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Épisode 18 – Kolkata; Apocalypse Please

Le jour du jugement dernier est arrivé. Enfin, j’ai l’impression que c’est ce qui m’attend à en croire tous les racontars que j’ai entendu à propos de Kolkata depuis 4 mois. C’est donc sensé être le pire endroit en Inde… et donc sur Terre puisque l’Inde est le « pire » endroit sur Terre.

« Much of Kolkata’s rock-bottom accommodation represents a whole new league of nastiness, and where we review such cheapies be aware that we’re usually identifying the least objectionable options rather than making a recommentation; consider putting a mat on the bed to reduce bed-bug bites » – Lonely Planet à propos des hôtels de Kolkata.

Pour ceux qui ont parcouru les livres « La frousse autour du monde » de Bruno Blanchet, eh bien c’est l’un des endroits qu’il a détesté le plus…

Aussi, je m’étais promis à moi même de ne plus remettre les pieds dans une grosse ville indienne et me voila à quelques heures seulement de mettre les pieds dans la seconde plus grande du pays. Il y a cependant 2 différences majeures par rapport à mes aventures à Delhi et Mumbai; j’ai gagné beaucoup d’expérience depuis et je voyage en duo et non en solo.

Bref, la table est mise…

Dans le dernier épisode, j’étais sur la plateforme no.6 de la station NJP tout juste avant de m’embarquer dans le « Darjeeling Mail Express ».

Depuis maintenant 2 mois à l’extérieur de l’Inde, j’avais oublié à quel point les gares sont de véritables zoos… dans lesquels « le grand homme blanc » est le seul animal. TOUT LE MONDE épient tes moindres gestes et beaucoup d’entre-eux te lancent des regards hautains.

À l’extrême inverse, personne ne porte attention aux très nombreux mendiants qui èrent sur les plateformes tels des fantômes. Des familles entières habitent là. En fait, si tu prends le train en Inde et que tu ne vois pas d’enfants nus et/ou des vieilles femmes à moitiés mortes à la gare, c’est que tu n’es pas en Inde. J’imagine qu’en habitant la gare puisque celle-ci leur procure un flot continu de gens à qui demander de l’argent. Il est aussi très courant, de voir de jeunes enfants sauter sur les rails pour ramasser les bouteilles vides, etc.

Le train entre en gare. Tel que dans mes souvenirs, il ne s’est pas encore immobilisé que tout le monde se précipite vers les portes afin d’être le premier à entrer dans cette cage d’acier roulante, puante et humide… sans avoir auparavant laissé les gens à l’intérieur sortir. Belle gang de m@rons.

Autre élément qui me fascine à propos du système ferroviaire indien; pour prendre le train, chaque indien est sur son 31. Quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parlé de l’Inde et qui se présenterait à une gare indienne se penserait en Europe où en Amérique. Il ne pourrait JAMAIS AU GRAND JAMAIS s’imaginer que la très grande majorité de ces gens vivent dans des dompes. C’est comme si les gares étaient un monde parallèle…

La classe « sleeper » (comprenant la classe moyenne inférieure indienne) est telle que je l’avais laissée; crasseuse, barreaux de fer en guise de fenêtres, vendeurs ambulants qui font des allé-retour en criant toute la nuit, ladyboys indiens qui font peur aux indiens naïfs afin de leur soutirer de l’argent… et souris qui te passent dans les pattes. Ce n’est probablement pas la 1ère fois que je l’écris, mais vous n’avez pas vraiment expérimenté l’Inde… le vrai… tant que vous n’avez pas pris un train de nuit en classe « sleeper ».

La nuit allait donc être douce dans ma bonne vieille couchette…

Puis, peu après que le soleil ait fait son apparition, le train s’est complètement immobilisé pour ne plus jamais repartir. Cela voulait dire une seule chose; nous étions rendu dans les entrailles de la bête… Kolkata

Direction Sudder Street, une rue bourrée d’hôtels et de guesthouses pour tous les prix et tous les gouts; que vous soyez un adepte des 5 étoiles ou au contraire des coquerelles, vous aller trouver.

