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Épisode 11 – Après la pluie, le beau tem… l’humidité

(Une chose est sur, celui qui a inventé cette expression n’était assurément pas un Sri Lankais)

 

Résumé de la fin du 10ème épisode;

Vous vous rappellerez qu’à mon réveil à Colombo, je m’étais pointé tout bonnement à la station de train pour voir l’horaire et que j’avais finalement booké un train pour Ella qui partait 30 minutes plus tard…

 

J’ai donc quitté Colombo en catastrophe pour me diriger vers ma première destination à l’intérieur des terres; Ella. Le pas du tout médecin en moi se disait qu’un séjour en montagne allait faire le plus grand bien à mes blessures qui ne guérissaient pas. En effet, pour moi montagne rimait avec air frais. Air frais, oui, mais air très humide aussi, donc d’aucune aide. Si seulement j’avais su, je serais allé sur la côte en premier.

Le train que j’ai pris de Colombo à Ella est l’une des choses à ne pas manquer au Sri Lanka. En effet, la ligne serpente au travers des montagnes tantôt couvertes de jungle, tantôt tapissées de champs de thé (encore).

Le trajet a durée environ 8 heures et les 6 dernières n’ont été que de l’ascension; on montait, on montait et on montait. Heureusement, les plus beaux paysages étaient dans les 2 dernières heures, ce qui a eu pour effet de me réveiller.

La chose que je trouvais un peu moins drôle c’est qu’on était presque toujours sur le bord de la falaise et le train n’arrêtait pas de tanguer d’une manière assez importante d’un côté à l’autre. J’imaginais donc très facilement qu’il bascule dans le vide…

Ça mange quoi en hiver Ella? Un peu à l’image de Munnar en Inde, c’est une petite ville en plein cœur d’une vallée comprenant des plantations de thé. La ville est plus sympathique que Munnar, mais les champs étaient beaucoup plus impressionnant là-bas.

J’ai commencé ma première journée à Ella en allant monter la montagne la plus connu des environs; Ella Rock, un promenade d’environ 4 heures qui passe sur le chemin de fer, dans des plantations de thé, dans une jungle plus ou moins dense, pour finir sur un promontoire rocheux offrant une superbe vue de la vallée et de ses environs. Lors de cette montée, j’ai rencontré 4 personnes qui allaient devenir mes compagnons de voyage pour les 8 prochaines jours;

Joerg – allemand – 24ans

–          Je suis incapable de prononcer son nom alors je l’appelle Yogourt puisque la phonétique se ressemble… pas vraiment, mais enfin,

–          On se ressemble beaucoup (il est plus patient)… tellement qu’une fois, alors qu’il faisait jouer de la musique, j’ai entendu back to back les chansons  »Sail » et  »Nightcall » (mes 2 chansons préférés). J’ai été tellement surpris que j’ai pensé qu’il avait piqué mon Iphone,

3 suissesses; Eva – boule d’énergie, enseignante, Steffie – tout le temps malade, enseignante – Rahel, enseignante, la bonté incarné

Comme si une montagne dans la journée n’était pas assez, nous avons ensuite décidé de nous attaquer à la 2ème montagne des environs; Mini Adam’s peak. Se trouvant directement devant Ella’s rock, celle-ci offre un vue magnifique sur la montagne et la vallée en contrebas.

Le lendemain, moi et les joyeux lurons avons pris le train en direction de Haputale, 1 heure à l’ouest. Alors qu’Ella était un beau petit village au creux d’une vallée, Haputale est un super petit village perché sur une crête assez étroite, surplombant des vallées de part et d’autre.

Mis à part ne rien faire et admirer la vallée du haut de la terrasse de son hôtel, il y a 2 choses à ne pas manquer dans les environs. Personnellement, il y en a une des 2 qui pourrait bien être ignorée, mais comme elles sont à proximitées l’une de l’autre, les 2 sont généralement faites en combo.

