurant, se trouvait tout près (on verra bien demain), mais mes jambes tremblaient, ma concentration était très déficiente et je commençais à avoir de petites pertes de conscience… pas les choses les plus pratiques quand tu arpentes une section de sentier de plus en plus difficile.

J’ai donc installé mon vaisseau spécial au plus vite et je m’y suis réfugié. Je n’en menais pas large… j’étais complètement détruit; je me suis mit en boule, j’ai serré mon sac de toutes mes forces et j’ai relâché la pression… pour la 1ère fois de ma vie, je pleurais comme un bébé… et ce n’était pas parce que j’avais mangé quelque chose de trop épicé.

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Comment j’avais fait pour en arriver là?!? Par excès de confiance? Probablement…

Parce que, comme beaucoup de jeunes, je me crois invincible? Très certainement.

Quelques facteurs peuvent expliquer où j’en suis présentent; j’ai commencé le trek fatigué après mon trip de vélo éprouvant, le parcours est beaucoup plus difficile que j’aurais pu l’imaginer, la mauvaise température n’aide en rien et l’indigestion alimentaire que j’ai subit il y a quelques jours a laissé de grosses séquelles.

Je suis exténué, je souffre d’atroces crampes au ventre, j’ai même cru pendant un moment à une crise de l’appendicite tellement la douleur était vive, mon genou droit, amoché en vélo, est pire que jamais et mes 2 mollets me font un mal de chien. Tout homme a une limite et la mienne avait été atteinte. Depuis quelques jours, mon corps me criait du mieux qu’il le pouvait qu’il n’était plus capable de suivre la parade et moi je m’entêtais à ne pas l’écouter.

Une partie de moi voulait continuer la bataille, mais une partie de plus en plus grande ne demandait qu’à rester allonger jusqu’à ce que quelqu’un vienne à mon secours.

Désormais, mon seul objectif était d’atteindre Padum… qui se trouve au milieu du parcours à encore 2 ou 3 jours de marche. J’avais perdu toute joie de vivre… j’étais tout simplement en mode survie.

Pour l’heure, je ne souhaitais qu’une chose; dormir. J’espère simplement me réveiller en grande forme demain… ça fait 4 jours que je souhaite la même chose..

Jour 8 – REBORN (La renaissance)

Info;
– Snertse (3360m)
– ParfiLa Pass (3950m)
– Hanumil (3380m)

Nombre de kilomètres; +/-16km
Total; 120km

Description;
6h00 – Levé du corps. Celui-ci est curieusement Top Shape… mais bon, ça ne veut rien dire puisque j’étais aussi en grande forme hier matin et vous avez bien vu ce que ça a donné.

C’est donc l’esprit bien en place, le ventre extrêmement vide et la plomberie cousi cousa que j’ai fait mon sac en un rien de temps et que j’ai repris la route.

Comme je l’avais prédit la veille, j’ai gagné le campement de Snertse en moins de 20min. J’y ai fait la connaissance d’un couple d’allemands et d’un couple de sud-africains qui font malheureusement le trek dans le sens contraire. Ce fut une véritable délivrance d’avoir un bon déjeuner, du thé bien chaud et de piquer la jasette avec des gens… exactement ce qu’il me fallait pour me remettre sur les rails. Quand je me suis remus en route, on aurait dit que les derniers jours n’avaient jamais existés… j’étais prêt à affronter vents et marées.

Depuis hier, j’avais un doute à savoir si j’étais sur le bon sentier (je ne vous en ai pas parlé pour ne pas vous faire paniquer pour rien). Ils m’ont ainsi rassuré et m’ont aussi dit que le sentier était maintenant très linéaire jusqu’à Padum. Aussi, mis a part une dernière montagne difficile aujourd’hui, il n’y avait plus de difficulté par la suite. En quittant, ils étaient tous les 4 très impressionnés par la petite taille de mon sac et le fait que je faisais le trek tout seul…

Après un peu plus de 30min de marche, le sentier a débouché tout en haut d’une gorge qui donnait l’impression d’avoir été tranché au couteau (L’endroit me rappelait King’s Canyon en Australie ou le Grand Canyon aux États-Unis… en plus petit).

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Au croisement de 3 rivières, cette gorge a débouchée sur un petite vallée. Il fallait donc que je descende la montagne sur laquelle j’étais pour ensuite traverser la rivière et remonter toute la montagne de l’autre coté (la ParfiLa Pass). On ne change pas une formule gagnante, mainte et mainte fois testé depuis le Népal.

Puis, on descendant vers la rivière, un convoi de chevaux complètement affolés est arrivé derrière moi. Ils ont commencé à dévaler l’étroit sentier comme des boules de quilles. Vous faites quoi quand votre seule expérience avec des chevaux se résume à un film indien et que vous ne pouvez pas vous tasser pour les laisser passer?!? Vous criez de toutes vos forces WOOOO et ils arrêtent par magie? OUIIIII… pas plus compliqué héhé… dit-il avec un rire nerveux et une jambe qui tremble.

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Une fois en bas et avoir traversé un autre de ces ponts très peu stable et sécuritaire, il étant temps de s’attaquer à ParfiLa. Malgré le fait quelle pointe « seulement » à 3900m et que j’affichais ma meilleure forme physique depuis le début du trek, cette montagne m’en a fait baver un bon coup avec une pente très inclinée en permanence.

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Le truc pour monter une montagne à cette altitude, avoir un rythme constant (trouver son rythme) et ne pas s’arrêter… parce qu’à la minute où tu repars, tu es aussi fatigué qu’avant de t’arrêter.

Pour être bien sur de gâcher ma victoire sur ParfiLa, Dame Nature a ouvert les gicleurs un peu avant le sommet. Eille ma c@l!ss€, pas moyen d’avoir la paix une seule journée?!? Je suis au beau milieu d’un désert au cas où tu ne l’aurais pas remarqué. Si tu m’envois encore de la pluie demain, je jure que quand je vais monter au Paradis (parce que ma vie est exemplaire… euh… mmmm), je te trouve, je baisse mes pantalons (c’est en supposant quand nous ayons toujours une forme humaine) et je te pisse dessus. Tu vas voir ce qu’on ressent…

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11h15 – Je pointe finalement au sommet. Voila, la dernière des 7 Passes de la 1ère moitié du trek est derrière moi… il serait plus juste de dire qu’elle se trouve en dessous de moi.

Un peu avant de m’élancer vers une nouvelle vallée, un convoi d’ânes est passé, au plus grand bonheur de ma caméra. Après avoir échangé le traditionnel « Juley (bonjour) » avec les guides tout souriant, j’étais reparti.

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Je me trouve désormais dans la vallée de la Zanskar river, la rivière la plus importante de toute la région. À partir de maintenant, il ne me reste plus qu’à suivre la rivière jusqu’à Padum, la capitale et le centre de la Zanskar valley.

La vallée est très large et plutôt verte, tout en étant difficilement cultivable vu la présence de pierres de toutes tailles un peu partout. Le rivière a creusé un énorme sillon qui serpente en plein milieu de la vallée. Sur la droite se trouve le sentier, tandis qu’on peu apercevoir une route fraichement asphaltée et complètement déserte sur la gauche en flanc de montagne. À la vitesse ou les indiens travaillent, j’imagine qu’ils ont entamé la construction de cette route avant les pyramides d’Égypte… ils sont pires que des syndiqués…

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Aussi, aucun arbre ne pousse dans les environs. En fait, la dernière fois que j’ai vu un arbre, cela devait être lors du jour 1 ou 2 du trek. Cela veut donc dire que tous les matériaux ont été acheminés à un moment où à un autre par convoi.

Lors de la descente, j’ai rencontré beaucoup de groupes organisés allant dans le sens inverse; une bonne vingtaine de personnes. Ils avaient tous l’air de souffrir et certains me regardaient en disant que j’étais chanceux de descendre… Bon… Regarde ce que j’ai eu a monter ce matin pendant 3h alors que tu dormais, ton cote de montagne c’est de la tarte.

J’ai même rencontré un gars qui avait commencé le zanskar trek en vélo de montagne pour très vite se rendre compte que c’était du suicide. Il a alors engagé en « horseman » (un homme avec son cheval) et continué le trek à pied alors que son vélo voyage bien tranquillement sur des chevaux.

Un bon lunch de biscuits au chocolat et je me sentais ensuite d’attaque pour franchir le dernier droit jusqu’à Hanumil. J’ai beau encore avoir des Maggi (noodle) et des amandes et abricots séchés, juste de penser à en manger me donne le gout de vomir. Je m’abstiens donc…

Dans les derniers km, le sentier a quitté la plaine tranquille pour s’enfoncer dans le sillon de la rivière.

À un certain moment, une rivière s’est mise en travers de mon chemin. Depuis 2-3minutes, que je me tortillais l’esprit à savoir comment passer cette foutu rivière; « bon… je vais mettre le pied sur cette roche… ahhh non, ça marche pas… Ok d’abord, je vais essayer par ici… ahhh, ça marche pas non plus ».

Aucune de mes solutions ne me permettait de m’en sortir avec les pieds bien au sec…

Puis, en me tournant la tête, j’ai eu une idée de génie; « pourquoi ne pas utiliser le pont piéton qui se trouve à moins de 10m sur ma gauche » (Vous savez quand vous êtes complètement absorbé par quelque chose et que vous finissez par en oublier ce qui vous entoure).

Malgré tout, j’aurais presque préféré tenter ma chance avec les pierres. En effet, le tablier du pont était en béton et l’armature sortait par le bas et par le haut… l’ingénieur qui a designé ce pont est un crétin… pour les non architectes, pour que l’armature serve à quelque chose, elle aurait du être à l’horizontale et perpendiculaire à la rivière… ou à tout le moins simplement à l’horizontale.

Une dizaine de difficulté plus tard… parce que rien ne peut être facile au Zanskar… je voyais finalement Hanumil pointer à l’horizon.

Dans le dernier canyon à monter/descendre, j’ai surpris 4 belles petites chèvres en train de jouer à touche pipi sur le sentier le long de la rivière. Étant très étroit et en flanc de montagne, elles n’avaient d’autres choix que de prendre la poudre d’escampette vers l’avant au fur et à mesure que j’avançais. C’était très drôle puisque 3 d’entre-elles se sauvaient vraiment de moi, tandis que la 4ème ne faisait que suivre les 3 autres et essayait de les « monter » quand elles s’arrêtaient.

Je suis finalement arrivé à Hanumil, qu’il est impossible de nommer village… c’est plutôt le résultat de la popularité grandissante du Zanskar. En effet, l’endroit est un amoncellement de 2-3 campings et d’autant de guesthouses au seul endroit propice, comprendre dans une plaine sans roche, au camping entre Snertse et Pishu (village à environ 4-6 heures d’ici en direction de Padum). Autrefois, des randonneurs devaient s’arrêter ici et les locaux ont vite compris qu’ils pouvaient faire un peu d’argent. Bref…

J’ai beau camper dans un endroit remplit de randonneurs, ils font tous parti de groupes organisés… je me retrouve donc encore une fois tout fin seul… cette solitude commence à peser lourd.

Probablement que si la météo avait été belle et que mon estomac et moi avions filé le parfait bonheur, cela ne serait pas aussi lourd à porter (je parle toujours de cette maudite solitude), mais bon… c’est un présent alternatif qui n’existera JAMAIS.

Sur une note complètement différente et tout aussi inutile pour vous, quand je mets mon sac à dos le matin, je me surprends toujours à quel point il peut être léger… on dirait une plume. Je me dis toujours; « ben voyons, c’est pas ce sac qui m’a fait vivre tant de misère la veille… j’ai surement oublié quelque chose… ». Puis, les minutes de marche se transforment en heure et la gravité fait son effet, au point où il devient complètement insupportable… c’est pour cela que j’appelle mon sac à dos ma « pierre tombale ».

Bon… allez… sur ces pensées un peu lugubre, je vous souhaite bonne nuit et je m’enferme dans mon vaisseau spécial.

Jour 9 – VOYAGE DANS LE TEMPS

Info;
– Hanumil (3380m)
– Pidmo (3420m)
– Pishu (3420m)

Nombre de kilomètres; +/-16km
Total; 136km

Description;
Après avoir passé une nuit affreuse… mes problèmes de plomberie ont faits un retour TRÈS en force au milieu de la nuit… je me suis réveillé cousi-cousa.

Une fois 2-3 bonnes tasses de thé shootées avec une tonne de sucre enfilées, j’allais déjà mieux.

J’ai ensuite défait ma tenté et rangé tout le matériel dans mon sac en moins de temps pour dire « Le Canadiens ne gagnera pas la Coupe Stanley cette année »… comme si j’avais fait tous ces gestes toutes ma vie. C’est alors qu’un randonneur, faisant parti de l’un des tours organisés qui avait séjourné sur le même que moi, est venu me voir et je voyais très bien qu’il avait la figure pleine de points d’interrogation et qu’il voulait me poser des questions. Avant même que j’ai pu lui renvoyer son « good morning (bon matin) », il enfilait avec son questionnaire;

Allemand – « You travel alone?!? (tu voyages tout seul?!?) »

Moi – « Yep »

Allemand – « You only have this bag?!? (tu n’as que ça comme bagage?!?… en pointant mon sac à dos) »

Moi – « yep… sourire en coin »

Allemand – « I would like to know that me and my group admire what you are doing… we don’t have to carry our stuff, built/unbuilt our tent and taking care of our food and the trek is already difficult, so… (je voulais te dire que moi et mon groupe admirons ce que tu fais… nous n’avons pas à transporter notre matériel, faire/défaire notre tente ou encore nous préoccuper de la nourriture et le trek est déjà difficile, donc..) »

Moi – Thank you very much (merci beaucoup… un peu beaucoup pris au dépourvu par ce qu’il venait de me dire)

Lors de mon départ de ce campement, j’avais une dizaine de paires d’yeux qui me fixaient.

Sans vouloir être méchant avec eux, puisqu’ils m’ont fait un beau compliment… bon, je vais être méchant quand même… j’en ai vu sortir de leur tente avec des sacs de voyage plus gros qu’une poche de hockey ce matin quand ils remballaient leurs affaires… mais ils s’en foutent éperdument, ils mettent tout cela sur des chevaux/ânes. Ce n’est pas un vrai trek pour moi. Trek n’est pas sensé rimer avec grand luxe. Au contraire, tu dois faire avec les moyens du bord et transporter ce que tu peux porter… après tout, faire un trek est en quelque sorte pour se rapprocher de la nature, alors je trouve complètement stupide les tours tout inclus… mais bon, il y a probablement une partie de moi qui est jalouse d’eux aussi…

Sans aucune difficulté digne de ce nom, ma randonné d’aujourd’hui se résume à une marche dans une partie de la vallée complètement à l’état sauvage avec une rivière déchainée en son centre. Ce paysage, d’une brutalité folle, me fait beaucoup penser à l’Annapurna entre Jomsom et Tukuche. Mis à part quelques plantes typiques du désert, j’ai l’impression d’être le seul être vivant dans un grand espace s’étendant jusqu’à l’infini.

Puis, mes bottes ont foulé la terre de Pidmo, un petit et très ancien village entouré d’une grande muraille… Bon, c’est juste un muret de pierre, mais avec mon genou droit qui est au plus mal, ça a été un effort titanesque.

Tandis que tout est désertique à l’extérieur du muret, celui-ci ceinture une vaste étendue de blé avec en son centre le village composé d’une vingtaine de bâtiments faits de pierre/brique.

Le village était complètement désert quand je suis arrivé au centre du village. Il faut savoir que c’est le temps des récoltes à ce moment de l’année dans tout le Zanskar et tous les adultes (je ne sais pas à partir de quel âge on sépare les enfants des adultes) sont dans les champs à récolter le blé à la main… il n’y a aucune machinerie. Ils arrachent donc le blé, une tâche titanesque à arracher les brin à la main, pour ensuite faire de gros tas de foin. Une fois le tas assez gros, ils le mettent sur leur dos afin de la transporter en ville et de l’entreposer sur le toit des bâtiments. Une fois sur le toit, le blé est laissé à sécher pendant un bon moment et ils font ensuite je ne sais pas quoi avec. Je sais seulement que le blé est la seule chose qui pousse dans la vallée…

Exception faite de quelques vieillards, le village était désert à mon arrivée. Cela n’a cependant pas duré très longtemps. À la minute où je me suis assis sur un muret au centre du village, un enfant a alerté tous les autres enfants du village. En moins d’une minute, j’avais une dizaine de petites bêtes toutes crasseuses et puantes autour de moi… qui criaient « bonbon ». Désolé les enfants, je n’en ai plus… mais impossible de leur faire comprendre.

Il faut savoir que le temps des récoltes correspond à la période de vacances pour les enfants… pas d’école pour 2 semaines… les professeurs n’échappent pas à la corvée de travail dans les champs.

Je me suis donc arrêté quelques minutes pour écrire ces quelques lignes et reprendre mon souffle. J’essayais tant bien que mal de communiquer avec les enfants en essayant de savoir leur nom (je me tapais sur ma poitrine en disant mon nom pour ensuite les pointer… sans succès).

Peu importe, ils n’avaient qu’une seule chose en tête… ils étaient complètement hypnotisé par mon crayon écrivant dans mon calepin…

J’aurais tellement voulu prendre des photos de ce moment. Ce village s’est figé dans le temps il y a de cela quelques siècles, mais bon… manque de bol… et de batteries, je devrais m’en passer.

Juste avant de quitter à tout jamais le village, j’ai regardé tout autour de moi pour essayer de garder une empreinte dans ma mémoie. Je m’en veux tellement d’avoir pris plein de photos stupides auparavant. L’électricité est une rareté et je n’ai pas su gérer mes batteries convenablement pour que ma caméra soit prête quand un moment comme celui-ci survient…

J’ai donc poursuivis mon chemin en direction de Pishu… non ce n’est pas le nom d’un caniche, mais bien d’un village… à environ 3h de marche plus loin. Je retrouve ainsi la bonne vieille terre aride et les crottes d’animaux, qui avaient préférées contourner le village plutôt que d’y entrer. Déjà, un village se dessine à l’horizon…

À mon départ de Pidmo, l’un des enfants, le plus jeune, m’a suivit un bon moment sur le sentier. J’essayais tant bien que mal de lui faire comprendre de retourner à son village, il m’a suivit comme un petit chien durant une bonne demi-heure.

S’en est suivit un loooong sentier me faisant me creuser les méninges à tout moment en raison des nombreuses routes s’offrant alors à moi; monter en haut de la montagne ou suivre la rivière, etc. Je me suis alors dit dès le départ qu’il était hors de question de monter… jusqu’à ce que je n’ai plus le choix, j’allais suivre la rivière le plus près possible.

Anyway, dans le doute on fait quoi? On suit le sentier qui a le plus de traces de merde. Par contre, il fallait faire gaffe puisque beaucoup de moutons/brebis étaient dans les parages. Il ne fallait donc pas suivre les petites merdes, qui ressemblaient à des « closets », mais bien celles toutes rondes qui ressemblaient à des truffes… mmm…

Malgré le doute qui m’a habité tout le long, j’ai finalement rejoint Pishu après une très longue… trop longue… marche. Comme toujours, tu aperçois le village au loin et tu te dis que dans 1h, 2 max, tu y seras… et après 4h tu n’es toujours pas à destination.

Arrivé à Pishu, il était donc hors de question d’aller plus loin; j’étais crevé et Karsha, le prochain endroit, était à 3h de marche. J’avais quand même marché 6h le ventre creux; je n’étais pas dans mon assiette ce matin, c’est donc simplement avec l’estomac rempli de 2 tasses de thé que j’ai franchit la distance. Du gras de ventre, ça doit bien servir à quelque chose de temps en temps non?!? La réserve commence cependant à se faire très mince… il faudra penser à renouveler le stock un de ces 4.

Je me suis donc arrêté dans un camping très enchanteur en bordure de rivière. Directement de l’autre coté, se trouve le village de Zangla avec son vieux château perché sur un montagne en périphérie. Depuis très longtemps en ruine, c’était jadis le siège du royaume de Zanskar… il y a déjà quelques siècles.

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En arrivant là-bas, j’ai semi perdu conscience et je me suis effrondré par terre. C’est alors qu’une vieille dame, faisant parti d’un tour organisé qui passait alors une journée de repos là-bas, est venue à mes devants. Elle m’a offert de l’eau, des biscuits et une oreille pour écouter la loque humaine que j’étais me vider le coeur. C’est l’une des rares personnes qui a été gentille avec moi tout le long du trek et je ne peu qu’être très reconnaissant envers le temps qu’elle m’a accordé.

Après un peu de repos et une fois mon esprit retrouvé, je suis allé me promener dans le village un peu plus haut… à la recherche de nourriture. Village d’assez grande dimension, Pishu est un véritable bijou. Si Pidmo m’avait impressionné, ce village me scie en 2. Je me croirais téléporté tout droit au Moyen Age. Ces gens là ne vivent pas du tout à la même époque que nous.

Se promener dans les rues… euh.. je devrais plutôt dire LA rue… au travers des bâtiments en briques peintes à la chaux est un moment qui me restera en mémoire longtemps. Le seul hôtel… et probablement le plus beau bâtiment du village, serait probablement trop infecte pour servir de ferme pour les animaux au Canada.

Fait cocasse, il y a des tonnes de galettes de merde partout. Vous savez pourquoi? Je crois vous avoir déjà dit qu’il n’y a pas d’arbres dans les environs… eh bien, c’est leur moyen de combustion… en d’autres mots; ils font des gallettes de merde durant l’été, les fonts sécher et une fois l’hiver et le froid arrivés, ils les foutent dans le feu et ça brule très bien.

Comment quelqu’un peut-il avoir quelconque crainte à mon endroit… je suis tout maigrichon, j’ai une barbe affreuse et je suis tout sale… j’ai l’air inoffensif… euh (lire le sarcasme… en fait je comprend très bien l’objection de ces gens).

Nous sommes présentement au milieu de l’après-midi et j’aimerais beaucoup pouvoir vous faire partager en photo la scène; je suis les 2 pieds sortis de ma tente, je mange plein de biscuits (mon lunch), 3 ânes broutent de l’herbe à moins de 2 mètres devant moi, des indiens s’amusent à jouer au criquet au travers des tentes (il y a beaucoup de gens ce soir au camp où je suis… tous des groupes organisés). Un peu plus devant, il y a la rivière et droit devant en arrière plan se trouve le vieux château. Ahhhhh… et ajoutez qu’ils y a des moutons un peu partout… sales bêtes qui bèèèèè constamment.

En fin de journée, la vieille dame, qui était venue à mes devants quand je suis arrivé au camping, est revenue me voir pour me dire qu’elle avait essayée de m’inviter à leur souper, mais que certains membres de son groupe s’était objectés…

Avant d’aller me coucher, je me suis forcé d’ingérer la moindre particule du souper infecte que m’a servi l’indien en charge du camping. Même si chaque bouchée me donnait des frissons de dégout, je voulais mettre quelque chose de solide dans mon estomac. Puis, il a eu le culot de me demander si j’aimais ca… tu penses que je vais te répondre quoi chose bine… que c’est infecte?!? J’ai répondu que c’était délicieux.

Fin de journée… donc il doit être 18 ou 19h… je rentre dans mon vaisseau spécial et tout l’univers s’efface autour de moi. Il ne reste plus que cet espace d’au plus 1,5m x 2,5m.

Même si je suis en train de faire un trek, quelque chose que j’adore faire, je ne me sens pas du tout dans mon élément présentement. Depuis le début, tout est orienté en fonction des groupes organisés. J’ai croisé quelques voyageurs en autonomie comme moi, mais trop peu et tous allant dans le sens contraire. Sinon, la très grande majorité des gens ont 50ans et + et sont dans des groupes organisés gros luxe. J’ai osé demander à 2 d’entre eux, faisant parti de 2 groupes différents, comment ça leur coutait; l’un d’eux m’a dit 4000rs/jour et l’autre 6000rs/jour. C’est donc environ 100$/jour pour un trip de 2 à 3 semaines… bouffe incluse, cuisinier, ânes pour transporter le matériel, guide, tente, etc. À titre comparatif, avec l’achat de ma tente et de mon sleeping, mes 3 semaines vont me couter environ 200$…

Pour terminer cette journée sur une bonne note, avez-vous déjà vu une femme toute menu courir comme une demeurée après un taureau qui ne voulait rien savoir? Moi oui…

Pauvre fille, je l’ai vu courir après son taureau un bon 20min sans jamais être proche de l’attraper. Je me demandais bien comment le tout allait finir quand ils ont tous les 2 disparus de mon champ de vision… mon interrogation n’est donc toujours pas répondue héhé.

Je vous laisse là-dessus pour aujourd’hui…

Jour 10 – SUR LA ROUTE

Info;
– Pishu (3470m)
– Rinam
– Karsha (3660m)

Nombre de kilomètres; +/-18km
Total; 154km

Description;
Réveil après une journée complète et une nuit entière sans problème de plomberie… HOURA. Bon, je meurs de faim, mais c’est maintenant devenu parti intégrante de mon quotidien alors il n’y a rien de spécial…

Aujourd’hui, le programme est très simple; je n’ai qu’à suivre les traces pour me rendre jusqu’à Padum via Karsha, mon arrêt probable pour la nuit. Cependant, ce ne sont plus des traces de merdes, mais bien des traces de pneus et le fil qui chante (fil électrique)… je me rapproche définitivement de la civilisation… quelle genre de civilisation, on verra bien.

Aussi, nul doute dans ma tête, il ne pleuvera pas… il fait un soleil d’enfer. J’aurais aimé avoir un cheval pour galoper au plus vite cette étendu vaste et aride. Il faut avoir la « couenne » dur et beaucoup de volonté pour vivre dans cette partie du monde.

Le long de la route, le village de Stongle et son magnifique monastère, encore une fois perché sur une montagne, défilaient devant mes yeux. Ça a l’air très beau… mais aussi très haut… et comme je l’ai déjà dit, une fois que tu as vu l’intérieur d’un monastère, tu les as tous vu.

Un peu plus loin, j’ai pu apercevoir Padum au plus bas et à l’extrémité Sud-Est de la vallée (j’arrive en provenance du Nord). Le centre économique, politique et géographique de la région se trouve à la rencontre des 3 vallées, et incidemment des 3 rivières, qui forment le Zanskar. Derriere Padum se trouve une chaine de montagnes avec de gigantesques glaciers à leur sommet… qui ne semblent attendre qu’une seule occasion pour dévaler jusqu’en bas.

Malgré tout, la route est encore longue jusque là. Plus j’avance et plus la vallée s’agrandi. Stongle, que je viens de dépasser, est à plus de 20km de Padum et je distingue parfaitement beaucoup plus loin de part et d’autre.

Puis, au détour d’un vallon, j’ai finalement distingué Karsha, ma destination du jour. Caché des regards jusqu’à la dernière minute, c’est l’un des endroits les plus connus du Zanskar et du Ladack, pas nécessairement par les touristes, mais par les locaux; le village possède l’un des monastère bouddhiste les plus gros et des plus impressionnants.

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Situé à plus de 9km et à l’opposé de Padum dans la vallée (à l’Ouest), le village se trouve sur une colline formant un espèce d’amphithéâtre et donnant une vue sur l’ensemble de la vallée. Pour sa part, le monastère est admirablement disposé en cascade directement sur la falaise tout juste derrière, lui donnant probablement le plus bel endroit de toute la vallée.

La vallée étant une plaine jonchée de cailloux et de roches de toutes dimensions, je n’imagine pas le travail incroyable que les premiers habitants ont du effectuer pour libérer les quelques acres de terres à peine cultivable et encore, ces terres ne sont pas propices à la culture étant essentiellement un mélange de cailloux.

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Karsha est de loin la plus grande agglomération que j’ai pu croiser depuis mon départ de Leh; il y a une route pavée, des magasins et plus important encore… une belle guesthouse avec la TV et de l’électricité à la journée longue. Je croyais bien ne plus jamais revoir cela de ma vie… depuis Manali que je n’en avait pas vu. Depuis 10 jours, pour moi le mot civilisation veut dire… avoir de l’électricité produite par une génératrice… C’est donc tout un choc.

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À mon arrivé, j’ai passé quelques heures à regarder des émissions du style Fear Factor indien (je m’en foutais, je regardais la TV et surtout je ne marchais pas) avec le jeune bouddha qui séjournais dans la maison… en ayant du thé et de grosses miches de pain à volonté… le PARADIS

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C’est aussi la 1ère fois que je me vois dans un miroir depuis mon départ de Leh. Ça fait peur… mon nez y a particulièrement gouté… heureusement que j’ai une barbe pour camoufler mes traits sinon je ressemblerais à un mort vivant. Bon, pour ce qui est du miroir, je m’en serais passé puisqu’il m’a permit de constater que je n’ai quasiment plus que la peau sur les os et qu’en plus je ressemble à un vieillard avec ma barbe touffu. En fait, si je me voyais dans la rue et que le moi barbu essayait d’aller parler au moi normal, JAMAIS dans 100ans, le moi normal ne voudrait adresser la parole au barbu. J’ai l’air d’un pomé qui a passé beaucoup trop de temps en Inde… en fait c’est exactement le cas. Autant j’ai bien souvent cette étincelle dans les yeux, autant maintenant mes yeux sont vides…

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Et puis, en rechargeant mes appareils électroniques, je me suis rendu compte que ma carte SD (mémoire de ma caméra) manquait. Pris de panique, j’ai fini par faire le lien avec moi ce matin qui ouvrait sans cesse ma caméra pour chauffer la batterie avec mes mains et ainsi gagner quelques photos supplémentaires. Sans m’en rendre compte, elle a du glisser tout juste avant mon arrivé à Karsha puisque mon appareil ne peut pas prendre de photo sans carte mémoire.

J’ai donc refait le chemin que javais emprunté ce matin jusqu’au muret du village quelques kilometres plus loin, afin de voir si une miracle ne pourrait pas se produire. Après tout, j’avais bien retrouvé mon iphone par 2 fois sur les plages de Goa après l’avoir perdu. Rien n’est impossible pour qui veut bien y croire (ou quelque chose comme cela).

De l’autre coté du mur, j’ai aperçu quelque chose de petit, carré et noir. Tout plein d’espoir, je me suis approché et… ahhh non… une simple roche. J’ai refait le même exercice sur le retour… toujours en vain.

Au mieux, quelqu’un la ramassera et dans 20-30ans, donc lorsque l’ordinateur arrivera ici, ses ancêtres verront ce qu’il y a à l’intérieur. Au pire, elle finira dans la bouche d’un animal ou écrasée sous une semelle.

C’est donc dire que j’ai perdu 3 jours de photo du trek (les jours 4, 5 et 6), soit les plus beaux paysages de cette première moitié du parcours. De toutes les photos que j’avais pu prendre et que j’ai perdues, 3 choses me manqueront; le vieux monsieur qui était à mon camp lors du jour 4 et qui m’a tendu une pelle pour que je creuse une tranchée autour de ma tente, le panorama de mon campement le jour 5 et tout le jour 6… probablement le plus beau jour du trek, avec la superbe vu depuis MargumLa, la découverte de Lindshed et l’impressionnante montagne que j’allais avoir à monter derrière. Mais bon… une fille rencontrée à Shimla s’était fait dérobée un sac comprenant toutes les photos de ses 6 premiers mois de voyage. Elle m’avait dit que les voyages ne devait pas simplement se resumer à prendre des photos… ce qui est très vrai… il y a aussi l’écriture héhé. Tandis que le paroles et les photos s’envolent, les écrits restent. Je me console aussi en me disant que les choses auraient pu être pire… je suis toujours en vie.

En fin de journée, je me suis décidé à retenter une dernière fois des recherches sur le sentier… sans aucun succès encore une fois. Cela m’a cependant permis de prendre de superbes photos de la vallée, notamment de Padum. Seul étranger dans tout le village, j’y était l’attraction. J’ai donc piqué une jasette avec quelques ainés, en plus de m’amuser avec les enfants. Plus tôt dans la journée, j’avais fait le plein de biscuits au magasin du coin et j’en distribuait allègrement à tous… en échange de photos.

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Il y a notamment ma petite madame qui a rapidement compris le truc et qui m’attends à la sorti de la maison où je suis hébergé… petite futée… mais bon, je lui pardonne, elle était tellement sympathique.

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Quand j’ai voulu leur montrer les photos que j’avais prises d’eux, je me suis agenouillé à leur niveau et ils m’ont littéralement submergé comme un ballon au milieu d’une partie de rugby. Puis, clou du spectacle, s’en est suivit une corrida de moutons/chèvres/brebis/peut-importe dans la rue.

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Cette heure passé à déambuler dans Karsha est à placer très haut dans mes plus beaux moments du voyage. De voir la joie sur le visage des enfants quand je leur donnais un biscuit… sans gout et qui ferait reculer de mépris un enfant occidental… WOW

Aussi, tout comme celles de l’Annapurna au Népal, je trouve les jeunes femmes de la vallée de Zanskar très attirantes. Cela va surement faire rire mon père, parce que j’ai toujours dit que je n’était pas intéressé par les asiatiques… ce qui est vrai… mais pour chaque règle, il y a une exception.

Bref, j’en marierais une sur le champ si elle acceptait de prendre une douche. Pour celles trop jeunes, j’en adopterais bien une demi-douzaine pour les ramener au pays et les sortir de leur pauvreté. Ce serait probablement un bon investissement, puisque comparativement aux enfants occidentaux, qui ont tout cuit dans le bec (et je m’inclus dans le lot), de simples biscuits font leur bonheur, elles ne se plaignent jamais, sont très travaillantes, disciplinées et surtout… elles savent faire la cuisine et la vaisselle héhé.

À mon retour à la guesthouse, la famille m’a invité à partager leur souper. J’étais donc bien assis dans la cuisine à me faire bourer de bon pains frais, de très bon « milk tea » et de vraiment pas bon « butter tea » (du thé salé… très populaire ici… on tournera pas autour du pot; c’est dégeulasse… mais quand tu es l’invité et qu’on t’en sers, tu le bois avec le sourire) pendant que toute la famille, c’est donc dire mama, little bouddha et une jeune adolescente, préparait le souper en jasant et chantant (dans les 2 cas je ne comprenait rien et je me contentais de sourire et de bouger de la tête).

Un peu plus tard, nous nous sommes tous déplacé dans la salle de séjour pour manger et regarder la télévision. À ce moment, un vieil homme, le mari qui travaillait au champ, s’est joint à nous. Peu importe le poste que la petite fille syntonisait, c’était complètement absurde. je l’ai déjà dit dans une chronique antérieure, mais il fait à tout prix que vous écoutiez une émission ou un film indien dans votre vie. Même si vous ne comprendrez absolument rien, vous allez rire un bon coup. C’est à faire passer « Les feux de l’amour », « Dynastie », « Top Modèle » et autre téléroman savon de fin d’après-midi pour des drames avec une trame narrative soutenue.

Puis, comme si ce n’était pas assez, avant que le soleil ne disparaisse, le ciel s’est teinté de rose et le sommet des montagnes, enveloppés de glacier, représentait le dernier endroit où les rayons jetaient leur emprise sur la vallée. C’était magnifique… Au fur et à mesure que le soleil disparaissait, la neige des glaciers commençait à fumer.

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De l’autre coté du ciel, la Lune, presque pleine, était déjà installé bien haute et n’attendait que le signal du grand metteur en scène pour tirer le rideau, tout scintillant d’étoiles, sur cette journée haute en couleurs.

J’aime tellement l’endroit que je songe à rester un jour de plus. Ça me fait du bien d’être entouré d’une famille comme la leur. En plus, ils me font sentir comme l’un des leurs. Après tous ces moments très pénibles des derniers jours, si cela a eu 1 seul point positif, c’est que cela m’a beaucoup fait réfléchir à ce qu’il y a de plus important dans ma vie, c’est à dire ma famille, mes amis, et ce que je veux faire du reste de ma vie..,

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Je ne suis pas en train de devenir cul cul, c’est simplement que sans aucunement dramatiser, j’ai bien cru que j’allais y rester. Dans quelques semaines, toute cette histoire sera chose du passé et je recommencerais surement à me penser invincible et à faire des choses insouciantes… mais pour l’instant je n’en suis pas là.

On a tous besoin, à un moment où à un autre dans notre vie… qu’on soit une grosse brute ou un joueur de flute à bec… que quelqu’un nous prenne dans ses bras et nous disent d’une voix rassurante « ne t’en fait pas, tout va bien aller » (même si ce n’est pas nécessairement vrai). Eh bien, j’en avait désespérément besoin cette semaine et cette famille est la chose la plus proche que j’ai trouvé d’un coleux.

Pourtant quelqu’un de très émotif (pas dans le sens de pleurer, plutôt dans le sens d’impulsif/colérique/etc.) je suis du genre de la vieille école quand vient le temps de montrer de l’affection. Je profite donc de la situation pour dire à mon père Dominique, à ma mère Jeanne-Mance, à mon frère Francis et à ma soeur Aimyly… la future prof de frensait; je vous AIMES… bien.

Nahhh, quoi de plus poche que quelqu’un qui te dit « je t’aime bien ». Sans farce, je vous AIME.

Aussi, Faf, Franko, Ben, Oli, toute la bande de Qc… je commence à avoir hâte de revoir vos faces de cul. Solitaire de nature, je ne me suis jamais senti aussi seul que dans mon vaisseau spécial perdu au milieu de nul part entre Lamayuru et Padum à des miles de toutes personnes qui parlait ma langue.

Bon, vous pouvez ranger les violons… Pour paraphraser Will Smith parlant à Martin Lawrence dans le film Bad Boy II après que ce dernier lui ait confiés ses problèmes de couple; « on va prendre toute cette histoire, on va mettre ça dans une petite boite, on va la cadenasser… et la lancer dans l’océan. Après cela, TU NE ME PARLES PLUS JAMAIS DE ÇA OK. Grand sentimental ce Will…

Je délaisse donc le plancher des vaches pour un bon lit douillet l’instant d’une nuit.

Jour 11 – STOP

Info;

Karsha (3660m)

Nombre de kilomètre; 0km

Total; 154km

Description;

À partir du moment où le soleil a commencé à se pointer le nez, le père de famille où je suis hébergé a commencé à chanter un mantra long de 2 phrases. Il l’a récité non stop dans la maison durant 2h. Peu importe, après quelques minutes, c’est devenu une espèce de mélodie, comme les oiseaux dehors… et je me suis rendormi.

J’ai encore ce matin le même dilemme que j’avais hier; je reste un autre jour ou pas?!? Je suis trop bien ici et une journée de plus me ferait le plus grand bien. En revanche, mon tempérament me commande de bouger…

Afin de faire mijoter le tout encore un peu, j’ai été piqué une jasette aux avec les vieilles pierres du monastère dominant le village. C’était plus facile à dire qu’à faire puisque la promenade a consisté à monter et monter et monter des marches. Cependant, comme peu d’autre monastère où je suis allé, ça en valait le coup. Ici, dans ce coin très reculé, ils prennent très au sérieux la religion et être consacré moine n’est pas un moyen pour échapper à la pauvreté, etc. comme cela pourrait l’être autour de Leh. De toute façon, tout le monde vit pas mal au même niveau, il n’y a pas vraiment de riche et pas vraiment de pauvre non plus… chacun travaille pour la subsistance de sa famille et ils s’autosuffisent pour la grande majorité des choses.

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Bref, revenons au monastère. Construit au 10ème siècle de notre ère, il y a donc plus de 1000ans, arpenter les ruelles se relève une véritable leçon d’histoire en 3 dimensions; portes hyper petites, ruelles sinueuses formant de véritables labyrinthes, bâtiments donnant l’impression de tomber de la falaise… mais qui sont probablement dans cet état depuis des siècles, etc. Puis, tout en haut se dresse le temple. De par sa position, il domine complètement la vallée et offre une vue imprenable. Attention par contre… peur du vertige s’abstenir. Les garde-corps ils ne connaissent pas.

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Preuve que la religion est prise très au sérieux, le temple ouvrait à 7h, je suis arrivé en haut à 7h20 et je n’ai croisé AUCUN moine. Pourtant, ils sont plus de 100 à résider ici. Dans les autres monastères où je suis allé, on pouvait en voir flâner pendant la cérémonie du matin.

J’étais donc TOUT FIN SEUL à arpenter les rues d’un endroit plusieurs fois centenaire. Cette heure là dans à me promener dans le monastère de Karsha m’appartenait… mon moment dans l’histoire.

9h – Après un bon déjeuner en compagnie de la charmante famille qui m’héberge, j’ai décidé de me reposer un jour de plus ici. J’adore l’endroit et j’ai besoin de repos.

10h – Bien déterminé à aller faire un tour à Padum pour voir le village, acheter des cossins et surtout essayer d’entrer en communication avec ma mère via internet (j’ai entendu dire qu’il y avait internet), j’ai lacé mes bottes, mis mon foulard sur la tête (je ressemble à un motard, mais au moins je parais plus propre) et j’ai attaché ma gourde à ma taille. Puis, je me suis élancé dans la ruelle. À peine 10m de franchit, je me suis arrêté sec et je me suis dit « de la marde Padum » et je suis retourné à la maison… au grand soulagement de mon genou droit qui criait littéralement victoire. Autant j’aimerais donner signe de vie à mes parents, autant j’ai beaucoup plus besoin d’une journée sans marcher. La raison l’emporte donc sur le coeur.

Même en voyage on a besoin de décrocher et de rien faire. Il fait super beau dehors (moi qui peste contre la pluie depuis le début du trek), mais je n’ai pas l’intention de lever le petit doigt et je sortirais de ma chambre simplement quand j’entendrais « lunch/tea/diner ready (le lunch/thé/souper est prêt) » et pour aller voir le coucher de soleil rosé vers 19h ce soir. De toute façon, je ne suis pas en reste dans ma chambre puisque j’y ai une superbe vu de la vallée.

Je vais donc profiter de cette journée pour faire la chose que j’aime le plus faire quand je ne me fais pas souffrir à marcher des kilomètres… écrire. Puisque je devais restreindre l’utilisation de mon IPhone à la simple prise de photo afin d’économiser au mieux les batteries, j’ai écrit toutes mes notes de voyage un peu partout; dans mon guide, sur des bouts de papiers trouvés un peu partout et surtout, et ça va en faire grincer quelques-uns des dents, dans le livre que je li actuellement; « Annapurna; Premier 8000 », livre chaudement recommandé par mon ami Julien Fumard lors de notre trek au Népal, qui raconte l’histoire de l’équipe d’alpinistes français qui a conquit le premier sommet de plus de 8000m (il y en a 14 dans le monde), c’est-à-dire l’Annapurna en 1950, soit 3ans avant la conquête de l’Everest. Ce récit poignant est raconté par le l’expédition et montre combien les rêves les plus fou sont réalisables. En bout de ligne, il faut simplement y croire jusqu’au bout des doigts et mettre tout son coeur dans l’aventure…

Donc Julien, si tu lis ces lignes, saches que j’ai adoré la lecture (je l’ai même trouvé en français… en Inde héhé), mais que maintenant il est devenu difficile à lire (j’ai écrit partout où je pouvais; entre les lignes, sur les cotés de pages, etc.)

Puis, au milieu de l’après-midi, un orage d’une violence inouï s’est abattu sur la vallée. Bien que Karsha n’ai eu que les soubresauts, était un peu en périphérie, le vent était impressionnant. Qu’est-ce que ça fait un vent violent dans un environnement désertique? Une tempête de sable… BINGO.

J’étais donc hyper content de mon choix de rester ici un jour de plus. Si j’avais marché ou si j’étais allé à Padum, j’y aurais goutté.

Encore une fois aujourd’hui, je semble être le seul blanc dans les parages. Je ne sais pas pourquoi c’est ainsi… Probablement que les gens ont trop peur de s’aventurer en dehors des « sentiers battus » et de risquer. Pourtant, il n’y a ABSOLUMENT rien à craindre. La chose la plus dangereuse ici est moi et de loin. Peu importe, je ne me plaindrais pas d’être le seul blanc dans la place, au contraire, je chéri la situation. Quelle privilège d’avoir trouvé un endroit aussi extraordinaire et d’être à l’écart de la manne touristique et des tours organisées.

À mon 2ème soir à la maison, il y avait 2 moines pour souper avec nous. Eh bien dans les 7 autour de la table, j’étais le seul avec la mère à ne pas recevoir/envoyer des textos avec un cellulaire.

Aussi, vous devriez voir la face de mes hôtes quand, après avoir déjà pris 3 assiettes de Rice’n Dal (du riz avec une espèce de purée sur le dessus) je dis que je suis plein et que ce sera assez. Ils me font alors une de ces faces que ma mère me faisait lorsque je n’avais presque rien mangé dans mon assiette quand j’étais jeune… Eille chose, mon estomac est plein que veux-tu que j’y fasse.

Enfin, peu importe le moment où je suis sorti de la résidence aujourd’hui, il y a toujours cette très vieille femme sur son toit à corder du foin.

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Pour l’heure, c’est le moment du bilan de la 1ère moitié du trek;

10 jours de marches, 7 passes de plus de 4000m franchit et plus de 150km de marche.

La première moitié du trek est donc terminée et le plus dur est désormais derrière moi… en théorie. En effet, la grande majorité du trajet à faire est plat sauf une dernière ascension à la toute fin… réputée comme étant la plus difficile du parcours.

À bien des moments, j’ai cru ne jamais arriver jusqu’à Padum/Karsha. J’ai plutôt sincèrement cru y laisser ma peau.

Pour vous donner une idée, une journée typique était comme si vous disais « voici ce qu’on va faire aujourd’hui, on va aller au Massif de la Petite Rivière dans Charlevoix et puis on va monter 2 pentes à pied… pas de tricherie, je parle des pentes qui vont du chalet au fleuve et non celles qui s’arrêtent à mi-hauteur… Ahhh, et au lieu de commencer au niveau de la mer, le départ se fera à 3000-4000m… Ajoute dont un sac de 5-8kg sur ton dos tant qu’à y être… Enfin, je te donne 6 heures pour faire tout cela (pauses, lunch, etc. inclus).

Jour 12 – PADUM TERRE PROMISE

Info;
– Karsha (3660m)
– Padum (3570m)

Nombre de kilomètres; 10km
Total; 164km

Description;

5h00 tapant – Mon sac est prêt depuis la veille, j’enfile mes bottes et je quitte définitivement Karsha. Je commence la seconde moitié de mon trek right f$ck!ng now…

Burp… Tabarn… (bruit de gars qui coure à la toilette pour vomir)

Je n’ai pas enfilé mes bottes et mi mon sac à dos sur mon dos… NON. Le réveil a plutôt été très pénible, tout comme la nuit qui l’avait précédé. Disons que d’être cloué au lit à 7h du matin, ne faisait pas parti de mon plan de match. C’est alors que le père de famille s’est aperçu de mon état et a commencé à s’occuper de moi en m’apportant des tasses d’eau bien chaude et de la soupe.