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Le gros avantage, outre que c’est la rue la plus touristique de Kolkata (pas un avantage), est la position centrale qu’occupe cette artères dans la ville.

La très grande majorité des endroits à visiter sont à distance de marche, que ce soit l’Esplanade (15min) ou le Old Market (5min) au Nord, Park Avenue (15min) et Victoria’s Memorial (45min-1h) au Sud, et la fondation de Mère Thérèsa à l’Est (30min).

Après 1 heure de recherche intensive, le constat était le suivant; soit l’hôtel était BEAUCOUP trop cher, soit vous n’auriez jamais voulu utiliser la chambre qu’il nous proposait comme niche à chien. Par un heureux hasard, nous sommes finalement trouvé chaussures à nos pieds tombés à un prix plus que respectable; le Hilson hôtel devenait de ce fait notre quartier général…

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Fait « intéressant », en marchant dans la rue, j’ai vu ces étranges boites (3 demi-murs) sur le trottoir et un indien qui se tenait immobile dedans. Je vous le donne en 1000… ce soit des urinoirs publics. À noter que ce n’est pas marqué « interdit au femme », mais bon…

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Aussi, à l’image de New York, tous les taxis de la ville sont jaunes, mais au lieu d’être des modèles récents, ce sont des modèles old school des années 50/60… vous savez, tout en rondeur et assez compact.

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Toute personne séjournant à Kolkata doit aller visiter le Old Market… à 2 pas au Nord de Sudder street. Je ne dis pas de simplement aller voir les bâtiments de l’extérieur, mais bien d’entrer et de vous perdre dans la multitude de corridor.

Tout comme moi, vous serez surement envahi par un étrange sentiment de vulnérabilité et d’émerveillement… et un bon nombre d’indiens vous harcèleront et vous suivront pendant de bonnes minutes… jusqu’à ce qu’ils comprennent enfin que vous en avez rien à f$&tr# de leur magasin… à ce moment, d’autres indiens prendront leur place et ainsi de suite…

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La section « boucherie » est particulièrement impressionnante; toutes ces chèvres en vie et mortes l’instant suivant, tous ces tas de pattes et de têtes, la même chose pour les poulets… tout cela dans un très vieil entrepôt digne du plus macabre « Massacre à la tronçonneuse ». Une seule chose, n’oubliez pas de respirer par la bouche puisque l’odeur est insupportable.

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En soirée, suivant les recommandations du Lonely Planet (meilleur resto en ville) j’ai proposé à Roark d’aller manger au Peter Cat. Dès notre entré dans le restaurant, on s’est assez vite rendu compte que ce n’était pas du tout un restaurant de backpackers, mais bien un restaurant haut de gamme… bref, nous n’étions pas du tout à notre place; le décor et le personnel était digne des meilleurs restaurant où je suis allé dans ma vie et, bien que c’était marqué en grosse lettre à l’entrée « nous nous réservons le droit de refuser quiconque », nous sommes entré sans problème avec nos vêtements tous croches.

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N’empêche, on a décidé d’y manger quand même puisque ne partons pas en peur, quand je dis haut de gamme, ça aura fini par nous couter à tous les 2 environ 16$ pour 2 repas principal, 2 grosses bières et de l’eau et des petites bouchées gratuites et à volontés (du jamais vu). Nous étions les seuls blancs dans la place et nous étions vraisemblablement entouré de couples et de familles indiennes qui voulaient se gâter en s’offrant une sortie dispendieuse… tandis que pour nous, bien que ca défonçait nos budget, c’était très très très abordable pour la qualité de repas que nous avons eu.

Profitant d’un soleil radieux lors de notre 2ème journée, nous sommes allé au Victoria Monument.

Dans le Lonely Planet, on décrit cet endroit comme étant à mi-chemin entre le Capitol de Washington/USA et le Taj Mahal de Agra/Inde. En lisant ça hier, je trouvais cela un peu exagéré puisque, pour avoir vu les 2 monuments en questions, ce sont des bâtiments dans une classe à part.

