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Épisode 19 – Varanasi; la cité des Morts

Bon… c’est moi qui lui ait donné ce nom, mais il faut savoir qu’elle est plutôt appelée « City of Life (La Cité de la Vie) »… Peu importe…

Voilà ce que mon Lonely Planet avait à dire à propos de ma prochaine destination;

« Brace yourself. You’re about to enter one of the most blindingly colourful, unrelentingly chaotic and unapologetically indiscreet places on Earth. Varanasi takes no prisoners (Vous êtes sur le point d’entrer dans l’un des endroits les plus colorés et chaotiques du Monde. Varanasi ne prend pas de prisonniers…) »

V A R A N A S I… l’une des plus anciennes villes du monde. Elle est habitée depuis que les hommes ont commencé à se regrouper en village.

Après 14h dans ma prison de fer,
j’étais arrivé à destination.

J’ai eu mon premier coup d’oeil en traversant un pont au-dessus du Gange tout juste avant d’arriver en gare; une tonne de vieux bâtiments amassés en un gros tapon sur 5-6km de la berge Est du Gange. Du coté Ouest de la rivière, c’est le calme plat; une forêt presque à l’état vierge.

Parlons-en du Gange; c’est l’un des plus long fleuve au monde, il prend sa source dans les montagnes himalayennes, pour ensuite traverser d’Ouest en Est le Nord de l’Inde et finalement aller se jeter dans l’océan Indien un peu au Sud de Kolkata. Ce cours d’eau est sacré pour les indiens, particulièrement les Hindus… mais entre vous et moi, je n’y poserais même pas le pied dans un cauchemar. En clair, il est pollué comme jamais un cours d’eau ne pourra l’être dans le Monde entier. Cela étant dit, il est utilisé à toutes les sauces par les indiens; bain, lavage de vêtements, cimetière, pêchey et poubelle…

Je m’attendais donc à voir une rivière complètement dégeulasse avec des cadavres et des vidanges partout.

La réalité a été tout autre… oui l’eau est très brune et ne donne pas vraiment envie d’y mettre les pieds, mais mis à part cela, le Gange semble être une rivière comme les autres. Son niveau actuel est présentement très haut en raison de la moisson et est à peu près aussi large que le fleuve St-Laurent à la hauteur de Québec.

Une fois sorti de la gare, la ville est complètement chaotique, mais plus on s’approche de la rivière et plus ça se calme. Ça, c’est parce que j’ai décidé d’aller à un hotel un peu en retrait de l’action… si vous vous dirigez dans la vieille ville, ce sera une autre histoire.

En fait, j’ai probablement trouvé le paradis au beau milieu de l’enfer; le Sani River View Guesthouse.
Situé près du Gange à 2 pas du Assi Ghat, il faut prendre une multitude de petites ruelles s’apparentant à un labyrinthe, mais le prix en vaut la chandelle.

Laissez-moi vous aider un peu; en quittant la rue principale, vous tombez sur Quéquette road, une rue étroite avec un temple surplombant les arbres tout au bout. À ce moment, si vous ne voyez pas un ou plusieurs indiens pisser sur un des murs de briques rouges, c’est que vous vous êtes trompé d’endroit. Retournez sur la route principale et refaite l’exercice jusqu’à ce que vous trouviez le bon chemin. Ensuite, la parti facile commence, vous tournez à droite, puis à gauche, passez la grosse vache pleine de mouches, puis à droite. À ce moment, vous devriez êtes complètement perdu… c’est très bien puisque cela veut dire que vous touchez au but. Retournez sur vos pas… attention à la bouse de vache… puis tournez sur l’autre droite et TADAM, vous êtes rendu. Facile non?!? Ne reste plus qu’à éviter de rentrer saoul en plein milieu de la nuit…

L’auberge est sans aucun doute le plus bel endroit où j’ai résidé jusqu’à maintenant en Asie. J’ose même le qualifier de havre de paix… tout en étant l’un des meilleurs rapports qualité/prix de mon voyage. En prime, c’est à quelques mètres du Gange et il y a un toit-terrasse qui surplombe les autres bâtiments. Seule chose qui pourrait me rendre plus heureux, des crochets dans les chambres…

Après une visite éclair de l’environnement bâti autour de mon hôtel, c’est-à-dire le Assi Ghat sur les berges du Gange et une brève, mais efficace, mémorisation de comment me sortir du labyrinthe de rues plus étroites les unes que les autres, quelques constat s’impose; c’est très tranquille et l’endroit incite à la réflexion.

Cependant, à la minute où tu t’approche trop près du Gange, un indien va t’approcher pour t’offrir… ou plutôt insister pour t’offrir une promenade en bateau. Sinon, un « pharmacien » voudra vous vendre tout ce qui existe comme drogue sur Terre. La d’entre-eux parlent très bien anglais… mais ils ne comprennent pas le mot « non ». Tu te débarrasses de l’un d’eux simplement pour en gagner un autre.

Ahhh… aussi, il y a de la merde d’animaux PARTOUT dans les rues gracieuseté des nombreuses vaches en libertées (il est donc hors de question d’écrire sur mon IPhone et marcher ici). Qu’est-ce qu’une tonne de bouses de merde apportent avec elles?!? Une quantité incalculable de mouches à merde (grosses mouches noires). C’est marqué « ferme ta bouche quand tu marches dans les rues »…

Jusqu’à ce que je quitte Varanasi, j’ai donc fait le choix de respirer par le nez; j’aime beaucoup mieux respirer une odeur de merde toute la journée, qu’avaler des mouches… la dernière chose que je voudrais ce serait d’en avaler une…

Ayant ma dose de merdes et de mouches pour aujourd’hui, je rentre à mon hotel, je me met en chess, je monte sur le toit terrasse et je glande en regardant le ciel se coucher sur une journée trop longue à mon gout… Le tournage d’il y a 2 jours, jumelé à une mauvaise nuit dans le train a fait en sorte de vider mes batteries.

Bon, allez… Dodo… On se reparle demain c’est promis…

Ok, je vous dérange encore une fois aujourd’hui…

Alors que j’étais dans les bras de Morphée depuis un bon moment, j’ai entendu de la musique festive en provenance de l’extérieur.

Au départ, je pensais que c’était dans mes rêves, mais ça a pris de plus en plus d’ampleur. Je me suis donc empressé de sortir sur le balcon… pour contempler une scène que je croyais unique au Mardi Gras de la Nouvelle-Orléans; il y avait une centaine d’indiens qui célébraient dans la rue, chacun étant vêtu d’un costume plus farfelus que les autres.

Parmi eux, une vingtaine avaient des instruments, principalement des tambours, et il y avait aussi un trompettiste, un saxophoniste et un flutiste. Une vingtaine d’autres portaient sur la tête des lumières qui scintillaient (comme dans les fêtes foraines). À la queue de la parade se trouvait une voiture et 4 chevaux blancs recouverts d’une multitudes de fleurs rouges. J’en ai donc déduit que c’était un mariage… et ils m’ont donné raison quand un homme et une femme habillés en couple royal sont sortis; l’homme habillé en véritable sultan avec son costume d’un blanc immaculé et son turban de couleur et la femme habillé comme Cherazade dans les Milles et une Nuits.

Le tout donnait quelque chose de très festif. Ça me donnait même envi d’aller danser et célébrer avec eux… c’est tout dire pour quelqu’un qui déteste danser. Je vous le dit tout de suite, si je me marie un jour, j’invite un nombre restreint de gens et on prend un avion pour Varanasi afin de célébrer le tout à la manière locale… alcool et cigares en plus… et on fini la soirée en se jetant dans le Gange… euh.

Les HINDUS, Le GANGE et la MORT

Pour une première fois depuis je ne sais plus quand, j’ai décidé de me lever tôt (5h) ce matin pour admirer le lever du soleil. Malgré la mousson, le ciel était clair et j’ai pu admirer le soleil qui se levait de l’autre coté de la rive (Varanasi est fait sur mesure pour les lever de soleil).après 1h à voir un ciel passer d’une petite lueur, à une teinte rosé, puis au jaune classique, le ciel s’est complètement couvert d’une mince couche de nuages faisant en sorte de diffuser la lumière uniformément, comme si le ciel s’embrasait l’instant de 3-4h… j’ai
répété l’exercice le lendemain matin pour avoir un résultat identique…

En prenant mon petit déjeuner sur le balcon de l’hôtel par la suite, j’attendais que Roark se lève pour aller marcher en ville. Disons que j’étais un peu beaucoup confus… et que j’aurais attendu longtemps si je n’étais pas sorti de la Lune… puisque je voyage en solo depuis maintenant 4 jours…

Les batteries bien rechargées, j’entreprend de marcher Varanasi aujourd’hui, c’est-à-dire de longer la rive à partir de l’endroit où je me trouve (Sud), en montant le plus haut possible. Mon but; voir le plus grand nombre de Ghat possible…

Qu’est-ce qu’un Ghat?!? Comme partout ailleurs en Inde, les indiens ont construit des espèces de bains publiques, plus précisément, des marches qui descendent dans le Gange. Ils se servent des Ghats pour faire tout ce qu’on peut faire avec de l’eau; se baigner, se brosser les dents, ch!er, etc. Bien que la très grande majorité de ceux-ci servent uniquement de bains publics, certains se spécialisent dans la crémation des morts.

Comme le Gange est la rivière le plus sacré du pays, ces Ghats sont parmi les plus importants au pays. Il faut aussi savoir qu’un bon 70-80% de la berge de Varanasi est occupée par un Ghat, il y en a plus de 30.

Quand la ville n’est pas en période de mousson et que le niveau du Gange est bas, il est possible de se promener d’un Ghat à l’autre sans même avoir à aller dans la ville, simplement en se promenant sur les berges. Comme ce n’est pas la cas présentement, je vais devoir naviguer dans un labyrinthe de petites

Peu importe, il est difficile de s’y perdre puisqu’à la minute où tu veux retrouver ton chemin, tu n’as qu’à cramper vers la droite (si tu monte vers le Nord) ou vers la gauche (si tu descend vers le Sud) et tu tomberas inévitablement sur le Gange.

Pour ma part, la stratégie est simple; pour me sortir du labyrinthe et voir le plus de Ghat possible je vais suivre les ruelles en prennant toujours l’option qui me conduit le plus à l’Est et si ce n’est pas possible, vers le Nord.

Lors de ma promenade, chaque détour me réservait une nouvelle surprise; temple souterrain, bâtiments construits il y a des siècles, temples hindus, temples jains, temples bouddhistes, une vache, un troupeau de vaches, une tour d’eau sur la rivière et offrant une vue inespérée de la ville, des chèvres, des jeunes qui jouent dans des ruelles plus petites que mon cul, une tonne des vaches prenant un bain dans le Gange. Seule constante, encore et toujours de la merde… PARTOUT.

Cela ne faisait pas plus de 10min que je marchais, principalement à l’ombre, et je suais déja à grosse goutte toute l’eau de mon corps. L’idée de faire une insolation ne m’avait jamais passé par la tête depuis le début de ma vie, mais là, sans même connaitre les causes, j’étais convaincu que tous les ingrédients étaient au programme de ma journée. Je devrais donc redoubler de vigilance et boire une quantité industrielle d’eau… à défaut de pouvoir me baigner dans le Gange comme tous les indiens que je croise. Par quelques fois, j’ai senti que j’allais perdre conscience (les yeux me sont tournés, mais sans plus…

Et puis tout à coup, le moment tant attendu est arrivé; je suis tombé sur un Ghat procédant à des rites funéraires (crémation)…

Le Harishchandra Ghat est le 2ème plus gros Ghat procédant à des rites funéraires à Varanasi. Quand j’y suis allé, il y avait 4 tas de bois sur le bord de la rivière; 2 d’entres-eux étaient complètement brulés, sur le 3ème, il y avait un corps au 3/4 calciné (on pouvait clairement voir ses jambes intactes sortir du linceul), et c’était le début de la cérémonie pour le 4ème.

Ils ont tout d’abord fait un gros tas de bois, ont déposé le corps sur le dessus, ils ont recouvert le corps de bois, ont ajouté de l’essence, un peu de paille et ils ont foutu le feu. Puis, le brasier a prit feu… D’où j’étais, j’ai reçu quelques cendres dans la face… Bon, si ce qu’on dit à propos de la nourriture en Inde est aussi vrai pour les morts, à savoir que si c’est chaud et que ça a cuit un peu c’est sans danger, je devrais être ok…

Pour ceux qui aurait voulu voir des photos, sachez qu’à la minute où vous sortez un appareil photo ou un cellulaire (je voulais simplement écrire sur mon IPhone), une tonne d’indiens vous font savoir qu’il est très mal vu de prendre des photos de la cérémonie.

C’était alors le temps de continuer ma découverte de Varanasi. TOUT est photogénique. Si je ne m’étais pas retenu, j’aurais près des photos à chaque fois que mon regard se portait dans une nouvelle direction.

Aussi, j’ai l’impression que si j’avais visité l’endroit il y a 1000ans, l’endroit aurait ressemblé à ce que j’ai devant les yeux… scooter en moins

Après la visites de plusieurs autres Ghats, je suis finalement retrouvé au principal ghat de crémation en fin de journée; le Manikarnika Ghat. L’expérience fut totalement différente de l’autre Ghat de crémation où je suis allé en début de journée; celui-ci est gigantesque… et quelqu’un m’a expliqué tout le processus de la Mort chez les Hindus.

Tout d’abord, la ville de Varanasi représente quelque chose pour toutes les religions en Inde, mais si il y a 1 ville sainte d’entre-toutes pour les Hindus, c’est Varanasi.

À partir du moment où la personne rend l’âme, la famille du défunt lui fait 5 massages; un massage au Beurre, l’autre au Miel, un autre au Lait, un à l’huile de moutarde et un dernier au yogourt. Ce processus vise à honorer et libérer les 5 éléments à partir duquel le corps est fait; l’Eau, le Feu, l’Air, l’Esprit et le Ciel. On ne ri pas dans la classe… c’est très sérieux. Je dois avouer que lorsqu’il a prononcé le dernier massage au yogourt, j’ai eu un sourire en coin…

La famille enveloppe ensuite le corps dans un tissu de coton blanc pur et lui donnent des présents (ils lui mettent des ornements… comme on ferait pour une momie).

Après ces étapes, le corps est fin près à être transporté jusqu’au Ghat pour la crémation. Note importante, le corps doit être acheminé dans les 2 à 10heures suivant sa mort. Passé ce délai, le mort ne pourra pas être « crématoré » au Ghat.

Tout au long du trajet, la famille transporte le corps en chantant des Shakra (chansons en l’honneur du défunt).

Je ne répéterais pas ce que j’ai déjà dit plus tôt à propos de la préparation une fois au Ghat (tas de bois, etc.), ce qu’il faut savoir est que c’est la famille qui s’occupe de bruler le corps… et seulement les hommes peuvent s’en charger. Si c’est le père qui meurt, ce sera le fils ainée qui devra allumer le feu, et ce sera au plus jeune fils que la tâche incombera dans le cas de la mère.

Pourquoi bruler le corps à proximité du Gange?!? C’est une très bonne question Francis… je sens que tu la question te brulait les lèvres depuis un bon moment… contrairement à ta soeur qui dort dans le fond de la classe…

Eh bien, c’est très simple… le feu (crémation) est le dernier « bain » que la personne va prendre sur Terre et le feu est sensé libérer le Corps de l’Esprit.

Après 20min de cuisson, celui qui a allumé le feu doit ouvrir le coton au niveau de la bouche pour donner 3 dernières gorgés d’eau au défunt.

Après 2h sur le feu, celui qui a allumé le feu doit prendre un bâton de bambou afin de briser le crâne du cadavre. De ce fait, il libère l’Esprit du Corps.

