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Épisode 29 – On TOP of Borneo

Octobre 2013

Après un bus interminaaaaaable de 10h (c’était sensé en prendre 7… je ne me plaindrais plus jamais des 3 petites heures de route à faire entre Québec et Montréal) en provenance de Semporna, j’arrivais finalement au Kinabalu National Park armé de mes nouveaux coups de soleil et du sel plein la tête… pas dans la tête… sur la tête… comme dans; j’ai pas pris de douche entre la dernière fois où j’ai été me baigner dans l’océan et ma ride de bus… bon, je crois que vous avez compris et vous vous en foutez un peu beaucoup…

Après m’être retrouvé la tête sous l’eau l’instant de quelques jours, je m’apprête à m’envoyer en l’air avec la plus haute (seule) montagne de Bornéo et incidemment la 2ème plus haute de toute l’Asie du Sud-Est… la plus haute se trouve sur l’ile de Papua du côté Indonésie, mais il est défendu de la grimper.

Franchement arrivé au parc, je me suis dirigé tout droit vers le bureau d’information pour réserver ma place afin de réaliser l’ascension de la montagne dès le lendemain matin. Arrivé quelques minutes avant l’heure de fermeture (18h), j’étais convaincu que toutes les places pour le lendemain allaient être déjà bookés. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que j’étais le premier et le seul à vouloir réaliser l’ascension en 1 jour le lendemain. Ce n’était pas moi qui allais m’en plaindre… le moins de gens sur la montagne, le mieux ce sera…

Après avoir rempli toutes les décharges qu’on me présentait… la montagne est dangereuse, vous montez à vos risques et blablabla et blablabla… on m’a dit de revenir au bureau d’information à 7h demain matin pour qu’on m’assigne un guide.

En 2 temps, 3 mouvement, je me dirigeais à une auberge qu’on m’avait recommandé un peu à l’extérieur du parc… parce qu’il est possible de coucher à la base du parc… si vous êtes millionnaires.

En prenant possession de mon lit dans le dortoir, j’ai fait la connaissance de Sarah (Britannique) et Anja (Allemande), 2 jeunes femmes qui voyageaient en Asie depuis quelques mois déjà. Disons que passer du temps en compagnie de charmantes jeunes femmes faisait contraste avec ma compagnie habituelle… un barbu chauve héhé… sans rancune Roark… tu sais que je t’adore… sauf quand tu bois trop de rhum.

Contrairement à moi, elles avaient booké un trip pour faire l’ascension du Mont Kinabalu en 2 jours et elles devaient commencer tout comme moi demain.

Fait cocasse; je crois que la très (trop) jeune fille qui travaille à l’auberge a un crush sur moi. Elle me fixe constamment et peu importe ce que je lui demande, elle a un rire nerveux comme une gamine… disons que ça fait bizarre.

MONT KINABALU; INFO PERTINENTES… ET INUTILES… moi je les trouve utiles bon…

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1er site de l’UNESCO de toute la Malaisie;

Distance à parcourir pour monter jusqu’au sommet – 8,7km allé

Hauteur (base de la montagne) – 1866m

Hauteur (sommet) – 4095m

Dénivelé à monter/descendre – 2329m (le sentier descend de 100m tout de suite après le départ)

Du haut de ses maigres 4095m, le Mt Kinabalu est très loin dans le palmarès des plus hautes montagnes au monde. Cependant, le dénivelé entre la base et le sommet, le place au 20ème rang des montagnes… ce qui n’est pas à négliger. Sur papier, une montagne peut-être très haute par rapport à la mer, mais son dénivelé peut-être ridicule… prenons l’exemple de beaucoup de montagne en Inde et au Népal, qui dépassent le Mt Kinabalu dans la liste des plus hautes montagnes au monde, où il est très rare que le dénivelé dépasse 1000m, même si les montagnes font 5000m et + (ces montagnes là sont des tricheuses…). Cela veux donc dire qu’elle est beaucoup plus coriace à vaincre que sa « maigre » altitude ne peut le laisser présager.