Eh bien, à mon plus grand étonnement, le Victoria Monument est très impressionnant et mérite ce comparatif.

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Érigé au début du siècle passé à la mémoire de Victoria, Reine d’Angleterre, et incidemment de l’Inde, durant la 2ème moitié du 19ème siècle, ce monument a semble toute les mêmes dimensions et formes que le Taj Mahal. Ce qui le différencie du Taj est sa hauteur moins prononcée (donc moins impressionnant), mais il se reprend admirablement bien avec un intérieur des plus grandiose (l ‘intérieur du Taj est assez ordinaire). Bref, jugez-en par vous même avec les photos suivantes…

Je fais une parenthèse pour vous dire que Jean-Marc Vallée, québécois ayant réalisé C.R.A.Z.Y. et Café de Flores, a réalisé un très bon film sur la Reine Victoria; « Young Victoria ». Victoria est la mère de George V, Roi d’Angleterre au début du siècle passé (l’excellent film « King’s speech (Le discours du Roi) » raconte son histoire)… et donc grand-mère de l’actuelle Reine Elizabeth (vous pouvez encore la voir sporadiquement à la TV dans ses plus belles robes fleuries).

En plus de pouvoir admirer le monument de l’extérieur et de l’intérieur, il y avait 2 expositions; l’une portant sur l’histoire de l’Inde en photos et en peintures et l’autre portant sur l’histoire de Calcutta…

Certains d’entre-vous sont peut-être en train de se dire « eille chose, depuis le début, tu nous casse les couilles avec le nom Kolkata et là tu parles de Calcutta ». Calcutta était la capitale de l’empire britannique en Inde. Une fois l’indépendance, les indiens ont modifié son nom afin de se distancer de leur ancien « maitre ». C’est ainsi que Kolkata est née.

Qu’est-ce qui a poussé les britanniques à abandonner leur colonie indienne?!? La 2ème guerre mondiale. Au plus fort de la bataille avec les allemands, les britanniques n’avaient plus les moyens financiers et humains de continuer à opérer leurs colonies un peu partout dans le monde. C’est ainsi qu’une grande majorité d’entre-elles ont obtenu leur indépendance.

Tout juste à coté du Mémorial, se trouve l’impressionnante église Saint Paul. Datant de plus de 100ans, elle est entièrement faite de bois et a tout de même la dimension d’une cathédrale. D’ailleurs, la voute est très impressionnante (photo interdite).

Puis, en continuant notre route dans un quartier dit aisé, on tombe sur de petits bidonvilles improvisés sur les trottoirs au pied de somptueux bâtiments.

On entre ensuite dans un centre d’achat shooté à l’air climatisé et nous sommes téléportés en Amérique du Nord pendant un cours instant, comme si l’Inde en dehors n’existait plus.

Après maintenant 2 jours arpenter les rues de Kolkata, un seul et unique constat s’impose; cette ville ne mérite pas du tout la tonne de mauvais qualificatifs entendus son sujet; l’enfer sur Terre, le pire endroit en Inde ou simplement « don’t go there (ne va pas là) ».

En fait, Kolkata est en voie de devenir l’un de mes endroits préféré en Inde. J’adore m’y promener en flânant dans les rues, ce qui n’est pas donné à beaucoup d’autres endroits (peut-être Udaipur, Mumbai et Darjeeling). Les gens n’agissent pas comme des mouches à marde en t’accostant constamment.

Pour être sorti des sentiers touristiques, la ville est quand même très propre et bien organisé. En fait, Kolkata est beaucoup plus près du Paradis que de l’Enfer si on la compare avec beaucoup de ville indienne; Delhi, Mysore, Ahmedabad, Jaipur…

Cependant, ne vous y méprenez pas, je ne conseille à personne de commencer un voyage en Inde par Kolkata… le choc serait terrible. Je suis en mesure d’aimer cet endroit simplement dû à mon « conditionnement » des derniers mois. L’adaptation sera beaucoup plus facile si vous commencez par Mumbai ou dans le Sud de l’Inde.

