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Épisode 70 – La Grande Traversée de La Réunion

Jour 1 – UN NOUVEL ESPOIR
25 avril 2016 – 06.00
Mon réveil sonne. 
Pendant une minute je ne sais pas où je suis… phénomène qui arrive souvent quand vous voyagez beaucoup et changez de place fréquemment…
Je suis dans une chambre d’hôtel?!?
Ça me revient! 
La veille en arrivant à St-Denis j’avais décidé de me gâter un me payant une belle chambre. Après 25 jours de cavale à dormir dans les endroits les moins cher, plus souvent qu’autrement dans des dortoirs, et avec 13 jours de randonnée qui m’attendaient, j’avais décidé de me payer un peu de confort; chambre à moi tout seul (oui!!!), bain, douche avec eau chaude, air climatisé, piscine, TV… Le gros luxe quoi…
Tous mes trucs étaient éparpillés sur le lit. La plupart allaient se retrouver dans mon gros sac qui resterait à l’hôtel, tandis que les éléments essentiels pour le trek prendraient la direction de mon petit sac de randonnée. 
J’avais encore en mémoire mon sac beaucoup trop lourd pour le Tour des Cirques (épisode précédent). Tout me semblait essentiel… mais je décidais de faire des économies de bouts de chandelles. Plusieurs bouts de chandelles feraient plusieurs chandelles économisées non?!? 
Trop de bandages dans mon kit médical… Out… 3 sous vêtements au lieu de 5… 1 seule paire de bas au lieu de 3… j’en entend déjà dire ouache… les bas ont 2 cotés non?!?… ça fait comme 2 paires de bas ;-)… imperméable?!? Même quand il ne pleut pas je suis détrempé de sueur… pourquoi je mettrait un imperméable quand il pleut… pour garder la sueur sur mes vêtements?!? Out… Le livre Lonely Planet La Réunion… allez hop je prenais quelques photos des pages importantes sur mon iphone… et puis Out… Mon livre « Le Pèlerinage » de Paulo Cuelho racontant son périple sur le Chemin de Compostelle… ahhh ça je le garde… au moins jusqu’à ce que je le finisse… ensuite Out. 
Au lieu d’un piano, je portais maintenant une boule de quille. Dire que j’avais marché 30 jours au Népal avec un sac léger comme une plume. Il faut croire que je vieillissais et que je devenais capricieux et/ou plus faible. 
Comme à mon habitude juste avant de commencer une aventure un peu folle, mon cerveau essayait de me faire peur en trouvant toutes les raisons inimaginables pour ne PAS entreprendre mon périple. Même après avoir fait bon nombre de trucs stupides, j’ai toujours de gros doutes avant de commencer une nouvelle aventure… c’est dans la nature humaine. J’écoutais ses craintes sans y accorder trop d’importance. 
Par un matin déjà nuageux… je me lançais. Je ne pouvais pas être plus éloigné des montagnes en partant du niveau 0 mètre d’altitude juste à coté du Barachois, l’esplanade de bord de mer de St-Denis. 

  
J’aurais très bien pu opter pour la facilité et prendre un bus pour un peu plus haut, mais dans mon livre à moi ça aurait été tricher. J’allais marcher l’ile au complet dans toute sa longueur de l’océan Indien… jusqu’à l’océan Indien. 
Je traversais St-Denis de long en large pour me rendre jusqu’au début du sentier. Vous auriez dû voir la scène… lundi matin… 1er jour de travail de la semaine… tout le monde habillé en chemise/veston/cravate… et moi habillé en randonneur puant… ça sonnait très drôle dans ma tête. Je me sentais comme dans le film « un indien dans la ville ». 
Peu importe, je continuais mon petit bonhomme de chemin sur la rue principale où se succédaient les beaux bâtiments en bois datant de l’époque coloniale. 

