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Épisode 152 – Wien (Vienne); La Cité Impériale

Guten Tag (bonjour) de Wien, nom original en allemand pour désigner Vienna / Vienne.

Ville de Mozart, bien qu’il soit née à Salzburg, ville d’adoption de Beethoven, pas le chien l’autre, et du philosophe Sigmund Freud, bien qu’il soit natif de Rep Tchèque, La Cité Impériale, surnom qui va comme un gant à la capitale de l’Autriche, était le coeur des anciens Empires d’Autriche et Austro-Hongrois.

VIENNE & L’AUTRICHE POUR LES NULS

Passé comme présent, pour le meilleur et pour le pire, l’Autriche et l’Allemagne sont des nations soeurs parlant le même language et partageant une culture similaire.

Après avoir été une province de l’Empire Romain jusqu’au 6ème siècle de notre ère, le territoire composant aujourd’hui l’Autriche fut incorporé à l’Empire Bavarii (Bavaria), royaume situé au sud de l’Allemagne actuelle.

Vers l’an 995, la majorité du territoire autrichien était annexée au nouveau mini royaume de Ostarrichi, royaume soeur de Bavarii. Le royaume fut renommé « Austria » lorsque le langage latin fut adopté quelques décennies plus tard. Les mots Ostarrichi et Austria signifient « À l’Est de… », comme dans « À l’Est de… Bavaria ».

Devenu un important centre de commerce en Europe Centrale au 11ème siècle, c’est véritablement en 1276 que le Royaume d’Autriche devint un joueur majeur en Europe. L’An 1276 marquait le début de la Dynastie des Hapsburg (Hofburg). Depuis Vienne, la célèbre famille allait régner sur l’Empire Autrichien pendant presque 650ans, tout en « fournissant » des rois & reines partout en Europe.

Le règne des Hapsburg ne fut cependant pas un long fleuve tranquille; Vienne fut assiégée par l’Empire Ottoman en 1529 et 1683, et fut capturée par Napoléon 2 fois au tournant des années 1800.

En 1867, alors que la grogne montait à Budapest (ancienne capitale du royaume autonome de Hongrie, ayant longtemps été sous l’emprise des ottomans, et désormais incorporée à l’Empire d’Autriche), la monarchie autrichienne décidait de partager le pouvoir. Le royaume allait désormais avoir 2 capitales (Vienne et Budapest), 2 monarchie, 2 gouvernements et 1 grande armée. L’Empire Austro-Hongrois était née!

À son apogée, le royaume Austro-Hongrois comprenait 52 millions d’habitants et s’étendait en Rep. Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Croatie, Bosnie, Serbie, en Transylvanie (faisant aujourd’hui parti de la Roumanie) et une portion de l’Italie, de la Pologne et de l’Ukraine.

En 1914, l’assassinat de l’Archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône Austro-Hongrois, par un mouvement séparatiste serbe, précipitait l’Europe dans la Grande Guerre.

En 1916, au beau milieu de la guerre, le Kaiser (Roi) Franz Joseph mourait de vieillesse après un règne de 68 ans. Vous ne connaissez peut-être pas Franz Ferdinand, mais vous avez assurément déjà entendu parler de sa femme, la reine Elizabeth. Surnommée Sisy (Sissi) et réputée comme la plus belle femme du monde au 19ème siècle, elle fut assassinée en Suisse quelques années plus tôt.

En 1918, l’Empire Austro-Hongrois sortait vaincu de la Grande Guerre. La Dynastie des Hapsburg prenait officiellement fin et le royaume cessait d’exister. La République d’Autriche était proclamée, amputée de la Hongrie, de la Yougoslavie et de la Czekoslovakie.

En 1938, l’Allemagne s’emparait de l’Autriche. Le pays cessait d’exister de 1938 à 1945. À l’époque, une large proportion des autrichiens soutenaient l’annexion à l’Allemagne et supportaient les politiques nazis. Hitler lui-même était autrichien.

En 1955, à la fin de l’occupation Alliés et Russe, l’Autriche fut à nouveau reconnu comme un état indépendant. L’une des conditions du retrait russe était que le pays jurait de ne plus jamais s’annexer à l’Allemagne et de toujours rester neutre en cas de futures guerres. C’est donc dire que contrairement à tous ses voisins immédiats, l’Autriche ne se retrouva pas derrière le Rideau de Fer et ne connu pas le régime communiste.

WIEN / VIENNA 2018

À quoi pensez-vous quand vous pensez à Autriche?

Aux montagnes!!!

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le territoire de l’Autriche n’est pas entièrement tapissé de montagnes. Les montagnes commencent dans le centre, mais se situent essentiellement dans l’ouest. C’est ainsi que les environs de Vienne, à l’extrême est, sont hyper plat.

Il n’y a pas à dire, même si Vienna fut lourdement bombardée par les Alliées durant la 2ème Guerre Mondiale, au point de n’être qu’un tas de décombres en 1945, la vieille ville de Vienne est un musée à ciel ouvert. Le beau de toutes les époques cohabites, surtout le beau de la renaissance. On dirait que chaque recoin, chaque détour, chaque petite rue de la vieille ville cache un trésor.

Chateau des Hapsburg

Le chateau des Habsburg, sans aucun doute la pièce de résistance de la vieille ville, est G I G A N T E S Q U E.

Historiquement beaucoup important que le chateau de Versailles, le chateau fut la résidence officielle de la monarchie pendant toute la dynastie. Chacun des monarque y a ajouté sa touche personnelle et chacune des ailes reflète le style architectural de l’époque à laquelle elle fut construite.

Ces multitudes ailes sont aujourd’hui une multitude de musées.

Le Palais Schonbrunn

En périphérie de la ville, le Palais Schonbrunn est aussi un incontournable. Résidence de la reine Sisi, l’immense jardin n’a rien à envier à Versailles.

Épisode 147 – The Long Trail – Walk Hard au Vermont

***PHOTOS À VENIR***

Dimanche 15 Juillet 2018

Après 7 mois de vie sédentaire à Montréal, je retournais à mes amours l’instant de 3 semaines.

Direction le Vermont!

Objectif; marcher le sentier The Long Trail, plus vieux sentier de longue randonnée en Amérique du Nord (dont le départ se trouve à 2 heures de Montréal)!

VERMONT + THE LONG TRAIL POUR LES NULS

Un petit bourrage de crane avant de commencer!

Pas mal tous les québécois y sont déjà passé en coup de vent pour rejoindre Boston/New-York.. sans se donner la peine d’arrêter. Grave Erreur!

Pour les québécois, le Vermont est comme un voisin d’enfance qui a l’air un peu louche/plate. On l’ignore/l’évite jusqu’au jour où on tombe face à face avec lui. On se rend alors compte qu’il est super intéressant et on pense à tout ce temps perdu à l’ignorer.

Le Vermont est tout sauf cet horrible voisin du sud.

+ Jacques Cartier fut le 1er européen à visiter le territoire en 1535,

+ Samuel de Champlain a revendiqué le territoire au nom de la France,

+ L’origine du mot Vermont vient des mots français Vert + Mont. Sa capitale se nomme d’ailleurs Montpellier.

+ La France donna le territoire à la Grande-Bretagne à la fin de la Guerre de 7 ans,

+ Le Vermont est le 2ème État le moins populeux des USA avec à peine 600000 habitants,

+ Il est considéré comme l’État le plus sécuritaire des USA,

+ Il fut le 1er État à abolir l’esclavage.

+ Le Vermont est aussi l’État d’un certain Bernie Sanders. Pour ceux qui auraient vécu sur Mars depuis quelques années, c’est le candidat démocrate socialiste qui aurait pu battre Trump aux élections présidentielles… si seulement les démocrates n’avaient pas pipé les dés pour Hilary!

Comme le laisse sous-entendre le nom de l’État (Vert+Mont) et son surnom (The Green Mountain State – L’État des Montagnes Vertes) la quasi totalité du territoire est recouvert d’un tapis vert; les Green Mountains, véritable colonne vertébrale commençant au nord à la frontière avec le Quebec/Canada, jusqu’au sud à la frontière avec l’État du Massachusetts.

L’organisme Green Mountain Club (GMC) fut fondé en 1917 dans le but de protéger les Green Mountains. Concrètement, le club « créa » The Long Trail; un sentier de 272miles (435km.. officieusement beaucoup plus) qui traverse la totalité de l’État sur l’axe nord / sud, en connectant la plupart des sommets d’importances.

Plus vieux sentier de longue randonnée aux États-Unis, il servit d’inspiration pour « construire » l’Appalachian Trail.

Southbound (SoBo) vs Northbound (NoBo)

Vous pouvez faire The Long Trail Southbound (partir du nord et aller vers le sud) ou Northbound (contraire).

90% des randonneurs le font Northbound. Les plus grosses montagnes sont au nord, commencer au sud permet donc aux randonneurs de s’acclimater en douceur aux rigueurs du sentier.

À l’opposé, marcher Southbound c’est aller à contre-courant et se taper la partie difficile dès le départ.

Être SoBo c’est être solitaire; rencontrer beaucoup de gens, mais brièvement. Si vous voulez rencontrer d’autres randonneurs, allez-y NoBo.

EN BREF

The Long Trail c’est…

⁃ 272miles (435km),

⁃ 20+ jours,

⁃ Dormir dans une tente, dans des refuges ou à la belle étoile,

⁃ Pas de réseau/wifi,

⁃ Pas de route pavée,

En transportant tout dans mon petit sac à dos (sleeping, tente, nourriture, etc.), qui malgré sa petitesse, devait faire un bon 25km bien sonné…

Cette randonnée allait s’avérer un réveil brutal pour ma forme physique… qui n’avait cessé d’ajouter des courbes à son arc depuis mon retour au Canada.

Jour 1 – LATITUDE 45

Départ Journey’s End / Terminus Nord / North Troy

Arrivé Laura Woodward Shelter

Distance Du Jour 8.7miles + 2miles (17km)

Distance Totale Parcouru 8.7miles (14km)

Distance À Faire 263.3miles (421km)

09.50 – « Tu es sur que c’est ici? « , me lançait Olivier. Je regardais ma carte, pour finalement hocher de la tête.

Sans tambour, ni trompette (et surtout sans aucune indication), le sentier commençait sur une petite route de terre au milieu du bois, quelques km après avoir franchit la frontière à Highwater (Canada) / North Troy (USA).

Je disais Au Revoir à mon pote (GROS Merci pour le lift by the way), enfourchait mon sac, et commençait à marcher…

Après quelques minutes, j’atteignais une tranchée dans la forêt; la ligne de Latitude 45 (à mi-chemin entre le Pole Nord et la ligne de l’Équateur) qui servait de frontière entre le Canada et les États-Unis.

À partir de là, j’entamais le roller coaster qu’est The Long Trail; monter la montagne… descendre la montagne… monter une autre montagne… descendre l’autre montagne… et ainsi de suite. Ce manège allait perdurer jusqu’à ce que j’atteigne le Massachusetts puisque le sentier se fait un devoir de passer par le sommet de quasi chaque montagne que j’allais voir à l’horizon.

De grosses grenouilles, quelques petits rongeurs et une tonne d’oiseaux seraient mes compagnons de marche. Si j’étais moins chanceux, je pourrais tomber sur l’un des nombreux ours qui peuplent la région.

15.00 – Le Refuge Laura Woodland en vue, j’avais encore beaucoup de jus dans les jambes, mais cette randonnée était un marathon, pas un sprint. Il n’était pas question de me bruler au jour 1!

La seule source d’eau des environs était un marécage; eau à saveur d’algue garanti sinon argent remis!

Jour 2 – PÉNURIE D’EAU

Départ Laura Woodward Shelter

Arrivé Tillotson Shelter

Distance Du Jour 14.7miles (23.4km)

Distance Totale Parcouru 23.4miles (37.4km)

Distance À Faire 248.6miles (397.6km)

06.45 – Comment faire pour savoir que tu es le 1er randonneur à arpenter un sentier en matinée? Facile! C’est toi qui te tape toutes les toiles d’araignées!

Après 1h de marche, j’atteignais le sommet de Jay Peak, l’une des plus hautes montagnes du Vermont et station de ski très prisée en hiver.

