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Épisode 132 – Nicaragua; Pais de Lagos y Volcanes

« Adios », c’est la manière (hyper étrange) qu’on les Nicas de dire « Bonjour ». Étrange considérant qu’Adios veut dire… Adieu… 

Les Nicas?!?
4 bus et une frontière plus tard… lors d’une journée où j’avais la tête dans le cul… je quittais le Costa Rica sur un coup de tête… pour me retrouver au Nicaragua…
Goodbye les Ticas! Adios les Nicas! (surnom des nicaraguayens)
Chaos/bruit, pollution et (surtout) un cout de la vie beaucoup moindre… les différences entre le Costa Rica et le Nicaragua étaient majeures. 
J’avais quitté la « civilisation » pour me retrouver dans un pays (réputé) du tier monde. 

LE NICARAGUA POUR LES NULS
Le Nicaragua, 2ème pays le plus pauvre de l’hémisphère ouest (après Haiti), plus grand pays d’Amérique Centrale et le moins densément peuplé (seulement 6.4millions d’habitants), a longtemps été associé à un pays hyper dangereux, où il valait mieux ne pas foutre les pieds. 
Vous serez peut-être surpris d’apprendre que le Nicaragua est aujourd’hui considéré comme le pays le plus sécuritaire d’Amérique Centrale. 
Nicaragua vient des mots Nicarao (nom des indigènes… descendants des Aztèques du Mexique… qui habitaient le sud-ouest du pays à l’arrivé des Conquistadors) et Agua (« Eau » en espagnol). 
Devinez-quoi? Les Nicarao furent pratiquement rayé de la carte en quelques décennie…
Du début du 16ème siècle à 1821, le territoire du Nicaragua faisait parti de l’Empire Espagnol, exception faite de la cote des Caraïbes (est du pays) qui était sous contrôle anglais. 
En 1821, l’ensemble du pays se déclara Indépendant et rejoint le Mexique. Avec les autres pays de l’Amérique Centrale, le Nicaragua se sépara du Mexique quelques années plus tard pour former les Provinces Unis d’Amérique Centrale… pour se séparer à nouveau et former le pays que l’on connait aujourd’hui en 1838. 
Depuis ce temps, le pays fut frappé par une succession de guerres civiles et de dictateurs. Ajoutez à cela que les États-Unis envahirent plusieurs fois le pays afin d’y installer des dictateurs à l’écoute de leurs intérêts. 
Le tout culmina lors de la décennie 1980. Le gouvernement du Nicaragua se rapprochait de plus en plus de la Russie, ce que les États-Unis ne pouvaient supporter. Par l’entremise de la CIA, les américains se mirent à entrainer & armer des soldats nicaraguayens (surnommés les « Contras ») opposés aux régime pro-communisme. S’en suivit une décennie de guerre civile sanglante qui valut au Nicaragua sa réputation de pays dangereux. Encore aujourd’hui, le Nicaragua est bourré de mine anti-personnelle enfouies un peu partout et résultat de cette guerre. Il n’est donc pas avisé de quitter les sentiers battus. 
Le Nicaragua version 21ème siècle a tout pour plaire. Son slogan, « Pais de Lagos y Volcanes (Pays de Lacs et de Volcans) » est tout à fait justifié; le pays compte sur 2 des 10 plus grands lacs d’Amérique Latine, et plus de 40 volcans. Ce n’est pas compliqué; au Nicaragua, tout ce qui n’est pas plat est un volcan. 
Terre de volcans, mais aussi terre de tremblement de terre. Tellement que les tremblement de terre inférieur à 5 sur l’échelle de Richter sont considérés comme de vulgaires secousses. 
Le Nicaragua est aussi une grande contrée sauvage. La presque totalité de la « civilisation » du pays se concentre sur la cote pacifique, le reste du territoire étant pratiquement vide. 

Monnaie
Cordoba

Capitale Managua

Gallo Pinto Repas traditionnel au déjeuner, diner et souper… un mélange de riz (encore) et de fèves. 

ISLA DE OMETEPE


Après une nuit passé à Rivas, une ville de merde, j’embarquais sur une lancha, un petit & vieux bateau en bois. 
Au premier, second… et même troisième regard, le bateau donnait l’impression de pouvoir couler à tout moment. Le fait qu’il tanguait dangereusement sur babord n’aidait en rien à me rassurer. 
Je voguais sur le Lago Nicaragua en route vers Isla Ometepe. 


