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Épisode 27 – Dans la jungle, terrible jungle…

OH OUiiiiiiiiiiii…. i i i i… AWIMBOWÉ

Bon, il n’y a pas de Lion dans la jungle de Borneo… mais c’est une jungle quand même bon…

RETOUR DU BRUNEI

À la fin de mon dernier épisode, je vous avais laissé tout de suite après avoir passé LES frontières pour revenir dans l’état du Sabah en Malaisie après un court séjour de 3 jours au Brunei… et un TRÈS COURT séjour de moins d’une heure au Sarawak.

L’idée était alors de regagner Kota K afin de planifier le reste de notre voyage ici. Avant d’y parvenir, nous avons fait un pit stop à Beaufort. Première ville d’importance rencontré après notre départ du Brunei, on s’y est arrêté en pensant qu’il y aurait quelque chose à faire/voir… mais ce n’était pas le cas…

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On a donc tué le temps en se trouvant un bar miteux vendant de la bière pas cher… après tout, on était revenu dans un état qui vendait de l’alcool, il fallait bien célébrer. De toute façon, il n’y avait rien d’autre à faire en attendant de prendre le train pour Kota K le lendemain matin, via la seule ligne de ferroviaire de l’île (entre Beaufort et Kota K).

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Avant de passer à autre chose, je veux juste être sur qu’on s’est bien compris concernant Beaufort… qui porte très mal son nom; ce n’est pas beau et il n’y a pas de fort… si vous allez un jour sur l’île de Borneo, passez votre chemin…

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KOTA K… ENCORE

Avec ce retour à Kota K, la ville peut officiellement entrer dans un club sélect des villes asiatiques que je considère comme étant mon chez moi. Pour être considéré comme tel, la ville doit répondre à certains critères. D’une part, je dois aimer l’endroit et être en mesure de m’imaginer y vivre. D’une autre, je dois y avoir séjourné plus d’une semaine… pas besoin d’être consécutif. Enfin, je dois y être allé plus d’une fois durant mon voyage. Elle rejoint donc les villes de Kolkata et Kathmandou.

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Les quelques jours que nous y avons passé ont été des journées de Geek à trier nos photos, écrire nos blogues respectifs, aller au cinéma et planifier le reste de notre voyage sur Borneo.

EN ROUTE VERS L’EST

Habitué depuis quelques jours au confort de notre chambre, à notre petite routine et à faire la grâce matinée… ce fut un très pénible retour dans la peau de backpackers pour aller prendre le bus à l’aube…

6 heures et des poussières très pénibles plus tard, nous étions à Sandakan…

Nous ne savions absolument rien à propos de cette ville avant d’y arriver. Rien d’autre si ce n’est que la ville a la particularité d’avoir le seul lien maritime (ferry) pour rejoindre les Philippines (tout pays entourant les Philippines confondus). Lors de notre arrivé sur Borneo, nous avions planifié de prendre ce ferry jusqu’au Philippines une fois notre aventure à Borneo terminée, mais bon… je ne sais pas si vous suivez les nouvelles internationales ces temps-ci… NON… eh bien moi non plus… mais on nous a informé qu’il y a eu une insurrection dans la région, et particulièrement la ville, où le ferry arrive au Philippines. Toute la zone est en proie à une terrible guerre civile entre les forces de l’ordre et un groupe de musulman séparatistes. Les tensions existent depuis plus de 50ans (ça on savait), mais il y a eu une recru d’essence depuis début septembre; on dénombre plusieurs morts et blessés sérieux et beaucoup de kidnapping. Bref, on a décidé de changer notre fusil d’épaule…

Nous avons donc été agréablement surpris de découvrir une petite ville très charmante. Ville côtière qui sur papier comporte autant d’habitants que Kota K, le centre-ville est plus petit que le Vieux-Québec. Le reste de la population est éparpillée dans les très laides et très américanisés banlieues tout autour.

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Aussi, contrairement à Kota K, qui a été détruit presque entièrement durant la guerre et ensuite reconstruit, Sandakan transpire l’histoire… elle a en effet été marquée au fer rouge par les évènements qui s’y sont passés durant la 2ème Guerre Mondiale … je parlerais un peu plus loin dans l’épisode.