Aussitôt monté… aussitôt descendu de l’autre coté…

Aujourd’hui, le nerf de la guerre serait de bien s’hydrater. Beaucoup plus facile à dire qu’à faire quand on considère que les sources d’eau étaient quasi inexistantes, résultat de la dernière pluie datant d’il y a 1mois. Comme si ce n’était pas assez, j’avais l’impression de marcher dans un sauna tellement la chaleur était écrasante et l’air sec.

Résultat; j’ai du m’abreuver dans des sources d’eau vraiment suspectes (trou de boue, eau stagnante, etc.)… le genre de source dans lequel je n’aurais jamais osé me tremper le petit orteil en temps normal. C’était ça ou la déshydratation.

Avec déjà 8h de marche et 15km dans les jambes, le Mont Haystack, et ses +500m de dénivelé positif, se dressait devant moi. N’ayant pas croisé de source d’eau depuis un bon moment, j’avais la langue à terre avant même l’ascension.

06.40 – 12 heures après mon départ, et après avoir franchit les 4 derniers km en 4 heures, je posais mon sac au Camp Tillotson. Toute la fatugue s’effaçait quasi instantanément pour laisser place à un sourire; aussi difficile cette journée avait pu être, elle était désormais derrière.

Jour 3 – LES IGNORANTS SONT BÉNIS

Départ Tillotson Shelter

Arrivé Corliss Shelter

Distance Du Jour 15miles (24km)

Distance Totale Parcouru 38.4miles (61.4km)

Distance À Faire 233.6miles (373.6km)

« Les ignorants sont bénis »

J’ai toujours trouvé cette expression un peu simpliste! Dans l’histoire d’aujourd’hui c’est moi l’ignorant… et je suis tout sauf béni!

Avoir su qu’est-ce que la journée me réservait, j’aurais fait les choses différemment… à commencer par ne pas me lever sous la pluie battante… quand la pluie allait s’arrêter 20min plus tard. Bref, les ignorants ne sont pas si béni que ça.

Fast Forward jusqu’en milieu de journée au moment où j’atteignais mon objectif du jour beaucoup trop tôt.

Je décidais de continuer jusqu’au prochain camp 10km (et quelques montagnes additionnelles) plus loin.

Un randonneur n’est pas complètement maitre de son destin sur The Long Trail; il est permis de dormir seulement dans les refuges/campings désignés. Cela place très souvent le randonneur devant une journée (trop) facile ou très longue.

Je regardais le ciel, d’un bleu éclatant, et décidais de continuer…

Ce qui devait arriver arriva; exactement à mi-chemin entre les 2 camps, une pluie diluvienne me tombait dessus avec une rare intensité, au point où j’avais de la difficulté à voir devant moi. Je découvrais avec stupeur que le raincover de mon sac (fraichement acheté) était beaucoup trop petit pour couvrir tout ce qui était attaché sur mon sac. Erreur de débutant…

Quand même drôle quand on pense que j’avais de la misère à me ravitailler en eau depuis 2 jours et que l’eau me tombait désormais dessus comme les chutes Niagara.

17.00 – 2 heures plus tard, avec le Camp Corliss en vue, la pluie cessait finalement.

Heureusement pour moi, il y avait de la place pour dormir dans le grenier du Refuge… bien au chaud… avec des souris qui me tournaient autour toute la nuit.

Seule bonne nouvelle dans tout cela; j’avais pris ma 1ere douche en 3 jours!

Jour 4 – HAPPY TRAILS

Départ Corliss Shelter

Arrivé Bear Hollow Shelter

Distance Du Jour 15.3miles (24.5km)

Distance Totale Parcouru 53.7miles (85.9km)

Distance À Faire 218.3miles (349.1km)

07.05 – C’est avec des souliers/bas et vêtements encore détrempé que je commencais la journée sous un ciel bleu.

La journée commençais en force avec la difficulté du jour; l’ascension du Mont Laraway. Le reste de la journée allait être une simple (mais longue) formalité.

15.35 – Après une ascension facile, mais interminable sur un chemin forestier ressemblant à un labyrinthe (sans aucun signaux), j’avais le super Bear Hollow Shelter à moi tout seul pour la nuit… c’est à tout le moins ce que je croyais…

Jour 5 – LE MARCHEUR DE LA NUIT

Départ Bear Hollow Shelter

Arrivé Taft Shelter

Distance Du Jour 13.7miles + 2miles (21.9km)

Distance Totale Parcouru 67.4miles (107.8km)

Distance À Faire 204.6miles (327.2km)

Un évènement très bizarre m’est arrivé la nuit passée. Arrivé au camp Bear Hollow vers le 16.00, il faisait déjà nuit vers 20.00 et j’étais tout fin seul au milieu des bois.

Vers minuit, je me faisait réveiller en sursaut par un crayon qui tombait par terre. Je me disais alors tout bonnement que ça devait être une souris qui jouait avec le carnet de bord (livre de lequel les randonneurs écrivent). Quelques minutes plus tard, j’entendais ce même crayon écrire dans le carnet. J’en avais le sang glacé et mon coeur se mettait à battre à 200 miles à l’heure. Imaginez, la table sur laquelle le carnet, se trouvait à moins de 2 mètres de moi de le refuge.

Heureusement pour moi, j’avais installée ma tente sur le lit pour me servir de moustiquaire. Je restais terré dans mon sleeping pour ne pas attirer son attention. Si c’était un randonneur arrivé tard, on échangerait nos histoires demain matin. Si c’était une personne mal intentionné, j’étais en underwear et mon coutesu était bien enfoui dans mon sac… je n’avais donc aucun avantage à attirer son regard.

Le crayon s’arrêtait d’écrire et le bruit cessait. Je réussissais à me calmer et me rendormir en me convaincant que ce n’était qu’une hallucination… que j’ouvrirais le carnet le lendemain matin et que la dernière inscription serait la mienne.

Je me réveillais… ouvrais le carnet… y trouvais une inscription après la mienne; une inscription bizarre sans signature ni daté.

Je n’avais donc pas rêvé durant la nuit!

Une personne rodait autour du refuge. On raconte que plusieurs fugitifs en cavale vivent reclus dans les Green Mountain. Le soleil se levait et je ne me faisait pas prier pour prendre la poudre d’escampette.

09.20 – Après une longue ascension de +600m de dénivelé, je me trouvais au sommet du Sterling Peak, communément appelé Whiteface, et pouvais apercevoir au loin toutes les montagnes qu’il me faudrait monter dans les prochains jours. Aussitôt descendu Sterling que je remontais le très haut Madonna Peak,

Après avoir croisé l’enchanteur Sterling Pond, 1er lac depuis le début de la randonnée, descendu jusqu’à fond de la vallée via un sentier vraiment pas commode, être allé manger une glace à la station de ski Stowe, je commençais l’ascension du Mont Mansfield.

Je m’arrêtais pour la nuit au très rustique Taft Shelter, un beau grand refuge en bois à moins de 1km du sommet.

Juste avant d’arriver au refuge, je trouvais un petit ruisseau pour me désaltérer. Je prenais mon temps et enlevais mes souliers. Au moment où j’allais remplir ma gourde.. un gars arrivait avec son chien.. le chien sautait dans l’eau.. se roulait dedans.. et faisait ses besoins. J’étais en Tab@rn@k et le propriétaire du chien l’a su!!!

Jour 6 – CHAMBRE AVEC VUE

Départ Taft Shelter

Arrivé Puffer Shelter

Distance Du Jour 9.6miles (15.2km)

Distance Totale Parcouru 77miles (123km)

Distance À Faire 195miles (312km)

La nuit dernière, 13 personnes se trouvaient au refuge Taft; 12 Northbounder.. et moi. On se serait cru dans un concours de America Got Snorers (l’Amérique à des Ronfleurs).

06.45 – Dernier levé, 1er dans mes souliers et parti.

30 minutes plus tard, je me trouvais au sommet du Vermont, @ 1340m d’altitude, rien à voir avec les plus hauts sommets que j’ai atteint dans ma vie, mais tout de même pas de la tarte. Le sommet était une loooooongue arrête somitale de plusieurs km.

Je décidais de couper court à ma journée lorsque j’atteignais le Puffer Shelter, un camp perché sur un flanc de montagne et offrant un impressionnant panorama. Il n’y avait pas de source d’eau dans les environ et ma bouteille était vide depuis déjà quelques heures. Pas d’eau voulait dire pas de souper (puisque je ne pouvais faire bouillir mes pâtes) et rester déshydraté jusqu’au lendemain. N’empêche, je ne voulais pas rater le spectacle du coucher et lever de soleil.

Jour 7 – JOUR DE PLAGE

Départ Puffer Shelter

Arrivé Bamforth Ridge Shelter

Distance Du Jour 16miles (25.8km)

Distance Totale Parcouru 93miles (148.8km)

Distance À Faire 179miles (286.2km)

Mon réveil sonnait à 04.45, juste à temps pour admirer le lever du soleil sur les Green Mountains.

J’étais parti avec 5-6 jours d’autonomie en nourriture, sans véritablement avoir fait de recherche au préalable pour savoir où me ravitailler. J’entamais aujourd’hui le jour 7 et n’avais plus rien à manger. Heureusement pour moi, il y avait une route en bas de la prochaine vallée… 15km plus loin. Sans eau et sans nourriture depuis hier, j’étais comme une voiture avec la jauge de gaz et d’huile dans le rouge. C’est insensé tous les ruisseaux, étangs, etc. que je croisais et qui étaient complètement à sec.

Arrivé à la route, je levais le pouce, et en moins de 5min une voiture s’arrêtait. Direction la belle petite ville de Richmond… plus précisément son supermarché. J’avais les yeux ronds qui voulaient me sortir de la tête à regarder toutes la nourritures disposées dans les rayons.

L’homme qui me faisait un lift pour retourner sur le sentier était un maniaque de plein air, m’offrait une bière, et prenait une photo de moi et mon sac (il n’en revenait pas que j’ai une tente, un sleeping, un matelas, des vêtements et de la nourriture pour 6-7jours dans/sur mon petit sac.

Avant de retourner dans la montagne, j’en profitais pour faire une trempette dans la très belle rivière au fond de la vallée… ça compte pour une douche? La journée était propice à tout sauf faire de la randonnée (chaleur accablante). Pour une rare fois dans ma vie, j’aurais préféré la plage à la montagne… mais mon timing serré pour finir The Long Trail ne me le permettait pas.

13.30 – De retour sur le sentier, à la base de Camel Hump State Park, le fun recommençait avec une ascension de +1200m jusqu’au sommet du Mont Camel Hump (Dos de Chameau). Qui dit resupply, dit abondance de nourriture, mais aussi un sac rempli à pleine capacité (très lourd).

J’arrêtais pour la nuit à mi-chemin du sommet au Bamfort Ridge Shelter, beau refuge assez basic et ouvert sur l’extérieur… avec 4 bear box (boite à ours… pour cadenasser tes trucs dedans protégé des ours)… ce qui n’indiquait rien de bon.

Jour 8 – TEMPS TROUBLES

Départ Bamforth Ridge Shelter

Arrivé MontClair Glen Lodge

Distance Du Jour 5.4miles (8.6km)

Distance Totale Parcouru 98.4miles (157.4km)

Distance À Faire 173.6miles (277.6km)

À partir d’aujourd’hui, mon principal problème allait changer du tout au tout. Depuis le départ de la randonnée, m’approvisionner en eau était extrêmement difficile. Je marchais plus souvent qu’autrement sous un soleil de plomb en quasi permanence déshydraté. À partir d’aujourd’hui, mes prières allaient être exhaussées… un peu trop à mon gout; ce serait le déluge!

Ma randonnée était loin d’être terminé, mais j’affrontais mon dernier vrai challenge du parcours; atteindre le sommet de Camel’s Hump. Même par beau temps, le sentier (essentiellement rocheux) pardonnait difficilement les erreurs. Avec la pluie et le sentier totalement exposé au fort vent, le facteur glisser/perdre pied était doublement présent.

Le sommet fut la définition même d’un No Man’s Land; le vent soufflait tellement fort que je devais ramper sur le rock pour avancer. Tout ce qui n’était pas fixé solidement sur mon sac partait au vent (ou revoir gourde) et la pluie tombait à l’horizontal. Je ne m’y éternisait pas…

Midi à peine sonné, j’atteignais le Montclair Glen Lodge. Je décidais que j’en avais assez vu et je tirais la plug sur cette journée de randonnée.