Il y a donc d’une part la visite de la Dambatenne tea factory, une usine à thé. Rien de spécial, sinon le prix d’entrée exorbitant. On y voit toutes les étapes de transformations de la feuille de thé en thé et blablabla, Zzzzzzzz. En prime, il n’y a même pas de dégustation de thé à la fin. C’était donc la chose à ne pas oublier de manquer.

De l’usine de thé, on pouvait se rendre en haut de la plus proche montagne surnommé ‘’Lipton’s seat’’. Moyennant une montée de 15-20 minutes en tuk tuk au travers des plantations, vous êtes récompensé par une vue magnifique sur la vallée. Juste pour la vue, c’est à ne pas manquer. Cependant, le meilleur reste à faire. Afin de retourner à Haputale, il faut aller prendre le bus près de l’usine en contrebas de la montagne. Je vous conseille fortement de descendre à pied puisque cela vous permettra de marcher au travers des plantations.

Même si l’endroit était magnifique, il n’y avait pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent. Nous avons donc levé les feutres en direction de Dalhousie.

En chemin, nous avons fait un stop à Nuwura Eliya. Décrite dans le guide comme un endroit à ne pas manquer (je sais, j’ai souvent utilisé l’expression ‘’à ne pas manquer’’ depuis le début), ce village aux allures britanniques pourrait très bien disparaitre des guides de voyage et personne ne s’en rendrait compte. En effet, quand le seul attrait de la ville est que c’est la ville la plus en altitude du pays, mais qu’arrivé là, il n’y a aucune vue sur les environs et que la ville ressemble à tous les autres villes, tu fais quoi? Tu retournes à la station de train 2 heures plus tard pour continuer ton chemin en ayant passé les 2 heures à manger dans le bazar de la ville.

Le meilleur moment de notre court séjour à Nuwura Eliya fut de faire la connaissance du gars qui s’occupait des bagages à la gare de train. Le gars s’appelait Baggesh (phonétique presque identique au mot bagage). Il devait être prédestiné à faire ce métier dès sa naissance.

Retourné dans le train, j’ai pu continuer à peaufiner ma technique de voyage en train type asiatique, c’est-à-dire  »me tenir dans l’ouverture de porte du Wagon quand le train file à toute allure au travers de paysage magnifique ». Pour ceux ayant déjà essayés, vous savez quelle feeling cela procure. Pour les autres, eh bien c’est un sentiment de liberté totale (demandez à Franko). En plus, c’est 100% sécuritaire… euh, je veux dire, c’est 100% sur que mes assurances ne couvrent pas cela. 3 heures de pur bonheur. Une fois que vous avez gouté à cela, vous ne voulez plus retourner vous assoir à votre siège.

Descendu du train à Hatton (ville principale à proximité de Dalhousie), il ne nous restait plus qu’à prendre le bus pour arriver à destination. Je n’avais jamais vu une station de bus aussi bordélique de ma vie que celle de Hatton (et pourtant j’ai ai vu des pas pire en Inde). Le meilleur moyen de vous imaginer le stationnement rempli de bus est de penser au jeu Tétris; imaginez des blocs de toutes grosseurs dans tous les sens et si un bloc veut sortir, d’autres blocs doivent bouger au préalable.

La raison de notre présence à Dalhousie était bien simple; c’est le point de départ pour l’ascension d’une des plus célèbres montagnes du Sri Lanka, j’ai nommé Adam’s Peak. Lieu de pèlerinage pour les sri lankais de toutes les religions, c’est aussi un lieu difficile à ne pas mettre dans son agenda en tant que touriste.

L’attrait principal de la montagne est d’aller y voir le lever du soleil qui se produit vers 6h, 6h30. Puisque la montée se fait en environ 3 heures, nous n’avons pas pris de chance et nous avons commencé à 1h30 du matin.

Je ne sais pas pour vous, mais si je vous dis ‘’je vais aller monter une montagne à 1h30 du matin’’, pour ma part, je m’attendrais à être pas mal tout seul. Eh bien je n’aurais pas pu être plus dans le tort. Déjà à 2 heures du matin, le sentier était une véritable autoroute. Pendant que moi et mes compagnons étions équipés pour faire une véritable expédition, nous étions entourés de vieillards, de parents avec des enfants dans les bras, des gens pieds nus, d’aveugles, etc.