Le seul vrai conseil que je peux donner à propos de Kolkata c’est de respirer avec votre bouche et non votre nez.

Autrement, si vous allez à Kolkata un jour, je me fou royalement de ce que vous allez y faire… MAIS… vous ne pouvez pas quitter la ville sans avoir mangé un « masala dosa » au restaurant Anang près de l’Esplanade. Plat typiquement du Sud de l’Inde, c’est sans le moindre doute le meilleur endroit pour en manger… et c’est dans le Nord du pays. Comme nous, vous y entrerez une première fois sans attente et vous y retournerez encore et encore… et encore. On m’a dit que le meilleur moyen de mesurer la popularité d’un restaurant est de voir si les indiens le fréquentent, eh bien, à chaque fois que nous y sommes allé, c’était plein et ça faisait la file.

Autrement, levez vos mains ceux qui ont déjà vu un troupeau d’une trentaine de chèvres attendre bien tranquillement derrière un autobus sur un grand boulevard en plein coeur d’une ville. Vous pouvez me croire, l’image est assez spéciale…

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Jour 3 en Enfer… c’est la C A N I C U L E; je me tiens à l’ombre sans bouger et je su comme un porc…

Nous avons fait l’une des plus étranges activités que j’ai pu faire en Asie. À notre arrivé ici, Roark a remarqué qu’un des quartiers de la ville se nommait « Salt Lake City »… le nom de la ville où il est né en Utah aux États-Unis.

Depuis maintenant 3 jours, il n’arrêtait pas de me demander si nous allions pouvoir y aller. En cette matinée de canicule, où marcher relève du suicide, nous avons donc pris un taxi en direction de Salt Lake City.

Vraiment pas convaincu de vouloir faire ce trip au départ, cela c’est avéré une promenade des plus divertissantes. D’une part, nous avons eu toutes les misères du monde à expliquer au chauffeur de taxi que nous voulions faire un tour du quartier et que nous n’avions pas de réelle destination. Une fois à destination, nous étions à la recherche de panneaux ayant Salt Lake City d’inscrit parce que Roark voulait en prendre 1 ou 2 en photo.

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À tout moment, moi ou Roark demandions au chauffeur d’arrêter en catastrophe, Roark sortait du taxi et prenait l’établissement en photo. Vous auriez du voir le visage du chauffeur; à chaque fois, il regardait en direction de ce que Roark prenait en photo (ça pouvait être une banque, un restaurant, l’entré d’un parc… bref n’importe quoi) et son regard était remplis d’incompréhension. Il regardait tout partout pour essayer de comprendre… Il a assurément fini par penser que nous étions complètement fou. Ces moments à regarder le chauffeur se creuser les méninges pour trouver une réponse était un délice à regarder du siège arrière où j’étais.

THE MOTHER HOUSE

Si je vous dit Kolkata/Calcutta, vous pensez à quoi en premier?

« Rien »… euh… bonne réponse, mais ce n’est pas ce que je cherche…

« Mère Thérèsa »… ouiiiiii… mais j’ai vu le petit singe te souffler la réponse, donc je garde la récompense pour moi…

Pour ceux qui ne savent pas de qui je parle, je vous recommande de sortir votre tête de votre c#l de temps en temps et de lire autre chose que des Harry Potter et Twilight de ce monde.

Remis de mes émotions avec le chauffeur de taxi, nous sommes allés visiter les « Missionaries of Charity (Missionnaires de la Charité) », la fondation qu’elle a crée il y a plus de 60ans, et opéré jusqu’à sa mort, pour venir en aide aux pauvres et aux malades de Kolkata et qui compte depuis des missions un peu partout dans le monde.

Morte en 1997, cette Icône de la bonté et de l’entraide possède une aura qui est à jamais associée à Kolkata/Calcutta. Or, savez-vous que même si elle a passé la très grande partie de sa vie en Inde, elle n’est pas Indienne, mais bien originaire d’Albanie (près de la Serbie le long de la mer Adriatique).