Alors que l’ile de Borneo est entièrement plate, le mont Kinabalu est entouré d’une jungle très dense. La végétation disparait peu à peu avec l’altitude pour faire place à du rock pur et dur dans les derniers 1000m, donnant à la montagne une apparence de bloque monolithique qu’on aurait déposé au milieu de nulle part.

En fait, je pourrais m’assoir toute la journée devant le Mont Kinabalu et ce serait une belle journée tellement elle est belle à regarder. Ajoutez à cela le mouvement improbable des nuages tout autour qui fait en sorte de constamment modifier le paysage et ça vous donne un panorama époustouflant.

FAUX DÉPART

L’amitié nouvelle que j’avais développée avec mes 2 cochambreuses aurait du en rester à une agréable soirée à jouer au carte, se raconter nos histoires de voyage et boire de la bière qui ressemblait beaucoup plus à du jus de lime. Or, Dame Nature avait prévu autre chose…

6h00 – L’heure du départ… la météo était affreuse; il pleuvait à siaux, le brouillard enveloppait toute la montagne, il ventait à écorner les bœufs et il faisait un froid de canard… tout cela à la base de la montagne… je n’osais pas imaginer ce que ça pouvait être sur la montagne et principalement au sommet.

La bonne nouvelle; en bookant ma randonné hier, on m’avait dit que si la météo n’était pas bonne, le départ serait reporté d’une journée… je me suis donc empressé de retourner dans les bras de Morphée.

Après un avant-midi de cul, la météo s’était finalement calmée. Tout comme moi, Anja et Sarah avaient réussi à reporter le départ de leur randonné au lendemain. Nous avons donc décidé de tuer le temps en allant faire un tour aux Poring Hotspring, afin de profiter des sources thermales et faire de petits trek tout autour. Il y avait notamment une canopy walk (promenade suspendu dans les hauteurs de la forêt) qui n’avait finalement de spectaculaire que son nom.

Coté positif du report de mon trek en raison de la mauvaise température, cela m’a permit de faire la connaissance de Jaime (28 ans, Britannique) avec qui j’allais faire équipe pour vaincre la montagne… et séparer les frais (guide, transport).

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« TIK TOK TIME VERY FAST »

Cette phrase toute simple, je l’ai entendu très souvent durant toute la journée que j’ai passé à taquiner la plus haute montagne de Bornéo… principalement lors de la descente. J’étais alors devenu une véritable loque humaine et je m’excusais constamment à mon guide pour la vitesse très lente (à mes yeux) à laquelle j’allais… il me disait alors « no no no… tik tok time very fast ». En effet, malgré le fait que j’avais fait tout le trek avec une paire de sandales de filles, j’étais revenu au point de départ en moins de 7h30… il faut normalement entre 9 et 10h au randonneur typique qui fait l’ascension en un jour.

Faire un trek avec des sandales de filles trop petites… WTF?!? Revenons donc à la veille de cette palpitante aventure.

Juste avant de me coucher, j’étais à finaliser mon sac à dos et à préparer tous mes trucs pour le trek, quand je me suis rendu compte que j’avais égaré mes bottes de montagnes. J’ai alors eu un flash; lorsque nous sommes parti des Poring Hotsprings, j’ai décidé d’enfiler mes flip flops et trainer mes bottes… je me suis ensuite assoupi dans le bus qui nous ramenait… pour me réveiller en sursaut alors qu’il s’arrêtait devant notre auberge… j’ai alors pris mon sac à dos et je suis sorti en vitesse… laissant mes bottes confortablement assises sur le siège arrière.

Oublier ses bottes de montagne dans un bus la veille de mon ascension du Mont Kinabalu… BRAVO CHAMPION. C’est le genre d’histoire qu’il est impossible d’inventer tellement ça a ni queue, ni tête. Mes 3 compagnons ont apprit beaucoup de jurons canadiens français à ce moment.

