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Épisode 19 – Varanasi; la cité des Morts

Bon… c’est moi qui lui ait donné ce nom, mais il faut savoir qu’elle est plutôt appelée « City of Life (La Cité de la Vie) »… Peu importe…

Voilà ce que mon Lonely Planet avait à dire à propos de ma prochaine destination;

« Brace yourself. You’re about to enter one of the most blindingly colourful, unrelentingly chaotic and unapologetically indiscreet places on Earth. Varanasi takes no prisoners (Vous êtes sur le point d’entrer dans l’un des endroits les plus colorés et chaotiques du Monde. Varanasi ne prend pas de prisonniers…) »

V A R A N A S I… l’une des plus anciennes villes du monde. Elle est habitée depuis que les hommes ont commencé à se regrouper en village.

Après 14h dans ma prison de fer,
j’étais arrivé à destination.

J’ai eu mon premier coup d’oeil en traversant un pont au-dessus du Gange tout juste avant d’arriver en gare; une tonne de vieux bâtiments amassés en un gros tapon sur 5-6km de la berge Est du Gange. Du coté Ouest de la rivière, c’est le calme plat; une forêt presque à l’état vierge.

Parlons-en du Gange; c’est l’un des plus long fleuve au monde, il prend sa source dans les montagnes himalayennes, pour ensuite traverser d’Ouest en Est le Nord de l’Inde et finalement aller se jeter dans l’océan Indien un peu au Sud de Kolkata. Ce cours d’eau est sacré pour les indiens, particulièrement les Hindus… mais entre vous et moi, je n’y poserais même pas le pied dans un cauchemar. En clair, il est pollué comme jamais un cours d’eau ne pourra l’être dans le Monde entier. Cela étant dit, il est utilisé à toutes les sauces par les indiens; bain, lavage de vêtements, cimetière, pêchey et poubelle…

Je m’attendais donc à voir une rivière complètement dégeulasse avec des cadavres et des vidanges partout.

La réalité a été tout autre… oui l’eau est très brune et ne donne pas vraiment envie d’y mettre les pieds, mais mis à part cela, le Gange semble être une rivière comme les autres. Son niveau actuel est présentement très haut en raison de la moisson et est à peu près aussi large que le fleuve St-Laurent à la hauteur de Québec.

Une fois sorti de la gare, la ville est complètement chaotique, mais plus on s’approche de la rivière et plus ça se calme. Ça, c’est parce que j’ai décidé d’aller à un hotel un peu en retrait de l’action… si vous vous dirigez dans la vieille ville, ce sera une autre histoire.

En fait, j’ai probablement trouvé le paradis au beau milieu de l’enfer; le Sani River View Guesthouse.
Situé près du Gange à 2 pas du Assi Ghat, il faut prendre une multitude de petites ruelles s’apparentant à un labyrinthe, mais le prix en vaut la chandelle.

Laissez-moi vous aider un peu; en quittant la rue principale, vous tombez sur Quéquette road, une rue étroite avec un temple surplombant les arbres tout au bout. À ce moment, si vous ne voyez pas un ou plusieurs indiens pisser sur un des murs de briques rouges, c’est que vous vous êtes trompé d’endroit. Retournez sur la route principale et refaite l’exercice jusqu’à ce que vous trouviez le bon chemin. Ensuite, la parti facile commence, vous tournez à droite, puis à gauche, passez la grosse vache pleine de mouches, puis à droite. À ce moment, vous devriez êtes complètement perdu… c’est très bien puisque cela veut dire que vous touchez au but. Retournez sur vos pas… attention à la bouse de vache… puis tournez sur l’autre droite et TADAM, vous êtes rendu. Facile non?!? Ne reste plus qu’à éviter de rentrer saoul en plein milieu de la nuit…

L’auberge est sans aucun doute le plus bel endroit où j’ai résidé jusqu’à maintenant en Asie. J’ose même le qualifier de havre de paix… tout en étant l’un des meilleurs rapports qualité/prix de mon voyage. En prime, c’est à quelques mètres du Gange et il y a un toit-terrasse qui surplombe les autres bâtiments. Seule chose qui pourrait me rendre plus heureux, des crochets dans les chambres…

Après une visite éclair de l’environnement bâti autour de mon hôtel, c’est-à-dire le Assi Ghat sur les berges du Gange et une brève, mais efficace, mémorisation de comment me sortir du labyrinthe de rues plus étroites les unes que les autres, quelques constat s’impose; c’est très tranquille et l’endroit incite à la réflexion.