Après 3h, il n’est pas sensé rester autre chose que les os. Ceux-ci sont alors jetés dans le Gange.

Voila… vous en savez désormais autant que moi…

Ahhh, j’sllais oublier certains détails;

– Dû à l’essence de bois employée pour faire les monticules de bois, le défunt ne dégage aucune odeur noséabonde losqu’il brule.

– Les Ghats crématoires fonctionnent 24h/24, 365 jours par année. Chacun des Ghats peut bruler entre 200 et 300 personnes par jour.

– Seulement les personnes mortes de manière naturelle peuvent être « crémataté » tel que je l’ai décrit ci-haut. Quelqu’un qui meurt d’un accident quelconque, où qui se fait tuer, n’ait pas accepté. Ahhh… si vous mourez d’une morsure de Cobra (les autres serpents c’est OK) ou si vous êtes Lépreux, le même sort vous attend. Il y a une machine électrique spéciale (four) pour eux. Pourquoi?!? Aucune idée…

– Les enfants morts en bas de 12ans ne sont pas brulés, ils sont simplement attachés à une grosse roche et tirés dans le Gange. Pourquoi cette infâme procédure. Tout simplement parce que leur esprit n’a pas besoin d’être séparée de leur Corps. Pourquoi?!? No sé… faites dont vos propres recherches pour une fois héhé… je sais seulement que je n’ai pas vraiment envi de faire de la plongé sous-marine dans le Gange à la hauteur de Varanasi et en amont… ou aval… bref, celui qui veut dire « après ».

– Pas besoin d’être Hindu pour se faire bruler. Moyennant 10000-12000rs (100-140$), vous pourrez vous aussi vous y faire incinérer (ça en coute 300-400rs pour un indien). C’est donc dire que tu peux te faire bruler à Varanasi et te faire pitcher dans le Gange ensuite…

– Pour ceux qui demeurent trop loin et qui veulent finir leur jour… euh… mort dans le Gange, et pour les sans-abris, il existe une hospice pour homme et une pour femme à proximité du Ghat. Vous allez donc pouvoir mourir en paix sachant que vous serez brulé vif et garoché dans le Gange tout juste après votre mort.

Fin de la leçon… Le soleil commence à se coucher et je suis bien loin de mon hôtel. Loin de moi l’idée de marcher dans ces rues la nuit tombée… et hors de question de prendre un tuk tuk.

Ayant fait le chemin du retour dans un temps record, je me suis buté sur 2 grosses vaches qui bloquait la seule porte cochère donnant accès à mon hotel. Après avoir tenté de les faire bouger en vain… j’ai sorti mon habit de coureur de « 100m haies » en priant le ciel qu’elles ne se tournent pas la tête au moment où j’allais sauter par dessus elles… j’en aurais été du pour un bon coup de corne…

Bilan de la journée; pour marcher dans Varanasi, il faut accepter de se mouiller (sueur) et de se salir (j’ai les jambes toutes séchées et multicolore et j’ai recu plein de choses sur la tête). Un merci tout spécial à l’$sti de f&lle qui m’a pitché du liquide blanc sur les jambes. Le liquide ressemble comme 2 gouttes d’eau à du crémage à gâteau… ou du goano. Je n’ai pas arrêté de me dire que c’était la première option, mais je n’ai pas osé gouter.

EUH… QUOI?!?

Mon réveil lors du jour 3 fut brutal. Allant voir le manager pour commander mon déjeuner il m’a tout bonnement lancé « … and don’t forget the check out is at 11h (… et n’oubliez pas que le check out est à 11h) ».

?!?

Euh… Pourquoi tu me dis ça aujourd’hui?!? J’ai réservé ma chambre pour 2 autres nuits hier. Un peu embêté, il a cherché dans ses papiers pour me revenir bredouille quelques minutes plus tard. Il appert que l’information s’est perdue (c’était un autre que lui à la réception à ce moment) et il a entretemps réservé ma chambre pour ce soir… et l’hôtel est plein…

Un peu beaucoup en panique et ne sachant pas trop quoi faire, je me suis assis tranquillement pour faire le point;
Fait 1; je dois me trouver un autre hôtel,
Fait 2; le ciel n’annonce rien de beau pour aujourd’hui,
Fait 3; j’ai de la misère à supporter ma peau tellement il fait chaud et humide ici,
Fait 4; bien que j’aimerais visiter quelques autres lieux en ville, j’ai vu tout ce que je voulais vraiment voir…

Bref, vous me voyez surement venir comme un éléphant dans un magasin de porcelaines; j’ai décidé de lever les feutres de Varanasi et de continuer mon chemin.

Je quitte donc Varanasi dans des circonstances un peu bizarres… mais bon, c’est ça la vie de backpacker… et croyez-moi sur parole, j’ai déjà vécu bien pire…

Heureux hasard, hier soir j’ai fait toutes les recherches pour me rendre jusqu’à Chandigarh, ma prochaine destination (trains à prendre + localisation de quelques hôtels intéressants) Je n’étais donc pas entièrement pris au dépourvu…

J’ai donc packté mon stock en vitesse pour me rendre à la gare en espérant avoir une place. J’étais très confiant puisque pour me rendre à Chandigarh, je devais tout d’abord prendre un train de jour (il n’y a aucun problème à booker les trains de jour à la dernière minute) jusqu’à Lucknow et enchainer avec un train de nuit jusqu’à destination. Le pire qu’il pouvait m’arriver serait de ne pas avoir de billet pour le train de nuit aujourd’hui et de devoir passer une nuit à Lucknow, ce qui ne me dérangeait pas trop…

Malgré ce petit anocroche, je vous recommande à 200% cet hotel pour l’accueil, le service, la qualité des chambres, ses nombreuses terrasses offrant de superbes vues sur la ville, sa proximité avec le Gange, son emplacement un peu à l’écart et parfait pour se reposer et la nourriture; prenez la grosse portion de Thali pour souper… tout fond dans la bouche et si vous avez encore faim après, je vous paie autre chose. Cependant, réservez à l’avance… Le manager m’a fait comprendre que j’avais été très chanceux d’avoir une chambre en me pointant à l’improviste et notez bien qu’il n’y a pas de basse saison à Varanasi… même en temps de mousson, la ville est pleine à craquer de touristes.

Constat de mon séjour à Varanasi; si l’Enfer et le Paradis existent sur Terre, je crois qu’ils sont tous les 2 à Varanasi. C’est à coup sur l’endroit le plus Hors de l’Ordinaire où j’ai pu aller depuis 4mois. On se croirait transporté 1000ans en arrière. Je suis bien content d’avoir le bagage d’expérience que j’ai présentement pour apprécier l’endroit à sa juste valeur. Il faut savoir que n’eut été de ma panique en arrivant à Delhi, j’étais sensé venir ici tout de suite après être arrivé en Inde… ça aurait été une expérience tout autre et assurément très traumatisante.

Si Kolkata m’a surpris et émerveillé, Varanasi est comme un feu d’artifice qui part dans toutes les directions et en met plein la vue. Si je savais ce que voulais dire « flabergasté », eh bien je crois que je le serais…

Pour ceux qui envisage de venir à Varanasi un jour, j’ai un bon conseil pour vous. Il fait TRÈS chaud ici. Avant de prendre un hôtel, assurez-vous que l’établissement à une batterie de secours. Votre bel air climatisé ou votre ventilateur ne vous sera d’aucune utilité durant les trop nombreuses pannes quotidiennes…

PIRE TRAIN EVER

À mon arrivé à la gare, je me suis rendu compte que j’avais été un peu trop confiant.

Le train que je voulais prendre quittait dans moins de 2h et j’ai appris qu’il était impossible de booker un train moins de 4h à l’avance. J’ai beaucoup d’expérience avec les trains de nuit, mais j’ai pris seulement 1 train de jour en Inde jusqu’à maintenant… et c’était il y a 4 mois. Le seul recours qu’il me restait était de prendre un « open ticket »; je peux entrer dans le train, mais que je n’ai pas de place assignée. Je vais donc m’assoir où il y aura de la place.

Voulant faire 1 pierre 2 coups, j’ai aussi booké mon train de Lucknow à Chandigarh pour demain soir. Je vais donc coucher à Lucknow ce soir et y passer la journée de demain.

Une fois le train pour Lucknow en gare, j’ai commencé à courir comme un déchainé de wagon en wagon afin de trouver un siège libre ou m’assoir… sur chaque wagon, tous les sièges sont affichés avec le nom de la personne qui l’a réservé… c’est une expérience dont je me serais passé volontiers.

Au final, j’ai trouvé un siège non occupé, mais je n’étais pas le premier arrivé. Je me suis donc retrouvé à le partager avec une vieille femme. Pour 2$ le trajet de 5h (au lieu de 10$) disons que je n’avais pas trop à chialer…

LUCKNOW

Lorsque j’étais à Darjeeling, j’étais en territoire bouddhiste… À Kolkata, la diversité ethnique est reine… Quelqu’un qui ne sait pas que les Hindus règnent en Roi et Maitre à Varanasi n’a tout simplement pas lu mon épisode attentivement… Eh bien, croyez le ou non, c’est maintenant au tour des musulmans d’y passer. Tout à Lucknow est musulman; l’architecture, la nourriture, les femmes…

Vous pouvez ranger les fusils, il n’y a pas d’extrémistes à l’horizon. En chemin vers ma guesthouse, j’ai même dû m’arrêter durant 15min avec un groupe de jeune qui voulait à tout prix me serrer la main…

Après avoir enduré mon mal toute la journée sans dire un mot dans le train, je suis tombé sur une guesthouse qui ressemble au paradis.

Quand j’ai fait un peu de recherche sur les accommodations de Lucknow, j’étais tombé sur une auberge qui semblait plus vrai que vrai. Pousse, mais pousse égale que je me disais très beaucoup sceptique… on verra bien une fois sur place…

Eh bien, tout ce qui est dit sur Trip Advisor (selon moi, c’est le meilleur site pour la recommandation d’accommodations) est VRAI. De tous les endroits où je suis allé, c’est celui qui ressemble le plus à une auberge jeunesse comme on se les imagines en Europe et en Amérique. Vous ne voudrez plus repartir comme c’est mon cas présentement.

Malheureusement, je dois prendre le train demain puisque mon billet a couté très cher (dernière minute et il ne restait que des classes supérieures) et qu’il est non remboursable (la totalité des types de billet de train sont remboursables, sauf les Tadkal… qui veut dire dernière minute).

J’ai donc profité de ma seule journée en ville à fond… en prenant un tuk tuk jusqu’à l’autre bout de la ville, où se trouve les principaux monuments historiques, et je suis revenu à pied, non sans peine (chaleur) jusqu’à mon auberge.

Au menu, un grand nombre de mosquées et autres bâtiments musulmans… mais à un certain moment je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de courir dans toutes les directions à chaque fois que je voyais une tour puisque ma journée ne finirait jamais (les tours, tourelles, minarets, etc. sont typique de l’architecture musulmane).

Désespérément en quête de nourriture… et d’une pharmacie pour m’acheter de la crème solaire, mais bon, c’est une autre histoire… je suis alors tombé sur la rue principale. Longue de quelques kilomètres, j’oserais dire que cette rue est unique en Inde. Avec son style Art-Deco, tous les bâtiments sont d’un beige douteux et toutes les affiches sont faites d’un lettrage blanc sur font noir. Il y a définitivement des règlements d’urbanisme ici… une première en Inde.

J’ai la très forte impression qu’aujourd’hui était la plus chaude et humide journée de mon voyage. Comment vous décrire le feeling que j’ai ressenti toute la journée… j’ai une idée… en fin de semaine prochaine, rendez-vous au Gite du Mont Albert dans le parc des Chic Choc en Gaspésie… passez l’accueil sans dire un mot pour vous diriger dans les escaliers… descendez au sous-sol et entrez dans le sauna. Ajoutez ensuite 1 ou 2 tasses d’eau sur le feu et vous aurez une petite idée de la température ici présentement…

P.S. Depuis mon retour en Inde, j’ai décidé de m’amuser un peu en jouant la même « Game » que les indiens… à savoir leur tomber un peu sur les nerfs. De temps à autre, lorsqu’un Grand Talent se met à me fixer comme si j’étais un martien (donc tout le temps), je me met à le fixer sans dire un mot durant 2-3-5 voir 10 minutes, et ce, même si ils ont arrêté de me fixer depuis. J’adore voir la réaction de ces demeurés; bien souvent ils ne savent plus du tout quoi faire et en quelques rares fois, ils partent…

Autrement, quand je me promène dans les bazars et qu’un bozo m’accroche pour ne plus me lâcher, voulant à tous prix que j’aille visiter son €st! de magasin, je me tourne vers lui et je lui demande le plus sérieusement du monde « The only thing I really want to buy is NOTHING… if you sell nothing, I’ll go to you shop right now (la seule chose que j’ai vraiment l’intention d’acheter c’est RIEN… si tu vends rien, je vais aller à ta shop sur le champ) ».

PHOTO À VENIR… pas juste cela à faire héhé

Épisode Spécial – Bollywood Baby

Tout d’abord, voici un bref récapitulatif des évènement qui ont conduit à ce que je joue dans un film…

Roark et moi étions à prendre une bière bien tranquillement en fin de journée dans un hôtel tout près du notre, quand une française, parlant un anglais très cassé, est venu nous interrompre…

Elle travaillait pour un agent de casting indien et cherchait un homme blanc d’environ 33-34 ans pour jouer dans un film de Bolywood.

Sans hésiter, Roark, qui a une formation d’acteur et qui est agé de 33 ans, lui a montré son intérêt. Cependant, le film allait être tourné 2 jours plus tard et il prenait l’avion dès demain pour Bali… donc Game Over

Pour ma part, je fut très lent à réagir (elle avait demandé un gars de 33-34ans)… puis, quand Roark eut renoncé, je me suis dit « a ta peu… même si j’ai seulement 28ans, tout le monde me prend pour un gars de 34-35ans… Et si je tentais ma chance ». J’ai alors démontré mon intérêt…

1 heure plus tard, toujours au même bar, où je tentais tranquillement mais surement de boucler mon Épisode 15 à propos de l’Annapurna (tous mes temps libres y passent… par temps libres j’entends le temps que je ne passe pas à dormir, voyager ou boire), la fille revenait avec le responsable du casting pour discuter un peu;

[…]
Indien – « tu sais monter à cheval? »
Moi – « un chameau ça compte tu?!? »
Indien – « Ça veut donc dire non? »
Moi – « c’est exact »
Indien – Il passe un coup de téléphone qui dure une É T E R N I T É pour finalement raccrocher et dire « tu as peur des chevaux?!?
Moi – « Oh que non, je suis près à relever le défi »
Indien – « Deal »

Il m’offrait un role, vraisemblablement de figurant (je n’ai même pas demandé tellement j’étais dépassé par les évènements)… mais tout le monde s’en fou… j’avais l’occassion de jouer dans un film… indien.

Sans plus hésiter, j’ai dit oui sur le champ…

Un véhicule viendrait donc me chercher le lendemain en début de soirée pour m’amener sur le lieu du tournage en dehors de la ville. Je passerais cette nuit là dans un hôtel et toute la nourriture que j’allais prendre serait gratuite et à volonté. Pour couronner le tout, il m’offrait un cachet (j’aurais dit oui même sans cachet).

Que dire de plus sinon que j’étais au Anges… et que Roark regrettait au plus haut point d’avoir un vol à prendre demain soir…

Comme tout bon best buddy qu’il soit, je n’ai pas manqué de lui rappeler que lorsqu’il serait sur le point d’arriver à Bali/Indonésie, je serais en train de tourner un film héhé.

