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Épisode 46 – Ces enfants d’ailleurs

20 décembre 2013

Accompagné de Tracey, ma compagne de voyage des derniers jours, je quitte Luang Prabang armé d’un sac léger sur le dos, flip flop dans les pieds et appareil photo à la main. Accompagné d’un jeune guide, nous nous apprêtons à faire un trek de 3 jours dans une région reculée du Laos afin d’aller rendre visite à des tribus vivant encore à l’ancienne. Je n’ai alors encore aucune idée que je suis à la veille de vivre l’un des plus beau chapitre de ma déjà formidable aventure en Asie.

À vos marques… prêts… marchez

IL ÉTAIT UNE FOIS… LA PETITE HISTOIRE DU LAOS

Avant de commencer, voici le petit bourrage de crane habituel et nécessaire pour bien comprendre l’aventure que je m’apprête à vous raconter…

Pas moins de 49 groupes ethniques sont officiellement reconnus au Laos. De ce nombre, les Lao forment la très grande majorité. Originaire du la Chine, ils se sont déplacés sur le territoire portant aujourd’hui le nom de Laos y a environ 1000ans. Ils sont considérés comme les 1ers habitants du Laos et habitent les plaines et à proximité des rivières. Ce peuple compose aussi la majorité des habitants des grandes villes du pays. Leur accès facile au transport et leur proximité aux grandes villes fait en sorte que c’est le peuple le plus ‘’riche’’ (ils ne sont pas riche, mais les plus riche du pays) et les plus ‘’éduqués’’ (idem que pour la notion de riche) du Laos.

Les 2 autres principales ethnies du Laos sont les Khmu (prononcé Kamu) et les Hmong (prononcé K-mong), des peuples de montagnards ayant leur langage bien à eux. C’est de ces 2 ethnies dont il sera question dans cet épisode.

Tous les 2 pratiquent le chamanisme (recours à un sorcier) et leur croyance est fortement orientée en fonction de l’animaliste… non ce n’est pas une déviance sexuelle quelconque mais bien un courant de pensé en fonction du respect de la nature et des animaux.

Originaire de la Chine, duquel ils ont été chassés de leur terre il y a environ 150ans, les Hmong habitent historiquement des régions à plus de 1000m d’altitude.

En ce qui concerne les Khmu, ils sont originaires du Cambodge, vivent historiquement à des altitudes situés entre 500 et 1000m et ont un teint de peau un peu plus foncé que les autres laotien.

Ces 2 tribus vivent dans une grande simplicité (dans le cas présent, simplicité est un synonyme de pauvreté) et subsistent principalement avec la vente de leur bétail/culture à la ville.

Nous sommes présentement au milieu de leur hiver, de sorte qu’aucune culture ne pousse. En fait, hiver n’est pas vraiment un mot ici, on emploi plutôt ‘’dry season (saison sèche – de octobre à avril)’’ et ‘’wet season (saison des pluies – de mai à septembre)’’. Tout redémarre en février, alors que les habitants commencent à travailler la terre pour la culture du riz. Une fois juin arrivé, ils commencent à planter, pour finalement récolter en septembre/novembre. À noter que tous les champs appartiennent à des particuliers… il n’y a donc pas de notions de bien commun (c’est chacun pour soi). Dans le même ordre d’idée, alors que les gens doivent payer des taxes s’ils vivent dans les villes (Luang Prabang, Vientiane, etc.), les gens vivant dans les tribus n’ont rien à payer. En clair; il ne paie absolument rien pour résider dans le village… seul les terres cultivables sont imposables. Donc… par exemple… si je voulais venir habiter l’un de ces villages, je n’aurais qu’à demander la permission au chef et celui-ci me désignerait un endroit pour construire ma maison… par moi-même et gratis.