Jour 9 – LES CAPRICES DE DAME NATURE

Départ MontClair Glen Lodge

Arrivé Stark’s Nest

Distance Du Jour 13.1miles (21km)

Distance Totale Parcouru 111.5miles (178.4km)

Distance À Faire 160.5miles (256.6km)

05.50 – Je me réveillais dans une forêt détrempée, mais ou il ne pleuvait plus.

L’objectif du jour était de ne pas tomber dans l’une des trop nombreuses piscines de boue, de ne pas glisser sur une roche ou une racine glissante… beaucoup plus facile à dire qu’à faire quand on considère que ca représentait 99% du sentier. Au lieu du combo vent et pluie d’hier, je devais faire face à un mix de brouillard très dense.

Ce qu’il y a de très cool au Vermont c’est que les nombreux centres de ski, par lesquels The Long Trail passent, laissent leurs bâtiments déverrouillés pour les randonneurs en été. En pleine ascension du Mont Stark, sous une pluie diluvienne, je tombais sur l’une de ces cabanes. AMEN!!!

Après un petit éclairci, je sautais à nouveau dans mes souliers imbibés d’eau et atteignais le Stark’s Nest; un grand chalet en bois au sommet de la montagne et appartenant au centre de ski Mad River Glen. J’aurais l’endroit à moi tout seul pour la nuit.

Jour 10 – LE JOUR LE PLUS LONG

Départ Stark’s Nest

Arrivé Emily Proctor Shelter

Distance Du Jour 19.5miles (31.2km)

Distance Totale Parcouru 131miles (209.6km)

Distance À Faire 141miles (225.4km)

Le soleil avait remplacé le déluge, mais le vent était à écorner des boeufs.

L’objectif du jour était d’engranger le plus de distance possible. Le terrain moins accidenté s’y prêtait bien… en théorie. En pratique, la section entre Lincoln Gap et Roosevelt Peak est probablement la plus mal entretenu sur The Long Trail; beaucoup de gros arbres tombés, de grands étangs de boue, etc. J’avançais à pas de tortue. Au moins, la vue était à couper le souffle depuis le sommet du Mont Roosevelt; un panorama de montagnes recouvertes d’un tapis vert jusqu’à l’orizon.

18.00 – Après plus de 12h de marche, je voyais le refuge Sunny Ledge poindre à l’horizon.

Jour 11 – BON KARMA

Départ Emily Proctor Shelter

Arrivé Sunrise Shelter

Distance Du Jour 17.7miles (28.3km)

Distance Totale Parcouru 148.7miles (237.9km)

Distance À Faire 123.3miles (197.1km)

Par 2 fois aujourd’hui j’ai évité le déluge en m’arrêtant quelque part juste avant. On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt… et bien rester au sec appartient aussi à ceux qui se lèvent tôt… à 05.45 pour être plus exact.

Ciel gris foncé troublé, pas de vent, pas de bruit d’oiseau, on aurait dit que le temps s’était arrêté. On aurait dit que tout ce beau monde attendait que Dame Nature explose de colère.

La mauvaise température des derniers jours avait fait fuir les randonneurs si bien que le sentier était désert.

À peine avais-je mis les pieds dans le Sunrise Shelter, que la pluie s’installait pour de bon pour la nuit.

Jour 12 – BAD KARMA

Départ Sunrise Shelter

Arrivé Rolston Rest Shelter

Distance Du Jour 14miles (22.4km)

Distance Totale Parcouru 162.7miles (260.3km)

Distance À Faire 109.3miles (174.7km)

La pluie n’avait pas cessée depuis la veille. Dans une forêt froide et détrempée, à arpenter des sentiers transformés en rivière, il était futile de tenter de ne pas avoir les pieds mouillés.

En fin de journée, au moment où j’arrivais au campement, la pluie arrêtait complètement. Difficile de ne pas le prendre personnel!

À AUCUN MOMENT dans la journée, il n’y avait eu un moment de joie; pénible du début, quand je m’étais réveillé et que j’avais constaté qu’il pleuvait des cordes, à la fin, en passant par les 7 heures à marcher sous une pluie torrentielle. Si hier j’avais été chanceux, Dame Nature s’était royalement reprise aujourd’hui.

Jour 13 – YELLOW DELI

Départ Rolston Rest Shelter

Arrivé Road U.S. 4 + Rutland

Distance Du Jour 5miles (8km)

Distance Totale Parcouru 167.7miles (268.3km)

Distance À Faire 104.3miles (166.7km)

06.30 – Je me réveillais, constatait qu’il faisait soleil et partais en coup de vent.

Je survolais les 5miles (8km) qu’il me restait à parcourir jusqu’à la route… sautais dans le bus mis à la disposition des randonneurs… et me retrouvait à Rutland, charmante petite ville sans histoire du fin fond du Vermont.

6 jours après avoir fait mon dernier réapprovisionnement en nourriture, j’étais arrivé au bout de mes rations hier soir. Non seulement j’allais m’acheter de nouvelle provision, j’allais aussi me gâter en dormant dans un lit pour une 1ère fois depuis mon départ de Montréal (13 jours).

Rutland se trouve à l’endroit où The Long Trail et l’Appalachian Trail se fusionne pour ne faire qu’un sur environ 200miles. Cette ville compte sur une véritable institution parmi les auberges le long du parcours; le Yellow Deli.

Sans réservation, j’étais accueillis à 09.00 du matin par un vieux hippy barbu qui m’offrait un maté (thé argentinien… que je déteste)! Je me faisait tout de suite assigner un lit dans un confortable dortoir climatisé… et un déjeuner. Facture totale; 0$

Bon… pour les pointilleux, l’auberge est tenu par une secte religieuse un peu bizarre, mais cela ne devrait pas vous faire renoncer à essayer ce merveilleux auberge.

Jour 14 – BIENVENUE SUR L’APPALACHIAN TRAIL

Départ Road U.S. 4 + Rutland

Arrivé Clarendon Shelter

Distance Du Jour 16.7miles (26.7km)

Distance Totale Parcouru 184.4miles (295km)

Distance À Faire 87.6miles (140km)

Je gagnais le sentier en sautant dans le 1er bus quittant la ville. Dans les heures qui allaient suivre, j’allais réaliser l’ascension du Mont Killington, dans une forêt enveloppée dans un brouillard épais, mais qui s’illuminait plus je montais et que les rayons du soleil perçaient le feuillage.

À partir d’aujourd’hui, je partageais le sentier avec des randonneurs marchant l’Appalachian Trail. En date du 28 juillet 2018, les randonneurs que je croisais et qui avaient commencés à marcher depuis le sud de l’Appalachian Trail, avaient commencé en mars et marchés plus de 2000miles. Ceux qui avaient débutés au nord marchaient depuis début/mi-juin et avaient au moins 500miles dans les jambes. À entendre leurs histoires, je me sentais vraiment humble avec mes 2 semaines et 200miles de marche.

L’Appalachian Trail n’est pas aussi populaire que la Pacific Crest Trail en terme de très longue randonnée (5-6mois), mais le sentier est tout de même très achalandé. Fini la tranquillité sur le sentier. Alors que je croisait des randonneurs tous les 3-4h sur The Long Trail, j’en croisais désormais aux 20-30min.

En quelques heures, je franchissais la barre des 15miles et atteignais le site enchanteur du Clarendon Shelter.

Day 15 – QUAND VERMONT DEVIENT VERMUD

Départ Clarendon Shelter

Arrivé Big Branch Shelter

Distance Du Jour 16.9miles (27km)

Distance Totale Parcouru 201.3miles (322km)

Distance À Faire 70.7miles (113km)

Il y a 2 écoles de pensées pour les randonneurs longue distance; ceux qui commencent hyper tôt et ceux qui se lèvent hyper tard. Les uns se lèvent et mangent en vitesse pour commencer leur journée de marche vers 06.00/07.00 (le soleil se lève à 05.20). Les autres se lèvent vers 08.00, prennent le temps de se chauffer un café, relaxent et puis prennent le sentier vers 09.00/09.30. Généralement, la 1ère école fini sa journée entre 15.00 et 17.00 et peut ajuster son horaire en cas d’intempéries, alors que la seconde école fini vers 19.00/20.00. Pas besoin de vous dire à quelle école j’appartiens!

06.45 – C’est avec les jambes aussi flexible que du béton que j’entamais la journée.

Au delà des forêts toutes vertes et des jolies montagnes, le surnom non officiel du Vermont est VerMud (Mud = Boue). J’allais découvrir ce visage du l’État à partir d’aujourd’hui en marchant en quasi permanence les 2 pieds bien enfoncés dans la boue jusqu’à la fin de ma randonnée

Jour 16 – LE COUTEAU ENTRE LES DENTS

Départ Big Branch Shelter

Arrivé Road VT 11/30 + Hitchhike Manchester

Distance Du Jour 16.7miles (26.8km)

Distance Totale Parcouru 218miles (348.8km)

Distance À Faire 54miles (86.2km)

06.10 – L’objectif d’aujourd’hui était simple; boucler 17miles, +800m d’ascension positive par delà le Peru Peak, le plus rapidement possible pour me retrouver sur le bord de la grand route, lever le pouce, et me retrouver dans la ville de Manchester, où un lit douillet m’attendait.

À la question; pourquoi une montagne se nomme Pérou en plein cœur du Vermont? La réponse est simple; en l’honneur de la ville du même nom qui se trouve juste à côté! Logique non?!?

13.20 – Au moment où j’arrivais à la route, 2 gars tendaient le pouce depuis un bon moment… et venait tout juste d’attraper un poisson. Nous montions tous les 3 dans le derrière du truck (ce qui est illégal au Vermont 😉

J’étais quitte pour un après-midi de repos à la Green Mountain House, une maison pensée par un randonneur, pour les randonneurs; 30$, incluant un frigo plein de nourriture, un lit super confo, laveuse/sécheuse, lift inclu pour retourner au sentier le lendemain, et j’en passe. Avec seulement 8 places, il faut réserver 2-3 jours à l’avance puisque les places s’arrachent comme de petits pains chauds.

Dans un sens, un auberge de randonneurs a beaucoup de similitude avec un foyer de personnes âgées; tout le monde a de la difficulté à marcher!

Jour 17 – JUSQU’À ÉPUISEMENT

Départ Manchester + Hitchhike Road VT 11/30

Arrivé Black Branch River

Distance Du Jour 18.4miles (29.2km)

Distance Totale Parcouru 236.4miles (378km)

Distance À Faire 35.6miles (57km)

C’est la moindre des choses de dire que je n’avait vraiment, mais vraiment pas envi de quitter la Green Mountain House ce matin. Il ne restait plus que 4 jours de marche avant d’atteindre le Massachusetts et la fin de The Long Trail, mais la météo annoncait 90% d’averses/orages pour les 3 prochains jours.

À mi-chemin d’une journée sans histoire, j’atteignais le sommet du Mont Stratton, la plus haute montagne au sud du Vermont. Une vieille tour d’observation s’y trouvait. Ceux qui ont le courage de monter jusqu’en haut seront récompensés par un magnifique panorama 360degrés à perte de vue dans tous les sens.

17.30 – Après 9 heures de marche, je décidais d’installer mon campement sur le bord d’une jolie rivière traversée par un pont en bois (pas un campement officiel). Un Refuge se trouvait à moins de 4km… mais c’était 4km de trop.

Jour 18 – REGARDER LA PLUIE TOMBER

Départ Black Branch River

Arrivé Goddard Shelter

Distance Du Jour 11.6miles (18.8km)

Distance Totale Parcouru 248miles (396.8km)

Distance À Faire 24miles (38.2km)

06.50 – De la boue, de la boue et encore plus de boue composait le menu du jour.

13.05 – J’arrivais au Goddard Shelter au moment où un violent orage débutait. Avec le prochain refuge à 10miles d’ici, il n’était pas question de repartir avant que la pluie cesse.

6 heures passaient, le soleil se couchait et la pluie persistait.

J’avais passé toute l’après-midi dans le petit refuge, fermé sur seulement 3 cotés, à discuter avec une douzaine de randonneurs de l’Appalachian Trail.