J’avais des doutes quand à savoir si cette histoire de film était véridique… mais ils se sont évaporés à la minute où j’ai vu le SUV supposé m’emmener jusqu’au lieu de tournage…

Je quittait donc Kolkata l’instant d’une journée en laissant derrière moi Roark, mon partenaire de voyage des 2 derniers mois, qui se dirige pour sa part vers l’aéroport.

CEINTURE NON INCLUSE

J’étais donc à bord du plus confortable transport de tout mon voyage en Asie, en direction d’un village un peu au Nord de Kolkata, apparemment très beau, avec une chambre avec air climatisé, nourriture à volonté en tout temps et j’étais payé… Que demander de mieux?!?

On m’a aussi dit que j’était très chanceux puisque je suis tombé sur la seule production des derniers mois et des mois à venir à tourner à l’extérieur de Kolkata dans un environnement extérieur. Mis à part si c’est un film qui se situe dans un bidonville (je n’ai AUCUNE idée de quel genre de film il s’agit), je devrais donc faire 1 pierre 2 coups et visiter un nouvel endroit intéressant au lieu d’avoir passé la journée dans un studio au centre-ville…

Bref, ma vie est très difficile présentement…

Après m’être fait ramasser vers 19h, nous étions embarqué dans un trajet infernal de 4h. Bien installé dans mon fauteuil en cuir, j’ai pu admirer le chauffeur et son pied pesant. C’est la première fois que je vois le compteur d’une voiture indienne dépasser les 100km/h. Généralement, les voitures et bus donnent l’impression d’aller vite, mais dèpassent rarement les 40-50km/h, l’impression de vitesse étant dû au traffic très dense, aux nombreux obstacles (animaux, etc.), à l’état pitoyable des routes et/ou à l’environnement (route étroite en flanc de montagne, etc.)

Ce soir là, ce n’était pas simplement une impression de vitesse; le SUV engrangeait les kms à un rythme effréné en zigzaguant au travers des gros camions et des autres poids lourds sur l’autoroute. Ceux qui me considère comme un chauffeur dangereux pourrait voir ce qu’est un vrai chauffeur dangereux…

I’M GONNA BE A COWBOY BABY

Pour être vraiment chien, je pourrais vous résumer ma journée de tournage ainsi; 3h assis sur un cheval à essayer de faire copain copain, suivit de 6h à être assis à ne rien faire à regarder le tournage… avec en bonus un gros coup de soleil dans la face… mais bon, puisque je vous aimes et que j’adore écrire, je vais y aller un peu beaucoup plus en détails…

La journée allait commencer sur les chapeaux de roues. Après m’être fait réveiller en catastrophe par le costumier vers 9h, tout le reste allait s’enchainer à un rythme effreiné…

En me levant ce matin, ma plus grande crainte était de savoir si je serais capable de monter sur un cheval et de m’y tenir en équilibre. En d’autre mot, j’avais peur que mon Égo en prenne un coup devant une tonne d’indiens. C’est donc complètement insouciant de ce qui m’attendait que je me suis présenté sur les lieux du tournage en compagnie de ma petite équipe personnelle d’indiens; mon guide, mon costumier, mon coiffeur et leurs assistants.

En arrivant sur les lieux, j’ai rencontré le réalisateur et il m’a expliqué mon role; je joue Kelly Hanson (oui oui, je ne suis pas un simple figurant… j’ai un nom héhé), un gentilhomme britannique vivant en Inde au temps de la colonie. Je personnifie le frère cadet de l’acteur principal… un indien au teint vraiment pâle ou avec du maquillage (je n’ai pas osé demander)… que j’appellerais gentiment « mon frère » pour le reste de l’épisode. J’apparais à un seul endroit dans le film, c’est-à-dire au moment où mon frère se remémore un évènement de son passé en ma compagnie…

Je me suis ensuite dirigé vers les chevaux pour piquer une jasette avec le cavalier en chef. Il m’a invité à monter sur mon cheval. Le moment que j’appréhendais était donc arrivé… et puis hop, sans aucune difficulté j’étais sur la bête. Il m’a ensuite expliqué comment « conduire un cheval » et je me suis exécuté avec succès… Ayant réussit à conduire mon cheval avec succès (galot, trot, tourner à gauche, à droite, arrêter et reculer) j’étais convaincu que c’était dans la poche… j’ai refusé son invitation à me pratiquer un peu plus pour descendre au plus vite du cheval. Pas que je n’aimais pas la sensation, mais bon… le costume qu’on m’a fait porter était un peu serré et quand j’étais sur le cheval… comment dire… je ne me sentais plus un homme à part entière… vous ne comprenez pas?!?… j’avais les couilles complètement écrasées… voilà… je l’ai dit… content?!?

Bref, cet empressement à descendre du cheval et mon refus de pratiquer plus longtemps fut ma plus grande erreur et mon amour propre allait en payer le prix plus tard. Après tout, j’avais réussit toutes les consignes que l’entraineur me demandait et ce, du premier coup… grrrr… j’aimerais pouvoir retourner dans le temps juste au moment où je descendais du cheval, me foutre un claque derrière la tête et me dire « eille le cave, remonte tout de suite sur ton cheval et pratique »…

C’était ensuite l’heure de m’habiller. Au menu; 1 paire de bottes de cuir trop petites, 1 pantalon d’époque assez cool, une chemise blanche à froufrou sur le col et les manches, un espèce de foulard de bandit allant dans mon V neck, un jacket noir, un veston noir et une ceinture rouge. Ils ont aussi essayé de me faire porter un chapeau de conquistador, mais heureusement il ne fittait pas. Ahhh… et j’allais presque oublier; une vrai épée dans son fourreau fixée à ma taille.

Après le déguisement, c’était l’heure de la perruque; on m’a foutu 2 perruques sur la tête pour ensuite les coller. Quand j’ai demandé au costumier si ça allait faire mal à enlever, il a répondu « yai yai »… j’espère qu’il n’a pas compris ma question… Fait cocasse, l’un des 2 assistants allait me supplier de lui fournir un visa canadien… Désolé mon beau, mais le seul moyen que je puisse t’aider, ce serait de t’épouser et disons tout simplement que tu n’es pas mon Genre…

 

À partir du moment où je m’étais mis en sous-vêtement 45min plus tot, il m’avait été impossible de voir ma transformation. Une fois le tout terminé, on m’a placé devant un grand miroir pour que j’admire le résultat. Je dois dire qu’à mesure qu’il me tendait un nouvel accessoire à porter et surtout quand ils ont commencé à me mettre la perruque, j’ai beaucoup douté du bon gout du résultat final. Je dois donc admettre que j’ai été très agréablement surpris de me voir dans la glace. Pour ceux qui ont déjà vu le film « Tombstone », excellent western américain datant de la fin des années 80 et mettant en vedette Kurk Russell, Val Kilmer, Bill Paxton, etc., je ressemble comme 2 gouttes d’eau à un membre du groupe des « cowboy », qui terrorise la ville.

Je n’avais pas droit de prendre des photos tout au long de la journée, mais voici une photo que j’ai prise en vitesse juste avant qu’ils enlèvent mon linge et la perruque. J’avais beaucoup plus fière allure en début de journée…

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L’acteur principal est finalement arrivé sur les lieux et réalisateur nous a présenté.

Il nous a ensuite invité à monter sur notre cheval; je me suis alors exécuté sans problème, pour voir l’acteur principal avoir toutes les misères du monde à monter sur le sien et à mettre ses pieds dans les étriers (ils allaient lui fournir un tabouret par la suite)… ce qui m’amusait beaucoup…

La scène où je devais prendre part consistait à galoper tous les 2 en compagnie de 2 gardes, sur un bon 50-100m, pour ensuite s’immobiliser à la vue d’une tribus effectuant un rituel cruel. À ce moment, mon frère et moi argumentons sur la nécessité ou non d’intervenir. Le réalisateur m’a demandé d’improviser des réponses à ce que mon frère allait me dire… au final, je devais être Contre l’idée d’interférer et lui Pour… Ensuite, il est sensé partir au gallo avec les 2 gardes pour stopper le rituel alors que moi je tournes les talons. La scène que je viens de vous décrire durera au plus 30-40secondes dans le film… Eh bien ça a prit 9h à filmer…

Tout le monde était en place et le réalisateur s’est écrié ACTION. J’ai vite déchanté…

Lors de la 1ère prise, mon cheval n’a tout simplement pas parti…

Lors de la seconde, j’ai réussi à avancer, mais je n’arrivait pas à aller à l’endroit désiré.

Lors de la 3ème, j’ai réussi un sans faute… mais mon frère s’est planté…

Les prises se sont ensuite enchainées; 4ème (échec), 5ème (médiocre, mais un succès comparée aux autres, 6ème, 7ème, j’ai perdu le compte…

Bien que j’ai été complètement affreux à cheval, je me console en me disant que mon frère était d’une nullité des plus totales.

Nous étions tellement nul que le réalisateur a décidé de modifier ses plans. Puisqu’il nous avait été impossible de s’arrêter l’un à coté de l’autre durant les prises que nous avions tentées au gallo, nous allions faire un plan fixe de moi et mon frère cote à cote sur nos chevaux pour qu’on puisse avoir la scène d’argumentation…

La scène était complètement surréel; Moi, Nicolas Paré, Homme Blanc voyageant en Asie, étais sur un cheval à argumenter… en anglais… avec l’un des plus grands acteurs du pays… devant une équipe complète (au moins 60 personnes) et full équip (des grues avec caméra dessus, des caméras sur rails, etc.)

Comment je me sentais dans tout cela; anormalement décontracte… Après la première prise, le réalisateur est venu me voir pour me dire que je n’étais pas dans un souper romantique à chuchotter des mots d’amour à ma bien-aimé, mais en train d’interpréter un gentlemen britannique en colère.

Je me devais d’être plus expressif… ce que je fut dès la scène suivante… pour me faire dire de ne pas surjouer (j’avais été trop émotif)…

Ils ont fini par me dire que la discussion serait vraisemblablement coupée au montage. Ils voulaient que je sois expressif en gestes plus qu’en parole; montrer à la caméra que je n’étais pas d’accord avec mon frère d’aller interrompre le rituel, aussi barbare soit-il.

À la 3ème prise, c’était dans la poche, le réalisateur s’est écrié « well done Nicolas (bien joué Nicolas) ».

Au final, j’ai passé 3h assis sur un cheval avec mon déguisement hyper chaud… par un soleil de plomb.

Ce que je ne savais pas encore c’est que ma carrière d’acteur venait de prendre fin à ce moment. On m’avait laissé entendre que je serais dans une scène en fin de journée, mais ça n’a jamais eu lieu. J’ai plutot passé les 6 heures suivantes à regarder le tournage, somnoler dans un camion, me bourrer la face dans le buffet, taquiner des indiens, me faire prendre en photo et ainsi de suite…

Tout cela sous le soleil de plomb avec un accoutrement qui me faisait paraître comme un chien devant passer toute l’après-midi dans une voiture garée dans un stationnement de centre d’achat en pleine canicule et sans vitre baissée (vous comprenez l’idée) .

Bien que j’ai fait le trajet de Kolkata jusqu’ici avec 2 autres « foreigner (étranger) » comme moi, j’ai été le seul blanc sur les lieux du tournage pendant toute la journée (de 9h du matin à 19h).

À un certain moment, la doublure de l’acteur principal s’est mi dans la tête de devenir mon meilleur ami. Au début, c’était sympa; j’ai appris qu’il était cascadeur professionnel et il m’a raconté plein d’anecdotes. Puis, il a commencé à me poser pleins de questions et j’ai fini par lui dire que j’étais un maniaque de cinéma…

Il a donc commencé à me parler du cinéma indien. Il était renversé que je ne connaisse pas l’acteur principal ou encore le réalisateur, 2 célébrités du cinéma indien. Ensuite, il s’est mis à me parler de ses films favoris…

Ayant encore une fin de non recevoir (je n’avais aucune idée de ce qu’il me parlait), il a fini par me demander « i’m not sure you are a real movie fan… ». À ce moment, je suis sorti de l’état végétatif dans lequel j’étais tombé quand il a commencé à me parler du cinéma indien. Comme si j’avais été piqué au vif, j’ai entrepris de lui faire comprendre que personne n’en avait rien à foutre de Bollywood en Europe et en Amérique… et que le seul film « indien » (le réalisateur est britannique, c’est un film hollywoodien, mais l’action se passe en Inde) que j’avais vu avant d’arriver en Inde se nommait « Slumdog Millionnaire (Le pouilleux millionnaire) »… il n’avait aucune idée de quel film je pouvais bien parler. Sa réaction en fut une qui me surprit au plus haut point; il était convaincu que je le menait en bateau et refusait systématiquement de me croire…

Une fois débarrassé de lui, j’ai pu concentrer tous mes efforts sur l’élément qui m’amusait le plus; l’acteur principal. À la minute ou la scène s’arrêtait, une demi-douzaine d’indiens couraient en sa direction avec une chaise, un parasol, des rafraichissements, un journal… et un gigantesque air climatisé et sa batterie (j’ai oublié de dire qu’en plus du soleil qui plombe, l’humidité est dans le tapis)…

Puis, vers 18h le réalisateur est venu me voir pour me remercier d’être venu et me relever de mes fonctions. Tout de suite après lui avoir serré la main, j’ai couru vers la roulotte pour me libérer de cet accoutrement.

Tout au long de la journée, il y avait des agents de sécurité autour du site pour limiter l’accès des senteux… et Dieu sait qu’il y en avait à la tonne. Cependant, lorsque fut le temps de retourner à la roulotte pour enlever mon costume, une masse d’indiens s’est formée autour de moi et m’a suivit jusque là. Je suis donc entré Kelly Hanson, en uniforme de gentlemen, pour en sortir Nicolas Paré, short, chandail sale, flip flop et appareil photo à la main. Parce que oui, j’avais passé toute la journée dans un endroit magnifique sans avoir droit de prendre des photos, mais maintenant que le tournage était terminé, j’avais l’intention de remplir ma carte mémoire. L’endroit était une espèce de plaine inondable avec des champs de riz à proximités et c’était maintenant l’heure du coucher de soleil héhé…

Le plan initial était de retourner à Kolkata dès ce soir, mais j’ai mis mon pied à terre en leur disant que si j’arrivait à Kolkata vers 10-11h du soir, il me serait impossible de trouver un hôtel décent… Mon numéro de chien piteux fut probablement ma meilleure interprétation de la journée puisque je suis présentement à passer une soirée ici au frais de Sa Majesté, pour mettre le cap sur Kolkata dès demain matin en SUV de luxe…

Au final, le traitement fut royal du début à la fin. J’ai entendu beaucoup de mauvais commentaire en provenance de touristes ayant participés à des films à Mumbai, il y a donc 2 alternatives; soit je suis bien tombé, soit ils traitent mieux les touristes à Kolkata.