« By blood and origin I am all Albanian. My citizenship is Indian. I am a Catholic nun. As to my calling, I belong to the whole world. As to my heart, I belong entirely to the Heart of Jesus (Par mon sang je suis Albanienne. Je suis de citoyenneté indienne. Je suis une Soeur Catholique. J’appartiens au monde entier. Mon coeur appartient entièrement à Jesus) »

Savez-vous qu’elle est loin de faire l’unanimité au sein des Kolkatains (ou peu importe comment ils s’appellent). La ville à très forte dominance hindu et musulmane et beaucoup d’entre-eux n’aiment pas que leur ville soit associée à une chrétienne… Bref, bonjour les accommodements raisonnables…

Pour faire une biographie très brève, elle a quitté sa famille très jeune (je crois qu’elle a fuit, mais ce serait à valider) pour aller en Irlande et entrer chez les Soeurs Loreto. Elle a par la suite été envoyé en mission en Inde, plus précisément à Calcutta, pour ne jamais en revenir.

Voulant se consacrer corps et âme aux pauvres dans les bidonvilles, elle a abandonné les Soeurs pour aller vivre de manière permanente dans les bidonvilles avec les pauvres.

De fil en aiguilles, une organisation s’est construite autour d’elle pour éventuellement se transformer en « Missionnaries of Charity (Les missionnaires de la Charité) ».

Durant sa vie, elle avait délégué toutes les tâches de gestion de la fondation à d’autres pour se consacrer à ce qu’elle aimait le plus; aider les plus démunis… et répondre personnellement aux très nombreuses lettres qui lui était adressé.

Voici quelques phrases importantes prononcés par Mère Thérèsa;

« Peace begins with a smile (La Paix commence avec un simple sourire) »

« We fear the future because we are wasting the today (Nous avons peur du futur puisque nous gaspillons le présent) »

« Intense love does not measure it just gives (L’intensité de l’amour ne se mesure pas, il fait simplement en donner) »

« I am notting but a little pensil in the hands of God (je ne suis rien de plus qu’un petit crayon dans les mains de Dieu) »

Comme Roark l’a si bien dit en voyant sa chambre, et plus spécialement le lit sur laquelle elle a dormi pendant si longtemps, « j’aurais tourné les talons immédiatement si j’avais vu ce genre de lit dans un hôtel, et ce même si je suis un backpacker et que j’en ai vu d’autres ».

Du moment où on franchit les portes de la Mission, jusqu’au moment où on en ressort, on est envahi par une espèce de paix intérieure. On en vient même à oublier le son des voitures et de la rue juste à coté avec le chant de Coeur (des Soeurs chantaient continuellement quand nous y sommes allé) qui nous enveloppait… de quoi conquérir les plus insensibles d’entre tous.

Avant de partir, n’oubliez pas d’aller rendre visite à Mère Thérèsa… son tombeau est exposé dans la salle principale…

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Sur le chemin du retour, nous sommes passé au travers d’un quartier musulman extrêmement pauvre, à la limite de pouvoir être appelé un bidonville. Depuis notre arrivé à Kolkata, on se disait qu’il n’y avait pas autant de pauvreté que partout ailleurs en Inde. J’avais même dit à Roark que je ne comprenais pas pourquoi la Mission était dans ce quartier puisqu’il ne semblait pas y avoir beaucoup de pauvreté tout autour. Eh bien nous avons été frappé de plein fouet par elle à ce moment.

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Nous sommes littéralement allé dans les entrailles de Kolkata et je dois dire que j’en suis particulièrement affecté.

Je vais avoir longtemps l’image de tous ces gens prenant une douche commune en très petite tenue dans la rue près d’un tuyau de canalisation percé… à 2 pas d’un hôtel 5 étoiles avec valet et garde à l’entré.

J’y ai vu beaucoup trop d’animaux mourir, mort ou déjà en pièces détachés (chèvres, vaches, poulet, etc.) durant ce trajet. Je crois bien que je vais m’en tenir à une soupe crème champignon ce soir…

A FERRY TO NOWHERE

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Il y a de ces jours où tu n’as aucune attente et où il ne se passe rien et d’autre où la citrouille se transforme en carrosse. La journée d’aujourd’hui entre dans la seconde catégorie; on avait aucune idée quoi faire, le début de la journée a été très poche, mais par une succession de hasards, nous avons trouvé quelques perles.

