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Épisode 13 – Les femmes et les enfants d’abord…

Aujourd’hui, 6 mai 2013, j’étais sensé boucler la boucle de mon périple des plus tumultueux au Sri Lanka. Non je n’allais pas prendre l’avion. J’allais plutôt aller chercher mon Brand New passeport avec ma photo de serial killer.

Pour faire changement, et ce que je ne savais pas encore à mon réveil vers 5h30 du matin, c’est que ce jour allait être différent des autres. Aujourd’hui, je n’allais pas suer toutes les gouttes de mon corps comme c’est maintenant rendu une habitude depuis 1 mois… Non. J’allais plutôt recevoir sur la tête toutes les gouttes d’eau que le ciel pouvait contenir.

Disons simplement que miss Météo aurait pu trouver un meilleur timing pour me faire vivre mon premier jour de pluie depuis le début du voyage.

05:30
Comme c’est maintenant devenue une habitude, j’ai les yeux bien ronds dans mon lit en me réveillant une dernière fois sur le bord de l’océan à Mirissa.

06:30
Train de Weligama à Colombo. Moi qui pensais que le train de 6h30 allait être vide… j’ai passé 3h debout à proposer à qui les voulaient mes dessous de bras.

09:30
Arrivé à Colombo… pour la 3ème fois. Je m’empresse d’aller me gaver de trucs machins végétariens au petit resto du coin. Bon… pour vous, ça aurait l’air d’une dompe… pour le moi d’avant l’Inde ça aurait aussi l’air d’une dompe… mais pour le moi qui en a vu pas mal de verte et de pas mur depuis, je trouve que le resto a un petit je ne sais quoi de charmant.

09:45
Là aussi, 3ème tour de piste à mon hôtel de Colombo. Le manager m’accueille avec la désormais traditionnelle accolade comme si j’étais son fils de retour en ville après un long voyage.

10:30
Arrivé à l’ambassade du Canada. Encore là, je me sens comme si j’étais chez moi. Les gardiens me reconnaissent et s’amusent alors que je fais le clown (j’en profite pour passer en douce avec mon couteau à l’intérieur d’une de mes poches héhé. C’est une sorte de défi personnel à chaque point de sécurité… sauf à l’aéroport (je suis pas si cave que cela). Jusqu’à maintenant c’est Nicolas; 43 et des poussières – Gardiens de sécurité; 1 (vous pouvez dire merci à la SS du temple de Madurai en Inde pour vous sauver la face… vous vous rappelez, celle qui m’a demandé de prendre une photo avec elle et moi pour lui prouver que ma caméra n’était pas une bombe)).

Bon… je m’égare encore une fois.

Je ramasse donc mon nouveau passeport, ainsi que mon portefeuille volé comprenant TOUT sauf l’argent. Je suis complètement subjugué de revoir toutes mes affaires. Même les papiers les plus insignifiants sont là (billet de train, etc.).

On m’explique alors que c’est un garde du corps rapproché du président du Sri Lanka (sa résidence officielle est à proximité de l’hôtel où je descends à Colombo) qui l’a trouvé dans une petite ruelle à 2-3 coins de rues de l’endroit où je résidais. On me dit que c’est un homme bien et on m’invite à l’appeler pour le remercier. Je sais pas pour vous, mais je me suis gardé une petite gêne. Garde du corps ou pas, je trouve cela louche qu’il ait retrouvé mon portefeuille après 3 jours… Enfin, donnons lui 1 morceau de robot pour la forme… mais pas plus.

Au final, contrairement à ce que j’avais pu imaginer la veille dans mes multiples scénarios catastrophes, tout a été sur des roulettes. Il n’ont pas voulu que je touche à mon ancien passeport, mais ils me l’ont montré (ça me faisait chier en ta…). Ils ont par contre fait des copies officielles de mon ancien passeport et de mon visa indien, tout en prenant la peine d’expliquer les évènements qui m’étaient arrivés dans une lettre adressée à l’ambassade de l’Inde afin de faciliter le processus pour ravoir mon visa indien.