Jusqu’à hier soir, je n’avais pas réussi à cerner qu’est-ce qui avait causé ces problèmes de plomberie qui me suivent depuis. J’avais certains doutes, mais rien de probant… mais je sais depuis maintenant quelques heures la cause exacte. En effet, tout de suite après avoir pris mon souper hier soir, je suis allé au lit. Quelques heures plus tard, donc en plein milieu de la nuit, mon estomac a encore une fois explosé… symptôme I D E N T I Q U E à la première fois. En vous épargnant les détails, disons que j’ai passé plus de temps dans la salle de bain (si on peut appeler une pièce non finie avec un trou dans le plancher une salle de bain) que dans mon lit. Bref, la galère…

Remontons quelques heures auparavant vers 21h à l’heure du souper de famille… le souper était de la thukpa, une espèce de soupe avec des pâtes très consistantes à l’intérieur (pour ceux qui ont déjà mangé de la thukpa au Népal ou dans le reste de l’Inde, ça n’a rien à voir avec le thukpa du Zanskar). Enfin bref, la seule autre fois où j’ai mangé ce repas, c’était il y a une semaine lors de mon campement près de la teahouse à la Base de la SenngeLa Pass… soit quelques heures avant que mon estomac explose pour la 1ère fois. Cela ne peut pas être le simple fruit du hasard…

Durant cette nuit « magique », j’imaginais ce que devait être la scène dans mon corps. Voici le genre de conversation que pourraient avoir le contremaitre Enzyme et son assistant à l’arrivé des morceaux de Thukpa dans mon estomac…

Assistant – Chef, on a un chargement bizarre en approche. Je ne crois pas que ce soit de la nourriture…

Chef – Zzzz
(se fait réveiller par son assistant)

Chef – Quoi… C’est déjà la nuit?!? Notre quart est terminé?!?

Assistant – Non chef, bien au contraire. Il y a un chargement très bizarre qui vient d’arriver. Je doute que ce soit de la nourriture…

Chef – Qu’est-ce que tu racontes… Nicolas devait avoir 7 ans la dernière fois qu’il a mangé quelque chose qui n’était pas de la nourriture…
(puis le chef s’ouvre les yeux)
NON D’UNE PIPE…

Assistant – Et il en rentre encore…

Chef… en panique (au cas où vous ne le sauriez pas, les Enzymes sont des organismes syndiqués… le chef n’a donc pas été désigné chef par compétence, mais bien en raison de son ancienneté…) – Euh… expédie ça aux intestins, ils vont savoir quoi faire j’en suis sur…

Assistant – Sans les « traiter » au préalable?!?

Chef – Fait ce que je dis… ouvre la trappe et ship moi ça en bas.

Pendant ce temps dans les intestins…

Enzyme anonyme – Grande quantité d’objets inconnus en approche…

Chef (à son affaire) – Ataboy… mais qu’est-ce que l’estomac nous envois… Allez les gars, liquéfiez-moi tout ça et que ça saute et contactez les gars au Colon pour leur dire de laisser le Péteux ouvert jusqu’à nouvel ordre…

[…]

Enzyme anonyme – Chef… l’estomac ne cesse de nous en envoyer… on ne peut pas fournir…

Chef – Sceller la trappe nous reliant à eux jusqu’à nouvel ordre… C’est €st! de syndiqués du dessus vont voir c’est quoi travailler pour une fois… Il n’est pas question qu’on fasse toute leur job…

Dans l’estomac…

Assistant – Chef, les intestins ont scellé la trappe et il en rentre encore…

Chef – QUOI?!?

Assistant – Je crois qu’on dev…
(interrompu par son chef)

Chef – Je ne vois qu’une solution; il faut renvoyer ça à la surface…

Assistant – J’ai peut-être une solution…

Chef – Trop tard pour les solutions… il faut agir (pèse sur le bouton éjection)

Et voila… ça devait ressembler à cela.

20 aout – 8h20 – Après quelques heures de galère, j’allais un peu mieux et j’ai décidé de continuer mon chemin. Même si je sais que mon estomac va me faire vivre des moments pénibles dans un proche avenir, je suis en train de virer fou à ne rien faire, j’ai besoin de bouger…

Je quitte donc Karsha le cœur lourd (cette famille va me manquer), l’esprit serein, les jambes fraiches et l’estomac qui prépare son prochain attentat. L’instant de 2 jours, j’ai eu l’impression de faire parti d’une famille et que des gens se souciaient de mon sort. Bon, ne partez pas en peur, je sais très bien que ma famille se soucie de mon sort, mais je veux plutôt dire d’avoir quelqu’un à proximité de moi qui fait de même. J’avais l’impression que le père de famille, de l’endroit où j’étais hébergé, se souciait de moi comme de l’un de ses fils. C’est assez drôle puisque si j’avais séjourné chez quelqu’un qui avait agit ainsi à tout autre moment de mon voyage, j’aurais pété ma coche, mais à ce moment précis, c’est exactement ce dont j’avais besoin après les jours très pénibles que j’ai vécus.

S’en est donc suivit une promenade de 2h dans une plaine aride et sous un soleil à nouveau de plomb pour gagner Padum.

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La route était une alternance entre des plaines rocheuses et de petits villages perdus, à me faire achaler encore et toujours par les foutus mouches… Celles-ci, plus que la fatigue, la maladie et la chaleur combinés, sont en train de me faire craquer. Je  les entends siller autour de moi et je les sens se poser sur ma peau, sur mes lèvres, dans ma barbe, au milieu des yeux (on appelle ça un nez… ahhh merci)… et ça me rend fou.

Finalement Padum, Terre Promise auquel j’ai tant rêvé durant mes moments difficiles de la dernière semaine, j’y étais finalement rendu.

Aussitôt arrivé que je voulais déjà lever les feutres…

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Cet endroit n’a aucun charme, je dirais même qu’il comprend à très petite échelle tout ce que je déteste de l’Inde; c’est bordélique, ya du monde qui veulent te vendre plein de cossins dans la rues et le bruit, notamment les klaxons, est constant. Je me félicitais donc d’avoir pris ma convalescence à Karsha plutôt qu’ici. Ne restait plus qu’à acheter quelques trucs pour la suite de mon trek et ensuite continuer mon chemin.

Padum est en fait une très longue rue bordée de commerces de toute sorte. Outre les touristes, pour qui c’est un passage obligé, étant une espèce de rond point où les sentiers/routes culminent, il y aurait 3 raisons pour venir à Padum si j’étais un habitant de la vallée; 1. Je veux acheter des choses, 2. Je veux vendre mes récoltes, etc., 3. J’habite ici et je suis un vendeur/acheteur travaillant dans l’une des shops. Autrement, il n’y a AUCUNE raison d’y mettre les pieds. Comme partout en Inde, le principal problème demeure que malgré la quantité industrielle de commerce, ils vendent tous la même maudite chose où à peu près. Ma ville de Padum idéale serait quelques hôtels, 1 magasin général, 1 magasin de textile et 1 café internet… That’s it.

À peine sorti de Padum que le cœur me levait et que d’horribles crampes d’estomac faisaient leur apparition… à nouveau. J’ai alors pris ma carte… j’ai regardé la distance qui me séparait du prochain village… j’ai lancé un regard de dégout vers Padum tout juste derrière moi… j’ai regardé ma carte de nouveau pour être sur qu’un phénomène magique ne s’était pas produit depuis 10 secondes et que le village suivant n’était pas hyper proche d’ici… j’ai remis ma charge sur mon dos… et je suis retourné la queue entre les jambes… ben oui toé… vers Padum à la recherche d’un hôtel.

Après seulement quelques minutes de recherche, je tombais sur quelque chose de complètement inespéré dans pareil endroit; un hôtel ayant l’électricité à la journée longue (même à Leh et Manali c’est du jamais vu), avec une chambre spacieuse, air climatisé et tenez-vous bien… 2 choses que je croyais avoir imaginés tellement ça fait longtemps que j’en ai vu; un bol de toilette et une douche (avec eau chaude en plus). WOW.

Quand on regarde froidement les choses, ce n’est pas une si mauvaise chose de rester à Padum.

Premio; je vais passer la journée à retranscrire/mettre au propre mes épisodes (il y en a pour 1 mois depuis que j’ai quitté Manali). J’aurais eu à la faire un jour ou l’autre avant de partir de l’Inde.

Deuzio; j’ai commencé ma journée à 8h30, ce qui est beaucoup trop tard puisque vers 10h, le soleil tape déjà. Une bonne nuit de repos (on l’espère) et je partirais a 5h.

Tercio; même si la ville me dégoute, j’aurais peut-être la chance de donner des nouvelles à ma mère en fin de journée via l’un des cafés internet… si ils fonctionnent, qui doit beaucoup s’inquiéter puisque son fils n’a pas donné signe de vie depuis bientôt 2 semaines (internet n’allait finalement pas fonctionner de la journée).

J’ai quand même marché 10km aujourd’hui… dans un désert et sous une chaleur de plomb. C’est quand même pas mal pour quelqu’un qui ne se sent vraiment pas bien. Et vous à la maison, qui peut me dire qu’il a marché 10km aujourd’hui?!?

Avis aux intéressés, pas besoin de faire un trek pour se rendre à Padum, Karsha et les environs. Depuis 20 ans, il existe une route ouverte entre la mi-juin et la mi-septembre, qui relie Leh et Srinigar au centre de la vallée via Kargil. Le cout du transport est cependant très cher.

Jour 13 – PAS D’EXCUSE

Info;
– Padum (3570m)

– Bardan

– Mune

– Reru (3790m)

Nombre de kilomètres; 24km
Total; 188km

Description;

Prise II – Bien reposé, gavé comme jamais depuis quelques semaines, l’esprit vif, les jambes cousi-cousa (mon genou droit broie encore du noir) et le sac à nouveau rempli de provision… qui ont du gout cette fois (meule de fromage, biscuit, sac de sucre, etc.). J’ajouterais même que mon linge est propre… euh… à tout le moins beaucoup plus propre qu’il ne l’était.

Aujourd’hui, aucune excuse ne tient… « ouais mais j’ai mal à mon bebon »… « y fait trop chaud »… « y pleut a siaux ».

Oh non… Ça commence à faire.

Je quitte donc la magnifique vallée comprenant Padum, Karsha, Stongle, etc. pour enfiler dans une gorge suivant une rivière et qui me conduire éventuellement à Darcha, dernier stop de mon trek.

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Allez les pieds, vous savez quoi faire, je ferme mon cerveau et je vous suit.

8h50 – J’ai déjà 13km dans le corps puisque la Bardan Gompa, petit monastère perché sur un étrange rocher coincé entre le bord de la rivière et la route, est désormais à coté de moi. Assez impressionnant. Au même moment, le soleil se pointe, même un aveugle aurait pu le remarquer tellement une tonne de mouches font leur apparition à la seconde où les rayons du soleil me frappent.

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J’aurais très bien pu prendre un jeep jusqu’à Reru, comme la plupart des randonneurs font, mais bon, je ne suis pas la plupart des randonneurs, j’en suis un entêté qui s’était dit qu’il allait marcher coute que coute tout le sentier… et c’est ce que je vais faire.

S’en est suivit une promenade d’un peu plus de 15km jusqu’à Reru, dernier endroit où la route se rend depuis Padum, en passant par le village de Mune, le long d’un sentier très monotone.

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1h15 –Il m’est impossible d’aller plus loin… je n’en peux plus. Je décide donc de m’arrêter pour la nuit à Reru.

Je suis à me promener dans les ruelles du village et je ne souhaite qu’une chose; je n’ai aucune envi de dormir dans ma tente ce soir, je veux tomber sur une gentille homestay… ce qui arriva quelques minutes plus tard… pas avant d’avoir eu mal à partir avec 3 kids vraiment intransigeants qui voulaient des bonbons coute que coute.

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J’éprouve un tel sentiment de libération à déposer mon sac. Je suis stoïque puisque mon esprit, mes jambes et mon estomac savent très bien qu’à partir du moment où il n’y a plus de sac sur mon dos, on ne va pas plus loin.

Vers 5h, après un après-midi complet de farniente, l’homme de la maison est venu m’apporter une gigantesque assiette de riz avec des légumes (quand même bon si il n’avait pas échappé la salière dedans) en me lançant « little lunch… diner at 7 (petit lunch… le souper est à 7h) »… euh ok, tu veux que j’ingère tout ce riz qui pourrait nourrir une famille et on remange dans 2h… oufff. Je testais donc mon estomac pour la 1ère fois depuis ma rechute (je n’avais pas pris de change depuis le début de la journée… seulement des biscuits) sans savoir où se trouvait les toilettes… Heureusement ça a passé. Je suis donc sur le chemin de la guérison… à nouveau. Pour l’heure, je ne suis qu’une vulgaire enveloppe corporelle qui n’a plus aucune âme à l’intérieur…

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Fait cocasse, l’homme n’arrête pas de m’apporter du « milk-tea (thé au lait) », mais je suis convaincu que c’est du chocolat chaud… ce n’est pas moi que va m’en plaindre… mmm du chocolat.

C’est fou comment depuis le début du trek je n’ai aucun appétit. J’ai peine à finir mes assiettes et je mange très lentement. Ce serait très dur à croire pour toutes les personnes avec qui j’ai voyagés puisque je me suis souvent fait passé la remarque que je mangeais trop vite et beaucoup trop… en prenant bien souvent une seconde assiette, et bien souvent une troisième… pour enfin finir l’assiette des autres. Mon manque d’appétit s’explique présentement par 2 facteurs; la maladie et le fait que la bouffe est TRÈS MAUVAISE.

19h – L’homme entre dans ma chambre avec un grand sourire et me présente le repas « this is a traditionnal food in Zanskar… a Thukpa (voici un plat traditionnel au Zanskar… une Thukpa) ».

Euh…

J’en suis resté bouche bée. Mon pire ennemi depuis le début du trek qui me faisait face. Juste de voir l’assiette me donnait le goût de vomir. Ne sachant pas trop quoi faire et ne voulant surtout pas offusquer mon hôte en ne mangeant pas son assiette… qui a du lui prendre du temps à préparer… j’ai pris mon plus bel air de gars tout excité et je l’ai remercié.

Heureusement pour moi, il n’est pas resté à coté de moi pour me regarder la manger. Une fois seul dans la chambre, je me suis empressé de trouver une solution. De 1, il était HORS DE QUESTION que je bouffe cette saloperie. De 2, il fallait que je m’en débarrasse pour faire semblant que je l’avais mangé. De 3, il m’était impossible de sortir dehors avec le plat parce que mon hôte m’aurait vu.

Pense vite, pense vite…

Les plantes dans le coin de la pièce! Nah, je ne peux pas leur faire ça. Ça peut vomir des plantes?!?

Je l’ai… je vais utiliser une de mes bouteilles d’eau en plastique… nahhh… ce serait un travail de moine de faire passer la soupe et les morceaux par le petit goulot.

Ça y est… ma tasse de café « I am Canadian », qui me sert à entreposer en sureté tous mes appareils électroniques durant mon voyage… Dans le temps de le dire, j’avais vidé ma tasse et je l’avais rempli de cette affreuse soupe… En sortant marcher tout à l’heure, j’irais vider la soupe dehors… Problème résolu en répondant à tous les objectifs…

Finalement, comme si ce n’était pas assez, j’ai été convié à partager le souper de famille vers 9h. Je n’avais encore une fois aucunement faim, mais j’étais cette fois devant toute la famille. J’ai donc essayé de faire honneur un temps soit peu à mon assiette. Il y avait par contre une chose très intéressante sur la table… un plat de yogourt (ou curd comme il appelle ça). On aurait dit qu’ils savaient pour mon estomac (pour ceux qui ne le savent pas, le yogourt est bon pour les problèmes d’estomac). Cette assiette là, elle a passé au cash et j’en ai même redemandé…

Une fois de retour dans ma chambre, j’ai commencé à me sentir mal quand j’ai compris que je couchais dans la chambre des 3 petites filles de la famille. Celles-ci allaient dormir sur le plancher de la cuisine cette nuit à cause de moi… mais bon, en revanche, je donnerais à la famille une centaine de roupies qui leur seront très utile.

À noter aussi que comme c’était le cas de la famille qui m’hébergeait à Karsha, ce n’est ni le père, ni la mère qui s’occupe des tâches ménagères et de la cuisine, c’est plutôt la plus vieille des filles qui doit avoir tout au plus 13-14ans. Les parents sont plutôt occupés à travailler dans les champs toute la journée.

Jour 14 – PURNE COUTE QUE COUTE

Info;
– Reru (3790m)

– Ichar (3810m)
– Pepula

– Tsetan

– Surle
– Kalbok

Nombre de kilomètres; 18km
Total; 206km

Description;
5h45 – Réveil… ce matin, je suis là de corps et d’esprit. Pour la 1ère fois depuis… je ne me rappelle pas quand… ça me tente de marcher.

En laissant Reru derrière moi ce matin, j’ai aussi laissé la route. C’est donc dire que la prochaine fois que je verrais une ligne noire tracée par l’homme, c’est que mon trek sera terminé et que je serais sur le chemin du retour (grand soupir… je suis encore loin de là).

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Quoique relativement plat, le sentier était très difficile à négocier et dans une zone propice aux éboulements. Je dois en plus faire gaffe à ne pas me transformer moi-même en éboulement et ainsi me ramasser dans la rivière puisque le sentier se trouvait souvent dans des sections assez inclinées et faites de pierres. Une chance que j’ai des bottes qui montent jusqu’en haut des chevilles sinon je me serais déjà foulé une demi-douzaine de fois la cheville droite (pourquoi la droite et pas la gauche… allez dont leur demander).

8h50 – Le très beau village de Ichar, perché sur la colline de l’autre coté de la rivière, est désormais tout juste derrière moi. À en croire ma carte… et je la crois… j’aurais fait le ¼ du chemin jusqu’à Purne… autre manière de dire que j’ai encore beaucoup de croute à manger…

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Mon avant-midi s’est résumée à suivre le sentier en montagne russe; une minute je me trouvais tout en haut de la montagne et la minute d’après je longeais la rivière en contrebas.

Chaque zone d’ombre était alors pour moi l’objet d’une immense joie, l’équivalent d’un oasis dans le désert. Je profitais aussi de chaque chute d’eau que je pouvais croiser pour caller ma bouteille d’eau, la remplir à nouveau et tremper ma tête dans l’eau fraiche… j’ai oublié de dire qu’il fessait encore aujourd’hui un soleil d’enfer.

Peu avant que 11h fasse son apparition, j’ai rejoint Pepula, l’endroit où j’avais prévu de luncher. Disons que l’endroit n’était pas du tout comme je le supposais; ce n’est pas un village, mais bien une simple cabane en pierre/terre cuite sur le bord de la rivière. Je déteste quand ma carte m’indique des teahouses comme si c’était des villages… ils n’auraient pas pu faire 2 signes différents? Pour couronner le tout… l’endroit était désert. J’ai tellement faim que ça me donne le gout de vomir. L’intérieur du bâtiment me faisait penser à une vieille prison mexicaine comme j’ai pu en voir souvent dans les films de mon enfance.

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À ce moment, j’étais un peu perplexe; malgré ma bonne forme physique, il m’avait fallu 4h30 pour parcourir la moitié du chemin. Autre chose qui me laissait perplexe, depuis mon départ de Padum, soit il y a bientôt 2 jours, je n’avais pas encore croisé un seul randonneur; ni groupe organisé, ni randonneurs en solo/duo, etc.

Une fois remis en route, le prochain objectif était Tsetan. J’ai tout de suite aperçu le village trèèèèès loin devant et ce qui a été un dur coup pour ma motivation.

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Puis, après l’ascension d’une très bonne cote, un village, que je n‘avais pas vu auparavant, s’est pointé le bout du nez… Tsetan. Quel bonheur, je m’étais trompé… Cependant, comme je l’ai souvent dit, voir c’est une chose, mais y être c’est autre chose.

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En effet, entre moi et Tsetan se trouvait un canyon très profond qui a vite fait de couper les ailes toutes neuves qui avaient poussées dans mon dos. Comme les ponts suspendus à haute altitude n’ont pas encore été inventés ici… je vous laisse deviner la suite.

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Après le village, le sentier était en pente descendant jusqu’à aussi loin que je pouvais le voir. Cependant, je me doutais bien que Zanskar devait s’être gardé quelques cartes en réserve afin de me mettre des bâtons dans les roues. En effet… quelques canyons par-ci, par-là ont tôt fait d’agrémenter la fin de ma journée.

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À ce moment, toutes les parties de mon corps avaient abandonnées, ne voulant que s’affaisser à l’endroit où je me trouvais. Toutes… sauf mes jambes qui répondaient encore présentes. Je me donnais donc des objectifs à court terme; va chercher le village/la grosse roche, etc.

3h30 – Je suis à Kalbog, dernier village avant Purne. J’ai rarement été aussi à bout de force. Pour rejoindre Purne, il me reste encore une bonne heure de marche, mais je ne m’en sens pas capable. Puis, je tombe sur un bâtiment sur lequel il est écrit « Hotel/Restaurant ». Au même moment, je vois un homme s’arrêter de travailler dans le champ tout près pour venir à ma rencontre. Il m’ouvre son magasin et sans une seconde d’hésitation, je m’empare de 4 bouteilles d’eau de 1L et je commence à les caller une après l’autre. Il faut savoir que je n’ai pas trouvé de source d’eau convenable cet après-midi et que je n’ai pas pris de chance avec l’eau qui était louche. Bref, j’avais la bouche et la gorge toutes sèches depuis longtemps déjà.

Au même moment, tout content de me voir, un petit bonhomme m’a tendu une corde à danser pour que je joue avec. Comment dire non à un enfant vivant seul avec ses parents au milieu de nulle part quand j’ai 4 nouveaux litres d’eau près à être utilisés dans le corps?

Le vieil homme m’a ensuite accompagné à ma chambre en me disant « take rest… diner later (prend un peu de repos… je reviens avec le souper plus tard) ». Ouin, j’aurais bien pris le souper tout de suite moi…

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Un peu plus tard, alors que je venais à peine d’oublier ma faim, ça a cogné à ma porte « diner ready (le diner est prèt) ». Mon premier repas de la journée était servi… on m’a souvent dit que c’était le plus important héhé…

Tout content, je me suis empressé de descendre, je me suis assis et on m’a servi une superbe assiette. En temps normal, elle n’aurait pas durée 2min parce que ça semblait appétissant. Malheureusement, nous n’étions pas en temps normal et même si je n’avais pas mangé de repas digne de ce nom de toute la journée, je n’avais aucun appétit et je prenais chaque bouchée avec dédain en mastiquant une éternité…

Après plusieurs minutes de travail, j’avais mangé une toute petite portion et s’en était assez. En fait, mon corps n’avait qu’une seule envi; régurgiter au plus vite tout ce que je venais d’avaler. Complètement désespéré, je me disais que si je n’étais même plus capable d’avoir de l’appétit pour quelque chose que je trouvais bon… c’était le début de la faim.

J’ai donc lancé un cri du cœur à mon cerveau et mon estomac. Les gars, on est sensé former une équipe. Si toi le cerveau tu me cris à tue-tête toute la journée que tu as faim et qu’une fois l’assiette servi, monsieur l’estomac ne veux pas manger, ça ne marche pas et ça ne peut surtout plus continuer comme cela…

Depuis quelques jours, toutes mes pensées vont à essayer de me rappeler ma vie d’avant le trek. Tout n’est qu’un très vague souvenir. J’ai l’impression de marcher, souffrir et crever de faim depuis le début de l’éternité. Je me rattache à la simple idée que chaque pas me rapproche de Manali et qu’arrivé là-bas, je serais sauvé et je pourrais manger comme un ogre et que je n’aurais plus à marcher.

Jour 15 – PREMIER CONTACT

Info;
– Kalbok

– Phugtal (3930m)
– Purne (3810m)

Nombre de kilomètres; 16km
Total; 222km

Description;
7h00 – Départ de Kalbog à l’aube d’une journée facile. Hé oui, si journée facile durant mon trek il y a, ce sera aujourd’hui; le plan est de longer la rivière à mi-hauteur d’une falaise très escarpée.

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Devant moi et de l’autre coté de la rivière se trouve un magnifique plateau tout vert. J’avais envi d’aller courir dans cette belle plaine, mais je ne pouvais pas me permettre de dépenser ma précieuse énergie à des activités frivoles.

Puis, Purne s’est finalement pointé à l’horizon… ENFIN

Arrivé à Purne, quelle ne fut pas ma surprise de rencontre 2 jeunes français (Thibaud et Clémentine) qui faisaient le trek sans guide ni porteur… dans le même sens que moi. Il vaut mieux tard que jamais…

Vous ne pouvez pas savoir quel bonheur j’ai pu ressentir simplement à discuter avec eux… je n’étais plus seul. Quelle délivrance de pouvoir partager mes souffrances avec des gens qui me comprennent parce qu’ils sont passés par là eux aussi.

2 bonnes omelettes plus tard, je laissais mon bourreau de sac à dos au camping de Purne et j’entreprenais de faire une petite excursion jusqu’à Phugtal, en dehors du sentier principal, l’un des monastères les plus connus de tout le Ladack.

Pendant ce temps, mes nouveaux copains, qui avaient déjà été voir le monastère la veille, ont continué leur chemin. Nous avons cependant convenu de nous rencontrer à Kargiak dès demain. Pour eux, ce sera 2 journées plutôt relax, alors que pour moi, après une journée assez tranquille en perspective aujourd’hui, je vais prendre les bouchées doubles et faire 2 journées en 1 demain.

Le sentier de Purne à Phugtal en était un des plus intéressants; très bien aménagé, rien à voir avec ce que j’avais pu parcourir jusqu’à maintenant, je me promenais au fond d’une vallée pleine de couleurs. Je me sentais alors léger comme un oiseau… En fait, c’est probablement la plus belle (dans tous les sens) section de parcours que j’ai eu à emprunter depuis le début du trek.

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Puis Phugtal… qui est tout aussi impressionnant que l’on me l’avait décrit. Le monastère a été construit en flanc de montagne…

« ouain pis, tu fais juste ça nous parler de monastère en flanc de montagne… »

Attendez un petit peu… laissez moi finir… Je disais donc; construit en flanc de montagne… et À MÊME la montagne (dans le roc). Tout en étant émerveillé par le complexe, mon regard était surtout attiré par l’arbre qui se trouvait au sommet de la montagne, tout juste au-dessus du monastère. Rien ne poussait à cette hauteur, sauf ce feuillus en pleine forme et tout vert. Cela ne devait pas être le fruit du hasard.

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Aussitôt vu, aussitôt reparti…

J’ai donc refait mes pas dans le sens inverse de Phugtal à Purne pour ensuite me la couler douce au camp tout le reste de la journée.

Pour une journée de congé, j’ai quand même fait 16km de marche.

Jour 16 – CATCH ME IF YOU CAN (Attrape-moi si tu le peux)

Info;
– Purne (3810m)

– Yal
– Testa (3960m)

– Tangtse (3980m)

– Thable
– Shi (Khee)

– Kargiak (4130m)

Nombre de kilomètres; 22km
Total; 244km

Description;

6h00 – Ma tente et tout mon matériel déjà bien rangés, je me prépare à commencer ma grosse journée de travail.

Bonne nouvelle, mon estomac, qui me faisait mal depuis que le monde est monde, ne me fait plus souffrir (que ce soit en raison de la maladie ou de la faim). Tellement que je n’ai plus aucune crainte de faire des prout prout… ca fait du bien de ne pas avoir à serrer les fesses parce que je ne sais pas si c’est un « ami » ou un « ennemi » qui s’en vient… je vous rassure, je n’irais pas plus dans les détails héhé…

Comme je vous l’ai expliqué un peu hier, aujourd’hui je suis en mission; je dois rattraper mes 2 copains français.

8h30 – Après un peu plus de 2h, je pointe mon nez dans les vertes prairies entourant Testa, le plus grand village à l’Est de Padum dans la vallée de Zanskar. Attention, « le plus gros » ne signifie pas « gros »… c’est simplement le plus gros des petits villages. Je fais cette section de trajet en 2h de moins que mon guide ne me l’indiquait.

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En arrivant à Testa, 2 enfants sont venus m’accueillir avec le désormais habituel « bonbon »…

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Puis, sans avoir rien demandé, une famille m’a invité à venir prendre le thé et partager leur déjeuner. Difficile de refuser… surtout quand tu n’as pas déjeuné le matin même héhé.

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Quelques minutes de repos et je reprenais ma corvée de marche. Je semblais alors marcher dans un champ qui s’étendait jusqu’à l’infini. Mon seul guide; les nombreuses stupas blanches… je sais qu’elles se trouvent sur le bord des routes alors je me dirige vers elles puisque le sentier est difficile à suivre.

Au fil des heures, le sentier m’a conduit dans des champs, de chaque côté de la rivière et dans 2 villages des plus intéressants; Tangste et Thable.

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Après Thable, le sentier empruntait désormais le lit de la rivière avec un immense glacier droit devant.

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Le prochain village était ma destination. Il était sensé se trouver au tournant de la montagne…

Ahhh non, pas celle la…

Donc comme je disais, il était sensé se trouver au tournant de la montagne…

Ahhh pas la non plus…

Il se trouvera ou il se trouvera maudite marde…

Trouvant le camping un peu trop dégelasse, j’ai décidé de continuer en ville afin de trouver un homestay. Après tout, c’était le dernier village avant la fin du trek, autant en profiter un peu.

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En ville, il n’y avait aucune trace de mes amis français. On m’a ensuite dit qu’ils étaient passés un peu plus tôt et qu’ils avaient continué leur chemin. Je ne leur en veux pas, moi aussi je veux finir au plus vite ce trek. Je vais vraisemblablement les rattraper demain ou un autre jour avant la fin.

Ma recherche d’une homestay n’a pas pris 2 secondes. À peine j’avais dit le mot homestay qu’un petit garçon (qui aurait été cute s’il n’avait pas eu un gros filet de morve qui lui sortait du nez) et une petite fille me prenaient par la main pour m’amener dans leur maison. Puis, le petit gars s’est mis en tête de me faire un lunch… 3h30pm, mon estomac criait NON, mais ma bouche lui disait « Just a little bit (juste un peu) ».

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Pendant qu’il cuisinait, j’étais complètement dégouté; il se mouchait avec ses mains à tout moment. Heureusement, après coup il mit le tout à cuire sur le four… Au moment de me servir, et juste avant que je puisse dire NON encore une fois, il a ajouté des pickles homemade (piments faits maison). Ça y était, je le sentais… j’allais à nouveau avoir des problèmes de plomberie…

Il s’est ensuite installé à 2 pouces de moi et m’observait attentivement. Comment ne pas manger ce qu’il venait de me servir… je me suis donc mi à l’ouvrage… mmmm… la catastrophe annoncé s’est finalement transformé en l’une de mes trop rare expérience culinaire au Zanskar. Qui l’eu cru, ce petit bonhomme venait de me servir le meilleur plat que j’ai pu manger depuis des semaines. Les homemade pickles étaient tout simplement succulent, le riz était parfaitement cuit et le Dal (espèce de purée) était délicieux.

Il ne restait plus qu’à attendre le verdict de mon estomac dans quelques heures. C’est au moins bon signe puisque j’ai eu de l’appétit pour la première fois depuis des lunes et j’ai fini l’assiette en un temps record, sans avoir à mâcher pendant des heures pour faire passer le tout…

Puis, le père et la mère sont revenus complètement exténués de leur travail dans les champs. Sans rien comprendre à la conversation, je savais que j’étais au cœur du débat; les enfants m’avaient invité à coucher chez eux sans avertir leurs parents. Je me contentais donc de sourire. Puis, les 2 parents ont fini par me regarder avec un grand sourire et me dire JULEY (salutation).

Sinon, cette expérience de coucher dans une maison avec une famille typique du Zanskar, comme je l’avais fait précédemment à Karsha et à Reru, est la chose que j’aime le plus faire depuis le début de ce trek. Ça coute le même prix ou presque que de dormir dans ma tente et en plus l’expérience est bonifié par le fait de pouvoir partager, l’instant d’une soirée, la vie de ces gens et de pouvoir en apprendre davantage sur eux.

En arrivant à la résidence, j’avais confiée mon IPhone à la petite fille afin de le recharger. Sans m’avertir, elle était allée le porter à son école (seul endroit où il y a de l’électricité dans le village). Au coucher du soleil, voulant faire une pierre 2 coups (récupérer mon téléphone et prendre des photos du village), j’ai décidé d’aller le chercher moi-même.

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Quelle ne fut pas ma surprise de tomber sur 2 femmes Tchèques à peine plus vieilles que moi. Elles étaient professeures à l’école du village depuis début juin et ce, jusqu’à la fin octobre. Elles m’ont ainsi expliqué que l’école avait été construite il y a quelques années par un organisme de la République Tchèque et qu’elle était depuis gérée par ce même organisme. En fait, la très grandes majorités des écoles de la vallée de Zanskar ont été construites et sont gérées par un pays occidental.

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Elles m’ont aussi expliqué que les enfants du Zanskar vont à l’école « obligatoire » (offert dans les écoles de la vallée) jusqu’à la 8ème année et qu’ensuite, si ils veulent continuer, ils doivent s’expatrier à Manali, Leh, etc.

De retour dans ma famille d’accueil, j’étais à moitié endormi sur mon matelas (mon lit est un matelas dans un coin de la cuisine) en regardant le petit gars faire à souper (il fait savoir que le souper au Zanskar n’est pas avant 9h). J’étais émerveillé par ce qu’il était capable de faire; durant près de 3h, il a manié tous les instruments de cuisine d’une main de maitre.

Puis, la frousse m’a pogné; « et si ce qu’il était en train de préparer était de la Thukpa ». Après tout, à chaque fois que je me suis retrouvé dans une famille et qu’ils ont voulu « m’impressionner » avec un plat typiquement zanskarien ce fut ça. Ahhh non… il s’est donné tant de mal durant toutes ces heures… il est hors de question que je mange une autre thukpa de ma vie. Dans mon cerveau, ce nom se situe au même niveau que celui d’Hitler; dans la catégorie génocide.

L’instant tant appréhendé était arrivé… il me servait une assiette… pleine de momos… WOW (l’un de mes plats favoris)

Jour 17 – QUAND LES TORRENTS SE DÉCHAINENT

Info;
– Kargiak (4130m)

– Lakang Sumdo
– Lower Lakang (4470m)

Nombre de kilomètres; 14km
Total; 258km

Description;
5h30 – Les parents, qui dormaient à coté de moi, se lèvent pour préparer le déjeuner afin d’aller travailler dans les champs au plus vite.

Aujourd’hui l’idée est de se rendre jusqu’à la base de la dernière difficulté du parcours. Cela ne devrait donc pas poser problème.

Moi qui voulais partir tôt pour éviter que le soleil me plombe sur la tête… c’est raté. Le garçon a tellement tardé à me faire a déjeuner que j’ai fini par perdre patience… à 7h, j’ai pris 2 chapatis (pain), je leur ai donné de l’argent et je suis parti.

Le sentier longeait toujours la rivière dans une vallée verdoyante, parsemée d’une tonne de roches venu à un moment où à un autre du sommet d’une des montagnes. Droit devant moi, au fin fond de la vallée, se dressait un super pic rocheux qui pointait vers le ciel. Dans quelques heures, celui-ci serait derrière moi comme tous les autres avant lui…

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Environ 2 heures après mon départ, je me suis arrêté pour finalement prendre mon déjeuner (biscuits et chapatis). Quelle ne fut pas ma surprise de voir surgir 2 randonneurs derrière moi qui étaient en réalité… mes 2 copains français. Ils étaient arrivés à Kargiak environ 1h plus tôt que moi la veille et avaient été dans un homestay différent du mien. Ça fait tellement du bien de faire parti d’un groupe composé de plus de 1 personne…

Nous avons donc continué notre chemin en remontant la rivière… puis en remontant la rivière… et finalement en remontant la rivière. Puis, toujours en remontant la rivière (vous me suivez toujours), la vallée a bifurquée vers la droite et le sentier se retrouvait désormais dans le lit de la rivière.

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Il y avait alors un sentier sur la rive gauche et un autre sur la rive droite. La carte de Thibaud indiquait de suivre la rive gauche et la mienne la rive droite. Comme nous étions sur la droite, nous avons décidé de continuer dans cette veine.

Comme un bon film dramatique, où on ne peut pas prévoir la fin avant… la fin… nous avons très vite compris que nous avions fait le mauvais choix et que le sentier principal était en vérité sur la rive gauche. Il était cependant hors de question de rebrousser chemin. Cela voulait donc dire qu’à un moment où à un autre, nous aurions à traverser la rivière, qui s’était depuis transformée en delta… composée de plusieurs petites rivières au courant très rapide… mais nous étions convaincu qu’il y aurait un pont.

Alors que la vallée tirait à sa fin, il a fallu se rendre à l’évidence qu’il n’y avait aucun pont pour rejoindre l’autre rive… il faudrait donc se mouiller… et pas à peu près… dans de l’eau descendant directement des glaciers et donc très froide.

S’en est suivit la recherche d’un endroit propice pour traverser… Il n’y en avait pas.

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Nous avons donc recherché l’endroit « le moins pire » pour traverser… Il n’y en avait pas non plus. Pas moyen d’échapper au très fort courant et à l’eau jusqu’au genou et plus.

Les quelques tests que moi et Thibaud avions tenté s’était tous sensiblement soldé par le même résultat; on réussissait à franchir quelques rivières, mais à un moment où à un autre, l’une d’entre elle avait un courant beaucoup trop rapide et à la minute où l’on posait le pied dedans, on manquait perdre pied. Nous avons donc mis tous nos appareils électroniques et objets de valeur dans mon sac étanche et nous avons décidé de traverser peu importe les conséquences.

Dire que la traversé a été laborieuse serait un euphémisme; le nombre de fois où moi et mes compagnons avons failli perdre pied et se retrouver au mieux trempé jusqu’aux os, au pire emporté par le courant, ne se compte pas sur les doigts des mains. Malgré tout, par une espèce de miracle, nous avons tous les 3 franchit toutes les rivières sans nous planter.

1h40 – Fin de la grande traversé. Nous avons installé notre campement à proximité de la dernière teahouse avant l’ascension, qui se situe au pied de magnifiques montagnes chargées de glaciers. L’indien qui gérait « l’établissement » (j’ai un sourire en coin en écrivant établissement pour décrire cet endroit… mais bon, je suis en manque de synonyme… on fait avec ce qu’on peu) nous avait regardé traverser le delta et était tout impressionné. Il tentait de nous expliquer que le sentier était sur la rive gauche de la rivière… « nooooon… t pas sérieux ».

Comme mes compagnons étaient tout aussi écœuré de mangé de la bouffe zanskarienne pas mangeable (je ne suis pas le seul à penser cela), nous avons décidé de prendre le contrôle de notre souper. La teahouse où nous étions avait de surprenantes choses à vendre. J’ai regardé les 2 autres et je leur ai dit que si on achetait un paquet de spaghetti, une canne de thon et 2 ou 3 sachet de petits pois salés, et qu’on réussissait à convaincre le gars d’utiliser sa cuisine et ses outils, on pourrait s’en tirer avec un très bon repas qui ne nous lèverais pas le cœur pour faire changement.

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Nous avons donc mi le plan a exécution. Le gars n’a pas été dur à convaincre et très vite, Clémentine prenait le contrôle de la cuisine. Résultat; WOW… on se serait cru de retour en Occident… avec une musique indienne horrible qui jouait à tue-tête dans la petite tente.

Avec un peu de recul, cette journée fut probablement la plus belle de tout mon trek; une journée dans la nature comme je les aime (beau paysage, un brin d’aventure, de nouveaux compagnons, aucun maux de ventre et aucun famine).

P.S. Pas besoin de me le marquer en commentaire, je sais que j’ai l’air d’un psychopathe sur les photos ci-haute héhé…

Jour 18 – LE VENT DU NORD

Info;
– Lower Lakang (4470m)

– Upper Lakang
– ShingoLa Pass (5095m)

– Chumik Nakpa (4650m)

– Ramjak (4290m)

Nombre de kilomètres; 15km
Total; 273km

Description;
Pourtant en grande forme, j’ai trouvé le moyen d’avoir ma pire nuit de sommeil du trek. Nervosité de peut-être en finir aujourd’hui, trop de repos les journées d’avant, n’empêche que les heures ont défilés comme des années. À un certain moment, un yak est venu brouter de l’herbe tout juste à l’extérieur de ma tente à 2 pouces de ma tête. Je pouvais sentir son souffle, passer au travers de la tente.

Ce matin, on s’attaque au dernier col du parcours, le ShingoLa Pass, qui pointe à environ 5100m. Pour une des rares fois, j’ai hâte que le soleil se pointe…Il fait un froid GLACIAL… ce vent glacial allait finalement nous suivre toute la journée…

En ce début de journée, le sentier est très technique (problème de genou s’abstenir); il y a beaucoup de roche sur le sentier et celui-ci longue une rivière partiellement recouverte d’un glacier.

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Plus on monte et plus ça devient difficile. Les derniers kilomètres de l’ascension se trouvent dans une véritable mer de roches de toutes formes et toutes grandeurs. Un paysage lunaire où on ne voit rien d’autre que des roches et de la neige.

Je suspectais alors que nous étions directement sur le glacier (impression qui sera validé un peu plus haut). Il fallait donc faire très attention à où on marchait puisqu’un glacier n’est pas la chose la plus stable qui existe. Ajoutez à cela que le sentier était très difficile à suivre puisqu’il n’était pas clairement identifié, étant un amas de roches comme tout ce qui était autour de nous.

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Nous sommes finalement parvenus au sommet… beaucoup plus rapidement que prévu. Tous les guides qui traitent de ce trek disent que cette Passe est la plus difficile d’entre toutes, mais bon… ce n’est pas l’impression que nous avions. Autant je n’ai vu personne de tout le trek, autant il devait y avoir plus de 30 personnes à cet endroit…  une véritable congestion.

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Juste à coté du sommet se trouve un tout petit lac bleu clair. Mes copains voulaient aller s’y baigner, mais comme j’ai déjà à mon actif un lac à plus de 4000m (Pangong Lake lors de mon trip de vélo un peu plus tôt) et un à plus de 5000m (Ice Lake dans l’Annapurna) et que je sais déjà à quel point c’est une idée stupide… et à quel point ils vont le regretter par après, je les ai laissé réaliser leur rêve… J’ai par contre passé un très bon moment à me foutre de leur gueule.

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S’en est suivit une descente de plusieurs kilomètres et 700m d’altitude jusqu’à vers Ramjak, notre campement pour la nuit.

La descente n’a vraiment pas été de tout repos; le sentier traversait beaucoup de cours d’eau… en début de journée, ces cours d’eau sont très faciles à franchir puisque l’eau provient des glaciers en hauteur et que la nuit ils gèlent… mais à l’heure où nous sommes passés (en début d’après-midi), c’était une autre histoire. Nous avons du passer 3 torrents, dont l’un d’entre-eux qui nous a donné beaucoup de fil à retordre et qui a représenté un bien plus gros défi que les rivières franchit la veille. En allant faire une traversée de reconnaissance sans sac pour voir si c’était faisable, j’ai été emporté par le courant à la minute où j’ai posé un pied dans l’eau. J’ai donc malgré moi pris mon premier bain en plus d’une semaine.

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Comme le faisait remarquer Clémentine « Ils pourraient faire des ponts au lieu de faire des cr!ss (un de ma part) de stupa (monument en forme de gâteau blanc) un peu partout ».

Alors que nous étions à commencer à installer notre site à l’endroit que nous pensions être Ramjak, un vieux monsieur pas de dent (une seule dent au centre qui ressemble étrangement a un ouvre-boite) nous a dit que c’était un peu plus loin. On l’a donc suivit… longtemps… jusqu’au point où on s’est demandé s’il ne nous avait pas induits en erreur.

En chemin, il n’arrêtait pas de réciter le mantra « Om mane padme om » (refrain bouddhiste). Moi et Thibaud avons donc eu l’idée de compter combien il était capable d’en dire par minute (on s’occupe comme on peu). Régulier comme une montre presque suisse, il est arrivé à 22, 23 et 23 lors de nos 3 tentatives. C’est donc environ 1 mantra/4.5sec.

Puis, alors que nous ne voyons aucune zone propice à planter une tente à des milles à la ronde… que des cailloux… une plaine en bord de rivière et adossée à une montagne est sortie de nulle part.

Ramjak…

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Jour 19 – À DOS DE… CAMION

Info;
– Ramjak (4290m)

– Zanskar Sumdo (3920m)
– Palamo (3670m)

– Darcha (3360m)

– Spinlek
– Keylong

Nombre de kilomètres; 17km (12km de Ramjak à Palamo + 5km de Spinlek à Keylong)
Total; 290km

Description;
Le réveil fut très frisquet… quoique cela n’avait rien à voir avec le froid intense d’hier.

S’en est suivit une marche jusqu’à Zanskar Sumdo, quelques kilomètres et plus de 1000m d’altitude plus bas… autant dire que ça descendait en titi. Pour 3 personnes qui n’avaient pas encore déjeuné et qui avaient encore les 2 yeux dans le même trou, cela représentait un bon défi.

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Arrivé à Zanskar Sumdo, nous étions officiellement sortis de la vallée de Zanskar. Par contre, cela ne voulait pas automatiquement dire que nous étions au bout de nos peines…

Après un petit déjeuner bien mérité, nous avons entrepris de rejoindre Darcha. Notre plan consistait à marcher sur la route dans l’espérance de nous faire ramasser par un jeep ou un camion qui nous croiserait.

Coté véhicule, ce fut le calme plat; nous avons donc marché et marché… et marché.

Puis, un peu avant Palameo, nous avons vu venir un gros camion (vous savez les camions Tonka). Nous avons donc délégué Clémentine pour séduire le conducteur. Elle s’est exécuté, le chauffeur a accepté et au moment où nous étions pour monter… le gars a mi les gaz… Criss de cave. Complètement médusé par ce qui venait de se passer, nous avons donc repris notre petit bonheur et recommencé la marche alors que nous regardions le camion s’éloigner.

Quelques 2 heures plus tard… nous étions toujours à marcher et nous avions déjà couvert la moitié du trajet jusqu’à Darcha. Pas vraiment l’idée que nous avions en tête ce matin en nous levant…

Puis, un autre camion s’est pointé à l’horizon.

Nous n’allions pas laisser filer celui-ci. Nous avons donc opté pour une formation en V afin de bien bloquer la route. En 2 temps, 3 mouvements, nous étions tous les 3 dans la benne du camion avec plein de vieilleries en métal qui menaçaient de nous broyer les jambes si le camion stoppait trop brusquement. La tête au vent, nous n’avions dorénavant plus notre destin entre nos mains. Il était plutôt entre celle du conducteur de ce mastodonte qui descendait la route zigzagante dans la montagne à toute allure. Nous étions tous les 3 bien accrochés et nous avions un sourire qui trahissait une espèce de crainte.

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Darcha était désormais à porté. J’étais déjà allé dans cet endroit (lors de mon trip de vélo) et je n’avais pas vraiment l’intention d’y passer la nuit (trou pourri). Heureusement pour nous, le camion se dirigait vers Manali jusqu’à environ 6km de Keylong (très belle ville où j’ai séjourné lors de mon trip de vélo). Nous avons donc sauté sur l’occasion.

S’en est suivit une marche de 6km jusqu’à Keylong… le dernier 6km que j’avais à marcher… WOW. J’ai beaucoup de difficulté à y croire. Je suis plutôt probablement en train de dormir dans ma tente en train de rêver que le trek est terminé…

First things first, on s’est fait un festin dans un resto avec plein de bonnes choses indiennes que nous n’avions pas mangé depuis looooongtemps.

Une bonne nuit de sommeil dans un lit confortable et s’en suivrait le retour officiel à Manali dès demain.

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Petite devinette; qu’est-ce que Clémentine et Thibaud font semblant de manger sur le mur?