« Thats a small bag you got there (ton sac à dos est vraiment petit ». Je serais riche si on m’avait donné 5$ à chaque fois qu’un autre randonneur m’a lancé cette remarque. Pour la 1ère fois aujourd’hui, j’ai rencontré quelqu’un qui avait un plus petit sac que moi; 17litres (versus mes 24litres). Pendant que tous les autres autour n’en revenaient pas comment nous pouvions rentrer une tente, un sleeping, un matelas, des vêtements et de la nourriture dans si petit, nous nous échangions les compliments.

Jour 19 – PENDANT QUE LA PLUIE N’Y EST PAS..

Départ Goddard Shelter

Arrivé Seth Warner Shelter

Distance Du Jour 21.6miles (34.5km)

Distance Totale Parcouru 269.6miles (431.3km)

Distance À Faire 2.4miles (3.7km)

Dans la vie, si on se fiait sur les bulletins météo pour planifier notre emploi du temps, on serait bien triste.

Prenez aujourd’hui par exemple. Hier encore, on annonçait 90% de probabilité d’averse avec orage violent… pourtant… exception faite de 10min d’averse… j’allais marcher au gros soleil toute la journée.

Malgré tout, le mal était fait; le sentier était détrempé. Il était futile, et doublé d’une grande perte de temps, d’essayer de garder mes pieds au sec.

Jour 20 – UN DERNIER TOUR.. DE BOUE

Vendredi 3 aout 2018

Départ Seth Warner Shelter

Arrivé North Adams Massachusetts

Distance Du Jour 2.4miles sur The Long Trail… +10km

Distance Totale Parcouru 272miles (435km)

J’avais marché comme un fou la veille pour me donner une dernière journée hyper facile.

La frontière Vermont/Massachusetts était à moins de 3 miles de mon point de départ. Cette frontière marquait la fin officiel de The Long Trail, mais se trouvait au beau milieu du bois à 7km de la grand route et 10km de la ville la plus proche.

09.45 – North Adams!!!

TOUT dans mon sac et sur moi était humide/détrempé/sentait comme la chienne à Jacques. Une (très) bonne douche s’imposait… mais il me fallait tout d’abord rallier Montréal (plus facile à dire qu’à faire même si j’étais à moins de 300km à vol d’oiseau de Montréal).

Je plain les personnes qui seraient assis autour de moi dans le bus…

ÉPILOGUE

Après 20 jours et officiellement 272miles, par-delà les multiples sommets, les mers de boue, la sécheresse et les déluges, je déclare mon aventure sur The Long Trail T E R M I N É E!

Je suis donc un Thru Hiker (randonneur qui complète toute la randonnée d’un coup), End to Ender (un randonneur qui fait complète la totalité du sentier), Southbounder sur The Long Trail!

En terme de difficulté, les montagnes que traversent The Long Trail sont bien loin des plus haut sommets que j’ai atteint dans vie (6000m+), mais l’accumulation de plusieurs petites montagnes à monter/descendre jour après jour rend The Long Trail très coriace. La pire chose à faire serait de sous-estimer ce sentier.

THE LONG TRAIL EST POUR TOI SI

+ Vous aimez marcher dans la boue et/ou sous une pluie battante,

+ Vous aimez porter des vêtements et souliers humides,

+ Vous rêvez de faire une grande randonnée du type Pacific Crest Trail / Appalachian Trail, mais n’êtes pas sur si vous serez capable/aimerez ça. 3-4 semaines sur The Long Trail et vous saurez pour sir si vous voulez vous embarquer dans une très grande randonnée.

+ Une occasion en Or d’empirer (ou de débuter) vos problèmes de dos.

INFOS PRATIQUES

+ Il n’est pas absolument nécessaire d’avoir une tente. Il y a une tonne de Refuges le long du sentier. Une tente offre tout de même plus de flexibilité.

+ Il est possible de se ravitailler en nourriture à tous les 2-3jours si vous le voulez. Le sentier croise des routes et il est facile de faire du stop jusqu’à la ville la plus proche.

Dans un monde où tout va de plus en plus vite et où on ne voit pas le temps passer,

The Long Trail est un moyen de ralentir la cadence, de reconnecter avec soi-même et d’être en paix avec la nature. Lâchez les pilules et sautez dans vos bottes!

« Only those who will risk going too far can possibly find out how far one can go »

T.S. Elliot

P.S. I

The Long Trail est l’un des 3 sentiers de longue randonnée composant la « Mini Triple Crown (Mini Triple Couronne) », 3 randonnées qui prennent de 2 à 4 semaines à compléter, en comparaison aux 3 randonnées de la Triple Crown qui prennent individuellement de 4 à 6 mois à compléter.

Triple Crown des Longues Randonnées (aux États-Unis)

⁃ Appalachian Trail

⁃ Continental Divider Trail

⁃ Pacific Crest Trail

Mini Triple Crown des Longues Randonnées (aux États-Unis)

⁃ The Long Trail

⁃ John Muir Trail

⁃ Colorado River Trail

Épisode 108 – Ciudades Historicas + Costa Verde

06.30 – Le soleil se levait à peine à l’horizon, mais le bus, dans lequel nous prenions place depuis la veille, nous bardassait depuis déjà quelques heures sur une route sinueuse au travers de montagnes recouvertes d’une forêt tropicale.

07.45 – Notre calvaire était fini; Terminus Ouro Preto… au coeur de l’ancienne Ruée vers l’Or Brésilienne.

LA RUÉE VERS L’OR BRÉSILIENNE
À la toute fin du 17ème siècle, de l’or fut découvert à l’intérieur des terres, à quelques centaines de kilomètre à l’ouest de Rio de Janeiro.
Il n’en fallait pas plus pour déclencher un véritable raz-de-marrée humain; des gens de partout dans le royaume portugais convergeaient vers cette nouvelle région fraichement baptisée « Minas Gerais (La Mines… Minérales?!?) ».
Du jour au lendemain, des villes poussaient un peu partout dans cette contrée montagneuse jusqu’alors recouverte de forêt vierge; Diamantina, Tiradentes, Sao Joao del Rei, Mariana et Vila Rica, pour ne nommer que celles-la. Ces villes étaient créées à la va-vite n’importe comment.
L’or coulait à flot pendant presque 2 siècles, faisant de la région l’endroit le plus riche de toutes la colonie.
Ce qui devait arriver arriva; les sources d’or s’épuisaient vers la fin du 19ème siècle, emportant avec eux la plupart des habitants, qui partaient en quête de richesses ailleurs. L’Âge d’Or des Minas Gerais prenait fin.
Durant le 20ème siècle, les villes furent quasi abandonnées, au point d’être oubliées… jusqu’à il y a environ 30 ans, où elles furent « redécouvertes ». Baptisées « Ciudades Historicas (Villes Historiques) », elles devinrent alors des destinations touristiques prisées des brésiliens.
Depuis, le tourisme n’a cesser d’affluer pour admirer l’architecture coloniale extrêmement bien conservée de ces villes ayant « raté » le virage de l’ère industriel et toute la modernisation qui s’en ai suivit.

L’OR NOIR
Nous ne voulions pas (et n’avions pas le temps) visiter toutes les Ciudades Historicas. Il fallait donc faire un choix; 1 Ciudades, peut-être 2 that’s it.
Notre choix s’arrêtait sur « Ouro Preto ». Fondée en 1698 sous le nom de « Vila Rica », Ouro Preto est réputée comme étant la plus belle et plus importante (historiquement) de toutes les Ciudades Historicas.


Ouro Preto signifie « Or Noir ». L’expression ne fait pas référence au pétrole, mais bien aux esclaves africains qui travaillaient dans les mines d’or.
1er site brésilien à avoir été inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 1980, Ouro Preto était la capitale des Minas Gerais au temps de la ruée vers l’or.
Au milieu du 18ème siècle, ses 110000 habitants faisaient de Vila Rica l’une des plus grandes villes de toutes les Amériques, étant devancé seulement par Potosi (Bolivie).

OURO PRETO VERSION 2017
Bien souvent, les villes dites coloniales se résument à une vieille ville noyée dans une ville grande moderne sans intérêt. Ouro Preto diffère de ces villes dans la mesure où la totalité de la ville semble tout droit sorti du passé. Marcher dans Ouro Preto est comme marcher dans un musée à aire ouverte; il y a quelque chose à voir à chaque détour.

Perché à plus de 800m d’altitude sur une multitude de petites collines, il faut avoir un bon cardio pour arpenter les vieilles route de pierre qui montent et descendent. Certaines sont tellement inclinées qu’il faut se tenir aux bâtiments ou monter en zig zag.
Peu importe à quel endroit tu te trouves en ville et dans quelle direction tu regardes, il y aura au moins 2 églises dans ton champ de vision. Il doit bien y en avoir plus d’une vingtaine dans un rayon de 1 ou 2km.


Comme Ouro Preto était la capitale des Minas Gerais, la région la plus riche de la colonie portugaise au temps de la ruée vers l’or, chacune des nombreuses congrégations religieuses présentes dans le Nouveau Monde s’est fait un devoir d’y avoir adresse sur rue.
Il y avait une grande rivalité entre les différentes communautés. Chacune voulait se démarquer des autres et construire la plus belle église en ville.


Le Brésil ne cesse de m’impressionner. Je n’aurais jamais cru qu’un tel endroit puisse exister dans ce pays. Ouro Preto est sans AUCUN DOUTE la plus belle ville coloniale que j’ai vu en Amérique du Sud… peut-être la plus belle que j’ai vu tout court. Les dignes finalistes sont Vigan (Philippines), Georgetown (Malaisie) et Barichara (Colombie)… mais ne peuvent être comparées à Ouro.



TIRADENTES
L’un des premiers héros de la jeune nation brésilienne se nomme Tiradentes. Voyant que tout l’or récolté dans les Minas Gerais était immédiatement entassé sur des bateaux à destination du Portugal sans véritablement bénéficier à la colonie, celui-ci fomenta la première révolte dans le but de mener à l’Indépendance du Brésil. Cette révolte eut lieu en 1789 et porte aujourd’hui le nom de « Inconfidencia Mineira ». Elle fut un échec sur toute la ligne; Tiradentes fut capturé, exécuté, puis démembré, chacune des partie de son corps étant exposé dans les plus grande ville de la colonie (sa tête étant exposée au milieu de la place centrale de Ouro Preto) à titre de mise en garde pour toute personne qui voudrait suivre son exemple,
N’empêche, Tiradentes avait fait germer un rêve dans la tête des brésiliens.

ESTRADA REAL
Estrada Real signifie « Le Chemin de l’Or ». C’est le chemin qu’empruntait les cargaisons d’or pour être transférées des différentes mines du Minas Gerais, jusqu’à la cote atlantique, pour être ensuite « shippées » par bateau au Portugal.
Dans un premier temps, l’or était acheminé à Rio de Janeiro. Les pirates anglais, français et hollandais furent rapidement mis au courant de ces précieuses cargaison en partance de Rio et attaquaient fréquemment les navires portugais.
Les cargaisons d’or furent donc transférées à Paraty, petite ville côtière à l’abri des regards indiscrets.
C’est par un hasard des plus total que notre prochaine destination se voulait être Paraty, sur la Costa Verde.



LA COSTA VERDE
La Costa Verde est un bande de terre montagneuses qui s’étend sur plus de 100km sur la cote atlantique à environ 2 heure au sud de Rio.
Comme son nom l’indique, « La Cote Verte » est recouverte d’une forêt tropicale dense… et toute verte.
100km de paysages côtier éblouissant, que j’aurais souhaité pouvoir parcourir à mon rythme en voiture, au lieu de passer en vitesse dans un bus. L’endroit est parsemé d’iles de toutes tailles et de baies avec des plages paradisiaques, le tout baigné dans une eau turquoise. Les amateurs de montagnes ne sont pas en reste puisque certains pics rocheux déchire la forêt et frôlent les 2000m.
La Costa Verde est parsemé de villes et villages accessible par la route, mais comprend aussi des km et des km de cote seulement accessible via des sentiers pédestres ou par bateau. De quoi occuper quelques semaines…

Paraty dans tout cela? C’est le joyau colonial de la région.

PARATY
Fondée en 1667, l’heure de gloire de Paraty eut lieu au 18ème siècle alors que la ville agissait comme principal port pour exporter les richesses de la colonie vers le Portugal. Tout comme les villes des Minas Gerais, la fin de la Ruée vers l’Or eut pour résultat que la ville fit peu à peu délaissée, pour devenir une destination touristique vers la fin du 20ème siècle.
Sa vieille ville, faisant parti du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, semble sorti tout droit du 18ème siècle avec ses petits bâtiments peinturé à la chaux et ses rues en pierre.