Depuis notre arrivé sur l’île, on trouvait que tout était beaucoup trop chic’n swell; pas de pauvreté, les rues propres, les bâtiments bien entretenus, etc. La ville comporte un bon mélange de bâtiments historiques, de bâtiments crasseux et de bâtiments contemporains, ce qui fait en sorte de la démarquer complètement par rapport aux autres villes que nous avons pu voir sur Borneo jusqu’à présent.

Le meilleur moyen de qualifier cette ville en 1 mot serait d’utiliser le mot « ghetto »… pas dans le sens de « ne mettez pas les pieds là, c’est dangereux », mais plutôt dans le sens de « on voit que l’endroit a du vécu, tout n’est pas rose, mais les gens semblent heureux, hyper gentils et accueillants ». Ce qui aide à renforcer ma vision de Sandakan étant un ghetto est le fait que la plupart des bâtiments du centre-ville pareils. Ils ont cependant été approprié par les habitants depuis le temps ce qui les rends tous unique.

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En se promenant un peu, on a finalement découvert de la pauvreté en Malaisie… pas qu’on voulait en trouver absolument, mais bon… vous me comprenez. En marchant sur le bord de l’eau, on a aperçu un bidonville. Sans même se consulter, moi et Roark avons instinctivement changé de cap pour aller y faire un tour.

Je crois très sincèrement que nous sommes parmi les premiers touristes, sinon les premiers, à aller dans cet endroit. Pourquoi? Parce que de l’extérieur ces endroits semblent dangereux, ou à tout le moins pas vraiment sécuritaire. Pourtant, à la minute où on pose les pieds, les gens nous ont inondés de « welcome (bonjour) », « nice to meet you (content de vous rencontrer) », etc. Ils étaient simplement content de nous voir (ça paraissait sur leur visage) et le simple fait de les regarder et de leur répondre leur mettait un sourire fendu jusqu’aux oreilles sur le visage. C’est gens là sont sensés être les plus démunis de leur société, mais ils sont très riche de cœur…

En fait, le côté gentillesse peut s’appliquer à toute la population de Sandakan. Les gens sont tellement gentils avec nous ça na pas de bon sang. Peu importe ou on va, on reçoit de beaux sourire, des saluts de la main. Ce n’est pas complique, je pourrais m’installer sur le bord d’une rue toute une journée et ma journée serait superbe; les gens me salueraient et viendrais me parler. Le plus drôle ce sont les groupes de jeunes filles; elles nous regardent toutes gênées et nous demandent plus souvent qu’autrement la même question; « what’s your name (quel est ton nom) ». Une fois qu’on leur a dit Nicolas et/ou Roark, elles se mettent à rire entre elles comme si le plus beau gars de l’école au secondaire avait daigné leur parler.

En partant de là, j’ai demandé à Roark s’il aurait osé poser les pieds dans ce genre d’endroit sans être allé précédemment en Inde. La réponse fut tout autant immédiate que sans équivoque; NON… et je partage son avis. Pourtant, c’est ce genre d’endroit qui rend mon voyage si unique depuis le début.

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SEPILOK ORANG OUTANG CENTER

Le Orang Outang Center est une activité à ne pas manquer si vous êtes dans les environs de Sandakan. C’est en fait la 2ème activité la plus populaire de toute l’ile de Borneo. Cependant, on y écrit de séjourner à Sepilok, donc à proximité du Centre, et de ne pas perdre son temps à aller à Sandakan. Je ne sais pas qui a pu écrire cette connerie puisque Sandakan est une superbe petite ville.

En opération depuis 1964, le centre a pour but de soigner et réhabiliter les Orang Outangs trouvés blessés dans la jungle. Ce n’est donc pas un zoo à proprement parler puisque dès que ceux-ci sont complètement rétablis, on les retourne dans la jungle.

Le terme « Orang Outang » signifie « homme de la forêt » en Malay. À ce sujet, le seul terme « Orang » signifie « homme ». Il est très fréquent de voir ce mot écrit un peu partout (toilette, etc.). Au début, je trouvais cela un peu bizarre puisque pour moi Orang signifie automatiquement Orang Outang… mais bon… je m’accepte désormais comme je suis et je n’ai pas peur de le dire; JE SUIS UN ORANG.