MINUIT MOINS UNE POUR MANALI

Info;
– Pas de marche au programme aujourd’hui

Nombre de kilomètres; je vous ai dit qu’il n’y avait pas de marche au programme aujourd’hui bon…

Description;

Que de périphérie pour se rendre à Manali de Keylong.

Alors que la veille nous avions pris la peine d’aller nous informer pour les bus en partance pour Manali, nous avions finalement décidé de partager un jeep, à peine plus cher que le bus, avec un couple de voyageur. Trop beau pour être vrai… Effectivement.

Tel que prévu avec le conducteur, nous étions devant notre guesthouse à l’attendre à 7h du matin…

7h15

7h30

7h45 – Le jeep ne s’est jamais pointé. Nous avons donc décidé de nous rendre à la gare d’autobus en catastrophe afin de prendre le dernier bus quotidien en partance pour Manali à 8h30.

Je me retrouvais donc dans un bus bondé… une véritable laveuse-sécheuse, à nous faire brasser de tout bord tout coté…  sur l’une des routes les plus dangereuses du monde… et je savais très bien ce qui nous attendais puisque j’avais fait cette section de route en vélo 1 mois plus tôt… pour les quelques 6 prochaines heures.

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Il n’y avait plus qu’un obstacle à franchir… et non le moindre… la RohtangLa Pass, soit la Passe qui m’avait donné le plus de fil à retordre lors de mon trip en vélo. Cette fois-ci ce serait en autobus… je ne crois pas que ça allait arranger les choses. L’ascension a été longue et pénible. Nous avons été stoppé par 2 fois en raisons d’éboulements. À chaque fois, il fallait attendre que les indiens cassent les pierres avec des marteaux piqueur puisqu’elles étaient trop grosses pour être bougées. Disons simplement qu’on ne se sentait PAS DU TOUT en sécurité stoppé sur la route ainsi. Après tout, si des roches grosses comme une petite voiture étaient tombées juste à côté, elles pouvaient tomber à notre emplacement aussi.

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28 aout 2013, quelques 30jours et + après avoir quitté Manali en vélo en route vers Leh, j’étais de retour à la maison. Parce que oui, après le mois que j’ai vécu, revenir ici est similaire à un retour à la maison. Délivrance, fin du supplice, etc. sont des mots qui peuvent être employés sans les peser.

fin

Pour le reste, c’est une autre histoire… Enfin je peux tourner la page et commencer un nouveau chapitre… plus joyeux je l’espère…

FIN DU CHEMIN DE CROIX

Le compteur s’arrête donc à plus où moins 290km de marche, 8 montagnes situé à plus de 4000m et 19 jours.

Ce trek de 3 semaines représente assurément la plus grosse épreuve que j’ai eu à faire face de toute ma vie. À bien des moments, j’ai eu la chienne comme jamais je ne l’avais eu auparavant… la vrai chienne… la chienne d’y rester.

Au début du trek, mon subconscient a commit une faute impardonnable; il a pensé que ce serait facile. Après tout, j’avais marché pendant 1 mois au Népal et je revenais d’un trip de vélo de 10jours en haute altitude… qu’est-ce qui pouvait m’arriver?!?

Zanskar m’a poussé dans les câbles à bien des reprises; la faim et la souffrance physique et mentale étant mon pain et mon beurre au quotidien.

Cependant, je crois sortir grandi de cette épreuve. Je sais maintenant que j’ai un incroyable instinct de survie… mais aussi que j’ai un incroyable dont de me foutre dans des situations problématiques.

Mon corps est complètement vidé. J’ai grignoté la moindre petite provision qu’il avait pu accumuler. Je ne sais pas comment je pèse, mais je suis assurément plus maigre que je n’ai jamais été dans ma vie.

Annapurna est un trek école à comparé au Zanskar. Alors qu’on ne fait que monter OU descendre lors d’une journée typique et qu’il n’y a qu’une Passe à franchir durant tout le parcours dans l’Annapurne, les journées sont de véritables montagnes russes et il y a 8 Passes à franchir dans le Zanskar. Ajoutez à cela que le climat est beaucoup plus favorable à la marche dans l’Annapurna que dans le désert qu’est le Zanskar.

Il n’y a cependant pas que des éléments négatifs à tirer de ce trek. Mis à part quelques anachronismes, et en faisant exception de Padum, c’est un véritable voyage au Moyen-âge que j’ai fait; l’électricité est un bien de luxe et le moyen de transport principal est le cheval/âne.

Cela étant dit, je ne recommande en aucun temps de faire ce trek. Oui les paysages sont beaux, mais ils ne sont pas si différents de ce qu’on peut voir dans le reste du Ladack, notamment le long de la route Manali/Leh.

La véritable raison d’aller au Zanskar est pour découvrir ce magnifique peuple qui lutte littéralement pour sa survie depuis des siècles dans une contrée rude qui ne fait pas de cadeau. Cela m’a aussi permis de découvrir un des endroits les plus reculé de l’Inde et un magnifique peuple, extrêmement pauvre, hyper travaillant, mais extrêmement riche à bien des égards. Leur richesse ne peut pas se quantifier en chiffre et en argent.

Le Zanskar trek est peut-être fait pour vous si;
– vous avez un très bon sens de l’orientation,
– vous aimez les contrés très reculées,
– vous vous débrouillez bien avec une carte,
– vous êtes capable de déceler un sentier en suivant des traces de merde,
– vous êtes capable de monter une tente par grand vent ou à la pluie battante,
– vous êtes fou.

Si vous avez répondu par la négation à l’une de ces affirmations, je vous conseille de prendre un guide ou de faire l’un des nombreux autres treks possibles et moins difficile/long autour de Leh.

EXPÉRIENCE CULINAIRE ZANSKARIENNE

Je termine cet épisode un peu lourd sur un ton plus léger en vous invitant à faire un petit exercice culinaire avec moi. Tous à vos fourneaux… je vais vous montrer le genre de nourriture que j’ai pu manger durant 3 semaines.

Prenez donc une tonne de riz blanc… mettez le tout à bouillir sur le rond quelques minutes, (très important, ne pas chauffer le rond au préalable). Quand vous pensez qu’il n’est pas encore près, retirez le riz du four… il faut qu’il ne fonde pas dans la bouche.

À noter que rendu à cette étape, si vous avez réussi votre batch de riz, je vous conseille de recommencer… il faut un riz complètement raté.

Une fois dans les assiettes, prenez une sauce qui ne va pas du tout avec du riz… mmm… ahhh… prenez du Beauvril… aspergez bien le tout. Il ne faut plus voir de riz blanc…

Quand le cœur commence à vous lever, c’est un très bon signe que vous êtes tout près du but… ajoutez-en encore un peu… plus que ça.

Puis, coupez de la salade… que vous avez bien pris la peine de mettre au gros soleil en début de journée… et agrémentez vos assiettes avec.

Il ne vous reste plus qu’à servir le tout à vos invités affamés. Quelques minutes plus tard, alors que vous voyez qu’ils se regardent et hésitent à manger, n’oubliez surtout pas de leur demander si ils aiment cela…

Je vous laisse là-dessus… Bon Souper

Épisode 22 – Destination Pangong Lake

(cet épisode commence à la seconde où j’ai posé les pieds à Leh après mon trip de vélo… voir épisode 21)

ENFIN… j’ai de la misère à croire que je suis enfin arrivé à Leh

Après 9 jours de vélo des plus exténuants, je me propose maintenant un peu de repos… TRÈS BIEN MÉRITÉ… ahhh non… attendez… on me souffle quelque chose à l’oreille présentement… Ohhhh… changement de plan…

À mon arrivé à Leh, j’étais un peu pas mal perdu devant la quantité de touristes et le choix d’hôtel qui s’offrait à moi (il y en avait des tonnes). N’ayant fait aucune recherche sur Leh et n’ayant pas mon Lonely Planet (beaucoup trop lourd), je n’avais aucunement l’intention de faire le tour des hôtels avec mon vélo et mon tempérament explosif causé par les derniers kilomètres sur le bord de l’autoroute à me faire brasser par la circulation.

J’ai donc décidé de demander à un touriste au hasard dans la rue s’il pouvait me recommander un endroit beau/bon/pas cher.

J’ai donc pris le premier venu… un backpacker… comme moi (barbe pas faite). Celui-ci s’est montré tellement aimable qu’il m’a escorté jusqu’à la guesthouse en question et ce fut le coup de foudre entre elle et moi.

En marchant, parle parle jase jase;
– Espagnol; « where are you coming from with your bike?!? (de où est-ce que tu arrives comme ça à vélo?!?) »

– Moi; « I’m coming from Manali (j’arrive de Manali) »

– Espagnol; « Wow… I was looking to do the same thing, but I have not enought time… I just did the Zanskar valley trek. Tomorow i’m going in Pangong Lake and from there I’ll come back in Leh by the Nubra valley… by bike (wow… je voulais faire la meme chose, mais je n’ai pas assez de temps… j’ai plutôt fait un trek dans la Zanskar valley. Demain, je m’en vais au lac Pangong et à partir de là, je reviens à Leh en passant par la vallée de Nubra… en vélo) »

– Moi; « Wow… I want to do the Zanskar valley trek in few days… Let me 1 hour and I pay you a drink in exchange of few advice about the trek?!? (wow… je veux justement faire le trek de Zanskar dans quelques jours… donne-moi 1 heure et ensuite je te paie un verre en échange de quelques informations à propos du trek) »

Vous croyez au Destin… ou c’est le hasard qui fait bien les choses. Ce gars là à fait le Zanskar Trek en solo tout comme je l’envisage.

Entretemps dans ma chambre d’hôtel à décompresser… complètement détruit de mon trip de vélo, j’ai surpris mon cerveau à penser au trip de vélo qu’il voulait faire. Les 2 endroits où il s’apprêtait à aller était 2 endroits où je voulais aller au départ, mais dont je n’avais aucune l’intention de faire via un trip organisé en jeep ou pire en autobus.

Rendu au café où nous avions convenu de nous rencontrer, je ne lui ai pas laissé le temps de parler et je lui ai lance « do you think it is possible to obtain a permit to go in Pangong and Nubra by tomorow cause if yes, and if you don’t mind, I would like to go with you (est-ce que tu crois qu’il est possible d’obtenir le permit pour aller à Pangong et Nubra avant demain, parce que si oui, et si ça ne te dérange pas, j’aimerais faire le voyage avec toi) »

En guise de réponse, il s’est levé, a été payé sa facture et il m’a amené à l’agence où il avait fait affaire pour louer son vélo et obtenir son permit.

Rendu là, l’indien m’a dit « no problemo… you’ll have it this evening (pas de problem… tu vas avoir ton permit ce soir) ».

À peine 2heures après mon arrivé en ville, je m’embarquais dans un nouveau trip de vélo… au grand désespoir de mes jambes… et de mon cul. Le vide causé par l’absence de rouler aura finalement durée que moins de 24h.

Pour les gens qui se disent « oh mon Dieu, tu vas passer 1 semaine avec un pur inconnu… », je réponds « ouin pis… ça s’appelle voyager ». Ça a commencé comme ça entre moi et mon buddy Roark et regardez où ça nous a mené.

Je mets donc sur pause mon voyage en ermite (solo) pour quelques jours l’instant de réaliser ce nouveau trip de vélo avec mon nouvel ami Jaume (veut dire Jack/James) 35 ans – Enseignant – Maniaque de vélo – Espagnol… euh, je veux dire Catalan. Quand il s’est présenté, il m’a expressément dit qu’il venait de la Catalogne, non pas de l’Espagne… vous savez la province qui veut se séparer de l’Espagne… à la différence du Québec que EUX, c’est la province la plus riche de leur pays, non pas un trou de paumés géré par les syndicats et qui se dote de plein de programmes sans être capable de payer la facture au final… oufff, je me suis égaré… revenons à nos moutons.

Sinon, comment vous le décrire?!? Ahhh oui, à la minute où je l’ai vu dans la rue, je me suis dit « ben condonc, c tu Guillaume Lemay-Thivierge?!? ». Selon moi, il est le sosie parfait de Guillaume… autant physiquement que psychologiquement (il parle vite et est surexcité).

Voici donc l’aventure dans les très grandes lignes;

Demain matin on prend un bus en direction de Pangong Lake. À partir de là, tout se passera en vélo. On va commencer par s’amuser un peu autour du lac, pour ensuite prendre le chemin du retour, le même qu’on va avoir fait en bus. Le chemin consiste en l’ascension de la ChangLa Pass… oui oui, encore une Passe à monter… celle-ci culmine à plus de 5300m. Après avoir descendu la Passe, nous prévoyons bifurquer dans la Nubra Valley via une route de terre. Quelques jours dans la vallée de Nubra et nous entamerons le chemin du retour via la plus haute Passe du Ladack et la 2ème plus haute voie carrossable au monde à 5600m. Une partie de plaisir qui devrait nous prendre environ 7 jours. De toute façon, notre voyage ne peut pas durer plus longtemps puisque le permit qui nous a été délivré pour les 2 endroits est valide 7 jours.

Qu’on de si spécial c’est 2 régions pour qu’il fasse un permit spécial pour y aller… et que je décide de mettre en veilleuse mon repos pour me lancer dans cette aventure?

Tout d’abord, le lac Pangong est l’un des plus grand et des plus beaux lacs en Inde. De plus, il est à la frontière entre l’Inde et le Tibet (Chine). Il est contrôlé au 1/3 par l’Inde et au 2/3 par la Chine.

En ce qui concerne la vallée de Nubra, eh bien c’est une vallée désertique, avec un désert comme on peut se l’imaginer; dunes de sable, etc.

Bref, une petite journée de repos et on retourne dans l’action… La vie est pleine d’opportunités, il n’appartient qu’à toi de sauter dessus.

Aout 2013 – L’HIMALAYA… MON TERRAIN DE JEU

Jour 1 – HELL « BUS » RIDE (une promenade d’enfer en bus)

Info;
– Leh (3400m)

– Karu

– ChangLa Pass (5300m)

– Tangtse (4300m)

– Lukung – Pangong Lake

– Spangmik – Pangong Lake (4240m)

Nombre de kilomètres; 154km en bus + 10km en vélo

Description;
5h30 – Je rencontre Jaime à notre point de rendez-vous et on se dirige vers la station de bus.

6h30 – Après avoir attaché nos vélos sur le dessus du bus de peine et de misère (ni l’un ni l’autre ne savait faire de véritables nœuds), nous étions en route pour Pangong et il ne restait plus qu’à prier pour que les nombreuses bosses de la route épargnent nos vélos.

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Il faut savoir que pour aller au Pangong Lake, je dois revenir sur mes pas jusqu’à Karu, puis passer devant le Chemde monastery (voir épisode 21). C’est ensuite une centaine de km plus loin. Ça fait donc un peu bizarre de repasser par la route où je suis déjà passé…

Une fois passé Chemde, la route commençait à monter drastiquement pour aller rejoindre la ChangLa Pass. Le chemin était sinueux et à flanc de montagnes. Tout autour de nous, le décor était fait de montagnes exemptes de toute végétation avec une vallée toute verte et ponctuée de plein de petites maisons dans les champs plus bas.

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Selon mon livre, la route Karu/Pangong Lake est réputé comme étant la 3ème plus haute route carrossable au monde.

La route était alors complètement pavée. Ce sera un vrai régal de la descendre demain… mais il faudra tout d’abord la monter de l’autre coté à partir du Pangong Lake.

Une fois au sommet, quelle ne fut pas notre surprise de trouver plein de bâtiments; une cafétéria, etc. C’est la première fois que je vois cela sur le dessus d’un col où la neige peut se pointer à tout moment et où il fait un froid de canard. Bref, très inusité, mais un problème de moins pour nous demain puisque nous pensions devoir apporter avec nous de la nourriture pour effectuer l’ascension et la descente du col (plus de 80km).

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Sur l’autre versant, l’asphalte était INEXISTANTE. On aurait dit que le bus était un bateau tellement il tanguait de tout bord tout coté… sur la route étroite. Mais bon, depuis longtemps j’ai accepté que j’étais dans une contrée dangereuse et qu’il pourrait un jour m’arriver quelque chose, donc je ne me stress plus avec ce genre de chose qui sont hors de mon contrôle.

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Il y avait 5-6 little bouddha (apprentis moines) dans le bus. Disons simplement que ce n’est pas parce qu’ils portaient la toge de moine qu’ils étaient des modèles de paix universelles… au contraire. De vrais petits bums avec leur casquette de yo à pitcher des bouteilles d’eau sur les voitures que nous passions.

Le bus continuait à aller de plus en plus loin, tout en descendant encore, encore et encore. Le lac n’était toujours pas en vue. J’ai alors commencé à paniquer et à douter fortement que nous soyons capables de rejoindre le sommet du col dès demain comme prévu. Ne m’étant pas impliqué dans la planification du trip jusque là, j’ai entrepris de calculer le nombre de kilomètre à faire pour rejoindre le col à partir de Spangmik, notre point de départ. Le décompte non officiel atteignait 80km… tout en montée. J’ai alors proposé à mon gentil conquistador de séparer l’ascension en 2 journées en s’arrêtant dans un village où nous avions vu des hébergements en passant plus tôt. Il m’a alors regardé avec un espèce de regard de soulagement en acquiesçant à mon idée.

3h30 – Pangong Lake en vue. Le bus s’arrête définitivement à Lukung, premier village sur le bord du lac. Il ne va pas plus loin… Tout le monde s’est alors regardé un peu médusé puisque plusieurs voulaient aller à Spangmik, le village suivant et à plus de 10km. La stratégie saute aux yeux… c’est de l’indien tout craché… afin de soutirer encore plus d’argent au touriste, ils font arrêter le bus un peu avant l’objectif et de là, les gens n’ont pas le choix de marcher ou de prendre un couteux taxi.

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Tout le monde était frustré… sauf moi et Jaume. Après avoir descendu nos vélos de l’autobus et constaté qu’ils n’avaient pas trop soufferts, nous les avons enfourchés et avons entrepris de faire la route jusqu’à Spangmik… avec un petit sourire en coin en pensant à tous ceux qui était coincés à Lukung… village s’apparentant plus à un stationnement de centre d’achat où on aurait disposé des campements tout autour.

Les 10km ne se sont pas faits sans peine. La route avait été inondée à plusieurs endroits par le glacier plus haut. À un endroit en particulier, la route avait été envahie par une véritable rivière avec un très fort courant. Nous étions moi, Jaume et un couple sur un scooter à contempler les rapides et à se demander quoi faire, quand j’ai pris mes jambes à mon cou, j’ai mi mon vélo sur mon dos et alors que les 3 autres avaient les yeux fixés sur moi, j’ai entrepris de traverser le torrent. À peine les pieds posés dans l’eau que la force du courant manquait me faire perdre pied et m’emporter dans la petite chute.

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Heureusement, ce fut plus de peur que de mal et j’ai passé sans trop de difficulté. Jaume m’a ensuite imité avec succès. Ne restait plus que le couple en scooter. Nous attendions donc de voir comment allait s’en sortir le gars avant de reprendre la route. Heureusement pour lui que nous avons attendu puisqu’il s’est retrouvé en situation très précaire au milieu du torrent. Il ne pouvait plus bouger le petit doigt sans quoi son scooter allait être emporté dans le courant. Ni une, ni 2, Jaume s’est porté à son aide et je l’ai imité quelques secondes plus tard après avoir pris des photos héhé. À 3, nous avons eu toutes nos misères à faire passer l’engin. Au final, tout s’est bien terminé, mais nous avions pris une bonne douche.

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Une fois rendu à Spangmik et avoir trouvé un bon homestay pour vraiment pas cher, moi et Jaume, accompagné d’une française qui séjournait au même endroit, sommes allé se promener sur le bord du lac… pour finalement succomber à faire une petite trempette.

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Pas si froid que ça…

Jour 2 – LE MONDE À L’ENVERS

Info;
– Spangmik (4241m)
– Merak
– Spangmik
– Lukung
– Tangtse (4300m)

Nombre de kilomètre; 62km

Total; 72km

Description;
6h30 – Réveil après une nuit mouvementé.

Il s’est passé cette nuit une histoire complètement folle. Alors que je dormais à point fermé, Jaume, qui partageait ma chambre, a entendu des cris dehors « Nicolas… Nicolas… Nicolas ».

Jaume – « Hey Nik wake up… somebody is crying your name outside (Réveille-toi Nik… quelqu’un est en train de crier ton nom dehors) »

Moi – « What?!? (quoi?!?) »… à demi réveillé et convaincu que j’étais en train de rêver)

Je me suis alors tourné sur le côté et je me suis rendormi.

Pendant ce temps là, Jaume est sorti dehors… pour revenir quelques secondes plus tard avec la française complètement en panique…

Francaise – Quelqu’un m’a enfermé dans ma chambre (il faut savoir que dans la plupart des hotels/guesthouses/etc. en Inde, il est possible de barrer la porte des 2 côtés). J’ai ensuite entendu des jeunes ricaner et cogner dans ma porte comme des déchainés. J’ai alors hurlé ton nom (parce que le nom de Jaume se hurle mal).

Moi – (j’étais sans mot à demi conscient… je n’étais toujours pas sur si je rêvais où non)

Elle a ensuite demandé à passer la nuit dans notre chambre parce qu’elle avait trop peur… ce que nous avons acquiescé.

Peu après, j’ai repris un peu mes esprits et j’ai commencé à réaliser les évènements qui venaient de se passer. Je me suis alors mis à paniquer, mais pas pour les raisons énoncés ci-haut. NON… j’avais maintenant la chienne parce que la française partageait notre chambre… Probablement que mon imagination me jouait des tours à cette heure tardive, mais je me disais que je ne la connaissais pas du tout et qu’elle avait peut-être inventé toute cette histoire de toute pièce pour venir dans notre chambre et nous piquer des choses (le lendemain Jaume me confirmait que sa porte de chambre avait belle et bien été barrée de l’extérieur et que c’est lui qui l’avait débloquée).

C’est très con comme réaction puisque je partage ma chambre avec des étrangers depuis maintenant 5 mois… et même Jaume en qui j’ai confiance… ça fait 1 journée qu’on se connait… Bref, après cela j’ai eu de la misère à dormir.

Avant d’entreprendre le chemin du retour que nous avons emprunté la veille en bus, nous sommes allé rouler sur le bord du lac en direction de Mérak, dernier village où les touristes sont permis sur les berges du Pangong Lake (ensuite ça devient une zone strictement militaire puisque trop près du Tibet)

Sur la berge du lac, il n’y avait absolument aucun bruit, aucun vent et le sommet des montagnes étaient couverts de neiges fraiches dus à la pluie de cette nuit. De son côté, le soleil peinait à faire son apparition sous un épais manteau blanc de nuages.

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Nous sommes donc allés jusqu’à mi-chemin de Merak, pour passe Spangmik et nous diriger vers Lukung (1er village sur le bord du lac et porte d’entrée/sorti du lac).

Pour ce faire, nous avions beaucoup de crainte de repasser le torrent que nous avions rencontré la veille… mais à notre grande surprise, le glacier dormait toujours (tout comme nous, les glaciers gèlent la nuit et donc les rivières cessent, pour ne recommencer que tranquillement durant l’avant-midi et être à leur apogée quand le soleil plombe en après-midi) et le torrent n’était qu’un vulgaire filet d’eau.

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8h30 – Après un déjeuner rapide dans la parking qu’est Lukung, je jetais un dernier regard vers Pangong et nous étions officiellement à commencer notre périple de retour.

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Le trajet a consisté en une descente TOUT LE LONG jusqu’à Tangtse. Moi et Jaume n’y comprenions rien. Lors de notre trajet de bus d’hier, nous avions l’impression que la route allait monter toute la journée. On a plutôt descendu pendant plus de 30km non stop de Pangong à Tangtse, dernier endroit offrant de l’hébergement avant l’ascension jusqu’à la ChangLa Pass 40km plus haut. Pas que nous étions déçu, au contraire, mais bon…

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Une fois arrivé à Tangtse, tout était fermé jusqu’à 4 heure en raison d’une cérémonie qui se déroulait dans le village d’à côté. On s’est donc tourné les pouces de midi jusque là…

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En marchant un peu en ville, on a finalement découvert un Éco Hôtel un peu à l’extérieur du village. Éco étant un synonyme de dispendieux pour moi et Jaume, on a quand même décidé d’aller voir pour rire… et après d’âpre négociation, on est finalement resté à coucher…

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Fait cocasse, il y avait un trophée de hockey sur glace dans le lobby de l’hôtel. En discutant un peu avec le manager, j’ai appris que les indiens de la région jouaient au hockey sur les rivières gelés l’hiver et qu’il y avait même une ligue inter-village. J’avais même devant moi l’entraineur de la ville de Tangtse… si quelqu’un m’avait dit que des indiens jouaient au hockey quelque part en Inde pas plus tard qu’hier, je me serais probablement étouffé de rire en prenant mon thé…

On se couche tôt pour entamer l’infâme ascension dès 5h demain matin.

Jour 3 – CONTRE VENTS ET MARÉES (au sens propre comme au figuré)

Info;
– Tangtse (4300m)
– Durbuk
– ChangLa Pas (5270m)
– Zingral
– Sakti (3800m)

Nombre de kilomètre; 78km

Total; 150km

Description;
4h30 – Lever pénible du corps; mon cerveau et mon corps savent très bien ce qui les attendent (en fait ils n’en ont aucune idée) et ils ne veulent pas trop se mettre en marche.

Au programme aujourd’hui; une monté de plus de 1000m étalée sur plus de 40km jusqu’à la ChangLa Pass… suivit d’une descente de plus de 1500m sur environ 30km héhé.

5h15 – Après avoir succombé à la tentation de retourner au lit quelques fois, nous voila finalement en route.

Je me suis rendu compte assez vite quand on a commencé à monter que ma journée de vélo avec Jaume allait ressembler à une journée typique de vélo back home avec mon Hairy Bastard préféré Guillaume Fafard; Jaume à des milles en avant et moi qui traine mon piano à la peine derrière. En plus il y a des ressemblances physiques entre vous 2; cheveux semi-long frisés, barbe, lunette et parle beaucoup sans qu’on comprenne trop qu’est-ce qu’il dit.

Je ne suis aucunement du calibre de Jaume. À ma décharge, j’ai 10 jours de vélo dans les jambes et la dernière fois que j’en avais fait avant c’était il y a 9 mois… tandis que lui vit en Espagne et en fait quotidiennement à l’année longue… mais bon, aucune défaite ne tient… je n’étais pas de calibre voila tout.

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6h55 -J’ai rejoint Jaume qui m’attends sur le bord du chemin la mine un peu défaite. En effet, il n’y a rien pour se réjouir, le ciel devant nous est noir comme un tableau. Cela n’annonce rien de bon.

Nous décidons tout de même de continuer notre route. Advienne que pourra…

Ajoutez à cela qu’entretemps le vent s’était mis de la partie et avait joint les rangs de l’équipe déjà composé de la montagne et de la température. Nous avancions donc au compte-goutte et chaque coup de pédale nous demandait un effort démesuré pour vaincre le vent. Sur le 1er plateau et le 1er pignon (donc la plus basse vitesse), j’avais du mal à vaincre le vent.

Je n’avais alors qu’une seule envi; tourner les talons, redescendre la montagne et aller me blottir dans mon lit à l’hôtel… mais bon, c’est mal me connaitre de penser que j’allais mettre cette pensé à exécution. Je ne suis pas le plus talentueux, ni le plus agile, je n’ai pas les meilleures jambes… bref, je ne pourrais jamais être un athlète professionnel dans quelconque sport vu mes qualités athlétiques qui se situent dans la moyenne tout au plus… mais si il y a une chose dans laquelle je suis un premier de classe, c’est bien la dureté du mental (ok je pète ma coche des fois, mais c’est pour ventiler héhé); quand je dis que je vais faire quelque chose, je le fais un point c’est tout et je m’y donne corps et âme si il le faut… peu importe les conséquences.

À 8h20 tapant, nous avions fait 26km. J’étais alors complètement détruit. Parfois j’essayais de changer le mal de place en marchant quelques minutes, mais mes jambes étaient tellement molles que je n’arrivais pas à pousser le vélo. À constamment m’agripper et pousser sur mon guidon pour avancer, j’avais l’avant des bras dans le même état. Bref, j’étais dans la condition physique idéale pour les 20 derniers… et les plus durs… kilomètres avant le sommet.

Comme si j’avais besoin de me changer les idées, je me suis fait engueuler par un convoi militaire… oui oui. Alors que j’étais à passer une section de route inondée et que j’étais au beau milieu de mon portage, avec les pieds dans au moins 1pieds d’eau, un convoi militaire comprenant 1 jeep et quelques camions pleins de soldats est arrivé derrière moi. Le jeep en tête a alors commencé à me klaxonner comme un débile. Comme je ne pouvais pas me tasser (l’eau était plus profonde de chaque coté), j’ai continué ma route pour finalement me tasser juste après. C’est à ce moment que le jeep, qui n’avait pas arrêté de me klaxonner entretemps, s’est arrêté à côté de moi et que l’officier en charge a commencé à m’engueuler comme du poisson pourri… Pour résumer ses propos, il m’a dit que ça ne se faisait pas de ne pas de ne pas se tasser quand on se faisait klaxonner. Puisque c’étais un militaire… et qu’il n’était pas seul… j’ai hoché de la tête à chaque 2 secondes et je lui ai donné totalement raison… mais en dedans je bouillais; EILLE CHOSE, j’avais l’ai 2 pieds dans la flotte et il aurait fallu que je stop au beau milieu pour te regarder passer pendant une bonne minutes et + toi et tes estis d’indiens… OUFFF… pour me redonner un peu de pep on aurait difficilement pu trouver mieux… je rageais.

Comme si ce n’était pas suffisant, quelques minutes plus tard j’ai été pris en chasse par 2 chiens qui n’entendaient pas à rire. Je n’ai JAMAIS eu aussi peur de me faire mordre par un chien que par ces 2 là. Normalement, quand un chien te jappe dessus en Asie, tu n’as qu’à japper à ton tour ou à faire un vif mouvement en sa direction et il tourne les talons… pas cette fois. J’avais beau crier de toutes mes forces (je criais pour les faire fuir, mais aussi parce que j’étais mort de peur) et essayer de les botter, j’avais tout de même 1 chien à moins de 1m de chaque coté de moi qui montrait les crocs et qui essayait de mordre mes mollets. J’avais une esti de chienne et je pédalais comme un fou en zigzaguant… Essayez de pédaler comme un fou et de crier comme un débile en même temps à plus de 4000m… Une fois passé leur territoire, ça m’a pris un bon 10min avait de reprendre mon souffle.

9h15 – Il pleuvait à siaux depuis quelques minutes quand une teahouse (un tipi) est apparue dans mon champ de vision. J’ai alors vu un vélo garé juste devant… BINGO

C’est trempé jusqu’aux os que j’ai rejoint mon copain Jaume en train de boire un thé bien assis autour du feu dans la tente…

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Très primitive, c’était la tente d’une famille d’éleveur de yaks. Je me serait cru dans une tente au beau milieu du sentier de la nature du zoo de St-Félicien. Moi et Jaume étions bien emmitouflé dans de la peau de yak, autour d’un feu chauffé… à la merde de yaks… au milieu de la petite tente. À ce moment précis, je n’aurais pu demander plus… c’était pour moi le paradis.

Entretemps, la pluie et le vent avaient cessés et après s’être bourré de thé et de 2 grosses miches de pain, nous étions fins près à attaquer la dernière section de l’ascension.

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10h00 – Il ne restait plus que 14… petits… kilomètres pour atteindre le sommet.

Comme à l’habitude, j’avais perdu de vue Jaume depuis un bon moment. Peu importe, je ne suis pas ici pour faire une course. Si j’avais essayé d’aller à son rythme et non le mien, je n’aurais jamais vu le sommet, mais le ciel.

Certaines sections étaient tellement à pic que j’ai du souvent marcher. Cependant, dès que je voyais une voiture arriver, peu importe la souffrance, je remontais sur mon vélo.

J’ai aperçu la cafétéria au sommet de la ChangLa Pass. L’énergie du désespoir étant vidé depuis très longtemps, je ne sais pas trop où j’ai puisé toute cette énergie, mais j’ai eu un regain d’énergie immense. Comme quoi tout est une question de mental.

11h30 – LE SOMMET… Rendu là, tout le monde, que ce soit les touristes ou les indiens, venaient nous féliciter et voulait nous serrer la main, essayer les vélos. et/ou prendre une photo avec nous. Ça faisait du bien au moral.

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Notre journée de travail était donc TERMINÉE. Il ne restait qu’à descendre 32km.

12h00 – Fini la célébrité… il fallait repartir.

2 heures et 40km plus tard, nous étions bien assis à Karu en train d’attendre un bus en direction de Leh. Oui oui… vous avez bien lu… à attendre un bus pour Leh.

Disons simplement que notre descente n’a pas été de tout repos. J’ai tout d’abord fait un 3ème flat en moins de 24h et ce, de la même façon que les 2 premiers, le pneu a crevé parce que l’enfoiré de mécano à la shop où nous avons loué ces vélos n’a pas mi de morceau de tissu/plastique dans ma roue arrière, de sorte que l’extrémité des rayons perforent le pneu. Je n’ai plus aucune confiance en ce vélo.

Pour ceux qui se le demande, il faut savoir qu’entre le moment où je suis arrivé à Leh de mon trip de vélo Manali/Leh, j’ai du rendre le vélo de montagne que j’avais puisqu’il m’était impossible de prolonger la location (un trip organisé de vélo commençait dans 2 jours et ils avaient besoin du vélo), j’ai donc loué un vélo de merde à la boutique où avait fait affaire Jaume. Si c’était juste de cela, on aurait continué, mais en plus de cela, Jaume a fait une sortie de route… comprendre qu’il a failli se tuer en tombant d’un ravin en ratant une courbe… et il a crochit sa roue arrière. Il lui est donc impossible de continuer avec un vélo dans cet état.

LEH – UN PEU DE REPOS… POUR VRAI

Je suis donc de retour à Leh de manière prématuré en raison d’un trip qui fini en queue de poisson… mais d’un autre coté, je ne suis pas trop déçu… je suis à bout de force présentement.

C’est donc un 2ème séjour pour moi ici… bon… le premier ne compte pas trop puisque je suis resté moins de 24 heures et le 2ème a commencé de manière abrupte… à quand une arrivée normale à Leh…

Cette fois, juré craché, je me repose un peu. Même si la plus belle fille du monde vient me proposer une nouvelle aventure demain je vais refuser du revers de la main… euh.

Cette fois, j’ai suivit mon amigo dans sa guesthouse, une auberge tenue par une très sympathique famille dans une grosse maison avec un jardin comprenant des rosiers PARTOUT (ce n’est pas la saison malheureusement Pop). Nous y avons droit à un traitement royale; pain traditionnel, thé à volonté, super omelette le matin, etc.

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En ce 1er matin officiel à Leh, il n’était pas question de se lever avant le soleil ou de faire quoique ce soit demandant un quelconque effort physique. J’ai donc fait la plus longue grâce matinée que j’ai pu faire depuis des mois… réveil à 8h.

Tout en étant une formidable cité du désert, Leh est avant tout une plaque tournante pour quelqu’un voulant visiter le Ladack. Si j’avais à faire un parallèle entre Leh et un autre endroit où je suis allé, ce serait Pohkara au Népal. Remplacez le super lac par un désert et l’illusion serait parfaite héhé. Plus sérieusement, tout comme Pohkara, cet endroit est fait sur mesure pour les touristes; il y a des restaurants, boutiques, agences de voyage PARTOUT. Pour dire vrai, cela n’arrive pas à la cheville de Pohkara ou Katmandou, mais c’est le jour et la nuit avec Manali.

Histoire de commencer la journée du bon pied et de ne pas perdre la forme, je suis allé monter les interminables marches menant à la Shanti Stupa sur le dessus d’une petite montagne en périphérie de la ville. La terrasse offrait une vue complète et superbe de l’ensemble de la ville et de la vallée.

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J’ai ensuite passé l’avant-midi à faire le tour des agences de voyage (pour aller faire un tour dans Nubra Valley) et des boutiques de plein air (pour m’acheter une tente et un sleeping bag pour mon trek en solo dans Zanskar). Après quelques heures de lèche vitrine, j’avais trouvé chaussure à mon pied pour TOUT ce que je cherchais.

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Je vais donc jouer au touriste dans Nubra Valley pour 3 jours avec un tour organisé en jeep… ce n’est VRAIMENT pas mon genre de voyage, mais j’ai besoin d’un peu de repos (sans rester à rien faire) avant le début de mon trek.

En après-midi, il n’était plus question de faire les boutiques… non non non… j’avais quelque chose de plus intéressant (suicidaire) en tête; alors que tout le monde se réfugie dans les cafés ou fait la siesta pour fuir la température accablante, moi j’allais plutôt faire un babouche trek et gravir la montagne au milieu de la ville, par un sentier sinueux en terre, pour aller voir le vieux Palais de Leh et la Gompa tout en haut. En fait, peu importe l’endroit où vous vous promenez en ville, si vous n’êtes pas en mesure de voir la Gompa perchée sur la montagne c’est que vous n’êtes pas à Leh.

La visite de la Gompa surplombant la ville vaut le détour (je ne parle pas d’y entrer, mais simplement de se promener tout au sommet de la montagne) et cela représente assurément l’un des moments privilégiés de mon voyage.

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En revenant en ville par la vieille ville, je suis tombé sur un sentier souterrain de 100-200m de long… pas dans la terre, mais dans les bâtiments… WOW… un autre de ces endroits découverts en me promenant au hasard dans les rues et qui vont peupler mes rêves…

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Bref, ce que certains pourraient une journée bien remplis, moi j’appelle ça une journée de repos héhé…

Sinon, si vous allez à Leh, vous allez souvent entendre « sorry today no power (désolé, il n’y a pas d’électricité aujourd’hui) » et « sorry wi-fi/internet not working today (désolé, internet/wi-fi ne marche pas aujourd’hui) ». Tellement que je commence à croire que le wi-fi est un mythe à Leh. Les restaurants, etc. affichent tous des écritaux wi-fi pour attirer les clients, mais il ne fonctionne jamais.

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Et puis finalement, en fin de soirée, j’ai appris que mon tour à Nubra avait été annulé puisque 2 personnes avaient cancellés.

C’est donc meilleure chance la prochaine fois Nubra, je laisse tombée et j’embraye en seconde vitesse avec mon trek dans Zanskar. Après tout, à mon arrivé à Manali, j’avais simplement 2 objectifs; Manali/Leh road en vélo et faire le Zanskar trek.

Il y a tellement de chose à faire aux alentours de Leh que je pourrais rester ici encore 2-3mois.

– Lacs; J’ai vu 2 des 3 plus importants lacs des environs (Tso Kar et Pangong), mais j’ai laissé de coté Tso Moriri.

– Monastère (Gompa); Il y a PLEIN de monastères à visiter (une bonne douzaine), mais j’ai vu les 4-5 plus importants.

– Aller au Kashmir, plus particuliairement à Srinigar et Jammu. C’est cependant une zone sous tension et la fête de l’indépendance approche (le 15 aout) et on m’a déconseillé d’aller au Kashmir dans ces dates.

– Aller dans la Aryan Valley; à mi-chemin entre Leh et Srinigar, un peu à l’écart du chemin principal, se trouve la Aryan Valley. Elle mange quoi en hiver cette vallée? Eh bien, c’est supposément à cet endroit qu’Alexandre le Grand et ses hommes ont arrêté leur conquête de l’Orient et ont élu domicile plus de 1000ans avant Jésus Christ. Si vous allez dans cet endroit aujourd’hui, vous allez voir plein d’Indien blanc, aux yeux bleu et aux cheveux blonds. Ce sont les descendants de ces macédoniens conquérants et depuis près de 3000ans, ce peuple fait très attention pour préserver sa pureté. Il y a 3 villages dans cette vallée et le village de Dha est la principale attraction.

– Trek; il y a des TONNES de trek à faire autour de Leh. Le plus populaire est un trek d’environ 7-9 jours dans la Markha Valley. Sinon, il y a plein de baby trek de 3 jours et moins (c’est comme cela qu’ils sont appelés ici).

– Aller dans la Nubra Valley; le désert comme on se l’imagine. Ne pas manquer les villages de Paramik (pour ses hotsprings) et le village de Hundar (pour ses grandes dunes de sables).

Mais bon, il fait bien qu’il me reste des choses à faire pour une autre fois… parce que c’est sur que je vais revenir un jour.

Il est temps de passer au plat principal…

LES DERNIERS PRÉPARATIFS

Autant j’adore faire du vélo, autant cela ne pourra jamais battre les sensations que j’éprouve en utilisant mes pieds comme élément de propulsion, en d’autres mots; en faisant des treks. Alors que je ne peux contrôler complètement certains éléments avec le vélo (bris mécanique, etc.), c’est moi la machine qui me fait avancer et c’est de moi et seulement moi dont je dois m’occuper.

Je m’apprête donc à faire un trek de 3 semaines dans la vallée de Zanskar, l’une des régions les plus reculées de la planète, étant inaccessible 9mois par année. Même si il y en a à quelques endroits pour se ravitailler et dormir tout au long du parcours, il ne faut pas trop compter là-dessus. Je me prépare donc pour un trek en autonomie semi-complète; tente, sac de couchage et réserve de nourriture pour quelques jours (noodles, barres de chocolat, meule de fromage, amandes et abricots séchés… je compte sur les quelques teahouses et villages que je vais rencontrer pour les souper plus consistant).

Ce trek se fait généralement avec un guide et des ânes pour porter tout ce beau matériel, mais il peut aussi s’effectuer en solo. Est-ce que c’est de la folie de tenter le coup en solo? Peut-être, mais vous parlez à quelqu’un qui a fait la route Manali/Leh en vélo et en solo…

Pour moins de 200$, je me suis donc acheté une vraie tente Quechua (équivalent de M.E.C. en France) très légère et compacte, un sleeping bag North Face (copie), une gourde, un super gigantesque couteau (j’ai beau avoir une nouvelle tente et sleeping, mon couteau est mon nouvel objet préféré… je le regarde et je souri… en pensant à qu’est-ce que je pourrais faire au prochain chien qui va essayer de me mordre) et bien sur la nourriture mentionnée ci-haut. Cela devrait représenter le très gros de mes dépenses pour le prochain mois héhé.

Lors de ma dernière journée à Leh, j’ai passé la majeure partie de l’après-midi à redessiner le plan de ma maison pour le prochain mois. Tout comme au Népal, mon sac à dos va devenir ma maison pour au moins 2-3 semaines. Avec les 3 nouveaux venus (tente, sleeping et nourriture), j’ai du revoir l’aménagement et procéder à quelques agrandissements un peu broche à foin. Je me dis que pour le moment ça tient et que je vais avoir des soirées entières à n’avoir que cela à faire sous peu… Bref, c’est un work in progress… je capitalise aussi sur le fait que la nourriture prend beaucoup de place présentement et que je vais la manger au fur et à mesure… le problème va donc se régler par lui-même… au fur et à mesure que le problème de famine va faire surface héhé.

AU REVOIR LEH

En ce… euh… on est quel jour de la semaine dont?!? Ahhhhh…

Je disais donc… en ce jeudi 8 aout 2013, je quitte Leh à bord d’un bus un peu crado (on ne change pas une formule gagnante). Je me dirige vers le départ du trek qui se trouve à un peu plus de 4h à l’Ouest dans le village de Lamayuru. Si tout se passe comme prévu, je vais commencer mon trek dès demain…

Officiellement, c’est un trek de 21 jours, mais après avoir parlé avec quelques guides et fait mes propres recherches, je pourrais le compléter en aussi vite que 14 jours puisque je le fais en solo. Bref, l’avenir nous le dira…

L’Ange, sur mon épaule droite, me regarde présentement avec les bras croisés et des gros yeux en me disant « dans quel plan à la con tu t’embarques encore… tout a bien été jusqu’à maintenant, mais à force de tenter le Diable, tu vas finir par te bruler »… et le Diable de sautiller d’impatience sur mon épaule gauche de répondre « vas-y mon bonhomme ».

Je me sens comme si j’étais sur le point de sauter d’un très haut plongeon; tu veux sauter, mais tu as la chienne de faire le move pour te jeter dans le vide.

Voila… je me lance…

On se reparle un de ces jours à la fin aout ou au début septembre…

Jusque là, portez-vous bien et j’essaierais du mieux possible de faire de même…

P.S. – C’est fou comment il peut y avoir des français à Leh. Je crois que pour chaque 5 touristes, il y a 3… peut-être 4… français. Je vous ai déjà dit que j’aimais les français… non… ahhh… c’est bien ce que je pensais héhé.

P.S. II – Autant mon best buddy Roark se moquait de moi en me traitant de « caveman » durant les 2 mois que nous avons voyagé ensemble, autant avec Jaume j’étais littéralement un prof d’anglais. Même si il parle mieux en français qu’en anglais, Jaume m’avait demandé que nos conversations se déroulent uniquement en anglais pour qu’il s’améliore. De plus, il me demandait constamment comment dire tel ou tel mot et si sa prononciation était correcte…

P.S. III – Jaume m’a raconté que P.E.T.A., l’organisation qui lutte pour la défense des animaux, menait depuis quelques années une campagne de stérilisation des chiens en Inde… en raison de la surpopulation. Ça dit tout… quand même l’organisation qui est sensé les protéger veut les « exterminer » (mon interprétation), c’est qu’il y a un problème avec ces bâtards. Il ne pourrait pas stériliser les indiens un coup parti (je dis cela comme ça) héhé…

Épisode 21 – Une route pas comme les autres; Manali – Leh à vélo en solitaire

Du 25 juillet au 2 aout 2013

Vous vous apprêtez bientôt à découvrir ce qu’on en commun un homme, un petit sac à dos bleu, un vélo de montagne et une contrée désertique…

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TABLE DES MATIÈRES;

PROLOGUE

– MANALI; LES VACANCES SONT TERMINÉS
– LADACK; LITTLE TIBET
– LE DÉCOMPTE EST COMMENCÉ

– Jour 1 – AUCUN RÉPIT – 39km

– Jour 2 – … DE BOUE ET DE POUSSIÈRE – 82km (121km)

– Jour 3 – 2 BLOCS DE BÉTON – 45km (166km)

– Jour 4 – OFF-ROAD – 60km (226km)

– Jour 5 – I’M A POOR LONESOME… BIKERBOY – 56km (282km)

– Jour 6 – NO MAN’S LAND – 76km (358km)

– Jour 7 – TEMPÊTE AU SOMMET – 61km (419km)

– Jour 8 – MONASTÈRES EN FOLIE – 88km (507km)

– Jour 9 – EASY RIDER – 21km (528km)

ÉPILOGUE

– À VAINCRE SANS PEINE, ON TRIOMPHE SANS GLOIRE

– MATÉRIEL NÉCESSAIRE
– BUDGET

– TOP ET FLOP

Légende (voir la section info au début de chaque journée);

N – possible de se procurer de la nourriture à cet endroit

E – possible de se procurer de l’eau

G – Il y a des guesthouses

T – Possible de coucher dans une teahouse/camping (tente à louer)

PROLOGUE

MANALI; LES VACANCES SONT TERMINÉS

Que signifie le nom Manali en indien?