Bien que charmante, Paraty n’arrive pas à la cheville de Ouro Preto. Cependant, son cadre (extrêmement) enchanteur compense amplement.

23 février 2017
Cela fait maintenant 13 jours que nous sommes au Brésil… 13 jours durant lesquels nous avons parcouru plus de 4500km en bus (à titre d’exemple, Québec est séparé de Montréal par 250km)… la plupart de ces km via 5 éprouvant bus de nuit.
Un petit bus (de jour) additionnel et nous atteindrons notre objectif principal au Brésil et en Amérique du Sud; Rio et son Carnaval…


P.S. ALCOOL BRÉSILIEN

Sans grande surprise, le vin brésilien est quasi inexistant. Ce n’est pas que je n’ai pas essayé d’en trouver… les seules bouteilles sur lesquelles je suis tombées avaient l’air très suspectes. À défaut de vin, le Brésil compte sur une bonne quantité de bières de micro brasseries. Ce n’est heureusement pas uniquement le pays de la Brahma et de la Skol, bière légère du type Corona…

Épisode 91 –  Salar de Uyuni -> -> -> San Pedro de Atacama

16 novembre 2016

Si il y a une chose que tu ne veux pas qu’il arrive lorsque tu prends un bus de nuit, c’est qu’il arrive à destination en avance sur l’horaire. C’est malheureusement exactement ce qui est arrivé avec notre bus ayant quitté Sucre la veille au soir.
03.50am – Encore dans les bras de Morphée, que nous étions brutalement tiré du sommeil; BIENVENUE à Uyuni.
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Moi, Tanzi et quelques autres voyageurs se retrouvions (littéralement) à la rue aux petites heures du matin avec aucune station d’autobus pour aller dormir sur un banc et rien d’ouvert.
La scène avait de quoi être drôle. De 3.50 à 05.00, notre groupe de joyeux lurons déambulait dans les rues sans destination réelle. Tanzi décidais de s’assoir sur un banc et d’enfiler son sleeping alors que je faisais une reconnaissance des lieux.
05.00 – Un homme ouvrait finalement un café… avec chauffage dans le tapis. Nous étions sauvé.
Dès le lever du soleil, le compte-à-rebours s’enclenchait; nous avions jusqu’à environ 10h00 pour trouver une compagnie qui nous conviendra.
Une compagnie pour faire quoi?
Et pourquoi avant 10.00?!?
On reviendra à la 1ère question. Pour la seconde, eh bien… toutes les compagnies (et il y en a beaucoup) débutent leur tour entre 10.00 et 11.00 le matin.
Un tour?
Toi qui adore faire les choses par toi-même et déteste les tours organisés, il-doit bien y avoir une bonne raison qui explique que tu veuilles t’embarquer dans un truc touristique… me demanderez-vous? Eh bien, c’est la seule façon de visiter l’endroit… et c’est l’un des endroits à ne pas manquer en Amérique du Sud.
Si nous ne trouvions pas chaussure à notre pied dans ce délai, nous devrions passer une nuit dans cette ville de merde.
Uyuni « ville de merde », le terme n’est pas assez fort. Uyuni est la définition même de tout ce que je déteste en voyage; une ville qui déborde de touristes, pleines de boutiques de cossins et d’opérateur de tour.
J’arpentais les rues dans mon costume d’habitant; casquette, tuque en dessous, bandanas, short, bas de montagne qui me montait au genou… et flip flop dans l’espoir de trouver.
Tic Tac Tic Tac
07.00 – À peine le soleil levé que je trouvais une compagnie plus que convenable qui avait encore 2 places disponibles.
Difficile à croire, mais vrai; nous allions nous embarquer dans un 4×4 pour un tour organisé de 3 jours dans le sud-ouest de la Bolivie, avec un guide/conducteur et 2 autres touristes (2 argentins), tour qui nous conduira éventuellement de l’autre coté de la frontière au Chili.
Le point de mire de ce road trip était le Salar de Uyuni; un ancien lac désormais asséché la grande majorité de l’année. Situé à plus de 3886m d’altitude, le Salar est une cuvette naturelle ne laissant aucun échappatoire à l’eau… les minéraux sont laissés sur place lorsque l’eau s’évapore… faisant du Salar la plus grande étendue de sel au monde… pour être plus précis, 12500km2 de sel.
Sa taille est telle qu’après avoir parcouru plus de 10km vers son centre, on perd tout repère… une immense étendue blanche sans fin.
De décembre à février, lors de la saison des pluies, le Salar redevient un lac avec environ 10 à 15 centimètres d’eau de profondeur. Avec le sel dans le fond, cela crée un véritable miroir.
Autre fait intéressant, le Salar compte plus de 5.5 tonnes de lithium, sur les 11 millions que compte la planète (50% pour ceux qui auraient besoin d’un petit rafraîchissement en math). La Bolivie est assise sur une véritable mine d’or si le marché des voitures électriques propulsées par un moteur à batterie au lithium explose. Pour l’instant, c’est le sel qui est exploité.
Bref, vous en savez un peu plus sur le Salar de Uyuni… on peu donc commencer l’aventure.
Jour 1 – SALAR DE UYUNI
10.40 – Quelques 6 heures après y être arrivé, nous quittions enfin shitty Uyuni (village).
1er Stop – Le Cimetière de Train
Anciennement, Uyuni était relié au Chili par un chemin de fer passant dans le Salar. La ligne n’est plus en fonction et les anciennes locomotives sont entassées à l’extérieur de la ville.
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2ème Stop – Colchani
Le village de Colchani est la porte d’entrée du Salar… en plus d’avoir un marché artisanal.
Peu après, nous pénétrions finalement dans le Salar de Uyuni. Les 4×4 bourrés de touristes défilaient alors presque à la file indienne. Nous passions de midi à 19.00 à parcourir le Salar. L’endroit était IMMENSE.
Situé quelques km après l’entrée du parc, se trouvait un hotel faite avec des briques de sel, mais fermé depuis l’an 2000 parce que l’installation polluait trop le Salar.
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Savez-vous que la célèbre course Paris – Dakar (course automobile et à moto) passe désormais par l’Amérique du Sud et le Salar.
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Nous roulions ensuite plus d’une heure au milieu de nul part avant d’arriver au village de Coqueza. Situé sur les berges du Salar et au pied du volcan Tunupa pointant à 5430m, nous y ramassions Liam et Elie, un jeune couple de british qui avait passé (une très mauvaise) nuit.
À partir de ce moment et pour le reste du road trip, moi, le pas bon en espagnol, allais servir de liaison entre le chauffeur et les british et Tanzi. J’allais traduire (presque) tout ce que le guide disait, et poser les questions des autres en espagnol. Comme comme j’avais fait du chemin depuis la Colombie.
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1heure de route au travers du Salar et nous étions désormais à I’ile Incahuasi… surnommée l’ile aux cactus, une ile au milieu du salt flat remplis de gros cactus.
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Après un coucher de soleil mémorable, nous mettions le cap sur un hotel fait entièrement de sel situé en bordure du Salar. Le plancher, les murs, les lits, tables, tout sauf le toit et la structure étaient fait de sel. En joke, j’essayais de scier la table pour donner des cube de sel au gens, et je collais  j’ai collais langue plusieurs fois sur les murs.
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21.30 – C’était la fin d’une très longue journée ayant commencée à 03.30.
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Voici le lien vers le court video que j’ai réalisé à propos du Salar; https://www.youtube.com/watch?v=D23OEEuaYyw
Jour 2 – LES TERRES DÉVASTÉES
Nous quittions les « berges » du Salar pour nous diriger vers le sud de la Bolivie en longeant la frontière chilienne.
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Toute la journée, nous étions trimballé d’un endroit à un autre. Au total, nous franchissions plus de 250km sans jamais voir de route, à travers les paysages lunaires du « Desierto de Siloli (Désert de Siloli) » situé à plus de 4500m, en suivant des sentiers étant au mieux des traces de roues dans le sable. À certains endroits, le désert avait l’air d’une autoroute tellement il y avait des traces de 4×4 partout.
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La végétation était inexistante, les lacs généralement complètement asséchés et route poussiéreuse. Malgré l’aspect inhospitalier des lieux, l’endroit était tout de même le repère de lamas, alpachas et autruches (oui oui).
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Premier arrêt, une forêt d’algues et de coraux pétrifiés dans une ancienne mer datant d’il y a 15 millions d’année.
Salar de Chiguana
Un plus petit lac asséché avec du sel moins pur, donc une version poche, que le Salar de Uyuni.
Volcan Ollague
À 5870m, le volcan n’est qu’un gros tas de terre sans aucune difficulté à grimper… et sans aucun intérêt puisque les environs sont complètement stériles. L’un des très nombreux volcans sur la frontière Bolivie/Chili.
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Laguna Honda
Quelques lacs presque complètement asséché au milieu du désert bolivien et repère de flamands roses.
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Arbol de Piedra
(L’Arbre en forme de Pied)
Étrange forêt de monticules rocheux au milieu du désert de sable.
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En fin de journée, nous arrivions finalement à la Reserva Nacional De Fauna Andina Ecuardo Avaroa. Situé à la pointe sud-ouest de la Bolivie, à la rencontre du Chili et de l’Argentine, le parc comprend le très photogénique Laguna Colorada (Lac Rouge).  Comme son nom l’indique, les eaux du lac de 60km2 sont rouge… en raison d’algues rouge y poussant.
En haute saison, le lac est le repère de plus de 30000 flamands roses. Nous étions en très basse saison, donc seuls les irréductibles s’y trouvaient encore (il y en avait quelques milliers).
Le lac avait un melange inhabituel de couleurs; rouge (eau), vert (verdure en bordure du lac), blanc (zones sèches du lac) et gris foncé (terre). Il y avait aussi de gros monticules blancs (sel), qui ressemblait à des glaciers et sortaient du lac ici et là.
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Une nuit glaciale nous attendait dans un auberge de fortune aux abords du lac. Être gentil, je dirais que l’endroit était rustique… ne pas être gentil, je dirais que c’était merdique.
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Jour 3 – LE DÉSERT BOLIVIEN
04.20 – Réveil dans la nuit noire et glaciale. Après un déjeuner en vitesse, nous sautions dans le 4×4 en route vers de nouvelles contrés. Nous roulions alors à plus de 5000m d’altitude et le thermomètre à bord du véhicule affichait alors -12 degrés celsius… et j’étais en short et flip flop.
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Nous assistions au lever du soleil au geyser « Sol de Manaña ».
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Le soleil à peine levé que nous sautions dans les eaux thermales en bordure du Laguna Salada. À plus de 40 degrés celsius, ces eaux, réchauffés par les volcans à proximités, étaient plus que bienvenue.
Nous atteignions finalement l’extrémité de la pointe sud-ouest du pays. Le volcan Licancabur, un tas de sable de presque 6000m, se dressait alors devant nous, avec un petit lac vert (le Laguna Verde) à ses pieds.
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09.00 – S’en était fini de ce road trip en 4×4. Au milieu de nul part, nous étions au poste frontalier chilien.
Direction San Pedro de Atacama quelques 60km plus loin. Un peu après la frontière, nous retrouvions une route pavée pour la 1ere fois en 3 jours. Quel plaisir de rouler sans se faire brasser comme dans une laveuse-sécheuse.
De la frontière, située à 4500m, la route était une longue et impressionnante glissade de 2100m jusqu’à San Pedro, un petit oasis au milieu du désert de l’Atacama situé sur un plateau à 2400m. La frontière entre les 2 pays se dresse telle un véritable rempart qui s’étend du sud au nord de part et d’autre de l’horizon.
SAN PEDRO DE ATACAMA
De retour au Chili… pour de bon jusqu’à la fin décembre.
Ville éponyme du désert de l’Atacama, qui s’étend de la frontière péruvienne (donc Arica) à Copiapo (un peu plus au sud), San Pedro de Atacama est l’une des plus vieilles villes du Chili.
Originalement une halte sur la route pré-colombienne reliant les hautes terres à la cote, les espagnols y établissaient une mission en 1547. La ville allait plus tard devenir une halte de prédilection pour les marchands de bétail de Salta (Argentine) en route pour les mines de nitrate du Chili afin d’y vendre la viande.
San Pedro de Atacama version 21ème siècle est une très petite ville E X T R Ê M E M E N T touristique, sans avoir perdu son authenticité (architecturalement parlant); 99.9% des bâtiments ont 1 seul étage et sont faits de terre cuite. Vue de loin, San Pedro ressemble à une forêt au milieu du désert tellement aucun bâtiment ne dépasse la cime des arbres.
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Valle de la Luna
Difficile de passer dans le coin sans aller visiter l’attraction no.1 des environs; la Vallée de la Lune, spectaculaire formation rocheuse de couleur orangé sur fond de sable noirâtre, saupoudré de blanc (sel)… facilement accessible en vélo.
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En quittant San Pedro de Atacama, il nous restait maintenant un peu moins de 1.5mois pour atteindre Ushuaia (sud du sud de l’Argentine) à quelques 3460km plus au sud à vol d’oiseau. En comparaison, Medellin, l’endroit le plus au nord où j’étais allé en Amérique du Sud, est à 3560km à vol d’oiseau 😉
Depuis mon arrivé à Huanchaco/Trujillo, dans le Nord du Pérou, que j’étais dans le désert. Nous commencions à en avoir royalement assez du sable.
Vivement le sud du Chili dans quelques semaines… mais d’abord, nous allions visiter les grandes villes du pays…
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Épisode 90 – La Ruée vers l’Argent