Formant la 3ème espèce d’animaux ressemblant le plus aux humains (génétiquement parlant) après les chimpanzés et les gorilles, on retrouve les Orang Outang uniquement sur les îles de Sumatra (tout près d’ici en Indonésie) et Borneo (ici). Ils ont 2 bras hyper longs et musclés (qui peuvent atteindre 2,4m) et 2 jambes très fines et petites. Le plus impressionnant est le fait qu’autant les bras que les jambes ont des mains… ils peuvent donc manipuler les objets, etc. aussi bien avec les bras que les jambes… ce qui les rends hyper agile.

Pour la 1ère fois de ma vie, je m’en suis voulu de ne pas avoir un bon zoom sur ma caméra aujourd’hui. J’aurais bien aimé prendre des photos des visages de ces charmants demi-hommes.

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Au final, je considère cet endroit un semi attrape touriste; c’est un peu cher, tous les touristes sont cordés sur une rampe et attendent que les demi-hommes se pointent pour leur lunch à quelques mètres de nous… mais bon, ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de voir des Orang Outang de près.

Vous trouverez ci-joint le lien vers un vidéo que j’ai pris d’un Orang Outang me passant au-dessus de la tête… c’est une mère et elle a un petit dans ses bras… ahhh… et désolé pour le cadrage… l’écran de mon appareil photo est brisé depuis des mois. Je m’y suis habitué, mais cette fois-ci j’ai complètement raté mon coup;

WORLD WAR II PARK MEMORIAL

À notre retour, nous sommes passés par le WWII Memorial Park.

À quelques kilomètres à l’extérieur de Sandakan, les japonais avaient établi leur camp pour garder en captivité les prisonniers Alliées qu’ils avaient fait durant la 2ème Guerre Mondiale.

Alors qu’ils savaient pertinemment que ce n’étais qu’une question de temps avant que les Alliées reprennent possession de l’ile, les japonais ont pris soin de faire disparaitre le plus de preuves des atrocités qu’ils ont pu commettre durant leurs 4 années d’occupation avant de capituler l’ile. Ils ont détruit le camp de prisonniers et ont entrepris de faire marcher tous les prisonniers du camp jusqu’à Sarau, quelques 260km plus loin.

Il ne reste aujourd’hui presque plus rien du camp. Cependant, un parc a été aménagé et rempli très bien sa tâche d’éduquer les gens à propos de ce qui s’est passé là-bas, afin de ne pas oublier pour que pareille chose ne se reproduise jamais.

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DEATH MARCH

Voici donc un peu de détails concernant les atrocités qui se sont passés sur l’ile de Bornéo sous l’occupation Japonaise pendant la 2ème guerre mondiale.

En 1942, après avoir envahi Singapour, les japonais ont transférés quelques-uns des prisonniers de guerre (communément appellés POW – Prisoners Of WAR) qu’ils y avaient faits (principalement des australiens et des britanniques) au Nord de l’ile de Bornéo, plus précisément à leur camp de Sandakan… donc où je me trouve présentement.

Début 1945, alors qu’ils commençaient à sentir la soupe chaude, en d’autres mots quand ils savaient pertinemment que ce n’était plus qu’une question de temps avant que les Alliées ne les délogent de Bornéo, les japonais ont entrepris de faire le ménage.

Janvier 1945 – La 1ère marche – Ils ont entrepris de faire marcher 470 prisonniers, sélectionnés parmi les prisonniers les plus en forme dans le camp, de Sandakan à Ranau, ne leur donnant que 4 jours de rations. Le trajet pris 9 jours aux prisonniers. Ceux qui ne pouvaient pas avancer à un bon rythme étaient exécutés sur le champ. Une fois rendu à Ranau, les survivants de la marche ont été ont été laissés pour mort dans un camp au pied du mont Kinabalu (montagne de plus de 4000m).