Au final, après quelques mois, j’ai finalement trouvé le film…

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Nom du film; Jaatishwar

Lieux de tournage; Shantiniketan/Bulpur (Nord-Ouest de Kolkata – 4h de route – à la frontière avec le Népal)

Le film est tout sauf un film de série B. On m’a raconté qu’il avait l’un des plus gros budget de l’histoire du cinéma indien (ça ne s’est pas reflété sur mon cachet héhé), que le réalisateur était une étoile montante de Bollywood et que l’acteur principal était probablement l’artiste le plus connu/riche du Nord-Est de l’Inde…

Voici l’extrait du film en question…

P.S. – Si vous êtes à Kolkata un jour et que vous voulez jouer dans un film indien, vous n’avez qu’à vous tenir au Fairlawn Hotel sur Sudder Street. En plus d’offrir de la bière abordable, les agents viennent pas mal quotidiennement là-bas puisqu’ils sont constamment à la recherche de blanc pour jouer dans leurs films. Ils recherchent constamment des gars qui ont le look d’homme entre 20 et 35ans… Cependant, ne faite jamais l’erreur de manger à cet endroit… la nourriture d’avion passe pour de la grande gastronomie à coté de cela…

P.S. II – Vous vous demandez peut-être comment j’ai pu faire pour publier cet épisode aussi rapidement. Eh bien, passez 6h à ne rien faire sur un lieu de tournage et vous aurez la réponse…

À ne pas manquer dans les prochains jours la parution de 3 autres épisode;

– Épisode 16 – Retour à la civilisation… asiatique (Après trek et fin du voyage au Népal)

– Épisode 17 – Darjeeling Unlimited (retour en Inde)

– Épisode 18 – Apocalypse Please (séjour à Kolkata)

Épisode 18 – Kolkata; Apocalypse Please

Le jour du jugement dernier est arrivé. Enfin, j’ai l’impression que c’est ce qui m’attend à en croire tous les racontars que j’ai entendu à propos de Kolkata depuis 4 mois. C’est donc sensé être le pire endroit en Inde… et donc sur Terre puisque l’Inde est le « pire » endroit sur Terre.

« Much of Kolkata’s rock-bottom accommodation represents a whole new league of nastiness, and where we review such cheapies be aware that we’re usually identifying the least objectionable options rather than making a recommentation; consider putting a mat on the bed to reduce bed-bug bites » – Lonely Planet à propos des hôtels de Kolkata.

Pour ceux qui ont parcouru les livres « La frousse autour du monde » de Bruno Blanchet, eh bien c’est l’un des endroits qu’il a détesté le plus…

Aussi, je m’étais promis à moi même de ne plus remettre les pieds dans une grosse ville indienne et me voila à quelques heures seulement de mettre les pieds dans la seconde plus grande du pays. Il y a cependant 2 différences majeures par rapport à mes aventures à Delhi et Mumbai; j’ai gagné beaucoup d’expérience depuis et je voyage en duo et non en solo.

Bref, la table est mise…

Dans le dernier épisode, j’étais sur la plateforme no.6 de la station NJP tout juste avant de m’embarquer dans le « Darjeeling Mail Express ».

Depuis maintenant 2 mois à l’extérieur de l’Inde, j’avais oublié à quel point les gares sont de véritables zoos… dans lesquels « le grand homme blanc » est le seul animal. TOUT LE MONDE épient tes moindres gestes et beaucoup d’entre-eux te lancent des regards hautains.

À l’extrême inverse, personne ne porte attention aux très nombreux mendiants qui èrent sur les plateformes tels des fantômes. Des familles entières habitent là. En fait, si tu prends le train en Inde et que tu ne vois pas d’enfants nus et/ou des vieilles femmes à moitiés mortes à la gare, c’est que tu n’es pas en Inde. J’imagine qu’en habitant la gare puisque celle-ci leur procure un flot continu de gens à qui demander de l’argent. Il est aussi très courant, de voir de jeunes enfants sauter sur les rails pour ramasser les bouteilles vides, etc.

Le train entre en gare. Tel que dans mes souvenirs, il ne s’est pas encore immobilisé que tout le monde se précipite vers les portes afin d’être le premier à entrer dans cette cage d’acier roulante, puante et humide… sans avoir auparavant laissé les gens à l’intérieur sortir. Belle gang de m@rons.

Autre élément qui me fascine à propos du système ferroviaire indien; pour prendre le train, chaque indien est sur son 31. Quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parlé de l’Inde et qui se présenterait à une gare indienne se penserait en Europe où en Amérique. Il ne pourrait JAMAIS AU GRAND JAMAIS s’imaginer que la très grande majorité de ces gens vivent dans des dompes. C’est comme si les gares étaient un monde parallèle…

La classe « sleeper » (comprenant la classe moyenne inférieure indienne) est telle que je l’avais laissée; crasseuse, barreaux de fer en guise de fenêtres, vendeurs ambulants qui font des allé-retour en criant toute la nuit, ladyboys indiens qui font peur aux indiens naïfs afin de leur soutirer de l’argent… et souris qui te passent dans les pattes. Ce n’est probablement pas la 1ère fois que je l’écris, mais vous n’avez pas vraiment expérimenté l’Inde… le vrai… tant que vous n’avez pas pris un train de nuit en classe « sleeper ».

La nuit allait donc être douce dans ma bonne vieille couchette…

Puis, peu après que le soleil ait fait son apparition, le train s’est complètement immobilisé pour ne plus jamais repartir. Cela voulait dire une seule chose; nous étions rendu dans les entrailles de la bête… Kolkata

Direction Sudder Street, une rue bourrée d’hôtels et de guesthouses pour tous les prix et tous les gouts; que vous soyez un adepte des 5 étoiles ou au contraire des coquerelles, vous aller trouver.

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Le gros avantage, outre que c’est la rue la plus touristique de Kolkata (pas un avantage), est la position centrale qu’occupe cette artères dans la ville.

La très grande majorité des endroits à visiter sont à distance de marche, que ce soit l’Esplanade (15min) ou le Old Market (5min) au Nord, Park Avenue (15min) et Victoria’s Memorial (45min-1h) au Sud, et la fondation de Mère Thérèsa à l’Est (30min).

Après 1 heure de recherche intensive, le constat était le suivant; soit l’hôtel était BEAUCOUP trop cher, soit vous n’auriez jamais voulu utiliser la chambre qu’il nous proposait comme niche à chien. Par un heureux hasard, nous sommes finalement trouvé chaussures à nos pieds tombés à un prix plus que respectable; le Hilson hôtel devenait de ce fait notre quartier général…

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Fait « intéressant », en marchant dans la rue, j’ai vu ces étranges boites (3 demi-murs) sur le trottoir et un indien qui se tenait immobile dedans. Je vous le donne en 1000… ce soit des urinoirs publics. À noter que ce n’est pas marqué « interdit au femme », mais bon…

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Aussi, à l’image de New York, tous les taxis de la ville sont jaunes, mais au lieu d’être des modèles récents, ce sont des modèles old school des années 50/60… vous savez, tout en rondeur et assez compact.

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Toute personne séjournant à Kolkata doit aller visiter le Old Market… à 2 pas au Nord de Sudder street. Je ne dis pas de simplement aller voir les bâtiments de l’extérieur, mais bien d’entrer et de vous perdre dans la multitude de corridor.

Tout comme moi, vous serez surement envahi par un étrange sentiment de vulnérabilité et d’émerveillement… et un bon nombre d’indiens vous harcèleront et vous suivront pendant de bonnes minutes… jusqu’à ce qu’ils comprennent enfin que vous en avez rien à f$&tr# de leur magasin… à ce moment, d’autres indiens prendront leur place et ainsi de suite…

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La section « boucherie » est particulièrement impressionnante; toutes ces chèvres en vie et mortes l’instant suivant, tous ces tas de pattes et de têtes, la même chose pour les poulets… tout cela dans un très vieil entrepôt digne du plus macabre « Massacre à la tronçonneuse ». Une seule chose, n’oubliez pas de respirer par la bouche puisque l’odeur est insupportable.

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En soirée, suivant les recommandations du Lonely Planet (meilleur resto en ville) j’ai proposé à Roark d’aller manger au Peter Cat. Dès notre entré dans le restaurant, on s’est assez vite rendu compte que ce n’était pas du tout un restaurant de backpackers, mais bien un restaurant haut de gamme… bref, nous n’étions pas du tout à notre place; le décor et le personnel était digne des meilleurs restaurant où je suis allé dans ma vie et, bien que c’était marqué en grosse lettre à l’entrée « nous nous réservons le droit de refuser quiconque », nous sommes entré sans problème avec nos vêtements tous croches.

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N’empêche, on a décidé d’y manger quand même puisque ne partons pas en peur, quand je dis haut de gamme, ça aura fini par nous couter à tous les 2 environ 16$ pour 2 repas principal, 2 grosses bières et de l’eau et des petites bouchées gratuites et à volontés (du jamais vu). Nous étions les seuls blancs dans la place et nous étions vraisemblablement entouré de couples et de familles indiennes qui voulaient se gâter en s’offrant une sortie dispendieuse… tandis que pour nous, bien que ca défonçait nos budget, c’était très très très abordable pour la qualité de repas que nous avons eu.

Profitant d’un soleil radieux lors de notre 2ème journée, nous sommes allé au Victoria Monument.

Dans le Lonely Planet, on décrit cet endroit comme étant à mi-chemin entre le Capitol de Washington/USA et le Taj Mahal de Agra/Inde. En lisant ça hier, je trouvais cela un peu exagéré puisque, pour avoir vu les 2 monuments en questions, ce sont des bâtiments dans une classe à part.

Eh bien, à mon plus grand étonnement, le Victoria Monument est très impressionnant et mérite ce comparatif.

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Érigé au début du siècle passé à la mémoire de Victoria, Reine d’Angleterre, et incidemment de l’Inde, durant la 2ème moitié du 19ème siècle, ce monument a semble toute les mêmes dimensions et formes que le Taj Mahal. Ce qui le différencie du Taj est sa hauteur moins prononcée (donc moins impressionnant), mais il se reprend admirablement bien avec un intérieur des plus grandiose (l ‘intérieur du Taj est assez ordinaire). Bref, jugez-en par vous même avec les photos suivantes…

Je fais une parenthèse pour vous dire que Jean-Marc Vallée, québécois ayant réalisé C.R.A.Z.Y. et Café de Flores, a réalisé un très bon film sur la Reine Victoria; « Young Victoria ». Victoria est la mère de George V, Roi d’Angleterre au début du siècle passé (l’excellent film « King’s speech (Le discours du Roi) » raconte son histoire)… et donc grand-mère de l’actuelle Reine Elizabeth (vous pouvez encore la voir sporadiquement à la TV dans ses plus belles robes fleuries).

En plus de pouvoir admirer le monument de l’extérieur et de l’intérieur, il y avait 2 expositions; l’une portant sur l’histoire de l’Inde en photos et en peintures et l’autre portant sur l’histoire de Calcutta…

Certains d’entre-vous sont peut-être en train de se dire « eille chose, depuis le début, tu nous casse les couilles avec le nom Kolkata et là tu parles de Calcutta ». Calcutta était la capitale de l’empire britannique en Inde. Une fois l’indépendance, les indiens ont modifié son nom afin de se distancer de leur ancien « maitre ». C’est ainsi que Kolkata est née.

Qu’est-ce qui a poussé les britanniques à abandonner leur colonie indienne?!? La 2ème guerre mondiale. Au plus fort de la bataille avec les allemands, les britanniques n’avaient plus les moyens financiers et humains de continuer à opérer leurs colonies un peu partout dans le monde. C’est ainsi qu’une grande majorité d’entre-elles ont obtenu leur indépendance.

Tout juste à coté du Mémorial, se trouve l’impressionnante église Saint Paul. Datant de plus de 100ans, elle est entièrement faite de bois et a tout de même la dimension d’une cathédrale. D’ailleurs, la voute est très impressionnante (photo interdite).

Puis, en continuant notre route dans un quartier dit aisé, on tombe sur de petits bidonvilles improvisés sur les trottoirs au pied de somptueux bâtiments.

On entre ensuite dans un centre d’achat shooté à l’air climatisé et nous sommes téléportés en Amérique du Nord pendant un cours instant, comme si l’Inde en dehors n’existait plus.

Après maintenant 2 jours arpenter les rues de Kolkata, un seul et unique constat s’impose; cette ville ne mérite pas du tout la tonne de mauvais qualificatifs entendus son sujet; l’enfer sur Terre, le pire endroit en Inde ou simplement « don’t go there (ne va pas là) ».

En fait, Kolkata est en voie de devenir l’un de mes endroits préféré en Inde. J’adore m’y promener en flânant dans les rues, ce qui n’est pas donné à beaucoup d’autres endroits (peut-être Udaipur, Mumbai et Darjeeling). Les gens n’agissent pas comme des mouches à marde en t’accostant constamment.

Pour être sorti des sentiers touristiques, la ville est quand même très propre et bien organisé. En fait, Kolkata est beaucoup plus près du Paradis que de l’Enfer si on la compare avec beaucoup de ville indienne; Delhi, Mysore, Ahmedabad, Jaipur…

Cependant, ne vous y méprenez pas, je ne conseille à personne de commencer un voyage en Inde par Kolkata… le choc serait terrible. Je suis en mesure d’aimer cet endroit simplement dû à mon « conditionnement » des derniers mois. L’adaptation sera beaucoup plus facile si vous commencez par Mumbai ou dans le Sud de l’Inde.

Le seul vrai conseil que je peux donner à propos de Kolkata c’est de respirer avec votre bouche et non votre nez.

Autrement, si vous allez à Kolkata un jour, je me fou royalement de ce que vous allez y faire… MAIS… vous ne pouvez pas quitter la ville sans avoir mangé un « masala dosa » au restaurant Anang près de l’Esplanade. Plat typiquement du Sud de l’Inde, c’est sans le moindre doute le meilleur endroit pour en manger… et c’est dans le Nord du pays. Comme nous, vous y entrerez une première fois sans attente et vous y retournerez encore et encore… et encore. On m’a dit que le meilleur moyen de mesurer la popularité d’un restaurant est de voir si les indiens le fréquentent, eh bien, à chaque fois que nous y sommes allé, c’était plein et ça faisait la file.

Autrement, levez vos mains ceux qui ont déjà vu un troupeau d’une trentaine de chèvres attendre bien tranquillement derrière un autobus sur un grand boulevard en plein coeur d’une ville. Vous pouvez me croire, l’image est assez spéciale…

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Jour 3 en Enfer… c’est la C A N I C U L E; je me tiens à l’ombre sans bouger et je su comme un porc…

Nous avons fait l’une des plus étranges activités que j’ai pu faire en Asie. À notre arrivé ici, Roark a remarqué qu’un des quartiers de la ville se nommait « Salt Lake City »… le nom de la ville où il est né en Utah aux États-Unis.

Depuis maintenant 3 jours, il n’arrêtait pas de me demander si nous allions pouvoir y aller. En cette matinée de canicule, où marcher relève du suicide, nous avons donc pris un taxi en direction de Salt Lake City.

Vraiment pas convaincu de vouloir faire ce trip au départ, cela c’est avéré une promenade des plus divertissantes. D’une part, nous avons eu toutes les misères du monde à expliquer au chauffeur de taxi que nous voulions faire un tour du quartier et que nous n’avions pas de réelle destination. Une fois à destination, nous étions à la recherche de panneaux ayant Salt Lake City d’inscrit parce que Roark voulait en prendre 1 ou 2 en photo.

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À tout moment, moi ou Roark demandions au chauffeur d’arrêter en catastrophe, Roark sortait du taxi et prenait l’établissement en photo. Vous auriez du voir le visage du chauffeur; à chaque fois, il regardait en direction de ce que Roark prenait en photo (ça pouvait être une banque, un restaurant, l’entré d’un parc… bref n’importe quoi) et son regard était remplis d’incompréhension. Il regardait tout partout pour essayer de comprendre… Il a assurément fini par penser que nous étions complètement fou. Ces moments à regarder le chauffeur se creuser les méninges pour trouver une réponse était un délice à regarder du siège arrière où j’étais.

THE MOTHER HOUSE

Si je vous dit Kolkata/Calcutta, vous pensez à quoi en premier?

« Rien »… euh… bonne réponse, mais ce n’est pas ce que je cherche…

« Mère Thérèsa »… ouiiiiii… mais j’ai vu le petit singe te souffler la réponse, donc je garde la récompense pour moi…

Pour ceux qui ne savent pas de qui je parle, je vous recommande de sortir votre tête de votre c#l de temps en temps et de lire autre chose que des Harry Potter et Twilight de ce monde.