Ce n’est pas compliqué, j’étais convaincu que nous avions trouvé le ‘’stairway to heaven (l’escalier pour aller au paradis)’’.

Rendu en haut, il y avait un gros temple, une armée de sri lankais (sans joke, il devait y en avoir un millier) empilés les uns sur les autres… et aucune vue possible sur les environs, encore moins sur le lever du soleil. En faisant un peu de recherches et en jouant du coude un peu beaucoup, j’ai finalement trouvé THE PLACE (à la française… il faut bien prononcer le TH) juste à temps pour voir le sublime lever de soleil sur le lac juste en bas et avec les montagnes environnantes nappées de nuages. L’expérience de l’ascension vaut la peine d’être vécu puisque c’est assez unique, mais le lever du soleil était la cerise sur le sunday.

À la minute où le soleil s’est levé, la tonne de sri lankais qui se trouvait dans le temple en haut de la montagne se sont (je sais, il faut accorder le verbe avec la tonne… mais bon) mis à descendre le sentier à la file (pas) indienne. Autant vous dire que le chemin du retour s’est fait à pas de tortue.

De retour à notre guesthouse à 8h30 du matin, notre journée était terminée.

A Dalhousie, nous avons rencontré des gens formidable; Brenda, Little Obama et Doug.

À tout seigneur, tout honneur, commençons par Little Obama. La guesthouse où nous étions se nommait ‘’White House’’ et comme le nom du gérant était très compliqué, nous avons décidé de le surnommer Little Obama (en plus d’avoir un nom compliqué, il était une personne de petite taille). Little Obame était tellement serviable qu’il a marché 1h30 pour aller nous chercher de la bière le premier soir (je prenais plaisir à l’imaginer courir dans la rue avec ses petites jambes… comme les jumeaux dans Fort Boyard héhé).

Il y avait aussi Doug le chien qui nous suivait partout et qui était notre espèce de bodyguard.

Finalement, la dernière et non la moindre, j’ai nommé Brenda (son vrai nom), une très vieille indienne venu habiter Dalhousie au Sri Lanka dans le but de devenir guide de montagne. C’est rare les vieille personne en Asie qui parlent anglais, encore moins un anglais très fluide. J’ai littéralement dû refuser ses avances plus d’une fois durant la demi-heure où elle nous a suivit (elle m’invitait à danser chez elle et disait qu’il y aurait beaucoup d’ambiance… quand je lui demandais si il y aurait d’autres gens, elle me répondait seulement moi et elle). Bon, on va mettre les choses au clair, les femmes de 60 ans qui sont grand-mère, ce n’est pas trop mon genre.

À notre départ de Dalhousie, nous avons décidé de mettre le cap sur Sigiriya, pas mal plus au nord. Cette journée là en fut donc une de déplacement. Tout d’abord, il y a eu le bus jusqu’à Hatton, ensuite le train jusqu’à Kandy et ensuite le bus jusqu’à Dambulla. Arrivé à Dambulla, il ne nous restait qu’un petit bus de 30 minutes à prendre pour arriver à bon port et nous étions convaincu que la journée était terminée.

C’était cependant mal connaitre l’Asie que de faire cette supposition. En effet, ce court trajet en bus s’est transformé en mon pire trajet de train/bus jusqu’à maintenant.

Imaginez-vous dans un premier temps un bus de la taille des petits bus scolaire que l’on retrouve au Québec. Au début, ça allait bien, le bus était plein comme à l’habitude, mais sans plus. Ensuite, d’autres personnes sont montés, et puis d’autres et puis d’autres et puis d’autres, tellement qu’au milieu du trajet, des indiens s’accrochaient à l’extérieur du bus. Étant assis à l’intérieur, j’avais les fesses d’une grosses sri lankaise dans le visage.