La dame a cependant été bien clair juste avant que je quitte les lieux; cela ne garanti en rien qu’ils voudront te le redonner (mon visa indien) et je la cite « Indian are very strange ». Elle n’aurait pas pu mieux dire…

11:00
Sorti de l’ambassade, c’est là que mon bateau a commencé à prendre l’eau (au sens propre comme au sens figuré cette fois)…

Une pluie diluvienne, qui allait durer toute la journée, s’est abattue sur la capitale. Moi, grand génie parfois bucké (bon, pas mal tout le temps), j’ai décidé de marcher malgré tout. Il faut savoir que l’ambassade de l’Inde est à environ 20min de marche de celle du Canada.

11:20
Arrivé à l’ambassade de l’Inde, la première étape a consisté à expliquer ma situation au gardien pour qu’il accepte enfin de me laisser entrer (j’ai un visa indien, mais quelqu’un a volé mon passeport, mais là j’en ai un nouveau et je veux faire « adapter » mon visa à mon nouveau passeport). Essayer d’expliquer cela de manière cohérente en anglais à quelqu’un qui baragouine l’anglais.

Deuxième étape; Résister à la tentation de mettre mes 2 mains autour du cou de l’indienne qui me répétait constamment « new passport, new indian visa… don’t care you have indian visa… new passport, new indian visa (nouveau passeport, nouveau visa indien… j’en ai rien à fo&t$e que tu ais un visa indien valide… nouveau passeport, nouveau visa) ». Bon, vous aurez surement remarqué que le doublage s’est fait au Québec et non en France héhé. J’ai donc sorti mon argument du désespoir en lui faisant des menaces et en lui disant un tissu de mensonges selon lesquels j’étais sensé passer 2 autres mois en Inde et que si elle n’acceptait pas de valider mon visa indien, l’argent que j’étais sensé dépenser durant ces 2 mois allait aller dans un autre pays.

Rien à faire.

J’ai donc demandé le délai pour avoir un nouveau visa; 5 jours ouvrables. On était le 6 mai et j’avais l’intention de quitter le pays le 8 ou 9 mai. J’ai donc encore une fois sorti un argument du désespoir en lui disant que j’avais un vol de booké pour l’Inde le 7 mai.

Rien à faire encore une fois.

Je suis donc sorti de là en cali… tabarouette de bonne humeur. À ce moment, je m’étais convaincu que je ne remettrait plus jamais les pieds en Inde; ces s$l&s n’allaient pas avoir un sous de plus de ma poche. Entendez-moi bien, le coût d’un nouveau visa est minime (40$), c’est simplement une question de principe; j’ai un visa indien valide… je ne veux donc pas payer pour quelque chose que j’ai déjà.

Je suis donc sorti de l’ambassade Indien avec une idée en tête; je m’en vais à Dubai pour quelques jours rejoindre mon ami Benoit. Il faut savoir que si vous ne passez pas par l’Inde, le chemin le moins cher pour aller au Népal est de faire un transit à Dubai. Comme moi et Benoit en parlions bien avant que je perde mon passeport, je trouvais le timing excellent.

Je me suis donc dirigé chez le seul agent officiel de voyage vers Dubai à Colombo. En fait, j ‘avais déjà tout prévu au cas où il y aurait un pépin du genre « on ne veut pas reconduire votre visa indien ». J’avais trouvé mes billets d’avion pour Dubai et Katmandou. Il me manquait simplement l’agent de voyage pour m’aider avec le visa (nécessaire si on sort de l’aéroport à Dubai).

Arrivé chez l’agent de voyage à l’autre bout de la ville, j’ai cependant vite déchanté…

Agent – Votre profession n’est pas dans votre passeport?

Moi – Non?!? Elle est dans le votre?

Agent – Oui! Nous devons avoir une preuve de votre profession…

Moi – Quoi?!? Je veux pas aller vivre/travailler là-bas, je veux aller passer 3 jours afin de me reposer de votre putain de pays.

[..]

Agent – Quel type de visa voulez-vous appliquer?