Mai 1945  – La 2ème marche – 540 prisonniers ont été sélectionnés dans le camp de Sandakan pour marcher jusqu’à Ranau. Ayant encore une fois 4 jours de ration, la marche dura 26 jours…

Juin 1045 – Les 250 prisonniers toujours en vie à Sandakan ont tous été convié à entreprendre la même marche jusqu’à Ranau. Avant le 50ème kilomètre, il n’y avait plus aucun survivant…

À la fin aout, les 38 prisonniers ayant survécu aux 2 premières marches et qui étaient alors laissés pour mort à Ranau ont finalement été exécutés.

À la fin de la guerre, de tous les prisonniers de guerre qui avaient été incarcéré au camp de Sandaka, seulement 6 étaient toujours en vie… parce qu’ils s’étaient échappés à un moment ou à un autre lors des marches ou de l’incarcération à Ranau. Au total, 2345 prisonniers de guerre ont été tués durant leur détention à Borneo… Ils sont aujourd’hui commémoré au cimetière que nous sommes allé visiter sur l’île de Labuan (voir épisode 25). Toutes ces atrocités ont été commise alors que la Convention de Genève avait déjà été signée… convention qui vise à protéger les prisonniers de guerre.

Autrement, d’autres endroits à proximités de Sandakan et chargés en histoire méritent le déplacement…

Une visite au cimetière japonais vaut le détour. Non seulement ils ont une manière propre à eux de faire leur tombe, mais aussi le cimetière est gigantesque et on a une superbe vue de la baie de par sa position sur de petites collines surplombant la ville. Attention; si vous décidez de vous aventurer dans les profondeurs, vous feriez mieux de laisser des traces derrière vous pour retrouver la sorti. Croyez-moi sur parole…

Mémorial chinois faisant référence au massacre de centaine de civils chinois par l’armé japonaise le 27 mai 1945. Nous n’avons pas été en mesure d’en savoir plus à propos de cet évènement, mais nous présumons que juste avant de quitter Sandakan avec les prisonniers de guerre, les japonais ont surement fait un « grand ménage » de la population afin d’éliminer les traces.

Pour ceux qui aimeraient en savoir plus sur l’occupation japonaise de Bornéo, voici le lien vers un très bon livre en version PDF; http://www.dva.gov.au/aboutDVA/publications/commemorative/sandakan/Documents/sandakan_book.pdf

LA RIVIÈRE KINABANGAN

Nous quittons donc Sandakan après y avoir passé 3 belles journées. L’endroit ne passera pas à la postérité comme étant un endroit magique, mais il est certainement à considérer pour quelqu’un qui s’aventure dans l’Est de l’ile de Borneo. De part son centre-ville charmant, ses nombreux monuments commémoratifs de la WWII et le centre d’Orang Outang, cette ville a quelque chose pour plaire à tous.

Direction Sukau…

Les bus ne se rendant pas directement dans ce village, nous déposant plutôt quelques 40km plus tôt, on nous a référé à un dénommé Mr. Choi, qui opère un service de transport illégal entre Sandakan et Sukau…

Bien que le tout nous semblait un peu louche, nous avons quand même décidé d’appeler ce type. Quelques minutes plus tard, tout était réglé; il allait venir nous chercher directement à notre hôtel et nous aider à sélectionner un endroit où demeurer une fois rendu à Sukau… pour un prix légèrement inférieur à ce que cela nous aurait couté d’y aller en bus.

Il aurait été hyper facile de booker un trip tout inclus de 2 ou 3 jours à partir de Sandakan… il en pleut… mais qui dit « trip tout inclus », dit $$$… et $$$ va à l’encontre du code d’honneur non écrit de tout backpacker venant du Backpackistan (ce n’est ni un pays, ni une religion… c’est à quelque part entre les 2); un vrai bon backpacker ne doit pas se laisser tenter par la facilité et incidemment $$$, il doit plutôt tenter par tous les moyens de faire l’aventure par ses propres moyens et en dernier recours… je dis bien DERNIER RECOURS, c’est donc dire après avoir TOUT TENTÉ… il pourra se résigner à faire affaire avec une agence offrant des tours organisés sans que son Honneur n’en soit affecté.