Jour 1 – UN ÉTRANGER DANS LE VILLAGE

Info;

–          Route de Luang Prabang à Ban Pakking

–          3h de marche jusqu’à Ban Long Ngath

–          1h30 de marche jusqu’à Ban Long Niet

Description;

C’est assis bien inconfortablement à l’arrière d’un camion roulant sur une route défoncée que notre aventure commence. Ayant quitté Luang Prabang 2h plus tôt, le camion s’arrête enfin…

Nous sommes à Ban Pakking, un village Lao en bord de rivière et récemment dévisagé à jamais par une nouvelle route passant en son centre.

Quelques minutes plus tard, nous prenons place à bord d’une petite embarcation (espèce de pirogue) dans lequel un bon équilibre et ne pas trop bouger est ESSENTIEL si on ne veut pas aller visiter les poissons. Une fois sur l’autre rive, l’aventure commence véritablement…

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Les 3h qui vont suivre ont consistées à marcher dans au travers de champs et de la jungle, le tout ponctué par plusieurs cours d’eau à traverser (pont non inclus). Autour de nous, c’était le calme plat… aucune trace de civilisation… la nature à son état le plus sauvage…

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Un peu avant d’atteindre le 1er village, nous avons quitté la jungle pour nous retrouver dans une zone coupé à blanc par les braconniers. Bien que cela soit interdit, les autorités n’ont pas assez de ressources pour les stopper.

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Puis, Ban Long Ngath, village Hmong composé de 48 familles/350 personnes, pointait à l’horizon.

Nous y avons été accueillis par une très vieille dame toute menue et hyper sympathique. Elle n’arrêtait pas de dire qu’elle était si vieille et laide alors que nous étions jeunes et beau (ce que le guide nous traduisait). Si vous voulez mon avis, je la trouvais rayonnante… malgré son full face bleu pétant.

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S’en ai suivit le tour du village… il y avait des enfants partout.

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Notre guide nous a alors expliqué que pour des raisons sanitaires, toutes les tribus qui vivaient dans les montagnes (Hmong, Khmu, etc.) ont été déplacés de leur village d’origine vers le fond des vallées en 2005. Contrairement à ce que nous faisons avec les indiens au Canada, le gouvernement n’a pas fait l’erreur de leur construire des maisons qui ne convenait pas à leur style, il les a plutôt laissé construire des maisons selon leurs besoins et surtout, selon l’architecture typique qui caractérise chaque ethnie. Des anciens villages au sommet des montagnes, il ne reste pas grand chose d’autre que des ruines… seul les fumeurs/cultivateurs/accros d’opium y vivent.

En ce qui concerne l’architecture des Hmong, c’est quelque chose d’assez classique pour un peuple vivant dans la jungle; tout est fait avec les moyens du bord… c’est donc dire principalement avec du bambou. Les toits sont faits en tiges de bambou, la structure des murs est faites en madriers (les feuillus se retrouvent en abondance ici), les murs sont en bambou décomposé (ils ouvrent le bambou et le déplie). Ce type d’architecture laisse une multitude de trous… ceux-ci sont alors calfeutrés avec les moyens du bord (carton, etc.). Pour ce qui est des planchers, c’est la terre ferme au 1er niveau et en tige de bambou aux niveaux supérieurs.

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Particularités intéressantes, les maisons n’ont pas de fenêtres… si ils veulent regarder dehors, ils n’ont qu’à sortir dehors… autrement, une fenêtre est un trou qui fait perdre de la précieuse chaleur.

Donc, les seuls ouvertures dans l’enveloppe du bâtiment sont 2 portes; l’une arrière et l’autre à l’avant… faites gaffe, il ne faut JAMAIS AU GRAND JAMAIS entrer par la porte d’en arrière… personne ne s’en sert puisque c’est la porte des « esprits »… et pour les nouveaux mariés… puisque comme tout le monde le sait, le nouveau marier aime passer par la porte d’en arrière… euh… bon, je m’égare…

À ce sujet, le mariage est toujours une chose très importante au Laos. En fait, pour qu’un homme et une femme puissent habiter ensemble, ils doivent être mariés. Heureusement pour eux, il n’y a plus de mariages arrangés… ils ont arrêté cela parce que beaucoup de jeunes préféraient se suicider plutôt que d’épouser une personne qu’ils n’aimaient pas. Aussi, Lao et Khmu peuvent se marier ensemble, alors que les Kmong ne peuvent se marier qu’entre-eux. Je ferme la parenthèse…