      
La montagne se rapprochait tranquillement mais surement… pour finalement se dresser devant moi. La récréation terminée, il fallait maintenant se mettre au travail… elle n’allait pas se monter toute seule…
Je me trouvais alors à 50m d’altitude… mon gite pour la nuit se trouvait à 1839m… ouch… Durée prévu… 7 heures…
Pour seul guide dès maintenant, et jusqu’à l’autre bout de l’ile, les petits drapeaux du GR R2 (Grande Randonnée Réunion no.2), le numéro du sentier de la Grande Traversée, composés de 2 bandes horizontales; l’une blanche et l’autre rouge. Ceux-ci se trouvaient sur les arbres, roches, etc. dans les sentiers. 
1er objectif, La Brulé, à 5.5km et 750m plus haut, petit village où j’avais repéré une épicerie et où je ferais des provisions. 
Une pluie fine m’accueillait sur le sentier pour faire sur que tout soit bien mouillé et glissant. Heureusement pour moi, le sentier avait une pente très douce… parfaite pour une journée de rodage.
Après quelques kilomètres, le bruit des voitures et de la ville avait fait place au bruit des ruisseaux et des oiseaux. 

                  
Tout au long de ce sentier, je me faisais dépasser par des petits vieux faisant leur exercice matinale. Si vous n’aviez pas encore compris, les gens sont très en forme à La Réunion et tout tourne autour de la randonnée. À ma décharge, ils n’avaient pas à porter une boule de quille. 

      
10.00 pile poil – J’arrivais à La Brulé. J’y étais accueillis par une magnifique forêt de bambou… mais malheureusement pour moi, l’épicerie identifiée sur la carte avait dû fermer boutique il y a une décennie de cela. Je trouvais une petite cabane en bois vendant quelques pacotilles… avec un attroupement d’hommes buvant de la bière… à 10h… un lundi matin… belle vie les gars. Je dis souvent « il est midi à quelque part dans le monde »… mais il y a des limites.
Il faut savoir que ce village était desservi par un bus de ville de St-Denis. Comme la plupart des gens faisant la Grande Traversée, j’aurais très bien pu éviter ce segment de sentier… mais je suis ici pour marcher… autant bien marcher toute la distance. 
Je passais mon chemin. Comme tant d’autres avant, ce petit village allait aussitôt s’effacer de ma mémoire…
De retour sur le sentier, mon nouvel objectif se nommait Camp Mamode à 6km et 600m plus haut.
Je passais dorénavant le plus clair de mon temps à alterner mon regard entre le sentier glissant et le ciel. Je m’étais pris une gigantesque toile avec une toute aussi gigantesque araignée dans la figure un peu plus tôt. N’ayant pas trop aimé l’expérience et ne désirant pas la renouveler, j’avais décidé d’être vigilant. 

Je m’amusais aussi à reprendre ma respiration, me plaindre du point de mon sac… et le plus amusant d’entre tous… mettre un pas devant l’autre. 
Pit stop au Camp Mamode (1200m d’altitude) sous les coups de 11.30. C’était la fin de la route. En d’autres mots, pour ceux qui avaient une voiture et qui était lâches, il était possible de monter jusque là et commencer à marcher par la suite…
J’allais y manger mes magnifiques sardines achetés un peu plus tôt à La Brulé… des sardines sans pain puisque le dépanneur n’en avait plus… un vrai régal… 
Ne me restait alors que 6km et 600m d’ascension. Le paysage avait alors changé du tout au tout. Je me retrouvais dans la jungle… et j’avais des points de vue sur la Cote et l’océan Indien à tout moment. En contrepartie, le sentier était dorénavant hyper glissant et boueux… 

            
Je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais à un certain moment lors de cette montée et pour la première fois depuis mon départ de Dubai, j’étais devenu serein. Fini les plaintes à propos du poids de mon sac ou sur l’état de mes jambes. J’étais simplement heureux. Probablement que mon cerveau avait finalement compris que cela ne servait à rien de me lancer toutes ces remarques… j’allais continuer coute que coute.
13.50 – J’arrivais à mon refuge, le Gite de la Roche Écrite… un beau camp en bois rond (pas vraiment rond… mais vous voyez l’idée) à 1839m.