Rien pour écrire à sa mère jusqu’à ce qu’on s’approche de la rivière et que je lance à Roark « tiens… des ferrys… et si on en prenait un comme cela au hasard et qu’on tentait de revenir à l’hôtel par la suite?!? ». L’instant d’acheter nos billets que nous étions sur un bateau, qui n’avait rien de bien jeune, vers une direction inconnu.

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Après une promenade sur un pont hors de l’ordinaire, imaginez un pont contemporain qui a été totalement approprié par les indiens, la journée s’est véritablement mise en marche de l’autre coté quand nous sommes tombés sur le « flowers market (le marché au fleurs) »… qui pourrait très bien être considéré comme étant un dépotoir pour certains et je ne leur en tiendrais pas rigueur…

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Notre chemin a ensuite débouché dans le quartier historique de la ville; le quartier des finances avec la bourse de Kolkata… et un des meilleurs street food que j’ai pu manger (vous devez manger un fried idly avant de mourir)… pour finir le tout avec un promenade en tramway qui nous a transporté en terrain connu, à la très grouillante Esplanade (peut-être le rond point le plus achalandé de l’Inde).

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Le reste de l’épisode relate les évènements s’étant déroulé à Kolkata à mon retour du tournage; Voir ÉPISODE SPÉCIAL – Bollywood Baby

JOURNEY ARE MADE BY THE PEOPLES YOU TRAVEL WITH

Aujourd’hui la réalité me frappe en plein visage…

En ce vendredi 12 juillet 2013, 08:20 et 20 secondes… 21… je me retrouve tout fin seul à boire mon thé en attendant mon déjeuner dans un restaurant shooté à l’air climatisé en plein coeur de Kolkata.

Il y a à peine 10minutes, le SUV qui m’avait amené sur les lieux de tournage du film indien auquel j’ai participé hier, m’a redéposé sur Terre… et sur Sudder Street… au même endroit où il m’avait cueillit 36 heures plus tôt.

Alors qu’il y a 2 jours j’étais avec mon éternel compagnon américain, je suis maintenant tout fin seul. En effet, après s’être serré la main et respectivement souhaité Au Revoir et bonne chance, j’avais refermé la porte du SUV pour embarquer dans une aventure complètement débile (film indien), tandis que lui allait prendre un taxi pour l’aéroport en direction de l’Indonésie…

Tout s’est passé beaucoup trop vite pour moi avec le tournage et c’est seulement maintenant que je prend conscience de ma nouvelle réalité.

Depuis 2 mois, nous avions bâti une team d’enfer, un duo de voyageurs qui se complétaient à merveille. Lui était le Bon Cop, moi le Bad Bad Cop (sans surprise… c’est un rôle de composition)… Il négociait le prix des hébergements et moi je m’occupais de dénicher les endroits à visiter et je nous orientais dans les villes (un guide quoi)… Sans avoir jamais été clairement défini comme je viens de le faire, c’était d’un naturel et nous y trouvions chacun notre compte.

Durant 64 jours, nous avons bâti une amitié très forte qui va perdurer. J’ai partagé avec ce gars là tant d’émotions, été placé dans tellement de situations précaires, qu’il me connait probablement mieux que quiconque (psychologiquement parlant… que je vous y prenne à penser croche…).

Je vais surtout m’ennuyer de la face que les gens faisaient lorsqu’il se présentait;

Personne quelconque;
« What’s your name (c’est quoi ton nom)? »

Roark;
« Roark »

Personne quelconque;
« Roa… what?!? (Roa… avec un face pleine de point d’interrogations)

Et Roark qui se lançait dans une grande explication pour clarifier son nom. La plus célèbre; c’est comme le cri du Lion (Roar) avec un K à la fin…

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Tu as dit de moi que j’étais un « natural leader (un meneur naturel) », quelqu’un qui se souci du bien-être des autres et que les autres suivent les yeux presque fermées… comme ce fut le cas durant tout le trek de l’Annapurna… et je te remercie du compliment. Pour ma part, tu es le partenaire de voyage parfait et un enseignant formidable… tu devrais penser à te recycler en professeur…

Depuis toutes ces années à voyager, j’ai toujours dit que j’aimais mieux voyager en solo, tu auras réussi à me prouver le contraire.