Pour ce qui est des services, aucune maison ne possède l’électricité ni l’eau courante. Alors que l’électricité est inexistante durant le jour, on peu apercevoir quelques maisons illuminées à l’aide de génératrice durant la nuit. Ce n’est malgré tout qu’une minorité. Pour ce qui est de l’eau, un puit au centre du village sert de réserve d’eau potable et aussi de douche commune.

Puis, nous avons visité la visite de l’école. Disons que l’emplacement est à faire rêver; un grand champ au milieu de la jungle et entouré de montagne…

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En plus d’avoir l’école élémentaire pour les plus petits comme tous les autres villages, ce village est celui qui comprend l’école secondaire. Les jeunes de 6 villages environnants se déplacent donc ici pour étudier. Pour ceux dont le village est trop loin pour marcher le matin et le soir, des dortoirs sont aménagés à même le « campus » de l’école.

Alors que l’uniforme est obligatoire, il y a quelque chose qui n’est pas obligatoire; l’école en elle-même. En effet, aller à l’école coute très cher au Laos, ce ne sont donc que les enfants issus des familles moyennes et aisées qui y ont accès… on s’entend, quand je parle de famille moyenne et aisée, c’est laossement parlant… parce que si vous voulez mon avis, ils sont tous très pauvres.

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Dès leur plus jeune âge, les jeunes apprennent donc le lao et l’anglais. Pour ce qui est de leur langue tribale des Hmong et Khmu, ce ne sont des langues uniquement parlé (il n’y a pas d’alphabet, elles ne peuvent donc pas être écrite)… elles sont donc malheureusement appelées à disparaitre.

En marchant sur le campus, je me suis tourné vers mon Year (mon guide) et je lui ai lancé ‘’I don’t see any teacher (je ne vois pas les enseignants)’’ et lui de me répondre ‘’they are teachers (ce sont des enseignants)’’ en me pointant un groupe de jeunes. Ils ne faisaient pas simplement ressembler à des jeunes… ils étaient réellement très jeunes.

On est ensuite retourné chez la vieille dame au full face, lui avons dit Adieu et avons repris la route.

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En ce vendredi en fin d’après-midi, tous les jeunes qui avaient passé la semaine à l’école du village précédent, revenaient chez eux pour la fin de semaine (tu parles d’un timing parfait). Nous avons donc fait le chemin avec eux…

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Au bout d’une promenade d’un peu plus d’une heure sur une magnifique route de terre, le village de  Ban Long Niet se pointait le bout du nez… village Khmu comprenant 42 familles/250 âmes et représentant notre arrêt pour la nuit.

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Concernant l’architecture Khmu, tout ce que j’ai écrit à propos de l’architecture Hmong est encore vrai, à la différence que les maisons Khmu sont construites sur pilotis… en pleine montagne?!? N’ayant plus aucune utilité réelle, les constructions sur pilotis sont un rappel de l’architecture ancestrale de leur peuple alors qu’ils vivaient dans des plaines inondables au Cambodge.

En arrivant au village, j’ai tout de suite remarqué que les gens semblaient beaucoup plus pauvres que dans le village précédent (très sale et enfants à moitié nu). Notre guide m’a  alors donné raison; les Khmu étaient anciennement les esclaves des Hmong et des Lao Ceux-ci les utilisaient pour cultiver l’opium.

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À peine déposé nos sacs à dos dans la grande qui allait nous servir de chambre qu’un groupe de jeunes curieux avait commencé à nous suivre à la trace. Majoritairement composé de fillettes, je n’avais qu’à regarder l’une d’elle et dire ‘’sabaidi (bonjour)’’ pour qu’elle me regarde toute timide en riant… le genre de regard qui veut dire ‘’je t’aime bien’’… j’ai donc encore une fois eu l’impression de briser des cœurs. Pour me faire pardonner… j’ai entrepris de jouer une espèce de partie de cache-cache avec eux; je leur courais après et ils partaient de tout bord tout cote en criant. De voir le sourire sur leur visage était la cerise sur le Sunday d’une journée déjà parfaite.