Il faut savoir que je voyag…ais avec une simple paire de flip flop et des bottes de montagne. Il ne me restait donc que la 1ère et il était hors de question de tenter l’aventure avec des souliers non fixés à mes pieds. Ajoutez à cela qu’il était 22h passé… donc aucune possibilité d’acheter/louer une nouvelle paire…

FUCK

Pourquoi je ne peux pas avoir des aventures qui vont comme sur des roulettes comme la plupart des gens… il faut toujours qu’il m’arrive quelque chose de complètement inattendu.

Alors que j’étais à faire une croix sur mon ascension du Mont Kinabalu, Sarah m’a proposé de prendre ses sandales. Après avoir pouffé de rire en m’imaginant monter une montagne en sandales et en me disant que c’était l’une des idées les plus folles que j’avais entendu… je décidé de les essayer.

Elles me faisaient à merveille… mis à part le fait qu’elles étaient au moins 2 pointures trop petites… faisant en sorte que tous mes orteils se retrouvaient en position très vulnérable devant les sandales et donc exposées aux « dangers » de la montagne. Elles avaient au moins l’avantage de répondre à un critère très important que mes flip flops ne remplissaient pas; elles étaient bien fixées à mon pied.

Je faisais donc face à un dilemme; ne pas monter la montagne ou monter la montagne en sandale au risque de me scraper les pieds et peut-être plus.

Mon désir de monter la montagne était plus fort que tout. J’ai donc décidé de tenter ma chance peu importe ce que ça m’en couterais… à noter que mes pieds et mes genoux ont tenté de me dissuader de me lancer dans l’aventure, mais bon… mon corps est une dictature et non une démocratie… c’est donc le duo cerveau/cœur qui prend les décisions et c’est sans appel.

En me voyant avec les sandales, Anja a pouffé de rire et m’a lancé; « If you go to the summit with those shoes, I’ll give you a foot massage (si tu vas jusqu’au sommet avec ces chaussures, je te ferais un massage des pieds) ». C’était tout ce qu’il me fallait pour me donner la petite poussé nécessaire… quel homme sensé aurait craché sur un massage des pieds fait par une superbe jeune femme…

Passons donc au programme principal… je sais que vous mourez d’envi de savoir si je me suis foulé une cheville ou mutilé un/des orteil(s). Ma gang de vous autres, vous ne changerez donc jamais…

6h30 – La température était parfaite. Après un petit petit déjeuner, moi et Jaime avons pris la direction du centre d’information afin de finaliser la préparation du trek. Ayant un peu beaucoup peur qu’on me refuse l’accès à la montagne avec ce que j’avais dans les pieds, j’ai fait tout en mon possible pour cacher les sandales; paire de bas, pantalon long et ne jamais me tenir trop loin du comptoir ou de Jaime afin d’éviter qu’ils puissent voir mes pieds. Ils n’y on vu que du feu…

On nous a ensuite attitré notre guide, un jeune malaysien de 20ans du nom de Wilfred… j’ai dit malaysien, pas as been acadien…

7h45 – C’est un départ. Les 5 premiers kilomètres d’ascension se sont donc déroulés à un rythme effréné dans la jungle. L’ascension était pénible et ne faisait pas dans la dentelle. Les sections planes étaient rares, voir inexistantes, ne laissant aucune chance pour le moindre repos… ça montait TOUT LE TEMPS. Tantôt le sentier était composé de marches très abruptes en bois, l’instant d’après c’était un champ de roches… tout aussi abrupte… et l’autre tantôt un sentier de terre… très abrupte… J’ai dit le mot abrupte… nahhhh. Bref, mon cœur a trouvé le temps long et la patate a pompée sans arrêt…

10h20 – Le campement de Laban Rata, l’endroit hors de prix où couchent les gens faisant l’ascension en 2 jours était désormais derrière nous… de même que la végétation, qui se faisait de plus en plus rare, laissant de grand pan de la montagne sur le rock tel un homme d’un certain âge ayant des cheveux tout le tour de la tête, mais pas au sommet. À partir de là, il restait moins de 3km à franchir…

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À partir de là, la montagne nous dévoilait ses plus beaux atouts et le spectacle était tout simplement incroyable… un paysage comme je n’en avais jamais vu auparavant… un véritable No Man’s Land… aucune végétation… seulement du rock… et Il fait un froid d’enfer gracieuseté du vent qui règne en roi et maitre sur cet endroit. Le sommet était maintenant à porté.