Moi (Ahhh, ça je sais. J’avais vérifié et il y avait un visa de 15 jours à 150$ assez facile à avoir avec un agence de voyage virtuelle que Benoit m’avait recommandé, mais je trouvais que 150$ pour passer 3 jours dans un pays était fort payé. J’avais donc trouvé le visa de transit; tu peux rester 96 heures dans le pays en sortant de l’aéroport, etc. Le prix n’était pas indiqué, mais je me disais que ça tournerais autour de 40-50$) – je veux un visa de transit. Combien il coute?

Agent – 120$

Moi – Quoi?!? Le visa 15 jours est 150$ c’est ridicule…

Même si le prix du visa m’était passé de travers, je ne voulais absolument pas retourner en Inde, j’ai donc continué la discussion.

[…]

Agent – Allez-vous descendre à l’hôtel ou rester chez quelqu’un?

Moi – je vais rester chez mon ami…

Agent – il me faut une copie de son passeport, une preuve qu’il réside bien à Dubai et…

C’est à ce moment là que je me suis levé et que je suis sorti de l’agence me refroidir un peu l’esprit à la pluie batante.

C’était maintenant officielle, mon bateau avait sombré avec tout l’équipage et les musiciens au plus profond de l’océan indien.

Ding Ding Ding, c’est bon, je mets un genou à terre, vous pouvez arrêter de cogner, je me rends. Est-ce que c’est parce que je n’ai pas de médaillon de Saint Christophe, protecteur des voyageurs, que tout m’arrive?

Qu’est-ce que j’allais faire? Je me suis demandé cette question un bon 30min en marchant dehors pendant que l’eau perlait sur mon visage. Tous les scénarios y sont passés; je rentre au pays j’en ai assez, je ne vais pas aller au Nepal, je vais où d’abord, etc.

Le fuck, c’est que je veux vraiment, mais vraiment aller au Népal et que la fenêtre de beau temps se rétrécit de pluie en pluie (jusqu’à mi-juin les conditions sont assez idéale).

Dans un monde idéal, donc si j’avais toujours mon passeport original avec mon visa indien, je serais retourné à Chennai en avion et j’aurais remonté l’Inde en train (les trains indien me manquent) jusqu’à Varanasi pour y rejoindre mon buddy Roark et enfin entrer au Népal par autobus.

Autrement, il me fallait y entrer par avion et les 2 moyens les plus faciles étaient Dubai et l’Inde. Contrairement à Dubai, où tu n’as pas besoin d’un visa si tu ne sors pas de l’aéroport, à la minute où tu te dirige vers l’Inde, même pour un transit, tu as besoin d’un visa pour entrer dans l’avion.

Autrement, si ce n’était du Népal, la question serait réglé depuis le moment où je suis sorti de l’ambassade canadienne avec mon passeport. J’aurais pris un vol pour Bangkok, Singapour ou Kuala Lumpur et le chapitre aurait été clot. Or, le Népal est dans le portrait.

J’ai donc pris un tuk tuk en direction de… l’ambassade indienne.

J’ai remplis tous les foutus documents et je croise les doigts pour que tout soit conforme. En théorie, je dois y retourner le vendredi 10 mai en avant-midi pour y porter mon passeport (règlement stupide qui fait en sorte qu’ils ne peuvent garder un passeport étranger plus d’une journée). Je devrais par la suite patienter toute la journée pour y retourner à 4h. À ce moment là, soit je vais avoir un visa, soit je vais apprendre que quelque chose n’est pas complet, etc. ce qui entrainera un délai.

À noter aussi la grande complexité du système indien. Dans la ville de Colombo uniquement, il y a l’ambassade indienne, le haut commissariat indien et VFs Indien. Les 3 sont sur la même rue, j’ai nommée Galle road, mais c’est la plus longue artère du pays (elle traverse toute la ville parallèle à l’océan) et les 3 sont à quelques kilomètres l’un de l’autre.

Alors, vous allez où pour faire une demande de visa? Si vous avez répondu l’ambassade, vous avez fait le même mauvais choix que moi et vous devrez marcher encore un peu… pour aller au VFs

Entre le moment où j’ai appliqué pour le visa indien (6 mai) et le moment où je devais aller le chercher, il y avait donc 3 jours à tuer. Quoi faire?