C’est à ce moment là que le clou du spectacle est arrivé; une classe complète (15-20) de jeunes sri lankais d’environ une dizaine d’année. Quand je les ai vus sur le bord de la route, je ne pouvais pas concevoir qu’ils allaient tous entrer. Eh bien, le sceptique en moi a été confondu. L’expression entassé comme des sardines n’est pas assez forte pour décrire le spectacle auquel j’ai assisté/participé. Je n’aurais pas été surpris si à la fin du trajet si nous avions retrouvé 1 ou 2 jeunes morts asphyxiés. Quand on roulait entassé comme des sardines, ça allait encore,  le pire moment a été de sortir du bus… Je vous laisse imaginer la situation.

Ajoutez à tout cela que le chauffeur était un véritable enf*i+é. Comparativement à tous ses collègues asiatiques, il ne roulait pas en fou… LOIN de là. Il devait rouler en moyenne à 10-12km/h TOUT le trajet. Le calvaire qui devait prendre 30min s’est donc éternisé durant 1h30. La colère montait en moi et à tout moment j’avais envi de crier  »next gear (change de vitesse) ».

Le lendemain matin, nous étions les premiers dans la file à 7h pour aller visiter Sigiriya Rock (seule et unique attrait de l’endroit). Pour faire une histoire courte, le palais a été érigé il y a plusieurs siècles par un roi un peu dérangé qui voyait constamment des gens comploter pour l’assassiner. Il a donc ordonné de construire un palais perdu au milieu de la jungle sur le rocher de la tête du lion (Lion’s head).

Le prix d’entrée nous a un peu beaucoup refroidis (30$ us), tellement que je peux maintenant affirmer sans me tromper que c’est l’une des pires attrapes touristes en Asie. L’endroit vaut le déplacement, mais AUCUNEMENT à ce prix, même pas au quart. Pour vous donner une comparaison, l’entrée au Taj Mahal m’a couté 15$ et c’est l’un des sites les plus importants en Asie. Ce qui me fait le plus chier c’est l’écart de prix extrême pour les sri lankais (150rs – 1,20$ US) versus le prix pour les étrangers (3750rs – 30$ us). Je n’ai aucun problème à payer plus que les habitants du pays, mais il y a une limite à ne pas franchir et elle a été dépassée ici.

Concernant la visite, eh bien, pour accéder au sommet, il faut emprunter un chemin tantôt creusé à même la roche, tantôt ajouté depuis que c’est un site touristique pour plus de sécurité (une section des marches originales est sculptée à même la roche sur une paroi à 90 degrés…). À ce sujet, ces sections rajoutées me donnait l’impression d’être les plus dangereuses; 2 escaliers en colimaçon interminables et suspendus dans le vide et un escalier standard qui aurait besoin de rénovations (travaux faits de préférence par un gars ayant un niveau pour éviter que l’escalier donne l’impression de pencher dans le vide comme actuellement). Bref, ceux ayant le vertige s’abstenir.

Quelques heures plus tard, nous nous sommes dirigés vers Dambulla (la ville voisine) pour aller visiter des cavernes sculptés dans le rock comprenant d’immenses statues de Bouddha (des centaines et des centaines de représentation de Bouddha de toutes les dimensions). En arrivant sur le site si vous y allez un jour, il ne faut pas se laisser impressionner (dans le mauvais sens du terme) par le temple contemporain qui a été construit à l’accueil juste devant la montagne.

Cet endroit a beaucoup stimulé mon imagination et je me suis mis à jouer les guides avec l’une des filles avec qui je voyageais en racontant l’histoire à ma manière… J’ai donc fermé mon guide de voyage pour ouvrir mon livre d’histoire imaginaire. En bout de ligne, je crois avoir transformé l’histoire un peu monotone en une fiction digne d’un film de série B à Hollywood ou d’un blockbuster à Bollywood. Je vous laisse en juger par vous-même… soyez dont un peu indulgent.