Remis de mes émotions avec le chauffeur de taxi, nous sommes allés visiter les « Missionaries of Charity (Missionnaires de la Charité) », la fondation qu’elle a crée il y a plus de 60ans, et opéré jusqu’à sa mort, pour venir en aide aux pauvres et aux malades de Kolkata et qui compte depuis des missions un peu partout dans le monde.

Morte en 1997, cette Icône de la bonté et de l’entraide possède une aura qui est à jamais associée à Kolkata/Calcutta. Or, savez-vous que même si elle a passé la très grande partie de sa vie en Inde, elle n’est pas Indienne, mais bien originaire d’Albanie (près de la Serbie le long de la mer Adriatique).

« By blood and origin I am all Albanian. My citizenship is Indian. I am a Catholic nun. As to my calling, I belong to the whole world. As to my heart, I belong entirely to the Heart of Jesus (Par mon sang je suis Albanienne. Je suis de citoyenneté indienne. Je suis une Soeur Catholique. J’appartiens au monde entier. Mon coeur appartient entièrement à Jesus) »

Savez-vous qu’elle est loin de faire l’unanimité au sein des Kolkatains (ou peu importe comment ils s’appellent). La ville à très forte dominance hindu et musulmane et beaucoup d’entre-eux n’aiment pas que leur ville soit associée à une chrétienne… Bref, bonjour les accommodements raisonnables…

Pour faire une biographie très brève, elle a quitté sa famille très jeune (je crois qu’elle a fuit, mais ce serait à valider) pour aller en Irlande et entrer chez les Soeurs Loreto. Elle a par la suite été envoyé en mission en Inde, plus précisément à Calcutta, pour ne jamais en revenir.

Voulant se consacrer corps et âme aux pauvres dans les bidonvilles, elle a abandonné les Soeurs pour aller vivre de manière permanente dans les bidonvilles avec les pauvres.

De fil en aiguilles, une organisation s’est construite autour d’elle pour éventuellement se transformer en « Missionnaries of Charity (Les missionnaires de la Charité) ».

Durant sa vie, elle avait délégué toutes les tâches de gestion de la fondation à d’autres pour se consacrer à ce qu’elle aimait le plus; aider les plus démunis… et répondre personnellement aux très nombreuses lettres qui lui était adressé.

Voici quelques phrases importantes prononcés par Mère Thérèsa;

« Peace begins with a smile (La Paix commence avec un simple sourire) »

« We fear the future because we are wasting the today (Nous avons peur du futur puisque nous gaspillons le présent) »

« Intense love does not measure it just gives (L’intensité de l’amour ne se mesure pas, il fait simplement en donner) »

« I am notting but a little pensil in the hands of God (je ne suis rien de plus qu’un petit crayon dans les mains de Dieu) »

Comme Roark l’a si bien dit en voyant sa chambre, et plus spécialement le lit sur laquelle elle a dormi pendant si longtemps, « j’aurais tourné les talons immédiatement si j’avais vu ce genre de lit dans un hôtel, et ce même si je suis un backpacker et que j’en ai vu d’autres ».

Du moment où on franchit les portes de la Mission, jusqu’au moment où on en ressort, on est envahi par une espèce de paix intérieure. On en vient même à oublier le son des voitures et de la rue juste à coté avec le chant de Coeur (des Soeurs chantaient continuellement quand nous y sommes allé) qui nous enveloppait… de quoi conquérir les plus insensibles d’entre tous.

Avant de partir, n’oubliez pas d’aller rendre visite à Mère Thérèsa… son tombeau est exposé dans la salle principale…

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Sur le chemin du retour, nous sommes passé au travers d’un quartier musulman extrêmement pauvre, à la limite de pouvoir être appelé un bidonville. Depuis notre arrivé à Kolkata, on se disait qu’il n’y avait pas autant de pauvreté que partout ailleurs en Inde. J’avais même dit à Roark que je ne comprenais pas pourquoi la Mission était dans ce quartier puisqu’il ne semblait pas y avoir beaucoup de pauvreté tout autour. Eh bien nous avons été frappé de plein fouet par elle à ce moment.

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Nous sommes littéralement allé dans les entrailles de Kolkata et je dois dire que j’en suis particulièrement affecté.

Je vais avoir longtemps l’image de tous ces gens prenant une douche commune en très petite tenue dans la rue près d’un tuyau de canalisation percé… à 2 pas d’un hôtel 5 étoiles avec valet et garde à l’entré.

J’y ai vu beaucoup trop d’animaux mourir, mort ou déjà en pièces détachés (chèvres, vaches, poulet, etc.) durant ce trajet. Je crois bien que je vais m’en tenir à une soupe crème champignon ce soir…

A FERRY TO NOWHERE

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Il y a de ces jours où tu n’as aucune attente et où il ne se passe rien et d’autre où la citrouille se transforme en carrosse. La journée d’aujourd’hui entre dans la seconde catégorie; on avait aucune idée quoi faire, le début de la journée a été très poche, mais par une succession de hasards, nous avons trouvé quelques perles.

Rien pour écrire à sa mère jusqu’à ce qu’on s’approche de la rivière et que je lance à Roark « tiens… des ferrys… et si on en prenait un comme cela au hasard et qu’on tentait de revenir à l’hôtel par la suite?!? ». L’instant d’acheter nos billets que nous étions sur un bateau, qui n’avait rien de bien jeune, vers une direction inconnu.

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Après une promenade sur un pont hors de l’ordinaire, imaginez un pont contemporain qui a été totalement approprié par les indiens, la journée s’est véritablement mise en marche de l’autre coté quand nous sommes tombés sur le « flowers market (le marché au fleurs) »… qui pourrait très bien être considéré comme étant un dépotoir pour certains et je ne leur en tiendrais pas rigueur…

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Notre chemin a ensuite débouché dans le quartier historique de la ville; le quartier des finances avec la bourse de Kolkata… et un des meilleurs street food que j’ai pu manger (vous devez manger un fried idly avant de mourir)… pour finir le tout avec un promenade en tramway qui nous a transporté en terrain connu, à la très grouillante Esplanade (peut-être le rond point le plus achalandé de l’Inde).

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Le reste de l’épisode relate les évènements s’étant déroulé à Kolkata à mon retour du tournage; Voir ÉPISODE SPÉCIAL – Bollywood Baby

JOURNEY ARE MADE BY THE PEOPLES YOU TRAVEL WITH

Aujourd’hui la réalité me frappe en plein visage…

En ce vendredi 12 juillet 2013, 08:20 et 20 secondes… 21… je me retrouve tout fin seul à boire mon thé en attendant mon déjeuner dans un restaurant shooté à l’air climatisé en plein coeur de Kolkata.

Il y a à peine 10minutes, le SUV qui m’avait amené sur les lieux de tournage du film indien auquel j’ai participé hier, m’a redéposé sur Terre… et sur Sudder Street… au même endroit où il m’avait cueillit 36 heures plus tôt.

Alors qu’il y a 2 jours j’étais avec mon éternel compagnon américain, je suis maintenant tout fin seul. En effet, après s’être serré la main et respectivement souhaité Au Revoir et bonne chance, j’avais refermé la porte du SUV pour embarquer dans une aventure complètement débile (film indien), tandis que lui allait prendre un taxi pour l’aéroport en direction de l’Indonésie…

Tout s’est passé beaucoup trop vite pour moi avec le tournage et c’est seulement maintenant que je prend conscience de ma nouvelle réalité.

Depuis 2 mois, nous avions bâti une team d’enfer, un duo de voyageurs qui se complétaient à merveille. Lui était le Bon Cop, moi le Bad Bad Cop (sans surprise… c’est un rôle de composition)… Il négociait le prix des hébergements et moi je m’occupais de dénicher les endroits à visiter et je nous orientais dans les villes (un guide quoi)… Sans avoir jamais été clairement défini comme je viens de le faire, c’était d’un naturel et nous y trouvions chacun notre compte.

Durant 64 jours, nous avons bâti une amitié très forte qui va perdurer. J’ai partagé avec ce gars là tant d’émotions, été placé dans tellement de situations précaires, qu’il me connait probablement mieux que quiconque (psychologiquement parlant… que je vous y prenne à penser croche…).

Je vais surtout m’ennuyer de la face que les gens faisaient lorsqu’il se présentait;

Personne quelconque;
« What’s your name (c’est quoi ton nom)? »

Roark;
« Roark »

Personne quelconque;
« Roa… what?!? (Roa… avec un face pleine de point d’interrogations)

Et Roark qui se lançait dans une grande explication pour clarifier son nom. La plus célèbre; c’est comme le cri du Lion (Roar) avec un K à la fin…

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Tu as dit de moi que j’étais un « natural leader (un meneur naturel) », quelqu’un qui se souci du bien-être des autres et que les autres suivent les yeux presque fermées… comme ce fut le cas durant tout le trek de l’Annapurna… et je te remercie du compliment. Pour ma part, tu es le partenaire de voyage parfait et un enseignant formidable… tu devrais penser à te recycler en professeur…

Depuis toutes ces années à voyager, j’ai toujours dit que j’aimais mieux voyager en solo, tu auras réussi à me prouver le contraire.

AU REVOIR TOI AUSSI KOLKATA

Je suis arrivé à Kolkota à reculons, puisque j’avais peur de tout ce que j’avais entendu à propos de cette ville… et je pars à reculons, voulant voir le plus longtemps possible cette ville que j’ai appris à adorer.

On m’avait décrit Kolkata comme étant l’enfer sur Terre, mais l’apocalypse tant attendu n’a finalement jamais eu lieu. La ville n’est pas tant apocalyptique que surréelle et tout en contraste; Park Avenue est digne des plus grandes rues New Yorkaises où c’est bling bling par dessus bling bling. L’Esplanade est probablement l’endroit qui bourdonne comme nul part au pays, le Victoria Monument dans le Top 5 des plus beaux bâtiments du pays, le Old Market un endroit unique et à la minute où on s’égare un peu, la pauvreté nous frappe au visage… une pauvreté dont je suis malheureusement devenu insensible depuis tout ce temps.

Bref, Kolkata est tout en contraste; un mélange de modernité, de tradition… et d’indienneté. Jour après jour, elle n’a jamais cessé de me renverser.

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Kolkata a supplanté de beaucoup Mumbai dans mon coeur pour ce qui est de ma grande ville indienne préférée. Pour ceux qui sont déjà allé à Mumbai et qui ont adoré l’endroit, cela pourrait être dur à croire, mais croyez-moi. En fait, si quelqu’un m’offrait le choix entre un billet d’avion pour Katmandou ou Kolkata, le choix serait très difficile. C’est tout dire comment cette ville s’est hissé dans le firmament de mes souvenirs…

La nuit dernière, j’étais dans un hôtel tout dorloté avec un tout nouveau coup de soleil dans la face après une journée de tournage et ce soir, je me retrouve dans un wagon de paumé en route vers le trou du cul du monde… avec mon coup de soleil pour me tenir compagnie. Belle façon de revenir sur terre rapidement…

Prochaine destination; Varanasi… mais, c’est pour un autre Épisode.

DO IT LIKE MARIO KART (à la façon Mario Kart)

En discutant avec Roark autour d’une bonne bière, j’ai tout à coup eu l’idée d’organiser une course entre le « moi de maintenant » et le « moi d’il y a 4mois » à l’image du jeu Mario Kart où on pouvait courir contre son fantôme (meilleur temps)… Dans le cas présent, le « fantôme » ce serait le « moi de maintenant », celui qui a développé pleins de trucs pour survivre à la jungle indienne et qui est beaucoup plus calme.

L’idée serait donc de se réveiller dans la même chambre d’hôtel, d’avoir le même itinéraire pour toute la journée et de voir comment les 2 s’en sortiraient.

Go… la journée commence…

1. ÉTAPE DU RÉVEIL

MOI D’AVANT – Je me lève vers 6h et je passe 30min-1h à lire à propos de la ville où je suis, regarder la carte et voir ce que je vais faire de ma journée. Puis, je prend une longue douche, je sélectionne le chandail que je vais mettre aujourd’hui et je vais prendre un bon déjeuner continental américain à mon hôtel (même si il n’est pas bon) avec une tonne d’eau.

MOI AUJOURD’HUI – Je me lève vers 8h, je regarde vite fait quoi faire en ville sans plus en prenant une photo avec mon iphone de la carte de la ville (qui servira à m’orienter… moi et les cartes papiers…), je met le chandail que je met tous les jours depuis…, je sors dans la rue pour trouver un bon resto et je mange un bon déjeuner indien (masala dosa, paneer ou paratha de préférence) avec mon thé masala bourré de sucre.

Résultat préliminaire; le moi d’avant est en avance de 30min

2. VISITE DU LIEU TOURISTIQUE

MOI D’AVANT – Bien que le site est à moins de 2km, je décide de prendre un tuk-tuk/ricksaw, bref une machine à 3 roues et à moteur. Je me fais arnaquer sur le prix, je suis pris dans la circulation et j’arrive finalement à bon port. Rendu au site, on demande un prix exorbitant pour aller à l’intérieur. Je paie le prix, je visite et je suis déçu. Comme très souvent, l’extérieur est super, mais l’intérieur n’en vaut pas le coup.

MOI D’AUJOURD’HUI – Je décide de marcher jusqu’au site, prenant une quantité incalculable de photos en chemin. Une fois rendu là, je ris en pleine face du gars au guichet en lui disant que jamais je ne paierais le prix demandé pour entrer à l’intérieur puisque j’ai été beaucoup trop souvent déçu par le passé. Je fais donc le tour du bâtiment et je prend beaucoup de photos.

Résultat préliminaire; les 2 sont à égalités.

3. RESTE DE LA JOURNÉE

MOI D’AVANT

Je décide de marcher jusqu’à d’autres monuments en revenant tranquillement jusqu’à mon hôtel.

En chemin, des indiens m’accostent sans cesse en voulant me vendre des cossins et je m’entête à leur dire que je ne suis pas intéressé au point d’en perdre patience

Je vois des itinérant, des enfants nus, des vieilles femmes me supplier de leur donner de l’argent et je dis non avec un moton dans la gorge.

Je marche sur le trottoir parce que les rues sont beaucoup trop dangereuses. Il me faut un bon moment pour passer chaque intersection…

MOI D’AUJOURD’HUI

Je décide de faire le chemin du retour en flânant dans les rues et en croisant par hasard des monuments d’intérêts.

Je marche dans les rues indienne comme on marche dans un champ; je me faufile entre les voitures et je ne marche que très rarement sur le trottoir, tout cela sans aucun stress parce que je sais que même si la circulation est complètement anarchique (le mot n’est pas assez fort) les conducteurs ont des yeux tout le tour de la tête. En amérique, je n’oserais jamais faire ce que je fais ici puisque bien que la circulation soit ordonnée, les conducteurs ne pensent qu’à leur petite personne et ne se soucie pas des autres.

Des indiens veulent me vendre des cossins, mais je les ignores complètement ou je leur dit une seule fois « no thank » sans jamais me détourner…

Je vois la pauvreté autour de moi, mais depuis le temps, je crois avoir pas mal tout vu et je me suis malheureusement bâti une carapace.

4. FIN DE LA JOURNÉE

Au final, le moi d’aujourd’hui est arrivé au bar de l’hôtel (ligne d’arrivé) depuis un bon 2 heures bien relax et content de sa journée, quand le moi d’avant arrive tout en sueur, avec plusieurs cheveux blancs de plus sur la tête et complètement traumatisé de ce qu’il a vu dans la journée.

Je lui dit alors « ne t’en fait pas kid, ca va aller… je suis passé par la moi aussi »… en lui montrant mes cicatrices.