Il était hors de question que je reste au centre-ville puisque c’était trop cher payé pour une chambre humide sans salle de bain. Aussi, je n’avais plus vraiment la tête à visiter le pays puisque j’avais fait le tour de tous les endroits où je voulais aller. En plus, il m’aurait vraisemblablement fallu 1 journée de déplacement allé et 1 retour ce qui m’aurait laissé 1 journée de repos/visite/etc. Autant me trouver un sympathique endroit à proximité de la ville (quand je parle à proximité, il ne faut pas tomber dans le piège de regarder les distances… parce que l’endroit le plus éloigné de Colombo où je suis allé au pays est Trincomalee et c’est à environ 250-300km (9 heures de train). Il faut donc penser en terme de temps…

J’ai donc mis le cap sur Negombo, à seulement 1 heure et demi de là (30km), un peu au Nord de Colombo le long de la cote.

Negombo représente la porte d’entrée au Sri Lanka pour la majorité des touristes. En effet, le seul aéroport international du pays est à moins de 20min, comparativement à plus de 1 heure de Colombo, et représente une belle alternative pour ceux ne désirant pas poser les pieds dans la capitale.

L’endroit est avant tout une petite ville de bord d’océan comprenant une très très très longue plage orientée plein Ouest. Cependant, la plage n’a rien de très attrayante, peut-être pour quelqu’un arrivant au pays et n’ayant pas encore gouté aux autres endroits, mais en fin de parcours c’est assez décevant.

Sinon, c’est de très loin l’endroit le plus touristique où j’ai posé les pieds au Sri Lanka. Tout ou presque est pensé en fonction des touristes… et les prix sont en conséquence. Il faut donc redoubler d’effort pour trouver un vrai bon restaurant sri lankais ou une guesthouse alliant prix raisonnable et qualité. C’est possible, mais difficile.

Pour quelqu’un qui veut visiter le pays sans trop se casser la tête, mais qui est près à y mettre le prix, Negombo représente un excellent point de départ puisque les agences organisants de voyages à l’intérieur du pays se succèdent au même rythme que les hôtels clôturés le long de la plage.

Trouver un accès public à la plage se révèle être une tâche très ardue qui risque d’en décourager plus d’un. Autrement, la route en bord de mer est remplie de magasins et restaurants chargant des prix de fou et dénaturant les mets traditionnels qui m’ont fait tant aimer ce pays. Je m’ennuie du centre de l’ile avec ces « rice and curry » à volonté et à un prix dérisoire où le propriétaire remplissait votre assiette avant même que vous ayez eu le temps de dire que vous n’aviez plus faim (épisode 11).

Autrement, une partie de moi ne veut pas l’admettre, mais cet arrêt forcé de quelques jours au même endroit me fait un énorme bien. Ce n’est vraiment pas le plus bel endroit, même que de tous les endroits où je suis allé au Sri Lanka, c’est probablement le plus ennuyeux… mais bon, de n’avoir aucune visite à l’agenda, que du repos, fera le plus grand bien à mon esprit et à mes pieds (qui sont dans un piteux état). Reste plus qu’à véritablement avoir mon visa indien ce vendredi. Si il devait y avoir un retard, disons que ce serait différent…

Après 3 jours à Negombo, j’ai finalement décidé de visiter un peu. Il faut savoir que lors des 2 premiers jours, je me suis littéralement levé de mon lit pour aller poser mon cul sur la chaise de mon balcon. En fait, je quittais mon balcon seulement pour aller manger et j’ai marché une fois en ville pour aller voir les horaires d’autobus. Autrement, j’ai fait un gros rien pentoute. Maudit que ça fait du bien après 2 mois à voyager, changer d’endroit à tous les 2 jours, etc.

Entretemps, j’ai fait la rencontre de 2 israéliens (1 gars et 1 fille début vingtaine) en fin de parcours en Asie après 6 mois de voyage. Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas quitté mon balcon, cela s’est fait par balcon interposé héhé.

De cette discussion est essentiellement sorti une chose importante; je suis encore une fois content d’être canadien. Ces 2 jeunes avaient l’air de 2 jeunes en début d’université au Canada. Le gars était très chétif et boutonneux. En fait, je suis sur qu’un gros coup de vent l’aurait fait tomber ou à tout le moins déséquilibré. Pour ce qui est de la fille, une très belle jeune femme très charismatique, elle était tout ce qu’il y a de plus normal. Bref, à des années lumières de l’image qu’on peut se faire des israéliens typiques.