Rendu là, c’étais marqué suit et agrippe toi à la petite corde blanche; c’est ton chemin et ton assurance vie. En effet, la seule façon d’avancer… et éviter de se retrouver dans le fond de la vallée, était bien souvent de s’accrocher et se hisser avec la corde.

11h50 – Après avoir eu à franchir certaines sections très techniques, toute la montagne se trouvait désormais sous nos pieds. Le mont Kinabalu était VAINCU.

Congestionnée de touristes le matin, qui viennent voir le lever de soleil (principale raison de faire l’ascension en 2 jours), nous étions tout fin seul sur le sommet et il n’y avait personne d’autre à des milles à la ronde. Seulement moi, Jaime et Wilfred…

Autant j’adore le Népal et le Ladack (Inde), autant cette montagne se hisse maintenant au sommet des treks que j’ai pu faire dans ma vie. Les 3 derniers km avant d’atteindre le sommet volent le show. Oui, le panorama est super, mais c’est la montagne en elle-même qui impressionne.

L’ascension s’était bien déroulé… pour ceux qui ne s’en rappelle pas, je portais des sandales… je n’avais aucune difficulté à suivre le rythme de Jaime. Bien sur, le feeling était très bizarre… avec les pieds/orteils exposés, je devais être doublement vigilant pour ne pas m’estropier ou pire encore.

Il restait cependant de faire à rebours le sentier que nous avions arpenté lors de la monté… très beaucoup plus pas mal plus facile à dire qu’à faire… C’est effectivement à partir de ce moment que les choses ont commencé à se gâter pour moi et mes pieds/jambes.

Jaime avait alors disparu de mon écran radar assez vite, allant à un rythme infernal… un rythme qui aurait aussi été le mien si j’avais toujours eu mes bottes. Je suis donc resté avec le guide et l’état de mes jambes s’est rapidement détérioré. Toute la pression était maintenant sur mes orteils et je les scratchais souvent sur des roches. C’est donc devenu très pénible de marcher. Pour ceux qui ont déjà eu mal au pied, notre subconscient tente de compenser en changeant notre façon de marcher. Résultat d’un changement de démarches pour éviter de trop souffrir; les genoux en prennent pour leur rhume…

Après quelque temps, je descendais avec les genoux barrés (comme si j’avais des jambes de bois) puisque quand je pliais les genoux, je perdais l’équilibre et je manquais tomber. Je m’accrochais à tout ce que je pouvais pour ne pas me planter…

À mi-chemin de la descente, j’ai croisé Sarah et Anja qui montaient jusqu’à Laban Rata pour y passer la nuit. Quand je les ai vues, je me suis littéralement effondré. Elles ont donc pris le temps qu’il fallait pour me remonter le moral, Sarah tentant même de relâcher mes points de pression… ou quelque chose comme cela… truc de yoga chose machin. Je tiens donc à les remercier puisqu’elles ont été d’un très grand support moral.

J’ai donc continué la descente infernale. Même si je descendais comme un handicapé et que j’avais l’impression d’aller vraiment lentement, je n’arrêtais pas de dépasser des gens et mon guide n’arrêtait pas de me dire « slow slow… tik tok time very fast ». En langage compréhensif, il voulait me dire que malgré le fait que j’étais blessé et que je pensais aller lentement, j’allais malgré tout très vite…

Vous auriez du voir le regard des gens quand ils se rendaient compte que je ne portais pas des bottes, mais bien des sandales… Ils me fixaient ensuite droit dans les yeux et je pouvais voir leur visage plein de préjugés… et je les comprends très bien… j’aurais été à leur place et j’aurais fait de même…

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3h20 – De peine et de misère j’ai atteint le départ du trek. L’aventure est terminé. Résultat de la journée; 18km de marche en monté ou en descente constante et aucune cheville de foulée… cela tient du miracle.