Épisode 17 – Darjeeling Unlimited

Je suis tombé en amour! Seul hic… c’est un amour impossible; elle a plus de 160ans, se nomme Darjeeling… et c’est une ville.

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RETOUR DANS LE TROU DE CUL DU MONDE

Encore en Inde… es tu tombé sur la tête?!?

Est-ce que je suis sadomasochiste de retourner en Inde après vous avoir écrit de long en large comment je pouvais détester ce pays dans mes premiers épisodes? La réponse est très probablement.

Pour cette seconde escapade en Inde, j’ai l’intention de me concentrer principalement sur les régions du Nord-Est et du Nord-Ouest, c’est donc dire des régions bordant le Népal, ayant déja fait parti du Népal, comprenant encore une grande portion de népalais et donc je l’espère, ayant une mentalité différente des indiens que j’ai appris à connaitre et à mépriser.

Autant la frontière avait l’air un peu anarchique du coté Népalais, autant elle passait pour un endroit paradisiaque en comparaison à celle du coté indien. Bref, c’était bel et bien l’Inde tel que je l’avais laissé il y a 2 mois; sale et remplis d’incompétents, qui te dévisagent comme des purs morons comme si nous (moi et Roark) étions des extraterrestres. Je m’ennui déjà du Népal…

Je remet donc ma poker face, la face du gars qui ne rescent plus rien. Hors de question que je socialise avec les indiens comme je l’ai fait avec les sri lankais et les népalais; 2 peuples qui m’inspirent le respect. Je vais faire comme dans le bus tout à l’heure; socialiser avec l’un d’entre eux pour lui soutirer les infos dont j’ai besoin

LA TÊTE DANS LES NUAGES

La route menant à Darjeeling m’a laissé le souffle court. Elle entre assurément dans mon Top 3 des plus belles routes que j’ai pu faire dans ma vie avec le tronçon Fort Bragg – San Francisco en Californie et celui de Nanaimo à Tofino sur Vancouver Island dans l’Ouest du Canada.

Nous roulions tout bonnement dans une plaine quand tout à coup une très haute montagne s’est pointée le nez devant nous. Vous devinez assurément la suite… Non?!? Eh bien imaginez une route de montagne qui serpente dangereusement sans garde fou pour retenir une chute assuré

Une fois en haut, la ville de Kurseong accaparait tout le sommet. À partir de cette ville, la route longeait le haut de l’autre versant, passant par une quantité incalculable de villages et menant en bout de ligne à Darjeeling. Une seule constante, le chemin de fer qui passait tout de suite à coté de la route.

En temps normal, toute la route entre Khugeon et Darjeeling aurait du nous offrir une vue imprenable sur les montagnes du Népal, notamment l’Everest et la Kanchu… euh… Kanchunanana… je ne me rappelle plus du nom bon, mais c’est la 3ème plus haute montagne (le K2au Pakistan est la 2ème plus haute).

Bref, on a rien vu de cela puisqu’il y avait un mur blanc devant nous. J’espère que c’était simplement une façon pour Dame Nature de faire durer le suspense; « non non non les ptis gars, pas ce soir. Vous pourrez voir mes charmes demain matin après une bonne soirée de repos ». J’ai donc choisi de croire en Dame Nature…

Nous voici donc à Darjeeling. Depuis le temps que je rêve d’y mettre le pied, je me suis rendu compte que je n’avais jamais vu de photos de l’endroit avant d’y mettre les pieds. Mon attrait pour cet endroit se résumait au fait que je sois des plus intrigué par le nom… en fait, c’est probablement mon nom de ville préféré dans le monde; Darjeeling… ça sonne cool… Enfin bref, j’imagine ce que vous êtes en train de penser devant votre écran « j’en ai rien à foutre du fait que tu trouves le nom de la ville coooool… accouche avec le reste de ton histoire »…

Ok ok…on se calme… j’allais justement reprendre quand tu m’as interrompu.

Sur une note plus instructive, Darjeeling est reconnu mondialement pour son thé du même nom.

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En flânant dans les rues en fin de soirée, on tentait d’apprivoiser la ville… en fait on cherchait un bar pour prendre un coup, mais ça reste entre vous et moi… quand tout à coup on est tombé sur un bar typiquement américain… tiens dont, toute une surprise.

Ce n’est pas compliqué, on se trouvait en Inde avant d’ouvrir la porte et on était transporté en Amérique de l’autre coté. On aurait dit que Scotty (Star Trek) nous avait téléporté dans un irish pub de Boston. Bref, nous avons pris un coup là-bas et rencontré 3 indiens qui ont essayé de nous faire passer pour des moins que rien. Après avoir fraternisé depuis une coupe de minutes, Roark leur a demandé si ils connaissaient un bon hôtel en ville (nous sommes arrivés en fin de soirée alors qu’il commençait à faire noir, on a pas magasiné comme on l’aurait voulu et on a pris le premier hôtel venu). Les indiens nous ont alors recommandé un super endroit à… 7000rs (donc environ 125$) la nuit. Roark et moi se sommes donc regardé en pouffant de rire et je leur ai expliqué que cette somme représentait mon budget pour environ 5-6jours. Roark leur a ensuite dit que nous cherchions plutot dans les 500rs (total pour 2). Ils sont alors parti à rire et l’un d’eux nous a lancé « we are high class you know (nous sommes de la haute société vous savez) ».

À ce moment, j’ai senti la colère monter « eille chose bine (en prenant l’un d’eux par le colet) on voyage durant 1 an en Asie le cave, tu crois qu’on va se payer quelque chose hors de prix comme ça. Chez moi, je paie ce prix là pour une chambre bas de gamme, donc lâche moi les baskets avec ton esti de haute société… ahhh, pi va dont te rincer la bouche, tu pu de la gueulle » que je leur ai dit… dans ma tête.

Me faire rabaisser par des indiens, c’est bien la meilleure. La semaine des 4 jeudis tant qu’à y être…

Nous sommes sensé être au beau milieu de la mousson, mais présentement il ne pleut jamais plus d’une heure par jour. Pour moi, mousson veut principalement dire brouillard. Donc, mis à part l’absence de vue, ayant été remplacée par un mur blanc très opaque, la ville de Darjeeling est magnifique et à mi-chemin entre une ville népalaise et indienne; à moitié tranquille comme au Népal et à moitiés sale comme l’Inde.

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À notre première journée complète ici, nous avons décidé de simplement arpenter les rues avec l’intention d’aller déguster un peu de thé et aller piquer une jasette au bureau d’information touristique. Je n’arrivais pas à retrouver mon chemin avec la carte, résultat on s’est perdu. Roark n’arrêtait pas de me dire que c’était parce que notre hôtel était sur l’autre versant de la montagne, mais je ne voulais rien entendre. On s’est finalement ramassé en bas de la montagne, près d’une plantation de thé… là où personne ne va… sans eau (on voulait simplement aller à l’info touristique au départ).

En remontant, complètement à bout de force, on est tombé sur un espèce de party sur le bord de la route. Ni une ni 2, les gens nous ont gentiment offert de la nourriture et du thé sans que nous ayons à demander. Nous étions donc super excité, et on a fini par leur demander qu’est-ce qu’ils célébraient… pour apprendre que c’était une veillé funèbre en l’honneur d’un disparu. On s’est alors senti un peu gêné et notre entrain a disparu… mais il nous on rapidement fait sentir les bienvenue et littéralement gavé de nourriture. Bien plein, il était temps de remonter la montagne… ouffff.

C’est donc dire que moi et Roark avons faits des Will Ferrell et Owen Wilson de nous même en « Crashant des funérailles ». Bon, contrairement au film, nous motivation était la bouffe gratuite, non pas… ahhh pis oubliez dont ce que je viens d’écrire…

En se rendant finalement au centre de la ville, je me suis rendu compte que Roark raison; notre hôtel était sur un autre versant et j’avais regardé toute la journée la carte du mauvais sens.

Bien assis en train de déguster des échantillons gratuit de différentes variétés de Darjeeling tea, un groupe d’indiens baraqués, n’ayant donc aucunement le profil type de groupie, nous a demandé tout timidement de prendre une photo avec eux. Moi et Roark se sommes alors échangé un regard qui voulait dire « we are definitely back in India (on est bel et bien de retour en Inde) ». Première fois que quelqu’un me demande une photo depuis mon départ de l’Inde il y a 2 mois.

Après une journée à arpenter les rues de la ville, un constat s’impose; malgré les nuages, qui nous empêchent de profiter du panorama, la ville est tout simplement magnifique. Elle est très densément peuplée sur plusieurs versants d’une montagne. Je dirais sans trop me tromper que Darjeeling est la San Francisco indienne, dans la mesure où tu es toujours en train de monter ou de descendre.

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Bien que le temps soit majoritairement couvert et que le brouillard soit chose courante, il faut en tout temps être aux aguets puisque le tout peut changer en l’espace de quelques minutes. Il peut très bien y avoir un épais brouillard, un ciel bleu 10min plus tard et pleuvoir à boire debout 20min après.

Le lendemain, nous sommes allé faire un tour au zoo et à l’Himalayan Institute Museum. Le zoo est tel que tel, mais bien que je ne sois pas trop amateur de musée, celui-ci m’intriguait particulièrement puisqu’il relate l’histoire de l’ascension de l’Everest depuis les premières tentatives dans les années 1920, en passant par la première ascension réalisée par Edmund Hillary et Tenzing Norgay, et les excursions subséquentes.

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Pourquoi le musée se trouve à Darjeeling – Inde et non par au Népal me demanderez-vous? Eh bien, les premières tentatives de vaincre l’Everest sont parties d’ici et Tenzing Norway, a vécu le reste de sa vie à Darjeeling après avoir gravi l’Everest en 1953.

Tout comme Katmandou, cette ville est très difficile à quitter. Cet endroit me donne l’impression d’être toujours au Népal… ce qui est une très bonne chose.

À ce sujet, ne faites pas la gaffe d’appeler les habitants du coins des « indiens ». Ils vous indiqueront gentiment, mais fermement que la très grande majorité d’entre-eux sont d’origine népalaise (ce qui est tout à leur honneur si vous voulez mon avis). Il n’ont d’appartenance à l’Inde que le fait que la région soit en territoire indien… Aussi, ce n’est définitivement pas l’Inde, dans la mesure où les femmes me regardent et me parlent dans la rue… phénomène impossible dans le reste du pays.

Je vous ai dit que j’adorais cet endroit? Non! et bien, si on considère simplement les villes, donc si on fait abstraction de l’Annapurna au complet, cet endroit est dans mon top 3 avec Katmandou. Je laisse le 3ème spot vacant pour les futurs endroits où je vais mettre les pieds.

JOY RIDE

Au programme d’aujourd’hui; prendre un site de l’UNESCO mobile, c’est-à-dire un très vieux train faisant la navette entre Darjeeling et Kurseong. Communément appellé « Toy train (train jouet) », c’est un espèce de train miniature qui va à la vitesse très petit V…

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Ajoutez à tout cela qu’il circule tout juste à coté et même souvent directement sur la route sinueuse que nous avons empruntée pour venir à Darjeeling.

À l’origine, le train faisait la navette entre Darjeeling et New Jailgapuri (qui connecte ensuite au véritable système ferroviaire indien), mais des éboulements ces dernières années ont faits en sorte bloquer le chemin après Kurseong. Il faut donc dorénavant prendre un taxi de là à Silighuri/New Jailgapuri pour continuer son périple en Inde.

Ce contretemps ne nous dérange pas du tout puisque nous avions à l’origine prévu de séjourner 1 ou 2 journées à Kurseong, avant de continuer notre chemin jusqu’à Darjeeling.

Quand nous avons réservé nos billets hier, nous avons été un peu radin; on a préféré payer seulement 30rs (environ 75cents) chacun pour la seconde classe, plutôt de de payer le GROS prix de 130rs (moins de 3$) pour la 1ère classe. Eh bien, nous en payons présentement le prix…

C’est donc dire que pour sauver 100rs chacun, on s’est ramassé dans le seul wagon de 2ème classe et le banc que moi et Roark devions partager était un peu plus petit qu’un banc d’autobus scolaire. En revanche, la 1ère classe était composé de fauteuils individuels inclinables en apparence très confortable… VOUS ÊTES DE GRANDS CHAMPIONS LES GARS…

Pendant 3 heures de temps, nous allions donc entendre une locomotive faire Tchou Tchou à tous les 10 secondes en avançant à une lenteur inimaginable, au point de se faire dépasser constamment par les voitures. Ce n’est pas compliqué, plus lent que ça, le train reculait.

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Pour tout dire, j’avais l’intention de descendre du train et de courir sur la route à coté, mais pour une rare fois, le petit Ange sur mon épaule droite (« fais pas ça Nik… tu te souviens de Hampi… tu te souviens du mois de merde que tu as passé après ton accident de scooter ») a supplanté le Démon qui sévit sur l’autre épaule (« Nik… mon chum… écoute pas la vieille grébiche de l’autre coté… y t’arrivera rien, je veille sur toi).

Après un arrêt à Ghum, la station de train le plus haute en altitude de l’Inde à 7400 pieds, et l’instant de prendre un thé, qui a du tuer toutes les bactéries dans ma bouche et sur mes doigts tellement il était chaud, le train repartait à « vive allure », tandis que moi je zézettais (langue brulée).

Le feeling était complètement incroyable; on passait sur la rue principale à 4-6 pouces des passants et des bâtiments. À certains moments, on se serait cru dans leur salon et tout le monde dans la rue prenait le temps de nous saluer. Bref, bien que vers la fin tu commences à avoir hâte d’arriver, c’est une promenade à bord d’un train hors du commun et une expérience unique que je souhaite à tous d’avoir la.chance d’essayer une fois dans sa vie… en 1ère classe.

MAKAIBARI TEA ESTATE

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Une fois arrivé à Kurseong, nous nous sommes dirigé vers la Makaibari Tea Estates, 4km plus bas, en opération depuis 1859, devenu depuis la plus grosse plantation du District de Darjeeling (un peu à l’image de Québec, Darjeeling est une ville et un District… les Districts composent les provinces) et l’une des pionnières mondiale en ce qui concerne le thé biologique.

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À ce sujet, beaucoup de gens viennent y faire des stages pour en apprendre davantage sur le processus organique.

Pourquoi aller là-bas? C’est simple, le gars de l’info touristique de Darjeeling nous a indiqué qu’il était possible de rester sur la plantation en étant hébergé dans les familles de travailleurs participant au programme « homestay » sur la plantation. Il est donc possible d’aller là-bas pour faire du volontariat sur un courte ou longue durée, ou de simplement être hébergé dans les familles, le tout moyennant la modique somme de 600rs/jour (12$) hébergement et 3 repas compris.

Comme tout cela sonnait très bien à nos oreilles, nous avons décidé de tenter l’expérience. Bien que ce soit avant tout pour coucher 1 nuit, nous ne dirions pas non de mettre la main à la pâte afin d’en savoir plus sur le processus de fabrication du thé. Bien sur, tout cela était entre les mains de Dame Nature. Peu importe ce qui allait arriver, ce n’est pas tous les jours que ce genre d’occassion se présente.

Arrivé à la plantation, nous avons été accueilli par une famille. Bon, en fait c’est un homme… enfant unique et pas encore marié… qui vit encore avec ses parents… donc un tanguy. Détrompez-vous, je n’ai rien contre sa situation, je tenais simplement à vous établir les faits.

Bref, ils ont une petite maison d’invité dans la cour et nous y avons établi notre campement pour la nuit.

Au total, Makaibari Estates comprend 7 villages, répartis dans la montagnes à distances de marche.

1 seul d’entre eux, le plus important et celui comprenant la factory, est accessible par la route, tous les autres étant seulement accessibles par de petits sentiers.