Cependant, à la minute où tu t’approche trop près du Gange, un indien va t’approcher pour t’offrir… ou plutôt insister pour t’offrir une promenade en bateau. Sinon, un « pharmacien » voudra vous vendre tout ce qui existe comme drogue sur Terre. La d’entre-eux parlent très bien anglais… mais ils ne comprennent pas le mot « non ». Tu te débarrasses de l’un d’eux simplement pour en gagner un autre.

Ahhh… aussi, il y a de la merde d’animaux PARTOUT dans les rues gracieuseté des nombreuses vaches en libertées (il est donc hors de question d’écrire sur mon IPhone et marcher ici). Qu’est-ce qu’une tonne de bouses de merde apportent avec elles?!? Une quantité incalculable de mouches à merde (grosses mouches noires). C’est marqué « ferme ta bouche quand tu marches dans les rues »…

Jusqu’à ce que je quitte Varanasi, j’ai donc fait le choix de respirer par le nez; j’aime beaucoup mieux respirer une odeur de merde toute la journée, qu’avaler des mouches… la dernière chose que je voudrais ce serait d’en avaler une…

Ayant ma dose de merdes et de mouches pour aujourd’hui, je rentre à mon hotel, je me met en chess, je monte sur le toit terrasse et je glande en regardant le ciel se coucher sur une journée trop longue à mon gout… Le tournage d’il y a 2 jours, jumelé à une mauvaise nuit dans le train a fait en sorte de vider mes batteries.

Bon, allez… Dodo… On se reparle demain c’est promis…

Ok, je vous dérange encore une fois aujourd’hui…

Alors que j’étais dans les bras de Morphée depuis un bon moment, j’ai entendu de la musique festive en provenance de l’extérieur.

Au départ, je pensais que c’était dans mes rêves, mais ça a pris de plus en plus d’ampleur. Je me suis donc empressé de sortir sur le balcon… pour contempler une scène que je croyais unique au Mardi Gras de la Nouvelle-Orléans; il y avait une centaine d’indiens qui célébraient dans la rue, chacun étant vêtu d’un costume plus farfelus que les autres.

Parmi eux, une vingtaine avaient des instruments, principalement des tambours, et il y avait aussi un trompettiste, un saxophoniste et un flutiste. Une vingtaine d’autres portaient sur la tête des lumières qui scintillaient (comme dans les fêtes foraines). À la queue de la parade se trouvait une voiture et 4 chevaux blancs recouverts d’une multitudes de fleurs rouges. J’en ai donc déduit que c’était un mariage… et ils m’ont donné raison quand un homme et une femme habillés en couple royal sont sortis; l’homme habillé en véritable sultan avec son costume d’un blanc immaculé et son turban de couleur et la femme habillé comme Cherazade dans les Milles et une Nuits.

Le tout donnait quelque chose de très festif. Ça me donnait même envi d’aller danser et célébrer avec eux… c’est tout dire pour quelqu’un qui déteste danser. Je vous le dit tout de suite, si je me marie un jour, j’invite un nombre restreint de gens et on prend un avion pour Varanasi afin de célébrer le tout à la manière locale… alcool et cigares en plus… et on fini la soirée en se jetant dans le Gange… euh.

Les HINDUS, Le GANGE et la MORT

Pour une première fois depuis je ne sais plus quand, j’ai décidé de me lever tôt (5h) ce matin pour admirer le lever du soleil. Malgré la mousson, le ciel était clair et j’ai pu admirer le soleil qui se levait de l’autre coté de la rive (Varanasi est fait sur mesure pour les lever de soleil).après 1h à voir un ciel passer d’une petite lueur, à une teinte rosé, puis au jaune classique, le ciel s’est complètement couvert d’une mince couche de nuages faisant en sorte de diffuser la lumière uniformément, comme si le ciel s’embrasait l’instant de 3-4h… j’ai
répété l’exercice le lendemain matin pour avoir un résultat identique…