12 novembre 2016

1 vieux panel, 1 minibus, 1 autobus et une très longue journée de voyage plus tard que le Parc National de Sajama avait fait place à la ville de Potosi.
POTOSI
Du haut de ses 4060m d’altitude, et située dans une vallée reculée et aride, nous nous retrouvions dans la plus haute grande ville du monde.
Une vallée reculée et aride ne semble pas l’endroit de prédilection pour construire une grande ville… et pourtant.
Il suffit de lever les yeux vers le ciel et d’admirer le « Cerro Rico (la montagne riche) », qui domine Potosi, pour avoir la réponse.
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Du haut de ses 4782m, ce cône parfait est la plus grande source d’argent (métal) que le monde ait connu. Encore aujourd’hui, la montagne héberge plus de 1000 mines.
La rué vers l’argent a débuté il y a aussi loin qu’en 1545. La légende veut qu’un gardien de lamas qui faisait un feu sur le flanc de la montagne pour se réchauffer la nuit ait été fasciné de voir du liquide couleur argenté s’échapper des flammes.
20ans après cette découverte, une ville était née et plus de 100000 personnes y habitaient, faisant de Potosi la plus grande ville en Amérique (Nord, Sud, Central) de l’époque.
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Alors que les propriétaires de mines s’enrichissait, l’espérance de vie des esclaves africains et les amérindiens, qui travaillaient dans les mines dans des conditions extrêmement précaires, était de courte durée. On estime que plus de 9 millions d’entre-eux y ont laissé la vie durant les 3 premiers siècles d’opération des mines de Potosi.
Potosi me donnait l’impression d’être de retour à Kathmandou (Népal), capharnaum dans les rues en moins. La ville était sans prétention (autre façon de dire qu’il n’y a pas grand chose à faire) et on pouvait sentir toute l’histoire en se promenant dans les rues.
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Il est possible de visiter une mine (quoique vous devriez vous abstenir pour une raison éthique; les mineurs d’aujourd’hui travaillent/vivent encore dans des conditions atroces… et vous voulez aller les prendre en photos?!?), sinon une visite au Mercado de Mineros (Marché des Mineurs) serait déjà une expérience en soi puisqu’il est possible d’y acheter de la dynamite en vente libre, des feuilles de coca à mâcher, ainsi que plusieurs alcohols louches. Malheureusement pour nous, le marché était fermé le dimanche.
Peut-être la meilleure chose à faire est de boire un bon litre de la bière Potosina. Fabriquée depuis 1907 à Potosi, la bière se targue d’être « la cerveceria mas alta del mundo (la bière faite la plus en altitude au monde) ».
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Cap sur Sucre…
LA BOLIVIE POUR LES NULS
La Bolivie, de son nom complet « Estado Plutinational de Bolivia », s’étend des sommets enneigés des Andes (nord), au désert le plus aride du monde (sud), en passant par le célèbre lac Titicaca (ouest), et avec plus de la moitié de son territoire faisant parti de l’amazone (toute la moitié est).
Tel que mentionné dans mon dernier article, la Bolivie est coincée au centre du continent sans accès à l’océan. C’est le pays sud-américain qui touche au plus de pays; Paraguay, Brésil, Pérou, Chili et Argentine… et il a été en guerre avec chacun d’entre-eux dans les 200 dernières années.
EN BREF
– Population; 11 millions
– Monnaie; Boliviano… communément appelé BOB
– Langues Officielles; Espagnol, Quechua et plus de 35 autres dialectes. Seulement la partie Ouest était gouverné par les Incas. Le reste était habité par des tribus indépendantes, ce qui explique la grande diversité de language à travers le pays.
– Capitale; Sucre était originalement la capitale. Or, suite à une guerre civile entre Sucre et La Paz (1899), la capitale fut transférée à La Paz.
– Groupes Ethniques; 59% métis, 37% indigènes, 3% blancs et 1% noirs,
– De tout le territoire, seulement 1% est de l’eau… OUCH…
– Fait inédit, c’est en Bolivie que le célèbre révolutionnaire argentin Che Guevara fut capturé et exécuté en 1967 dans la ville de La Higuera avec l’aide de la CIA (encore).
Au temps de l’Empire Espagnol en Amérique du Sud, le territoire de la Bolivie était appelé « Alto Peru (Haut Pérou) ».
Après avoir gagné son indépendance de l’Espagne en 1824, Simon Bolivar a donné 3 options à son compagnon d’arme Antonio Jose de Sucre (qui dirigeait l’indépendance du Alto Peru);
– Unir le territoire du Alto Peru avec la nouvelle République du Pérou,
– Unir le Alto Peru avec l’Argentine,
– Faire du Alto Peru un pays autonome/indépendant.
Sucre allait choisir la dernière option; « Si de Romulo Roma, de Bolivar Bolivia (si Rome fut nommé en l’honneur de Romulus, le Bolivie sera nommée en l’honneur de Bolivar ») ». C’est ainsi que la Bolivie était née en 1825.
Pour le reste, vous l’apprendrez en même temps que moi lors de mon premier séjour (présentement) ou lors de mon 2ème (quelque part dans les environs de avril).
SUCRE
Seulement 160km séparent Potosi de Sucre. Il faut pourtant plus de 3.5h pour franchir la distance.
Fondée en 1538 sous le nom de Charcas, puis rebaptisée « Villa de la Plata (La ville de l’Argent) » et finalement « La Ilustre & Heroica Sucre » au moment de l’indépendance du pays en 1825 en l’honneur de Antonio Jose de Sucre, un personnage majeur de l’indépendance de la Bolivie, Sucre est affublée du titre de la plus belle ville de Bolivie.
Ville de l’UNESCO depuis 1991, elle est aussi surnommée « La Ciudad Blanca de Las Americas (La Ville Blanche des Amériques) ». Une fois par année, tous les bâtiments du centre-ville doivent être répeinturés… en blanc.
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Ajoutez à tout cela que c’est la capitale du chocolat (facile quand on s’appelle Sucre) en Bolivie et qu’elle est renommée pour ses saucisses (un peu plus champ gauche).
Ville de 2500000 habitants, il n’y a pas grand chose à faire mis à part marcher dans son centre-ville. Tout s’articule autour de la superbe Plaza 25 de Mayo (place centrale), ceinturée par des bâtiments coloniaux d’une blancheur extrême.
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Une visite au Mirador Recoleta, qui domine la ville, vaut aussi le coup d’oeil.
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Autrement, on a très vite fait le tour. Lors d’un voyage de très longue durée, vous avez besoin de « vacances » ou plutôt d’une fin de semaine à ne rien faire. C’est là que Sucre est grandement apprécié. C’est l’endroit idéal pour reprendre des forces, gouter à de la nourriture de qualité et/ou tout simplement s’assoir sur un banc de parc et donner à manger aux oiseaux.
Il faut tout de même ne pas manquer de gouter au chocolat du coin (« Taboada Chocolates ») et à la bière de Sucre (« Sureña »… crée à la base pour offrir des emplois de qualité à Sucre). Tant qu’à y être, gouter aux vins de la vallée Tareja. Situé au sud de la Bolivie, c’est le vin le plus haut en altitude au monde.
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Je crois que ce petit chien se demandait tout autant que nous qu’est-ce qu’il avait bien pu faire pour se ramasser dans ce sac…

Après un repos bénéfique, autant pour le corps que l’esprit, nous sautions dans un bus de nuit en destination de…
À suivre.