Le Lago Nicaragua, Lago Cocibolca de son nom pré-colombien, est le 2ème plus grand lac d’Amérique Latine (derrière le Lago Titikaka à la frontière Bolivie/Pérou), et le 10ème plus grand lac sur Terre. 
Il y a plusieurs millénaires, le lac était une baie de l’océan pacifique. La baie s’est peu à peu refermée sur elle-même suite à une multitude d’éruptions volcaniques qui ont marqués l’isthme central américain.  
Pour sa part, Isla Ometepe est la plus importante de la centaine d’iles sur le lac; une ile volcanique recouverte d’une jungle très dense et coiffée de 2 volcans; Concepcion (@1610m) & Maderas (@1340m). 
Surnommés « Omeyatecigua », qui veut dire « 2 Femmes » en language pré-colombien, Concepcion est un cone parfait, chauve (sans végétation) & actif, dont la dernière éruption remonte à 2007, tandis que Maderas est un peu (pas mal) détruit, recouvert par la jungle et dormant. Seule constante entre les 2; leur sommet sont en quasi permanence sous les nuages. 


First thing first en posant les pieds sur l’ile; louer un scooter. Les paysages rurales, avec presque toujours l’un des 2 volcans en vue, sans oublier les prix abordables (15$ par jour), font de Ometepe le meilleur endroit en Amérique Latine pour louer un scooter/moto. 
Tout dépendamment d’autour de quel volcan vous vous trouvez, vous roulerez sur de superbes routes en briques (oui oui brique) et croiserez plein de petits villages (autour de Concepcion), ou vous retrouverez sur des routes très accidentées passant par une contrée reculée digne du tier monde (Maderas).



MADERAS…. LA FOIS OÙ JE ME SUIS PERDU S O L I D E SUR UN VOLCAN

Départ
Mérida

Sommet Volcan Maderas (@1410m)

Arrivé El Porvenir / Santa Cruz

Distance 15km

Dénivelé Positif +1400m

Dénivelé Négatif -1400m


Ayant l’intention de gravir le sommet des 2 volcans, je décidais de m’attaquer à Maderas en premier: plus petit, mais avec un sentier réputé comme plus difficile, il m’offrait l’avantage de pouvoir y aller sans guide et avoir des points de vue sur Concepcion (le volcan le plus photogénique des 2).
Il existe 3 sentiers pour rejoindre le sommet de Maderas; depuis la Finca Magdalena (cout = 4$), depuis la Finca El Porvenir à Santa Cruz (cout = 2-3$) ou depuis Mérida (gratuit). 
Parti à 06.45 de Mérida, j’engrangeais les km sur le plat sur une route défoncée passant au travers de plantations de café et de champs de riz. 
Peu à peu, la route de campagne se rétrécissait au point de devenir un sentier de moins en moins facile à suivre. Après 3km de marche, le sentier disparaissait brusquement. Devant moi se trouvait une jungle très dense… 
Mon application Maps.Me, avec laquelle j’ai marché toute l’Amérique du Sud et qui m’a rarement failli, m’indiquait pourtant que le sentier se trouvait directement devant moi. 
Convaincu que j’allais retrouver le sentier si je continuais en ligne droite, je m’engageais dans la jungle. Il m’aurait fallu une machette tellement la végétation était dense. À plusieurs occasions, j’avais des lianes autour du cou, des bras et des jambes et je devais dépenser beaucoup d’énergie pendant plusieurs minutes pour avancer de quelques mètres. 
Après plus d’une heure à me débattre comme un con, je décidais de rebrousser chemin. Retourner sur mes pas s’avérait aussi difficile que d’avancer puisque la jungle s’était refermée sur moi. Au bout d’une autre heure, je finissais pas retrouver le sentier… avec des cicatrices P A R T O U T sur mes jambes, bras et mains. 
J’allais retourner à mon auberge quand je tombais sur un autre sentier qui ne se trouvait pas sur ma carte et que je n’avais pas aperçu auparavant. 
Un homme rationnel aurait rebroussé chemin. Après tout, mon aventure dans la jungle dense avait presque épuisé mes réserves d’eau et j’étais brulé… mais je ne suis pas un homme rationnel… je suis un homme impulsif…
J’allais tenter le coup une toute dernière fois et abandonner si le sentier menait nul part. 
Contre toute attente, ce sentier me menait jusqu’au sommet du volcan. 
12.30 – Après presque 6h de marche, j’atteignais le sommet… complètement bouché par les nuages. 