Aucune idée…

Je sais par contre ce que cela signifie pour moi; 1 mois presque jour pour jour après la fin de mon trek dans l’Annapurna au Népal, c’est le moment de retourner au « boulot ». C’est fini le luxe indien… si luxe il y a… mais bon, n’embarquons pas sur ce sujet épicé…

La préparation fait foi de tout et pour être préparé, je le suis…

Préparé pour faire quoi me demanderez-vous?

Pour faire une ride de vélo de 475km…

Pfff, ya rien là, je roule 100-200km par jour durant les fins de semaine…

Entre les villes de Manali et Leh dans le Nord-Ouest de l’Inde…

Jamais entendu parlé…

En vélo de montagne, sur une route réputée comme étant l’une des plus dangereuses au monde, qui passe au beau milieu d’un désert, au beau milieu de gorges profondes, qui se trouve au minimum à 3500m d’altitude et qui doit franchir 4 montagnes à plus de 5000m d’altitude.

(Bruit de pas qui s’éloignent…)

Ne vous en faites pas, je ne suis pas le premier parfait imbécile à tenter le coup et bien que je le fasse en solo, j’ai planifié mon trip avec une agence de Manali qui se spécialise dans les trips de vélo de ce genre.

Avant d’aller plus loin, commençons par le commencement…

Je me nomme Nicolas Paré, je voyage depuis presque 5 mois en Asie et je suis présentement à Manali – Inde à la veille de commencer un trip complètement fou.

FIN

Nahhhh… il manque quelque chose… c’est beaucoup trop concis comme histoire… je vais essayer de faire mieux si vous m’en laissez la peine.

Reprenons donc à partir de la fin de mon dernier épisode…

Après un bus de nuit infernal en provenance de Shimla, je me retrouvais à Manali.

Parlons-en de ce bus…

Quelques 2 heures après le départ, le bus s’est arrêté pour un dernier stop avant la nuit… blanche. À notre descente du bus, moi et les autres touristes à bord avons été en mesure de remarquer que les freins boucanaient comme jamais je n’avais vu des freins fumer auparavant.

Voyant nos regards incrédules pointés en direction des roues, le chauffeur a cru bon de faire quelque chose pour nous rassurer. Il s’est approché d’une d’entre-elles et lui a donné un bon coup de pied… comme ferait tout bon gars qui ne connait rien aux voitures/camions. Il s’est ensuite tourné en notre direction et a fait un signe de tête, un sourire et nous a lancé et un « everything’s fine (tout est parfait) ».

Ouin… mettons…

Vous pouvez me corriger si je me trompe, mais à mon humble avis de non mécano, si il y a quelque chose d’important à avoir sur une route toute en montée et descente c’est bien les freins. Ajoutez à cela que la problème des freins qui fumaient nous a fait remarquer qu’une des roues était très mal fixée à l’essieux… mais ça c’est une autre histoire.

Malgré nos craintes, nous n’avions pas vraiment le choix de remonter dans ce maudit bus… ou bus maudit… puisque l’autre alternative consistait à rester au beau milieu de nul part en pleine nuit.

Une fois de retour sur la route, il valait mieux avoir les yeux fermés durant le trajet parce qu’à la minute où j’étais attentif, je commençais à analyser le moindre bruit et à penser que mon heure avait sonnée.

Je suis finalement arrivé sain et sauf à Manali.

J’oserais dire que c’est le Mont Tremblant de l’Inde; une ville artificiellement créée au pied des montagnes et faite sur mesure pour les touristes… donc je déteste.

L’endroit fonctionne un peu au ralenti en été (donc présentement), mais c’est tout autre chose en hiver puisque c’est l’un des principaux Resort de ski en Inde.

J’ai donc commencé à mettre mon plan à exécution.

Quel plan?!?

RETOUR EN ARRIÈRE

Lorsque j’étais à Darjeeling il y a 3 semaines, j’ai ouvert un livre sur le Ladack (Nord-Ouest de l’Inde) et j’y ai lu une toute petite phrase qui a littéralement fait en sorte que je me retrouve présentement à Manali.

Cette phrase parlait de la route Manali/Leh, principal accès terrestre reliant le Nord-Ouest de l’Inde au reste du pays. Cette phrase mentionnait que le bus, le jeep ou la moto étaient les moyens les plus courant de parcourir le chemin, MAIS que depuis quelques années, quelques individus en mal de sensations extrêmes faisaient la route à vélo…

À partir du moment où mes yeux ont lu ces mots, il était clair que j’allais faire cette route à vélo… et ce, sans avoir fait la moindre recherche et avoir ne serait-ce qu’une infime quantité d’information sur la route… En fait, la seule chose que je savais à son sujet était son nom et je pouvais localiser l’emplacement des 2 villes (Leh et Manali) sur une carte.

Le soir même, un peu de recherche sur Internet m’en ont appris un peu plus…

Réputée comme étant l’une des plus belles et des plus hautes (altitude) routes au monde, la route Manali/Leh fait principalement parler d’elle en raison des dangers qui guettent les usagers qui l’empruntent. Fermée plus de 8 mois par année en raison de la neige, nombreux sont les embuches pour la franchir; elle passe en plein désert, plusieurs sections sont très propices aux éboulements (pouvant bloquer la route durant plusieurs jours), il y a quelques montagnes à franchir qui peuvent à tout moment de l’année être bloquées par la neige, certaines sections de la route sont très précaires, il y a un danger réel de mal de l’altitude et bien plus encore.

Pour faire un bref résumé, afin d’être sur que vous me suivez bien, l’idée est de pédaler 475km sur un vélo de montagne, sur une route réputée comme étant l’une plus dangereuse du monde, dans un désert ayant une altitude minimum de 3500m et de passer 4 passes à plus de 5000m. La coupe du trajet fait peur… une vrai étape du Tour de France.

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J’ai donc convenu avec moi-même de mettre le tout sur la glace le temps de rejoindre Manali. À partir de là, j’entreprendrais les démarches afin de louer/acheter un vélo, grignoter quelques renseignements sur la route et mener à bien mon projet.

RETOUR VERS LE FUTUR

Je suis donc à Manali…

En 2 temps, 3 mouvements, je me suis trouvé un beau petit hôtel à l’écart de tout le brouhaha. Il est maintenant temps de se mettre à l’ouvrage…

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Résultat de la 1ere journée; Échec sur toute la ligne…

Je suis entré dans toutes les agences de voyage, boutiques, etc. Avec eux, peu importe ce que tu demandes, la réponse est toujours « 5 minutes » et tu te retrouves à attendre comme un con pendant 1h pour qu’au final ils n’aient rien compris de ce que tu voulais…

À un certain moment, le gars m’avait tellement dit souvent « only 5 minutes (seulement 5 minutes) » que je lui ai dit « next time you say 5 minutes I’ll leave your office (la prochaine fois que tu me dis juste 5 minutes je pars) » et il m’a dit du Tac au Tac « ya ya, wait only 5 minutes (ok ok, encore seulement 5 minutes) « … Je me suis levé sans dire un mot et j’ai crissé mon camp. €st! de gang de faux jetons.

Bref, malgré la quantité incalculable de boutiques et d’agences de trek/voyage, les quelques boutiques qui proposent la location de vélo de montagne ne veulent rien savoir de me louer un vélo pour aller jusqu’à Leh.

Ajoutez à cela qu’il n’y a AUCUN endroit en ville où acheter les quelques éléments dont j’aurais besoin (gourde, etc.). Un peu con vu la réputation de Manali comme étant un endroit de plein air… mais bon, quand on y pense un peu plus, on est en Inde et acheter une bouteille pour y mettre de l’eau à répétition est un concept qui pourrait s’apparenter à de la récupération… et comme je l’ai dit, on est en Inde, pays où le gaspillage règne en roi et maitre.

En fin de journée, quand j’allais pour me chercher un thé, afin de relaxer mes nerfs mis à rude épreuve durant la journée, toutes les pièces du puzzle se sont mises en place. Juste en face du Café, il y avait une boutique de plein air que je remarquais pour la 1ère fois. Il y avait des vélos de montagnes de bonnes qualités devant la porte et c’était mentionné « we help you built your own trip (nous vous aidons à organisez votre propre aventure) ».

Ni une, ni deux, j’étais dans leur bureau. Je leur ai mentionné mon intention de faire la route Manali/Leh en vélo et ils ont commencé à me parler de leur trip organisé qui partait dans 1 semaine. Beaucoup trop cher pour moi, je leur ai demandé s’il y avait d’autre alternative comme louer un vélo et faire le trajet par moi-même… La réponse fut affirmative…

De fil en aiguilles, ils m’ont expliqué tout ce que je devais savoir sur la route; faire le plein d’eau, manger et dormir, avec le nombre de kilomètres qui les séparent.

À chaque endroit où j’aurais un hébergement possible, ce sera un pensez-y bien à savoir si je continu jusqu’au prochain point. Tout sera une question de bien gérer mes forces et de connaitre mon niveau de fatigue afin d’éviter d’avoir à passer une nuit glaciale à la belle étoile.

LADACK; LITTLE TIBET

Le Ladack est la région de l’Inde où je m’apprête à mettre les roues. Je vais vous casser les oreilles avec cet endroit et vous faire découvrir quelques uns de ses secrets au cours des prochains épisodes puisque j’ai l’intention d’y rester au moins 1 mois.

Dictionnaire Le Pti Paré
LADACK, nom masculin,
« La » signifiant Passes/Cols (chemin qui passe au sommet des montagnes),
« Dack » signifiant Royaume/Pays/Contré

C’est donc le Royaume des Passes… et vous allez voir que j’en ai franchit pas mal de ces Passes.

Faisant parti de la province indienne Jammu/Kashmir, ce n’est pas une province de l’Inde, mais bien un territoire.

Pour ceux qui suivent attentivement les nouvelles provenant de l’étranger, le mot Kashmir (Cachemire en français) devrait faire allumer quelques lumières dans votre tableau de bord. Territoire au Nord-Ouest de l’Inde, le Cachemire est enclavé entre le Pakistan à l’Ouest et la Chine à l’Est. C’est une zone sous très haute tension puisque le Pakistan revendique aussi ce territoire depuis la création des 2 pays en 1947. Les escarmouches y sont donc TRÈS fréquentes, mais principalement au Kashmir (territoire à l’Ouest de la province et limitrophe avec le Pakistan), tandis que le Ladack (territoire à l’Est de la province et limitrophe avec la Chine… plus précisément le Tibet) est généralement assez tranquille. Malgré tout, il y a une présence militaire très importante.

Le Ladack compte 100 000 habitants, dont plus de 30 000 à Leh, la capitale. En revanche, il y a plus de 150 000 militaires indiens stationnés sur le territoire. C’est tout dire… en fait, si vous êtes au Ladack et que vous ne voyez pas une base militaire, un convoi militaire, un hélicoptère et/ou un jet de combat durant une journée, eh bien vous n’êtes pas au Ladack. Cette présence militaire contraste beaucoup avec le fait que le territoire est l’un des plus beaux endroits au pays, autant en ce qui concerne les paysages que culturellement, et que le moteur économique principal est le touriste.

Parlons-en de sa beauté…

En ce qui concerne les paysages, comment vous expliquer… mmm… ahhh oui…

Lorsque Dieu a crée le monde, au matin du 7ème jour, après 6 jours de dur labeur, il regardait son ébauche et s’est dit « c’est un peu trop banal comme planète, il faut que j’y ajoute un peu de piquant… ».

C’est ainsi que la chaine des Himalaya, l’Iran et le monstre du Lock Ness sont nés.

Après coup il s’est dit « pas si mal, mais ce n’est pas encore pile poil… et si je fessais… ohhh (cri d’extase) ».

C’est ainsi qu’il a eu l’idée de créer un immense plateau désertique à plus de 3500m d’altitude et avec des montagnes PARTOUT.

Hautes montagnes + désert = désert montagneux à très haute altitude. Le Ladack était née.

Vous ne croyez pas? Vous apprenez quoi à l’école condonc?!?

Je continue donc mon histoire…

Puisque le Ladack a été crée à la dernière minute, Dieu n’a pas eu le temps de simuler une année complète puisqu’il devait partir en vacance pour le reste de l’éternité dès le lendemain. C’est ainsi que quelques bugs ont faits leur apparition.

Quelques bugs comme de la neige en hiver… ben quoi, même si c’est un désert, l’altitude fait en sorte qu’il fait froid et qu’il neige pas à peu près 8 à 9 mois par année. Le territoire se voit ainsi coupé du reste du monde durant tout ce temps (Leh ayant un aéroport, l’accès y demeure limité) en raison de la neige qui bloque le sommet des montagnes et donc les routes.

Voici donc pour les paysages…

Pour de qui est de la beauté culturelle du Ladack, eh bien l’endroit est souvent appelé « Little Tibet (Le Petit Tibet) ».

Véritable paradis sur Terre, on raconte que le Ladack est l’endroit où la culture tibétaine a le mieux subsistée (mieux qu’au Tibet lui-même) depuis l’invasion du Tibet par la Chine.

Bordant le Tibet, sa population est composée en grande partie de tibétains ayant fuit sous le régime chinois oppresseur. D’ailleurs, le Dalai Lama, chef spirituel du Tibet, a élu domicile à Dharamsala tout juste au Sud du Ladack, depuis qu’il s’est enfuit de Lhassa (capitale du Tibet) il y a plus de 60ans.

En fait, si vous passez une journée sans voir d’autocollant, de tuque, de chandail, etc. où c’est inscrit « Free Tibet (Libérez le Tibet) », des drapeaux du Tibet et/ou des photos de Llassa, je vois conseille d’avoir une sérieuse discussion avec votre agent de voyage puisque vous n’êtes pas au Ladack.

C’est donc une description très brève du Ladack. Si je vous ai mis l’eau à la bouche et que vous ne pouvez pas attendre, internet est là… Pour les autres, je vais tâcher de vous faire découvrir plusieurs de ses beautés dans le présent épisode et les suivants…

LE DÉCOMPTE EST COMMENCÉ…

Plus que quelques heures avant le départ de ma nouvelle aventure. Je quitte Manali avec le strict minimum, comme lors de mon trip au Népal, laissant le gros de mon stock à mon hôtel où je reviendrais dans un peu plus de 1 mois suite à mon trek dans Zanskar Valley.

Le stress est à son comble et les pires idées me passent par la tête…

Comme si Dieu avait voulu me donner un peu de répit, un petit bonhomme m’a adopté comme nouveau meilleur ami en fin de soirée au resto de l’hôtel. Merci, mais d’avoir un kid qui essai de briser mon IPhone juste avant mon départ ce n’est pas ce que j’appelle relaxant.

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Ce que j’entreprends demain est tout sauf une sinécure et j’en suis bien conscient. Je vais surement souvent me demander pourquoi j’ai eu cette idée de « génie » en voyant la prochaine montagne devant moi, je vais même peut-être craquer qui sait.

Ce que je sais aussi c’est que ma préparation est parfaite, que j’ai confiance au vélo que j’ai loué et que je suis excité au plus haut point à l’idée d’entreprendre cette expérience hors du commun.

Bien sur, je mentirais si une partie de moi n’était pas mort de peur. Après tout, ce défi serait déjà colossal si il était à proximité de chez moi et je suis présentement à l’autre bout du monde.

Je ne suis pas à l’abri d’un imprévu… mais comme je le dis souvent, si je voulais ne courir aucun risque, je serais resté bien assis dans mon ancien salon à écouter des films… et même là, j’aurais pu me faire frapper en traversant la rue pour aller chercher des chips au dépanneur… mmm des chips, ça fait longtemps…

De plus, il n’est pas question ici de jouer au Super Héro en voulant à tout prix terminer le parcours dans un temps record. Mon objectif principal est tout autre; profiter le plus possible du paysage.

Bon, trêve de bavardage, c’est dorénavant marqué « pose ton cul sur ta selle de vélo et pédale ».

Jour 1 – AUCUN RÉPIT

Info;
– Manali (2050m)
– Palchan (2300m) – N, E, G
– Kothi (2530m) – N, E
– Galuba – N, E
– Mahdi (3320m) – N, E, G

Nombre de kilomètres; 39km

Description;
25 juillet 2013 – 6h du matin

Le réveil sonne sans me réveiller. Depuis déjà 1h, je suis immobile dans mon lit à fixer la fenêtre avec les yeux bien ronds.

Cet alarme, jumelé à des rayons de soleil qui se faufilent entre les rideaux ne peu signifier qu’une chose; c’est le temps de se mettre en route. Plus question de me dire « dans 2 jours je commence mon trip à vélo »… c’est MAINTENANT.

Même si une partie de moi souhaitait ardemment qu’il pleuve à siaux pour retarder l’inévitable, je profite un dernier instant de mon lit, je saute dans la douche et j’enfile le chandail et les shorts que je porterais pour au moins les 5 prochaines semaines… soit lorsque je reviendrais à Manali.

7h30 – J’ai dû me botter le cul à plusieurs reprise, mais j’ai finalement prit mon envol et Manali est déjà quelques kilomètres derrières… euh… quelques mètres je veux dire.

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La route longe une rivière et je passe une multitude de villages sans intérêt.

Après avoir résolu le mystère des synthétiseurs au Sri Lanka, je suis maintenant en mesure de vous éclairer sur « où se trouve tous les paires de ski parabolique et les affreux suits des années 80 et 90 ».

La réponse; ils se trouvent dans des boutiques (cabanes en bois) sur le bord de la route juste après Manali en Inde. Le plus drôle c’est que toutes ces boutiques sont présentement ouvertes même si on est en plein été et que personne ne fait de ski.

Il est maintenant 9h30 du matin et jusqu’à maintenant, la route ne m’a laissé aucun répit. Je ne me rappelle pas avoir descendu une cote et les plats sont très rares. Je passe au travers des villages comme on monte les montagnes, soit avec une interminable série de zig zag. En fait, quand je vois une pente de moins de 10 degré devant moi, un sourire s’affiche sur mon visage. Disons que j’aurais pu trouver plus facile comme première ride de vélo en plus de 9 mois.

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Alors que je roulais tranquillement dans une très belle forêt de conifères depuis une bonne heure, à faire mes zig zag comme un grand, la forêt s’est éclairci devant moi pour faire place à une immense montagne.

En regardant la montagne, je me suis demandé « est-ce que… OH MON DIEU »…

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En plissant les yeux je venais d’apercevoir des voitures sur une route en flanc de la montagne. On aurait dit des voitures/camions miniatures tellement ils étaient petits par rapport à la montagne.

Aucun doute, c’était bel et bien la RohtangLa Pass et je n’y échapperais pas.

Un troupeau de vaches que j’ai croisé avait l’air complètement ébahi de me voir là… « mais kes tu fais icitte sur un vélo » aurait très bien pu me lancer l’une d’elle avec le regard qu’elles me faisaient.

Une fois sur la montagne à proprement dire, puisque depuis le début ce n’était que l’approche, la route était quelque chose; environ 1.5 voitures de large, aucun garde-fou et une mort assurée si tu donnes un coup de volant de trop. Malgré tout, à aucun moment sauf une fois je me suis senti en danger; un esti de touriste sur sa moto louée a pris un virage beaucoup trop serré, ne laissant pas beaucoup de place entre lui et le précipice… et j’étais exactement à cet endroit.

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Je m’arrête donc à Mahdi pour la nuit, un regroupement d’une vingtaine de cabane que je n’ose pas appeler bâtiment (1 tente restaurant, une Gompa (monument religieux)… et une très belle guesthouse sorti de nulle part), quelques 17km avant la fin de la montée. J’ai encore beaucoup d’énergie, mais il est déjà 1h, je n’ai pas encore diner et la prochain arrêt ayant des hébergements est à plus de 30km. Bref, ya pas le feu et c’est quand tu essais de trop en faire en étant un peu fatigué que les erreurs arrivent… et ici, les erreurs ne pardonnent pas.

22

En allant booker ma chambre dans la guesthouse, j’ai eu droit à l’une des discussions les plus loufoques qu’il m’ait été donné d’avoir avec un manager d’établissement;

Moi – « do you have a free room? (avez-vous une chambre de disponible?) »

Manager – « yes (oui) »
(négociation du prix)
Moi – « I’ll take it (je la prend) »

Manager – « ok but if someone book the room, you’ll have to go (parfait, mais si quelqu’un réserve la chambre, il faudra que tu t’en aille) »

Moi – « what?!? But I just booked the room… (quoi?!? Mais je viens tout juste de la réserver…) »

Manager – « no, you just show up and the room was free, but if someone book it you’ll have to go (non, tu t’es présenté ici et la chambre était disponible, mais si quelqu’un la réserve, il faudra que tu partes) »

Moi – ?!? (j’ai eu beau essayer de comprendre sa logique, c’était peine perdu…)

Seul point d’intérêt de Mahdi, l’endroit surplombe la vallée que j’ai montée aujourd’hui. On voit l’ensemble du chemin zigzaguer dans la montagne. Juste derrière, on peut y apercevoir la montagne que j’aurais à monter demain… moins cool.

En allant prendre mon souper au seul resto du trou… euh… village, j’ai aperçu 2 vélos. Quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer un couple de belges qui avaient entrepris ce matin de Manali le même périple que moi (je vais seulement les recroiser une fois à Leh puisque leur rythme était très lent).

Au final, j’avais BEAUCOUP de craintes ce matin avant de partir, mais ils se sont complètement dissipés. Malgré la souffrance constante, j’ai eu le sourire fendu jusqu’aux oreilles toute la journée. Les jambes ont très bien répondus, le cardio est à son poste et j’ai le cul en feu… mes fesses devront finir par se résigner à devoir être écrasées sur une selle toute la journée…

Mon rythme a été complètement ridicule; 5h pour faire 40km, mais à ma décharge, je me suis arrêté très souvent pour prendre des photos, j’ai un vélo de montagne et non de route… et j’ai monté environ 1300m. Satisfaction personnelle, à aucun moment je ne suis descendu de mon vélo pour marcher à coté… j’ai pédalé chaque maudit mètre.

Tout au long de la journée, je n’ai pas cessé d’être encouragé par les indiens qui me croisaient en voiture. Alors que la majorité se contentait de me lever le pouce dans les airs hors de la voiture, environ 5-6 voitures se sont arrêtées sur le bord du chemin pour piquer une jasette… et prendre des photos avec moi. Les 3 mêmes questions revenaient toujours;

– « where are you going? (où est-ce que tu vas?) »
Réponse; Leh

– « why are you doing this? (pourquoi tu fais ça?) »… de me demander les indiens ébahis
Réponse; j’alternais entre « because… (parce que…) » ou « why not (pourquoi pas) »

– « why are you staying in Mahdi instead of going over the pass. It’s only 17km? (pourquoi tu restes à Mahdi au lieu de passer Rohtang aujourd’hui. C’est seulement une dizaine de kilomètres?) »
Réponse; aux quelques indiens qui m’ont posé la question, je suis resté muet… parce que si j’avais répondu, ça aurait ressemblé à cela « eille chose… j’ai tu l’air de superman?!? 10km en ascension c’est rien pour un gars obèse à moto… mais en vélo c’est autre chose. Je ne connais que 2 personnes qui, une fois accoutumés à l’altitude, aurait pu faire mieux que moi et ton prénom n’est ni Guillaume, ni Geoffroy ». Ahhhh… juste de vous l’écrire, ça fait du bien…

Enfin, puisque je vais passer beaucoup de temps en tête à tête avec lui, j’ai décidé de baptiser mon vélo. Après y avoir pensé toute la journée (je n’avais que ça à faire), j’ai finalement choisi « Lone », comme dans « alone (seul) ». Que nous le voulions ou pas, Lone et moi allons très bien nous connaitre dans quelques jours. Avec lui, je roule vers le Nord, les lever de soleil sont à gauche et les coucher à droite… si ce n’est pas le cas à un certain moment, il faudra que je me pose de sérieuses questions…

C’est donc un rendez-vous demain à l’aube pour finir l’ascension de ce 1er monstre…

Jour 2 – … DE BOUE ET DE POUSSIÈRE

Info;
– Mahdi (3320) – N, E, G
– Rohtang La (3955m) – N, E
– Gramphoo (3340m) – N, E, T
– Koksar (3140) – N, E, G
– Sissu (3120) – N, E, T
– Gondra (3160) – N, E
– Tandi (3100m) – N, E
– Keylong (3350m) – N, E, G

Nombre de kilomètres; 82km
Total; 121km

Description;
Le réveil s’est effectué dans le brouillard le plus total à 5h45. Visibilité ou pas, il ne pleuvait pas, le clairon de cavalerie pour effectuer la charge s’est donc fait entendre (Go Go Go). Je me suis empressé d’aller prendre un petit déjeuner au resto du village (qui ouvrait à 6h) et j’ai ensuite pris la poudre d’escampette.

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Au menu d’aujourd’hui, une randonné de 82km… oui oui, le double de la distance d’hier. La journée va se séparer en 2 phases; une 1ère partie très pénible qui consiste à finir la montée jusqu’au sommet (17km – 600m), suivit d’une promenade dans le parc, soit la descente de plus de 850m sur 58km, avec une petite difficulté sur les 7 derniers km avant d’atteindre Keylong, ma destination d’aujourd’hui.

Dès les premières minutes, j’avais la selle bien enfoncée dans le cul. C’est surement une manière pour mes fesses de manifester leur mécontentement. En fait, c’est le seul aspect de mon physique qui ne veut pas coopérer à l’aventure. Mon cardio et mes jambes ont vite compris qu’ils seraient plus forts que jamais après l’aventure… j’ai hâte que mes fesses comprennent qu’elles seront plus fermes héhé…

Très tôt ce matin, le brouillard prenait toute la place, tellement qu’à certains moments je ne voyais pas à plus de 10m devant moi sur la route. Heureusement que tous les voitures, véhicules lourds et moto klaxonnent avant les virages…

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Puis, le brouillard a commencé à jouer avec moi, me montrant des sections de paysage par-ci par-là, pour finir par s’estomper complètement… laissant toute la place à un soleil de plomb… pas vraiment mieux.

Avec environ 8km à monter, l’asphalte était devenu une rareté; beaucoup de sections étaient complètement défoncées et à certains endroits on peinait à voir qu’il y en avait déjà eu. Je dois donc sortir mes talents de cycliste off road (je n’en ai aucun). Ajoutez que la pluie de cette nuit à transformée quelques sections en rivière/chute/torrent. Je dois donc faire quelques portages. Quand on se compare, on se console, alors que je transportais mon vélo sur les épaules pour passer une très longue section inondée, une petite voiture est passée et tous les occupants prenaient des photos de moi un peu surpris de ma voir là. Puis, rendu 100m devant moi et toujours dans la boue, le radiateur de la voiture a décidé de rendre l’âme. Une minute plus tard, c’était maintenant à mon tour de passer à coté d’eux l’air amusé en prenant des photos.

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Puis, après quelques heures de dur labeur, j’arrivais finalement au sommet. La RohtangLa Pass…

Que signifie Rohtang La? D’une part, comme au Népal, « La » signifie « Passe », dans le sens de chemin pour enjamber la montagne. D’une autre, « Rohtang » signifie en tibétain « tas de cadavres »…

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Eh oui, par le passé, beaucoup de gens sont morts au sommet en raison d’une météo imprévisible et en changement constant. Il n’est pas rare de voir une tempête de neige et/ou un blizzard en plein milieu de l’été.

Ahhh… et pour ceux qui se dirait « oh mon Dieu, il monte une montagne de 3900m en vélo », eh bien sachez que la Rohtang La est en quelque sorte le cadet d’une famille de 4 La (passe) que j’aurais à franchir, Baralacha La étant à 4900m, Lachulung La à 5050m et le grand frère Taglung La pointe à 5360m. Bref… je n’ai encore rien vu héhé

Sinon, je n’ai aucunement ressenti les effets de l’altitude durant l’ascension; le cardio ne s’est jamais emballé et je n’ai jamais eu le souffle court. Pourtant, à pareille altitude au Népal, je n’avais pas feelé une journée complète, je devais prendre une grande respiration avant de boire et j’avais un mal de tête permanent. Une femme m’a expliqué hier que l’acclimatation à l’altitude peut durer jusqu’à 3 mois après notre départ de la zone en haute altitude. Puisque j’ai fini mon trek au Népal il y a 1 mois, je suis encore ok.

Une fois quitté Rohtang, le trafic est devenu inexistant. Il faut savoir qu’aller au sommet de la RohtangLa Pass est une attraction touristique très courue par les indiens (fouillez-moi pourquoi), mais ils n’en ont rien à f@utr£ d’aller plus loin… à mon plus grand plaisir.

Je peux donc me concentrer entièrement à apprécier la descente et à dévaler une route en parfaite condition entouré de montagnes aux sommets enneigés. J’ai alors fait un acte de foie envers Lone. Puisque je ne le connais pas encore, il aurait été risqué de dévaler le chemin à pleine vitesse… mais je l’ai fait quand même. Pendant plus d’une heure, je me suis laissé guidé par la route qui zigzaguait dans la montagne; un coup de frein par-ci, un coup de volant par là. En fait, le plus dur était de garder les yeux sur la route… avec le panorama qui m’entourait c’était tout sauf facile. Pour ajouter au moment, c’était le silence radio le plus total; aucun autre son que le bruit des roues de mon vélo, le vent et quelques chutes… pas moi… l’eau.

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Le sentiment de liberté que j’ai ressenti durant cette descente est tout simplement indescriptible… Je partais à rire à tout moment en pensant au truc de fou que j’étais en train de faire au milieu de nul part en Inde. Bref, vraiment pénible héhé… j’avais l’adrénaline dans le tapis et c’était vraiment grisant… et il me reste 3 descentes pires (mieux) que celle-là jusqu’à Leh.

La vallée dans laquelle je viens d’aboutir est située entre RohtangLa et BaralachaLa (mon prochain grand défi dans 2 jours).

Une fois descendu la montagne et arrivé à Gramphu, je ne sais pas ce qu’il y avait là, mais d’un coup je me suis retrouvé prisonnier d’un énorme embouteillage. Pour les 6-7km séparant Gramphu de Koksar, je roulais à la file indienne derrière une jeep et devant un camion citerne… le feeling était pas super… Ahhh, vous m’excuserez de me pas avoir pris de photos puisque j’étais beaucoup trop occupé à lutter pour ma survie. Ajoutez à cela qu’on aurait dit un cross-country tellement la route était devenue cahoteuse. Heureusement, c’était en descendant, je n’avais donc pas à pédaler, simplement tourner le guidon, freiner et tourner la tête pour m’assurer que le camion derrière moi fessait de même.

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À un certain moment, la route était complètement bloquée en raison de travaux. Devant nous se dressait une mer de boue avec quelques pelles mécaniques, etc. Nul doute, la circulation allait être bloquée pour un très long moment. Ni une ni 2, j’ai zigzagué entre tous les véhicules devant moi et j’ai commencé à passer au travers des travaux en portant mon vélo. En plus de caller de 1 pied et + à certains endroits, j’avais la chienne des pelles mécaniques, etc. Pas besoin de dire que j’étais petit dans mes shorts. N’empêche, j’ai passé au travers du kilomètre sans encombre et j’ai ensuite pu avoir le chemin complètement à moi jusqu’à Koksar.

11h00 – Koksar – Léger pit stop pour reprendre les forces éparpillées dans la montagne. Encore 45km à faire avant Keylong… la journée était loin d’être terminée. Il me restait encore un bon 6h de clarté, donc tout était sous contrôle.

Après Koksar, la route suivait une magnifique rivière d’un bleu glacial dans le fond d’une magnifique vallée. La route consistait en de très courte montée et de très longues descentes sur des faux plats… parfait pour quelqu’un d’un peu fatigué, ne voulant pas trop forcer et ne voulant pas faire le fou sur des pentes hyper abrupte. Comme si ce n’était pas assez, la route était en parfait état et j’avais le vent dans le dos… que demander de plus?!?

J’ai passé au travers d’un charmant petit village du nom de Sissu, avec une superbe forêt de feuillus, qui font une sorte de haie d’honneur de part et d’autre du chemin. De l’autre coté de la rivière, une chute très haute et à fort débit fait retentir son rugissement jusqu’à très loin dans la vallée.

Tout au long du chemin, un changement s’opérait tranquillement, mais surement au niveau de la végétation; plus j’avance et plus ça commence à ressembler à un désert. Paradoxalement, quand je regarde les montagnes autour, il y a de plus en plus de glaciers en hauteur.

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Bien que majoritairement en descente, les derniers 20km ont été les plus durs de la journée; je n’avais plus beaucoup d’énergie, j’avais de la misère à me concentrer et à garder les yeux sur la route et 1km sur 2 était en chantier. Les risques de tomber d’une falaise étaient nul, mais ceux que je fasse un faux mouvement et que je freine avec le frein avant (très sensible)… et donc passer par dessus le guidon, était très grand…

Puis, Keylong s’est finalement pointée à l’horizon. La ville me semblait très proche, mais on m’indiquait 6km sur le bord de la route. J’ai fini par comprendre pourquoi…

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La ville était effectivement très proche, mais juste avant d’y arriver, il y a une rivière et il faut faire un très grand détour pour aller chercher le pont… j’aimerais avoir devant moi le sans génie qui a pensé que ce serait une excellente idée de faire faire un immense détour à la route. À la vue de cette vision d’horreur, mon moral, qui était excellent jusque là, est tombé en miette et a emporté avec lui toute l’énergie qu’il me restait. En bon français, j’ai frappé un mur… mes jambes ne voulaient plus avancer et j’étais plié en 2 tellement j’étais exténué. Je n’ai eu d’autre choix que de descendre du vélo pour marcher les derniers kilomètres… au grand dam de mon égo.

16h pile – Après 9h de vélo, j’arrive enfin à destination. J’ai rapidement trouvé une guesthouse vraiment pas cher et je fais le mort sur mon lit pendant une bonne demi-heure, incapable de faire quoique ce soit d’autre. J’étais VIDÉ, autant physiquement que psychologiquement, comme rarement je l’ai été dans ma vie. Ajoutez à cela que moi et Lone sommes recouverts de boue de la tête au pied.

82km sur un vélo… de montagne; Check.

Keylong est la plus grosse ville… et probablement la dernière… que je vais rencontrer jusqu’à Leh. Elle joue le rôle de capitale de la région de Lahaul et a la particularité d’être laissé complètement à soi-même (donc isolé) en hiver. En effet, les accumulations de neige sont si importantes que les 2 cotés de la vallée dans laquelle elle se trouve sont complètement bloqués. Pour vous donner une idée, on est présentement au milieu de l’été et on se croirait au mois d’octobre au Québec et tous les sommets environnants sont recouverts de neige…

Il n’y a qu’une seule et unique chose à dire à propos de cette journée; autant dans la montée, dans les mers de boue, que dans la descente, je me suis amusé comme un petit fou… bien que j’avais très hâte d’arriver à la fin.

J’en ai parlé un peu hier, mais je voudrais saluer encore une fois la gentillesse des gens ici. C’est complètement fou le nombre d’encouragement que j’ai pu avoir durant cette journée des plus éreintante…

Aussi, je n’oserais jamais appeler les indiens d’ici Indien. La majorité d’entre eux aiment mieux se faire appeler tibétain et c’est tout à leur honneur. En fait, ils sont complètement différent des indiens. Tous comme les népalais, la plupart du temps ils n’osent pas déranger et quand ils le font, c’est généralement simplement pour me dire bonjour et me serrer la main. Il y a un respect mutuel entre eux et moi… ce qui n’existera jamais avec les vrais indiens.

J’aimerais aussi remercier Lone. Hier c’était tout en monté, alors il n’y avait pas trop de danger, mais aujourd’hui, j’ai joué au casse-cou avec un vélo que je ne connais pas, comme si ca faisait des années que je l’avais. Il a très bien répondu à toutes les fois… si il avait mal répondu ne serait-ce qu’une seule fois je serais à l’hôpital ou pire présentement.

Bon… je dois aller nettoyer mon vélo… on se rejase demain.

P.S. – Le mot manquant au début du titre de la journée est « COUVERT… ».

P.S. II – J’aimerais tellement avoir une Go-Pro présentement. Je vais devoir refaire cette route un jour pour remédier à la situation. Des intéressés?!?

Jour 3 – 2 BLOCS DE BÉTON

Info;
Keylong (3350m) – N, E, G
Gemur – N, E, G
Jispa (3200m) – N, E, G
Darchu (3400m) – N, E, T
Patseo (3840) – N, E, T

Nombre de kilomètres; 45km
Total; 166km

Description;
5h30 – J’ai les yeux bien ronds même si mon cadran ne sonne que 15min plus tard. J’aurais bien aimé partir avec le lever du soleil, donc vers 5h, mais les restaurants n’ouvrent qu’à 6h et ce serait du suicide de ne pas manger…

Pour aujourd’hui, j’ai en tête une journée plutôt facile afin de donner un break à mon corps meurtri par les derniers jours. Le plan est donc de me rendre jusqu’à Patseo, quelques 45km plus loin et à mi-hauteur de la BaralachLa Passe… que je garde pour demain. Si mes jambes et mon vélo me le permettent, je pourrais tenter de rejoindre ZingZingBar à 4170m et donc au 2/3 de la Passe, mais ce serait ajouter 20km à ma journée et on m’a parlé en bien de Patseo… On verra bien.

En cherchant un restaurant ouvert à 6h du matin, je suis tombé sur Jarrod – Australien, 43ans, père de famille, Cyclinginthinair.com – qui se sauve une fois par année pour faire un trip de vélo autour du monde. Nous avons donc décidé de faire équipe.

Je me suis cependant vite rendu compte que nous n’étions pas du même calibre. Peinant à rester dans sa roue, c’est moi qui donnait l’impression d’être le plus vieux sur la route. À ma décharge, il revenait d’une journée de repos à Keylong et avait son propre vélo… 2 avantages non négligeables.

La route était tout simplement superbe ce matin, principalement en descente, zigzaguant le long d’une falaise très escarpée et suivant la rivière.

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En chemin, nous avons rencontré une suisse qui faisait la route Leh-Manali (donc le chemin inverse) toute seule. Pour ceux qui pense que je suis hardcore à faire ce trip tout seul, en plus de voyager seule en Inde, elle fait ce trip de débile dans le sens le plus difficile.

On passe au travers de très beaux petits villages (Gemur et Jispa) au fond de la vallée. Puis, arrive le très laid village de Darcha, avec sa dizaine de cabanes restaurants construites à la va vite et disposées de part et d’autre d’une rivière. Je n’y aurais pas passé une seule seconde si je n’avais pas eu à m’enregistrer au bureau de contrôle. Seule chose notoire, c’est le dernier village avant 250km. Tous les autres endroits où j’irais à partir de maintenant et jusqu’à Rumtse ne sont que des campements temporaires installées durant l’été. Darcha est aussi le début/fin du Zanskar trek. C’est donc ici que j’aboutirais dans environ 1 mois.

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À partir de là, il fallait se mettre au travail et monter péniblement la montagne. La route se résumait alors à de la terre ou en de rare cas de d’asphalte.

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Ne pouvant suivre le rythme de Jarrod, je l’ai prié de continuer sa route puisque je ne voulais pas être un boulet. De toute façon, nos styles étaient incompatibles; lui voit ce parcours comme un sprint, voulant se rendre le plus rapidement possible à Leh, tandis que moi j’ai rangé mon esprit de compétiteur et je vois le parcours comme un marathon, afin d’admirer le plus possible le paysage.

Après environ 1h d’ascension, la route a bifurquée dans une nouvelle vallée et a changée du tout au tout. Fini le cross-country, c’était dorénavant une route principalement en descente et récemment asphaltée.

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Juste avant d’arriver à Patsio, j’ai croisé 2 indiens d’au moins 60-70ans qui faisaient aussi la route Manali/Leh à vélo, tout en étant accompagné par toute une équipe dans une jeep. Pour l’un d’eux c’était la 3ème fois.

11:20 – Avec 45km dans le corps, j’arrivais à Patseo, rien de plus qu’un trou au milieu de nul part dans une vallée semi pas mal beaucoup désertique. Le paysage est très accidenté et la végétation, quand il y en a, ne dépasse pas les 10cm. Il n’y a absolument rien ici mis à part une tente restaurant et 3-4 tentes pour dormir près d’un beau petit lac, 2-3 cabanes par-ci, par-là et une sorte de petite ferme.

J’avais donc un très gros dilemme. D’un coté, j’éprouvais beaucoup de problème avec mon vélo depuis le début de la matinée (la chaine débarquait souvent). Ajoutez à cela qu’on aurait dit que mes jambes étaient faites de béton (j’aurais peut-être dû prendre une journée de repos à Keylong) et que mon cul ne pouvait tout simplement pas supporter ma selle une seconde de plus.

En revanche, il n’était pas encore midi quand j’ai fini de luncher et le prochain stop était à environ 15km.

J’avais donc l’option de prendre une demi-journée de congé dans un bel endroit ou continuer tranquillement jusqu’à ZingZingBar un peu plus haut et espérer que ce soit aussi beau.

Après de vive négociation avec le propriétaire, nous en sommes venus à un accord. Il a commencé à 1000rs sans rien d’autre, il m’a ensuite proposé 500rs + déjeuner inclus quand il voyait que je remettais mon sac à dos… pour finalement lancer 250rs diner et déjeuner inclus lorsque j’enfourchais mon vélo. À ce moment, je suis descendu de mon vélo et je me suis dirigé vers la tente qui allait être ma maison pour la nuit.

J’écoute donc ma raison afin de permettre à mon corps de souffler un peu. Après tout, il le mérite bien; j’ai fait jusqu’à maintenant 160km en 3 jours… en vélo de montagne… après avoir enfourché un vélo pour la dernière fois il y a plus de 9 mois. J’ai tout mon temps et la santé est l’une des seules choses, avec l’argent, qui peut écourter mon voyage.

Au final, je suis tout fin seul au milieu de nul part avec la famille qui s’occupe de l’endroit (mari/femme et très jeune enfant). Ce soir sera ma nuit la plus rustique en Asie; aucun électricité, pas la moindre cabane ressemblant à une toilette et une tente offrant zéro confort.

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Je troc donc mon vélo et mes bottes de montagne pour enfiler mes flip flop et faire un peu de babouche-trek dans les montagnes environnantes.

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L’endroit est formidable et si je ne me retenais pas, je prendrais des photos à toutes les 10 secondes… ahhh, on me souffle à l’oreille que c’est ce que je fais depuis maintenant 3 jours. C’est déchirant puisque je ne sais pas quand j’aurais de l’électricité à nouveau et il me faut rationner les batteries si je veux pouvoir écrire et surtout prendre une tonne de photos. Je suis d’ailleurs présentement à écrire le récit de cette journée assis sur une grosse roche au beau milieu de nul part. Le soleil est tellement chaud que je préfère mettre mon chandail à manche longue et ma capuche… À ce sujet, il y a 3 jours j’avais un bronzage parfait, mais c’est de l’histoire ancienne. Même si j’étais déjà hyper bronzé, mes bras sont maintenant rendus rouges et j’ai l’air d’un habitant.

J’en ai aussi profité pour laver mon linge couvert de boue dans le lac. Mon intention première était d’y faire une saucette, mais j’ai changé d’idée après 10min à laver mon linge. J’avais les pieds et les mains complètement engourdis. Le manager m’a ensuite expliqué qu’il avait essayé d’ensemencer le lac il y a quelques années, mais que les poissons étaient tous morts… je sais ben pas pourquoi…

Bon, je déconnecte pour aujourd’hui. Je viens d’avoir l’idée d’aller m’assoir en bordure du lac sur une chaise de camping avec les pieds dans l’eau. Pas très stable, ni très chic, mais un très bon moyen de contrer la chaleur extrême puisque ce n’est pas dans ma tente, qui s’apparente à une serre présentement, que je vais trouver le confort. En effet, entre 12h et 4h, quand le soleil est à son maximum, tu ne veux tout simplement pas être dehors. J’ai fait l’expérience 2 fois jusqu’à maintenant et malgré de la crème solaire, tu cuis littéralement sur place. Paradoxalement, dès que le soleil disparait derrière les montagnes, il commence à faire un froid de canard. Le vent que tu aimais tant quelques heures plus tôt devient ton pire ennemi. J’anticipe donc une nuit glaciale.

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Jour 4 – OFF-ROAD

Info;
Patseo (3840m) – N, E, T
ZingZingBar (4050m) – N, E, T
Baralacha La (4895m)
Baratpur – N, E, T
Sarchu (4300m) – N, E, T

Nombre de kilomètres; 60km
Total; 226km

Description;
4h45 – J’aperçois les 1ères lueurs du soleil et mes yeux deviennent bien ronds. Il n’est pas question de rester une seconde de plus dans ce qui me sert de lit.

5h00 – Mon matériel est déjà tout remballé et je suis fin près à entamer ma journée. Seul hic, le cuisinier n’est pas réveillé. Je m’étais pourtant entendu avec lui pour prendre mon déjeuner à 5h.

5:20 – Assez c’est assez… je laisse la somme que je dois sur mon lit et je prends la poudre d’escampette. Sans avoir déjeuner et sans eau, mon but est de rejoindre ZingZingBar pour y prendre mon petit déjeuner. Ce n’est pas une décision hyper logique, mais bon, je ne suis pas réputé pour mes décisions pleines de sens, au contraire, j’agis par instinct… et là mon instinct me dit d’engranger le plus de kilomètres possibles avant que le soleil se pointe et brule tout sur son passage.

Tout juste après avoir quitté mon campement, la route passait au travers d’une base militaire. Les militaires se sont alors fait un plaisir de me saluer tout sourire et certains couraient même à coté de moi. La situation était surréaliste héhé.

Durant cette 1ère heure, je n’ai rien croisé sur la route (jeep, camion, vélo). Peu importe dans quelle direction je regardais, c’était la nature à l’état sauvage et mis à part la route, il n’y a aucune trace de civilisation. J’étais alors seul au monde entouré de ces montagnes gigantesques, tout petit sur mon vélo au fond de la vallée sans le moindre bruit. La sensation est extraordinaire.

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6h25 – J’avais finalement un bon petit déjeuner devant moi dans un Dhaba (sorte de restaurant TRÈS BASIC) à l’entrée de ZingZingBar.

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De ZingZing (j’adore dire ce nom) j’entame officiellement les hostilités avec la BaralachaLa Pass, la 3ème plus haute passe du trajet à 4894m. Ensuite ce sera une descente infernale, suivit d’un plat pour rejoindre Sarchu, mon pit stop pour la nuit.

7h00 – Il est temps de repartir. Le soleil commence alors à franchir la cime des montagnes, éblouissant tout sur son passage.

Quelques 6km plus loin, après avoir passé une tente de mécanique automobile (?!?) perdue au milieu de nul part, je suis tombé sur un regroupement de 5-6 tentes restaurants offrants de l’hébergement; la branche « touristique » de ZingZingBar. L’endroit n’a pas du tout le charme de Patsio, mais pour ceux désirant prendre un peu d’avance pour le jour suivant, c’est une bonne alternative.

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10h00 – Après une ascension difficile, mais constante, la BaralachaLa est vainc… attendez une minute, on me murmure que l’endroit où je suis présentement n’est pas le sommet. C’est donc dire que la montagne que je me figurais être le sommet depuis bientôt 3 heures, celle dont je me disais constamment « je vais t’avoir ma maudite », n’est rien d’autre qu’une étape avant le sommet. J’étais alors complètement démoralisé… et je n’avais plus d’eau.