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Après avoir dégusté un souper traditionnel concocté par notre guide (salade de légumes, potage avec ailes de poulet steemé dedans… au plus grand bonheur du chien de la maison qui scrutait nos moindre faits et gestes en attendant qu’on lui lance des os… du sticky rice… bref, de la nourriture), nous avons passé la fin de soirée autour du feu sur la place publique du village… le seul endroit où on ne mourrait pas de froid… à sourire et à ne pas comprendre un mot de ce que les habitants du village pouvaient bien nous dire.

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Pour notre 1er soir dans une tribu laotienne, nous seront hébergé chez le chef du village (que ce soit pour les Hmong ou les Khmu, chaque village est une petite démocratie en soit; un chef et 2 chefs adjoints sont élus tous les 4 ans). Notre chambre consiste donc à une petite grande juste à côté de la maison… confort non inclus.

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Jour 2 – NE PLEUREZ PAS

Info;

–          3h de marche jusqu’à Ban Kalangong

Description;

8.00am – Après avoir dormi pendant plus de 12h dans un froid d’enfer avec tous mes vêtements d’hiver sur le dos et mon sleeping -20, je me réveillais toujours en vie (avez-vous déjà entendu parler d’un mort qui se réveille?). Vive l’Asie du Sud-Est, ses plages paradisiaque et sa température de rêve… BULLSHIT

Et dire que j’ai failli expédier mes vêtements chauds chez mes parents avant de quitter définitivement l’Inde il y a plusieurs mois; ‘’à partir de maintenant, je n’aurais besoin que de chandail à manches courtes et des shorts’’… ouch. Ce serait très pénible depuis quelques jours… il fait environ 15 degré le jour et autour de ZÉRO… sinon moins… la nuit. Je sais, je sais, ce n’est rien comparativement à la température du Canada, mais quand on prend en considération que la température est environ 10 degrés plus basse que la normale saisonnière… que les habitants n’ont pas vraiment de vêtement chaud (ils mettent juste tout leur vêtements)… et que les maisons n’ont aucune espèce d’isolation… ça change la donne. Voudriez-vous passer une nuit d’automne dans votre cabanon derrière la maison… non… eh bien, dites-vous que votre cabanon est probablement mieux isolé que les maisons d’ici.

Une fois réveillé, moi et Tracey avons fait comme les locaux; nous nous sommes mis à la recherche d’un spot où les rayons de soleil se trouvaient en grande quantité pour se réchauffer.

10.00am – C’est un départ… au menu d’aujourd’hui; marche dans la campagne du laotienne…

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Passe à travers la jungle…

Longe une rivière…

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Traverse des champs…

Emprunte le lit d’une rivière quasi asséché… vive les flip flop…

Prend un raccourci au travers de champs de riz…

Pour finir avec l’ascension d’une petite montagne vraiment pas commode…

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Pour finalement arriver à Ban Kalangong… village de 750 personnes, partagé par la communauté Khmu et Hmong…

En ce samedi de l’an 2556, les enfants n’ont pas d’école et sont légions dans les rues… Ils s’occupent à jouer au lancer de la flip flop (un dérivé du jeu de pétancle) ou encore au fameux jeu des élastique… vous savez, le jeu qui consiste à souffler les élastiques, le gagnant étant celui qui souffle son élastique le plus loin… et qui empoche les élastiques… pas besoin de dire que ceux-ci sont collectionnés comme des trésors par les enfants.

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Bref, tout cela s’arrête à la minute où nous arrivons; les enfants nous regardent avec un air qui veut dire « c qui les gens à la peaux blanches », puis je leur fait un salut de la main et leur visage s’illumine… jusqu’à ce que je sorte mon appareil photo… leur sourire se transforme alors en bonhomme triste. Ils prennent alors la poudre d’escampette de tout bord tout coté en criant et en brandissant leurs mains vers le ciel ou pire, ils restent immobile et se mettent à pleurer.