En prenant mon petit déjeuner sur le balcon de l’hôtel par la suite, j’attendais que Roark se lève pour aller marcher en ville. Disons que j’étais un peu beaucoup confus… et que j’aurais attendu longtemps si je n’étais pas sorti de la Lune… puisque je voyage en solo depuis maintenant 4 jours…

Les batteries bien rechargées, j’entreprend de marcher Varanasi aujourd’hui, c’est-à-dire de longer la rive à partir de l’endroit où je me trouve (Sud), en montant le plus haut possible. Mon but; voir le plus grand nombre de Ghat possible…

Qu’est-ce qu’un Ghat?!? Comme partout ailleurs en Inde, les indiens ont construit des espèces de bains publiques, plus précisément, des marches qui descendent dans le Gange. Ils se servent des Ghats pour faire tout ce qu’on peut faire avec de l’eau; se baigner, se brosser les dents, ch!er, etc. Bien que la très grande majorité de ceux-ci servent uniquement de bains publics, certains se spécialisent dans la crémation des morts.

Comme le Gange est la rivière le plus sacré du pays, ces Ghats sont parmi les plus importants au pays. Il faut aussi savoir qu’un bon 70-80% de la berge de Varanasi est occupée par un Ghat, il y en a plus de 30.

Quand la ville n’est pas en période de mousson et que le niveau du Gange est bas, il est possible de se promener d’un Ghat à l’autre sans même avoir à aller dans la ville, simplement en se promenant sur les berges. Comme ce n’est pas la cas présentement, je vais devoir naviguer dans un labyrinthe de petites

Peu importe, il est difficile de s’y perdre puisqu’à la minute où tu veux retrouver ton chemin, tu n’as qu’à cramper vers la droite (si tu monte vers le Nord) ou vers la gauche (si tu descend vers le Sud) et tu tomberas inévitablement sur le Gange.

Pour ma part, la stratégie est simple; pour me sortir du labyrinthe et voir le plus de Ghat possible je vais suivre les ruelles en prennant toujours l’option qui me conduit le plus à l’Est et si ce n’est pas possible, vers le Nord.

Lors de ma promenade, chaque détour me réservait une nouvelle surprise; temple souterrain, bâtiments construits il y a des siècles, temples hindus, temples jains, temples bouddhistes, une vache, un troupeau de vaches, une tour d’eau sur la rivière et offrant une vue inespérée de la ville, des chèvres, des jeunes qui jouent dans des ruelles plus petites que mon cul, une tonne des vaches prenant un bain dans le Gange. Seule constante, encore et toujours de la merde… PARTOUT.

Cela ne faisait pas plus de 10min que je marchais, principalement à l’ombre, et je suais déja à grosse goutte toute l’eau de mon corps. L’idée de faire une insolation ne m’avait jamais passé par la tête depuis le début de ma vie, mais là, sans même connaitre les causes, j’étais convaincu que tous les ingrédients étaient au programme de ma journée. Je devrais donc redoubler de vigilance et boire une quantité industrielle d’eau… à défaut de pouvoir me baigner dans le Gange comme tous les indiens que je croise. Par quelques fois, j’ai senti que j’allais perdre conscience (les yeux me sont tournés, mais sans plus…

Et puis tout à coup, le moment tant attendu est arrivé; je suis tombé sur un Ghat procédant à des rites funéraires (crémation)…

Le Harishchandra Ghat est le 2ème plus gros Ghat procédant à des rites funéraires à Varanasi. Quand j’y suis allé, il y avait 4 tas de bois sur le bord de la rivière; 2 d’entres-eux étaient complètement brulés, sur le 3ème, il y avait un corps au 3/4 calciné (on pouvait clairement voir ses jambes intactes sortir du linceul), et c’était le début de la cérémonie pour le 4ème.

Ils ont tout d’abord fait un gros tas de bois, ont déposé le corps sur le dessus, ils ont recouvert le corps de bois, ont ajouté de l’essence, un peu de paille et ils ont foutu le feu. Puis, le brasier a prit feu… D’où j’étais, j’ai reçu quelques cendres dans la face… Bon, si ce qu’on dit à propos de la nourriture en Inde est aussi vrai pour les morts, à savoir que si c’est chaud et que ça a cuit un peu c’est sans danger, je devrais être ok…

Pour ceux qui aurait voulu voir des photos, sachez qu’à la minute où vous sortez un appareil photo ou un cellulaire (je voulais simplement écrire sur mon IPhone), une tonne d’indiens vous font savoir qu’il est très mal vu de prendre des photos de la cérémonie.