Dans le village ou nous résidons, 22 familles peuvent accueillir des touristes et 3 des autres villages peuvent faire de même.

Comme nous l’expliquait notre nouvel ami, qui est aussi guide dans la plantation et à l’intérieur de l’usine, appelons le Tanguy (pourquoi?!? Parce que ça me fait rire, que je ne connais pas son véritable nom et qu’il faut bien que je le nomme d’une manière ou d’une autre… vous aimeriez mieux « chose »?!?), le propriétaire de la plantation est une espèce de Demi-Dieu ici.

Toute décision de plus ou moins grande importance, doit être approuvée par lui, que ce soit en rapport à la production du thé ou d’un point de vue personnel (je veux une nouvelle maison bon…). Ce n’est donc aucunement démocratique…

C’était désormais l’heure de nous coucher. J’ai alors lancé à Roark « you know the thing they call bed here… we call that « table » in french (tu sais la chose qu’ils appellent « lit » ici, eh bien en français on appelle cela une table) »… C’est vous dire à quel point le confort était totalement absent…

Puis, vint la plus belle symphonie de chiens que j’ai entendu de ma vie. Après 30min, j’étais tellement à bout de nerf que j’avais l’intention de fouiller dans les entrailles de mon sac à dos pour y trouver mes bottes de montagne, les enfiler, trouver l’un des chiens et le botter le plus fort possible. Comme je l’ai déjà dit, dans un ancien épisode, même les amoureux des animaux deviendraient maboules. Jusqu’à ce jour, j’ai quelquefois entendu le matin des phrases comme « I really like animals, and particulary dogs, but… (vous savez, j’aime beaucoup les animaux, mais là…) ».

Le lendemain, la météo avait décidé de faire à sa tête, il n’y avait donc aucun travail dans les champs à effectuer. Nous avons donc décidé de faire une visite de la factory avant de prendre la poudre d’escampette. Même si j’ai déja fait la visite d’une usine à thé au Sri Lanka, je me suis dit qu’on a jamais assez visité de tea estate dans sa vie non?!?

Tanguy nous a donc organisé cela comme un grand. Il nous a tout d’abord expliqué que Makaibari signifiait « corn field (champ de blé) »… si vous trouvez le rapport avec le thé, prière de m’envoyer un courriel.

Bon… Focus groupe… on a pas toute la journée…

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D’une part, la plantation est en opération 9 mois par année. Il y a donc 3 mois d’inactivités (sleeping period) en décembre, janvier et février. Au début décembre, tous les plans sont coupés et après 3 mois, les feuilles sont à nouveau prêtes à être ramassées.

Il y a 4 cueillettes durant les 9 mois d’activités;
1. First Flush – feuilles de couleur verte – Mars et Avril,
2. Second Flush ou Muscatel – Mai et Juin,
3. Third Flush (original non?)
4. Moonson Flush – durant vous devinez quoi…

Tanguy nous a ensuite fait visiter l’usine comme si nous étions une feuille qui se promenait et se faisait tranquillement transformer en thé… c’est excitant non?… non?!?… ahhh bon…

1ere ÉTAPE
Sécher à 70% les feuilles. En début de processus, si les feuilles étaient séchés à 100%, le thé n’aurait aucune saveur.

2ème ÉTAPE
Écraser les feuilles pour en libérer la saveur. Refaire l’étape 2 jusqu’à ce que les feuilles soient en assez petit morceaux.

3ème ÉTAPE
Faire oxyder les feuilles. Le processus se fait de lui même une fois que les feuilles ont été détruites en petits morceaux. Laisser mijoter durant 1h30-2h.

4ème ÉTAPE
Faire sécher les feuilles à 100% afin de sceller la saveur. Cette étape est cruciale et c’est elle qui fait en sorte que la saveur est relâchée seulement quand on met le thé dans de l’eau chaude.

5ème ÉTAPE
Séparer les feuilles… dans le sens de les détruites en fines particules. Des femmes utilisent des râteaux sur des convoyeurs… très gracieux à voir.

6ème ÉTAPE
La plus importante d’entre toute; la dégustation héhé. Vous pouvez arrêter après la 5ème étape si vous voulez…

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Fait intéressant, il y a plusieurs sorte de thé, mais sachez qu’ils viennent tous de la même feuille. C’est simplement la manière de la traiter par après durant le processus énoncé ci-haut qui va les différencier.

Le thé vert est donc le thé « normal », le thé noir est fermenté plus longtemps, le thé blanc est laissé à l’état plus naturel, donc pas détruit en fines partivules, le silver tip thé est un thé noir fait à partir des meilleures feuilles (petites feuilles bien colorées) et ainsi de suite.

Au final, si vous avez une chose à comprendre à propos du thé, c’est que tout est une question de « saveur » et « d’oxydation ».

La visite s’est donc avéré très intéressante. Comme il était mentionné dans une coupure de journal « a journey into the Himalayas to the plantations of Darjeeling proves to be a teetotaler’s version of Napa Valley wine tour, but way less crowded (la visite de plantations de thé de Darjeeling dans les Himalayas est l’équivalent, pour les maniaques de thé, d’une visite de Napa Valley (Californie) pour les amateurs de vins… mais beaucoup moins achalandée) ».

Si vous pensez un jour visiter cet endroit, sachez que mars est le meilleur moment de l’année.

BACK IN REAL INDIA

Nous nous sommes donc résigné à quitter ce petit coin de paradis qu’est le District de Darjeeling pour retourner en Inde… le véritable Inde.

Parce qu’entre vous et moi, cette province n’est en Inde que théoriquement parlant… la très grande majorité de ses habitants sont d’origine népalaise.

C’est à bord d’un jeep dévalant dangereusement la coline pendant 1 heure (à certains moments, je croyais que ce serait moins long que ça… de tomber de la montagne je veux dire). À moins de 20km de notre destination, le jeep a manqué de gaz… en plein milieu d’une friche. En fait, durant les 30 premières minutes, le conducteur n’avait aucune idée du problème puisqu’il a ouvert le capot et a commencé à taper sur tout ce qu’il trouvait. C’est à ce moment que j’ai décidé de m’éloigner un peu…

Puis, bozo est parti en courant sur la route, pour disparaitre au loin et revenir quelques minutes plus tard avec… du gaz. Eille chose, les jauges que tu as dans la face ne sont pas de simples décorations… tu peux en tirer des informations très utiles…

Une fois rendu à Silighuri, ne manquait plus qu’à prendre un gigantesque tuk tuk à 6 places pour se rendre jusqu’à la station de train New Jaigalpuri (communément appelé NJP ou tout simplement The Junction).

Puisque nous avions cru bon de ne pas booker de billet à l’avance (sauf si tu prend un train de jour, c’est TRÈS STUPIDE de se présenter à la gare sans avoir préalablement un billet… mais nous l’avons quand même fait), il a fallu trouver la comptoir de réservation (très plus facile à dire qu’à faire) pour miraculeusement booker un train pour le soir même…TADAM

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Nous partons donc ce soir 5 juillet à 20h, à bord du « Darjeeling Mail Express », pour une balade de 10h nous menant jusqu’au centre de Kolkata, une ville que même les indiens ne peuvent pas supporter tant elle est soit-disant crasseuse et polluée. À les croire, même si j’ai une bonne expérience de l’Inde, c’est impossible de s’y préparer. Ça fait peur…

Nous y serons donc dès demain au lever de soleil… mais bon, avec encore quelques heures à tuer avant de s’embarquer pour cette nouvelle aventure, nous allons décompresser un peu et fêter nos retrouvailles avec Kingfisher… la seule et unique bière indienne… dans un restaurant crasseux devant la station… avec un indien qui commence à être de plus en plus collant.

Chow bye ma bande de vous autres… et portez-vous bien dans votre pays tout beau, tout propre.

ÉPISODE 18 – APOCALYPSE PLEASE
À suivre…

Épisode 16 – Retour à la civilisation… asiatique

Nous étions donc au lendemain de la fin du trek…

Après avoir séjourné à Naya Pul l’instant d’une nuit… de trop… nous avons pris le premier bus en direction de Pohkara dès le lendemain matin.

2ème plus grande ville de Népal, Pohkara est renommée pour son superbe lac et l’impressionnant panorama sur les montagnes qu’il est possible de voir par temps clair; il y a donc le lac en avant-plan, la ville et la chaine de montagne en arrière plan.

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Dès notre arrivé à Pohkara (Lakeside), un constat s’imposait par lui même; nous étions désormais très loin des sentiers de l’Annapurna dans un endroit très (trop) touristique. La rue principale longeant le lac n’est qu’une succession d’hôtel, de magasins, de restaurants, d’agences de voyage, etc. C’est ok, mais troublant après 1 mois dans la « nature ».

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Parce que tous nos vêtements sont sales et détrempés et que nos sacs de voyage sont à Katmandou (le matériel que nous n’avons pas amené durant le trek est resté à notre hôtel à Katmandou), Roark a décidé de porter les vêtements achetés en Inde… par Liselot. Durant la majorité de notre séjour là-bas, il a donc porté un ensemble très ample de couleur beige et rouge… qui pourrait au mieux faire une horrible nappe. Son accoutrement attirait les regards dans la rue et faisait étrangement penser à Homer Simpson dans l’épisode où il était hyper gros et travaillait à partir de la maison. Certains pourraient aussi dire qu’il ressemble à un télétubbies ou à un popsiccle géant et je comprendrais totalement…

Aussi, je ne sais pas dans quel genre d’hôt

el on est tombé, mais il y a plein de… comment dire… plein de… ouin… ok je le dis… il y a plein de LADYBOY (leur déguisement n ‘est vraiment pas fameux) qui font des aller-retour dans les chambres à l’étage supérieur. Le plus drôle là-dedans… et par là-dedans, je ne fais pas référence à « dans le ladyboy »… c’est qu’à chaque fois qu’illes aperçoivent moi ou Roark, illes se moquent de nous en raison de ma grosse barbe et de son accoutrement. Mais bon, la vue depuis l’une des nombreuses terrasses nous fait vite oublier le tout…

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Nous avons aussi profité de notre séjour là-bas pour renouer avec Alval et Dan… 2 anciens trekkeurs reconverti à la vie en société.

Sinon, parmi les faits d’arme de mon séjour là-bas, mentionnons la course à moitié nu (je vous rassure, le moitié nu était le haut du corps), sous la pluie, en flip flop, … et pas du tout ajun… que j’ai faite avec Alvar d’un bout à l’autre de la rue principale (elle doit faire un bon 4-5km) longeant le lac. Ahhh, j’ai oublié de dire que c’était en pleine nuit (certains pourraient appeler cela le matin) et qu’il n’y avait aucun éclairage. Bref, quelque chose de vraiment intelligent… J’ai fait un acte de fois, dans la mesure où je courrais sans me soucier de si j’alla

is marcher dans un nid de poule (il y a beaucoup de poule au Népal… et plus particulièrement sur cette rue) et me casser une cheville. Heureusement il n’y a eu aucun accident, mais oh combien de népalais médusés de nous voir ou encore des touristes, pas plus ajun que nous, nous siffler.

Le matin de notre dernière journée à Pohkara, je me suis levé déterminé à retrouver mon visage (donc raser ma barbe). Le plan initial était de retourner à Katmandou, de retrouver mon stock et de couper le tout avec mon propre matériel… mais ce monstre était rendu complètement insupportable avec la chaleur.

Je me suis donc levé, j’ai regardé Roark de l’autre coté de la chambre et je lui ai lancé « Roark, I’m going to a barber shop this morning for you know what… (Roark, je m’en vais de ce pas chez le barbier pour faire tu sais quoi) » et lui de me répondre « ok, I’ll go with you… (ok, je viens avec toi) ». Nous sommes donc allé au barber shop juste à coté de l’hôtel. On s’est donc fait raser pendant que Liselot prennait des photos de l’opération.

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1 heure plus tard, nous étions tous les 2 comme des bébés naissants avec la peau lisse comme de la peau de fesse. Sans barbe j’ai été en mesure de constater comment j’avais pu perdre de poids durant le trek; mon visage est présentement découpé au couteau tellement il n’y a plus de gras.

Liselot était complètement subjuguée. À ce qu’il parrait, Roark parrait maintenant 5ans plus jeune et j’aurais pour ma part perdu une bonne décennie et même plus. Il faut savoir que mis à part Roark, j’ai rencontré tous mes amis à un moment où à un autre sur les sentiers de l’Annapurna… avec ma barbe de vétéran de la guerre. Je ne crois pas qu’il m’aurait suivit et fait confiance aussi aveuglément si j’avais eu cette gueule de blanc bec.

Alvar est celui qui a le mieux résumé la situation

; « you’ve lost the trekker Spirit… now you look like normal tourist (vous avez perdu l’esprit du trekkeur… maintenant vous ressemblez à de simples touristes) ». Ouin pis…

Nous prenons donc la direction de Katmandou dès demain (23 juin), après 4 jours de farniente à Pohkara.

On serait resté volontiers plus longtemps ici, mais moi et Roark avons vraiment hâte (le mot n’est pas assez fort) de retourner à Katmandou afin de retrouver notre stock et enfin pouvoir changer de vêtements.

Comment dire, j’ai beau prendre des douches de manière quotidienne depuis notre arrivé à Pohkara, j’ai seulement 3 chandails, dont 2 hyper chauds… donc très peu adapté au climat chaud et humide d’ici. De plus, les 3 sentent à des milles à la ronde. Même chose pour mes 2 paires de shorts et mon pantalon. Bref, vivement Katmandou…

Si il y a 1 chose dont je vais véritablement m

‘ennuyer à propos de Pohkara, ce sont les nombreux restaurants hyper abordables. Pour de bons restaurants pas cher, allez à l’extrémité droite (en faisant face au lac) de la rue principale. Vous allez manger comme des rois pour une bouchée pain.

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Ce n’est pas un « Adieu », mais bien un « Au revoir et à la prochaine » que je fais présentement à Annapurna, Machhuputchre et cie en les regardant au loin derrière la ville. Pendant plus de 1 mois vous nous avez tenu compagnie, c’est donc difficilement concevable de quitter cet endroit.

BOYS ARE BACK IN TOWN

Prendre le bus de Pohkara à Katmandou est un véritable acte de foie; pendant 6h, tu n’es plus maitre de ton destin, c’est plutôt entre les mains d’un chauffard qu’il se trouve… Heureusement pour nous (moi, Roark et Liselot) tout s’est bien passé.

Après 1 mois et des poussières en exil, j’étais de retour à Katmandou.

Autant je ressentais un grand vide depuis la fin du trek, autant j’étais hyper content de revenir dans cette ville où je me sens extraordinairement bien et où je suis capable de m’orienter sans carte avec 2 doigts dans le nez.

Après avoir séjourné 1 nuit à notre ancien hôtel et récupérés nos bagages, nous avons entrepris de changer de paysage. Cet hôtel est hyper nice, mais il se trouve en plein milieu du bourdonnant quartier Thamel. Ce quartier est fantastique pour se préparer à faire un trek, mais nous sommes présentement à la recherche d’un endroit plus calme afin de mettre de l’ordre dans nos idées et tourner officiellement la page du trek (classer photo, finir blogue, etc.).