Pourquoi je vous décris ces 2 personnes? Eh bien, juste avant de partir en voyage il y a 6 mois, ils venaient de terminer leur service militaire obligatoire en Israel. À 18 ans, c’est à dire entre l’école obligatoire et l’université, les garçons doivent s’enrôler durant une période moyenne de 3 ans, tandis que les filles doivent servir environ 2 ans. Je sais pas pour vous, mais si j’avais à m’enrôler dans l’armée et que je pouvais choisir le pays, Israel serait dans mes derniers choix…

Ils me racontaient certains moments angoissants où ils ont dû aller près du front, etc. Bref, c’est une période de leur vie qu’ils préfèrent oublier. Après le service obligatoire, ils sont ensuite libre d’aller à l’université, etc.

Vous y réfléchirez un peu la prochaine fois que vous serez fâché parce que quelqu’un a vidé le lait et qu’il a laissé le contenant dans le frigo, ou que quelqu’un vous volera votre portefeuille…

Rangez les violons…

Le 3ème jour, j’ai décidé de visiter un peu. J’ai finalement posé les pieds sur la plage… pour admirer le coucher de soleil (heureusement puisque je crois avoir pris l’une des plus belle photo de mon voyage).

En parcourant les rues de la ville, vous ne devinerez jamais quel type de magasin j’ai croisé le plus souvent? Indice: vous ne trouverez jamais… Ok, je vous donne un meilleur indice; quand vous êtes en vacance, j’imagine mal que vous vous êtes déjà dit; « tiens je vais aller m’acheter des b&$ou. La réponse à la fin…

Le soir venu, j’ai fait ce que j’aime le mieux faire depuis le début de mon voyage; j’entreprends une promenade gourmande.

En quoi ça consiste? Eh bien, ça consiste à marcher dans les rues et à s’arrêter aux multiples stands de nourritures. En fait, une seule chose fait foie de tout; plus le stand ou le magasin aura l’air miteux et meilleur la nourriture sera. En effet, comme en Inde, je raffole de la nourriture traditionnelle ici et ce n’est vraiment pas dans les restaurants qu’on retrouve la meilleure. En arpentant les rues, il faut parfois détourner le regard, très souvent se pincer le nez, mais en autant que ce soit chaud, il n’y a aucun problème pour mon estomac à tout épreuve (plus de 2 mois à quasiment tout le temps manger de la nourriture locale sans aucun problème… Je croise les doigts). Je fais donc ce petit manège jusqu’à ce que mon estomac soit remplis. Généralement, l’exercice me coute un gros maximum de 2$ et j’ai mangé comme un glouton.

3 jours passent donc à la vitesse de… de quoi dont?!? Ahhh oui, d’un transport publique en Inde/Sri Lanka. Le fameux 10 mai en question se pointe donc à l’horizon.

Tôt le matin, je me tape un bus en plein heure de pointe entre Negombo et Colombo, je vais porter mon passeport à l’office entre 9 et 10h du matin.

Depuis maintenant près de 2 heures, je suis dans un McDo à écrire cet article à l’air climatisé après avoir commandé la chose la moins cher possible (bon, j’avoue, j’ai triché et je n’ai pas pris le moins cher… mais bon, un smoothi c’est un smoothi même en Asie… parce que pour le reste vous ne trouverez pas de Big Mac ici).

Je m’apprête à sortir d’ici et j’aurais assurément un choc climatique puisque l’humidité est encore une fois écrasante dehors (ne manquerais plus que j’attrape le rhube).

Il ne me reste donc 4 heures 10 minutes et quelques secondes à attendre avant de faire face à mon jugement dernier; soit j’aurais mon visa, soit j’apprendrais qu’il y a un délai et que je vais rater mon vol non remboursable moins de 48h avant (il en restera 22 et des poussières lorsque j’apprendrais la nouvelle).

Jusque là, je vais errer dans les rues et faire ce que je fais le mieux; ignorer les chauffeurs de tuk tuk (hey my friend… Hey brother… Need tuk tuk…).