C’était alors le temps de continuer ma découverte de Varanasi. TOUT est photogénique. Si je ne m’étais pas retenu, j’aurais près des photos à chaque fois que mon regard se portait dans une nouvelle direction.

Aussi, j’ai l’impression que si j’avais visité l’endroit il y a 1000ans, l’endroit aurait ressemblé à ce que j’ai devant les yeux… scooter en moins

Après la visites de plusieurs autres Ghats, je suis finalement retrouvé au principal ghat de crémation en fin de journée; le Manikarnika Ghat. L’expérience fut totalement différente de l’autre Ghat de crémation où je suis allé en début de journée; celui-ci est gigantesque… et quelqu’un m’a expliqué tout le processus de la Mort chez les Hindus.

Tout d’abord, la ville de Varanasi représente quelque chose pour toutes les religions en Inde, mais si il y a 1 ville sainte d’entre-toutes pour les Hindus, c’est Varanasi.

À partir du moment où la personne rend l’âme, la famille du défunt lui fait 5 massages; un massage au Beurre, l’autre au Miel, un autre au Lait, un à l’huile de moutarde et un dernier au yogourt. Ce processus vise à honorer et libérer les 5 éléments à partir duquel le corps est fait; l’Eau, le Feu, l’Air, l’Esprit et le Ciel. On ne ri pas dans la classe… c’est très sérieux. Je dois avouer que lorsqu’il a prononcé le dernier massage au yogourt, j’ai eu un sourire en coin…

La famille enveloppe ensuite le corps dans un tissu de coton blanc pur et lui donnent des présents (ils lui mettent des ornements… comme on ferait pour une momie).

Après ces étapes, le corps est fin près à être transporté jusqu’au Ghat pour la crémation. Note importante, le corps doit être acheminé dans les 2 à 10heures suivant sa mort. Passé ce délai, le mort ne pourra pas être « crématoré » au Ghat.

Tout au long du trajet, la famille transporte le corps en chantant des Shakra (chansons en l’honneur du défunt).

Je ne répéterais pas ce que j’ai déjà dit plus tôt à propos de la préparation une fois au Ghat (tas de bois, etc.), ce qu’il faut savoir est que c’est la famille qui s’occupe de bruler le corps… et seulement les hommes peuvent s’en charger. Si c’est le père qui meurt, ce sera le fils ainée qui devra allumer le feu, et ce sera au plus jeune fils que la tâche incombera dans le cas de la mère.

Pourquoi bruler le corps à proximité du Gange?!? C’est une très bonne question Francis… je sens que tu la question te brulait les lèvres depuis un bon moment… contrairement à ta soeur qui dort dans le fond de la classe…

Eh bien, c’est très simple… le feu (crémation) est le dernier « bain » que la personne va prendre sur Terre et le feu est sensé libérer le Corps de l’Esprit.

Après 20min de cuisson, celui qui a allumé le feu doit ouvrir le coton au niveau de la bouche pour donner 3 dernières gorgés d’eau au défunt.

Après 2h sur le feu, celui qui a allumé le feu doit prendre un bâton de bambou afin de briser le crâne du cadavre. De ce fait, il libère l’Esprit du Corps.

Après 3h, il n’est pas sensé rester autre chose que les os. Ceux-ci sont alors jetés dans le Gange.

Voila… vous en savez désormais autant que moi…

Ahhh, j’sllais oublier certains détails;

– Dû à l’essence de bois employée pour faire les monticules de bois, le défunt ne dégage aucune odeur noséabonde losqu’il brule.

– Les Ghats crématoires fonctionnent 24h/24, 365 jours par année. Chacun des Ghats peut bruler entre 200 et 300 personnes par jour.