Le guide m’a expliqué que normalement les gens qui font l’ascension en 1 jour partent entre 7h30 et 8h et reviennent entre 5 et 6h du soir… malgré le fait que je chaussais des sandales et que j’ai peiné lors de la descente. On ne parle pas ici de pieds de céleri puisque pour avoir la permission de faire l’ascension en 1 jour, il faut être en grande forme… le fait que nous ayons retranché plus de 1h30 au chrono normal est donc un bel accomplissement… surtout si on pense qu’on est resté une bonne demi-heure au sommet, au grand dam de notre guide qui nous pressait de redescendre, et qu’on s’est arrêté un peu partout pour prendre une tonne de photos.

I AM A LEGEND

En finissant ce trek, je crois affirmer sans trop me tromper que j’entre dans le livre des records du Mont Kinabalu comme étant le seul homme à avoir fait le trek avec des sandales… de fille… 2 pointures trop petites… Ce record devrait tenir trèèèèès longtemps…

Le trek terminé, c’était maintenant le temps d’évaluer les dégats…

De retour à l’auberge, j’ai retiré mes sandales pour trouver mes 2 pieds en sang et avec la chair à vif à certains endroits.

Est-ce que j’ai regretté mon choix de faire le trek en sandale? C’est malheureusement le prix à payer pour avoir vécu une aventure incroyable sur une montagne formidable. Si c’était à refaire, je referais la même chose… Je suis à finaliser l’écriture de l’épisode 4 jours plus tard et je marche encore comme un vieillard… mes genoux sont complètement détruits.

Il faisait super beau… en fait, on aurait difficilement pu demander une plus belle température… on a été très chanceux parce qu’en cette période de pré-mousson, il pleut presque tout le temps ces temps-ci et/ou le ciel et la montagne sont couverts de nuages… alors que nous avons eu juste assez de nuages pour bien meubler les photos, tout en ayant une vue dégagée de la vallée en dessous.

Le lendemain à Kota Kinabalu, j’ai recroisé Anja, qui revenait à peine du Mont Kinabalu (je leur avais prêté mon sleeping bag pour coucher au chaud dans la montagne… elle m’a dit qu’alors que tout le monde a gelé cette nuit là, elle et Sarah se sont réveillées en sueur tellement mon sleeping était chaud).

Elle m’a alors dit que le sujet de l’heure sur la montagne le soir où elles ont couché là-bas; « you’re quite famous right now up the mountain… there’s a story about a Crazy Canadian who went up and down the mountain in one day… in sandals (tu es maintenant très connu sur la montagne… il y a une histoire qui circule à propos d’un Crazy Canadian qui a réalisé l’ascension/descente en 1 journée… en sandales) ».

Je suis donc malgré moi devenu une légende… peut-être que si vous allez faire un tour sur cette montagne dans quelques années, mon histoire sera encore raconté … Peut-être même que l’histoire aura complètement changé, digne du téléphone arabe… le crazy canadian aura réalisé toute l’ascension sur les bras parce qu’il n’avait plus de bras… qui sais ahah

Bref, même quand je veux me la jouer low profile, je trouve le moyen de faire parler de moi et de faire les choses de manière peu conventionnelle.

La morale de l’histoire… du moins la morale que j’aimerais que vous tiriez de cette histoire… autre que de dire « t fou »… non… j’aimerais plutôt que vous reteniez que la vie n’est pas un film de Disney. Parfois des embuches viennent se mettre en travers de notre chemin… mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Il faut plutôt se retrousser les manches et aller au-delà des limites que nous aurions cru possible pour réaliser nos rêves. Je ne dis pas de monter une montagne en sandale… oh que non croyez-moi sur parole c’est tout sauf une bonne idée…

Accrochez-vous à vos rêves/ambitions quelque soit les embûches qui se profilent à l’horizon ou les gens qui vous disent que c’est impossible. Les sacrifices que vous allez faire vont paraitre dérisoires et ils seront vite oubliés, tandis que vos accomplissement tiendront pour toujours.