Ne restait plus qu’à attendre l’heure prévue le lendemain et espérer que le type se pointe… j’ai appris à la dur que quand quelque chose semble trop beau en Asie, c’est que c’est trop beau et qu’il y a anguille sous roche… Laissons la chance au coureur et jugeons par la suite…

Avance rapide jusqu’au moment où Mr Choi devait nous ramasser…

À l’heure précise, le gars s’est pointé. Mr Choi était complètement différent de ce que j’avais pu m’imaginer. On m’avait dit qu’il s’occupait d’un service de transport illégal… je m’attendais donc à voir un gars un peu amoché par la vie dans une voiture un peu louche…

J’avais devant moi un gars tout souriant, semblant plus inoffensif qu’une mouche… dans un minivan familial flan ban neuf. En discutant un peu avec, on a compris que Mr. Choi était en fait l’un des habitants de Sukau… nous l’avons d’ailleurs rebaptisé le Seigneur de Sukau…

Le très petit village de 1300 habitants qu’est Sukau se situe le long de la rivière Kinabatangan, une rivière d’une couleur brun-chocolat… donc tout sauf bleu clair, la 2ème plus longue rivière de la Malaisie. Après avoir marché tous les environs, on se demande bien où peuvent se trouver les 1200 autres habitants… ils ont peut-être compté les Orang Outangs et autres animaux dans le décompte…

Ce village est l’image que je me faisais de la Malaisie avant d’arriver sur Borneo; c’est rural et en plein milieu de la jungle… tout le contraire des endroits où nous sommes allé jusqu’à présent; comprendre Sandakan, Kota K et Labuan.

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Pourquoi être venu ici… surement pas pour son climat, puisque c’est l’un des endroits les plus humides où j’ai pu aller dans ma vie. NON… c’est plutôt parce que l’endroit est réputé comme étant un incontournable pour tous ceux qui veulent voir la jungle, et incidemment les animaux qui l’habite, de Borneo; un véritable zoo à ciel ouvert où les humains et les animaux cohabitent. On y retrouve des Orang Outangs, des Singes Proboscis (ils ont le nez en choux fleur comme Robert Charlevoix… vous savez un nez d’ivrogne…) et des serpents… notamment de gros pitons. Les plus chanceux auront aussi la chance d’admirer des Éléphants Pigmés (j’imagine qu’ils sont plus petits) et/ou des Rhinocéros de Sumatra (il y a 5 espèces de rhinocéros dans le monde et celle-ci est la plus ancienne et la plus petite). Ahhh aussi… j’oubliais de vous mentionner que toute la rivière Kinabatangan est INFESTÉE de crocodiles d’eau salée.

Fait un peu comique… c’est assurément l’endroit depuis le début de mon voyage où je suis le plus à risque en ce qui concerne la malaria (piqure d’insecte) puisqu’ils sont en très grand nombre ici. Fait un peu pas du tout comique… je me suis débarrassé de mon filet à moustique (vous savez le cossin que vous mettez au-dessus du lit pour vous protéger des moustiques quand vous dormez) il y a 1 semaine puisque je ne m’en étais encore jamais servi et qu’il prenait beaucoup de place dans mon sac… Autant vous dire que j’ai recommencé à prendre mes pilules contre la malaria illico…

Ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas en reste… j’ai bien l’intention de vous raconter l’aventure… en fait, c’est beaucoup mieux pour vous puisque moi j’ai du attendre entre le moment où j’ai écris ces lignes et où j’ai vécu l’aventure… tandis que vous, vous n’avez qu’à passer au prochain paragraphe… gang de chanceux.

LES YEUX RONDS COMME DES 30 SOUS

À notre premier soir à Sukau, nous avons booké une balade en bateau… de nuit. C’est en effet le meilleur moment de la journée… nuit… pour apercevoir les pas très gentils mammifères tout droit sorti de l’ère préhistorique que sont les crocodiles… et de s’offrir une petite frayeur… mon guide et les gens rencontrés nous ont mentionnés que c’est une expérience unique en raison de tous les bruits étranges qui peuvent mettre nos sens en alerte.