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10:45 – Après avoir passé un très beau lac (eau malheureusement stagnante… pas question d’en boire), une ferme abandonnée et monté une autre centaine de mètres, je pouvais finalement dire mission accompli. Un monument avec des drapeaux de prière se trouvait sur le bord de la route et celle-ci commençait â descendre tout de suite après… je crois bien que c’est le sommet héhé.

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D’en haut, je pouvais déjà apercevoir un campement fait de tentes bleus tout en bas de l’autre côté. C’était assurément Baratpur… mon oasis. J’allais pouvoir m’y gaver et boire autant d’eau que je le voulais.

Ma journée de travail était donc terminée. Il ne me restait plus qu’à apprécier le fruit de mes efforts avec une descente de plus de 30km, entrecoupée de quelques coups de pédale par ci, par là. Je rangeais donc ma force physique, au profit de ma dextérité et d’une concentration accru (en montant tu n’as pas à penser, tu as simplement à pousser, en descendant c’est tout le contraire sur ces routes). Faite de sable ou d’asphalte encore une fois complètement défoncée et avec le soleil qui plombait (j’avais de la difficulté à percevoir les trous)… ajoutez à cela 2 chutes à traverser. Dans l’une d’elle, j’avais mal jugé la profondeur et je me suis ramassé avec de l’eau jusqu’aux genoux… avec mon vélo sur mes épaules.

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11:15 – « Downtown » Baratpur. L’endroit est pour le moins spécial. Il y a 8 tentes restaurants/hôtel. Chaque endroit offre la même maudite affaire et au même prix… pas moyen de négocier. Pour ce qui est des tentes, chacune est une grosse pièce pleine de lits alignés de part et d’autre d’un corridor central… durant le jour l’espace sert de restaurant. Avec les toiles bleus servant de toit, l’effet est des plus particulier à l’intérieur… on se croirait dans un Rave.

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Midi tapant, après avoir fait le plein d’énergie, c’est sous un soleil d’enfer et habillé d’un chandail à manche longue et de mitaine (j’aime mieux crever de chaleur que d’empirer mes coups de soleil… de toute façon il y a un bon vent) que je continu ma descente jusqu’à Sarchu.

Le chemin entre Baratpur et Sarchu était tout simplement INCROYABLE. Tout juste après le campement, la route s’engage dans une très belle gorge en faux plat descendant tout le long. Complètement désertique, avec des roches aux teintes orangés multiples, il n’était pas question ici d’avoir une seconde d’inattention. Sur cette route à peine large comme une voiture, en bordure d’une falaise et où l’asphalte était un concept très obscur, un faux mouvement pouvait mener directement dans la rivière quelques dizaines de mètres plus bas. J’ai donc encore une fois du sortir mes talent de cross-country.

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2:00 – Fin du parcours pour aujourd’hui. Bien que j’ai encore beaucoup d’énergie, que mon vélo est top shape et que mes jambes sont au rendez-vous, je suis arrivé à Sarchu, mon objectif de ce matin. J’aime donc mieux me « retirer » en pleine forme et reprendre où je l’ai laissé demain que de trop pousser et être une loque humaine demain. Après tout, ya pas le feu… et le prochain endroit « habitable » est à plus de 48km… après une autre passe.

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Sarchu est en fait une plaine verdoyante d’environ 10 km de long par 1km de large entourée de montagnes aride et aux couleurs multiples. Je ne passerais pas par quatre chemins; c’est sublime. Tout au long des 10km de plaine se trouvent une multitude de campement.

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Durant les 3 mois où la route Manali/Leh est ouverte, Sarchu sert de halte pour la majorité des jeeps et bus transportant des touristes de Manali à Leh et vice-verca. En effet, le trajet entre les 2 villes est d’une durée d’au moins 22h et rare sont les transports qui offrent de le faire d’une shot sans arrêt (je déconseille à quiconque de faire ce trajet sans arrêt puisque ce serait passer à côté de toute la beauté que peut offrir cette magnifique route)… et Sarchu, en plus d’être très beau, se trouve environ à mi-chemin.

C’est donc le relais le plus important entre les 2 villes. Sur une distance d’environ 10km, vous ne voyez qu’une succession de campements pour tous les gouts; allant du campement 5 étoiles, au campement dortoir (les plus luxueux se trouvent en début de plaine vers Manali et plus on avance vers l’autre côté et plus on descend de budget). Pour vous donner une idée, je crois que le campement le plus chic peut revenir à 40$ la nuit en occupation double (déjeuner et souper inclus), tandis que le plus cheap revient à 2$ (rien d’inclus).

Tout comme Patsio, ZingZingBar, Baratpur et les suivants, les campements sont installés pour 3 mois et ils sont ensuite démontés. C’est donc dire que si quelqu’un avait l’idée de faire la route dans un mois autre que de la mi-juin à la mi-septembre, en plus de se buter à 4 passes complètement bouchées par la neige, il devrait faire son trip en autonomie complète (tente, sleeping et nourriture).

Pour ma part, j’ai opté pour le 2ème campement en arrivant de Manali… héhé. J’ai une super belle tente (elle me fait penser au vieux film de safari en Afrique) avec salle de bain incluse et de l’électricité (une rareté très bienvenue pour recharger mon IPhone et ma caméra). J’aurais assurément pu trouver moins cher, mais bon, un peu de luxe pour seulement 10$ (diner et déjeuner inclus) après une journée comme aujourd’hui et la tente dans laquelle j’ai couché hier est le bienvenue pour mes vieux os. Il était beaucoup plus cher, mais j’ai réussi à négocier à la baisse avec mon air de chien battu.

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Si il y a bien quelque chose dont je dois me préoccuper durant ce genre d’aventure c’est bien ma santé. J’ai beau vouloir monter une montagne demain, si mon corps dit non et que je m’obstine, ça ressemblera à mon jour 2 entre Mahdi et Keylong et je n’ai pas l’intention que ça se reproduise…

C’est donc l’heure de la sieste…

Pour ceux qui pourrait dire « yé ben paresseux lui », je vous rappelle que je me suis levé à 4h45 (il y a 9h), que j’ai fait 68km de vélo de montagne en haute altitude durant environ 8h et qu’il fait un soleil de plomb dehors (j’aurais pu compter les nuages que j’ai vu aujourd’hui tellement le ciel était d’un bleu clair).

Sur l’heure du souper, j’étais l’attraction dans le campement. J’étais le seul fou faisant le trajet en vélo avec 4 groupes tous droit sorti de minibus. Ils voulaient donc tous savoir qu’est-ce qui m’avait passé par la tête, comment c’était, etc. Cela m’a permit de sortir de mon isolement et de faire la connaissance d’un très sympathique couple d’indo-canadien et de 2 jeunes allemands en direction de Leh. Qui sait, peut-être que nos routes se croiseront à nouveau…

Le soir venu, le ciel était complètement exempt de nuage. En l’absence totale pollution lumineuse et à l’altitude où nous sommes présentement, je n’ai jamais vu un ciel aussi rempli d’étoile et avec autant de nuances de couleurs.

Sans tambour, ni trompette, à 4300m, c’est quand même le 2ème plus haut endroit où je vais dormir dans ma vie… jusqu’à maintenant.

P.S. – Aujourd’hui, un chien s’est mi dans la tête de me suivre à partir de Baratpur et ce jusqu’à Sarchu. À chaque fois que j’arrêtais pour prendre des photos, il me regardait tout piteux et chialait pour que je lui donne quelque chose. Pauvre cabot, tu es tombé sur le mauvais gars. J’ai peine à subsister avec mes réserves d’eau et de nourritures, pas question de partager… et même si j’avais de l’excédent, JAMAIS je ne t’en donnerais. Depuis que je suis en Inde, l’un de mes plus vieux rêves est de botter un chien de toutes mes forces pour passer toute la frustration des heures de sommeil perdues (qui se comptent surement en jour jusqu’à maintenant) en raison de toi et tes semblables qui jappez à tue-tête toute la nuit. D’un coté, c’est dur de demander aux indiens de dompter leurs chiens, quand eux-mêmes sont bien souvent des bâtards sans aucune manière. Détrompez-vous, je n’ai pas l’intention de le tabasser, il va simplement mourir de faim si il me suit. Au fait, j’adore les animaux, mais passez 5mois en Inde/Népal/Sri Lanka et vous aurez le même état d’esprit que moi.

Jour 5 – I’M A POOR LONESOME… BIKERBOY (chanson thème de Lucky Luke)

Info;
– Sarchu (4300m) – N, E, T
– Gata Loops (from 4360m to 4620m)
– Nakee La (4740m)
– Whiskey Nalla (+/-4600m) – N, E, T

Nombre de kilomètres; 56km
Total; 282km

Description;
Après une nuit glaciale ponctuée de courts instants de sommeil, gracieuseté du gros Koréen qui ronflait dans la tente juste à coté, suivit d’un déjeuner léger, j’ai dit au revoir à mes nouveaux amis et je me suis mis en route.

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Aujourd’hui sera soit une journée très facile jusqu’à Whiskey Nullah (48km), soit une journée pénible jusqu’à Pang tout juste après la LachulungLa et qui pointe à plus de 5000m. Tout cela dépendra de l’heure à laquelle je vais arriver à Whiskey.

Tout juste après Sarchu, je traversais la rivière et fessais mon entrée officielle au Ladack (j’étais jusque là en Himashal Pradesh)… aucune différence héhé.

Les 2 premières heures de vélo ont été jouissifs; route quand même bien pavée tout en descente dans une plaine. Le paysage qui m’entourait était tout droit sorti d’un vieux Western Spaghetti des années 50-60. J’avais l’impression que John Waine et/ou Clint Eastwood allaient sortir de nul part sur leur cheval. Que demander de mieux pour commencer la journée?

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8:10 – Première difficulté de la journée avec l’ascension des Gata Loops; série de 21 zigzag totalisant 10km et un peu plus de 300m d’ascension. Cela devrait se faire les 2 doigts dans le nez. En plus, le soleil n’a toujours pas franchit les montagnes. J’ai donc une fraicheur additionnelle non négligeable comme allié. Malgré tout, il fait déjà une chaleur d’enfer. J’en donc encore une fois revêtu mon costume de femme musulmane; rien ne dépasse excepté mes mollets et ma face (ce n’est pas un voile intégral). Aussi, le ciel est totalement exempt de nuage. C’est comme si Dieu avait décidé de ne rien mettre sur le canvas du ciel… mis à part la Lune, qui disparait peu à peu.

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9h40 – Les Gata Loops sont choses du passé. Je me trouve désormais à 4667m d’altitude, mais l’ascension n’est pas tout à fait terminée… oh que non, c’est mal connaitre le Ladack de penser cela. Il me fallait encore monter pour atteindre la NakeeLa, petite passe secondaire.

11:20 – Complètement à bout de force, j’aperçois des drapeaux de prières au tournant d’un virage. Cela ne peut dire qu’une seule chose; je suis arrivé au sommet… j’ai finalement vaincu NakeeLa sur 1 genou. Même en pleine forme, cette Passe est de loin la plus difficile des 3 que j’ai faites jusqu’à maintenant. Ce n’est pas en raison de difficultés quelconques, mais plutôt parce que le dernier point de ravitaillement avant de s’y attaquer est à plus de 40km.

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Disons que ça n’a pas été une partie de plaisir comme je l’avais envisagé; le cardio, la tête et les jambes sont là, mais ce matin en voulant aller me resservir une tasse de thé, je me suis solidement pété le genou droit sur le coin d’une table. Au départ, je ne ressentais rien, mais quand j’ai commencé à monter, et donc à forcer des jambes, une vive douleur est apparue.

L’ironie dans tout cela c’est que Nakeela n’est même pas considérée comme une Passe à part entière en raison du fait que tout de suite après, on descend de 200-300m sur 5-6km, pour tout de suite entamer la montée de la LachulungLa pointant à 5065m et bien visible du haut de Nakeela.

Au moment d’amorcer ma descente, je n’avais qu’une seule chose en tête; MANGER. Pour ceux comme moi qui seraient désespérément à la recherche de nourriture, il existe un campement TRÈS TRÈS de base nommé Whiskey Nullah entre les 2 passes. L’endroit comprend un total de 2 restaurants et 6 tentes… on peu même y coucher.

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En fait, je crois que l’expression « au milieu de nul part » a été inventée pour décrire cet endroit. De la façon dont le camp est organisé, j’ai l’impression d’être avec des gitans.

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J’étais bien assis à manger à Whiskey (ils ne vendent pas d’alcool) quand j’ai vu s’arrêter 8 cyclistes avec un guide… et un gros autobus Full Equip. En discutant avec l’un d’eux, il était complètement renversé que je fasse le trip en solo. De mon coté, j’étais aussi complètement renversé de l’entendre; ils n’ont pas à transporter de sac sur leurs épaules ou sur leur vélo et en cas de faiblesses, ils peuvent « skipper » une partie du trajet et se reposer dans le bus climatisé. On appelle ça le gros luxe…

Je les regardais monter la montagne que je venais de descendre (heureusement ils n’allaient pas dans le même sens que moi… c’est donc la dernière fois que je les vois) et malgré tous leurs beaux artifices, la plupart peinaient beaucoup dans une section que je qualifierais de facile. J’ai ensuite regardé le bus quitter avec à son bord 4 des cyclistes… P A T H É T I Q U E. Quand je pense que ces cyclistes vont se « vanter » d’avoir fait la route Manali/Leh à vélo, ça me donne le goût de vomir à penser à tout le jus de genou que j’investi dans l’aventure. Bref, c’est dommage, mais l’argent peut acheter n’importe quoi… et dénaturer les exploits.

Moi dans tout cela, durant tout mon lunch, je jonglais avec l’idée de passer la nuit à Whiskey ou faire l’ascension de la Lachulung La. D’une part, bien que l’ascension ne semble pas si difficile, une affaire de 2-3h, je ne sais pas qu’est-ce qui m’attends de l’autre côté. De plus, mon genou me fait souffrir même au repos et j’aime bien l’idée de dormir ici. Ce serait ASSURÉMENT mon nouveau record d’endroit perdu pour coucher (Patsio a l’air d’une ville à côté d’ici).

Après quelques minutes de délibération, j’ai décidé… de passer la nuit dans ce trou. Je suis curieux de voir cet endroit à la tombé de la nuit… et d’être entouré de 4 indiens/tibétains avec qui je suis incapable de communiquer sauf par signes. C’est le genre d’expérience que je n’ai pas encore tentée et ça me stimule au plus haut point.

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La « chambre » qu’on a mi à ma disposition est donc une tente tipi dans laquelle on a disposé un matelas de sol… et il n’y a pas de porte d’incluse dans le deal. Pour ce qui est de mes 2 oreillers, je suis convaincu que ce sont des sacs de riz.

Sinon, pas besoin de me poser la question à savoir s’il y a des bibites de lit, j’ai déjà ma réponse… L’endroit, quoique très crasseux, me fait de l’effet et de toute façon, je suis probablement plus sale que tout ce qui se trouve dans la tente…

J’ai donc passé l’après-midi à ne rien faire dans ma tente pour reposer mon genou. J’en ai profité pour avancer mon livre 20000 lieux sous les mers de Jules Verne…

Je me disais constamment « et si j’avais… continué mon chemin, monté la Passe et fait les 29km qui me séparent de Pang », prochain campement et endroit réputé pour être très hospitalier. À chaque fois que j’avais ces pensées, je n’avais qu’à bouger le genou pour me rappeler pourquoi j’étais dans un trou avec 4 tibétains (le drapeau du Tibet flotte fièrement devant le campement). Pour me rassurer encore plus que j’avais fait le bon choix, j’ai décidé de suivre une jeep qui partait du campement jusqu’en haut de la montagne. Ça lui a pris 45min… et moi qui croyais que c’était une petite montagne en la regardant… comme quoi la perception ici peut-être trompeuse.

Je vais donc passer la nuit à me les geler, mais cette fois, puisque j’ai lu/dormi toute l’après-midi, je me promets de m’assoir dehors une fois la nuit tombée pour admirer les étoiles. Il faut bien que ça serve à quelque chose d’être dans un trou (absence totale de lumière).

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Jour 6 – NO MAN’S LAND (Pas âme qui vive)

Info;
– Whiskey Nalla (+/-4600m) – N, E, T
– Lachulung La (5065m)
– Pang (4530m) – N, E, T
– Morey Plains (4700m)
– Tso Kar Lake (4500m) – N, E, T

Nombre de kilomètres; 76km
Total; 358km

Description;
Dans le genre d’endroit où j’ai couché, le temps perd toute signification. Peu m’importe de savoir quelle date, quelle jour de la semaine et qu’elle heure il est. La seule chose qui importe est de savoir si le soleil est debout ou couché et donc, si je peux continuer mon chemin ou dormir.

Sans réveil-matin (iphone mort), je me suis réveillé aux 1ères lueurs du soleil qui pénétraient dans ma tente… et surtout aux camions qui passaient. À ce moment là, les camions utilisaient encore leurs phares de nuit et la Lune était bien visible. J’en ai donc déduit qu’il devait être autour de 5h (les camions ne roulent pas durant la nuit sur cette route).

Quelques minutes plus tard, toutes mes affaires étaient emballées et j’étais près à commencer l’ascension. Il faut savoir qu’à l’endroit où je dormais, il commence à servir les déjeuners vers 7h… beaucoup trop tard pour moi. J’ai donc décidé d’attendre jusqu’à Pang quelques 29km plus loin.

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Toute l’ascension (seulement 5km) s’est faite sous un froid de canard puisqu’aucun rayon du soleil n’était sur ce flanc de montagne. L’ascension n’était pas très difficile puisque la majeure partie du travail avait été fait la veille lors de l’ascension de la NakeeLa. Cependant, pour la 1ère fois du trip, l’altitude se fessait sentir; je respirais très péniblement et j’avais beaucoup de mal à retrouver mon souffle. À 5065m, le sommet de la LachulungLa ne comporte aucun intérêt.

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Après Lachulung, 24km de descente non stop m’attendaient jusqu’à Pang… et mon petit déjeuner. C’était des conditions off-road, du vélo de montagne à l’état pur puisque la route était en terre et très cahoteuse. À ce moment, j’ai eu une pensée pour ceux qui font le trajet en vélo en sens inverse. Autant je m’amusais comme un petit fou à descendre, autant j’aurais sacré à monter dans ces conditions.

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Jusqu’à Pang, j’ai presque eu la route à moi tout seul, ne voyant que 2 ou 3 jeeps/camions. Je m’en suis donc donné à coeur joie. Après tout, je n’étais pas le seul à vouloir arriver à Pang A.S.A.P., mon estomac grondait. Le genou dans tout cela? Il me fessait encore souffrir, mais ce n’était rien comparativement à la veille.

Du sommet de la montagne jusqu’à Pang, j’ai donc avalé les kilomètres à un rythme effréné… tout en arrêtant à toutes les 30secondes pour admirer le paysage et prendre des photos. Le spectacle auquel j’ai été convié m’a laissé bouche bée. La route passait dans une gorge très serré entouré de montagne d’un rouge/orangé aux arrêtes tranchantes comme des couteaux; on aurait dit une cathédrale sculptée par la nature (sans plans et devis donc c’est tout croche). Avec le jeu d’ombrage dû au fait que j’y passais en début de matinée, et que le soleil n’illuminait pas tout de manière uniforme, c’était magique. Puis ce qui devait arriver arriva… j’ai manqué de batteries avec un peu moins de 10km à faire jusqu’à Pang. C’était vraiment frustrant puisque la route venait de sortir de la cathédrale et suivait désormais une petite rivière quasiment asséchée et entourée de montagnes de sable formant des espèces de pyramides.

8h50 – Je me retrouvais à pédaler au centre de Pang. L’endroit n’est pas vraiment digne d’une carte postale, au contraire. On m’avait vanté l’endroit en disant que ça avait beaucoup de charme… eh bien je le cherche encore. Selon moi, c’est aussi charmant qu’un pitbull… ce sera donc un très bel endroit pour ceux qui aime cette race de chien. L’endroit est une succession de campement, comprendre restaurant/hôtel, le long d’une rivière. Seul hic, le site est un vrai chantier et c’est très bruyant. Il y a aussi beaucoup d’hébergement, l’endroit doit donc grouiller de touristes le soir venu. Je suis donc très content de ma décision de rester à Whiskey hier.

Arrivé là-bas, je n’avais qu’une seule et unique chose en tête; trouver une prise de courant qui fonctionnait durant le jour… et manger. Si c’est déjà difficile de trouver une prise, c’est mission impossible d’en trouver une qui fonctionne le jour puisque l’électricité est généralement produite avec des génératrices et ils ne les allument que le soir venu.

Ceci étant dit, j’ai quand même tenté le coup. À mon arrivé à Pang, la communication était difficile avec les habitants, j’ai donc sorti mon adaptateur de courant et je l’ai montré à tout le monde. Ils ont fini par m’indiquer une maison de pierre plus haute sur la colline. Par miracle, la maison était un restaurant… qui fonctionnait à l’électricité toute la journée.

EUREKA

J’ai donc fait un pit « battery » stop un peu plus long qu’habituellement, histoire de recharger mes batteries et celles de mes appareils.

10h30 – Une fois le plein d’énergie exécuté, j’ai enfourché mon vélo, posé mes fesses là où elles se doivent d’être et pris la direction du Tso Kar Lake quelques 40km plus loin. Juste avant de partir de Pang, il m’est passé par la tête de remonter le sentier que j’avais emprunté plus tôt pour aller prendre des photos… mais cette idée est ressortie aussi vite héhé…

La température tempéré/froide de ce matin avait désormais fait place à une chaleur torride sous un soleil prenant bien soin de se faufiler partout afin d’éliminer toute traces d’ombres. De plus, comparativement à hier, le ciel d’aujourd’hui était recouvert de ses plus beaux nuages. Autant hier j’étais content de voir un ciel exempt de tout nuage, autant aujourd’hui j’étais heureux du contraire. En effet, les nuages ajoutaient au paysage en nuançant les couleurs des montagnes avec un jeu d’ombres.

Après une ascension courte, mais pénible… vous savez quand vous allez dans l’eau un peu trop tôt après avoir mangé et que vous avez une crampe… eh bien quand vous vous êtes bourré la face, que vous êtes parti tout de suite après et que vous n’aviez pas remarqué que la route montait abruptement tout de suite en partant…

Je disais donc; après une ascension courte, mais pénibles, je me retrouvais à 4700m dans les « Morey Plains », une plaine offrant des vues à perte de vue de chaque coté. Exception faite des bergers et de leur troupeau, il n’y a pas âme qui vive dans cette contrée désertique pas très large (quelques km), longue de 60km et entourée de montagnes exemptes de végétation.

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Il ne me restait donc qu’une seule chose à faire; suivre la merveilleuse ligne noire tracée par l’homme au beau milieu de la plaine et parcourir les 42km qui me séparait du prochain relais, qui était aussi mon stop pour la soirée… en souhaitant que le vent demeure dans mon dos et qu’il me pousse sur cette pente descendante (paresseux vous dites…).

Le trajet se faisant sans trop d’effort, je pouvais vaquer à mes activités préférés; me faire intoxiquer par le gaz d’échappement des camions lourds qui passaient, passer au travers d’un troupeau de chèvres/brebis… je ne sais pas trop bon… qui se trouvait au milieu de la route, me faire klaxonner par de foutus véhicules même si la route est large comme 3 camions et que je roule sur le bord de l’accotement. C’est pas mal ça… Est-ce que j’oubli quelque chose… je ne pense pas… ahhh oui… shit j’ai oublié… ça va me revenir… mais bien sur comment j’ai pu ne pas y penser; admirer le formidable panorama qui défilait sous mes yeux beaucoup trop vite à mon gout (Le dernier point était de loin le plus intéressant).

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Comme toute bonne chose a une fin, la superbe ligne noire a fini par se transformer en une horrible ligne grise. En bon québécois du Lac St-Hean, c’est devenu une route en planche à laver. Je me retrouvais donc bien malgré moi au beau milieu d’un mauvais remake de « Casse-Noisette » quelques 10-15km avant ma destination (ce que je ne savais pas, c’est que ça prendrais beaucoup de temps avec que je revois ma ligne noire adorée…).

Peu après, j’ai fait la rencontre d’un vieil homme à vélo, tout seul et allant dans le sens contraire. J’en ai donc profité pour lui demander s’il savait où se trouvait l’embranchement pour se randre au Tso Kar Lake. Il m’a alors répondu qu’il y avait justement séjourné hier et qu’en quittant ce matin, il s’était trompé de direction et avait roulé 3h en direction de Leh au lieu de Manali. À ce moment même, j’ai eu un coup de téléphone de la part de mon département « instinct ». Le message était assez clair « mon gars, vas-tu vraiment suivre les indications d’un gars qui ne sait pas faire la différence entre le Nord et le Sud, entre le chemin qu’il a emprunté la veille et un nouveau chemin?!? Écoute-moi dont à la place… est-ce que je t’ai déçu jusqu’à maintenant?!? ».

Je dois admettre que cette remarque n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. J’ai donc coupé court à la conversation et je lui ai souhaité bonne chance. Après tout, il en aura besoin. Au moment où je l’ai rencontré, il devait être 15h. Il voulait se rendre à Pang (de toute façon il n’avait pas trop le choix, il n’y a rien entre ici et là), donc il avait 42km à faire contre le vent et sur un route en ascension constante…

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J’ai donc continué un peu mon chemin pour voir une route de terre qui allait vers la droite et donc, qui déviait de la route principale. Sensé être pas mal rendu à la jonction avec la « route » du lac, et puisque celle-ci était sensée être sur la droite, je me suis dit que ça ne pouvait pas être une coïncidence. J’ai donc emprunté cette route de terre/sable… bref, pas une route… qui semblait mener nul part et qui se décuplait en plusieurs petits sentiers à tout moment. Gardant le centre tout le long, j’ai finalement aperçu la terre promise et un campement fait de tentes blanches. Sachant que c’était le seul campement à des miles à la ronde (j’ai appris par après qu’il y avait un village de l’autre coté du lac avec un campement moins cher) et que je n’avais ni l’énergie, ni la volonté de continuer mon périple plus loin aujourd’hui, je m’attendais au pire en ce qui concerne le prix (le mot monopole vous dit quelque chose).

J’y ai effectivement goutté, mais j’ai sorti la seule carte que j’avais dans mon jeu et qui risquait de les toucher droit au cœur (sortez les violons). Je leur ai dit que si je payais le montant qu’ils voulaient que je paie, je n’aurais plus assez d’argent pour me rendre jusqu’à Leh (ce qui est complètement faux). Résultat; j’ai eu la tente à moitié prix héhé. C’est encore cher, mais c’est dans mes cordes et en prime, je couche dans une superbe tente avec électricité et j’ai le diner et déjeuner all you can eat d’inclus (Croyez-moi, je vais leur faire honneur).

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Je vais donc profiter de la vie des gens riches et célèbres ce soir et essayer de reprendre des forces du mieux que je peux puisque demain s’annonce comme étant peut-être le jour le plus difficile du parcours avec un trajet d’environ 70km et l’ascension de la TaglungLa Pass qui pointe à 5300m. Il s’agit de la dernière difficulté du parcours et après ce sera tout en descente jusqu’à Leh durant environ 100km.

Pour l’heure, je compte bien continuer de terroriser les petites madames du campement; les résidents du camp sont en très grande majorité des couples de personnes âgées… quand je me suis pointé sur mon vélo, ça a crée tout un émoi et certains petits vieux ne cessent de me dévisager comme si j’étais un extraterrestre.

Au souper, je me suis rapidement rendu compte que je n’étais pas à ma place; j’étais de loin le plus jeune (même avec ma barbe de pas propre qui me donne 10ans de plus) et le souper était un buffet servi dans de l’argenterie.

Il fait donc encore un froid d’enfer pour aller me coucher. Consolez-vous gens du Québec si vous n’avez pas un bel été, ici nous sommes au milieu de l’été et 0 la nuit est une température tout à fait normale.

Le jour qui se termine est assurément le plus spectaculaire depuis le début (les jours 1, 2 et 4 ne sont pas très loin) et probablement l’un des plus beau (en terme de beauté) de ma vie. J’étais déjà complètement subjugué par ce que j’avais vu durant l’avant-midi (les photos ne rendent pas justice à mon avant-midi), Dame Nature a décidé de sortir tout son kit pyrotechnique afin de m’en mettre encore plus plein la vue en après-midi. En fait, depuis Baratpur (milieu du jour 4) le paysage ne cesse de me couper le souffle. Les premiers jours étaient super aussi, mais ils ne se situent pas dans la même catégorie.

À l’image du film « le jour de la marmotte » avec l’excellent Bill Murray, j’aimerais pouvoir revivre encore et encore et encore le jour que je viens de vivre… je finirais probablement par me lasser de faire du vélo seul, mais bon…

Jour 7 – TEMPÊTE AU SOMMET

Info;
– Tso Kar Lake (4500m) – N, E, T
– Morey Plains
– Debring (4570m) – N, E, T
– Taglung La (5350m) – N, E
– Rumtse (4325m) – N, E, G

Nombre de kilomètres; 61km
Total; 419km

Description;
Tout d’abord, si vous trouvez que mon titre sonne comme un mauvais film de série B, vous avez visé juste et sachez que c’était mon intention. Vous saurez un peu plus loin pourquoi.

Commençons par le commencement…

Ce matin, j’ai été très paresseux… je me suis levé à 5:20. À ma grande surprise, le soleil avait déjà franchit les petites montagnes à l’Est de la vallée et tout était clair.

Somme toute, la nuit avait été froide, mais pas glaciale. J’ai donc été rapidement remis sur Terre avec le vent glacial qui m’a accueillit en sortant de ma tente.

Un petit déjeuner copieux, puis je remballais mes trucs pas vraiment en vitesse (je ne voulais pas vraiment quitter ce campement) pour reprendre la route à 6:15.

First thing first, je devais rejoindre la route principale via le chemin de terre que j’avais emprunté pour me rendre ici. Plus facile à dire qu’à faire puisque sur 5km, c’était essentiellement en monté et en sable. Autant dire que j’avais toutes mes misères et que j’ai marché la majeure partie.

Je retrouvais donc la route telle que je l’avais laissée hier; aucune ligne noire à l’horizon. Je pouvais donc peaufiner mon numéro solo de casse-noisette commencé la veille. Quel spectacle ce sera. Cela dit, ça ne doit guère être plus amusant en moto, jeep ou autobus…

Après une quinzaine de kilomètres et une fois passé Debring, village (je dis le mot village en me pinçant le nez) moribond en bord de route, il n’y avait toujours aucune trace de ma ligne noire. J’avais portant fini ma répétition et j’étais fin près à entamer mon numéro; l’ascension de la TaglungLa, pointant à 5350m, sur 24km.

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Un peu après Debring, la route nous amène dans une vallée en cul de sac. On voit alors très bien la route monter jusqu’au sommet de la montagne qui nous fait face. À la vue de cette vallée, j’avais beaucoup de misère à croire que le sommet de la Passe était cette « petite » montagne devant moi. Il me restait plus de 600m à monter et un peu moins de 20km à parcourir et j’étais convaincu qu’en 1 heure, 2 gros max, je serais en haut.

Eh bien, je n’aurais pas pu être plus dans le tort. Après 3 heures d’ascension, il me restait toujours une bonne distance à parcourir et je n’avais plus aucun doute à savoir que c’était bel et bien la Passe.

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J’ai lu dans un article il y a quelques semaines que dans un environnement sans trop de pollution (comme ici), l’œil est facilement trompé en ce qui concerne les distances. En effet, nos yeux sont habitués d’évoluer dans des environnements où la pollution est omniprésente. Ils ont donc de la misère à s’adapter. J’ai très mal expliqué le concept, mais sachez que c’est vrai.

L’ascension fut des plus pénibles, j’oserais dire la section la plus pénible du trajet, non pas en raison de l’altitude ou de ma condition physique, mais bien en raison de l’état pitoyable de la route. J’avançais à pas de tortue sur cette route de gravelle au mieux en planche à laver.

10:30 – Je touche presque au but. Je suis droit devant la Passe et il ne me reste qu’un virage à faire… ne sortez pas les tambours et trompettes trop vite, il m’en reste pour au moins 1h avec le dernier bout « droit » (croche).

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Depuis le début de mon ascension, le soleil a tranquillement fait place à des nuages d’un gris argenté. Tout juste avant le sommet, ce qui devait arriver arriva…

Des nuages d’un gris argenté ça vous fait penser à quoi?!?

1 morceau de robot à celui ou celle qui a dit « ça me fait penser à l’hiver »… Bingo

Un bon 2 kilomètres avant le sommet, je me suis fait cueillir par une tempête de neige (J’aurais souhaité des confétis, mais bon, on va faire avec ce qu’il y a en stock).

Durant un lap de temps d’environ 20min, la neige a gagné en intensité au point où j’en ai eu toute une chienne. J’étais au milieu de nulle part… que faire si la neige persistait ou même pire, s’accentuait?

Puis, tout d’un coup, elle a cessée aussi vite qu’elle avait commencé… pour recommencer de plus belle quelques minutes plus tard.

Pas besoin de vous dire que j’étais petit (pas juste en raison du froid) dans mes shorts à ce moment. J’avais plein d’idées sombres qui me passaient par la tête;

« Y-a-t’il un pire endroit qu’à plus de 5000m d’altitude pour être pris dans une tempête… mis à part l’Everest?!? »

« Après tout ce chemin, tu vas mourir gelé au sommet de la dernière montagne »

« Coudonc, est-ce que je suis dans un mauvais remake de 127heures… à la différence que je suis pris au sommet d’une montagne et que je vais perdre un bras à cause du froid »

Et puis, comme si ce n’était pas suffisant… BANG… mon pneu arrière a éclaté…

Nahhh… je vous taquine (pas pour la neige… pour le pneu).

L’heure que j’ai passée sous la rafale de neige n’a vraiment pas été la plus belle de ma vie, loin de là. Puis, comme si c’était arrangé avec le gars des vues, la neige a cessée 100m avant le sommet. Cependant, la température était restée; il faisait un froid d’enfer. Je n’ai jamais souhaité autant voir le soleil qu’à ce moment.

11h30 – Je peu enfin souffler un peu… le sommet est vaincu. C’est donc un 4/4. Le sommet est particulièrement occupé comparativement aux 3 autres. En plus d’une Gompa (temple), d’un bâtiment en ruine et d’une espèce de rond point, il y avait un vendeur de thé, quelques motards indiens et un homme avec ses ânes.

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Je suis donc à 5350m, le 2ème plus haut endroit où je suis allé dans ma vie jusqu’à maintenant. Comparativement à la 1ère fois, je me sens extraordinairement bien… si on fait abstraction de la situation qui prévalait il y a quelques minutes.

Mention toute spéciale lors de mon ascension aux ESTIS DE CAVE de chauffeur de jeep/minivan qui passaient à 1 pied de moi à pleine vitesse en sens inverse. À un certain moment, j’avais l’intention de me faire une provision de roches et d’en pitcher dans leur pare-brise. J’aurais bien aimé voir un de ces chauffeur s’arrêter et venir à ma rencontre… je lui aurais défoncé le crâne… Mais bon, ceci était dit, c’est un autre de mes rêves indiens qui ne se réalisera pas (heureusement). L’attitude de ces conducteurs fait honneur à la réputation que je me suis faite à propos des indiens; une gang de sans génie.

Après la Passe, ça devenait un jeu d’enfant jusqu’à la fin puisque la route descendait continuellement jusqu’à Leh, 110km plus loin.

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La montagne me réservait alors une surprise des plus inattendus. Quelques kilomètres après le sommet, la ligne noire est réapparue. Fini la gravelle et casse-noisette. J’allais pouvoir apprécier pleinement les 1200m de descente sur 30km dans un décor surnaturel en raison de la lumière hivernale.

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Imaginez-vous un instant descendre à très bonne vitesse, sans avoir à pédaler, pendant plus de 1 heure… dans un décor à couper le souffle. GRISANT

Entretemps, la température s’était calmée et le soleil revenait tranquillement à l’avant-plan. Je crois que la neige était une sorte de test final; Dieu et Dame Nature gardent un oeil attentif sur les énergumènes qui tentent de faire la route Manali/Leh à vélo. Une fois presque rendu au sommet de Taglung, leur plus « effrayante » création, ils envoient la neige en se bidonnant afin de valider si le candidat mérite vraiment de finir le parcours. Ceux qui rebroussent chemin, ou pire qui font de l’auto-stop, sont recalés.

2:00 – La route m’a mené sans trop d’effort jusqu’à Rumtse, petit village charmant où j’ai décidé de passer la nuit. Il y a un bon choix de restaurants/hôtels et quelques sites de camping. Rumtse marque le retour à la civilisation dans la mesure où c’est le premier endroit depuis Darcha où les habitants résident à l’année et où ce sont de vrais bâtiments et non simplement des campements en toiles.

À noter que même si l’auberge (un bâtiment en terre cuite en sous-sol et non en hauteur… eux ils ont compris l’affaire avec cette chaleur) où je me trouve offre des douches avec eaux chaudes, que la dernière douche que j’ai prise remonte à il y a 5 jours et que la poussière est devenue comme une seconde peau, je ne sais pas trop pourquoi, mais je n’ai pas envi de prendre une douche (je suis sur que vous êtes content que je partage l’info avec vous). Pourquoi, je sais pertinemment qu’à la minute où je vais enfourcher mon vélo pour la dernière fois demain matin (snif snif), je vais être tout sale… et je me suis a-taché à toutes les traces d’huile que j’ai sur les jambes héhé. Comprenez moi bien, à mon arrivé à Leh demain quand ce sera fini, c’est officiel que ce sera la première chose que je vais faire…

Bon allez, un peu de repos et on va clore cette autre aventure en beauté demain.

Jour 8 – MONASTÈRES EN FOLIE

Info;
– Rumtse (4325m) – N, E, G
– Samosa (4136m) – N, E, G
– Gya
– Miru
– Upshi (3400m) – N, E, G
– Karu (3350m) – N, E, T
– Stakna – N, E
– Thiksey (3260m) – N, E, G

Nombre de kilomètres; 88km
Total; 507km

Description;
5h30 – Je prends la route sans avoir déjeuner (personne n’était réveillé en ville). Un peu après Rumtse et jusqu’à Upshi, quelques 30km plus loin, je suis sur le cruise control (en descente constante) au travers d’une gorge très étroite, faites de montagnes de sables bourgognes. Je ne m’y sens pas des plus confortable en raison des montagnes très abruptes tout juste en bordure de la route… un éboulement est vite arrivé.

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Tout juste avant Upshi, la route sors de la gorge pour déboucher sur une immense vallée, une vallée qui me conduire directement jusqu’à Leh.

6h50 – Upshi; le village se résume est un espèce de rond point autour duquel se trouve une vingtaine de restaurants. En fait, il n’y a que ça comme bâtiment et pour tout dire, ça ressemble à une petite ville western.

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C’est l’heure du déjeuner…

Dès mon arrivé, je me rends vite compte que je suis le seul touriste en ville (le touriste normal ne se réveille que vers 8h). C’est facile, tous les restaurateurs me regardent et je ne sais pas trop quoi faire et dans lequel aller. Finalement, une jeune femme me regarde avec le sourire… mon choix est fait héhé.

7h10 – Aussitôt arrivé, aussitôt reparti. Après tout, j’ai une grosse journée devant moi; je veux visiter au moins 3 monastères, dont 2 qui nécessitent des détours, et cela nécessitera un bon 50km de vélo.

Le chemin à partir de Upshi est sans aucun intérêt, mis à part si vous aimez les installations militaires…

8h10 – Arrivé à Karu. De là, je peux commencer mon pèlerinage bouddhiste.

Dans un premier temps, direction Hemis Gompa, très haut perché dans la montagne (parce que non, les monastère ne sont pas au creux des vallées près des rivières) à quelques kilomètres de l’autre côté de la rivière, l’un des plus connus et le plus gros de tout le Ladack.

Une rumeur veut que Jésus… oui oui, notre bon fils de Dieu… ait été un moine durant très longtemps à Hémis avant de revenir en Occident (vous savez, les 28-29 premières années de sa vie au sujet desquels nous ne savons rien). Une autre rumeur veut qu’il soit retourné ici lorsqu’il est ressuscité… brrrrrr (bruit de gars qui s’étouffe)… et que son tombeau se trouve quelque part dans les murs du monastère. Il n’y a jamais de fumée sans feu, mais bon…

J’entame donc l’ascension. Après un certain temps à rouler, je m’inquiétais de fait que je ne croisais aucune voiture; est-ce qu’on est dimanche? Est-ce que c’est fermé?? Est-ce que je suis en train de monter cette foutu cote pour rien moi la?!?

Après environ 1h d’ascension depuis Karu et après avoir passé un petit village charmant du même nom (Hemis, pas Karu), j’ai finalement atteint Hemis. Le monastère se trouve dans un repli de la montagne sur le coté de la vallée et est complètement caché jusqu’à la dernière minute. Il n’a l’air de rien de l’extérieur, mais sa cour intérieure surprend.

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En entrant dans la grande salle, les moines étaient en train de prier. Moi, gros touriste colon qui n’avait pas vu l’écriteau « no photography » à l’entrée du temple (au moins j’avais enlevé mes souliers), je fessais le tour en prenant une tonne de photos et vidéos… Peu importe, personne n’est mort à cause de cela à ce que je sache héhé.

Sinon, j’ai un grand respect pour les bouddhistes dans la mesure où même si leur bâtiments est très vieux, les gabarits sont quand même assez grand pour que je ne me pète pas la têt… ouch… j’ai peut-être écris trop vite.

J’ai aussi eu quelques sourires en coin lors de ma visite;

D’une part lorsque j’ai vu un moine sortir un téléphone intelligent d’en dessous de sa robe, toge, machin chose rouge jaune… appelez ca comme vous voulez bon…

D’une autre, je trouvais très drôle de voir des lumières de Noel cheapette digne du Dolarama dans un lieu aussi sacré.

Check; pisser dans un recoin d’un temple bouddhiste… parce que je ne trouvais pas les foutus toilettes dans le labyrinthe de corridor et que j’avais très envi… c’étais mes shorts ou le temple et je crois avoir fait le bon choix… anyway ça va sécher (j’espère que ce n’était pas sur le mur derrière lequel Jesus est caché).

Après être redescendu à Karu et évité un poste de contrôle, il fait un permis pour emprunter la route que j’ai prise, j’étais en route vers le 2ème temple sur ma liste; la Chemde Gompa.

J’étais sur à 80% que le monastère était environ au kilomètre 8 sur cette route… par contre, après 4km, j’étais sur à 100% que c’était un plan de nègre d’aller là. Il faisait chaud comme dans mon cul et je ne voyais rien à l’horizon. Je commençais à avoir des pensées comme « hier t’a failli crever de froid en haut d’une montagne et regarde où tu viens de te fourer… tu va mourir de chaleur dans un désert ». Je me suis alors dit que si je n’avais rien vu après 8km, j’allais rebrousser chemin parce que ce n’était pas plus loin c’était sur… loin.

6km…

7km…

Toujours rien à l’horizon…

Puis, j’ai vu une forêt apparaitre au milieu de la vallée. Je me suis alors dit « bingo, je me souviens qu’il y avait une forêt comme ça devant le monastère (sur la photo que j’ai vue). Durant les 10 minutes qui ont suivit, j’avais les yeux 1sec sur la route, 10 secondes sur la forêt… j’espérais voir apparaitre le monastère… en vain.

Tel que promis à moi-même, je me suis résigné à tourner les talons après avoir dépassé le 8ème km… « c’est pas vrai que tu vas mourir ici et comme ça ».

BANG… « ESTI YÉ LÀ » (désolé pour les âmes sensibles, mais c’est réellement ce que j’ai crié en me tournant la tête)

J’avais tellement eu les yeux rivés sur un seul et unique point durant les dernières minutes que je n’avais pas vu le temple tout juste à côté de moi… et que je l’avais même dépassé…

Un problème de résolu…

Encore une fois, mon département de « l’instinct », jumelé à celui de « l’insouciance » ont fait du bon boulot.

Un autre problème pointait cependant à l’horizon; je voyais le monastère sur la colline et la forêt l’entourant… mais pas moyen de trouver la foutu route y menant. Puis, à un certain moment en continuant un peu plus loin, j’ai vu une belle allé asphaltée, entourée de feuillus et descendant je ne sais où. Je me suis alors dit « c’est maintenant où jamais… si ce n’est pas là, je laisse tombé ».

J’ai donc descendu l’allé pour déboucher sur une plaine avec le monastère direct dans la face. Plus aucun obstacle entre moi et lui. Juste ce moment a valu les 8km de questionnement et les 8 suivants pour retourner sur la route principale.

WOWe

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Perché sur une petite montagne, ce monastère est l’une des plus belles images que j’ai pu voir en Asie (les photos ne lui rendent pas justice).

Comme je l’ai dit plus tôt, ce monastère est sur une route où il faut se procurer un permis (la route du Pangong Lake). Il n’y a donc aucun touriste à l’horizon, ce qui contraste énormément avec le monastère de ce matin où il pleuvait des jeeps et des minivans.

Malheur pour moi, je suis arrivé au début de la période de lunch (monastère fermé) d’une durée d’une heure. Je ne pouvais pas me permettre d’attendre 1h ici puisqu’en cas de problème, il n’y a aucune guesthouse dans les environs. De toute façon, j’ai plus souvent qu’autrement été très déçu par l’intérieur de majestueux bâtiments et quand tu as vu l’intérieur d’un monastère, tu les as tous vu.

Je me suis donc trouvé un arbre le long de la route à un endroit que me permettrait d’avoir un peu d’ombre et une vue sur le monastère… et j’ai mangé mes provisions; 2 sacs de biscuits…

Énergisé comme jamais (voir le sarcasme), j’entamais le dernier droit de ma promenade d’aujourd’hui, environ 16km jusqu’à Thiksey, un village avec supposément le plus beau monastère du Ladack, où je me propose de passer la nuit.

Bon… Allez… Tous ces km ne se feront pas tout seul, tu n’as pas les meilleures jambes du monde présentement et l’huile qui s’est renversée dans ton sac il y a 2 jours fait en sorte que ta chaine de vélo n’est plus jeune jeune non plus (elle débarque souvent)… Cesse de contempler ce majestueux monastère et en route (de me dire mon cerveau).

En redescendant vers Karu, donc pour rejoindre la route principale, je me suis rendu compte à quel point j’avais pu monter en altitude entre Karu et le temple. Alors qu’en montant j’avais l’illusion que c’était légèrement incliné, en descendant, ça ne fessait pas de doute; la pente était très forte. Je comprends maintenant pourquoi quand j’avais l’impression que ça descendait un peu et que je me mettais sur le 2ème ou 3e plateau, je n’avançais pas… et ça me décourageait… c’est tout simplement qu’il n’y avait pas de descente… Foutu illusion du désert. J’avais garde d’être fatigué comme jamais et de juger contre ma chaine de vélo qui ne marchait plus. La vérité c’est que mon vélo marche très bien et que cette pente est probablement la plus forte que j’ai eu à monter de tout le trajet. Autant vous dire que j’en ai doublement profité lors de la descente.

1h00 – En 2 temps, 3 mouvements… peut-être 4… j’étais de retour à Karu et sur la grand route en direction de Thiksey. Cette fois, il n’y avait pas de détour ou de route secondaire à prendre, le village et le temple se trouvait directement sur la route de Leh.