      
Le 1er jour de randonnée était dans la poche. Résultat des courses; 20km de marche, +1839m de dénivelé positif et très peu de descente. Pour la 1ère fois depuis le début de mon voyage, j’avais les jambes et la motivation pour en faire plus… mais j’allais me garder une petite gêne et profiter d’un repos bien mérité.
Il fallait célébrer… 
Garçon! Une bière bien froide SVP!

  
Le soir venu, le repas partagé avec tous les autres randonneurs dormant dans le gite sur une seule grande table fut l’un des moments forts de la journée. Avant la fin du repas, tout le monde avait raconté sa petite histoire et était devenu copain. Il faut savoir que tous les gites fonctionnent comme cela à La Réunion. Les tables individuelles ça divise, alors que les grandes tables ça uni… une idée à répéter ailleurs.

Jour 2 – EN ÉQUILIBRE
26 avril 2016 – 04.00
Le réveil sonne et je n’essai même pas de le snoozer. J’enlève ma couverture et je suis immédiatement prêt à partir en ayant dormi avec tous mes vêtements sur le dos. 
Direction le sommet de la Roche Écrite, 4km et 400m plus haut, pour y admirer le lever du soleil.
Trop confiant après mon ascension de Piton des Neiges de nuit en solo il y a quelques jours (épisode précédent)? Je ne sais pas mais l’ascension de ce matin/nuit était tout sauf amusante. Il n’y avait personne d’autre que moi dans le sentier… et il m’était très difficile de suivre les signes dans la noirceur totale. Il y avait bien sur des traces de peintures blanches… mais elles devaient dater d’il y a au moins une décennie… comprendre qu’elles avaient presque disparues…
En fait, ce n’était pas seulement les marques blanches qui avaient besoin d’entretien… le sentier lui-même avait besoin d’une cure de rajeunissement. La nature y avait repris ses droits et mes bras et jambes y goutaient; égratignure par-ci, écharde par là, etc. 
Tout seul… dans une forêt… en pleine noirceur… le cerveau commence à imaginer des bruits partout… c’est tout le temps dans ces moments là que tu penses à des films d’horreurs. Je ne pouvais pas penser à « Good Morning Vietnam » ou autre classique de la comédie… Non… je pensais au très mauvais film « Blair Witch Project »… vous savez le film où les gens sont poursuivis par des choses dans la forêt en pleine nuit.
Ça y est, je pensais être suivit… 
Calme-toi… rappelle-toi qu’il n’y a pas de prédateurs sur l’ile… que des grenouilles… hehe…
J’atteignais le sommet de la Roche Écrite (2227m) tout juste à temps pour le lever du soleil… gracieuseté du détour que j’avais pris dans un étang avec de l’eau (boue) jusqu’au-dessus des bottes… mon petit doigt me disait que ce n’était pas le sentier…
J’avais le Cirque de Salazie à mes pieds en étant au sommet de la paroi rocheuse le ceinturant. Sans aucun garde fou, l’endroit n’était définitivement pas pour ceux qui avaient peur des hauteurs… 
Quelle vue…

                                  
Le soleil aussitôt levé qu’une course contre la montre s’enclenchait pour être de retour au refuge avant 08.00… et la fin du petit déjeuner. 
J’atteignais le refuge à 07.40… non pas sans avoir accéléré l’allure… et m’être planté d’aplomb dans un buisson juste avant d’arriver. Excès de confiance? Probablement… mon genou gauche allait s’en rappeler pour quelques jours. Au moins cette petite frousse allait me rappeler qu’il ne fallait jamais relâcher sa garde jusqu’à la toute fin. « Être presque arrivé » ne veut pas dire « être arrivé ».
8km en montagne au réveil avec absolument rien dans l’estomac… même pas de l’eau puisque je n’avais pas apporté de bouteille… c’est ce que j’appelle un bon échauffement… ou être stupide…
8.15 – Sous un ciel bleue, je me lançais en direction de Dos D’âne, ma destination du jour, quelques 10km plus loin.