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Par exemple, j’étais à m’amuser à faire des grimaces avec 2 superbes très jeunes fillettes… je croyais avoir gagné leur affection… j’ai alors sorti ma caméra pour immortaliser le moment… instantanément, le sourire s’est effacé sur leur visage, l’une d’elle s’est mise à pleurer et l’autre a subtilement ouvert la porte de sa maison et s’y est réfugiée.

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Autrement, dans tous les villages, des animaux de toute sorte sont en liberté et vivent en paix. Il est donc impossible de ne pas tomber sur une famille de canards, une poule avec ses poussins, des foutus coqs qui hurlent pour rien et des chiens. Seuls les cochons sont dans des enclos, alors que les vaches se trouvent généralement en liberté en périphérie des villages. On m’a expliqué que même si tous les animaux se promenaient en liberté où ils voulaient, ils avaient tous un propriétaire… en d’autres mots, ils sont fidèles à celui qui leur donne à manger et reviennent toujours à cet endroit le soir.

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Puis, à la minute où le soleil disparait derrière les montagnes, on est vite rattrapé par la réalité et il commence à faire un froid sibérien.

Après un souper bien arrosé de rice whiskey… alcool local surnommé Lao Lao… le genre de chose que tu ne peux t’empêcher de tousser quand tu avales et qui peut rendre aveugle… quand on te sert un verre plein, tu es mal avisé de dire non… et de toute façon, tu ne sais pas comment dire « non merci » dans leur langage. Bref, sachez que si on vous offre une petite bouteille d’eau avec un bouchon bleu, ce n’est pas de l’eau, même si elle est scellé (il y a un village qui fabrique le whiskey de manière très professionnelle à l’est de Luang Prabang).

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En fin de soirée, notre guide nous a conduit à une cérémonie Hmong, cérémonie en l’honneur d’un autrichien (nous n’étions pas les seuls blancs dans le village) qui sponsorisait les études d’un jeune du village. Ils ont alors fabriqué une espèce d’hôtel après avoir préalablement tué un cochon en offrande (j’ai vu le cochon entrer dans la maison, je l’ai entendu crier, pour finalement ne plus entendre aucun son… je peux vous dire qu’il n’avait aucune intention de participer à la cérémonie). La tête et la queue ont donc été disposées devant l’hôtel de manière à ce que le chaman puisse ‘’discuter’’ avec les esprits… si vous voulez mon avis, la cérémonie était un simple excuse pour boire et par chaman, ils veulent dire alcoolique.

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Encore une fois ce soir, nous résidons chez le chef du village… cette fois, pas question d’être dans la grande à côté de la maison… oh que non… nous sommes plutôt dans la grande qui leur sert de maison.

Jour 3 – TOUTES CES CITROUILLES

Info;

–          3h de marche jusqu’à Ban Phu Nowan

–          2h de marche/bateau jusqu’à Hovanok

–          Chemin du retour jusqu’à Luang Prabang

Description;

8.00am – C’est au son d’une cuillère tapant sur une casserole que mes yeux se sont ouvert. Malgré un épais brouillard dans mon cerveau, gracieuseté du LaoLao, j’en suis venu à la conclusion que cette cuillère ne devait pas taper dans la casserole par elle-même. Au moment où la rage montait en moi et que j’étais aller trouver le crétin qu… notre guide a ouvert la porte avec un grand sourire… une casserole et une cuillère à la main…

Ce n’est pas simplement le réveil qui fut brutal, mais aussi la nuit… une nuit plus froide que la plus froide nuit que j’ai pu vivre au Népal… dans une « maison » pas isolé avec des fenêtres pas de vitres (donc des trous)…

9.00am – Le village est désormais derrière nous. Le départ ne s’est cependant pas fait sans peine; beaucoup de jeunes étaient dans les rues à nous faire des bye bye.