Comme si ma journée n’avait pas déjà été assez haute en couleur, je décidais de descendre par l’un des 2 autres sentiers. À mi-chemin j’étais mort de soif, au point ou je buvais l’eau qui se trouvait dans les feuilles tombées par terre. 
Je terminais ma journée de travail à marcher au beau milieu d’une plantation de café… avec une vue imprenable sur le Volcan Concepcion. 



CONCEPCION… LA FOIS OÙ J’AI MONTÉ I L L É G A L E M E N T UN VOLCAN SOUS LE NEZ DU GARDIEN DU PARC

Départ
Moyogalpa

Sommet Volcan Concepcion (@1610m)

Arrivé Moyogalpa

Distance 19km

Dénivelé Positif  +1500m

Dénivelé Négatif  -1500m
On raconte que Concepcion peut exploser à tout moment! 
Bon… c’est un peu sensationnalisme, mais le volcan est définitivement actif. Il y a donc toujours un risque à réaliser son ascension. 
Cette information me rentrait dans une oreille… pour sortir tout de suite de l’autre… 
04.55am – Je quittais mon auberge en direction du volcan. Seul hic; un guide était obligatoire pour monter ce volcan… et j’avais délibérément fait le choix d’y aller en solo. Je ne savais pas encore comme je me débrouillerais, mais j’avais encore quelques km de marche pour trouver une excuse avant d’atteindre le pavillon d’accueil de la montagne. 
05.35 – Une fois au poste de contrôle, la dame me demandait immédiatement « où est ton guide? ». 
Moi – « Je n’en ai pas! »
Dame – « Désolé tu ne peux pas accéder à la montagne!!! »
Moi – « Y-a-t’il un groupe qui a commencé il n’y a pas si longtemps »
Dame – « Oui… mais… »
Moi – En entendant le « oui », je me mettais à marcher en direction du sentier.
Dame – « … mais il est interdit de marcher sans guide dans le parc. Tu peux attendre le prochain groupe. »
Moi – Je ne répondais pas à sa dernière remarque et marchais en direction du sentier
Dame – « Es Prohibido!!! (c’est interdit!!!) »
Moi – Je lui faisais un signe de au revoir avec la main…
Dame – « Je vais appeler la police! »
Moi – Je me tournais vers elle et lui disais « fais-le »…
Ça lui clouait définitivement le bec…
J’étais parti pour de bon… 
Au final de quelques km à marcher sur un sentier hyper facile, je me trouvais à la base du volcan. Il restait alors 4km et +1300m jusqu’au sommet. 
Je dépassais 2 groupes lors de la montée. Le 1er groupe était un couple qui dormait dans mon dortoir à l’auberge. Ils avaient quitté l’auberge en minivan pour rejoindre le début du sentier au moment où je me levais (j’ai marché jusqu’au début du sentier). Vous auriez du voir leur visage quand ils m’ont vu. 
Le guide du 2ème groupe n’entendait pas à rire lorsqu’il m’a aperçu sans guide( il était en beau c@liss après moi…
Je lui disais que j’étais un guide de montagne au Canada… Il me demandait alors mes cartes… Je lui disais que je l’avais laissé à la femme à l’accueil en guise de garanti… Ça lui fermait le clapet… 


Arrivé à mi-hauteur, la forêt disparaissait pour laisser toute la place à un versant fait de roches volcaniques. Le sentier devenait de plus en plus casse gueulle et incliné à mesure que j’approchais du sommet. 
08.10 – Le Sommet… Surprise… Tout était bouché par les nuages…


Lors de la descente, le panorama s’ouvrait decant moi… 


Je bouclais la boucle en revenant à mon auberge en 5h30… sous le regards ébahi du propriétaire (les gens normaux font l’ascension en 8-10 heures depuis le départ du sentier). 
À ma grande surprise, l’ascension du Volcan Concepcion fut l’une de mes randonnées les plus facile en Amérique Latine; aucune (nouvelle) égratignure & frais comme une rose, j’aurais été prêt à la refaire…

Après 5 jours passés sur Ometepe, j’avais pas mal fait le tour du propriétaire. Il était temps de sauter dans une lancha pour rejoindre le continent et me retrouver sous d’autres cieux. 




P.S. – « Nica Time » – Être en retard est un standard au Nicaragua. Commencer (au moins) 20min après l’heure prévu est la norme. 

Publié par Nicolas Pare le 26 août 2017

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