              
Ce qui avait commencé comme une sympathique petite promenade dans la jungle s’était peu à peu transformée en une sorte de « boot camp », à monter et descendre brusquement, se contorsionner pour passer sous des arbres morts, etc. 
La jungle était devenue de moins en moins dense et le paysage s’ouvrait devant moi. Je me retrouvais à marcher sur l’étroite arrête sommitale du rempart rocheux ceinturant le Cirque de Mafate… immédiatement en contrebas sur ma gauche. Cette section de sentier ne pardonnait pas puisqu’un tout petit faux pas me mériterait un allé simple… et très rapide vers le fond du cirque plus de 1000m plus bas. 

                        
Imaginez, je marchais par temps sec et je n’arrêtais pas de me planter… dans les arbustes sur ma droite. Au prix d’une collection de scratchs qui ne faisait que grandir, j’allais au moins survivre à cette journée. Je n’osais imaginer combien dangereux ce sentier pouvait être par temps pluvieux.
Peu importe, la vue était grandiose…
Dans un détour de l’éreintante descente finale, Dos D’Âne sortait de la brume. Avec une multitude de champs, il s’agissait vraisemblablement de l’un des garde-mangers de l’ile. Accessible par la route et tout juste à l’extérieur du Cirque de Mafate, Dos D’Âne agissait aussi comme l’une des principale porte d’entrée dans le cirque de Mafate.

    
12.00 – Complètement exténué après m’être levé à 04.00 et avoir marché 20km, monté +600m et descendu plus de -1200m, je n’étais pas au bout de mes peines. Le gite que j’avais réservé était introuvable… et le village était désert. Après avoir littéralement marché 3 fois le village de bord en bord, j’apercevais un minuscule écriteau qui m’avait jusqu’alors échappé. 
Voilà… j’avais trouvé Le Gite des Acacias. Décrit comme étant un véritable havre de paix par le Lonely Planet, c’est bien la seule chose que je n’y ai pas trouvé. On aurait dit une maison de fous. À partir du moment où je suis arrivé, jusqu’au moment où j’ai fermé les yeux (et encore), le propriétaire des lieux n’a jamais arrêté de parler… parlant très rapidement en créole… je ne comprenais PAS UN MOT. Ajoutez un enfant qui criait tout le temps et une femme qui écoutait l’émission « Top Modèle » (ça existe encore?!?) hyper fort pour enterrer la voix de son mari et vous avez une petite idée de oh combien reposant était mon havre de paix.  
Au moins nous avions une vue imprenable… mais brumeuse… sur la Cote et l’océan Indien en contrebas. 
J’étais le seul à dormir à mon gite ce soir :-(… mais au moins mon hôte m’avait ouvert une bouteille de vin rouge bordelais :-)… incluse dans le prix du souper… que je me faisais une joie de terminer… hic…

      

Jour 3 – TOUT CE QUI DESCEND… DOIT REMONTER
27 avril 2016 – 08.00
C’est avec un petit (gros) mal de crâne que cette journée commençait. N’empêche, beaucoup d’eau, ma boule de quitte encore gluante sur le dos et je prenais la direction de Aurère. 
À peine quitté Dos D’Âne que je rentrais officiellement dans le cirque de Mafate, et du même coup dans la réserve protégée par l’UNESCO. 

Première épreuve de la journée, descendre tout en bas de la vallée jusqu’à la Rivière aux Galets. J’étais assurément le 1er à passer par le sentier depuis un moment puisque je me tapais une tonne de toiles d’araignée dans la figure. Somme toute une descente longue, mais assez facile, comportant tout de même quelques sections nécessitant cordes et échelles.  
  J’étais maintenant à marcher dans le lit de la rivière. Toutes ces montagnes qui paraissaient minuscules hier lorsque je marchais sur l’arrête sommitale, ressemblaient maintenant à des géants insurmontables en étant au plus profond du cirque. 
Après avoir joué au funambule sur des roches glissantes pour traverser la rivière… 1, 2, 3 fois… en manquant prendre une saucette non désirée à quelques reprises, c’était maintenant inévitable… la haute voltige n’était plus possible, je devais me mouiller les pieds… un mal pour un bien si vous voulez mon avis… mes pieds devaient être très content de pouvoir respirer autre chose que la senteur infecte de mes bottes. 