Dans un premier temps, elle m’a demandé ‘’pourquoi ont-ils sculpté autant de représentations de Bouddha dans un seul et même endroit?’’. Je lui ai répondu ceci;

À l’époque, le chef des moines a demandé à tous ses aspirants moines un devoir; ils devaient tous et chacun faire une statue représentant quelqu’un ou quelque chose et ils avaient 10 ans pour la réaliser. Dans sa grille d’évaluation, le chef moine a fait une erreur, il a oublié de donner des points pour l’originalité. Du coup, tous les moines se sont dit qu’ils allaient opter pour la facilité et faire une représentation de Bouddha. À la remise du devoir, le chef moine se rendant compte de son erreur décida de faire passer tout le monde et afin de camoufler son erreur, il fit déposer toutes les répliques de Bouddha dans des cavernes en haut d’une montagne perdu au milieu de nulle part. Quelques siècles plus tard, des archéologues ont découvert l’endroit et ont tout simplement mal interprété la signification du lieu… ou sinon, ils ont très bien compris et ils ont décidé de camoufler la vérité afin de couvrir le chef moine. Voila… pas plus compliqué.

Ensuite, à la question ‘’à quoi le mot Dambulla peut-il référer?’’, je lui ai fait part de l’histoire secrète de Dambulla, le frère jumeaux diabolique de Bouddha (The untold story of Dambulla, the evil twin brother of Bouddha). Bon, je ne vous raconterais pas l’histoire parce qu’elle est secrète et bon… moi les secrets c’est motus et bouche cousue… euh

Après ce cours d’histoire accéléré, moi et Yogourt avons fait nos adieux aux 3 suissesses avec qui ont voyageait depuis maintenant 6 jours. Elles prenaient la direction de Colombo en fin de journée puisque leur voyage au Sri Lanka était terminé.

Malgré une grosse journée derrière la cravate et une humidité indescriptible (tu as beau prendre une douche froide, en fermant le robinet tu recommences à suer), nous avons décidé d’aller monter la montagne juste à côté de Sigiriya palace pour le coucher de soleil. Bien que le sentier n’était pas très évident (merci guide de voyage de merde), nous sommes parvenus à notre fin.

Ce qu’il y a à savoir, c’est que si vous avez un guide de voyage et que vous allez à cet endroit, laissez le dont dans votre chambre, ce sera déjà une très bonne étape de faite. Donc, pour aller en haut de la montagne, vous devez vous rendre jusqu’au monastère bouddhiste à sa base (environ 4km du village). De là, 2 sentiers s’offriront à vous. Prenez celui de droite. Ensuite, lorsque vous croiserez une intersection, prenez le sentier de gauche. Vous devriez apercevoir quelques mètres plus loin une indication sur laquelle est écrite ‘’Old Cave Bouddha’’. En arrivant au Bouddha, vous ne verrez plus de sentier. À ce moment là, si vous voyez des locaux et que ceux-ci vous disent que ce n’est pas le bon chemin pour atteindre le sommet ‘’There is no trail to the summit this way… you need to go down and take an other trail (il n’y a pas de sentier jusqu’au sommet à partir d’ici… vous devez redescendre et prendre un autre sentier)’’. À ce moment là, regardez dans les yeux de l’un des locaux en lui disant mentalement ‘’ah ouin, ya pas de trail de ce côté… regarde moi ben’’ et marchez tout droit en direction du pas de trail. Longez ensuite la paroi rocheuse jusqu’à ce que vous trouviez une ouverture. De là, il ne vous reste qu’à jouer aux alpinistes afin de vous faufiler entre /sur les rochers. À ce sujet, si vous voyez une bouteille d’eau pleine au travers des roches, c’est la mienne et l’eau est potable…

Au final, vous serez récompensé avec une superbe vue du Sigiriya Palace et le plus beau coucher de soleil des environs (si vous commencez votre périple du village vers 4h45-5h). C’est en fait la meilleure chose que nous avons faite de la journée et la moins chère.

Le lendemain, après un faux départ de Sigiriya à 7h du matin (le bus, nous ayant pourtant très bien vue sur le bord de la route, nous a passé dans la face) les choses se sont replacées. Le trajet, qui devait durer environ 2h30 selon le guide, ne nous a pris qu’une heure. Tellement que nous étions convaincu que les gens dans le bus se foutaient de notre gueule quand ils nous ont dit que nous étions arrivés. C’était pourtant bien notre stop.