Je retrouvais donc mon bon vieux désert comme je l’avais laissé ce matin, exception faite de la couleur des montagnes qui était dorénavant un mélange de rosé/blanc.

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Puis, j’ai commencé à apercevoir au loin un espèce de château blanc sur le dessus d’une montagne au loin. J’ai fini par comprendre que c’était la Stakna Gompa. Perché sur une petite montagne au milieu de la plaine, le monastère est parmi les plus vieux du Ladack. Cela dit, il est de très petite taille et il semblait rapetisser et perdre du lustre plus j’avançais vers lui. Malgré tout, c’est un très beau bâtiment, mais il était hors de question que je monte le visiter… mes jambes, surtout mon genou droit, ne me l’auraient jamais pardonné. Ils m’auraient dit « ma te dire ques qui a en haut mon pti gars… ya de vieilles poutres, des gars en jaquettes qui prient et qui parlent au cellulaire et c ça ». Vous avez bien raison les gars…

Je me suis donc approché de très près pour prendre des photos et sans plus.

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Quelques kilomètres après, j’ai finalement abouti à Thiksey. Vous aurez compris depuis le temps que chaque village a adopté le nom de son monastère. Réputé pour être le plus beau monastère du Ladack, architecturalement parlant… et c’est vrai, la Gompa occupe la totalité d’une petite montagne et semble en très bon état comparativement aux autres que j’ai vu. On m’a expliqué que ce monastère est le plus riche du Ladack et qu’il appartient à l’ordre bouddhiste le plus puissant (il existe 4 ordres bouddhistes… Harry Potter n’a rien inventé avec ses 4 maisons). Tout comme Chemde, le monastère se trouve tout en haut de la colline et les autres bâtiments sont les résidences des moines, ou Lama comme ils se nomment.

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J’arrête donc pour la nuit dans le seul hôtel du village… un des rares hôtels que j’ai vu en Asie jusqu’à maintenant qui pourraient répondre aux standards de l’Occident… même très avantageusement. Bien sur, je l’ai eu pour des peanuts… un peu plus cher que mon budget habituel, mais tout de même ridicule (environ 10$) pour la qualité de ma chambre.

Quand j’ai pris ma douche… oui oui, j’ai pris ma douche… et que je me suis regardé dans le miroir, je me suis imaginé ce qu’à bien pu penser le gérant de cet hôtel chic quand il m’a vu arriver devant lui. Pour vous aider à imaginer la scène, c’est comme si un gars habillé en bucheron… avec la hache, la chemise carottée et qui avait passé 1 semaine dans le bois sans eau ni électricité… arrivait dans le lobby du Hilton ou du Concorde à Québec pour demander une chambre pour la nuit. J’avais l’air aussi détruit que ça; ma face est pareille à ce que je ressemblais à la fin de mon trek au Népal, mes vêtements sont extra sales, j’ai un sac à dos couvert de boue sur le dos, mon vélo de montagne traine devant la porte du lobby et j’ai la lèvre inférieure d’un gars qui s’est fait péter la gueule par Mike Tyson (ahhh… je voudrais tant réécouter Hangover) en raison d’un coup de soleil. Bref, pas chic…

C’est un retour à la civilisation qui fait du bien. Autant être coupé de tout… et par tout je veux dire TOUT; confort (dormir sur un drap posé sur le sol dans une tente sans porte), électricité/internet, communiquer par signe parce que personne ne parle anglais, imaginez tout ce qui vous entoure et que vous prenez pour acquis…

Depuis Rumtse, c’est-à-dire depuis ce matin, le paysage a changé par rapport aux autres jours. Un point différencie principalement le « avant Rumtse » du « après Rumtse »; il y a de la vie ici. En effet, bien que les montagnes tout autour soient complètement désertiques, le milieu des vallées est composé de champ. Tout au long de la journée, la route que j’ai arpenté passait au travers d’un épais couvert végétal d’une couleur vert/jaune. C’était tout simplement magnifique de se promener au travers d’un paysage aussi contrasté; le néant en hauteur et la vie en profondeur.

Demain, ce sera le dernier sprint jusqu’à Leh (moins de 30km) en visitant les 2-3 monastères qu’il me reste à voir sur le chemin. Bon… mon Iphone est bien branché, je vais me gâter un peu et écouter un peu de musique… ahhh ça fait trop longtemps…

Jour 9 – EASY RIDER

Info;
– Thiksey (3260m) – N, E, G
– Shey (3250m)
– Choklamsar
– Leh (3400m)

Nombre de kilomètres; 21km
Total; 528km

Description;
Et une petite dernière (journée) pour la forme…

Même si mes jambes et mon esprit crient déjà victoire, que mon estomac rêve de manger autre chose que du riz, tout ce beau monde (oui oui, je parle de mes 3 Amigos les parties du corps) savent que même si c’est une journée facile, ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini… un accident est vite arrivé.

Au programme d’aujourd’hui; je me lève vers 5h pour être le premier à visiter le monastère où je me trouve (Thiksey) dès son ouverture à 6h. Ensuite, j’enfourche une dernière fois ma bécane et plein gaz sur Leh quelques 30km plus loin.

Après une petite grâce matinée bien mérité, j’ai entrepris de monter jusqu’au monastère peu après son ouverture à 6h. Rendu là-bas j’étais empli d’une paix intérieure. Beaucoup de moines étaient à entonner des chants dans les diverses salles du monastère.

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De la place centrale tout en haut de la colline, on peu avoir un super 360 degrés de la vallée; verte le long de la rivière et complètement désertique partout ailleurs.

Pendant plus d’une heure, je me suis laissé imprégner de cette atmosphère en étant le seul blanc dans tout le monastère; moi avec une tonne de moines.

Ensuite, ce n’est pas que je n’aime pas les gars qui tapent n’importe comment sur des tambours et qui font des monologues interminables dans une langue qui m’est complètement inconnue, mais il fallait penser à redescendre pour satisfaire mon estomac vorace.

Fait inutile… par un heureux hasard, j’ai découvert que les moines portent quelque chose en-dessous de leur jaquette. Ils ne sont donc pas comme les écossais en kilt… Croyez-moi, je n’ai pas cherché à investiguer, mais quand un vieux moine entreprend de sa gratter la poch… euh… de se gratter à quelque part là… ben vous ne pouvez faire autrement que porter votre regard en dessous de sa… et voir qu’il porte des shorts.

8h20 – Je quitte finalement Thiksey en direction de Shey quelques kilomètres plus loin.

Ancienne capitale du Ladack, Shey comporte un palais en ruine… sur une montagne… encore. Un château en ruine s’étend telle une trainé de poudre jusqu’en haut de la montagne, mais le sentier est pour le moins dangereux. En temps normal il m’aurait fait plaisir de monter jusqu’en haut juste pour le fun de dire que j’ai suis allé, mais vu l’état de mon genou droit qui ne s’améliore pas, j’aime mieux ne pas prendre de chance. Mis à part une grosse Stupa couronné d’or (vous savez les gâteaux blancs), ce n’est pas le plus bel endroit que j’ai vu.

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(C’est fou comment les photos peuvent être trompeuses. Je trouve les photos que j’ai prises de Shey intéressantes, mais je sur place je n’avais pas trouvé ça beau. Au contraire, les photos que j’ai pris de Chemde (jour 8) sont très ordinaires, mais c’est l’un des plus beaux endroits où je suis allé… voila, c’est dit)

La visite fut donc beaucoup plus expéditive que je ne l’aurais imaginé et à 9h tapant, je me retrouve à moins de 16km de Leh.

En chemin, je croisé Choklamsar, le dernier village qui me sépare de Leh. Bien que l’endroit ait le charme d’une pomme pourrie, c’est là que se trouve la plus grande école de moine de tout le Ladack en plus d’un centre pour les réfugiés tibétain. Il y a même un village pour enfants…

À partir de là, il ne restait plus que 5km à mon périple… mais ils ont été les pires de tout le trajet. C’est comme si j’avais fait du vélo sur l’autoroute 20 ou 40 en plein samedi… il y avait du trafic là mes amies et en plus c’était dans une côte en montant. Autant dire que j’avais un peu la chienne..,

11h pile… Après avoir cherché un peu, je trouve enfin une guesthouse beau/bon/très pas cher. Mon sac et moi sommes défaits sur mon lit et j’ai peine à croire que je ne roulerais plus en vélo à partir de maintenant.

Cette formidable aventure est T E R M I N É

Maintenant arrivé à Leh, seulement 30000 habitants, mais endroit très touristique, je prévois prendre quelques jours de repos et végéter à rien faire, pour ensuite finaliser les détails de mon trek dans la vallée de Zanskar et finalement m’envoler pour 3 semaines de marche…

Pour la suite, c’est pour une autre histoire…

Ahhhh… j’oubliais presque… maintenant que je ne suis plus sur mon vélo, le prochain indien qui me klaxonne pour rien, je lui dévisse la tête et je la lui mets dans le cul. Ces foutus enfoirés savent très bien à quoi sert le klaxon et la pédale d’accélérateur, mais n’ont aucune idée qu’il existe une autre pédale à coté pour ralentir. La courtoisie au volant est un phénomène obscur pour eux… s’ils ont la chance de passer sur la voiture d’en avant pour gagner 1mètre, ils vont le faire…

ÉPILOGUE

À VAINCRE SANS PEINE, ON TRIOMPHE SANS GLOIRE
Pour souffrir j’ai souffert, mais la récompense était plus que je n’aurais pu l’espérer au départ…

9 jours – 528km – Altitude moyenne de 3500/4000m – 3 Cols à +/-5000m – Beaucoup d’huile de genoux – Aucune accident, mais BEAUCOUP de frayeurs

Ce n’est pas compliqué, je souhaite à tout amateur de vélo de faire cette route un jour.

Avant le début de mon trip, j’entendais les gens parler en bien de Manali et surtout de Leh, mais rarement quelqu’un mentionnait un seul mot sur la route entre les 2 pôles touristiques. C’était comme si cette route était comme toute les autres routes et que c’était simplement un mal obligé pour se rendre d’un endroit à l’autre…

FAUX… Cette route n’est pas comme les autres routes; c’est l’une des plus belles et plus dangereuses route au monde… et un paradis pour le vélo de montagne.

Il y a 4 façons de faire cette route;

1. Mode Hardcore; en vélo,
2. Mode Expert; louer une moto (tu peux t’arrêter où tu veux et prendre le temps qu’il te faut pour faire le trajet),
3. Mode intermédiaire; prendre un jeep ou une minivan (le moyen le plus utilisé… tu te retrouve avec environs 10 personnes et le trajet se fait sur 2 jours… tu ne peux pas t’arrêter où tu veux, mais au moins tu peux profiter un peu du paysage)
4. Mode Paresseux; prendre un autobus (le trajet se fait d’une shot… pour ceux qui se foutent de voir ou pas le paysage).

Si vous optez pour le mode hardcore, sachez que vous serez de loin le plus petit mammifère de l’écosystème. Il faudra vous méfier en permanence des camions lourds (gros, lents et bruyants), des jeeps/minivans (rapides et plus ou moins bruyants) et des sournoises motos (rapides et bien souvent silencieuses).

Aussi, il faudra vous habituer à vous faire lancer des regards comme si vous étiez le dernier des crétins… C’est peut-être vrai (que vous êtes crétin), mais vous avez la lucidité de constater que cet endroit est absolument merveilleux et qu’il vaut la peine (c’est le cas de le dire) d’y passer le plus de temps possible.

Voici donc un petit test pour savoir si vous êtes peut-être fait pour ce genre de trip;
– Vous avez de bonnes aptitudes en vélo de montagne et/ou vous êtes un peu fou dans la tête,
– Vous n’avez pas peur de mourir de soif,
– Vous n’avez pas peur de partager la route avec des camions, jeep et moto qui se foutent de vous plupart du temps,
– Vous aimez respirer le gaz d’échappement des véhicules lourds,
– Le confort n’est VRAIMENT pas votre truc,
– En regardant une montagne le matin, vous vous dites « j’vais te monter en vélo aujourd’hui toé »,
– Vous aimez les sensations fortes, vivre des expériences hors de l’ordinaire, jouer au funambule sur la mince ligne qui sépare « aventure »/ »danger »/ »truc complètement stupide »,
– vous aimez les déserts, les hautes montagnes, bref les paysages comme on en voient juste à la télé,
– pour vous le mot hygiène se résume à vous brosser les dents… vous acceptez de ne pas prendre de douche durant au moins 1 semaine et d’être constamment sale et couvert de boue et de poussière,
– dans le même ordre d’idée, puisque votre priorité est d’avoir le moins de stock possible et qu’il fait très froid la nuit, vous acceptez de porter vos vêtements 24h/24 pendant quelques jours.

Si vous avez répondu positivement à la plupart de ces affirmations, vous êtes presques prêt pour l’aventure… ne reste plus qu’à travailler à améliorer les points que vous avez répondu par la négative…

MATÉRIEL NÉCESSAIRE

Dans les conditions actuelles, il est totalement impossible de faire cette route en vélo de route et probablement suicidaire de la faire en hybride. Il vous faut donc un bon vieux vélo de montagne.

Voici donc ce que contient mon sac;
– Vêtements longs et légers pour le jour afin de vous protéger du soleil. N’oubliez pas les gants. Le soleil tape en tab… (croyez-moi sur parole),
– Lunette de soleil (essentiel)
– Vêtements chauds pour la nuit (chandail, tuque, gants, bas),
– Caméra + recharge + adaptateur,
– Lampe frontale,
– Trousse de premiers soins,
– 1 ou 2 bouteilles/gourdes d’eau. À ce sujet, il est très facile d’acheter des bouteilles d’eau tout au long du parcours, mais d’avoir un kit de purification peut vous sortir du trouble,
– Barres de chocolats (en Inde, vous avez bien souvent le choix entre Snicker’s et Mars… tandis que les Mars s’écrapoutissent dans votre sac, les Sniker’s restent bien droite…),
– Passeport (vous en aurez besoin pour vous enregistrer lors des 2-3 postes frontaliers),
– Matériel pour entretien vélo (huile, chambre à air de rechange, etc.). Vous aurez à laver votre vélo, notamment la chaine, au moins 1 fois au 2 jours sinon 1 fois par jour avec toute la poussière qu’il y a ici,

OPTIONNEL (je n’en avais pas);
Tente et sleeping bag – Il y a des accommodations tout au long du parcours.

Le nerf de la guerre dans un endroit reculé comme ici est la gestion des batteries des appareils électroniques… principalement votre caméra. En effet, les prises de courant sont TRÈS RARE entre Manali et Leh (exception faite de Keylong, Rumtse et Thiksey). En fait, si vous en voyez une, même si votre caméra a encore un peu de batterie, c’est marqué « ne prend pas de chance et charge ton cossin » parce que tu peux passer 2 jours sans en revoir une.

Pour les intéressés, je vous recommande cette lecture (mon guide);

– Ladack Kashmir Manali, The Essential Guide, Partha S Banerjee (auteur), Milestone Himalayan Series (éditeur)… Il ne parle pas du trajet en vélo, mais parle de tous les endroits le long de la route… en plus de parler des nombreux treks possibles dans le Ladack.

Sinon, quand je suis arrivé à Manali, je n’avais pas de vélo et pas vraiment d’idée comment organiser mon trip. Je suis alors tombé sur la compagnie « Himalayan Trails » qui se trouve dans une petite rue de Old Manali. J’y ai loué mon vélo et ils m’ont bien expliqué tout le parcours. Je les recommande à 110%; http://www.himalayantrails.in ou encore info@himalayantrails.in

BUDGET

J’ai fait la route Manali/Leh en 9 jours et j’ai pris mon temps. Je ne vous donnerez donc pas un budget pour le trip au total, mais bien pour un jour typique puisque les plus extrême pourraient le faire en 5 jours et moins et les plus pépères en 9 et plus.

Repas
Prévoyez environ 150rs pour chaque repas (déjeuner, diner et souper). Avec cela, vous devriez au moins avoir une bonne assiette, une bouteille d’eau et un thé/café.

Hébergement
C’est très variable. Si vous avez votre tente, vous allez pouvoir vous en sortir avec environ 100rs pour un site. Si vous n’avez pas de tente comme c’était mon cas, vous allez pouvoir vous en sortir pour environ 400rs (bien souvent le souper et le déjeuner sont inclus dans ce prix).

Vous vous en sortirez très bien avec environ 800rs par jour (été 2013). À noter qu’il n’y a pas vraiment de basse saison puisque la route est ouverte seulement 3 mois par années.

Ajoutez un 400-500rs (300rs si vous voulez un vélo cheap) par jour pour la location d’un bon vélo à Manali où à Leh si vous n’apportez par le votre.

TOP ET FLOP

Top 5 plus belles sections de route;
– Manali à Rohtang La (Jour 1 et 2)
– Baratpur à Sarchu (Jour 4)
– Lachulung La à Pang (Jour 6)
– Morey Plains (Pang à Tso Kar… Jour 6)
– Taglung La à Rumtse (la descente de vélo de votre vie… Jour 7)

Bels endroits pour passer la nuit (Manali et Leh non compris);
– Sissu
– Keylong
– Jispa
– Patsio (beau lac et très beau panorama… tente ordinaire)
– Sarchu (un incontournable… des campements pour tous les gouts/prix)
– Whiskey Nullah (endroit très ordinaire, mais couchez là pour la section de trajet Lachulung La à Pang tôt le matin)
– Rumtse (sympathique village… euh… rue de 8-10 bâtiments je veux dire)

Endroits à éviter pour passer la nuit;
– Gramphu et Koksar (continuez jusqu’à Sissu même si vous êtes un peu fatigué… route toute en descente)
– Darcha (restez à Jispa juste avant où faites un bon effort jusqu’à Patsio)
– ZingZingBar (restez à Patsio juste avant)

Endroits qui m’ont laissé de marbre;
– Pang (bofff… mais beaucoup d’option d’hébergement)
– Tso Kar Lake (couteux)
– Debring

CE N’EST PAS LA DESTINATION QUI IMPORTE, C’EST PLUTÔT LE CHEMIN QU’ON PREND POUR S’Y RENDRE…

Épisode 20 – Chandigarh; une grosse banlieue sans âme

17 juillet 2013 – 10h30 du matin

Chandigarh… la « Mecque » de l’architecture en Inde…

Arrivé ici depuis 1h, je ne suis pas en train de planifier quelconque visite architecturale que ce soit… NON

Je suis plutôt hypnotisé par le ventilateur qui tourne au plafond de ma chambre. En fait, c’est la seule chose que mon corps me permet de faire… toutes mes forces m’ayant littéralement abandonnées.

Je meurt donc à petit feu dans la chambre no.15 de l’hôtel Satyadeep… pour ceux qui voudraient y faire un pèlerinage…

Ahhh… vous pouvez donner mon corps à la science… ou le bruler dans la Gange (ça sauverait les frais pour me rapatrier au Canada)… ahhh pi faite dont ce que vous voulez bon…

Je meurt… Eeeereregruuhgeee… .. .

FIN

LA JOURNÉE AVAIT POURTANT TELLEMENT BIEN COMMENCÉ…

Remontons quelques heures avant ma mort, au moment où j’allais quitter Lucknow pour me rendre à Chandigarh via un train de nuit…

Un peu avant de me rendre à la gare, j’ai appris que la dame, architecte et professeur à l’université de Chandigarh, qui devait m’héberger lors de mon séjour, devait se rendre en catastrophe à Delhi quelques jours afin d’y rencontrer truc machin… Bref, défaite ou dure réalité, mon hébergement tombait à l’eau.

Je me retrouvais donc dans un train en direction d’une ville inconnue, sans la moindre idée de qu’est-ce que j’allais faire et où j’allais dormir… la routine quoi.

Le hasard fait cependant très bien les choses…

En me réveillant le lendemain matin dans le wagon de 1ère classe (j’étais bien loin de ma classe « sleeper » habituelle; air climatisé, couvertures, oreiller, vitre dans les fenêtres, 4 par compartiment au lieu de 6, prises électrique et aucun vendeur ambulant), un vieil homme d’environ 80ans ayant dormi sur la couchette en-dessous de la mienne a entreprit la conversation avec moi.

Monsieur – « Where are you from? (de quel pays êtes-vous?) »

Moi – Canada

Monsieur – « where are you going? (quelle est votre destination) »

Moi – Chandigarh

Monsieur – « ohhh, that’s where i’m going to… What are you going to do in Chandigarh?!? no tourist go there except those who are architect… Are you architect?!? (ohhh, c’est là que je vais aussi… Pourquoi allez-vous à Chandigarh?!? Aucun touriste autre que des architectes ne vont là-bas… Êtes-vous un architecte?!?) »

Moi – « Yesss… Behind this ugly beard is hidden an architect (oui… derrière cette monstrueuse barbe se cache un architecte) »

Il a ensuite entreprit de me dire tous les endroits à ne pas manquer à Chandigarh…

Après avoir eu une liste détaillée de tous les endroits à voir architecturalement parlant, une question me brulait les lèvres;

Moi – « Are you architect? (êtes-vous un architecte) »

Monsieur – « Yes I am (Oui… avec le sourire) »

Au fil de la discussion qui a suivit, j’ai appris qu’il était désormais à la retraite, mais que durant sa carrière, il avait travaillé dans le bureau de Le Corbusier en tant que jeune stagiaire durant la construction de Chandigarh, qu’il avait été le directeur de la faculté d’architecture de l’université Panjab pendant plus de 10 ans jusqu’en 2002 (à Chandigarh… l’une des plus reconnues au pays) et qu’il avait aussi été vice-président de l’ordre des architectes de l’Inde.

Bref, un hasard qui fait bien les choses; je book un billet en première classe puisque je veux absolument partir à cette date et que ce sont les seuls billets disponibles… et je m’adonne à coucher juste au dessus de cet homme là.

Après lui avoir dit que je n’avais aucune idée où j’allais coucher, il m’a offert un lift jusqu’en ville. Son chauffeur allait venir le chercher à la gare et il connaissait un hôtel qui m’irait parfaitement… à 3000rs la nuit (2x mon budget pour une journée). Le fait que je voyage en AC2 lui envoyait vraisemblablement un mauvais message à propos de ma situation. Un peu gêné, je n’ai pas osé lui dire que je cherchais plus entre 500 et 1000rs… j’ai donc acquiescé à son offre.

En chemin, il a tenu à me faire visiter le « Centre Le Corbusier ». Désormais transformé en musée, c’est l’endroit à partir duquel Le Corbusier et son équipe travaillaient lors de la conception de Chandigarh. Si j’avais encore le moindre doute à savoir si le vieil homme était véritablement architecte, eh bien il n’en subsistait plus aucuns lorsque j’ai vu les employés du Centre quasiment se prosterner devant lui… Il m’a alors bien humblement fait passé outre le système de sécurité pour me faire visiter le complexe admirablement bien préservé.

En poursuivant notre route, j’ai finalement réussi à lui faire comprendre subtilement que l’hôtel ou il voulait m’amener était hors de prix pour moi. Entretemps, j’avais fait des recherches dans mon Lonely Planet et j’avais trouvé le secteur où aller pour trouver un hôtel décent et à bon prix. Je lui ai donc demandé de m’y déposer.

Juste avant de se dire Au Revoir, il a tenu à me dire qu’en temps normal cela lui aurait fait plaisir de m’héberger, mais que présentement c’était impossible pour des raisons familiales. Il a toutefois tenu à me donner sa casquette de l’Ordre des Architectes Indien (qui ne me fait pas du tout) en me disant que si je la portais, cela me faciliterait la vie et pourrait même m’ouvrir des portes…

Tout au long du trajet depuis la gare, en passant par la visite du Centre Le Corbu, je n’arrêtais pas de faire le parallèle avec le Québec; c’est comme si j’avais rencontré Émilien Vachon (ancien directeur de la faculté d’architecture) dans un train et qu’il m’avait proposé son aide. Cette anecdote ne dira absolument rien à ceux qui ne connaissent pas le personnage, mais pour ceux qui ont étudié avec moi, je trouve l’image très drôle; moi (avec mon linge tout croche, ma barbe de pas propre et mes 2 sac à dos de backpacker’s) attendant une voiture de luxe avec un homme d’un certain âge à l’apparence exemplaire et très respecté de ses pairs.

Ajoutez à cela que depuis mon réveil dans le train, je ne feelais pas, mais pas du tout; malgré une très bonne nuit de sommeil, j’étais bouillant de fièvre, la tête voulait m’exploser et j’étais à bout de force. Puisque je n’avais aucun problème au niveau de l’estomac, j’en ai déduit que le sans génie que je suis devait maintenant payer pour la dernière semaine passée à marcher toute la journée sous un soleil de plomb et une humidité écrasante sans la moindre protection. Je ne connais aucunement les causes et effets, mais je suis convaincu que je fais une insolation.

Bref, au lieu de visiter Chandigarh tel que prévu, j’ai passé ma première journée à agoniser. J’aurais pu manger un boeuf tellement j’avais faim, mais le moindre effort me demandait de remuer vents et marrées.

L’INDE D’EST EN OUEST

Pendant que j’agonisais, j’ai quand même réalisé quelque chose…

Depuis mon départ de Darjeeling il y a un peu plus d’une semaine, j’ai littéralement contourné le Népal par le Sud et traversé l’Inde d’Est en Ouest.

Alors que Kolkata est une mégapole dynamique, bourdonnante et troublante, Varanasi est probablement l’endroit le plus sacré… et sale de toute l’Inde. Mon arrivé à Chandigarh contraste donc au plus haut point puisque la ville est renommée comme étant l’endroit le plus cher de tout le pays. Le contraste est tellement marqué que c’est comme si je disais que les gars et les filles sont pareils. Oui, ils viennent de la même planète, comme les 3 villes sont en Inde, mais il n’y a aucun autre comparatif possible.

LE JOUR SUIVANT, IL EST RESSUSCITÉ D’ENTRE LES MORTS

Après une journée complète passée dans mon lit sans manger, j’étais curieusement Top Shape et fin près à redevenir une architecte… l’instant de 2 journée.

Après seulement 10min de marches, un constat s’impose; Chandigarh n’est pas en Inde. Je sais que si vous regardez une carte, c’est en Inde, mais c’est un peu comme le Vatican ou Monte-Carlo pour l’Italie et la France; les gens utilisent peu ou pas de klaxon, la pollution est quasi inexistante (les gens se servent même des poubelles… quand je vous dis qu’on est pas en Inde) et les espaces verts sont omniprésents.

Sans jamais avoir regardé de photos de l’endroit avant d’y mettre les pieds, l’image mentale que je m’étais faite de la ville ne pouvait pas être plus différente que ce que j’ai pu voir. Je m’imaginais une ville très densément peuplée avec des immeubles à étages partout… Je me retrouvais plutôt dans une ville banlieue, où les arbres sont Rois et où, mis à part le secteur commercial (city center) je n’ai pas vu le moindre bâtiment dépasser la cime des arbres. Pour être dans le champ, j’étais dans le champ pas pour rire…

Construite selon le plan d’urbanisme réalisé par Le Corbusier (pour les non architecte, c’est l’un des architectes les plus influents du 20ème siècle), Chandigarh semble figée dans le temps et tout droit sorti d’un livre d’histoire ou d’un manuel du parfait petit urbanisme… des années 50-60.

Délimité au Nord-Ouest par une rivière et au Nord-Est par un immense lac artificiel, Chandigarh est un immense carré ayant été quadrillé en 65 plus petits carrés appelés « secteur ».

Chaque secteur, qui possède une vocation et une règlementation qui lui est propre, est ensuite généralement subdivisés en 4 à l’aile de 2 artères secondaires passant d’Est/Ouest et Nord/Sud. À noter que la fin de ces artères secondaires ne coincide pas avec le début de l’artère secondaire du secteur adjacent. En d’autre mots; la route n’est pas continu… probablement par souci d’éviter que ces artères ne deviennent des circulations principales avec le temps.

Les circulations principales sont plutôt joué par de grands boulevards ceinturants chaque secteur… ayant pour effet un peu pervers (vous saurez pourquoi ci-bas) de bien les délimiter l’un de l’autre. Au final, un immense rond point se trouve à chaque intersection de 4 secteurs.

Voici donc pour le concret… place maintenant à l’analyse personnelle…

C’est bien beau tout planifier au quart de pouce, mais je crois qu’en chemin on a oublié de donner vie à la bête. Il manque ce je-ne-sais-quoi qui donnerait la vie à ce « monstre » créé par Dr. frankenstein.

Sans vouloir être méchant, tout au long de mon parcours de la ville, j’avais l’impression d’être dans mon une grosse banlieue sans âme.

Bien que les arbres et la circulation piétonne aient une place prépondérante dans l’aménagement, je trouve que Chandigarh est une ville froide, sans vie et faite sur mesure pour la voiture.

Lorsque je discutais avec le vieil architecte et que je lui avait mentionné que j’avais l’intention de marcher Chandigarh, il m’avait répondu avec un sourire en coin « bonne chance mon jeune ami, la ville n’est pas faite pour les piétons ».

Eh bien, après 2 journées à arpenter les rues, j’ai dû marcher entre 15 et 20 secteurs, je dois admettre qu’il avait raison… Bien qu’il y ait des trottoirs partout, chaque secteur, mis a part le 22 et 17, est très imperméable.

Bien courageux… ou fou… est le piéton qui entreprend de traverser d’un secteur à l’autre. Mis à part les 2 artères au centre de chaque secteur, ils sont bouclés au quart de tour. J’avais beau voir le musée d’architecture de l’autre coté de la rue, il m’a quand même fallu 20min pour me rendre jusqu’à l’entrée, gracieuseté du demi-mur de brique et des barbelés qui font le tour du secteur. À la fin, ça devient frustrant.

Aussi, mis à part le Le Corbusier Center, la grande majorité de la ville a très mal vieilli. C’est souvent ce qui arrive avec l’architecture dite Moderne… à moins d’un entretient minutieux (les mots « entretient » et « Inde » ne vont pas du tout ensemble… c’est comme si je disais « chat » et « chien »).

Enfin, bien qu’il y ait BEAUCOUP de végétation, c’est plutôt la mer de béton qui retient l’attention tout au long de notre parcours dans la ville.

Mais bon, ceux qui pourrait s’offusquer de mon analyse pourront se demander qui je suis pour émettre cette analyse. En effet, je ne suis qu’un simple architecte en voyage, ou un voyageur qui travaille comme architecte de temps en temps. Je ne me rappelle plus trop… c’est l’oeuf ou la poule qui est venu en premier?!?

Donc, sauf pour mes amis architectes, pour lesquels Chandigarh représente une utopie devenue réalitée, je ne conseille à aucun autre touriste de mettre les pieds là-bas… Il n’y a rien à faire et les prix sont élevés…

Cependant, si vous y poser tout de même les pieds, il y a quand même une petite perle à ne pas manquer; le Rock Garden. Ce que je croyais être un attrape touriste au départ, s’est transformé en une très belle promenade dans un espèce de labyrinthe linéaire. J’oserais comparer l’endroit au Parc Guell (Gaudi – Barcelone). L’artiste réalise ses sculptures avec des objets recyclés et le résultat est très intéressant. Gens de 4’6 » et +, attention à votre tête… le moindre petit moment d’inattention et vous en serez bon pour un mal de tête…

Le bâtiment « Gandhi Bavan » qui se trouve sur le site de l’université Panjab voudrait aussi le détour si il avait été mieux entretenu.

Sinon, pour tout maniaque de l’architecture Moderne, c’est assurément l’endroit où aller.

L’HISTOIRE DE CHANDIGARH

Après vous avoir bourré le crâne d’une analyse personnelle de la ville sans véritables arguments, voici maintenant des FAITS.

Pourquoi Chandigarh a été construite.

À cet effet, une visite au Chandigarh Architecture Museum (le bâtiment est une adaptation de la structure imaginée par Le Corbusier à Zurich en 1965) consacré uniquement sur Chandigarh, nous en apprend beaucoup.

Tout commence avec l’Inde qui accède finalement à l’indépendance en 1947. À ce moment, la grande colonie britannique de l’Inde est scindée (ils appellent cela la « grande partition ») en 2 pays; l’Inde et le Pakistan.

Cette indépendance, jumelé à la partition du territoire fait en sorte que la province du Punjab se retrouvait sans capitale… puisque sa capitale d’alors (Lahore) se trouvait maintenant en territoire pakistanais.

Au même moment, un très grand nombre de réfugiés affluaient en provenance du Pakistan et aucune ville de la province n’avait les infrastructures pour les accueillir ou même revendiquer le titre de capitale de la province.

C’est à ce moment qu’est né l’idée complètement extravagante de construire une nouvelle capitale « from scratch (de zéro) »… idée soutenue par le premier 1er ministre de l’Inde, Jawaharlal Nehru qui voyait en cette nouvelle capitale provinciale un symbole; « let this be a new town symbolic of the freedom of India, unfettered by traditions of the past… an expression of nation’s faith in the future (faisons en sorte que cette nouvelle ville soit le symbole d’un Inde Libre…) ».

Puisque l’Inde n’avait pas vraiment de professionnels capables de remplir la commande, le gouvernement s’est tourné vers 2 architectes américains; Albert Mayer et Matthew Nowicki, 2 architectes ayant déjà fait de nombreux projets en Inde.

Le plan original de ces 2 architecte était de concevoir une « Garden City » aux formes très courbes, suivant la topographie du terrain, avec notamment 2 parcs linéaires traversant de long en large la ville.

L’histoire prit une tournure tout autre quand Nowicki mourut dans un accident d’avion en 1950. Après cela, Meyer ne se sentait plus la force de mener le projet à terme et rendit son tablier.

Le gouvernement indien se lança alors à la recherche d’un/des architecte(s) étant capable de remplir la commande… et en 1951, Le Corbusier et son équipe prenaient les commandes du projet… jusqu’à sa mort en 1965.

Selon le nouveau « Master Plan » de Le Corbusier, la ville prenait des formes très rigides; chaque secteur aurait la même forme et dimension (rectangle de 800m x 1200m). Tout était pensé autour de 4 fonctions primaires; « Living (vivre) », « Working (travailler) », « Circulation » et « Care of Body and Spirit (prendre soin du corps et de l’esprit) ».

EN ROUTE… euh… TRAIN POUR SHIMLA

S’en est fini de Chandigarh. Je prend mon dernier train pour un très long moment. Serpentant dans les montagne, l’Himalayan Queen est un « Toy Train (train jouet) » site de l’UNESCO, tout comme celui de Darjeeling il y a quelques semaines. Il relie Kalka, petite ville à 30min de Chandigarh et Shimla, ma destination, une ville de montagne où la haute société indienne envoit ses enfants pour étudier (il y a des collège et une université très huppés).

Mais avant, n’oublions pas le train. Le trajet de l’Himalayan Queen est réputé pour ses NOMBREUX tunnels; sur 96km de trajet, il y en a 102… Certains tunnels sont de simples arches qui vous font simplement passer un gros rocher, tandis que d’autres peuvent être trèèèès long et vous transportent en quelques secondes d’une vallée à une autre.

Le trajet comprend aussi 988 ponts. Bref, le trajet de 4h est réputé comme étant l’une des plus belle promenade en train en Inde (ce n’est pas rien… c’est le 2ème plus grand réseau ferroviaire au monde après celui de la Chine). De quoi mettre l’eau à la bouche.

Ce train m’a permit de faire la connaissance de 2 couples (qui ne se connaissaient pas non plus) qui en sont à leur premier balbutiement en Inde (ils sont tous les 2 arrivés il y a 3 jours); Aurélien et Noémi de Montpellier et Peter et Larenka de République Tchèque. Pas besoin de dire que lorsque je leur ai mentionné que je voyageais dans les environs de l’Inde depuis maintenant 5 mois, ils m’ont posé une tonne de questions.

Le wagon où je me trouvais était assez tranquille… trop tranquille… une tonne de touristes restant à leur place comme de bons petits soldats. C’est à ce moment que je me suis levé, j’ai ouvert la porte du wagon et je me suis installé dans mon « bureau » à demi sorti à l’extérieur… le voyage en train à la manière indienne quoi. Mes nouveaux compagnons en étaient très surpris.

Outre les tunnels, le trajet est rendu intéressant par le fait que le train s’arrête dans plein de petites gares de montagnes. On peu alors descendre, admirer les lieux… et se gaver de fastfood indien.

À ce sujet, lors d’un arrêt à une gare quelconque, j’ai été m’acheter de la bouffe indienne à un stand local un peu louche. En revenant dans le train, l’un de mes nouveaux amis, qui m’avait vu faire, m’a demandé si j’avais peur d’avoir des problèmes avec mon estomac. Je l’ai regardé avec un sourire en coin et je lui ai demandé si il lavait tout ce qu’il mangeait et pelait lui-même ses fruits et légumes… et la réponse fut affirmative… héhéhé… je suis en Inde depuis tellement longtemps que j’en oubli comment être un bon touriste… Je mange n’importe quoi, la plupart du temps avec mes mains et j’oubli bien souvent de les laver avant. Seule chose non négociable; l’eau. Je ne plaisante pas avec l’eau… je la traite ou je l’achète en bouteille.

Malgré tout, peu importe comment belle soit la promenade de train, c’est toujours la même chose avec les trains de jour, après 2h, la plupart des gens dorment et la seule chose que tu veux c’est arriver au plus cr!ss. Que voulez-vous, les trains sont de véritable somnifères (avis aux insomniaques).

Au final, ce train bat haut la main les plus beaux trains que j’ai pu prendre au Sri Lanka et le trajet de Darjeeling (c’est difficile à comparer puisque le paysage était obstrué à Darjeeling).

LA CRÈME DE LA CRÈME INDIENNE

Ma première impression en arrivant à Shimla… ben voyons, est-ce que je suis de retour à Darjeeling. On dirait que Shimla est sa soeur jumelle… en un peu plus propre et un peu plus occidentale.

Comment décrire l’endroit en 1 mot; tranquillité. Tout comme sa voisine Chandigarh, l’endroit détonne par rapport au reste du pays. Cependant, l’endroit transpire l’histoire et ses racines coloniales britanniques sont bien mises de l’avant; la ville est remplie de manoirs et très beaux édifices centenaires. Ahhh… il y a des singes PARTOUT… et mention spéciale au fils électriques qui sont toujours partant pour te scraper une vue.

La ville ressemble à une route allant jusqu’à l’infini sur le sommet des montagnes. Tout au long du parcours, tu vois des bâtiments au loin, mais en marchant tu te retrouves toujours dans une forêt de conifères gigantesques. La raison?!? La plupart des bâtiments sont adossés à la montagne de sorte que quand tu marches, tu n’a pas l’impression d’être dans une ville puisque tu vois des bâtiments sur un coté de la route, mais une vue sur la vallée et plein d’arbres tout autour.

Tandis que la haute société indienne réside à Chandigarh, c’est à Shimla qu’elle envoit étudier ses enfants.

En se levant le lendemain, nous (moi et les 2 couples rencontrés dans le train) avons mis le cap sur le Jakhoo Temple… mieux connu sous le nom de Monkey Temple (il y a des monkey temple partout). C’est une ascension d’un bon 400m avec des sections très inclinées. Au final, tu arrives en haut de la montagne, il y a une statue très laide, hyper grosse et de couleur très discutable (j’espère qu’ils ont eu un spécial sur la couleur et que c’est pourquoi ils l’ont choisi). La particularité de ce temple; il y a une quantité industrielle de singes et ceux-ci n’entendent pas à rire. Ils profitent du moindre moment d’inattention pour vous piquer vos trucs (caméra, bouteilles d’eau, chapeau, virginité, etc.). Pour le dernier point ça reste à valider, mais les autres sont véridiques.

Un peu avant d’arriver au sommet, il est donc possible de louer des bâtons de bois… oui oui… louer des bâtons bien ordinaire… même pas magique… en bois. Ne voulant pas prendre de chance, étant accompagné de touristes fraichement débarqués en Inde, c’est ce que nous avons fait.

Convaincu qu’avec un bâton de bois j’avais revêtu une espèce de cap de Super Héros craint et invincible (j’ai écouté beaucoup de films de ce genre récemment à la TV), je suis allé au devant de ces petits monstres. J’ai vite compris que je n’impressionnais pas ces boules de poils avec un vulgaire bâton quand je l’ai pointé vers un singe, en apparence inoffensif, et qu’il s’est mi en mode « je vais montrer à ce blanc-bec qui est le boss des bécosses icitte ». Heureusement, plus de peur que de mal, mais disons qu’à partir de ce moment, j’ai cessé de les prendres pour de petits toutous mignons tout plein et j’ai haussé ma garde.

De retour en ville, moi et le couple de français avons décidé d’arpenter les magnifiques petites rues de la ville… pour tomber… sur… un… mariage Hindu. Au départ, nous étions peu enclin à l’idée de « crasher » un mariage, mais le père de la mariée est venu nous chercher, en me tirant par le bras, quand il a vu que nous allions continuer notre chemin. Difficile de dire non dans de pareilles circonstances.

C’est donc dire que mes 2 amis français, habillés pour faire une randonnée, et moi, ma barbe de bucheron, mes flip flop et 2 morceaux de tissus crasseux qui ont autrefois pu être appelés Chandail et Short (j’ai même un trou de souris bien visible sur le coté de mes shorts… j’adore ce trou, il me sert de porte-doigt), nous nous retrouvions catapulté au beau milieu d’un gros party Hindu où tout le monde était sur son 31.

Une fois entré à l’intérieur, ils ont entamé l’opération « gavons les blancs de tout ce qu’on peut trouver ». Nous tentions de leur expliquer que nous venions à peine de sortir de table… en vain. Les assiettes se succédaient dans nos mains à un rythme effréné.

Une fois les mains vides, la phase 2 pouvait débuter; tous et chacun présent au mariage voulaient se faire prendre en photo avec nous et les « which country? (quel pays?) » fusaient de toute part.

Clou du spectacle; nous avons été invité à aller rencontrer Le et La marié qui se trouvaient dans une pièce adjacente. Si nous étions gêné d’entrer dans le mariage, nous étions TRÈS mal à l’aise à l’idée d’aller rencontrer les mariés… mais ils ont tellement insisté que ça aurait été une véritable insulte de leur dire non.

La prochaine étape était de nous faire danser devant tout le monde… et c’est à ce moment que nous avons pris la poudre d’escampette…

Après s’être invité à des funérailles il y a quelques semaines à Darjeeling et maintenant le mariage, je me demande quelle sera la prochaine étape… un baptême?!?

J’ai passé ma seconde journée à attendre que la journée finisse pour prendre un bus de nuit pour Manali…

Qu’est-ce que je fais quand je n’ai plus de chambre et que je dois tuer toute une journée? Je fais ce que je sais faire de mieux; je laisse mon stock à l’hôtel, je range ma carte de la ville, je sors ma bousolle mentale et j’entreprend de me perdre dans toutes les petites rues de la ville… ce qui signifie dans le cas présent monter et descendre une montagne de tout bord, tout coté, toute la journée.

Pour ce faire, j’ai sorti ma cape de touriste 2.0 et ma face de cul afin de ne pas me faire achaler par des indiens en mal de photos avec un blanc ou des vendeurs de cossins.

À la fin de la journée, Shimla, comme la plupart des villes où je suis allées, n’a plus aucun secret pour moi. J’ai même découvert que la ville avait une patinoire naturelle, la seule en Asie du Sud-Est, mais elle était fermée le jour où je suis passé.

On se reparle un de séjour… (trouvez l’erreur dans cette phrase… petit test pour voir si je ne vous ai pas trop endormis avec mon texte).

P.S. – Dans la catégorie « tout le monde s’en fou », j’ai séjourné dans le même hotel que le Directeur de la Banque Centrale de l’Inde… bref, un gars vraiment important ici. Mon hôtel n’avait pourtant rien de bien spécial et était tout sauf chic, mais il était là. J’en ai donc profité pour piquer des jasettes avec lui (c’est lui qui est venu me parler en 1er) et il m’a donné des conseils sur les treks que je m’apprête à faire. Un chic type…

Épisode 19 – Varanasi; la cité des Morts

Bon… c’est moi qui lui ait donné ce nom, mais il faut savoir qu’elle est plutôt appelée « City of Life (La Cité de la Vie) »… Peu importe…

Voilà ce que mon Lonely Planet avait à dire à propos de ma prochaine destination;

« Brace yourself. You’re about to enter one of the most blindingly colourful, unrelentingly chaotic and unapologetically indiscreet places on Earth. Varanasi takes no prisoners (Vous êtes sur le point d’entrer dans l’un des endroits les plus colorés et chaotiques du Monde. Varanasi ne prend pas de prisonniers…) »

V A R A N A S I… l’une des plus anciennes villes du monde. Elle est habitée depuis que les hommes ont commencé à se regrouper en village.

Après 14h dans ma prison de fer,
j’étais arrivé à destination.

J’ai eu mon premier coup d’oeil en traversant un pont au-dessus du Gange tout juste avant d’arriver en gare; une tonne de vieux bâtiments amassés en un gros tapon sur 5-6km de la berge Est du Gange. Du coté Ouest de la rivière, c’est le calme plat; une forêt presque à l’état vierge.

Parlons-en du Gange; c’est l’un des plus long fleuve au monde, il prend sa source dans les montagnes himalayennes, pour ensuite traverser d’Ouest en Est le Nord de l’Inde et finalement aller se jeter dans l’océan Indien un peu au Sud de Kolkata. Ce cours d’eau est sacré pour les indiens, particulièrement les Hindus… mais entre vous et moi, je n’y poserais même pas le pied dans un cauchemar. En clair, il est pollué comme jamais un cours d’eau ne pourra l’être dans le Monde entier. Cela étant dit, il est utilisé à toutes les sauces par les indiens; bain, lavage de vêtements, cimetière, pêchey et poubelle…

Je m’attendais donc à voir une rivière complètement dégeulasse avec des cadavres et des vidanges partout.

La réalité a été tout autre… oui l’eau est très brune et ne donne pas vraiment envie d’y mettre les pieds, mais mis à part cela, le Gange semble être une rivière comme les autres. Son niveau actuel est présentement très haut en raison de la moisson et est à peu près aussi large que le fleuve St-Laurent à la hauteur de Québec.

Une fois sorti de la gare, la ville est complètement chaotique, mais plus on s’approche de la rivière et plus ça se calme. Ça, c’est parce que j’ai décidé d’aller à un hotel un peu en retrait de l’action… si vous vous dirigez dans la vieille ville, ce sera une autre histoire.

En fait, j’ai probablement trouvé le paradis au beau milieu de l’enfer; le Sani River View Guesthouse.
Situé près du Gange à 2 pas du Assi Ghat, il faut prendre une multitude de petites ruelles s’apparentant à un labyrinthe, mais le prix en vaut la chandelle.