   
   
   
Le sentier ne voulant pas se brancher de quel coté de la rivière il voulait être, je répétais l’expérience 6 autres fois. J’avais joué à « déchausse, mouille, sèche, chausse » 2 fois déjà quand j’ai finalement compris; je n’allais pas remettre mes bottes tant et aussi longtemps que le sentier ne monterait pas dans la montagne… la solution magique se nommait « flip flop ». 

  
Chaque passage dans la rivière était une loterie… le courant était assez fort pour faire chavirer quelqu’un n’étant pas solide sur ses pieds… hop et le pied pouvait partir… et vous vous retrouviez à la flotte… 
11.20 – Je quittais définitivement la rivière pour commencer à monter dans les hauteurs. Mon GPS affichait une altitude de 290m… et je devais me rendre jusqu’à 1000m… avec encore 4.2km à faire…  

   
    
    
   
    
Le sentier à flanc de montagne avait une vue spectaculaire de toute la vallée, de la rivière plus bas et des montagnes environnantes. J’allais devoir me trouver de nouveaux synonymes pour le mot « beau » et vite puisque j’étais seulement au jour 3 de ma randonnée et je commençais déjà à en manquer. 

L’ayant eu relativement facile jusque là, les choses devenaient vraiment sérieuses avec 2 km à faire; il y avait un pan de murs sur ma gauche et celui-ci devait se trouver sous mes pieds avant que j’arrive à destination.
Mon sourire, qui n’avait pas quitté mon visage depuis la rivière, c’était peu à peu transformé en une bouche grande ouverte qui recherchait désespérément de l’air frais. J’avais alors l’impression que toute l’eau que je buvais se retrouvait immédiatement à perler sur mon front ou sur mon chandail.
Il était désormais 13.30 et Aurère était en vue. Perché sur un plateau avec un piton juste à côté et des vallées plongeantes sur tous les autres cotés, mon petit doigt me disait que je n’avais pas fini de monter et descendre… mais bon, c’était pour un autre jour. Je déposais boule de quille sur le coin de mon lit et je me mettais à la recherche des 2 choses que je désirais le plus au monde à ce moment précis; une douche chaude et une bière froide.
Somme toute, la journée avait été relativement facile avec 13km de marche réparti sur 5h30, +900m de monté et -850m de descente. J’avais encore de l’énergie pour continuer, mais ça ne servait à rien de marcher plus longtemps puisque les nuages avaient maintenant recouvert tout le paysage. Au mieux ce serait brumeux, au pire brumeux et pluvieux. De toute façon, avec ce genre de sentier casse-cou, il valait mieux s’arrêter avec encore un peu d’énergie que de pousser trop et…
Un repos allait aussi être bénéfique pour mes blessures de guerres; mon mollet gauche, mon genou droit, ma cheville droite et mon pied droit montraient tous des signes de fatigue évident. 
Aurère était un très charmant petit village. Sans route (il n’y a pas de route dans le Cirque de Mafate… dois-je le rappeler), je ne sais pas comment l’expliquer, mais j’avais l’impression d’être dans « La Conté » du « Seigneur des Anneaux »… le village des hobbits. De la brume, de la musique reggae jouant en sourdine au loin et le bruit des oiseaux… c’était ça la vie… pour aujourd’hui…
Fin de journée après une longue randonnée… je sirotais une bonne bière au « bar » du coin (cabane en bois avec une table dehors)… ok… je l’avoue… j’en étais à ma 2ème… à Aurère… la route la plus près étant à 6 heures de marche… l’un des endroits les plus reculés de La Réunion… elle-même une ile perdue au milieu de nul part dans l’océan Indien…
Qu’est-ce que j’entend?!?
« Caliss de Tabarnak »
Je me dressais sur ma chaise aux aguets… 
NON… pas possible… 
Je me retrouvais nez à nez avec une équipe québécoise en tournage pour l’émission « Port d’attache » sur TV5. Son animatrice, Sophie je-sais-pas-le-nom-de-famille, me racontait le synopsis de l’émission (13 épisodes, 13 iles… Bali, Réunion, Comores, etc.)… je lui racontais mon histoire… 
Elle était complètement jalouse de ma vie… et j’étais hyper jaloux du fait qu’elle soit payée pour voyager…
Comme quoi l’herbe est toujours plus verte chez le voisin…