Moi et Roark étions donc embarqués dans une petite chaloupe en compagnie du conducteur et du guide/teneur de lampe… appelons-le Boris… le gars le plus important sur la planète pour les 2 heures prochaines heures de notre existence.

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Tout de suite en partant, le guide nous a dit sur un ton très sérieux « don’t worry guys, crocodiles are vegetariens (ne vous en faites pas les gars, les crocodiles sont végétariens) ». Ben oui toué… as-tu vu la belle poignée qu’on vient de m’installer dans le dos. Comme si ces mammifères avaient survécus durant des milliers d’année, alors que la très grande majorité des espèces autour d’eux disparaissaient tour à tour, en mangeant des algues, etc.

Avant même d’avoir aperçu un animal, l’expérience était déjà unique; sur une chaloupe, à voguer sur une rivière infestée de crocodiles, de la jungle partout autour de nous sur les 2 rivages, un ciel étoilé sans nuage, le bruit des animaux tout autour de nous et une obscurité TOTALE. Contrairement à la totalité des aventures que nous avons faites jusqu’à maintenant, notre champ de vision était restreint à l’endroit où pointait Boris… tout le reste était enveloppé par l’obscurité. Le feeling est difficile à décrire; un mélange de peur de ne pas savoir qu’est-ce qu’il peut bien y avoir à quelques mètres de moi et une soif d’aventure à combler (oui oui, j’ai toujours une soif d’aventure à combler). Juste cela rendait l’expérience unique et valait le prix que nous avions payé.

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Durant les 2 heures qu’a duré notre balade, à tout moment le bateau s’arrêtait à proximité ou directement en-dessous d’arbres remplis à craquer de singes de toute sorte. On aurait dit de véritables hôtels pour singes où chaque famille avait sa branche bien à elle. L’un de ces singes était particulièrement amusant; quand le gars pointait le faisceau de lumière en sa direction, il faisait un signe de la main en voulant dire « eille le cave, j’essai de dormir… ». Bon, je dois avouer que je trouvais cela très drôle, mais que si j’avais été à la place de ce singe, j’aurais probablement sauté dans le bateau pour faire connaitre mon mécontentement.

Quelques minutes plus tard, un premier… et dernier… crocodile se pointait à une dizaine de mètres de nous et faisait son petit bonhomme de chemin sur la rivière. Après l’avoir observé nager pendant quelques secondes, il a décidé que s’en était assez cette foutu lumière qui l’éblouissait et il a plongé… disparaissant définitivement de notre champ de vision. À ce moment là, mon cerveau à comme réalisé que j’étais dans une très petite chaloupe au beau milieu d’une rivière infesté de crocodile… en pleine nuit. J’ai alors commencé à avoir la chienne au point où j’ai souhaité que l’activité se termine au plus sacrant. Ma crainte était surtout que les crocodiles attaquent le fond du bateau… mais cette crainte était infondée puisque je n’ai jamais entendu parler d’un crocodile qui était capable d’attaquer à la verticale… donc en remontant du fond de l’eau… je ne suis pas un expert, mais je crois qu’ils attaquent toujours à l’horizontale… peu importe, j’ai décidé de rentrer mes bras à l’intérieur du bateau, de déporter tout mon corps vers le milieu de l’embarcation et de mettre mes pieds sur le siège d’en avant… moi avoir peur… nooooon.

Plat de résistance de la balade, la chaloupe s’est immobilisée en-dessous d’un gros arbre qui se trouvait en porte-à-faux au-dessus de la rivière. Une fois le moteur du bateau coupé, Boris nous a expliqué que cet arbre était le repère d’un énorme Piton… À la minute où j’ai entendu le mot Piton, mon cerveau s’est mi à s’emballer; Piton (énorme serpent) + Arbre plein de feuilles (repère du Piton) + chaloupe immobilisée en-dessous de l’arbre + moi dans la chaloupe + incapable de voir au travers du feuillage = c’est officiel, je vais servir d’encas de début de soirée à ce serpent…

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Il ne s’est malheureusement (heureusement) pas pointé… onnnn.