Je vous laisse donc dans le noir jusqu ‘au prochain épisode… live depuis le Népal.

Quand je suis arrivé au Sri Lanka, j’étais très concerné par ma blessure en plus de devoir dealer avec mon vol de portefeuille. En quittant, je suis en meilleure forme que jamais et tous mes problèmes sont règlés ou en voit de l’être. J’envisage donc mon vol Colombo – Katmandou comme un gros bouton Reset. On repart à neuf…

À la prochaine ma gang de chanceux dans votre vie normale et sans trop d’histoire…

Pour ceux songeant un jour à venir en voyage au Sri Lanka, voici un petit sommaire qui pourrait vous intéresser. Excluant les frais encourus suite à la perte de mon portefeuille, les 21 jours que j’ai passé à voyager m’ont coutés moins de 500$. C’est donc un peu plus de 20$/jour. À noter que ce montant comprend tous les frais de déplacement (train, bus, etc.), l’hébergement (calculez au moins 10$/nuit en occupation simple… vous pouvez assurément trouver moins cher), 3 repas/jour, 1 ou 2 bières/jour et les frais d’entrée sur les sites culturels/touristiques. À noter aussi que je ne me suis pas privé de rien et que j’ai séjourné dans des endroits probablement légèrement supérieur à la moyenne sinon mieux. Il y a donc moyen que ça coute encore moins cher, surtout si vous voyagez en duo. Aussi, les cotes Sud et Ouest, ainsi que Colombo sont plus touristique et coutent donc plus cher que la cote Est et le centre de l’ile.

J’avais oublié de faire l’exercice pour l’Inde, mais pour les intéressés, sachez qu’un budget d’environ 18-22$ est amplement suffisant au Sud de Mumbai et qu’un budget de 25-30$/jour (des fois plus) devrait être suffisant dans les environs de Delhi et au Rajastan (province à l’ouest de Delhi). La principale différence se situe au niveau de l’hébergement. Alors que dans le sud, j’ai rarement payé au-dessus de 10-12$ pour une chambre très descente, la même chambre pouvait couter au alentour de 18-20$ au Nord. Encore une fois, j’ai résidé dans des endroits plus qu’acceptable et c’est un budget en solo.

Aussi, si vous désirez vous acheter un guide de voyage à propos du Sri Lanka, achetez-vous le  »Rough Guide » et non le  »Lonely Planet ». J’ai acheté le Rough Guide par défaut (il n’y avait que celui-là), mais j’ai rencontré beaucoup de gens qui pestaient contre le Lonely (beaucoup d’endroits n’y figures pas, les cartes sont inexactes ou inexistantes, etc.)

Je profite aussi de cette dernière chronique au Sri Lanka pour vous entretenir de la différence la plus marquante que j’ai pu observer entre ici et l’Inde.

La chose qui m’a le plus marquée concerne l’émancipation des femmes. Alors qu’en Inde une femme n’aurait jamais osée me regarder dans les yeux ou pire adressée la parole, au Sri Lanka, c’est tout le contraire. Les femmes me sourient dans la rue, elles me parlent et surtout, si la seule place de libre dans le train ou dans le bus est à cotée d’une d’entre-elle, je n’aurais aucun problème à m’y assoir. En Inde, j’ai déja fait l’erreur une fois et en sortant du bus quelqu’un m’a passé la remarque que cela ne se fessait pas.

C’est assez particulier quand on pense que les 2 pays ont les mêmes racines. La seule raison que je peux voir se trouve au niveau de la religion. Alors qu’en Inde les hindous et musulmans forment la majorité, le Sri Lanka est dominé largement par les bouddhistes.

P.S. Certains vont probablement commencer à penser que je vous mène en bateau avec toutes les histoires d’horreur que je raconte depuis mon accident de scooter; « heille ca va faire le smat, dis nous dont la vérité, ton voyage est plate à mort pis tu préfères nous mener en bateau ». Eh bien, à ces personnes, je répondrais que mon voyage est tout sauf ennuyeux (bien souvent malgré moi) et j’aimerais beaucoup avoir inventé toutes ces choses, mais la réalité n’est pas un film de Disney et les dénouement heureux ne sont pas garanti (bon, on est pas encore rendu au générique de mon voyage, j’ai encore le temps de tomber en amour avec une sirène…).