– Seulement les personnes mortes de manière naturelle peuvent être « crémataté » tel que je l’ai décrit ci-haut. Quelqu’un qui meurt d’un accident quelconque, où qui se fait tuer, n’ait pas accepté. Ahhh… si vous mourez d’une morsure de Cobra (les autres serpents c’est OK) ou si vous êtes Lépreux, le même sort vous attend. Il y a une machine électrique spéciale (four) pour eux. Pourquoi?!? Aucune idée…

– Les enfants morts en bas de 12ans ne sont pas brulés, ils sont simplement attachés à une grosse roche et tirés dans le Gange. Pourquoi cette infâme procédure. Tout simplement parce que leur esprit n’a pas besoin d’être séparée de leur Corps. Pourquoi?!? No sé… faites dont vos propres recherches pour une fois héhé… je sais seulement que je n’ai pas vraiment envi de faire de la plongé sous-marine dans le Gange à la hauteur de Varanasi et en amont… ou aval… bref, celui qui veut dire « après ».

– Pas besoin d’être Hindu pour se faire bruler. Moyennant 10000-12000rs (100-140$), vous pourrez vous aussi vous y faire incinérer (ça en coute 300-400rs pour un indien). C’est donc dire que tu peux te faire bruler à Varanasi et te faire pitcher dans le Gange ensuite…

– Pour ceux qui demeurent trop loin et qui veulent finir leur jour… euh… mort dans le Gange, et pour les sans-abris, il existe une hospice pour homme et une pour femme à proximité du Ghat. Vous allez donc pouvoir mourir en paix sachant que vous serez brulé vif et garoché dans le Gange tout juste après votre mort.

Fin de la leçon… Le soleil commence à se coucher et je suis bien loin de mon hôtel. Loin de moi l’idée de marcher dans ces rues la nuit tombée… et hors de question de prendre un tuk tuk.

Ayant fait le chemin du retour dans un temps record, je me suis buté sur 2 grosses vaches qui bloquait la seule porte cochère donnant accès à mon hotel. Après avoir tenté de les faire bouger en vain… j’ai sorti mon habit de coureur de « 100m haies » en priant le ciel qu’elles ne se tournent pas la tête au moment où j’allais sauter par dessus elles… j’en aurais été du pour un bon coup de corne…

Bilan de la journée; pour marcher dans Varanasi, il faut accepter de se mouiller (sueur) et de se salir (j’ai les jambes toutes séchées et multicolore et j’ai recu plein de choses sur la tête). Un merci tout spécial à l’$sti de f&lle qui m’a pitché du liquide blanc sur les jambes. Le liquide ressemble comme 2 gouttes d’eau à du crémage à gâteau… ou du goano. Je n’ai pas arrêté de me dire que c’était la première option, mais je n’ai pas osé gouter.

EUH… QUOI?!?

Mon réveil lors du jour 3 fut brutal. Allant voir le manager pour commander mon déjeuner il m’a tout bonnement lancé « … and don’t forget the check out is at 11h (… et n’oubliez pas que le check out est à 11h) ».

?!?

Euh… Pourquoi tu me dis ça aujourd’hui?!? J’ai réservé ma chambre pour 2 autres nuits hier. Un peu embêté, il a cherché dans ses papiers pour me revenir bredouille quelques minutes plus tard. Il appert que l’information s’est perdue (c’était un autre que lui à la réception à ce moment) et il a entretemps réservé ma chambre pour ce soir… et l’hôtel est plein…

Un peu beaucoup en panique et ne sachant pas trop quoi faire, je me suis assis tranquillement pour faire le point;
Fait 1; je dois me trouver un autre hôtel,
Fait 2; le ciel n’annonce rien de beau pour aujourd’hui,
Fait 3; j’ai de la misère à supporter ma peau tellement il fait chaud et humide ici,
Fait 4; bien que j’aimerais visiter quelques autres lieux en ville, j’ai vu tout ce que je voulais vraiment voir…

Bref, vous me voyez surement venir comme un éléphant dans un magasin de porcelaines; j’ai décidé de lever les feutres de Varanasi et de continuer mon chemin.