Polonnaruva est donc une ville du centre du pays qui abrite l’une des 2 anciennes cités impériales datant de presque 2 millénaires. Il y a tout d’abord eu Anuradhapura et quand celle-ci fut détruite par les indiens, Polonnaruva a été construite.

La journée s’est super bien passé à se promener à vélo d’une ruine à l’autre. Chacune avait un cachet particulier formant au final un ensemble très intéressant à visiter. Côté visite de temple, etc. c’est assurément le plus bel endroit au Sri Lanka jusqu’à maintenant.

Le défi du jour était d’arriver à visiter chaque endroit avant que la horde d’étudiantes (elles devaient être au moins une centaine) en robes blanches se pointent sur les lieux.

Ce n’est pas compliqué, à la minute où elles arrivaient, s’en était fini des photos. J’irais jusqu’à dire qu’elles étaient pire que n’importe quelle groupe de chinois ou japonais que j’ai vu prendre l’assaut d’un site touristique armé de leur caméra.

À un certain moment, nous avons dû passer au travers du groupe avec nos vélos sur une petite route. J’ai alors dit à Yogourt de se fermer les yeux, de garder ses bras bien tendus et accrochés à son guidon et de pédaler le plus vite possible. C’était selon moi le meilleur moyen de s’en sortir intact…

La visite s’est donc déroulée en toute quiétude jusqu’au moment où… je me suis ouvert… le criss de gros orteil… sur une roche… parce que le vélo que j’avais loué, quoique le plus grand disponible, était fait pour un enfant de 10ans. Le destin continuait donc à s’acharner sur moi. Pourquoi, je n’en ai aucune idée…

À ce sujet, si j’ai fait du tort à quelqu’un et que celui-ci a fabriqué une poupée voodou à mon effigie pour me faire payer, eh bien je crois que peu importe ce que j’ai pu te faire on est quitte.

Prière d’annuler le sortilège A.S.A.P.

Merci

 

Autrement, si c’est Bouddha qui me rend la monnaie de ma pièce en raison de ma fausse histoire à propos de Dambulla, son méchant frère jumeau, eh bien tous ceux qui ont cru cette histoire (euh)… comment dire… c’est faux bon. Content Bouddha?

De toute façon, si c’est toi qui a provoqué cela, cela va contre tes principes de paix et en plus, j’ai toujours imaginé qu’un gars de 300 livres qui prônait une vie saine avait une sorte de sens de l’humour un peu tordu… Bon, je m’arrête là, je ne veux pas d’autres représailles…  Anyway, j’espère que tu comprends mon point Boud… Je peux t’appeler Boud?

Avec cette nouvelle blessure, mes jambes ressemblaient de plus en plus à un mauvais remake du déjà très mauvais film  »Terre, champ de bataille » mettant en vedette un John Travolta à son meilleur. Il fait savoir que chaque petite coupure ou enflure prend de l’ampleur jusqu’à devenir plus grande que nature en raison du climat.

En une journée, s’en était donc fait de Polonnaruva. Le jour suivant, nous avons mis le cap sur Anuradhapura. Le moment fort du trajet s’est produit quand notre chauffeur, qui roulait quand même assez prudemment jusque là, s’est fait dépassé par un autre bus. A ce moment, il a littéralement été piqué au vif et s’est mis à rouler en malade sur la route sinueuse. Il a fini par redépasser le dit bus (vous auriez dû voir son sourire… je lui aurais appris qu’il avait gagné 1 millions qu’il n’aurait pas été aussi content) et il a ensuite continué à rouler en malade pour le distancer. Bravo champion…

Disons simplement que j’ai l’habitude de somnoler dans les bus, mais que dans celui-ci, j’avais les yeux bien ronds (Si je vivais mes derniers moments, je préférais le savoir).