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Au programme; ascension durant 2-3h d’une montagne que nous avons contourné depuis 2 jours, pour ensuite descendre de l’autre côté, gagner la rivière, la traverser et regagner tranquillement la civilisation.

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Les 3h d’ascension qui ont suivit se sont écoulées au son des reniflements de moi et mes 2 compagnons… le froid avait vraisemblablement eu raison de nous…

Arrivé au sommet, nous sommes tombé sur Ban Phu Nowan, un village Hmong vivant comportant 8 familles/120 âmes. Perché à environ 1800-2000m d’altitude, c’était à la fois le plus vieux village sur notre chemin et le dernier en liste avant la fin du trek.

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À notre arrivé, l’endroit était complètement désert (durant la journée, tout le monde travaille dans les champs)… nous avons donc été accueillis par des vaches, des poulets et de très gros cochons.

Alors que le plan initial de notre guide était de descendre la montagne pour ensuite manger, moi et Tracey en avons décidé autrement; nous voulions manger et tout de suite…

Year a donc été frappé à la porte d’une maison au centre du village. Quelques minutes plus tard, une vieille dame, accompagnée d’une fillette et d’un jeune bambin, nous accueillait à bras ouvert dans une maison remplie de citrouilles.

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Une fois le lunch terminé, il nous restait toujours à descendre la montagne. Nous avons donc passé les 2h suivantes à arpenter le chemin très abrupte… et incidemment très dur sur les genoux… pour finalement parvenir jusqu’à la rivière.

Un dernier passage de l’autre côté de la rivière et nous étions dorénavant à Hovanok, village Hmong connecté à la route. S’en était alors terminé du trek.

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Hop dans le camion en direction de Luang Prabang…

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ÉPILOGUE

LA CAMPAGNE LAOTIENNE

Au final, nous avons marché environ 35km, visité 4 villages (sans compter le village du début et celui de la fin) et couché dans 2 d’entre eux. L’aventure fut tout simplement fantastique. Après le trek plus qu’ordinaire que j’ai fait à Chiang Mai, je m’attendais au pire. Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais ça a dépassé toutes mes espérances. Ce trek n’est pas tellement à propos d’une promenade en montagne au travers de paysage sublime, mais plutôt une formidable aventure humaine… une aventure qui nous a amené au cœur du vrai Laos… qui nous a fait vivre, l’instant de 2 jours, une immersion dans le quotidien de communautés qui travaillent sans relâche pour subsister…

Tout au long du périple, nous n’avons vu aucun autre blanc (mis à part l’autrichien qui parrainait un enfant du village lors de la cérémonie lors de notre 2ème soir). Avec l’engouement que nous avons provoqué moi et Tracey à chaque endroit où nous sommes allé… pas un engouement du type Inde ‘’salut étranger, donne moi de l’argent…’’, mais plutôt ‘’c’est quoi cette chose toute blanche’’… je ne crois pas trop me tromper en disant qu’ils ne voient pas beaucoup de blancs…

Des fois, pour ne pas dire tout le temps, je me sentais comme un voyeur à prendre des photos d’eux, de leur milieu de vie et de leur maison. Je me sentais mal puisque nous nous promenions avec nos caméras comme si nous étions dans un zoo. Pour enlever ce sentiment de culpabilité, j’ai essayé du mieux possible de leur donner quelque chose en échange… c’est à dire de m’amuser avec eux. Le rire est un langage universel, il serait stupide de ne pas en profiter…

DICTIONNAIRE DE MOTS/EXPRESSIONS… fort utile durant le trek

La grande majorité des gens rencontrés durant le trek ne parlent pas 1 mot d’anglais. Il faut donc faire quelques efforts pour mériter leur respect et attention.

Français – Lao – Hmong – Khmu / (phonétiquement)

Bonjour – Sabaidee (sabadi) – your jong (ynon jon) – smile luh (smili)

Comment allez-vous – sabaidee boh – kor nyorlee ja – may summiler nah

Merci – kop jai – ua jao – kop are yem

Au revoir – lah gone – mu law – yo peu

Ban signifie village

C’est bien peu, mais ces quelques petites phrases, sorti tout droit de votre bouche, vont faire en sorte d’illuminer leur visage et/ou les faire rire (erreur de prononciation). Au moins, vous aurez essayé et c’est ce qui compte.