THE TEAM

From left to right; Jamey Storey, Nicolas Pare, Anja Thiele and Sarah Given

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INFO UTILE POUR RÉALISER L’ASCENSION DU MONT KINABALU

Il faut savoir que la plupart des gens qui se rendent jusqu’au sommet, je dirais un bon 95%, le font en 2 jours. Il y a un campement comportant plusieurs accommodations au 2/3 de la montagne, mais le prix demandé pour coucher là est EXORBITANT. C’est en fait la seule et unique raison pourquoi je désirais faire l’ascension en 1 jour. Or, le nombre de permis pour réaliser l’ascension en 1 jour est en quantité très limité.

Même si le sentier est très linéaire et qu’il faut vraiment faire par exprès pour se perdre (le sentier est linéaire), toute personne qui désire monter la montagne (1jour ou 2 jours) doit être accompagné d’un guide. Je déteste cette obligation puisque notre guide a été complètement inutile, parlant à peine anglais et ne nous expliquant absolument rien à propos de la montagne, de la faune et la flore. En plus, il n’était pas à nous guider en avant, mais blotti bien tranquillement derrière nous (le guide doit rester derrière la personne la plus lente). En fait, une fois le trek commencé, il n’y a aucune obligation du randonneur de rester avec son guide. Si le randonneur va plus rapidement que son guide il peut y aller par lui-même… ce qui est complètement ridicule et qui apporte encore plus d’eau à moulin qui veut que l’obligation d’avoir un guide soit simplement afin d’aller chercher le plus de cash possible dans la poche des touristes. En fait, le guide n’a qu’une véritable fonction; s’assurer que vous avez franchit certains endroits clés avant une heure précise. Autrement, vous aurez à rebrousser chemin…

Ceux qui voudraient réaliser l’ascension en 1 jour, vous n’avez qu’à vous présenter à centre d’information à l’entrée du parc la veille. Si vous êtes chanceux, vous aurez un départ le lendemain, au pire vous attendrez 1 ou 2 jours.

Cela vous en contera;

15rn (5$) – Entrée dans le parc

100rn (35$) – Permis pour monter la montagne

35rn (12$) – Transport pour se rendre jusqu’au départ du trek et revenir

128rn (40$) – Guide

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai toujours trouvé drôle de devoir payer pour monter une montagne… ça revient à payer pour souffrir.

À noter qu’un maximum de 2 randonneurs peuvent partager un guide et le transport… cela coupe donc en 2 le cout de ces 2 éléments.

Pour ceux désirant faire l’ascension en 2 jours, et donc coucher au 2/3 de la montagne, il faut booker à l’avance via Sutera Lodge, la seule agence permise dans le parc (d’où l’explosion des couts… monopole). Vous pouvez toujours tenter de vous pointer à l’improviste dans le parc, mais ce sera beaucoup plus difficile. Peu importe, vous ne vous en sortirez pas en bas de 700ringet (donc plus de 230$) par personne.

Avis aux amateurs de sensations fortes; chaque année depuis bientôt 20ans se tient le « Climbathlon », une course qui regroupe les fous parmi les plus fous. L’idée consiste à monter la montagne jusqu’au sommet et la redescente le plus rapidement possible. Le gagnant de l’an passé à bouclé le tour en 2h30… pour vous donner une idée, il nous aura fallu un peu plus de 7h pour faire l’allé/retour. Voici le lien de l’évènement;

http://www.climbathon.my/

MATÉRIEL NÉCESSAIRE

1 jour;

– Vêtement chaud pour le sommet (tuque, gant, chandail long/manteau)