Jour 4 – BIENVENUE À ZOT
28 Avril 2016 – 07.30
Aujourd’hui je continuais ma découverte du Cirque de Mafate. 
Comme un con, j’avais écouté ce qu’on me recommandais en ce qui concerne les différentes étapes à faire pour boucler la Grande Traversée. Résultat; je me retrouvais à faire une randonnée de seulement 8km aujourd’hui. Toujours regarder le kilométrage entre les différentes étapes avant de booker les refuges/gites. 
Je marchais en forêt aux sons des oiseaux et des multiples points de vue sur les montagnes. Je passais « Ilet à Malheur », un village tout aussi charmant que Aurère, mais dans un cadre plus enchanteur. Ilet à Malheur était un nom créole datant de la colonie et des esclaves en fuite. Cela voulait en fait dire « Il porte malheur », « Ilet » étant un raccourci pour dire « il est ».   

   
 La journée était sans trop d’histoire; j’atteignais le sommet d’une montagne, simplement pour la redescendre de l’autre coté… et ainsi de suite… les canyons se succédaient. 

   
 
    

 

     
  
À 11.30 j’étais arrivé à Grande Place, ma destination du jour. Contrairement à Aurère et Ilet à Malheurs, Grande Place était tout sauf charmant. En fait, il n’y avait pas de village à proprement parlé, que des maisons disposées aléatoirement sur un flanc de montagne.
En revanche, j’avais touché le gros lot avec mon gite « Le Pavillon », un superbe complexe de 4 bâtiments installés sur un promontoir offrant une vue imprenable de la vallée et des montagnes. Le genre d’endroit qu’on ne voulait jamais quitter…
   
 
Au-dessus de l’entrée se trouvait une grosse affiche « Bienvenue à Zot ». 
Zot?!? 
On m’expliquait alors que Zot signifiait « vous/étranger » en créole… cela voulait donc dire « Bienvenue aux étrangers ».
12.00 – Après un snack bien mérité, il n’était pas question de me reposer tout de suite. Je laissais boule de quille se reposer… et sécher… au refuge et partais m’aventurer dans les montagnes environnantes… jusqu’à ce que je me bute à un sentier fermé. Avec la chaleur devenue suffocante, je décidais de couper court et de rentrer sagement au bercail. 
Ce sentier fermé était sensé être celui que j’allais prendre le lendemain. On m’expliquait alors que le sentier n’était plus praticable en raison d’éboulements multiples survenus dans les dernières semaines. J’allais donc devoir trouver un plan B pour le lendemain. 
Le sommaire du jour était donc 10-11km de marche, avec un chiffre conservateur de 700/800m de montée et de descente.
Je passais la fin de journée assis paisiblement sur une roche dans le pâturage juste au-dessus de mon gite. Les 2 chèvres broutant à proximité me faisaient sentir que je n’était pas le bienvenue… mais je m’en foutais… je leur disais « charge moi et je te transforme en ragou »…

     

  

   

J’admirais les montagnes et regardais les nuages quitter tranquillement le cirque alors que la nuit commençait son quart de travail. Je me sentais tout petit devant toute cette grandeur. On raconte que les 3 Cirques de La Réunion (Cilaos, Salazie et Mafate) ont été crée il y a 200 millions d’années lorsque les flancs du volcan Piton des Neiges, alors un volcan actif, se sont effondrés. Si mes notions très sommaire de géologie sont exactes, les cirques sont donc l’ancienne caldeira du volcan.
Contrairement aux Cirques de Salazie et Cilaos, qui sont des vallées entourées de gigantesques parois rocheuses sans véritable montagne dans leur milieu, le Cirque de Mafate est extrêmement accidenté avec de grosses montagnes séparant le Cirque en multiples petites vallées. 