Épisode 78 – Lost in the Los Nevados

07.30 – 24 aout 2016
Je regardais tranquillement Medellin s’éloigner derrière moi alors que la vallée était couverte de sa brume matinale.
Direction la Zona Cafetera, ou plus communément le « Triangle du Café »… étrange destination pour un non buveur de café…
MANIZALES
Une route sinueuse menait jusqu’à Manizales, ville universitaire de 350000 habitants perchée tout en haut d’une vallée montagneuse, et ma porte d’entrée dans le triangle.
Aussitôt arrivé que je sautais dans le cable car (un autre) pour rejoindre la haute ville.
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Au premier coup d’oeil, j’aurais dit que Manizales était une ville de merde sans charme (je l’avais même écris)… mais bon, comme j’avais tout mon temps, j’avais les moyens d’y « perdre » une journée.
Choix judicieux puisque passé une première impression désagréable, qui vous donnait envi de prendre vos clics et vos claques et de partir sans plus tarder… et en faisant abstraction de l’étrange rue principale avec ses grands palmiers (on est en montagne à 2100m d’altitude!!!), Manizales renfermait quelques trésors (oui oui, le mot n’est pas exagéré) qui valait la peine de s’y arrêter une journée (pas plus).
D’une part, tout en haut de la ville se trouvait une magnifique promenade offrant de super points de vue sur les montagnes et vallées environnantes (malheureusement pour moi, la lumière ce jour là était nul… du coup toutes mes photos sont à chier…).
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La promenade culminait avec le « Monumento a los Colonizadores (monument en hommage aux colonisateurs) », sculpture impressionnante de réalisme comme rarement j’en avait vu et hommage au premiers colons de Manizales.
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Je fais une parenthèse pour dire que peu importe où je vais en Colombie, les cerf-volants (kites) sont très populaires auprès des enfants… vous savez ces objets tout simple qui pouvaient occuper la journée des enfants avant l’avènement des ordis et téléphones intelligents de ce monde… mais bon, il est toujours plus facile de surveiller un enfant qui fixe la TV dans le salon que de se donner la peine d’aller au parc avec lui.
La basilique et la cathédrale de l’Immaculé Conception valent aussi 1 seconde de votre vie; l’une pour son ensemble (intérieur comme extérieur et qui pourrait être un parfait décor pour un film d’horreur), l’autre pour son intérieur composé d’impressionnantes arches de bois… et une Plaza Bolivar (encore) avec une statue de Simon Bolivar (encore)… représenté en espèce d’oiseau de la mort (ça c’est nouveau).
Clou du spectacle, je séjournais dans une auberge familiale aux allures de vieux château… avec un espèce de bar hawaïen bizarre au sommet… qui offrait une superbe vue sur toute la ville.
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Overall, ville de montagne, mais un peu trop urbaine à mon gout.
Après 1 journée bien remplis, je reprenais le cable car pour descendre en basse-ville, sautais dans un bus, défaisais la route sinueuse jusqu’en bas de la vallée, et me dirigeait vers le coeur de la Zone Cafetera.
SALENTO
Depuis mon arrivé en Colombie, Salento était LA destination que j’avais le plus hâte d’atteindre. Non pas pour le village en tant que tel, mais pour sa proximité avec le Parc National Los Nevados.
Nevados signifie en espanol « neige éternelle ». Le parc « protège » quelques-uns des derniers sommets enneigés se situant au niveau des tropiques; 5 volcans, dont 3 dormants et 2 actifs, tous entre 4700 et 5300m d’altitude.
3 de ces volcans sont encore aujourd’hui considérés comme des Nevados, mais il faut maintenant aller à plus de 5000m pour voir de la neige « éternelle ». Vous aurez donc compris que ce n’est qu’une question de temps avant que la neige disparaisse totalement…
Du nombre, le Nevado del Ruiz est le plus beau, haut (5321m) et dangereux (interdit d’accès); sa dernière grosse éruption (1985) a tué 22000 personnes et fait disparaitre le village de Amero de la carte.
Les 2 montagnes qui attirent plus particulièrement mon attention sont le Nevado de Tolima, 2ème plus haute montagne du parc (5220m) et le Paramillo del Quinto… autrefois Nevado del Quinto, dorénavant appellé Paramillo (haute montagne) depuis qu’il a perdu sa neige éternelle… sommet à 4750m, qui offre une splendide vue sur tout le parc et les 3 Nevados par temps clair.
Malheureusement pour moi, les volcans sont dans les nuages en quasi permanence dû à El Niño. C’est donc dire que même si j’atteints leur sommet, j’ai 90% de chances de n’avoir aucune vue… mais j’ai 100% de chance de ne pas avoir de vue si je n’y vais pas.
Autre inconvénient; il est obligatoire d’avoir un guide ($$$)… même si j’ai tout mon matériel et que les ascensions sont réputés faciles.
Salento dans tout cela; un village sans histoire situé sur un plateau perdu dans un cadre enchanteur de montagnes toutes vertes.
La Plaza Mayor avec (surprise) un monument de Simon Bolivar au milieu… et le Camino Real (rue principale), bondés de boutiques & restaurants pour attirer les touristes, jurent avec la tranquillité du reste du village.
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En une après-midi, j’avais déjà fait le tour des compagnies de plein air et ramassé toutes les informations dont j’avais besoin pour ma randonnée.
PARAMO TREK
Les no.1 à Salento… mais ne sont pas flexibles (randonnée sur le Paramillo del Quinto seulement… le Nevado de Tolima étant hors de question) et seulement en groupe; 6 personnes, 470000cop/personne (environ 160$) pour 3 jours,
SALENTO TREKKING
Je ne les ai jamais trouvé…
FOG WALKERS
Nouvelle compagnie avec des forfaits hors de prix… même le gars au comptoir me disait que les prix n’avaient pas de bon sang (son honnêteté est tout à son honneur, mais il devrait repenser à sa stratégie de vente),
CRESTED OUTDOORS
Diego est semble-il LE guide par excellence des Los Nevados. J’aI eu une très bonne et surprenante discussion avec lui.
En lui expliquant mes intentions, mon expérience de montagne et tout le matériel que j’avais, il m’a donné une réponse complètement inattendue; « if I was you, I would do it alone (si j’étais toi, je le ferais tout seul).
Le meilleur guide de la région me disait que je devrais faire la randonnée tout seul.
Moi; « … mais c’est obligatoire d’avoir un guide dans le parc non?!? »
Diego; « mmm… oui et non… il n’y a pas de garde dans le parc et le seul endroit où ils vérifient est à l’entrée officielle du parc à 150km d’ici. Avec l’experience que tu as, l’ascension devrait être sans grande difficulté ».
Dans une gentillesse extrême, il avait pris le temps de me donner des infos sur le parc; où bivouaquer (camper), la localisation des points d’eau pour faire le plein, les difficultés du terrain, etc.
J’avais l’équipement, l’expérience, la volonté et surtout la folie pour le faire seul. Ma décision était prise…
LOS GRINGOS EXPEDITION
Jour 1 – LA TÊTE DANS LES NUAGES… LES PIEDS DANS LA BOUE
07.30 – 27 aout 2016
Je sautais dans un « willie » (vieux jeeps américains reconvertis en transport en commun) à la première heure en direction de Cocora quelques 20km plus loin. À la manière des locaux, j’étais agrippé debout derrière le jeep.
Quelque chose de magique s’était passé la nuit dernière; juste avant d’aller au lit la veille, 3 personnes étaient arrivées dans mon dortoir. Après leur avoir brièvement parlé de mon intention de faire une randonnée dans les Los Nevados sans guide, ceux-ci voulaient se joindre à moi.
À minuit moins 1 de mon départ, je trouvais des compagnons;
– Jordi | Espagnol
– Larry | alias le « sleepwalker » | Canadien
– Hannah | Allemande
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07.50 – Moi et mes 3 gringos quittions Cocora (2445m), minuscule village au pied du parc Los Nevados. Nous marchions alors dans la vallée de Cocora; plaine montagneuse parsemé de waxpalm (espèce de très haut et mince palmier et arbre national de Colombie). La vallée propose un sentier en boucle d’environ 6 heures… la plupart des touristes de passage à Salento se contente de faire cette marche.
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Pour notre part, nous ne faisions que passer dans la vallée et prenions un embranchement pour rejoindre les Los Nevados.
Dès le départ, le sentier proposait une très bonne inclinaison, rendant l’ascension difficile.
12.15 – Après avoir atteint Estrella de Agua (3250m), le sentier devenait extrêmement boueux. En contrepartie, il était extrêmement bien balisé.
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Nous sortions finalement de la forêt pour gagner un plateau à 3700m. À partir de là, le paysage changeait du tout au tout pour devenir toundra.
16.00 – Nous finissions notre journée à marcher dans le brouillard jusqu’à La Primavera (3700m), notre refuge du jour, une ferme/gite familiale située dans les hauteur d’une vallée toute verte.
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RÉSUMÉ DU JOUR
Distance 22km
Dénivelé positif +1700m
Définelé négatif -300m
Heure de marche 8 heures
Jour 2 – OÙ EST LE FOUTU SENTIER
La nuit, passée dans un bâtiment fait de planches de bois non isolés, avait été GLACIALE. Tellement pas près pour une randonnée du genre, Jordi avait passé la soirée avec ses bas Ralph Lauren dans les mains 😉
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Nous avalions notre déjeuner en vitesse pour prendre la « route » au plus vite.
Nous avions alors une vue sublime et complètement dégagée des environs. On pouvait admirer la vallée d’où nous étions arrivée à droite, le Nevado de Tolima (montagne au sommet enneigé) au centre gauche et le Paramillo del Quinto (notre destination du jour) en arrière gauche.
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Contrairement à la veille, le sentier était dorénavant tout sauf bien balisé.  Je perdais complètement la trace du sentier, pour la retrouver quelques minutes plus tard… et ainsi de suite. Je m’en remettais à mon application maps.me et à mon instinct.
Nous marchions alors dans une vallée faite de cactus bizarres et de marécages… une vallée exempte de son… pas même un seul oiseau.
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Après 2h de marche, nous arrivions sur un promontoire à mi-hauteur d’une nouvelle vallée. Nous étions à plus de 4000m et le paysage devenait désertique.
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Pour atteindre le sommet du Paramillo del Quinto, 2 choix s’offraient à nous selon maps.me;
– Descendre dans le fond de la nouvelle vallée et remonter de l’autre coté,
OU
– Longer la montagne en marchant dans une zone de glissement de terrain.
Bien que plus dangereuse, je préférais l’option de longer la montagne.
Nous entamions donc notre longue et périlleuse traversé.
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12.20 – Après plus de 2h de marche dans la zone de glissement de terrain, je devais voir la réalité en pleine face; j’avais pris la mauvaise décision… continuer à longer la paroi ne menait nul part et j’avais depuis longtemps perdu toute trace du sentier. Le sommet du Paramillo del Quinto semblait alors plus loin que jamais.
Je me sentais terriblement mal envers mes 3 gringos qui m’avaient suivit les yeux fermés. Heureusement pour moi, ils se montraient très compréhensif, notamment en raison du fait que la vue était impressionnante.
Alors à plus de 4550m, nous prenions la décision d’abandonner l’idée de gagner le sommet et de descendre jusqu’en bas de la vallée.
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Une fois au fond, je réalisais que ma décision de marcher sur la paroi avait été COMPLÈTEMENT INSENSÉE. Or, je n’avais alors pas le point de vue que j’avais du fond de la vallée et il était toujours plus facile d’analyser après coup.
À partir de là, nous décidions de regagner notre gite de La Primavera par une nouvelle vallée. Ma carte montrait 2 sentiers parcourant cette vallée, mais il nous était impossible de les trouver. Ne sachant pas où étaient les sentier, je savais par contre dans quelle direction se trouvait notre gite; il « suffisait » de descendre jusqu’au fond de la vallée. Nous allions donc descendre en ligne « droite ».
La vallée s’avérait être un véritable labyrinthe parsemée de ravin et rivière difficilement franchissable. Nous étions constamment à rebrousser chemin pour contourner les obstacles. La crainte s’installait alors dans le groupe et les visage se crispaient. Nous étions perdu, mais je gardais le moral puisque je savais dans quelle direction aller.
15.00 – Nous arrivions finalement dans une plaine au bout de la vallée. Ne restait alors « plus qu’à » monter une montagne de +/-300m et le gite se trouverait derrière. Le brouillard faisait alors son apparition en force.
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La Primavera sortait finalement du brouillard de l’autre coté. Nous étions sain et sauf après ce qui était sans aucun doute l’une des journée de randonnée les plus bizarre de ma vie.
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RÉSUMÉ DU JOUR
Distance +/-24km
Dénivelé positif +/-1200m
Définelé négatif +/-600m
Heure de marche 8.5 heures
Jour 3 – TOUT CE QUI MONTE DOIT REDESCENDRE
07.30 – Ne pouvant pas me fier à maps.me, je devais renoncer à explorer plus en détail le parc et me résignais à terminer mon périple dans les Los Nevados et redescendre jusqu’à Cocora avec mes 3 gringos.
Nous prenions le décision de descendre par une valkée différente que celle par laquelle nous avions fait l’ascension. Dès le départ, nous perdions la trace du sentier… pour le retrouver quelques minutes plus tard et ne plus jamais en perdre la trace.
Le Nevado de Tolima se decouvrait l’instant d’une seconde pour nous dire Au Revoir.
La descente passait par un super sentier panoramique avec une vue imprenable sur les environs, et passant par des champs et fermes perchées dans les hauteurs de la vallée. Le genre d’endroit magique où tu veux rester jusqu’à la fin de tes jours.
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Nous pénétrions ensuite dans la forêt, puis gagnions la vallée de Cocora pour finalement gagner Cocora. J’étais alors devenu un zombie avec les jambes en guimauves. Il n’y avait plus aucune activité dans mon cerveau, je laissais mes jambes me guider.
À 13.50 nous avions une bière à la main en attendant le Willie qui allait nous ramener à Salento.
RÉSUMÉ DU JOUR
Distance +/-24km
Dénivelé positif +/-600m
Définelé négatif +/-1850m
Heure de marche 6.5 heures
Au final, on va le dire une fois pour toute; vous n’avez pas besoin de guide pour aller dans les Los Nevados à partir de Salento… mais vous risquez de vous perdre… et ce sera une expérience magique.
Réputé comme un endroit où il fait un temps de cul à l’année, nous avons été extrêmement chanceux d’avoir 3 jours sans pluie et avec peu de nuages.
Constat personnel inquiétant; mon mois au Canada a faut beaucoup plus de dommage que je ne l’aurais pensé; j’ai perdu toute ma bonne forme physique accumulée durant les 3mois précédents. Il faudra recommencer presque à zéro.
DOSSIER SPÉCIAL – LE CAFÉ COLOMBIEN POUR LES NULS

Par le passé, la Colombie a toujours eu 2 grosses exportations; l’or blanc… pas vraiment legit… et le café.