AU REVOIR TOI AUSSI KOLKATA

Je suis arrivé à Kolkota à reculons, puisque j’avais peur de tout ce que j’avais entendu à propos de cette ville… et je pars à reculons, voulant voir le plus longtemps possible cette ville que j’ai appris à adorer.

On m’avait décrit Kolkata comme étant l’enfer sur Terre, mais l’apocalypse tant attendu n’a finalement jamais eu lieu. La ville n’est pas tant apocalyptique que surréelle et tout en contraste; Park Avenue est digne des plus grandes rues New Yorkaises où c’est bling bling par dessus bling bling. L’Esplanade est probablement l’endroit qui bourdonne comme nul part au pays, le Victoria Monument dans le Top 5 des plus beaux bâtiments du pays, le Old Market un endroit unique et à la minute où on s’égare un peu, la pauvreté nous frappe au visage… une pauvreté dont je suis malheureusement devenu insensible depuis tout ce temps.

Bref, Kolkata est tout en contraste; un mélange de modernité, de tradition… et d’indienneté. Jour après jour, elle n’a jamais cessé de me renverser.

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Kolkata a supplanté de beaucoup Mumbai dans mon coeur pour ce qui est de ma grande ville indienne préférée. Pour ceux qui sont déjà allé à Mumbai et qui ont adoré l’endroit, cela pourrait être dur à croire, mais croyez-moi. En fait, si quelqu’un m’offrait le choix entre un billet d’avion pour Katmandou ou Kolkata, le choix serait très difficile. C’est tout dire comment cette ville s’est hissé dans le firmament de mes souvenirs…

La nuit dernière, j’étais dans un hôtel tout dorloté avec un tout nouveau coup de soleil dans la face après une journée de tournage et ce soir, je me retrouve dans un wagon de paumé en route vers le trou du cul du monde… avec mon coup de soleil pour me tenir compagnie. Belle façon de revenir sur terre rapidement…

Prochaine destination; Varanasi… mais, c’est pour un autre Épisode.

DO IT LIKE MARIO KART (à la façon Mario Kart)

En discutant avec Roark autour d’une bonne bière, j’ai tout à coup eu l’idée d’organiser une course entre le « moi de maintenant » et le « moi d’il y a 4mois » à l’image du jeu Mario Kart où on pouvait courir contre son fantôme (meilleur temps)… Dans le cas présent, le « fantôme » ce serait le « moi de maintenant », celui qui a développé pleins de trucs pour survivre à la jungle indienne et qui est beaucoup plus calme.

L’idée serait donc de se réveiller dans la même chambre d’hôtel, d’avoir le même itinéraire pour toute la journée et de voir comment les 2 s’en sortiraient.

Go… la journée commence…

1. ÉTAPE DU RÉVEIL

MOI D’AVANT – Je me lève vers 6h et je passe 30min-1h à lire à propos de la ville où je suis, regarder la carte et voir ce que je vais faire de ma journée. Puis, je prend une longue douche, je sélectionne le chandail que je vais mettre aujourd’hui et je vais prendre un bon déjeuner continental américain à mon hôtel (même si il n’est pas bon) avec une tonne d’eau.

MOI AUJOURD’HUI – Je me lève vers 8h, je regarde vite fait quoi faire en ville sans plus en prenant une photo avec mon iphone de la carte de la ville (qui servira à m’orienter… moi et les cartes papiers…), je met le chandail que je met tous les jours depuis…, je sors dans la rue pour trouver un bon resto et je mange un bon déjeuner indien (masala dosa, paneer ou paratha de préférence) avec mon thé masala bourré de sucre.