Laissez-moi vous aider un peu; en quittant la rue principale, vous tombez sur Quéquette road, une rue étroite avec un temple surplombant les arbres tout au bout. À ce moment, si vous ne voyez pas un ou plusieurs indiens pisser sur un des murs de briques rouges, c’est que vous vous êtes trompé d’endroit. Retournez sur la route principale et refaite l’exercice jusqu’à ce que vous trouviez le bon chemin. Ensuite, la parti facile commence, vous tournez à droite, puis à gauche, passez la grosse vache pleine de mouches, puis à droite. À ce moment, vous devriez êtes complètement perdu… c’est très bien puisque cela veut dire que vous touchez au but. Retournez sur vos pas… attention à la bouse de vache… puis tournez sur l’autre droite et TADAM, vous êtes rendu. Facile non?!? Ne reste plus qu’à éviter de rentrer saoul en plein milieu de la nuit…

L’auberge est sans aucun doute le plus bel endroit où j’ai résidé jusqu’à maintenant en Asie. J’ose même le qualifier de havre de paix… tout en étant l’un des meilleurs rapports qualité/prix de mon voyage. En prime, c’est à quelques mètres du Gange et il y a un toit-terrasse qui surplombe les autres bâtiments. Seule chose qui pourrait me rendre plus heureux, des crochets dans les chambres…

Après une visite éclair de l’environnement bâti autour de mon hôtel, c’est-à-dire le Assi Ghat sur les berges du Gange et une brève, mais efficace, mémorisation de comment me sortir du labyrinthe de rues plus étroites les unes que les autres, quelques constat s’impose; c’est très tranquille et l’endroit incite à la réflexion.

Cependant, à la minute où tu t’approche trop près du Gange, un indien va t’approcher pour t’offrir… ou plutôt insister pour t’offrir une promenade en bateau. Sinon, un « pharmacien » voudra vous vendre tout ce qui existe comme drogue sur Terre. La d’entre-eux parlent très bien anglais… mais ils ne comprennent pas le mot « non ». Tu te débarrasses de l’un d’eux simplement pour en gagner un autre.

Ahhh… aussi, il y a de la merde d’animaux PARTOUT dans les rues gracieuseté des nombreuses vaches en libertées (il est donc hors de question d’écrire sur mon IPhone et marcher ici). Qu’est-ce qu’une tonne de bouses de merde apportent avec elles?!? Une quantité incalculable de mouches à merde (grosses mouches noires). C’est marqué « ferme ta bouche quand tu marches dans les rues »…

Jusqu’à ce que je quitte Varanasi, j’ai donc fait le choix de respirer par le nez; j’aime beaucoup mieux respirer une odeur de merde toute la journée, qu’avaler des mouches… la dernière chose que je voudrais ce serait d’en avaler une…

Ayant ma dose de merdes et de mouches pour aujourd’hui, je rentre à mon hotel, je me met en chess, je monte sur le toit terrasse et je glande en regardant le ciel se coucher sur une journée trop longue à mon gout… Le tournage d’il y a 2 jours, jumelé à une mauvaise nuit dans le train a fait en sorte de vider mes batteries.

Bon, allez… Dodo… On se reparle demain c’est promis…

Ok, je vous dérange encore une fois aujourd’hui…

Alors que j’étais dans les bras de Morphée depuis un bon moment, j’ai entendu de la musique festive en provenance de l’extérieur.

Au départ, je pensais que c’était dans mes rêves, mais ça a pris de plus en plus d’ampleur. Je me suis donc empressé de sortir sur le balcon… pour contempler une scène que je croyais unique au Mardi Gras de la Nouvelle-Orléans; il y avait une centaine d’indiens qui célébraient dans la rue, chacun étant vêtu d’un costume plus farfelus que les autres.

Parmi eux, une vingtaine avaient des instruments, principalement des tambours, et il y avait aussi un trompettiste, un saxophoniste et un flutiste. Une vingtaine d’autres portaient sur la tête des lumières qui scintillaient (comme dans les fêtes foraines). À la queue de la parade se trouvait une voiture et 4 chevaux blancs recouverts d’une multitudes de fleurs rouges. J’en ai donc déduit que c’était un mariage… et ils m’ont donné raison quand un homme et une femme habillés en couple royal sont sortis; l’homme habillé en véritable sultan avec son costume d’un blanc immaculé et son turban de couleur et la femme habillé comme Cherazade dans les Milles et une Nuits.

Le tout donnait quelque chose de très festif. Ça me donnait même envi d’aller danser et célébrer avec eux… c’est tout dire pour quelqu’un qui déteste danser. Je vous le dit tout de suite, si je me marie un jour, j’invite un nombre restreint de gens et on prend un avion pour Varanasi afin de célébrer le tout à la manière locale… alcool et cigares en plus… et on fini la soirée en se jetant dans le Gange… euh.

Les HINDUS, Le GANGE et la MORT

Pour une première fois depuis je ne sais plus quand, j’ai décidé de me lever tôt (5h) ce matin pour admirer le lever du soleil. Malgré la mousson, le ciel était clair et j’ai pu admirer le soleil qui se levait de l’autre coté de la rive (Varanasi est fait sur mesure pour les lever de soleil).après 1h à voir un ciel passer d’une petite lueur, à une teinte rosé, puis au jaune classique, le ciel s’est complètement couvert d’une mince couche de nuages faisant en sorte de diffuser la lumière uniformément, comme si le ciel s’embrasait l’instant de 3-4h… j’ai
répété l’exercice le lendemain matin pour avoir un résultat identique…

En prenant mon petit déjeuner sur le balcon de l’hôtel par la suite, j’attendais que Roark se lève pour aller marcher en ville. Disons que j’étais un peu beaucoup confus… et que j’aurais attendu longtemps si je n’étais pas sorti de la Lune… puisque je voyage en solo depuis maintenant 4 jours…

Les batteries bien rechargées, j’entreprend de marcher Varanasi aujourd’hui, c’est-à-dire de longer la rive à partir de l’endroit où je me trouve (Sud), en montant le plus haut possible. Mon but; voir le plus grand nombre de Ghat possible…

Qu’est-ce qu’un Ghat?!? Comme partout ailleurs en Inde, les indiens ont construit des espèces de bains publiques, plus précisément, des marches qui descendent dans le Gange. Ils se servent des Ghats pour faire tout ce qu’on peut faire avec de l’eau; se baigner, se brosser les dents, ch!er, etc. Bien que la très grande majorité de ceux-ci servent uniquement de bains publics, certains se spécialisent dans la crémation des morts.

Comme le Gange est la rivière le plus sacré du pays, ces Ghats sont parmi les plus importants au pays. Il faut aussi savoir qu’un bon 70-80% de la berge de Varanasi est occupée par un Ghat, il y en a plus de 30.

Quand la ville n’est pas en période de mousson et que le niveau du Gange est bas, il est possible de se promener d’un Ghat à l’autre sans même avoir à aller dans la ville, simplement en se promenant sur les berges. Comme ce n’est pas la cas présentement, je vais devoir naviguer dans un labyrinthe de petites

Peu importe, il est difficile de s’y perdre puisqu’à la minute où tu veux retrouver ton chemin, tu n’as qu’à cramper vers la droite (si tu monte vers le Nord) ou vers la gauche (si tu descend vers le Sud) et tu tomberas inévitablement sur le Gange.

Pour ma part, la stratégie est simple; pour me sortir du labyrinthe et voir le plus de Ghat possible je vais suivre les ruelles en prennant toujours l’option qui me conduit le plus à l’Est et si ce n’est pas possible, vers le Nord.

Lors de ma promenade, chaque détour me réservait une nouvelle surprise; temple souterrain, bâtiments construits il y a des siècles, temples hindus, temples jains, temples bouddhistes, une vache, un troupeau de vaches, une tour d’eau sur la rivière et offrant une vue inespérée de la ville, des chèvres, des jeunes qui jouent dans des ruelles plus petites que mon cul, une tonne des vaches prenant un bain dans le Gange. Seule constante, encore et toujours de la merde… PARTOUT.

Cela ne faisait pas plus de 10min que je marchais, principalement à l’ombre, et je suais déja à grosse goutte toute l’eau de mon corps. L’idée de faire une insolation ne m’avait jamais passé par la tête depuis le début de ma vie, mais là, sans même connaitre les causes, j’étais convaincu que tous les ingrédients étaient au programme de ma journée. Je devrais donc redoubler de vigilance et boire une quantité industrielle d’eau… à défaut de pouvoir me baigner dans le Gange comme tous les indiens que je croise. Par quelques fois, j’ai senti que j’allais perdre conscience (les yeux me sont tournés, mais sans plus…

Et puis tout à coup, le moment tant attendu est arrivé; je suis tombé sur un Ghat procédant à des rites funéraires (crémation)…

Le Harishchandra Ghat est le 2ème plus gros Ghat procédant à des rites funéraires à Varanasi. Quand j’y suis allé, il y avait 4 tas de bois sur le bord de la rivière; 2 d’entres-eux étaient complètement brulés, sur le 3ème, il y avait un corps au 3/4 calciné (on pouvait clairement voir ses jambes intactes sortir du linceul), et c’était le début de la cérémonie pour le 4ème.

Ils ont tout d’abord fait un gros tas de bois, ont déposé le corps sur le dessus, ils ont recouvert le corps de bois, ont ajouté de l’essence, un peu de paille et ils ont foutu le feu. Puis, le brasier a prit feu… D’où j’étais, j’ai reçu quelques cendres dans la face… Bon, si ce qu’on dit à propos de la nourriture en Inde est aussi vrai pour les morts, à savoir que si c’est chaud et que ça a cuit un peu c’est sans danger, je devrais être ok…

Pour ceux qui aurait voulu voir des photos, sachez qu’à la minute où vous sortez un appareil photo ou un cellulaire (je voulais simplement écrire sur mon IPhone), une tonne d’indiens vous font savoir qu’il est très mal vu de prendre des photos de la cérémonie.

C’était alors le temps de continuer ma découverte de Varanasi. TOUT est photogénique. Si je ne m’étais pas retenu, j’aurais près des photos à chaque fois que mon regard se portait dans une nouvelle direction.

Aussi, j’ai l’impression que si j’avais visité l’endroit il y a 1000ans, l’endroit aurait ressemblé à ce que j’ai devant les yeux… scooter en moins

Après la visites de plusieurs autres Ghats, je suis finalement retrouvé au principal ghat de crémation en fin de journée; le Manikarnika Ghat. L’expérience fut totalement différente de l’autre Ghat de crémation où je suis allé en début de journée; celui-ci est gigantesque… et quelqu’un m’a expliqué tout le processus de la Mort chez les Hindus.

Tout d’abord, la ville de Varanasi représente quelque chose pour toutes les religions en Inde, mais si il y a 1 ville sainte d’entre-toutes pour les Hindus, c’est Varanasi.

À partir du moment où la personne rend l’âme, la famille du défunt lui fait 5 massages; un massage au Beurre, l’autre au Miel, un autre au Lait, un à l’huile de moutarde et un dernier au yogourt. Ce processus vise à honorer et libérer les 5 éléments à partir duquel le corps est fait; l’Eau, le Feu, l’Air, l’Esprit et le Ciel. On ne ri pas dans la classe… c’est très sérieux. Je dois avouer que lorsqu’il a prononcé le dernier massage au yogourt, j’ai eu un sourire en coin…

La famille enveloppe ensuite le corps dans un tissu de coton blanc pur et lui donnent des présents (ils lui mettent des ornements… comme on ferait pour une momie).

Après ces étapes, le corps est fin près à être transporté jusqu’au Ghat pour la crémation. Note importante, le corps doit être acheminé dans les 2 à 10heures suivant sa mort. Passé ce délai, le mort ne pourra pas être « crématoré » au Ghat.

Tout au long du trajet, la famille transporte le corps en chantant des Shakra (chansons en l’honneur du défunt).

Je ne répéterais pas ce que j’ai déjà dit plus tôt à propos de la préparation une fois au Ghat (tas de bois, etc.), ce qu’il faut savoir est que c’est la famille qui s’occupe de bruler le corps… et seulement les hommes peuvent s’en charger. Si c’est le père qui meurt, ce sera le fils ainée qui devra allumer le feu, et ce sera au plus jeune fils que la tâche incombera dans le cas de la mère.

Pourquoi bruler le corps à proximité du Gange?!? C’est une très bonne question Francis… je sens que tu la question te brulait les lèvres depuis un bon moment… contrairement à ta soeur qui dort dans le fond de la classe…

Eh bien, c’est très simple… le feu (crémation) est le dernier « bain » que la personne va prendre sur Terre et le feu est sensé libérer le Corps de l’Esprit.

Après 20min de cuisson, celui qui a allumé le feu doit ouvrir le coton au niveau de la bouche pour donner 3 dernières gorgés d’eau au défunt.

Après 2h sur le feu, celui qui a allumé le feu doit prendre un bâton de bambou afin de briser le crâne du cadavre. De ce fait, il libère l’Esprit du Corps.

Après 3h, il n’est pas sensé rester autre chose que les os. Ceux-ci sont alors jetés dans le Gange.

Voila… vous en savez désormais autant que moi…

Ahhh, j’sllais oublier certains détails;

– Dû à l’essence de bois employée pour faire les monticules de bois, le défunt ne dégage aucune odeur noséabonde losqu’il brule.

– Les Ghats crématoires fonctionnent 24h/24, 365 jours par année. Chacun des Ghats peut bruler entre 200 et 300 personnes par jour.

– Seulement les personnes mortes de manière naturelle peuvent être « crémataté » tel que je l’ai décrit ci-haut. Quelqu’un qui meurt d’un accident quelconque, où qui se fait tuer, n’ait pas accepté. Ahhh… si vous mourez d’une morsure de Cobra (les autres serpents c’est OK) ou si vous êtes Lépreux, le même sort vous attend. Il y a une machine électrique spéciale (four) pour eux. Pourquoi?!? Aucune idée…

– Les enfants morts en bas de 12ans ne sont pas brulés, ils sont simplement attachés à une grosse roche et tirés dans le Gange. Pourquoi cette infâme procédure. Tout simplement parce que leur esprit n’a pas besoin d’être séparée de leur Corps. Pourquoi?!? No sé… faites dont vos propres recherches pour une fois héhé… je sais seulement que je n’ai pas vraiment envi de faire de la plongé sous-marine dans le Gange à la hauteur de Varanasi et en amont… ou aval… bref, celui qui veut dire « après ».

– Pas besoin d’être Hindu pour se faire bruler. Moyennant 10000-12000rs (100-140$), vous pourrez vous aussi vous y faire incinérer (ça en coute 300-400rs pour un indien). C’est donc dire que tu peux te faire bruler à Varanasi et te faire pitcher dans le Gange ensuite…

– Pour ceux qui demeurent trop loin et qui veulent finir leur jour… euh… mort dans le Gange, et pour les sans-abris, il existe une hospice pour homme et une pour femme à proximité du Ghat. Vous allez donc pouvoir mourir en paix sachant que vous serez brulé vif et garoché dans le Gange tout juste après votre mort.

Fin de la leçon… Le soleil commence à se coucher et je suis bien loin de mon hôtel. Loin de moi l’idée de marcher dans ces rues la nuit tombée… et hors de question de prendre un tuk tuk.

Ayant fait le chemin du retour dans un temps record, je me suis buté sur 2 grosses vaches qui bloquait la seule porte cochère donnant accès à mon hotel. Après avoir tenté de les faire bouger en vain… j’ai sorti mon habit de coureur de « 100m haies » en priant le ciel qu’elles ne se tournent pas la tête au moment où j’allais sauter par dessus elles… j’en aurais été du pour un bon coup de corne…

Bilan de la journée; pour marcher dans Varanasi, il faut accepter de se mouiller (sueur) et de se salir (j’ai les jambes toutes séchées et multicolore et j’ai recu plein de choses sur la tête). Un merci tout spécial à l’$sti de f&lle qui m’a pitché du liquide blanc sur les jambes. Le liquide ressemble comme 2 gouttes d’eau à du crémage à gâteau… ou du goano. Je n’ai pas arrêté de me dire que c’était la première option, mais je n’ai pas osé gouter.

EUH… QUOI?!?

Mon réveil lors du jour 3 fut brutal. Allant voir le manager pour commander mon déjeuner il m’a tout bonnement lancé « … and don’t forget the check out is at 11h (… et n’oubliez pas que le check out est à 11h) ».

?!?

Euh… Pourquoi tu me dis ça aujourd’hui?!? J’ai réservé ma chambre pour 2 autres nuits hier. Un peu embêté, il a cherché dans ses papiers pour me revenir bredouille quelques minutes plus tard. Il appert que l’information s’est perdue (c’était un autre que lui à la réception à ce moment) et il a entretemps réservé ma chambre pour ce soir… et l’hôtel est plein…

Un peu beaucoup en panique et ne sachant pas trop quoi faire, je me suis assis tranquillement pour faire le point;
Fait 1; je dois me trouver un autre hôtel,
Fait 2; le ciel n’annonce rien de beau pour aujourd’hui,
Fait 3; j’ai de la misère à supporter ma peau tellement il fait chaud et humide ici,
Fait 4; bien que j’aimerais visiter quelques autres lieux en ville, j’ai vu tout ce que je voulais vraiment voir…

Bref, vous me voyez surement venir comme un éléphant dans un magasin de porcelaines; j’ai décidé de lever les feutres de Varanasi et de continuer mon chemin.

Je quitte donc Varanasi dans des circonstances un peu bizarres… mais bon, c’est ça la vie de backpacker… et croyez-moi sur parole, j’ai déjà vécu bien pire…

Heureux hasard, hier soir j’ai fait toutes les recherches pour me rendre jusqu’à Chandigarh, ma prochaine destination (trains à prendre + localisation de quelques hôtels intéressants) Je n’étais donc pas entièrement pris au dépourvu…

J’ai donc packté mon stock en vitesse pour me rendre à la gare en espérant avoir une place. J’étais très confiant puisque pour me rendre à Chandigarh, je devais tout d’abord prendre un train de jour (il n’y a aucun problème à booker les trains de jour à la dernière minute) jusqu’à Lucknow et enchainer avec un train de nuit jusqu’à destination. Le pire qu’il pouvait m’arriver serait de ne pas avoir de billet pour le train de nuit aujourd’hui et de devoir passer une nuit à Lucknow, ce qui ne me dérangeait pas trop…

Malgré ce petit anocroche, je vous recommande à 200% cet hotel pour l’accueil, le service, la qualité des chambres, ses nombreuses terrasses offrant de superbes vues sur la ville, sa proximité avec le Gange, son emplacement un peu à l’écart et parfait pour se reposer et la nourriture; prenez la grosse portion de Thali pour souper… tout fond dans la bouche et si vous avez encore faim après, je vous paie autre chose. Cependant, réservez à l’avance… Le manager m’a fait comprendre que j’avais été très chanceux d’avoir une chambre en me pointant à l’improviste et notez bien qu’il n’y a pas de basse saison à Varanasi… même en temps de mousson, la ville est pleine à craquer de touristes.

Constat de mon séjour à Varanasi; si l’Enfer et le Paradis existent sur Terre, je crois qu’ils sont tous les 2 à Varanasi. C’est à coup sur l’endroit le plus Hors de l’Ordinaire où j’ai pu aller depuis 4mois. On se croirait transporté 1000ans en arrière. Je suis bien content d’avoir le bagage d’expérience que j’ai présentement pour apprécier l’endroit à sa juste valeur. Il faut savoir que n’eut été de ma panique en arrivant à Delhi, j’étais sensé venir ici tout de suite après être arrivé en Inde… ça aurait été une expérience tout autre et assurément très traumatisante.

Si Kolkata m’a surpris et émerveillé, Varanasi est comme un feu d’artifice qui part dans toutes les directions et en met plein la vue. Si je savais ce que voulais dire « flabergasté », eh bien je crois que je le serais…

Pour ceux qui envisage de venir à Varanasi un jour, j’ai un bon conseil pour vous. Il fait TRÈS chaud ici. Avant de prendre un hôtel, assurez-vous que l’établissement à une batterie de secours. Votre bel air climatisé ou votre ventilateur ne vous sera d’aucune utilité durant les trop nombreuses pannes quotidiennes…

PIRE TRAIN EVER

À mon arrivé à la gare, je me suis rendu compte que j’avais été un peu trop confiant.

Le train que je voulais prendre quittait dans moins de 2h et j’ai appris qu’il était impossible de booker un train moins de 4h à l’avance. J’ai beaucoup d’expérience avec les trains de nuit, mais j’ai pris seulement 1 train de jour en Inde jusqu’à maintenant… et c’était il y a 4 mois. Le seul recours qu’il me restait était de prendre un « open ticket »; je peux entrer dans le train, mais que je n’ai pas de place assignée. Je vais donc m’assoir où il y aura de la place.

Voulant faire 1 pierre 2 coups, j’ai aussi booké mon train de Lucknow à Chandigarh pour demain soir. Je vais donc coucher à Lucknow ce soir et y passer la journée de demain.

Une fois le train pour Lucknow en gare, j’ai commencé à courir comme un déchainé de wagon en wagon afin de trouver un siège libre ou m’assoir… sur chaque wagon, tous les sièges sont affichés avec le nom de la personne qui l’a réservé… c’est une expérience dont je me serais passé volontiers.

Au final, j’ai trouvé un siège non occupé, mais je n’étais pas le premier arrivé. Je me suis donc retrouvé à le partager avec une vieille femme. Pour 2$ le trajet de 5h (au lieu de 10$) disons que je n’avais pas trop à chialer…

LUCKNOW

Lorsque j’étais à Darjeeling, j’étais en territoire bouddhiste… À Kolkata, la diversité ethnique est reine… Quelqu’un qui ne sait pas que les Hindus règnent en Roi et Maitre à Varanasi n’a tout simplement pas lu mon épisode attentivement… Eh bien, croyez le ou non, c’est maintenant au tour des musulmans d’y passer. Tout à Lucknow est musulman; l’architecture, la nourriture, les femmes…

Vous pouvez ranger les fusils, il n’y a pas d’extrémistes à l’horizon. En chemin vers ma guesthouse, j’ai même dû m’arrêter durant 15min avec un groupe de jeune qui voulait à tout prix me serrer la main…

Après avoir enduré mon mal toute la journée sans dire un mot dans le train, je suis tombé sur une guesthouse qui ressemble au paradis.

Quand j’ai fait un peu de recherche sur les accommodations de Lucknow, j’étais tombé sur une auberge qui semblait plus vrai que vrai. Pousse, mais pousse égale que je me disais très beaucoup sceptique… on verra bien une fois sur place…

Eh bien, tout ce qui est dit sur Trip Advisor (selon moi, c’est le meilleur site pour la recommandation d’accommodations) est VRAI. De tous les endroits où je suis allé, c’est celui qui ressemble le plus à une auberge jeunesse comme on se les imagines en Europe et en Amérique. Vous ne voudrez plus repartir comme c’est mon cas présentement.

Malheureusement, je dois prendre le train demain puisque mon billet a couté très cher (dernière minute et il ne restait que des classes supérieures) et qu’il est non remboursable (la totalité des types de billet de train sont remboursables, sauf les Tadkal… qui veut dire dernière minute).

J’ai donc profité de ma seule journée en ville à fond… en prenant un tuk tuk jusqu’à l’autre bout de la ville, où se trouve les principaux monuments historiques, et je suis revenu à pied, non sans peine (chaleur) jusqu’à mon auberge.

Au menu, un grand nombre de mosquées et autres bâtiments musulmans… mais à un certain moment je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de courir dans toutes les directions à chaque fois que je voyais une tour puisque ma journée ne finirait jamais (les tours, tourelles, minarets, etc. sont typique de l’architecture musulmane).

Désespérément en quête de nourriture… et d’une pharmacie pour m’acheter de la crème solaire, mais bon, c’est une autre histoire… je suis alors tombé sur la rue principale. Longue de quelques kilomètres, j’oserais dire que cette rue est unique en Inde. Avec son style Art-Deco, tous les bâtiments sont d’un beige douteux et toutes les affiches sont faites d’un lettrage blanc sur font noir. Il y a définitivement des règlements d’urbanisme ici… une première en Inde.

J’ai la très forte impression qu’aujourd’hui était la plus chaude et humide journée de mon voyage. Comment vous décrire le feeling que j’ai ressenti toute la journée… j’ai une idée… en fin de semaine prochaine, rendez-vous au Gite du Mont Albert dans le parc des Chic Choc en Gaspésie… passez l’accueil sans dire un mot pour vous diriger dans les escaliers… descendez au sous-sol et entrez dans le sauna. Ajoutez ensuite 1 ou 2 tasses d’eau sur le feu et vous aurez une petite idée de la température ici présentement…

P.S. Depuis mon retour en Inde, j’ai décidé de m’amuser un peu en jouant la même « Game » que les indiens… à savoir leur tomber un peu sur les nerfs. De temps à autre, lorsqu’un Grand Talent se met à me fixer comme si j’étais un martien (donc tout le temps), je me met à le fixer sans dire un mot durant 2-3-5 voir 10 minutes, et ce, même si ils ont arrêté de me fixer depuis. J’adore voir la réaction de ces demeurés; bien souvent ils ne savent plus du tout quoi faire et en quelques rares fois, ils partent…

Autrement, quand je me promène dans les bazars et qu’un bozo m’accroche pour ne plus me lâcher, voulant à tous prix que j’aille visiter son €st! de magasin, je me tourne vers lui et je lui demande le plus sérieusement du monde « The only thing I really want to buy is NOTHING… if you sell nothing, I’ll go to you shop right now (la seule chose que j’ai vraiment l’intention d’acheter c’est RIEN… si tu vends rien, je vais aller à ta shop sur le champ) ».

PHOTO À VENIR… pas juste cela à faire héhé

Épisode Spécial – Bollywood Baby

Tout d’abord, voici un bref récapitulatif des évènement qui ont conduit à ce que je joue dans un film…

Roark et moi étions à prendre une bière bien tranquillement en fin de journée dans un hôtel tout près du notre, quand une française, parlant un anglais très cassé, est venu nous interrompre…

Elle travaillait pour un agent de casting indien et cherchait un homme blanc d’environ 33-34 ans pour jouer dans un film de Bolywood.

Sans hésiter, Roark, qui a une formation d’acteur et qui est agé de 33 ans, lui a montré son intérêt. Cependant, le film allait être tourné 2 jours plus tard et il prenait l’avion dès demain pour Bali… donc Game Over

Pour ma part, je fut très lent à réagir (elle avait demandé un gars de 33-34ans)… puis, quand Roark eut renoncé, je me suis dit « a ta peu… même si j’ai seulement 28ans, tout le monde me prend pour un gars de 34-35ans… Et si je tentais ma chance ». J’ai alors démontré mon intérêt…

1 heure plus tard, toujours au même bar, où je tentais tranquillement mais surement de boucler mon Épisode 15 à propos de l’Annapurna (tous mes temps libres y passent… par temps libres j’entends le temps que je ne passe pas à dormir, voyager ou boire), la fille revenait avec le responsable du casting pour discuter un peu;

[…]
Indien – « tu sais monter à cheval? »
Moi – « un chameau ça compte tu?!? »
Indien – « Ça veut donc dire non? »
Moi – « c’est exact »
Indien – Il passe un coup de téléphone qui dure une É T E R N I T É pour finalement raccrocher et dire « tu as peur des chevaux?!?
Moi – « Oh que non, je suis près à relever le défi »
Indien – « Deal »

Il m’offrait un role, vraisemblablement de figurant (je n’ai même pas demandé tellement j’étais dépassé par les évènements)… mais tout le monde s’en fou… j’avais l’occassion de jouer dans un film… indien.

Sans plus hésiter, j’ai dit oui sur le champ…

Un véhicule viendrait donc me chercher le lendemain en début de soirée pour m’amener sur le lieu du tournage en dehors de la ville. Je passerais cette nuit là dans un hôtel et toute la nourriture que j’allais prendre serait gratuite et à volonté. Pour couronner le tout, il m’offrait un cachet (j’aurais dit oui même sans cachet).

Que dire de plus sinon que j’étais au Anges… et que Roark regrettait au plus haut point d’avoir un vol à prendre demain soir…

Comme tout bon best buddy qu’il soit, je n’ai pas manqué de lui rappeler que lorsqu’il serait sur le point d’arriver à Bali/Indonésie, je serais en train de tourner un film héhé.

J’avais des doutes quand à savoir si cette histoire de film était véridique… mais ils se sont évaporés à la minute où j’ai vu le SUV supposé m’emmener jusqu’au lieu de tournage…

Je quittait donc Kolkata l’instant d’une journée en laissant derrière moi Roark, mon partenaire de voyage des 2 derniers mois, qui se dirige pour sa part vers l’aéroport.

CEINTURE NON INCLUSE

J’étais donc à bord du plus confortable transport de tout mon voyage en Asie, en direction d’un village un peu au Nord de Kolkata, apparemment très beau, avec une chambre avec air climatisé, nourriture à volonté en tout temps et j’étais payé… Que demander de mieux?!?

On m’a aussi dit que j’était très chanceux puisque je suis tombé sur la seule production des derniers mois et des mois à venir à tourner à l’extérieur de Kolkata dans un environnement extérieur. Mis à part si c’est un film qui se situe dans un bidonville (je n’ai AUCUNE idée de quel genre de film il s’agit), je devrais donc faire 1 pierre 2 coups et visiter un nouvel endroit intéressant au lieu d’avoir passé la journée dans un studio au centre-ville…

Bref, ma vie est très difficile présentement…

Après m’être fait ramasser vers 19h, nous étions embarqué dans un trajet infernal de 4h. Bien installé dans mon fauteuil en cuir, j’ai pu admirer le chauffeur et son pied pesant. C’est la première fois que je vois le compteur d’une voiture indienne dépasser les 100km/h. Généralement, les voitures et bus donnent l’impression d’aller vite, mais dèpassent rarement les 40-50km/h, l’impression de vitesse étant dû au traffic très dense, aux nombreux obstacles (animaux, etc.), à l’état pitoyable des routes et/ou à l’environnement (route étroite en flanc de montagne, etc.)

Ce soir là, ce n’était pas simplement une impression de vitesse; le SUV engrangeait les kms à un rythme effréné en zigzaguant au travers des gros camions et des autres poids lourds sur l’autoroute. Ceux qui me considère comme un chauffeur dangereux pourrait voir ce qu’est un vrai chauffeur dangereux…

I’M GONNA BE A COWBOY BABY

Pour être vraiment chien, je pourrais vous résumer ma journée de tournage ainsi; 3h assis sur un cheval à essayer de faire copain copain, suivit de 6h à être assis à ne rien faire à regarder le tournage… avec en bonus un gros coup de soleil dans la face… mais bon, puisque je vous aimes et que j’adore écrire, je vais y aller un peu beaucoup plus en détails…

La journée allait commencer sur les chapeaux de roues. Après m’être fait réveiller en catastrophe par le costumier vers 9h, tout le reste allait s’enchainer à un rythme effreiné…

En me levant ce matin, ma plus grande crainte était de savoir si je serais capable de monter sur un cheval et de m’y tenir en équilibre. En d’autre mot, j’avais peur que mon Égo en prenne un coup devant une tonne d’indiens. C’est donc complètement insouciant de ce qui m’attendait que je me suis présenté sur les lieux du tournage en compagnie de ma petite équipe personnelle d’indiens; mon guide, mon costumier, mon coiffeur et leurs assistants.

En arrivant sur les lieux, j’ai rencontré le réalisateur et il m’a expliqué mon role; je joue Kelly Hanson (oui oui, je ne suis pas un simple figurant… j’ai un nom héhé), un gentilhomme britannique vivant en Inde au temps de la colonie. Je personnifie le frère cadet de l’acteur principal… un indien au teint vraiment pâle ou avec du maquillage (je n’ai pas osé demander)… que j’appellerais gentiment « mon frère » pour le reste de l’épisode. J’apparais à un seul endroit dans le film, c’est-à-dire au moment où mon frère se remémore un évènement de son passé en ma compagnie…

Je me suis ensuite dirigé vers les chevaux pour piquer une jasette avec le cavalier en chef. Il m’a invité à monter sur mon cheval. Le moment que j’appréhendais était donc arrivé… et puis hop, sans aucune difficulté j’étais sur la bête. Il m’a ensuite expliqué comment « conduire un cheval » et je me suis exécuté avec succès… Ayant réussit à conduire mon cheval avec succès (galot, trot, tourner à gauche, à droite, arrêter et reculer) j’étais convaincu que c’était dans la poche… j’ai refusé son invitation à me pratiquer un peu plus pour descendre au plus vite du cheval. Pas que je n’aimais pas la sensation, mais bon… le costume qu’on m’a fait porter était un peu serré et quand j’étais sur le cheval… comment dire… je ne me sentais plus un homme à part entière… vous ne comprenez pas?!?… j’avais les couilles complètement écrasées… voilà… je l’ai dit… content?!?

Bref, cet empressement à descendre du cheval et mon refus de pratiquer plus longtemps fut ma plus grande erreur et mon amour propre allait en payer le prix plus tard. Après tout, j’avais réussit toutes les consignes que l’entraineur me demandait et ce, du premier coup… grrrr… j’aimerais pouvoir retourner dans le temps juste au moment où je descendais du cheval, me foutre un claque derrière la tête et me dire « eille le cave, remonte tout de suite sur ton cheval et pratique »…

C’était ensuite l’heure de m’habiller. Au menu; 1 paire de bottes de cuir trop petites, 1 pantalon d’époque assez cool, une chemise blanche à froufrou sur le col et les manches, un espèce de foulard de bandit allant dans mon V neck, un jacket noir, un veston noir et une ceinture rouge. Ils ont aussi essayé de me faire porter un chapeau de conquistador, mais heureusement il ne fittait pas. Ahhh… et j’allais presque oublier; une vrai épée dans son fourreau fixée à ma taille.

Après le déguisement, c’était l’heure de la perruque; on m’a foutu 2 perruques sur la tête pour ensuite les coller. Quand j’ai demandé au costumier si ça allait faire mal à enlever, il a répondu « yai yai »… j’espère qu’il n’a pas compris ma question… Fait cocasse, l’un des 2 assistants allait me supplier de lui fournir un visa canadien… Désolé mon beau, mais le seul moyen que je puisse t’aider, ce serait de t’épouser et disons tout simplement que tu n’es pas mon Genre…

 

À partir du moment où je m’étais mis en sous-vêtement 45min plus tot, il m’avait été impossible de voir ma transformation. Une fois le tout terminé, on m’a placé devant un grand miroir pour que j’admire le résultat. Je dois dire qu’à mesure qu’il me tendait un nouvel accessoire à porter et surtout quand ils ont commencé à me mettre la perruque, j’ai beaucoup douté du bon gout du résultat final. Je dois donc admettre que j’ai été très agréablement surpris de me voir dans la glace. Pour ceux qui ont déjà vu le film « Tombstone », excellent western américain datant de la fin des années 80 et mettant en vedette Kurk Russell, Val Kilmer, Bill Paxton, etc., je ressemble comme 2 gouttes d’eau à un membre du groupe des « cowboy », qui terrorise la ville.

Je n’avais pas droit de prendre des photos tout au long de la journée, mais voici une photo que j’ai prise en vitesse juste avant qu’ils enlèvent mon linge et la perruque. J’avais beaucoup plus fière allure en début de journée…

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L’acteur principal est finalement arrivé sur les lieux et réalisateur nous a présenté.

Il nous a ensuite invité à monter sur notre cheval; je me suis alors exécuté sans problème, pour voir l’acteur principal avoir toutes les misères du monde à monter sur le sien et à mettre ses pieds dans les étriers (ils allaient lui fournir un tabouret par la suite)… ce qui m’amusait beaucoup…

La scène où je devais prendre part consistait à galoper tous les 2 en compagnie de 2 gardes, sur un bon 50-100m, pour ensuite s’immobiliser à la vue d’une tribus effectuant un rituel cruel. À ce moment, mon frère et moi argumentons sur la nécessité ou non d’intervenir. Le réalisateur m’a demandé d’improviser des réponses à ce que mon frère allait me dire… au final, je devais être Contre l’idée d’interférer et lui Pour… Ensuite, il est sensé partir au gallo avec les 2 gardes pour stopper le rituel alors que moi je tournes les talons. La scène que je viens de vous décrire durera au plus 30-40secondes dans le film… Eh bien ça a prit 9h à filmer…

Tout le monde était en place et le réalisateur s’est écrié ACTION. J’ai vite déchanté…

Lors de la 1ère prise, mon cheval n’a tout simplement pas parti…

Lors de la seconde, j’ai réussi à avancer, mais je n’arrivait pas à aller à l’endroit désiré.

Lors de la 3ème, j’ai réussi un sans faute… mais mon frère s’est planté…

Les prises se sont ensuite enchainées; 4ème (échec), 5ème (médiocre, mais un succès comparée aux autres, 6ème, 7ème, j’ai perdu le compte…

Bien que j’ai été complètement affreux à cheval, je me console en me disant que mon frère était d’une nullité des plus totales.

Nous étions tellement nul que le réalisateur a décidé de modifier ses plans. Puisqu’il nous avait été impossible de s’arrêter l’un à coté de l’autre durant les prises que nous avions tentées au gallo, nous allions faire un plan fixe de moi et mon frère cote à cote sur nos chevaux pour qu’on puisse avoir la scène d’argumentation…

La scène était complètement surréel; Moi, Nicolas Paré, Homme Blanc voyageant en Asie, étais sur un cheval à argumenter… en anglais… avec l’un des plus grands acteurs du pays… devant une équipe complète (au moins 60 personnes) et full équip (des grues avec caméra dessus, des caméras sur rails, etc.)

Comment je me sentais dans tout cela; anormalement décontracte… Après la première prise, le réalisateur est venu me voir pour me dire que je n’étais pas dans un souper romantique à chuchotter des mots d’amour à ma bien-aimé, mais en train d’interpréter un gentlemen britannique en colère.

Je me devais d’être plus expressif… ce que je fut dès la scène suivante… pour me faire dire de ne pas surjouer (j’avais été trop émotif)…

Ils ont fini par me dire que la discussion serait vraisemblablement coupée au montage. Ils voulaient que je sois expressif en gestes plus qu’en parole; montrer à la caméra que je n’étais pas d’accord avec mon frère d’aller interrompre le rituel, aussi barbare soit-il.

À la 3ème prise, c’était dans la poche, le réalisateur s’est écrié « well done Nicolas (bien joué Nicolas) ».

Au final, j’ai passé 3h assis sur un cheval avec mon déguisement hyper chaud… par un soleil de plomb.

Ce que je ne savais pas encore c’est que ma carrière d’acteur venait de prendre fin à ce moment. On m’avait laissé entendre que je serais dans une scène en fin de journée, mais ça n’a jamais eu lieu. J’ai plutot passé les 6 heures suivantes à regarder le tournage, somnoler dans un camion, me bourrer la face dans le buffet, taquiner des indiens, me faire prendre en photo et ainsi de suite…

Tout cela sous le soleil de plomb avec un accoutrement qui me faisait paraître comme un chien devant passer toute l’après-midi dans une voiture garée dans un stationnement de centre d’achat en pleine canicule et sans vitre baissée (vous comprenez l’idée) .

Bien que j’ai fait le trajet de Kolkata jusqu’ici avec 2 autres « foreigner (étranger) » comme moi, j’ai été le seul blanc sur les lieux du tournage pendant toute la journée (de 9h du matin à 19h).

À un certain moment, la doublure de l’acteur principal s’est mi dans la tête de devenir mon meilleur ami. Au début, c’était sympa; j’ai appris qu’il était cascadeur professionnel et il m’a raconté plein d’anecdotes. Puis, il a commencé à me poser pleins de questions et j’ai fini par lui dire que j’étais un maniaque de cinéma…

Il a donc commencé à me parler du cinéma indien. Il était renversé que je ne connaisse pas l’acteur principal ou encore le réalisateur, 2 célébrités du cinéma indien. Ensuite, il s’est mis à me parler de ses films favoris…

Ayant encore une fin de non recevoir (je n’avais aucune idée de ce qu’il me parlait), il a fini par me demander « i’m not sure you are a real movie fan… ». À ce moment, je suis sorti de l’état végétatif dans lequel j’étais tombé quand il a commencé à me parler du cinéma indien. Comme si j’avais été piqué au vif, j’ai entrepris de lui faire comprendre que personne n’en avait rien à foutre de Bollywood en Europe et en Amérique… et que le seul film « indien » (le réalisateur est britannique, c’est un film hollywoodien, mais l’action se passe en Inde) que j’avais vu avant d’arriver en Inde se nommait « Slumdog Millionnaire (Le pouilleux millionnaire) »… il n’avait aucune idée de quel film je pouvais bien parler. Sa réaction en fut une qui me surprit au plus haut point; il était convaincu que je le menait en bateau et refusait systématiquement de me croire…

Une fois débarrassé de lui, j’ai pu concentrer tous mes efforts sur l’élément qui m’amusait le plus; l’acteur principal. À la minute ou la scène s’arrêtait, une demi-douzaine d’indiens couraient en sa direction avec une chaise, un parasol, des rafraichissements, un journal… et un gigantesque air climatisé et sa batterie (j’ai oublié de dire qu’en plus du soleil qui plombe, l’humidité est dans le tapis)…

Puis, vers 18h le réalisateur est venu me voir pour me remercier d’être venu et me relever de mes fonctions. Tout de suite après lui avoir serré la main, j’ai couru vers la roulotte pour me libérer de cet accoutrement.

Tout au long de la journée, il y avait des agents de sécurité autour du site pour limiter l’accès des senteux… et Dieu sait qu’il y en avait à la tonne. Cependant, lorsque fut le temps de retourner à la roulotte pour enlever mon costume, une masse d’indiens s’est formée autour de moi et m’a suivit jusque là. Je suis donc entré Kelly Hanson, en uniforme de gentlemen, pour en sortir Nicolas Paré, short, chandail sale, flip flop et appareil photo à la main. Parce que oui, j’avais passé toute la journée dans un endroit magnifique sans avoir droit de prendre des photos, mais maintenant que le tournage était terminé, j’avais l’intention de remplir ma carte mémoire. L’endroit était une espèce de plaine inondable avec des champs de riz à proximités et c’était maintenant l’heure du coucher de soleil héhé…

Le plan initial était de retourner à Kolkata dès ce soir, mais j’ai mis mon pied à terre en leur disant que si j’arrivait à Kolkata vers 10-11h du soir, il me serait impossible de trouver un hôtel décent… Mon numéro de chien piteux fut probablement ma meilleure interprétation de la journée puisque je suis présentement à passer une soirée ici au frais de Sa Majesté, pour mettre le cap sur Kolkata dès demain matin en SUV de luxe…

Au final, le traitement fut royal du début à la fin. J’ai entendu beaucoup de mauvais commentaire en provenance de touristes ayant participés à des films à Mumbai, il y a donc 2 alternatives; soit je suis bien tombé, soit ils traitent mieux les touristes à Kolkata.

Au final, après quelques mois, j’ai finalement trouvé le film…

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Nom du film; Jaatishwar

Lieux de tournage; Shantiniketan/Bulpur (Nord-Ouest de Kolkata – 4h de route – à la frontière avec le Népal)

Le film est tout sauf un film de série B. On m’a raconté qu’il avait l’un des plus gros budget de l’histoire du cinéma indien (ça ne s’est pas reflété sur mon cachet héhé), que le réalisateur était une étoile montante de Bollywood et que l’acteur principal était probablement l’artiste le plus connu/riche du Nord-Est de l’Inde…

Voici l’extrait du film en question…

P.S. – Si vous êtes à Kolkata un jour et que vous voulez jouer dans un film indien, vous n’avez qu’à vous tenir au Fairlawn Hotel sur Sudder Street. En plus d’offrir de la bière abordable, les agents viennent pas mal quotidiennement là-bas puisqu’ils sont constamment à la recherche de blanc pour jouer dans leurs films. Ils recherchent constamment des gars qui ont le look d’homme entre 20 et 35ans… Cependant, ne faite jamais l’erreur de manger à cet endroit… la nourriture d’avion passe pour de la grande gastronomie à coté de cela…

P.S. II – Vous vous demandez peut-être comment j’ai pu faire pour publier cet épisode aussi rapidement. Eh bien, passez 6h à ne rien faire sur un lieu de tournage et vous aurez la réponse…

À ne pas manquer dans les prochains jours la parution de 3 autres épisode;

– Épisode 16 – Retour à la civilisation… asiatique (Après trek et fin du voyage au Népal)

– Épisode 17 – Darjeeling Unlimited (retour en Inde)

– Épisode 18 – Apocalypse Please (séjour à Kolkata)

Épisode 18 – Kolkata; Apocalypse Please

Le jour du jugement dernier est arrivé. Enfin, j’ai l’impression que c’est ce qui m’attend à en croire tous les racontars que j’ai entendu à propos de Kolkata depuis 4 mois. C’est donc sensé être le pire endroit en Inde… et donc sur Terre puisque l’Inde est le « pire » endroit sur Terre.

« Much of Kolkata’s rock-bottom accommodation represents a whole new league of nastiness, and where we review such cheapies be aware that we’re usually identifying the least objectionable options rather than making a recommentation; consider putting a mat on the bed to reduce bed-bug bites » – Lonely Planet à propos des hôtels de Kolkata.

Pour ceux qui ont parcouru les livres « La frousse autour du monde » de Bruno Blanchet, eh bien c’est l’un des endroits qu’il a détesté le plus…

Aussi, je m’étais promis à moi même de ne plus remettre les pieds dans une grosse ville indienne et me voila à quelques heures seulement de mettre les pieds dans la seconde plus grande du pays. Il y a cependant 2 différences majeures par rapport à mes aventures à Delhi et Mumbai; j’ai gagné beaucoup d’expérience depuis et je voyage en duo et non en solo.

Bref, la table est mise…

Dans le dernier épisode, j’étais sur la plateforme no.6 de la station NJP tout juste avant de m’embarquer dans le « Darjeeling Mail Express ».

Depuis maintenant 2 mois à l’extérieur de l’Inde, j’avais oublié à quel point les gares sont de véritables zoos… dans lesquels « le grand homme blanc » est le seul animal. TOUT LE MONDE épient tes moindres gestes et beaucoup d’entre-eux te lancent des regards hautains.

À l’extrême inverse, personne ne porte attention aux très nombreux mendiants qui èrent sur les plateformes tels des fantômes. Des familles entières habitent là. En fait, si tu prends le train en Inde et que tu ne vois pas d’enfants nus et/ou des vieilles femmes à moitiés mortes à la gare, c’est que tu n’es pas en Inde. J’imagine qu’en habitant la gare puisque celle-ci leur procure un flot continu de gens à qui demander de l’argent. Il est aussi très courant, de voir de jeunes enfants sauter sur les rails pour ramasser les bouteilles vides, etc.

Le train entre en gare. Tel que dans mes souvenirs, il ne s’est pas encore immobilisé que tout le monde se précipite vers les portes afin d’être le premier à entrer dans cette cage d’acier roulante, puante et humide… sans avoir auparavant laissé les gens à l’intérieur sortir. Belle gang de m@rons.

Autre élément qui me fascine à propos du système ferroviaire indien; pour prendre le train, chaque indien est sur son 31. Quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parlé de l’Inde et qui se présenterait à une gare indienne se penserait en Europe où en Amérique. Il ne pourrait JAMAIS AU GRAND JAMAIS s’imaginer que la très grande majorité de ces gens vivent dans des dompes. C’est comme si les gares étaient un monde parallèle…

La classe « sleeper » (comprenant la classe moyenne inférieure indienne) est telle que je l’avais laissée; crasseuse, barreaux de fer en guise de fenêtres, vendeurs ambulants qui font des allé-retour en criant toute la nuit, ladyboys indiens qui font peur aux indiens naïfs afin de leur soutirer de l’argent… et souris qui te passent dans les pattes. Ce n’est probablement pas la 1ère fois que je l’écris, mais vous n’avez pas vraiment expérimenté l’Inde… le vrai… tant que vous n’avez pas pris un train de nuit en classe « sleeper ».