Je quitte donc Varanasi dans des circonstances un peu bizarres… mais bon, c’est ça la vie de backpacker… et croyez-moi sur parole, j’ai déjà vécu bien pire…

Heureux hasard, hier soir j’ai fait toutes les recherches pour me rendre jusqu’à Chandigarh, ma prochaine destination (trains à prendre + localisation de quelques hôtels intéressants) Je n’étais donc pas entièrement pris au dépourvu…

J’ai donc packté mon stock en vitesse pour me rendre à la gare en espérant avoir une place. J’étais très confiant puisque pour me rendre à Chandigarh, je devais tout d’abord prendre un train de jour (il n’y a aucun problème à booker les trains de jour à la dernière minute) jusqu’à Lucknow et enchainer avec un train de nuit jusqu’à destination. Le pire qu’il pouvait m’arriver serait de ne pas avoir de billet pour le train de nuit aujourd’hui et de devoir passer une nuit à Lucknow, ce qui ne me dérangeait pas trop…

Malgré ce petit anocroche, je vous recommande à 200% cet hotel pour l’accueil, le service, la qualité des chambres, ses nombreuses terrasses offrant de superbes vues sur la ville, sa proximité avec le Gange, son emplacement un peu à l’écart et parfait pour se reposer et la nourriture; prenez la grosse portion de Thali pour souper… tout fond dans la bouche et si vous avez encore faim après, je vous paie autre chose. Cependant, réservez à l’avance… Le manager m’a fait comprendre que j’avais été très chanceux d’avoir une chambre en me pointant à l’improviste et notez bien qu’il n’y a pas de basse saison à Varanasi… même en temps de mousson, la ville est pleine à craquer de touristes.

Constat de mon séjour à Varanasi; si l’Enfer et le Paradis existent sur Terre, je crois qu’ils sont tous les 2 à Varanasi. C’est à coup sur l’endroit le plus Hors de l’Ordinaire où j’ai pu aller depuis 4mois. On se croirait transporté 1000ans en arrière. Je suis bien content d’avoir le bagage d’expérience que j’ai présentement pour apprécier l’endroit à sa juste valeur. Il faut savoir que n’eut été de ma panique en arrivant à Delhi, j’étais sensé venir ici tout de suite après être arrivé en Inde… ça aurait été une expérience tout autre et assurément très traumatisante.

Si Kolkata m’a surpris et émerveillé, Varanasi est comme un feu d’artifice qui part dans toutes les directions et en met plein la vue. Si je savais ce que voulais dire « flabergasté », eh bien je crois que je le serais…

Pour ceux qui envisage de venir à Varanasi un jour, j’ai un bon conseil pour vous. Il fait TRÈS chaud ici. Avant de prendre un hôtel, assurez-vous que l’établissement à une batterie de secours. Votre bel air climatisé ou votre ventilateur ne vous sera d’aucune utilité durant les trop nombreuses pannes quotidiennes…

PIRE TRAIN EVER

À mon arrivé à la gare, je me suis rendu compte que j’avais été un peu trop confiant.

Le train que je voulais prendre quittait dans moins de 2h et j’ai appris qu’il était impossible de booker un train moins de 4h à l’avance. J’ai beaucoup d’expérience avec les trains de nuit, mais j’ai pris seulement 1 train de jour en Inde jusqu’à maintenant… et c’était il y a 4 mois. Le seul recours qu’il me restait était de prendre un « open ticket »; je peux entrer dans le train, mais que je n’ai pas de place assignée. Je vais donc m’assoir où il y aura de la place.

Voulant faire 1 pierre 2 coups, j’ai aussi booké mon train de Lucknow à Chandigarh pour demain soir. Je vais donc coucher à Lucknow ce soir et y passer la journée de demain.

Une fois le train pour Lucknow en gare, j’ai commencé à courir comme un déchainé de wagon en wagon afin de trouver un siège libre ou m’assoir… sur chaque wagon, tous les sièges sont affichés avec le nom de la personne qui l’a réservé… c’est une expérience dont je me serais passé volontiers.

Au final, j’ai trouvé un siège non occupé, mais je n’étais pas le premier arrivé. Je me suis donc retrouvé à le partager avec une vieille femme. Pour 2$ le trajet de 5h (au lieu de 10$) disons que je n’avais pas trop à chialer…

LUCKNOW

Lorsque j’étais à Darjeeling, j’étais en territoire bouddhiste… À Kolkata, la diversité ethnique est reine… Quelqu’un qui ne sait pas que les Hindus règnent en Roi et Maitre à Varanasi n’a tout simplement pas lu mon épisode attentivement… Eh bien, croyez le ou non, c’est maintenant au tour des musulmans d’y passer. Tout à Lucknow est musulman; l’architecture, la nourriture, les femmes…

Vous pouvez ranger les fusils, il n’y a pas d’extrémistes à l’horizon. En chemin vers ma guesthouse, j’ai même dû m’arrêter durant 15min avec un groupe de jeune qui voulait à tout prix me serrer la main…

Après avoir enduré mon mal toute la journée sans dire un mot dans le train, je suis tombé sur une guesthouse qui ressemble au paradis.