De passage à Salento, au coeur de la Zona Cafetera, je pouvais difficilement quitter la région sans visiter une plantation de café.
Mon choix s’arrêtait sur la Finca Don Eduardo, la plus vieille plantation de café de Salento (plus de 100ans) et propriété de Tim, un vieil australien passionné de café. C’est peut-être la visite guidée la plus passionnante que j’ai eu de ma vie… même si je déteste le café.
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Tout d’abord, un petit bourrage de crâne;
– Il y a 5 types de café dans le monde, mais seulement 2 sont commercialisés;
1. ARABICA
Originaire de l’Éthiopie, ce type de café a plus de gout et moins de caféine. Il y a plus de 100 sous-types de café Arabica réparti en 2 grandes familles; les traditionnels et modernes (développé en laboratoire). Aujourd’hui, la très grande majorité du café est de type moderne.
2. ROBUSTA
Originaire d’Afrique de l’Ouest, ce type de café contient beaucoup de caféine mais a un gout désagréable pour la majorité des gens.
– La Colombie est à ce jour le 4ème plus gros exportateur de café au monde après le Brésil (1er… en produisant plus du 1/3 de la production mondiale), le Vietnam (2ème), l’Indonésie (3ème), et devant l’Éthiopie (5ème), le Mexique (6ème) et l’Inde (7ème).
– Les meilleurs cafés dans l’ordre;
1. Arabica Washed Coffee
2. Arabica Unwashed Coffee (le sucre pas complètement enlevé)
3. Robusta
Vous aller comprendre washed/unwashed plus loin.
– La Colombie est le 2ème producteur mondiale de Arabica Washed Coffee. C’est donc dire que le pays est reconnu pour son café de grande qualité.
– Le café venant du Panana est le café le plus reconnu dans le monde ($$$). Il a gagné les médailles d’Or lors des 10 dernières années. Une tasse de café pananéen peut couter jusqu’à 20$
– Il y a plus de 3000 fermes de café en Colombie. La plupart sont de petites fermes qui vendent leur production à des usines qui commercialisent le café.
– Le café pousse à l’année longue, mais doit idéalement être récolté durant la mousson (les mois pluvieux).
– Une fois cueilli, il est impossible de différencier un type de café d’un autre. Toutes les graines de café sont pareil.
– Une plantation de café n’est pas du tout comme un vignoble. Le café pousse dans de petits arbustes disposés de manières aléatoires sur un flanc de montagne. Tout peu influencer le gout du café (climat, qu’est-ce qui pousse à coté, etc.), de sorte que beaucoup de plantation de café font aussi pousser des ananas, des avocatiers, etc.
Voici donc le processus du café de la plantation jusqu’à votre tasse en 24 étapes.
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Étapes 1, 2 & 3
Développer la plante de café en incubateur
Étape 4
Après 5 mois, la plante est prête à être transplanté dans le sol.
Étape 6, 7 & 8
Cela prend entre 30 et 36 semaines avant de voir les fleurs de café se transformer en cerises de café
Étapes 9 & 10
La cueillette. Les cerise rouge sont prête à être cueilli, les noires ne sont plus bonnes et les vertes ne sont pas encore prêtes.
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Étapes 11, 12 & 13
Despulpadora. Il faut extraire les graines de café des cerise.
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Étape 14
Une fois les graines extraites des cerises, il faut enlever le sucre du café. Ceci se fait avec le processus de fermentation; les graines sont mises dans l’eau… celles qui flottent sont éliminés… celles qui coulent sont conservés. Il faut répéter le processus en changeant l’eau de 5 à 8 fois pour que les graines soient complètement exempte de sucre (d’où le Arabica Unwashed Coffee d’un peu olus haut). Qui dit fermentation dit alcool. Les colombien font de l’alcool avec l’eau utilisé pour extraire le sucre; la Crema de Coffee goute et ressemble à du Bailey’s.
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Étape 15, 16 & 17
Il faut maintenant faire sécher les graines (de 7 à 18 jours). Dans la Finca Don Eduardo, on utilise un système de double toit; 1 toit semi-transparent et rétractable par beau temps, et un toit de béton en dessous où l’on dispose les graines pour sécher. En période de cueillette, les routes sont couvertes de graines de café à sécher.
Étape 18 – Les graines de café sont vendus aux usines.
Étapes 19, 20 & 21
Trilladora – Une mince peau ressemblant à une feuille de papier est enlevé des graines de café. À ce moment les graines sont verdatre et ressemble un peu à des peanuts. Les graines noires sont éliminées.
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Étape 22
L’étape la plus importante et difficile; il faut faire rôtir à sec les graines de café jusqu’à obtenir une couleur chocolaté. Plus la graine est rôtie et moins elle aura de caféine (Starbuck a des graines extrêmement rôties).
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Étape 23
Mouler les graines de café.
Étape 24
Déguster le café
Au final, pour 2 tonnes de cerises de café récoltés, il y aura environ 14kg de café.
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Quelques trucs pour boire votre café;
1. Le meilleur moyen de boire du café est en utilisant une presse francaise?!?
2. Il est préférable d’acheter des grains de café et de les mouler vous même,
3. Le meilleur moyen de boire du café Robusta est en Expresso… et le pire moyen de boire du café Arabica est en Expresso.
Au fait, vous connaissez Juan Valdez… la célèbre marque de café? Eh bien Juan Valdez n’a jamais existé, c’est un personnage fictif inventé pour représenter le label de qualité du café colombien.
Direction le Sud. Goodbye Salento.
P.S. Dans la catégorie « pas très éco responsable » et qui me chicote depuis mon arrivé en Colombie; j’ai pu observer depuis mon arrivé en Colombie qu’il y avait BEAUCOUP TROP de compagnie d’autobus. Pour un même trajet, il peut y avoir 4-5 bus qui partent en même temps et qui roulent tous presque vide. Il n’y aurait pas moyen de travailler conjointement? Quand on pense qu’on ne voit que cela des bus sur la route, cela pourrait faire toute une différence.

Épisode 64 – Toujours plus Haut

  
31mars 2016

Qu’est-ce qui cloche avec moi?
Cela fait bientôt 1 mois que je me pose cette question. 
Quel genre d’individu est assez stupide pour quitter un endroit comme Dubai, une job de rêve et de l’argent plein les poches… 
La réponse est très simple; MOI
Voyez-vous, je suis atteint d’un maladie incurable… de ces maladies dont il n’y a point de remède… la passion de voyager et de découvrir de nouveaux horizons. Je sais fort bien maintenant que je n’en guérirais probablement jamais. Il faut donc faire pour le mieux. 
Je sais, je sais… l’herbe n’est jamais aussi verte qu’on le croit chez le voisin… mais je dois aller voir de mes propres yeux. Cela a toujours été ainsi et j’ai bien peur que ça le restera.
Qu’à cela ne tienne, Dubai a toujours été un lieu de transit à mes yeux. Je n’ai jamais eu l’intention de m’y établir définitivement… oh que non. La plage et le climat d’été à longueur d’année ne sont pas fait pour moi… il me faut de la forêt, les véritables 4 saisons et surtout… des montagnes. 
Après 2ans et des poussières passé ici, je crois avoir fait le tour du jardin (désert). 
Dans le grande livre de ma vie, le chapitre sur Dubai pourra facilement s’intituler « Sex, Alcool, and Rock & Roll ». Je n’ai jamais été du genre fêtard… jusqu’au jour où je suis arrivé au Émirats. S’en est suivit 2 ans (surtout la 1ère année) de luxe, décadence et de gros n’importe quoi. Quand je serais plus vieux, je me rappellerais de cette période où j’ai vécu une vie de jet set… où dépenser 400/500$ pour un souper était monnaie courante. 
Tout cela aux Émirats Arabe Unis… Monarchie musulmane et totalitaire où la moindre petite chose est strictement règlementé. Qui l’eu cru.

Au fil du temps, j’ai appris à appeler Dubai « ma maison… au Moyen-Orient ». Cela a toujours eu un drôle de gout dans ma bouche… 
Je n’ai jamais pu m’enlever de la tête que je vendais mon âme pour un chèque de paie. Vivre dans une culture différente de la mienne, culture qui ne respecte pas la plupart de mes valeurs les plus élémentaires; pays non démocratique, sérieux problème d’égalité les uns vs les autres… et encore plus gros problème d’égalité homme/femme. En surface tout parait bien… mais quand on gratte un peu on se rend compte que tout le système repose sur de l’esclavage moderne. 
Il y a clairement 3 couches dans la société; 
– les asiatiques… qui représentent la main d’oeuvre bon marché… les travailleurs de la construction étant tous de l’Inde, Népal, Pakistan, Bangladesh et Sri Lanka, travaillent pour des salaires de crève faim et vivent entassés comme des sardines dans des « camps de travail » dans le désert… les chauffeur de taxi forcés de travailler 12h par jour, 7jours sur 7 pour des salaires misérables… les nounous venus tout droit des Philippines, dont le passeport est confisqué par leur « propriétaire » dès leur arrivé et qui se retrouve littéralement prisonnière (pas toute, mais une majorité)… et j’en passe. 
– Les Westerners / Expats… expressions employées pour décrire les étranger venu d’Europe et d’Amérique. Cette belle bande de joyeux lurons (et je m’inclus là-dedans) fait fonctionner le pays de A @ Z. Ils n’ont aucun sentiment d’appartenance avec le pays, se foutent généralement royalement de la qualité de leur travail… tout ce qui importe c’est que le gros chèque de paie soit versé dans leur compte en banque à la fin du mois.
– Les Emiratis (locaux) et autres habitants des pays voisins (Qatar, Bahrein, Koweit… et les pires d’entre tous… l’Arabie Saoudite). Ils sont bien souvent au-dessus de la loi (elle ne s’applique pas à eux… ou différemment)… sont riche comme crésus (et hyper radin)… et sont beaucoup trop occupés à se pavaner dans leur rutilante voiture pour travailler. Je me risquerais à dire qu’ils sont les personnes les plus idiotes que la Terre est connu depuis les hommes pré historiques (je ne voudrais surtout pas manquer de respect pour les hommes pré historiques). Je n’ai AUCUN respect pour cette bande d’imbécile (et je ne suis même pas raciste… C’est pas mal l’opinion générale à leur propos).

Quand je parle du fait que je quitte Dubai pour voyager indéfiniment, la plupart des gens me posent l’une de ces 3 questions;  
– Qu’est-ce que tu vas faire après? 

Je vais voyager… après… AUCUNE espèce d’idée.
– Et ta carrière?

JE M’EN FOU. J’ai pleinement confiance de trouver un emploi quand et où je voudrais travailler à nouveau. 
Je suis dans les plus belles années de ma vie, je suis en pleine forme et la dernière chose que je veux c’est de passer mes journée à travailler dans un bureau les yeux rivés à un ordinateur. La vie est trop courte, j’ai soif de découverte et je veux profiter au maximum du moment présent. 
On a une seule vie à vivre… autant la vivre au maximum.
– Est-ce que j’ai peur?

Peur de l’inconnu… NON… c’est en fait ce qui me motive. 

Peur qu’il m’arrive quelque chose… Oui
J’ai été passablement chanceux lors de mon voyage en Asie (seulement un accident de moto et un vol de porte-feuille/passport). Espérons que la chance soit encore de mon coté. Anyway… tu peux te faire frapper par une voiture en traversant la rue pour aller au dépanneur. Si il m’arrive quelque chose, au moins j’aurais vécu ma vie à fond et à ma façon. 
Derrière toutes ces formidables photos de voyage et ces périphéries qui peuvent m’arriver… je reste un être humain. Comme tout être humain qui saute à pied joint dans l’inconnu… j’ai la chienne de faire une grosse gaffe… mais j’aime mieux tenter ma chance et risquer de me casser la gueule que de me demander pour le restant de ma vie « qu’est-ce qui serait arrivé si… ».
En bout de ligne, je fais confiance à la vie… That’s it. 

Je troc donc… 
… mon travail, la sécurité et le confort… pour l’aventure à l’état pur.
… mes habits de travail et mocassins… pour des vêtements taillés sur mesure pour moi; une paire de flip flop, des bottes de montagnes et des shorts & T-shirts… qui deviendront très bientôt tout crasseux. 
… mon appart à 2min de l’océan… pour une tente et des auberges jeunesses. 
… ma copine… pour… mmm… en fait elle je la garde…
Durant ce nouveau voyage autour du monde je veux;

– Parfaire mon espagnol,

– Atteindre au moins 6962m d’altitude

– Devenir un meilleur surfeur,

– Apprendre les rudiments de la voile,

– Rencontrer des gens formidables et apprendre sur de nouvelles cultures

– Etc.

Allez, trêve de discussion… j’ai un avion à prendre…
À partir de demain, et pour au moins la prochaine année, tous les jours seront des samedi. Mon « travail » se résumera à vous partager mes aventures… je sais… je sais… je fais pitié 🙂
The Long Way Home (le long chemin du retour à la maison) commence dès maintenant. Où se trouve ma (prochaine) maison? Cela reste à voir…

P.S. Pardonnez mon français et mes multiples fautes d’orthographe. Cela fait bientôt 2 ans que je vis dans un environnement anglais. Je suis un peu rouillé… mais ça va revenir rapidement.