Autre fait inusité, en attendant pour notre second bus, nous avons assisté à une course de vélo sur route. Bon, seulement 2 ou 3 avaient un vrai vélo de route, les autres se contentant au mieux d’un vélo hybride, mais quand même. Une course de vélo organisée en Asie du Sud Est avec une foule très importante massée tout au long du trajet… je n’aurais jamais cru voir cela. Faf, tu passeras le message à Geoff, je crois qu’il y a un bon marché en devenir ici.

À notre arrivé à Anuradhapura, j’avais l’impression d’être comme le gars dans le film  »Orange Mécanique » quand on lui lave le cerveau avec des séances de vidéo. Les 2 heures de bus avaient été une succession de chansons plus horribles les unes que les autres et en prime, il y avait des écrans dans le bus pour voir les vidéos.

Quelques minutes après être sorti du bus et s’être débarrassé des chauffeurs de tuk tuk qui vendaient leur salade comme d’habitude, moi et Yogourt marchions tout bonnement dans la rue pour se rendre à une guesthouse quant quelque chose que je n’aurais jamais pu concevoir est arrivé. Un tuk s’est arrêté sur le bord de la route à coté de nous et au moment ou je me suis retourné pour lui dire  »gentiment » que nous n’étions pas intéressé par son offre même avant de l’avoir entendu, je me suis rendu compte… que… le tuk tuk… était conduit… par un touriste.

J’ai lancé un regard d’incompréhension à Yogourt du genre  »est-ce qu’on est en train de rêver là? » et il m’a répondu avec un regard qui voulais dire ‘’pourtant on a juste pris une bière hier soir et je ne me sens pas hangover’’.

Ce n’était aucunement un rêve ni un lendemain d’une soirée bien arrosée. Il y avait bel et bien 2 touristes voyageant à bord d’un tuk tuk au Sri Lanka (on a appris par après qu’ils ont loué le tuk tuk pour 1 semaines). Ils nous ont ensuite proposé de faire le tour des temples et ruines (seule et unique raison d’être ici) avec eux.

Nous avons assurément établi un nouveau record Guinness pour le plus grand nombre de personnes uniquement non asiatique dans un tuk tuk. Vous auriez du voir la figure des locaux qui nous voyaient, particulièrement les chauffeurs de tuk tuk. Leur visage était rempli d’incompréhension.

En ce qui concerne la visite d’Anuradhapura, l’endroit comporte 3 dagobas (espèces de grand dôme ressemblant à un bol renversé) très impressionnantes et extrêmement bien conservées, mais c’est à peu près tout. Heureusement, au moins ici nous n’avons peu eu à débourser un prix de fou.

En sommes, j’ai terminé la section culturelle de mon voyage au Sri Lanka. Cette section du territoire s’appelle le  »triangle culturel » et cela comprend Kandy (je ne suis pas allé), Dambulla, Sigiriya, Polonnaruva et Anuradhapura. Si vous venez un jour ici et que vous n’avez pas le temps de tout voir, allez à Dambulla/Sigiriya (se fait bien en une journée) et aller à Polonnaruva. Vous pouvez laisser tomber Anuradhapura (avis partagé par mon ami allemand).

Je mets donc le cap ce matin vers Trincomalee sur la cote Est de l’ile pendant que mon compagnon des 8 derniers jours prend le chemin de Kandy. Ça va faire bizarre de ne plus l’avoir dans les environs puisque nous formions une bonne équipe du style bon cop, bad cop (moi impulsif et lui plus réfléchi… quand on négociait le prix des chambres, il commençait la négociation et si il n’était pas capable d’avoir le prix que nous voulions, je prenais le relais). Le mois et demi passé en Inde m’a littéralement transformé en une bête impitoyable quand vient le temps de négocier. À ce moment, aucun coup bas n’est assez bas pour avoir le meilleur prix possible héhé.

De là, j’ai l’intention de descendre en longeant la cote pour les 2 prochaines semaines (ce sera vraiment pénible).

Jusque là, portez-vous bien et je tâcherai de faire de même.