La nuit allait donc être douce dans ma bonne vieille couchette…

Puis, peu après que le soleil ait fait son apparition, le train s’est complètement immobilisé pour ne plus jamais repartir. Cela voulait dire une seule chose; nous étions rendu dans les entrailles de la bête… Kolkata

Direction Sudder Street, une rue bourrée d’hôtels et de guesthouses pour tous les prix et tous les gouts; que vous soyez un adepte des 5 étoiles ou au contraire des coquerelles, vous aller trouver.

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Le gros avantage, outre que c’est la rue la plus touristique de Kolkata (pas un avantage), est la position centrale qu’occupe cette artères dans la ville.

La très grande majorité des endroits à visiter sont à distance de marche, que ce soit l’Esplanade (15min) ou le Old Market (5min) au Nord, Park Avenue (15min) et Victoria’s Memorial (45min-1h) au Sud, et la fondation de Mère Thérèsa à l’Est (30min).

Après 1 heure de recherche intensive, le constat était le suivant; soit l’hôtel était BEAUCOUP trop cher, soit vous n’auriez jamais voulu utiliser la chambre qu’il nous proposait comme niche à chien. Par un heureux hasard, nous sommes finalement trouvé chaussures à nos pieds tombés à un prix plus que respectable; le Hilson hôtel devenait de ce fait notre quartier général…

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Fait « intéressant », en marchant dans la rue, j’ai vu ces étranges boites (3 demi-murs) sur le trottoir et un indien qui se tenait immobile dedans. Je vous le donne en 1000… ce soit des urinoirs publics. À noter que ce n’est pas marqué « interdit au femme », mais bon…

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Aussi, à l’image de New York, tous les taxis de la ville sont jaunes, mais au lieu d’être des modèles récents, ce sont des modèles old school des années 50/60… vous savez, tout en rondeur et assez compact.

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Toute personne séjournant à Kolkata doit aller visiter le Old Market… à 2 pas au Nord de Sudder street. Je ne dis pas de simplement aller voir les bâtiments de l’extérieur, mais bien d’entrer et de vous perdre dans la multitude de corridor.

Tout comme moi, vous serez surement envahi par un étrange sentiment de vulnérabilité et d’émerveillement… et un bon nombre d’indiens vous harcèleront et vous suivront pendant de bonnes minutes… jusqu’à ce qu’ils comprennent enfin que vous en avez rien à f$&tr# de leur magasin… à ce moment, d’autres indiens prendront leur place et ainsi de suite…

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La section « boucherie » est particulièrement impressionnante; toutes ces chèvres en vie et mortes l’instant suivant, tous ces tas de pattes et de têtes, la même chose pour les poulets… tout cela dans un très vieil entrepôt digne du plus macabre « Massacre à la tronçonneuse ». Une seule chose, n’oubliez pas de respirer par la bouche puisque l’odeur est insupportable.

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En soirée, suivant les recommandations du Lonely Planet (meilleur resto en ville) j’ai proposé à Roark d’aller manger au Peter Cat. Dès notre entré dans le restaurant, on s’est assez vite rendu compte que ce n’était pas du tout un restaurant de backpackers, mais bien un restaurant haut de gamme… bref, nous n’étions pas du tout à notre place; le décor et le personnel était digne des meilleurs restaurant où je suis allé dans ma vie et, bien que c’était marqué en grosse lettre à l’entrée « nous nous réservons le droit de refuser quiconque », nous sommes entré sans problème avec nos vêtements tous croches.

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N’empêche, on a décidé d’y manger quand même puisque ne partons pas en peur, quand je dis haut de gamme, ça aura fini par nous couter à tous les 2 environ 16$ pour 2 repas principal, 2 grosses bières et de l’eau et des petites bouchées gratuites et à volontés (du jamais vu). Nous étions les seuls blancs dans la place et nous étions vraisemblablement entouré de couples et de familles indiennes qui voulaient se gâter en s’offrant une sortie dispendieuse… tandis que pour nous, bien que ca défonçait nos budget, c’était très très très abordable pour la qualité de repas que nous avons eu.

Profitant d’un soleil radieux lors de notre 2ème journée, nous sommes allé au Victoria Monument.

Dans le Lonely Planet, on décrit cet endroit comme étant à mi-chemin entre le Capitol de Washington/USA et le Taj Mahal de Agra/Inde. En lisant ça hier, je trouvais cela un peu exagéré puisque, pour avoir vu les 2 monuments en questions, ce sont des bâtiments dans une classe à part.

Eh bien, à mon plus grand étonnement, le Victoria Monument est très impressionnant et mérite ce comparatif.

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Érigé au début du siècle passé à la mémoire de Victoria, Reine d’Angleterre, et incidemment de l’Inde, durant la 2ème moitié du 19ème siècle, ce monument a semble toute les mêmes dimensions et formes que le Taj Mahal. Ce qui le différencie du Taj est sa hauteur moins prononcée (donc moins impressionnant), mais il se reprend admirablement bien avec un intérieur des plus grandiose (l ‘intérieur du Taj est assez ordinaire). Bref, jugez-en par vous même avec les photos suivantes…

Je fais une parenthèse pour vous dire que Jean-Marc Vallée, québécois ayant réalisé C.R.A.Z.Y. et Café de Flores, a réalisé un très bon film sur la Reine Victoria; « Young Victoria ». Victoria est la mère de George V, Roi d’Angleterre au début du siècle passé (l’excellent film « King’s speech (Le discours du Roi) » raconte son histoire)… et donc grand-mère de l’actuelle Reine Elizabeth (vous pouvez encore la voir sporadiquement à la TV dans ses plus belles robes fleuries).

En plus de pouvoir admirer le monument de l’extérieur et de l’intérieur, il y avait 2 expositions; l’une portant sur l’histoire de l’Inde en photos et en peintures et l’autre portant sur l’histoire de Calcutta…

Certains d’entre-vous sont peut-être en train de se dire « eille chose, depuis le début, tu nous casse les couilles avec le nom Kolkata et là tu parles de Calcutta ». Calcutta était la capitale de l’empire britannique en Inde. Une fois l’indépendance, les indiens ont modifié son nom afin de se distancer de leur ancien « maitre ». C’est ainsi que Kolkata est née.

Qu’est-ce qui a poussé les britanniques à abandonner leur colonie indienne?!? La 2ème guerre mondiale. Au plus fort de la bataille avec les allemands, les britanniques n’avaient plus les moyens financiers et humains de continuer à opérer leurs colonies un peu partout dans le monde. C’est ainsi qu’une grande majorité d’entre-elles ont obtenu leur indépendance.

Tout juste à coté du Mémorial, se trouve l’impressionnante église Saint Paul. Datant de plus de 100ans, elle est entièrement faite de bois et a tout de même la dimension d’une cathédrale. D’ailleurs, la voute est très impressionnante (photo interdite).

Puis, en continuant notre route dans un quartier dit aisé, on tombe sur de petits bidonvilles improvisés sur les trottoirs au pied de somptueux bâtiments.

On entre ensuite dans un centre d’achat shooté à l’air climatisé et nous sommes téléportés en Amérique du Nord pendant un cours instant, comme si l’Inde en dehors n’existait plus.

Après maintenant 2 jours arpenter les rues de Kolkata, un seul et unique constat s’impose; cette ville ne mérite pas du tout la tonne de mauvais qualificatifs entendus son sujet; l’enfer sur Terre, le pire endroit en Inde ou simplement « don’t go there (ne va pas là) ».

En fait, Kolkata est en voie de devenir l’un de mes endroits préféré en Inde. J’adore m’y promener en flânant dans les rues, ce qui n’est pas donné à beaucoup d’autres endroits (peut-être Udaipur, Mumbai et Darjeeling). Les gens n’agissent pas comme des mouches à marde en t’accostant constamment.

Pour être sorti des sentiers touristiques, la ville est quand même très propre et bien organisé. En fait, Kolkata est beaucoup plus près du Paradis que de l’Enfer si on la compare avec beaucoup de ville indienne; Delhi, Mysore, Ahmedabad, Jaipur…

Cependant, ne vous y méprenez pas, je ne conseille à personne de commencer un voyage en Inde par Kolkata… le choc serait terrible. Je suis en mesure d’aimer cet endroit simplement dû à mon « conditionnement » des derniers mois. L’adaptation sera beaucoup plus facile si vous commencez par Mumbai ou dans le Sud de l’Inde.

Le seul vrai conseil que je peux donner à propos de Kolkata c’est de respirer avec votre bouche et non votre nez.

Autrement, si vous allez à Kolkata un jour, je me fou royalement de ce que vous allez y faire… MAIS… vous ne pouvez pas quitter la ville sans avoir mangé un « masala dosa » au restaurant Anang près de l’Esplanade. Plat typiquement du Sud de l’Inde, c’est sans le moindre doute le meilleur endroit pour en manger… et c’est dans le Nord du pays. Comme nous, vous y entrerez une première fois sans attente et vous y retournerez encore et encore… et encore. On m’a dit que le meilleur moyen de mesurer la popularité d’un restaurant est de voir si les indiens le fréquentent, eh bien, à chaque fois que nous y sommes allé, c’était plein et ça faisait la file.

Autrement, levez vos mains ceux qui ont déjà vu un troupeau d’une trentaine de chèvres attendre bien tranquillement derrière un autobus sur un grand boulevard en plein coeur d’une ville. Vous pouvez me croire, l’image est assez spéciale…

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Jour 3 en Enfer… c’est la C A N I C U L E; je me tiens à l’ombre sans bouger et je su comme un porc…

Nous avons fait l’une des plus étranges activités que j’ai pu faire en Asie. À notre arrivé ici, Roark a remarqué qu’un des quartiers de la ville se nommait « Salt Lake City »… le nom de la ville où il est né en Utah aux États-Unis.

Depuis maintenant 3 jours, il n’arrêtait pas de me demander si nous allions pouvoir y aller. En cette matinée de canicule, où marcher relève du suicide, nous avons donc pris un taxi en direction de Salt Lake City.

Vraiment pas convaincu de vouloir faire ce trip au départ, cela c’est avéré une promenade des plus divertissantes. D’une part, nous avons eu toutes les misères du monde à expliquer au chauffeur de taxi que nous voulions faire un tour du quartier et que nous n’avions pas de réelle destination. Une fois à destination, nous étions à la recherche de panneaux ayant Salt Lake City d’inscrit parce que Roark voulait en prendre 1 ou 2 en photo.

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À tout moment, moi ou Roark demandions au chauffeur d’arrêter en catastrophe, Roark sortait du taxi et prenait l’établissement en photo. Vous auriez du voir le visage du chauffeur; à chaque fois, il regardait en direction de ce que Roark prenait en photo (ça pouvait être une banque, un restaurant, l’entré d’un parc… bref n’importe quoi) et son regard était remplis d’incompréhension. Il regardait tout partout pour essayer de comprendre… Il a assurément fini par penser que nous étions complètement fou. Ces moments à regarder le chauffeur se creuser les méninges pour trouver une réponse était un délice à regarder du siège arrière où j’étais.

THE MOTHER HOUSE

Si je vous dit Kolkata/Calcutta, vous pensez à quoi en premier?

« Rien »… euh… bonne réponse, mais ce n’est pas ce que je cherche…

« Mère Thérèsa »… ouiiiiii… mais j’ai vu le petit singe te souffler la réponse, donc je garde la récompense pour moi…

Pour ceux qui ne savent pas de qui je parle, je vous recommande de sortir votre tête de votre c#l de temps en temps et de lire autre chose que des Harry Potter et Twilight de ce monde.

Remis de mes émotions avec le chauffeur de taxi, nous sommes allés visiter les « Missionaries of Charity (Missionnaires de la Charité) », la fondation qu’elle a crée il y a plus de 60ans, et opéré jusqu’à sa mort, pour venir en aide aux pauvres et aux malades de Kolkata et qui compte depuis des missions un peu partout dans le monde.

Morte en 1997, cette Icône de la bonté et de l’entraide possède une aura qui est à jamais associée à Kolkata/Calcutta. Or, savez-vous que même si elle a passé la très grande partie de sa vie en Inde, elle n’est pas Indienne, mais bien originaire d’Albanie (près de la Serbie le long de la mer Adriatique).

« By blood and origin I am all Albanian. My citizenship is Indian. I am a Catholic nun. As to my calling, I belong to the whole world. As to my heart, I belong entirely to the Heart of Jesus (Par mon sang je suis Albanienne. Je suis de citoyenneté indienne. Je suis une Soeur Catholique. J’appartiens au monde entier. Mon coeur appartient entièrement à Jesus) »

Savez-vous qu’elle est loin de faire l’unanimité au sein des Kolkatains (ou peu importe comment ils s’appellent). La ville à très forte dominance hindu et musulmane et beaucoup d’entre-eux n’aiment pas que leur ville soit associée à une chrétienne… Bref, bonjour les accommodements raisonnables…

Pour faire une biographie très brève, elle a quitté sa famille très jeune (je crois qu’elle a fuit, mais ce serait à valider) pour aller en Irlande et entrer chez les Soeurs Loreto. Elle a par la suite été envoyé en mission en Inde, plus précisément à Calcutta, pour ne jamais en revenir.

Voulant se consacrer corps et âme aux pauvres dans les bidonvilles, elle a abandonné les Soeurs pour aller vivre de manière permanente dans les bidonvilles avec les pauvres.

De fil en aiguilles, une organisation s’est construite autour d’elle pour éventuellement se transformer en « Missionnaries of Charity (Les missionnaires de la Charité) ».

Durant sa vie, elle avait délégué toutes les tâches de gestion de la fondation à d’autres pour se consacrer à ce qu’elle aimait le plus; aider les plus démunis… et répondre personnellement aux très nombreuses lettres qui lui était adressé.

Voici quelques phrases importantes prononcés par Mère Thérèsa;

« Peace begins with a smile (La Paix commence avec un simple sourire) »

« We fear the future because we are wasting the today (Nous avons peur du futur puisque nous gaspillons le présent) »

« Intense love does not measure it just gives (L’intensité de l’amour ne se mesure pas, il fait simplement en donner) »

« I am notting but a little pensil in the hands of God (je ne suis rien de plus qu’un petit crayon dans les mains de Dieu) »

Comme Roark l’a si bien dit en voyant sa chambre, et plus spécialement le lit sur laquelle elle a dormi pendant si longtemps, « j’aurais tourné les talons immédiatement si j’avais vu ce genre de lit dans un hôtel, et ce même si je suis un backpacker et que j’en ai vu d’autres ».

Du moment où on franchit les portes de la Mission, jusqu’au moment où on en ressort, on est envahi par une espèce de paix intérieure. On en vient même à oublier le son des voitures et de la rue juste à coté avec le chant de Coeur (des Soeurs chantaient continuellement quand nous y sommes allé) qui nous enveloppait… de quoi conquérir les plus insensibles d’entre tous.

Avant de partir, n’oubliez pas d’aller rendre visite à Mère Thérèsa… son tombeau est exposé dans la salle principale…

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Sur le chemin du retour, nous sommes passé au travers d’un quartier musulman extrêmement pauvre, à la limite de pouvoir être appelé un bidonville. Depuis notre arrivé à Kolkata, on se disait qu’il n’y avait pas autant de pauvreté que partout ailleurs en Inde. J’avais même dit à Roark que je ne comprenais pas pourquoi la Mission était dans ce quartier puisqu’il ne semblait pas y avoir beaucoup de pauvreté tout autour. Eh bien nous avons été frappé de plein fouet par elle à ce moment.

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Nous sommes littéralement allé dans les entrailles de Kolkata et je dois dire que j’en suis particulièrement affecté.

Je vais avoir longtemps l’image de tous ces gens prenant une douche commune en très petite tenue dans la rue près d’un tuyau de canalisation percé… à 2 pas d’un hôtel 5 étoiles avec valet et garde à l’entré.

J’y ai vu beaucoup trop d’animaux mourir, mort ou déjà en pièces détachés (chèvres, vaches, poulet, etc.) durant ce trajet. Je crois bien que je vais m’en tenir à une soupe crème champignon ce soir…

A FERRY TO NOWHERE

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Il y a de ces jours où tu n’as aucune attente et où il ne se passe rien et d’autre où la citrouille se transforme en carrosse. La journée d’aujourd’hui entre dans la seconde catégorie; on avait aucune idée quoi faire, le début de la journée a été très poche, mais par une succession de hasards, nous avons trouvé quelques perles.

Rien pour écrire à sa mère jusqu’à ce qu’on s’approche de la rivière et que je lance à Roark « tiens… des ferrys… et si on en prenait un comme cela au hasard et qu’on tentait de revenir à l’hôtel par la suite?!? ». L’instant d’acheter nos billets que nous étions sur un bateau, qui n’avait rien de bien jeune, vers une direction inconnu.

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Après une promenade sur un pont hors de l’ordinaire, imaginez un pont contemporain qui a été totalement approprié par les indiens, la journée s’est véritablement mise en marche de l’autre coté quand nous sommes tombés sur le « flowers market (le marché au fleurs) »… qui pourrait très bien être considéré comme étant un dépotoir pour certains et je ne leur en tiendrais pas rigueur…

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Notre chemin a ensuite débouché dans le quartier historique de la ville; le quartier des finances avec la bourse de Kolkata… et un des meilleurs street food que j’ai pu manger (vous devez manger un fried idly avant de mourir)… pour finir le tout avec un promenade en tramway qui nous a transporté en terrain connu, à la très grouillante Esplanade (peut-être le rond point le plus achalandé de l’Inde).

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Le reste de l’épisode relate les évènements s’étant déroulé à Kolkata à mon retour du tournage; Voir ÉPISODE SPÉCIAL – Bollywood Baby

JOURNEY ARE MADE BY THE PEOPLES YOU TRAVEL WITH

Aujourd’hui la réalité me frappe en plein visage…

En ce vendredi 12 juillet 2013, 08:20 et 20 secondes… 21… je me retrouve tout fin seul à boire mon thé en attendant mon déjeuner dans un restaurant shooté à l’air climatisé en plein coeur de Kolkata.

Il y a à peine 10minutes, le SUV qui m’avait amené sur les lieux de tournage du film indien auquel j’ai participé hier, m’a redéposé sur Terre… et sur Sudder Street… au même endroit où il m’avait cueillit 36 heures plus tôt.

Alors qu’il y a 2 jours j’étais avec mon éternel compagnon américain, je suis maintenant tout fin seul. En effet, après s’être serré la main et respectivement souhaité Au Revoir et bonne chance, j’avais refermé la porte du SUV pour embarquer dans une aventure complètement débile (film indien), tandis que lui allait prendre un taxi pour l’aéroport en direction de l’Indonésie…

Tout s’est passé beaucoup trop vite pour moi avec le tournage et c’est seulement maintenant que je prend conscience de ma nouvelle réalité.

Depuis 2 mois, nous avions bâti une team d’enfer, un duo de voyageurs qui se complétaient à merveille. Lui était le Bon Cop, moi le Bad Bad Cop (sans surprise… c’est un rôle de composition)… Il négociait le prix des hébergements et moi je m’occupais de dénicher les endroits à visiter et je nous orientais dans les villes (un guide quoi)… Sans avoir jamais été clairement défini comme je viens de le faire, c’était d’un naturel et nous y trouvions chacun notre compte.

Durant 64 jours, nous avons bâti une amitié très forte qui va perdurer. J’ai partagé avec ce gars là tant d’émotions, été placé dans tellement de situations précaires, qu’il me connait probablement mieux que quiconque (psychologiquement parlant… que je vous y prenne à penser croche…).

Je vais surtout m’ennuyer de la face que les gens faisaient lorsqu’il se présentait;

Personne quelconque;
« What’s your name (c’est quoi ton nom)? »

Roark;
« Roark »

Personne quelconque;
« Roa… what?!? (Roa… avec un face pleine de point d’interrogations)

Et Roark qui se lançait dans une grande explication pour clarifier son nom. La plus célèbre; c’est comme le cri du Lion (Roar) avec un K à la fin…

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Tu as dit de moi que j’étais un « natural leader (un meneur naturel) », quelqu’un qui se souci du bien-être des autres et que les autres suivent les yeux presque fermées… comme ce fut le cas durant tout le trek de l’Annapurna… et je te remercie du compliment. Pour ma part, tu es le partenaire de voyage parfait et un enseignant formidable… tu devrais penser à te recycler en professeur…

Depuis toutes ces années à voyager, j’ai toujours dit que j’aimais mieux voyager en solo, tu auras réussi à me prouver le contraire.

AU REVOIR TOI AUSSI KOLKATA

Je suis arrivé à Kolkota à reculons, puisque j’avais peur de tout ce que j’avais entendu à propos de cette ville… et je pars à reculons, voulant voir le plus longtemps possible cette ville que j’ai appris à adorer.

On m’avait décrit Kolkata comme étant l’enfer sur Terre, mais l’apocalypse tant attendu n’a finalement jamais eu lieu. La ville n’est pas tant apocalyptique que surréelle et tout en contraste; Park Avenue est digne des plus grandes rues New Yorkaises où c’est bling bling par dessus bling bling. L’Esplanade est probablement l’endroit qui bourdonne comme nul part au pays, le Victoria Monument dans le Top 5 des plus beaux bâtiments du pays, le Old Market un endroit unique et à la minute où on s’égare un peu, la pauvreté nous frappe au visage… une pauvreté dont je suis malheureusement devenu insensible depuis tout ce temps.

Bref, Kolkata est tout en contraste; un mélange de modernité, de tradition… et d’indienneté. Jour après jour, elle n’a jamais cessé de me renverser.

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Kolkata a supplanté de beaucoup Mumbai dans mon coeur pour ce qui est de ma grande ville indienne préférée. Pour ceux qui sont déjà allé à Mumbai et qui ont adoré l’endroit, cela pourrait être dur à croire, mais croyez-moi. En fait, si quelqu’un m’offrait le choix entre un billet d’avion pour Katmandou ou Kolkata, le choix serait très difficile. C’est tout dire comment cette ville s’est hissé dans le firmament de mes souvenirs…

La nuit dernière, j’étais dans un hôtel tout dorloté avec un tout nouveau coup de soleil dans la face après une journée de tournage et ce soir, je me retrouve dans un wagon de paumé en route vers le trou du cul du monde… avec mon coup de soleil pour me tenir compagnie. Belle façon de revenir sur terre rapidement…

Prochaine destination; Varanasi… mais, c’est pour un autre Épisode.

DO IT LIKE MARIO KART (à la façon Mario Kart)

En discutant avec Roark autour d’une bonne bière, j’ai tout à coup eu l’idée d’organiser une course entre le « moi de maintenant » et le « moi d’il y a 4mois » à l’image du jeu Mario Kart où on pouvait courir contre son fantôme (meilleur temps)… Dans le cas présent, le « fantôme » ce serait le « moi de maintenant », celui qui a développé pleins de trucs pour survivre à la jungle indienne et qui est beaucoup plus calme.

L’idée serait donc de se réveiller dans la même chambre d’hôtel, d’avoir le même itinéraire pour toute la journée et de voir comment les 2 s’en sortiraient.

Go… la journée commence…

1. ÉTAPE DU RÉVEIL

MOI D’AVANT – Je me lève vers 6h et je passe 30min-1h à lire à propos de la ville où je suis, regarder la carte et voir ce que je vais faire de ma journée. Puis, je prend une longue douche, je sélectionne le chandail que je vais mettre aujourd’hui et je vais prendre un bon déjeuner continental américain à mon hôtel (même si il n’est pas bon) avec une tonne d’eau.

MOI AUJOURD’HUI – Je me lève vers 8h, je regarde vite fait quoi faire en ville sans plus en prenant une photo avec mon iphone de la carte de la ville (qui servira à m’orienter… moi et les cartes papiers…), je met le chandail que je met tous les jours depuis…, je sors dans la rue pour trouver un bon resto et je mange un bon déjeuner indien (masala dosa, paneer ou paratha de préférence) avec mon thé masala bourré de sucre.

Résultat préliminaire; le moi d’avant est en avance de 30min

2. VISITE DU LIEU TOURISTIQUE

MOI D’AVANT – Bien que le site est à moins de 2km, je décide de prendre un tuk-tuk/ricksaw, bref une machine à 3 roues et à moteur. Je me fais arnaquer sur le prix, je suis pris dans la circulation et j’arrive finalement à bon port. Rendu au site, on demande un prix exorbitant pour aller à l’intérieur. Je paie le prix, je visite et je suis déçu. Comme très souvent, l’extérieur est super, mais l’intérieur n’en vaut pas le coup.

MOI D’AUJOURD’HUI – Je décide de marcher jusqu’au site, prenant une quantité incalculable de photos en chemin. Une fois rendu là, je ris en pleine face du gars au guichet en lui disant que jamais je ne paierais le prix demandé pour entrer à l’intérieur puisque j’ai été beaucoup trop souvent déçu par le passé. Je fais donc le tour du bâtiment et je prend beaucoup de photos.

Résultat préliminaire; les 2 sont à égalités.

3. RESTE DE LA JOURNÉE

MOI D’AVANT

Je décide de marcher jusqu’à d’autres monuments en revenant tranquillement jusqu’à mon hôtel.

En chemin, des indiens m’accostent sans cesse en voulant me vendre des cossins et je m’entête à leur dire que je ne suis pas intéressé au point d’en perdre patience

Je vois des itinérant, des enfants nus, des vieilles femmes me supplier de leur donner de l’argent et je dis non avec un moton dans la gorge.

Je marche sur le trottoir parce que les rues sont beaucoup trop dangereuses. Il me faut un bon moment pour passer chaque intersection…

MOI D’AUJOURD’HUI

Je décide de faire le chemin du retour en flânant dans les rues et en croisant par hasard des monuments d’intérêts.

Je marche dans les rues indienne comme on marche dans un champ; je me faufile entre les voitures et je ne marche que très rarement sur le trottoir, tout cela sans aucun stress parce que je sais que même si la circulation est complètement anarchique (le mot n’est pas assez fort) les conducteurs ont des yeux tout le tour de la tête. En amérique, je n’oserais jamais faire ce que je fais ici puisque bien que la circulation soit ordonnée, les conducteurs ne pensent qu’à leur petite personne et ne se soucie pas des autres.

Des indiens veulent me vendre des cossins, mais je les ignores complètement ou je leur dit une seule fois « no thank » sans jamais me détourner…

Je vois la pauvreté autour de moi, mais depuis le temps, je crois avoir pas mal tout vu et je me suis malheureusement bâti une carapace.

4. FIN DE LA JOURNÉE

Au final, le moi d’aujourd’hui est arrivé au bar de l’hôtel (ligne d’arrivé) depuis un bon 2 heures bien relax et content de sa journée, quand le moi d’avant arrive tout en sueur, avec plusieurs cheveux blancs de plus sur la tête et complètement traumatisé de ce qu’il a vu dans la journée.

Je lui dit alors « ne t’en fait pas kid, ca va aller… je suis passé par la moi aussi »… en lui montrant mes cicatrices.

Épisode 17 – Darjeeling Unlimited

Je suis tombé en amour! Seul hic… c’est un amour impossible; elle a plus de 160ans, se nomme Darjeeling… et c’est une ville.

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RETOUR DANS LE TROU DE CUL DU MONDE

Encore en Inde… es tu tombé sur la tête?!?

Est-ce que je suis sadomasochiste de retourner en Inde après vous avoir écrit de long en large comment je pouvais détester ce pays dans mes premiers épisodes? La réponse est très probablement.

Pour cette seconde escapade en Inde, j’ai l’intention de me concentrer principalement sur les régions du Nord-Est et du Nord-Ouest, c’est donc dire des régions bordant le Népal, ayant déja fait parti du Népal, comprenant encore une grande portion de népalais et donc je l’espère, ayant une mentalité différente des indiens que j’ai appris à connaitre et à mépriser.

Autant la frontière avait l’air un peu anarchique du coté Népalais, autant elle passait pour un endroit paradisiaque en comparaison à celle du coté indien. Bref, c’était bel et bien l’Inde tel que je l’avais laissé il y a 2 mois; sale et remplis d’incompétents, qui te dévisagent comme des purs morons comme si nous (moi et Roark) étions des extraterrestres. Je m’ennui déjà du Népal…

Je remet donc ma poker face, la face du gars qui ne rescent plus rien. Hors de question que je socialise avec les indiens comme je l’ai fait avec les sri lankais et les népalais; 2 peuples qui m’inspirent le respect. Je vais faire comme dans le bus tout à l’heure; socialiser avec l’un d’entre eux pour lui soutirer les infos dont j’ai besoin

LA TÊTE DANS LES NUAGES

La route menant à Darjeeling m’a laissé le souffle court. Elle entre assurément dans mon Top 3 des plus belles routes que j’ai pu faire dans ma vie avec le tronçon Fort Bragg – San Francisco en Californie et celui de Nanaimo à Tofino sur Vancouver Island dans l’Ouest du Canada.

Nous roulions tout bonnement dans une plaine quand tout à coup une très haute montagne s’est pointée le nez devant nous. Vous devinez assurément la suite… Non?!? Eh bien imaginez une route de montagne qui serpente dangereusement sans garde fou pour retenir une chute assuré

Une fois en haut, la ville de Kurseong accaparait tout le sommet. À partir de cette ville, la route longeait le haut de l’autre versant, passant par une quantité incalculable de villages et menant en bout de ligne à Darjeeling. Une seule constante, le chemin de fer qui passait tout de suite à coté de la route.

En temps normal, toute la route entre Khugeon et Darjeeling aurait du nous offrir une vue imprenable sur les montagnes du Népal, notamment l’Everest et la Kanchu… euh… Kanchunanana… je ne me rappelle plus du nom bon, mais c’est la 3ème plus haute montagne (le K2au Pakistan est la 2ème plus haute).

Bref, on a rien vu de cela puisqu’il y avait un mur blanc devant nous. J’espère que c’était simplement une façon pour Dame Nature de faire durer le suspense; « non non non les ptis gars, pas ce soir. Vous pourrez voir mes charmes demain matin après une bonne soirée de repos ». J’ai donc choisi de croire en Dame Nature…

Nous voici donc à Darjeeling. Depuis le temps que je rêve d’y mettre le pied, je me suis rendu compte que je n’avais jamais vu de photos de l’endroit avant d’y mettre les pieds. Mon attrait pour cet endroit se résumait au fait que je sois des plus intrigué par le nom… en fait, c’est probablement mon nom de ville préféré dans le monde; Darjeeling… ça sonne cool… Enfin bref, j’imagine ce que vous êtes en train de penser devant votre écran « j’en ai rien à foutre du fait que tu trouves le nom de la ville coooool… accouche avec le reste de ton histoire »…

Ok ok…on se calme… j’allais justement reprendre quand tu m’as interrompu.

Sur une note plus instructive, Darjeeling est reconnu mondialement pour son thé du même nom.

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En flânant dans les rues en fin de soirée, on tentait d’apprivoiser la ville… en fait on cherchait un bar pour prendre un coup, mais ça reste entre vous et moi… quand tout à coup on est tombé sur un bar typiquement américain… tiens dont, toute une surprise.

Ce n’est pas compliqué, on se trouvait en Inde avant d’ouvrir la porte et on était transporté en Amérique de l’autre coté. On aurait dit que Scotty (Star Trek) nous avait téléporté dans un irish pub de Boston. Bref, nous avons pris un coup là-bas et rencontré 3 indiens qui ont essayé de nous faire passer pour des moins que rien. Après avoir fraternisé depuis une coupe de minutes, Roark leur a demandé si ils connaissaient un bon hôtel en ville (nous sommes arrivés en fin de soirée alors qu’il commençait à faire noir, on a pas magasiné comme on l’aurait voulu et on a pris le premier hôtel venu). Les indiens nous ont alors recommandé un super endroit à… 7000rs (donc environ 125$) la nuit. Roark et moi se sommes donc regardé en pouffant de rire et je leur ai expliqué que cette somme représentait mon budget pour environ 5-6jours. Roark leur a ensuite dit que nous cherchions plutot dans les 500rs (total pour 2). Ils sont alors parti à rire et l’un d’eux nous a lancé « we are high class you know (nous sommes de la haute société vous savez) ».

À ce moment, j’ai senti la colère monter « eille chose bine (en prenant l’un d’eux par le colet) on voyage durant 1 an en Asie le cave, tu crois qu’on va se payer quelque chose hors de prix comme ça. Chez moi, je paie ce prix là pour une chambre bas de gamme, donc lâche moi les baskets avec ton esti de haute société… ahhh, pi va dont te rincer la bouche, tu pu de la gueulle » que je leur ai dit… dans ma tête.

Me faire rabaisser par des indiens, c’est bien la meilleure. La semaine des 4 jeudis tant qu’à y être…

Nous sommes sensé être au beau milieu de la mousson, mais présentement il ne pleut jamais plus d’une heure par jour. Pour moi, mousson veut principalement dire brouillard. Donc, mis à part l’absence de vue, ayant été remplacée par un mur blanc très opaque, la ville de Darjeeling est magnifique et à mi-chemin entre une ville népalaise et indienne; à moitié tranquille comme au Népal et à moitiés sale comme l’Inde.

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À notre première journée complète ici, nous avons décidé de simplement arpenter les rues avec l’intention d’aller déguster un peu de thé et aller piquer une jasette au bureau d’information touristique. Je n’arrivais pas à retrouver mon chemin avec la carte, résultat on s’est perdu. Roark n’arrêtait pas de me dire que c’était parce que notre hôtel était sur l’autre versant de la montagne, mais je ne voulais rien entendre. On s’est finalement ramassé en bas de la montagne, près d’une plantation de thé… là où personne ne va… sans eau (on voulait simplement aller à l’info touristique au départ).

En remontant, complètement à bout de force, on est tombé sur un espèce de party sur le bord de la route. Ni une ni 2, les gens nous ont gentiment offert de la nourriture et du thé sans que nous ayons à demander. Nous étions donc super excité, et on a fini par leur demander qu’est-ce qu’ils célébraient… pour apprendre que c’était une veillé funèbre en l’honneur d’un disparu. On s’est alors senti un peu gêné et notre entrain a disparu… mais il nous on rapidement fait sentir les bienvenue et littéralement gavé de nourriture. Bien plein, il était temps de remonter la montagne… ouffff.

C’est donc dire que moi et Roark avons faits des Will Ferrell et Owen Wilson de nous même en « Crashant des funérailles ». Bon, contrairement au film, nous motivation était la bouffe gratuite, non pas… ahhh pis oubliez dont ce que je viens d’écrire…

En se rendant finalement au centre de la ville, je me suis rendu compte que Roark raison; notre hôtel était sur un autre versant et j’avais regardé toute la journée la carte du mauvais sens.

Bien assis en train de déguster des échantillons gratuit de différentes variétés de Darjeeling tea, un groupe d’indiens baraqués, n’ayant donc aucunement le profil type de groupie, nous a demandé tout timidement de prendre une photo avec eux. Moi et Roark se sommes alors échangé un regard qui voulait dire « we are definitely back in India (on est bel et bien de retour en Inde) ». Première fois que quelqu’un me demande une photo depuis mon départ de l’Inde il y a 2 mois.

Après une journée à arpenter les rues de la ville, un constat s’impose; malgré les nuages, qui nous empêchent de profiter du panorama, la ville est tout simplement magnifique. Elle est très densément peuplée sur plusieurs versants d’une montagne. Je dirais sans trop me tromper que Darjeeling est la San Francisco indienne, dans la mesure où tu es toujours en train de monter ou de descendre.

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Bien que le temps soit majoritairement couvert et que le brouillard soit chose courante, il faut en tout temps être aux aguets puisque le tout peut changer en l’espace de quelques minutes. Il peut très bien y avoir un épais brouillard, un ciel bleu 10min plus tard et pleuvoir à boire debout 20min après.

Le lendemain, nous sommes allé faire un tour au zoo et à l’Himalayan Institute Museum. Le zoo est tel que tel, mais bien que je ne sois pas trop amateur de musée, celui-ci m’intriguait particulièrement puisqu’il relate l’histoire de l’ascension de l’Everest depuis les premières tentatives dans les années 1920, en passant par la première ascension réalisée par Edmund Hillary et Tenzing Norgay, et les excursions subséquentes.

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Pourquoi le musée se trouve à Darjeeling – Inde et non par au Népal me demanderez-vous? Eh bien, les premières tentatives de vaincre l’Everest sont parties d’ici et Tenzing Norway, a vécu le reste de sa vie à Darjeeling après avoir gravi l’Everest en 1953.

Tout comme Katmandou, cette ville est très difficile à quitter. Cet endroit me donne l’impression d’être toujours au Népal… ce qui est une très bonne chose.

À ce sujet, ne faites pas la gaffe d’appeler les habitants du coins des « indiens ». Ils vous indiqueront gentiment, mais fermement que la très grande majorité d’entre-eux sont d’origine népalaise (ce qui est tout à leur honneur si vous voulez mon avis). Il n’ont d’appartenance à l’Inde que le fait que la région soit en territoire indien… Aussi, ce n’est définitivement pas l’Inde, dans la mesure où les femmes me regardent et me parlent dans la rue… phénomène impossible dans le reste du pays.

Je vous ai dit que j’adorais cet endroit? Non! et bien, si on considère simplement les villes, donc si on fait abstraction de l’Annapurna au complet, cet endroit est dans mon top 3 avec Katmandou. Je laisse le 3ème spot vacant pour les futurs endroits où je vais mettre les pieds.

JOY RIDE

Au programme d’aujourd’hui; prendre un site de l’UNESCO mobile, c’est-à-dire un très vieux train faisant la navette entre Darjeeling et Kurseong. Communément appellé « Toy train (train jouet) », c’est un espèce de train miniature qui va à la vitesse très petit V…

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Ajoutez à tout cela qu’il circule tout juste à coté et même souvent directement sur la route sinueuse que nous avons empruntée pour venir à Darjeeling.

À l’origine, le train faisait la navette entre Darjeeling et New Jailgapuri (qui connecte ensuite au véritable système ferroviaire indien), mais des éboulements ces dernières années ont faits en sorte bloquer le chemin après Kurseong. Il faut donc dorénavant prendre un taxi de là à Silighuri/New Jailgapuri pour continuer son périple en Inde.

Ce contretemps ne nous dérange pas du tout puisque nous avions à l’origine prévu de séjourner 1 ou 2 journées à Kurseong, avant de continuer notre chemin jusqu’à Darjeeling.

Quand nous avons réservé nos billets hier, nous avons été un peu radin; on a préféré payer seulement 30rs (environ 75cents) chacun pour la seconde classe, plutôt de de payer le GROS prix de 130rs (moins de 3$) pour la 1ère classe. Eh bien, nous en payons présentement le prix…

C’est donc dire que pour sauver 100rs chacun, on s’est ramassé dans le seul wagon de 2ème classe et le banc que moi et Roark devions partager était un peu plus petit qu’un banc d’autobus scolaire. En revanche, la 1ère classe était composé de fauteuils individuels inclinables en apparence très confortable… VOUS ÊTES DE GRANDS CHAMPIONS LES GARS…

Pendant 3 heures de temps, nous allions donc entendre une locomotive faire Tchou Tchou à tous les 10 secondes en avançant à une lenteur inimaginable, au point de se faire dépasser constamment par les voitures. Ce n’est pas compliqué, plus lent que ça, le train reculait.

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Pour tout dire, j’avais l’intention de descendre du train et de courir sur la route à coté, mais pour une rare fois, le petit Ange sur mon épaule droite (« fais pas ça Nik… tu te souviens de Hampi… tu te souviens du mois de merde que tu as passé après ton accident de scooter ») a supplanté le Démon qui sévit sur l’autre épaule (« Nik… mon chum… écoute pas la vieille grébiche de l’autre coté… y t’arrivera rien, je veille sur toi).

Après un arrêt à Ghum, la station de train le plus haute en altitude de l’Inde à 7400 pieds, et l’instant de prendre un thé, qui a du tuer toutes les bactéries dans ma bouche et sur mes doigts tellement il était chaud, le train repartait à « vive allure », tandis que moi je zézettais (langue brulée).

Le feeling était complètement incroyable; on passait sur la rue principale à 4-6 pouces des passants et des bâtiments. À certains moments, on se serait cru dans leur salon et tout le monde dans la rue prenait le temps de nous saluer. Bref, bien que vers la fin tu commences à avoir hâte d’arriver, c’est une promenade à bord d’un train hors du commun et une expérience unique que je souhaite à tous d’avoir la.chance d’essayer une fois dans sa vie… en 1ère classe.

MAKAIBARI TEA ESTATE

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Une fois arrivé à Kurseong, nous nous sommes dirigé vers la Makaibari Tea Estates, 4km plus bas, en opération depuis 1859, devenu depuis la plus grosse plantation du District de Darjeeling (un peu à l’image de Québec, Darjeeling est une ville et un District… les Districts composent les provinces) et l’une des pionnières mondiale en ce qui concerne le thé biologique.

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À ce sujet, beaucoup de gens viennent y faire des stages pour en apprendre davantage sur le processus organique.

Pourquoi aller là-bas? C’est simple, le gars de l’info touristique de Darjeeling nous a indiqué qu’il était possible de rester sur la plantation en étant hébergé dans les familles de travailleurs participant au programme « homestay » sur la plantation. Il est donc possible d’aller là-bas pour faire du volontariat sur un courte ou longue durée, ou de simplement être hébergé dans les familles, le tout moyennant la modique somme de 600rs/jour (12$) hébergement et 3 repas compris.

Comme tout cela sonnait très bien à nos oreilles, nous avons décidé de tenter l’expérience. Bien que ce soit avant tout pour coucher 1 nuit, nous ne dirions pas non de mettre la main à la pâte afin d’en savoir plus sur le processus de fabrication du thé. Bien sur, tout cela était entre les mains de Dame Nature. Peu importe ce qui allait arriver, ce n’est pas tous les jours que ce genre d’occassion se présente.

Arrivé à la plantation, nous avons été accueilli par une famille. Bon, en fait c’est un homme… enfant unique et pas encore marié… qui vit encore avec ses parents… donc un tanguy. Détrompez-vous, je n’ai rien contre sa situation, je tenais simplement à vous établir les faits.

Bref, ils ont une petite maison d’invité dans la cour et nous y avons établi notre campement pour la nuit.

Au total, Makaibari Estates comprend 7 villages, répartis dans la montagnes à distances de marche.

1 seul d’entre eux, le plus important et celui comprenant la factory, est accessible par la route, tous les autres étant seulement accessibles par de petits sentiers.

Dans le village ou nous résidons, 22 familles peuvent accueillir des touristes et 3 des autres villages peuvent faire de même.

Comme nous l’expliquait notre nouvel ami, qui est aussi guide dans la plantation et à l’intérieur de l’usine, appelons le Tanguy (pourquoi?!? Parce que ça me fait rire, que je ne connais pas son véritable nom et qu’il faut bien que je le nomme d’une manière ou d’une autre… vous aimeriez mieux « chose »?!?), le propriétaire de la plantation est une espèce de Demi-Dieu ici.

Toute décision de plus ou moins grande importance, doit être approuvée par lui, que ce soit en rapport à la production du thé ou d’un point de vue personnel (je veux une nouvelle maison bon…). Ce n’est donc aucunement démocratique…

C’était désormais l’heure de nous coucher. J’ai alors lancé à Roark « you know the thing they call bed here… we call that « table » in french (tu sais la chose qu’ils appellent « lit » ici, eh bien en français on appelle cela une table) »… C’est vous dire à quel point le confort était totalement absent…

Puis, vint la plus belle symphonie de chiens que j’ai entendu de ma vie. Après 30min, j’étais tellement à bout de nerf que j’avais l’intention de fouiller dans les entrailles de mon sac à dos pour y trouver mes bottes de montagne, les enfiler, trouver l’un des chiens et le botter le plus fort possible. Comme je l’ai déjà dit, dans un ancien épisode, même les amoureux des animaux deviendraient maboules. Jusqu’à ce jour, j’ai quelquefois entendu le matin des phrases comme « I really like animals, and particulary dogs, but… (vous savez, j’aime beaucoup les animaux, mais là…) ».

Le lendemain, la météo avait décidé de faire à sa tête, il n’y avait donc aucun travail dans les champs à effectuer. Nous avons donc décidé de faire une visite de la factory avant de prendre la poudre d’escampette. Même si j’ai déja fait la visite d’une usine à thé au Sri Lanka, je me suis dit qu’on a jamais assez visité de tea estate dans sa vie non?!?

Tanguy nous a donc organisé cela comme un grand. Il nous a tout d’abord expliqué que Makaibari signifiait « corn field (champ de blé) »… si vous trouvez le rapport avec le thé, prière de m’envoyer un courriel.

Bon… Focus groupe… on a pas toute la journée…

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D’une part, la plantation est en opération 9 mois par année. Il y a donc 3 mois d’inactivités (sleeping period) en décembre, janvier et février. Au début décembre, tous les plans sont coupés et après 3 mois, les feuilles sont à nouveau prêtes à être ramassées.

Il y a 4 cueillettes durant les 9 mois d’activités;
1. First Flush – feuilles de couleur verte – Mars et Avril,
2. Second Flush ou Muscatel – Mai et Juin,
3. Third Flush (original non?)
4. Moonson Flush – durant vous devinez quoi…

Tanguy nous a ensuite fait visiter l’usine comme si nous étions une feuille qui se promenait et se faisait tranquillement transformer en thé… c’est excitant non?… non?!?… ahhh bon…

1ere ÉTAPE
Sécher à 70% les feuilles. En début de processus, si les feuilles étaient séchés à 100%, le thé n’aurait aucune saveur.

2ème ÉTAPE
Écraser les feuilles pour en libérer la saveur. Refaire l’étape 2 jusqu’à ce que les feuilles soient en assez petit morceaux.

3ème ÉTAPE
Faire oxyder les feuilles. Le processus se fait de lui même une fois que les feuilles ont été détruites en petits morceaux. Laisser mijoter durant 1h30-2h.

4ème ÉTAPE
Faire sécher les feuilles à 100% afin de sceller la saveur. Cette étape est cruciale et c’est elle qui fait en sorte que la saveur est relâchée seulement quand on met le thé dans de l’eau chaude.

5ème ÉTAPE
Séparer les feuilles… dans le sens de les détruites en fines particules. Des femmes utilisent des râteaux sur des convoyeurs… très gracieux à voir.

6ème ÉTAPE
La plus importante d’entre toute; la dégustation héhé. Vous pouvez arrêter après la 5ème étape si vous voulez…

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Fait intéressant, il y a plusieurs sorte de thé, mais sachez qu’ils viennent tous de la même feuille. C’est simplement la manière de la traiter par après durant le processus énoncé ci-haut qui va les différencier.

Le thé vert est donc le thé « normal », le thé noir est fermenté plus longtemps, le thé blanc est laissé à l’état plus naturel, donc pas détruit en fines partivules, le silver tip thé est un thé noir fait à partir des meilleures feuilles (petites feuilles bien colorées) et ainsi de suite.

Au final, si vous avez une chose à comprendre à propos du thé, c’est que tout est une question de « saveur » et « d’oxydation ».

La visite s’est donc avéré très intéressante. Comme il était mentionné dans une coupure de journal « a journey into the Himalayas to the plantations of Darjeeling proves to be a teetotaler’s version of Napa Valley wine tour, but way less crowded (la visite de plantations de thé de Darjeeling dans les Himalayas est l’équivalent, pour les maniaques de thé, d’une visite de Napa Valley (Californie) pour les amateurs de vins… mais beaucoup moins achalandée) ».

Si vous pensez un jour visiter cet endroit, sachez que mars est le