Enfin bref, ce que je voulais dire avec ce P.S. c’est que j’ai le tour de rendre plus vrai que vrai mes histoires, mais je tiens à vous assurer que chaque mots écris, chaque virgule, chaque accent circonflexe, a été vécu comme je vous le raconte.

C’est complètement fou ce qu’un petit moment d’inattention peu modifier une vie et couter en terme de temps, d’énergie et d’argent. J’en ai eu 2 jusqu’à maintenant et mon voyage, mon corps et mon esprit en seront marqués pour un bon moment encore. Malgré tout, je ne me plain pas, des gens meurt de faim au quotidien autour de moi et échangeraient surement volontiers leur calvaire avec le mien. En plus, pendant ou après ces événements, j’ai rencontré des gens super et fait des choses extra qui ne se seraient vraisemblablement pas passé ainsi si le destin m’avait épargné. Bref, ce qui est fait est fait et cela fait maintenant parti de ma vie.

De plus, je suis convaincu que cela m’a rendu plus fort. L’exercice n’est pas évident, mais je peux assurément dire que ma détermination et la « dureté de mon mental » ont été mis à rudes épreuves et ont pliés à plusieurs reprise, sans jamais casser. Après tout, si je n’ai encore jamais cédé à la panique avec tout ce qui m’est tombé dessus, j’imagine mal qu’est-ce qui pourrait désormais m’ébranler…

J’avoue par contre avoir exprimé ma frustration à quelques occasions, mais pour moi ce n’est pas céder à la panique, c’est ventiler afin de ne pas devenir fou.

En fait, la chose qui me frustre le plus présentement va vous paraître bien superficielle. Je considère l’épisode 11, qui est entièrement écris mais qui n’est pas encore paru puisqu’il se trouve sur mon ordi brisé, comme étant très probablement le meilleur épisode que j’ai écris depuis le début de mon voyage. Il est rempli de positif, que du positif, à propos de mes 2 merveilleuses semaines au centre di Sri Lanka. Je ne veux pas le réécrire puisque c’est impossible que j’arrive à la cheville de ce que j’ai déjà écris.

J’espère être un jour capable de le faire paraître afin de vous entretenir de Little Obama le demi sri lankais hyper sympathique, Stan l’américain un brin psychopathe qui m’aimait beaucoup trop, Yogourt (pas capable de prononcer son nom) mon fidèle compagnon de voyage allemand durant 8 jours, Brenda la très vieille indienne reconvertie en guide de montagne au Sri Lanka qui voulait jouer à touche pipi avec moi (ouin, c’est peut-être mieux de pas le publier finalement), Dambulla le méchant frère jumeau de Bouddha, le couple d’australiens qui faisait le tour du pays à bord d’un tuk tuk, avec qui moi et Yogourt avons établi un nouveau record Guinness, et j’en passe beaucoup.

Réponse de l’énigme; quel genre de magasin se retrouve en quantité industrielle au centre-ville de Negombo? Des bijouteries. C’est pas des farces, j’ai du en voir au moins 40 sinon plus. Beaucoup d’entre elle ressemble à s’y méprendre à des restaurants avec leurs longues tables et plein de chaises

Catégories : Sri Lanka
Publié par Nicolas Pare le 10 mai 2013
2 Commentaires Poster un commentaire
  1. 05/10/2013
    J.Mance

    J ‘aime beaucoup ton humour…. tu nous fais voyager en pensée. J’ai toujours hâte au prochain article.

    Réponse
  2. 05/12/2013

    Seigneur Nicolas,je suis essoufflée juste à te lire.Mais..quelles aventures; c`est inimaginable. Soigne bien tes pauvres pieds car ils m`ont l`air très utiles. j`espère qu`un jour je pourrai t`entendre de vive voix narrer tes aventures. Par écrit tu es un conteur exceptionnel donc imagine en personne.Continue ton beau voyage et merci de nous partager tes aventures.ClaudetteXX

    Réponse

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