Décompte final; nous avons vu une tonne de chauve-souris… dont un immense nid et quelques-unes qui ont tentées de jouer au kamikaze en fonçant sur notre bateau… une bonne cinquantaine de singe (que ce soit des Macaques ou des Singes Proboscis), 1 crocodile, plusieurs crocodiles invisibles (à tout moment Boris nous pointait un crocodile, mais il était impossible pour moi et Roark de le voir), 1 très beau hibou et 2 très beaux et très petits oiseaux qui avaient un battement d’aile vraiment spécial.

Si vous passez un jour par Borneo, il vous faut à tout prix faire un trip de bateau sur la rivière Kinabatangan la nuit. L’expérience est unique et même si vous ne voyez pas beaucoup d’animaux, la balade va stimuler votre imaginaire et juste cela vous fera vivre des sensations fortes. Durant toute la balade, j’avais les yeux ronds comme des 30 sous et tous mes sens étaient en alerte.

À LA POURSUITE DE MARLON BRANDO

Dès le lendemain matin à l’aube, soit à peine quelques heures après notre balade nocturne, nous étions de retour dans le petit bateau pour faire une autre croisière… cette fois, on y voyait clair; le meilleur moment pour y observer les singes, les oiseaux et les serpents. Dès les premiers instants, le pilote du bateau nous a fait pénétrer dans l’un des affluents de la Kinabatangan, une rivière très étroite, jonchée d’arbres morts, etc. Le pilote faisait preuve d’une grande dextérité en contournant chacun des obstacles avec soin… parfois, il y avait à peine de l’espace pour l’embarcation et il trouvait malgré tout un moyen de passer.

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Encore une fois, mon imagination fonctionnait à plein régime; cette fois, je me croyais en plein milieu du film Apocalypse Now à remonter la rivière, en compagnie de Martin Sheen et Lawrence Fishburne, afin de retrouver Marlon Brando. À tout moment, je nous imaginais passer en-dessous d’un avion écrasé sur les berges ou encore nous faire pilonner par une pluie de flèches sorti de nulle part. Ne manquait plus qu’une trame sonore composée du Best Of de Pink Floyd et des Rolling Stones et le tout aurait été parfait.

Alors qu’hier nous avions entrevu quelques secondes un crocodile de loin, ce matin nous sommes tombé face à face avec l’un de ses frères à seulement quelques mètres devant nous. Sa démarche élégante, à zigzaguer dans l’eau, ses écailles dorsales pointées vers le ciel tels des couteaux et son regard vif ne pouvait faire autrement que forcer notre admiration… et faire trembler légèrement mes jambes. Puis, il a disparu… nous étions cette fois à la lumière du soleil, j’ai eu le même genre de feeling qu’hier; je suis dans une boite de conserve flottante… dans SON territoire.  Pour ajouter à ma nervosité, le guide nous disais au même moment de rentrer toutes les parties de notre corps à l’intérieur de la limite du bateau… c’est fait Chef.

Alors que la rivière était pleine de crocodiles, les arbres fourmillaient d’animaux. Au final, nous avons vu 1 bébé crocodile, 2 ou 3 crocodiles adultes, quelques oiseaux exotiques et une bonne trentaine de singes de toute sorte. Encore une fois, ce fut une expérience mémorable.

Fait très cocasse… en revenant de notre croisière, le manager de notre campement est venu me voir tout gêné pour me demander si j’étais un acteur américain. Il m’aurait apparemment vu dans un film ou une émission télé il y a peu de temps héhé. En racontant l’histoire à Roark, il m’a dit qu’il comprenait très bien l’impression du manager puisque lui-même trouvait que j’avais des ressemblances avec l’acteur Damian Lewis, vedette de la série « Homeland » et de la très bonne télésérie « Band of Brothers ».

ILS DANSENT AVEC LES SINGES

Pour clore en beauté notre périple à Sukau, nous avons décidé d’aller faire un trek dans la jungle à proximité du village… sans guide. La randonnée était sans histoire, voire très plate, jusqu’à ce que nous arrivions à la lisière de la jungle… là où la  jungle a été coupé pour faire place à une plantation de palmiers entourée d’un ruisseau et de fils de fer électrifiés…

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À ce moment, nous avons commencé à voir les arbres bouger et à voir voler des singes au-dessus de notre tête… ils se sont alors regroupés un peu plus loin dans la jungle et ont commencé à crier… probablement un moyen de défense. À ce moment, je ressentais une certaine excitation, mélangée avec un peu de peur.