Résultat préliminaire; le moi d’avant est en avance de 30min

2. VISITE DU LIEU TOURISTIQUE

MOI D’AVANT – Bien que le site est à moins de 2km, je décide de prendre un tuk-tuk/ricksaw, bref une machine à 3 roues et à moteur. Je me fais arnaquer sur le prix, je suis pris dans la circulation et j’arrive finalement à bon port. Rendu au site, on demande un prix exorbitant pour aller à l’intérieur. Je paie le prix, je visite et je suis déçu. Comme très souvent, l’extérieur est super, mais l’intérieur n’en vaut pas le coup.

MOI D’AUJOURD’HUI – Je décide de marcher jusqu’au site, prenant une quantité incalculable de photos en chemin. Une fois rendu là, je ris en pleine face du gars au guichet en lui disant que jamais je ne paierais le prix demandé pour entrer à l’intérieur puisque j’ai été beaucoup trop souvent déçu par le passé. Je fais donc le tour du bâtiment et je prend beaucoup de photos.

Résultat préliminaire; les 2 sont à égalités.

3. RESTE DE LA JOURNÉE

MOI D’AVANT

Je décide de marcher jusqu’à d’autres monuments en revenant tranquillement jusqu’à mon hôtel.

En chemin, des indiens m’accostent sans cesse en voulant me vendre des cossins et je m’entête à leur dire que je ne suis pas intéressé au point d’en perdre patience

Je vois des itinérant, des enfants nus, des vieilles femmes me supplier de leur donner de l’argent et je dis non avec un moton dans la gorge.

Je marche sur le trottoir parce que les rues sont beaucoup trop dangereuses. Il me faut un bon moment pour passer chaque intersection…

MOI D’AUJOURD’HUI

Je décide de faire le chemin du retour en flânant dans les rues et en croisant par hasard des monuments d’intérêts.

Je marche dans les rues indienne comme on marche dans un champ; je me faufile entre les voitures et je ne marche que très rarement sur le trottoir, tout cela sans aucun stress parce que je sais que même si la circulation est complètement anarchique (le mot n’est pas assez fort) les conducteurs ont des yeux tout le tour de la tête. En amérique, je n’oserais jamais faire ce que je fais ici puisque bien que la circulation soit ordonnée, les conducteurs ne pensent qu’à leur petite personne et ne se soucie pas des autres.

Des indiens veulent me vendre des cossins, mais je les ignores complètement ou je leur dit une seule fois « no thank » sans jamais me détourner…

Je vois la pauvreté autour de moi, mais depuis le temps, je crois avoir pas mal tout vu et je me suis malheureusement bâti une carapace.

4. FIN DE LA JOURNÉE

Au final, le moi d’aujourd’hui est arrivé au bar de l’hôtel (ligne d’arrivé) depuis un bon 2 heures bien relax et content de sa journée, quand le moi d’avant arrive tout en sueur, avec plusieurs cheveux blancs de plus sur la tête et complètement traumatisé de ce qu’il a vu dans la journée.

Je lui dit alors « ne t’en fait pas kid, ca va aller… je suis passé par la moi aussi »… en lui montrant mes cicatrices.

Catégories : Inde
Publié par Nicolas Pare le 21 juillet 2013
3 Commentaires Poster un commentaire
  1. 07/25/2013
    Francis

    On va peut -être finir par faire quelque chose avec toi 😛

    Réponse
  2. 07/25/2013
    Francis

    Ton truc d’animaux/marché, ça ressemble étrangement a un Souk Marrocain. J’avoue que l’odeur est particulière dans ces endroits là…. surtout dans les coins boucherie…

    Réponse
  3. 07/29/2013
    J.Mance

    J’aime beaucoup te lire et surtout la fin de son récit, le moi d’avant et le moi d’aujourd’hui. Je suis certaine que le moi d’aujourd’hui va revenir avec disons la tête pleine de souvenirs heureux et aussi douloureux. Mais tu vas nous revenir changer en tout point. Bravo xxxx

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