– Bottes

– Snack, repas et eau (il est possible de manger au campement, mais les prix sont ridicules… on peu par contre remplir sa gourde gratuitement)

– crème solaire, lunette, bandana… bref, choses pour se protéger du soleil

– Volonté, cardio et jambes

BILAN DE BORNEO

La Malaisie, et principalement l’ile de Borneo, ne sont pas des endroits qu’on entend beaucoup parler au Canada, mais ils gagnent définitivement à être découverts. Il y a quelque chose pour plaire à tout le monde sur cette ile; de la jungle à l’état pur avec des animaux comme on en voit nulle part ailleurs, une gigantesque montagne à conquérir… avec de bonnes bottes, des plages, des petites iles quasi désertes et des sites de plongé parmi les plus reconnu dans le monde. De plus, le peuple est hyper gentil et accueillant, mis à part dans les grands centres, il y une culture très intéressante et toujours bien vivante, on y parle une langue très amusante à apprendre, etc.

Arrivé à Bornéo le 6 septembre, je la quitte le 5 octobre… 1 mois… j’ai pourtant l’impression de n’avoir fait que gratter la surface des choses à faire sur cette gigantesque île. Bon, en ce qui concerne l’état du Sabah (Malaisie) et le Brunei, j’ai pas mal fait le tour… mais il reste tout l’état du Sarawak (Malaisie) et la province du Kalamantan (Indonésie) que je n’ai pas touchés et qui représentent plus de 75% de l’ile. J’aurais plus particulièrement bien aimé aller faire un tour à Miri et Kuching dans le Sarawak, notamment au Niah National Park et au Bako National Park, mais bon, dans la vie il faut faire des choix. Pour paraphraser mon buddy Roark; dans ce coin de l’Asie (Indonésie, Borneo, Philippines, bref les archipels), il n’y a aucun moyen de faire le tour de manière linéaire… chaque choix de destination t’ouvre une porte et en referme plusieurs. Cependant, pour ceux qui aimeraient visiter cette partie du monde, je crois que la meilleure manière de visiter Borneo serait d’arriver à Kuching, de traverser l’ile et de quitter par Kota Kinabalu… ou vice-versa.

J’espère que j’aurais réussi à vous faire connaitre un peu plus cette partie du monde qui gagne à être connu à travers mes humbles épisodes.

Next Stop; Manille et les Philippines…

Ce périple, je le commence seul… non je ne me suis pas chicané avec Roark, il est toujours mon best travel buddy. Pour ceux qui se sont attaché à ce curieux personnage, ne vous en faite pas, vous entendrez à nouveau parler de lui avant longtemps…

Bon… c ça qui est ça… Chow Bye Groupe

RENDONS GLOIRE AUX DISPARUES

Mes pieds ont passé d’agréable moment dans vous… je ne passerais pas par quatre chemin; JE VOUS ADORAIS. J’ai vécu une tonne d’histoires avec elles et j’avais l’intention d’en vivre encore beaucoup. Au fil des mois, elles avaient développé leur odeur bien particulaire qui faisait en sorte de les rendre uniques… Où que vous soyez, vous allez me manquer. J’espère juste que vous ne finirez pas dans les pieds d’un chinois… vous méritez bien mieux que cela.

Pictures / Photos; Nicolas Pare – Jaime Storey

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Catégories : Malaisie
Étiquettes : , ,
Publié par Nicolas Pare le 13 octobre 2013
3 Commentaires Poster un commentaire
  1. 10/4/2013
    Ta soeur

    Ce que j’en retiens; tu as de maudites belles sandales mais elles te vieillissent un peu…

    Ben nonnnnnnnnnnnnnn belles photos le loup!

    Réponse
  2. 10/5/2013
    J.Mance

    Vraiment un beau récit. C’est un endroit méconnu pour moi. Tu m’as bien fait rire avec tes sandales. Quand je vois tes photos je comprend qu’il faut être un peu fou pour monter et surtout descendre comme tu l’as fait. Mais c’est toi. Merci pour les magnifiques photos.

    Réponse

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