TOUT N’EST PAS ROSE À SUKAU

Comme mon sous-titre l’indique, il n’y a pas que de bons côté à Sukau. Comme à beaucoup d’endroit en Malaisie, le principal moteur économique de la région est l’exploitation de l’huile extraite des palmiers. Or, afin de combler le besoin grandissant de la demande, on coupe la jungle coupée au profit de nouvelles plantations de palmiers. Mis à part sur le bord des cours d’eau, où la jungle est essentielle pour faire vivre le 2ème moteur économique de la région, j’ai nommé le tourisme, la jungle est appelé à être remplacé par des plantations. Quel est le problème? Eh bien, la faune (animaux) que l’on retrouve dans la jungle peut difficilement vivre dans les plantations; mis à part les petits rongeurs, les oiseaux, les serpents et les lézards, les plus gros mammifères tels que les singes, les éléphants et les rhinocéros ne peuvent vivres dans pareil endroit. À court terme, les locaux se réjouissent puisque tous ces animaux « s’entassent » en bordure des cours d’eau, ce qui fait la joie des touristes… mais à long terme cela aura des conséquences néfastes et irréversibles.

C’est déjà l’heure de plier bagages après avoir passé seulement 2 jours ici. On aurait bien voulu rester plus longtemps, parce que l’endroit est intéressant et que ce n’est pas cher, mais l’humidité… et surtout la quantité industrielle de moustiques et de fourmis PARTOUT (même dans nos lits…). Cela fait en sorte qu’on veut partir A.S.A.P.

Le plan pour demain est donc de se réveiller tôt, de déjeuner en vitesse et de se rendre jusqu’à l’intersection de la route principale reliant Kota Kinabalu/Sandakan à Semporna, notre prochaine destination, afin d’attraper un bus en faisant du pousse. Reste à savoir combien de temps on va poiroter le long de la route…

Jusque là, portez-vous bien…

P.S. I – Même si ça fait maintenant plus de 2 semaines que je suis en Malaisie et que je me trouve presque quasi continuellement à proximité de l’océan, les occasions de s’y baigner ne sont pas très nombreuses. En effet, rare sont les fois où j’ai vu des plages depuis quelques temps. Il faut bien souvent prendre un bateau vers les petites iles qui sont disposées par-ci par-là à proximité de la cote pour profiter un peu de l’eau tempéré…

P.S. II – Roark étant un fumeur à temps partiel, depuis que nous avons séjourné à Sukau et que j’ai aperçu une affiche pour inciter à arrêter de fumer avec TAK NAK écrit en grosses lettres (je présume que cela veut dire LA CIGARETTE TUE), je n’arrête pas de lui dire ces 2 mots à chaque fois qu’il se roule une cigarette.

P.S. III
Kota K entre dans mon livre des records pour le plus grand nombre de films que j’ai pu aller voir au cinéma dans une seule ville en Asie. C’est fou comme durant les 6 premiers moi je n’ai rien vu de nouveauté cinématographique excepté 2 films à Kathmandou et en l’espace de 2 semaines, j’aurais vu tous les films américains/européens possible.

Pour les intéressés, voici la note que Roark et moi avons donnée aux films que nous avons vus à Kota K (note sur 5 et total sur 10)

Jobs – 3,5 – 4 (7.5)
Riddick – 4 – 3.5 (7.5)
Frozen Ground – 3 – 4 (7)
Immortal blablabla of Bones – 2 – 2.5 (4.5)
We’re the Millers – 4 – 4 (8)

RIPD – 3 – 4 (7)
Malavita – 4.5 – 4.5 (9) – À NE PAS MANQUER
2 Guns – 2 – 2 (4)
Prisonners – 4.5 – 4.5 (9) – À NE VRAIMENT PAS MANQUER

Catégories : Malaisie
Publié par Nicolas Pare le 3 octobre 2013

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