Vous pouvez très bien toujours leur parler en anglais ou ne pas essayer d’entrer en contact avec eux, mais de ce fait, vous aller rater la meilleure partie de l’aventure; l’interaction avec ce peuple formidable.

WHITE ELEPHANT; C’EST À VOUS DE JOUER

Je suis très loin d’être un amateur des trips organisés… j’aime beaucoup plus être en freelance… mais je dois admettre que ce trek n’aurait jamais pu être fait et n’aurait pas été aussi magnifique sans l’aide d’un guide. D’une part, il y a une multitude de sentiers (très facile de se perdre), personne ou presque ne parle anglais (la communication serait donc très difficile), il n’y a aucune guesthouse, aucun magasin et les villages consistent en un ramassis de maison anonyme. Autre éléments à ne pas négliger, près de 40ans après la Guerre du Vietnam, le Laos est toujours au prise avec de nombreux engins explosifs un peu partout dans le sol. Il est donc fortement déconseillé de se promener dans la jungle par soi-même…

Pour ceux qui serait intéressés à faire ce trek, faites affaire avec la compagnie White Elephant basé à Luang Prabang.

Alors que la plupart des autres compagnies vont aux mêmes endroits, cette compagnie a tissé des liens avec des tribus très reculées… de sorte que vous serez les seuls Farong (touristes) des environs. En date de décembre 2013, le trek de 3 jours que nous avons fait se fait en moyenne 2 fois par mois et est en opération depuis 4ans. C’est donc dire que les gens là-bas ont vu moins de 300 blancs dans leur vie et vous serez très vraisemblablement le 1er pour quelques-uns d’entre-eux.

Voici les coordonnées de cette merveilleuses compagnie; White Elephant; Footprint to Nature  – www.white-elephant-adventures-laos.com

Je recommande aussi très fortement notre guide Year. Il nous a appris plein de trucs, il répondait à presque toutes nos questions, s’assurait de notre bien être en permanence, était très sympathique et parlait un anglais quasi impeccable. Fait non négligeable, il a grandi dans une tribu Hmong avant de migrer vers Luang Prabang à la fin de l’adolescence… il en connait donc beaucoup sur le sujet.

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Armé de son chapeau à la Crocodile Dundee, ses soulier Adidas d’un blanc immaculé, des lunettes Top Gun, un jean et un veston de cuir… pas de doute, ce gars la est un guide de montagne 😉

De retour à LP, tout était comme nous l’avions laissé; nos 3 compagnons étaient toujours à l’auberge. Quand on leur a demandé « so what did you do for the last 3 days »… On a eu comme réponse un moment de silence suivit de « euh… well… 3 days already… »

Pour le reste, c’est une autre histoire…

P.S. I – Vous êtes perdu dans la jungle et avez soif. C’est simple, trouvez un banana tree, percez-y un trou dedans et buvez… les bananas trees sont bourrées d’eau… ne reste plus qu’à être capable de les identifier héhé…

P.S. II – Si vous faites ce trek un jour, amenez dont un ballon ou quelque chose pour amuser les enfants… vous ferez fureur.

A Special THANKS to Tracey for being an amazing travel partner… I took some of your pictures for my blogue, I hope it’s ok…

Catégories : Laos
Publié par Nicolas Pare le 8 janvier 2014
1 commentaire Poster un commentaire
  1. 01/14/2014
    Jeanne-Mance Gauthier

    J’ai seulement un mot MERVEILLEUX. Dire qu’on est en 2013 et qu’il y a encore des gens qui vivent avec le minimum. Tes photos sont très belles. Dans ces villages beaucoup de jeunes enfants. Vraiment 3 jours qui vont rester longtemps dans ta mémoire. Merci.

    Réponse

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