Quand j’ai fait un peu de recherche sur les accommodations de Lucknow, j’étais tombé sur une auberge qui semblait plus vrai que vrai. Pousse, mais pousse égale que je me disais très beaucoup sceptique… on verra bien une fois sur place…

Eh bien, tout ce qui est dit sur Trip Advisor (selon moi, c’est le meilleur site pour la recommandation d’accommodations) est VRAI. De tous les endroits où je suis allé, c’est celui qui ressemble le plus à une auberge jeunesse comme on se les imagines en Europe et en Amérique. Vous ne voudrez plus repartir comme c’est mon cas présentement.

Malheureusement, je dois prendre le train demain puisque mon billet a couté très cher (dernière minute et il ne restait que des classes supérieures) et qu’il est non remboursable (la totalité des types de billet de train sont remboursables, sauf les Tadkal… qui veut dire dernière minute).

J’ai donc profité de ma seule journée en ville à fond… en prenant un tuk tuk jusqu’à l’autre bout de la ville, où se trouve les principaux monuments historiques, et je suis revenu à pied, non sans peine (chaleur) jusqu’à mon auberge.

Au menu, un grand nombre de mosquées et autres bâtiments musulmans… mais à un certain moment je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de courir dans toutes les directions à chaque fois que je voyais une tour puisque ma journée ne finirait jamais (les tours, tourelles, minarets, etc. sont typique de l’architecture musulmane).

Désespérément en quête de nourriture… et d’une pharmacie pour m’acheter de la crème solaire, mais bon, c’est une autre histoire… je suis alors tombé sur la rue principale. Longue de quelques kilomètres, j’oserais dire que cette rue est unique en Inde. Avec son style Art-Deco, tous les bâtiments sont d’un beige douteux et toutes les affiches sont faites d’un lettrage blanc sur font noir. Il y a définitivement des règlements d’urbanisme ici… une première en Inde.

J’ai la très forte impression qu’aujourd’hui était la plus chaude et humide journée de mon voyage. Comment vous décrire le feeling que j’ai ressenti toute la journée… j’ai une idée… en fin de semaine prochaine, rendez-vous au Gite du Mont Albert dans le parc des Chic Choc en Gaspésie… passez l’accueil sans dire un mot pour vous diriger dans les escaliers… descendez au sous-sol et entrez dans le sauna. Ajoutez ensuite 1 ou 2 tasses d’eau sur le feu et vous aurez une petite idée de la température ici présentement…

P.S. Depuis mon retour en Inde, j’ai décidé de m’amuser un peu en jouant la même « Game » que les indiens… à savoir leur tomber un peu sur les nerfs. De temps à autre, lorsqu’un Grand Talent se met à me fixer comme si j’étais un martien (donc tout le temps), je me met à le fixer sans dire un mot durant 2-3-5 voir 10 minutes, et ce, même si ils ont arrêté de me fixer depuis. J’adore voir la réaction de ces demeurés; bien souvent ils ne savent plus du tout quoi faire et en quelques rares fois, ils partent…

Autrement, quand je me promène dans les bazars et qu’un bozo m’accroche pour ne plus me lâcher, voulant à tous prix que j’aille visiter son €st! de magasin, je me tourne vers lui et je lui demande le plus sérieusement du monde « The only thing I really want to buy is NOTHING… if you sell nothing, I’ll go to you shop right now (la seule chose que j’ai vraiment l’intention d’acheter c’est RIEN… si tu vends rien, je vais aller à ta shop sur le champ) ».

PHOTO À VENIR… pas juste cela à faire héhé

Catégories : Inde
Publié par Nicolas Pare le 21 juillet 2013
1 commentaire Poster un commentaire
  1. 07/25/2013
    Francis

    Bon, la tu vas nous mettre des photos de cadavres au plus vite lol !;) Moi, j’ai juste ça à faire haha

    Réponse

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