Les 10 premiers jours que j’ai passé au Sri Lanka, j’avais une énorme barde et je peux compter sur les doigts d’une main le nombre de personne qui m’ont demandé d’où je venais ou même salué (tout un contraste avec l’Inde). Depuis, j’ai rasé ma barbe et je me suis faits un nouveau public; les jeunes filles sri lankaise. C’est pas compliqué, à tous les endroits où je vais depuis, les groupes de jeunes filles me saluent et essaient d’attirer mon attention avec des regards coquins quand je passe près d’eux. C’est assez agréable, mais le hic (sans aucune méchanceté, c’est une question de gout), je trouve que les femmes sri lankaise ont pour la grande majorité des traits s’apparentant plus aux hommes qu’aux femmes (visage). En d’autres mots, elles ne sont pas vraiment attirantes.

Dans le même ordre d’idée, durant le mois et demi que j’ai passé en Inde, j’aurais quasiment pu compter sur les doigts de mes mains le nombre de gros indiens que j’ai croisées. C’est tout un contraste avec le Sri Lanka. En effet, disons simplement qu’ici les gens ne meurent vraiment pas de faim (clin d’œil). C’est probablement en raison du fait qu’ils mangent principalement le même plat (Rice and Curry; une grosse assiette de riz blanc servie avec plein de légumes) matin, midi et soir.

Après maintenant presque 2 semaines, je peux vous dire que je commence à en avoir assez. C’est super bon, mais manger uniquement de cela matin, midi et soir, ça commence à faire. Autrement, la seule alternative la majorité du temps consiste à prendre des Rotis (espèce de pain cuit replié en forme de triangle ou de carré avec de la viande ou des légumes dedans) ou du Kottu (espèce de salade de légumes tranchés en petits morceaux).

Autrement, la religion principale au Sri Lanka est de loin le bouddhiste avec entre 65 et 70% de la population. Or, dans chaque ville ou nous allons, il y a toujours un maudit minaret (tour duquel les musulmans entonnent des chants qui peuvent être entendus à la grandeur de la ville tôt le matin (vers 5-6h et après le coucher du soleil). Yogourt me passait le commentaire suivant l’autre soir; ‘’je me demande si les bouddhistes n’en on pas plein leur casse (traduction libre) de ces minarets’’? C’est une très bonne remarque et si c’était juste de moi, je serais à bout de me faire réveiller tous les matins par un gars qui donne l’impression de chanter avec une brosse à dents dans la bouche et qui en plus n’est pas de ma religion… pousse, mais pousse égale. Cependant, comme les bouddhistes sont des gens généralement pacifiques et compréhensifs, je crois qu’ils acceptent de se faire tondre la laine sur le dos.

 

En terminant (pour de bon), je me suis toujours demandé où était passé la grande majorité des synthétiseurs après que ceux-ci ait été abandonnés par l’industrie de la musique après une décennie 80 catastrophique. Bon, le synthétiseur a donné naissance à quelques petits bijoux, mais pour la majorité, c’est catastrophique. Je peux dorénavant répondre à l’énigme. Non, ils n’ont pas été mis dans la navette spatiale qui a explosée il y a quelques années. Ils n’ont pas non plus été enterrés dans un bunker qui a ensuite été inondé. Non… tenez-vous bien… ils ont été expédié au Sri Lanka. Ça y est, je l’ai dit…

L’emploi du synthétiseur est SYSTÉMATIQUE dans toutes les chansons. On se croirait dans un très très très mauvais Noël des campeurs dans un camping près de chez vous. Très sérieusement, la très grande majorité des chansons que j’entends ici, sinon la totalité (dans chaque bus, la musique joue à tue tête) utilisent le synthétiseur pour faire la mélodie.

La résolution de cette énigme est une très bonne nouvelle puisque je vais maintenant pouvoir mettre tous mes efforts sur la résolution d’un autre mystère qui hante mes nuits; comment le caramel est introduit dans la Caramilk?

Catégories : Sri Lanka
Publié par Nicolas Pare le 2 mai 2013
1 commentaire Poster un commentaire
  1. 05/14/2013
    J.Mance

    Merci de me faire rire à chaque étape de ton voyage. C’est vraiment le fun de te lire.xxx

    Réponse

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