Nous déménageons donc dans un auberge un peu moins chic, mais qui possède un aura spécial. Dès le moment où nous sommes entrés dans le bâtiment, nous avons eu l’intention d’y séjourner, et ce même avant d’avoir vu les chambres…

Située à 2 pas du Durbar Square (l’un des lieux les plus importants en ville), notre nouvel auberge a pignon sur « Freak Street », une rue qui bourdonne, mais où les activités s’apparentent plus à une vie de quartier (petits magasins et restaurant beau/bon/pas cher) qu’à un quartier totalement pensé en fonction des touristes comme Thamel. Bref, c’est notre havre de paix…

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Malgré la grande tranquilité des lieux, il ne se passe pas une minute sans qu’on entende un coq hurler, un chien japper et/ou un népalais… se racler la gorge. Après tout, je suis quand même en Asie, il ne faut pas l’oublier…

Nous avons donc passé 5 jours là-bas. La très grande majorité du temps, nous étions enfermés dans notre auberge (soit dans notre chambre, soit sur le super toit terrasse) à classer nos photos et rédiger une histoire à partir des nombreuses notes prises tout au long du trek. En fait, c’était comme si je travaillais. Je me levais vers 9h, pour ne faire que cela jusqu’à 1 ou 2 heure du matin.

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Vous auriez du voir l’amanchure; 2 gars toute la journée sur leur ordinateur dans une chambre digne d’un motel décrépit… avec des bébelles qui trainent partout.

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En fait, on sortait de l’auberge pour les besoins essentiels; manger, acheter de la bière et… aller au cinéma (On a pu visionner dans une salle à la presque fine pointe de la technologie « Man of steel » et « World War Z »).

Sinon, avez-vous déjà vu des pigeons « fucker » à 2 pas de votre fenêtre de chambre?!? Eh bien moi oui… je n’ai rien d’autre à ajouter sur le sujet.

Autrement, l’autre jour j’étais dans un bar à écouter un groupe népalais démolir classique après classique, quand j’ai cru reconnaitre la chanson « Alive » de Bon Jovi. À un certain moment dans la chanson, il dit « I just wanna live when i’m alive (je veux profiter de la vie pendant que je en vie) »

VOILÀ… depuis le début de mon voyage que je cherche à résumer mon expérience en une toute petite phrase et voilà que Bon Jovi m’apporte la réponse.

I JUST WANNA LIVE WHEN I’M ALIVE (se traduit très mal)

Sinon, cela fait maintenant presque 2 semaines que nous avons terminé le trek et c’est toujours quelque chose d’inconcevable pour mon cerveau de penser que c’est terminé. Je me suis levé tôt le matin pour ensuite marcher toute la journée pendant si longtemps que j’ai l’impression que c’est toute ma vie… mais bon, il fallait bien que ça se termine un jour et je dois tourner la page et commencer un nouveau chapitre.

Je vais avoir besoin d’un sérieux coup de pied dans le cul pour redémarrer mon voyage. J’ai pris des mauvais plis dans la dernière semaine et je suis devenu paresseux. De plus, mon mois de marche au Népal m’a fait perdre la grande majorité des repères/trucs que j’avais développés pour survivre à la jungle asiatique. Bref, je me sens vulnérable et faible présentement.

En fait, je me sens comme Rocky Balboa dans Rocky III; après avoir réalisé un rêve qui me tenait à coeur depuis si longtemps (faire un trek au Népal), j’ai perdu « l’oeil du tigre » (la flamme de voyager). Il me faut sortir de la zone de confort dans laquelle je suis tombée et me trouver de nouveaux défis.

Pour ce qui est de la suite de mon voyage, après avoir jonglé avec plusieurs options, j’ai finalement décidé que j’allais poursuivre ma route un peu plus longtemps avec Roark. Celui-ci doit prendre un vol pour l’Indonésie à partir de Kolkata à la mi-juillet.

Je prendrais ensuite la direction du Nord-Ouest de l’Inde; Chandigarh, Manali, Amritsar, Dharamsala, le Cachemire et le Ladack.

Alors que c’est la mousson presque partout en Asie, c’est présentement le meilleur moment de l’année pour aller dans cette région de l’Inde. En fait, la route qui mène au Ladack est bloquée par la neige du début septembre à la mi-juin.

De tous les lieux énumérés, c’est définitivement le Ladack qui me motive le plus. C’est l’endroit dans le monde où la culture tibétaine a le mieux subsistée depuis que la Chine a envahi le Tibet. De plus, les paysages désertiques sont apparemment complètement fous.

Cela devrait donc me tenir occupé pour AU MOINS le prochain mois et demi.

Ensuite, ce sera le temps de changer d’air et de quitter définitivement l’Inde. Mais bon, cela ne sert à rien de se projeter dans le futur. Il faut plutôt focuser sur le moment présent afin de le vivre à fond…

20 HEURES DE PUR BONHEUR

C’est aujourd’hui le grand jour… je dois me résigner à quitter la ville que je considère comme étant mon chez moi.

La sensation était très bizarre ce matin lorsque je me préparais à mettre mon gros sac sur le dos. Habitué à voyager avec une plume durant plus de 1 mois, je me retrouve maintenant avec une tonne de briques sur le dos.

Le bus que nous allons prendre se dirige vers Ilam, à l’extrémité Est du Népal. De là, nous avons l’intention de passer la frontière indienne afin de nous rendre à Darjeeling.

Après être passé outre votre première impression qui vous dit que le bus que vous vous apprêtez à prendre ressemble à une épave, que vous avez un banc inclinable, et non une couchette… la bile qui vous remonte tranquillement dans la gorge en pensant que vous allez passer 20 heures de votre vie dedans s’estompe tranquillement. Vous commencez même à trouver confortable votre siège… puis, quand vous êtes enfin en train de vous endormir, après avoir cherché une position confortable en vain, vous mettez le pied sur une « substance » étrange. Vous allumez votre lampe frontale pour vous apercevoir que 2 poussins, sorti d’on ne sait où, s’apprêtent à vous picosser les pieds tout en faisant de mignon cui cui…

Oui, vous avez bien lu, 2 poussins sont à vos pieds… bienvenue en Asie.

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N’ayant aucune idée à qui ils peuvent bien appartenir… et même si vous le saviez, vous ne parlez pas un traitre mot dans sa langue… vous décidez d’endurer les poussins à vos pieds.

Puis… 1 heure plus tard et sur le point de pogner les nerfs, vous vous dites qu’assez c’est assez… vous empoignez les 2 poussins et les foutez dans l’allé au milieu du bus, vraisemblablement voués à finir sous une semelle de chaussure durant la nuit.

Dernière halte bouffe de la soirée avant de s’attaquer à la nuit. À la réception de votre plat, 2 bestioles sortent de vos pâtes… mais vous faites comme si de rien était puisque vous avez trop faim… vous poussez même l’audace jusqu’à en redemander.

De retour dans le bus, vous vous endormez sans vous en rendre compte à la minute ou le foutu film indien se termine et que le chauffeur éteint le foutu bruit (ils appellent ça de la musique ici).

Quelques minutes ou heures plus tard, vous vous rendez compte que vous dormiez quand un autre foutu poussin vous joue dans les pattes. Depuis votre première expérience avec eux, leur propriétaire s’était rendu compte de leur disparition et les recherche activement.

C’est donc un peu beaucoup en colère que vous prenez le poussin et que vous faites semblant de le « pitcher » par la fenêtre en fixant le propriétaire du regard et en disant lui disant; « next time (la prochaine fois) ».

Malheureusement, vous n’avez pas réellement fait semblant de pitcher le poussin par la fenêtre puisque vous n’êtes pas un sadique. En réalité, vous l’avez plutôt envoyé jouer à la roulette russe du hasard dans l’allé au centre du bus comme les poussins précédents.

Sachez qu’aucun animal n’a été maltraité dans l’histoire. Tous les poussins que vous avez envoyés à une mort certaine dans l’allé ont été rescapés.

LA FONTAINE DE JOUVENCE

À peine le soleil levé que nous étions arrivés à destination. Les courbatures n’entendaient pas à rire. Pour ajouter au drame, le ciel était couvert de nuage et un orage se tramait. Rien ne laissait donc présager que ce village était exactement ce qu’il me fallait pour restarter la machine à motivation (je vous ai parlé plus tôt que j’ai perdu l’oeil du tigre du voyageur).

Après avoir passé le plus clair de la journée à finaliser le classement de mes photos et l’écriture de mon énorme blogue sur l’Annapurna (si j’avais su dans quoi je m’embarquais au départ avec l’écriture de ce blogue, je ne l’aurais JAMAIS fait… moi et mes idées de grandeur), j’ai daigné lever les yeux de mon ordinateur pour apercevoir le ciel qui s’éclaircissait. Dame Nature était en train de nous concocter un de ses coucher de soleil dont elle seule connait la recette.

J’ai donc laissé mon ordi en plan pour enfourcher mon appareil photo et monter sur le dessus de la montagne (peu importe où tu te trouves au Népal, il y a toujours une montagne quand tu en as besoin). Je n’ai pas été déçu. Reconnu comme la capitale du thé népalais, les montagne environnantes sont tapissées de plantation.

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À la vue de ce paysage, j’avais le sourire pour 2 raisons. D’une part, je trouvais l’endroit de toute beauté. De l’autre, justement parce que j’étais à nouveau capable de m’émerveiller, cela voulait dire que mon syndrome post partum de trek était terminé. J’avais retrouvé la flamme dans mes yeux… celle qui me pousse jour après jour, à vouloir découvrir de nouveaux endroits avec ma maison sur le dos.

MERCI ILAM

C’est dommage qu’Ilam soit à l’extrémité du Népal, parce que l’endroit ne reçoit pas la visibilité touristique qu’un endroit de ce calibre pourrait avoir. Oui, quelques touristes un peu téméraires comme nous décident de s’y aventurer, mais le crédit ne nous revient aucunement; la seule raison pour laquelle nous sommes ici c’est parce que c’est le passage obligatoire pour aller de Katmandou à Darjeeling.

LA LIGNE IMAGINAIRE

En ce 1 juillet, nous quittons officiellement le Népal pour retourner en Inde.

Le trajet ne s’annonce pas de tout repos. La frontière Indo-népalaise la plus proche (Pasupati), qui sépare Ilam de Darjeeling (notre destination) de seulement 100km, et donc hyper facile à faire en 3-4 heures… N’EST PAS OUVERTE AU TOURISTES. En fait, elle n’a pas les infrastructures pour acceuillir les étrangers, seul les locaux (indiens et népalais) peuvent la franchir.

Nous sommes donc très heureux d’avoir pris une journée de repos à Ilam puisque notre plan en quittant Katmandou étant de passer la frontière à cet endroit. Bref, futur visiteur de l’Est du Népal et/ou du Nord-Est de l’Inde, prenez en bonne note.

Un trip qui aurait nécessité 1 bus de 60km du coté népalais + passer la frontière + 1 autre bus de 60km du coté indien, se transformait donc en 1 bus de 80km jusqu’à Charaali (un peu plus au sud de Ilam) + 1 autre bus de 10km de jusqu’à Kakarbhitta/Panitanki (nom de la frontière coté Népal/nom de la frontière coté Inde) + passer la frontière + 1 bus de 60km jusqu’à Silighuri + 1 bus de 60km jusqu’à Darjeeling. Bref, quelques heures supplémentaires de plaisir.

Comprenons nous bien, lorsque j’emploi le mot bus, je sous-entend des jeeps inconfortables (le mot suspension ne réfère pas à une pièce d’auto en Asie) et chargés au maximum.

Aussi, dois-je vous rappeller que mon visa népalais est échu depuis le 10 de juin héhé. Si je quittais le pays via l’aéroport, je serais un peu inquiet, mais comme je le fais via la frontière terrestre, j’ai très bon espoir de glisser un petit 19$ dans les poches du garde et de dire « ciao chow bye… »

Durant le premier trajet de bus en partance de Ilam, j’ai ressenti l’urgent besoin d’apprendre quelques mots en népalais. Mon nouvel ami népalais, un ingénieur s’en allant à un meeting dans la ville voisine, dont j’étais le siamois l ‘instant de quelques heures (on était serré comme des sardines l’un contre l’autre) allait me rendre service puisque nous avions un problème commun.

Pourquoi cet envie soudaine d’apprendre des mots népalais à quelques heures de passer la frontière et de ne plus les utiliser avant très longtemps, alors que je n’ai fait aucun effort pendant presque 2 mois pour apprendre autre chose que « namaste ». Eh bien, il y avait un gars complètement saoul assis à coté de Roark et il n’arrêtait pas de crier tout le temps. J’ai donc demandé à mon frère siamois de m’apprendre comment dire « shut up (tais-toi) » en népalais. C’est ainsi que j’ai pu dire au saoulons « chupo laga » sur un ton ferme en le regardant dans les yeux. Il prenait ensuite son trou pour une dizaine de minutes, pour recommencer de plus belle par la suite. C’est alors que, sans lui avoir demandé, mon siamois m’a appris la nouvelle phrase « kino de re boledo (comment?!? Tu parles encore!) ». J’ai donc joué à ce jeu tout le trajet au plus grand plaisir des autres népalais qui ne pouvaient pas le sentir non plus.

Ce saoulons entre donc dans la liste très restreinte des « népalais dont j ‘aimerais foutre mon poing dans la gueulle ». Jusqu’à maintenant, cette liste ne comprenait qu’un seul nom; le gérant de l’auberge de Tilicho Lake. Ces 2 énergumènes rejoignent par contre la centaine de milliers d’indiens anonymes sur la liste des gens qui m’ont faient chier durant mon voyage… liste qui ne comprend qu’un sri lankais, soit celui qui a volé mon portefeuille…

Donc, après une ride de jeep de 3h de Ilam à Charaani, un court bus (un bus, un vrai, et il fallait que ce soit le trajet le plus court du parcours grrrr), nous étions à Kakarbhitta près à passer la frontière.

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De là, nous avons pris un ricksaw (je DÉTESTE les ricksaws – vélo à 3 roues – la dernière fois où j’en ai pris un, c’étais lors de mon premier jour à mon arrivé à Delhi et il m’a escroqué en plus de m’amener au bout de la ville) pour passer la frontière… à cet endroit, les 2 pays sont séparés par une plaine innommable de 2-3km de large. C’est une très belle promenade à faire, si il ne commence pas à pleuvoir à siaux quand tu entreprend la marche grrrrrr.

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Une fois les papiers de retour en Inde signé auprès d’un officier n’aimant vraisemblablement pas son travail et attendant la retraite, nous avons pris un bus complètement bondé durant 2h jusqu’à Sirighuri. De là, un petit jeep taxi de 3 petites heures et nous étions finalement arrivé à Darjeeling.

Fait très cocasse, durant notre dernière ride de jeep, moi et Roark étions assis avec le conducteur à l’avant et Roark avait le bras de vitesse entre les jambes (pas besoin de vous dire que le jeep était manuel). C’est donc dire que le conducteur devait mettre sa main vous savez où pour shifter. Cela a donné lieu à quelques situations cocasses lorsque le conducteur a voulait embrayer sans regarder… et qu’il se trompant de levier…

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C’est donc un AU REVOIR Népal. Il n’y a aucun doute dans mon esprit que j’y reviendrais un jour… et plus d’une fois… ne serais-ce que pour aller à Lumbini, Chitwan, faire le trek du Upper Mustang, le trek du Langmung et bien sur celui du Camp de base de l’Everest, pour retourner à Bhaktapur et évidemment chez moi à Katmandou.

P.S. – J’ai une question à vous poser mes vous autres; que pouvez-vous faire dans 1 journée avec 20$? Vous payez un bon lunch sur l’heure du midi et un magazine ou aller su cinéma en couple?!? Autant dire que vous ne faites pratiquement rien…

Eh bien, sachez que depuis maintenant 4 mois, je vis avec moins de 20$ par jour; chambre d’hôtel, 3 repas par jour, 1 ou 2 bières, etc. En fait, quand je dépense 20$ et + c’est que j’ai eu une grosse journée, que j’ai visité un endroit couteux ou que j’en ai viré toute une.

Pensez-y bien lorsque vous aller sortir un petit 20$ de rien du tout de votre poche…

Épisode 17 – DARJEELING UNLIMITED
À suivre…