Jour 5 – DÉTOUR… PAR LA ROUTE PANORAMIQUE
29 Avril 2016 – 07.30
Quelques options s’offraient à moi pour la randonnée d’aujourd’hui. Je devais rallier Grande Place, mais le sentier principal était fermé en raison d’éboulements. 
Je choisissais l’option la plus longue, mais qui devait me donner les plus belles vues; j’allais contourner complètement la vallée en longeant la paroi du Cirque. 
Le même refrain que les jours d’avant, j’allais devoir descendre dans le fond d’une vallée pour mieux remonter de l’autre coté…

    

  

  

     

08.30 – Ayant atteint le fond du canyon, mon purgatoire allait commencer. Par une journée sans nuage, je montais une paroi abrupte, interminable et exposée au soleil… sans la moindre zone d’ombre. Avec ces marches en plein soleil, Dieu avait peut-être finalement décidé de me faire pardonner tous mes pêchers… si oui, c’est lui qui allait finir par trouver le temps long…

  
Ajoutez à cela que pour la 1ère fois du voyage, mon iphone m’avait fait une petite frousse en cessant de fonctionner durant une bonne heure. Pour ceux qui ne le savent pas, mon IPhone est comme le ballon Wilson pour Tom Hank dans le film « Seul au Monde »; c’est mon meilleur ami, mon confident (j’y écris tous mes épisodes) et ma mémoire visuelle (je prend toutes mes photos avec). N’ayant pas fait de sauvegarde sur mon Mac depuis le départ, je pensais à tout ce que j’avais perdu. J’étais tellement contrarié que j’avais été hyper bête avec 2 randonneurs que j’avais croisé et qui ne demandaient qu’à piquer une jasette. Heureusement pour moi, il s’est remis à fonctionner comme par magie après un certain temps. C’est si beau l’amour entre un homme et une machine… Ahhhh…
Rangez les violons…
J’en étais où… ahhh oui, à suer toute l’eau de mon corps sur le mur rocheux que certains pouvaient oser appeler « sentier ».
En ayant fini avec mes pêchers, j’étais récompensé en me retrouvant à marcher dans un canyon hyper étroit et… à l’abri du soleil. 
J’atteignais ensuite un étrange petit village du nom de Ilet des Orangers. Cherchant les orangers, je n’y trouvais que des champs de maïs à perte de vue. Il était peut-être temps de rebaptiser l’endroit pour Ilet aux Mais?!?
Le temps mort avait été de courte durée. Je me retrouvais à nouveau avec un mur de tous les cotés devant moi. Mon petit doigt me disait que je n’avais pas fini de monter… et il avait raison. 

      
Je me retrouvais dans un canyon étroit… surnommé La Brèche… avec de grosses roches partout. Mon petit doigt me soufflait à nouveau à l’oreille que toutes ces roches n’étaient pas arrivées là par magie… qu’elles provenaient très vraisemblablement de la paroi au-dessus de ma tête. Je me trouvais hyper chanceux d’avoir un petit doigt aussi intelligent… et j’accélérais le pas.  

Midi pile, j’étais acceuillis au sommet de « La Brèche » (1295m) par un vent glaciale. J’avais une vue en contreplongée sur une bonne partie du Cirque de Mafate. Je pouvais apercevoir la randonnée que j’avais faite durant les 2 derniers jours sur la gauche; Grande Place, Aurère et Ilet à Malheurs, et ma randonnée des 2 prochains jours sur ma droite; Roche Plate, Marla et le Col du Taibit. 

            
Grande Place et les montagnes qui me paraissaient si grandes hier après-midi étaient maintenant toutes petites en-dessous de moi. On pouvait aussi voir les multiples hélicoptères à l’oeuvre à transporter les marchandises jusqu’aux différents villages du Cirque. Je remerciais intérieurement ce sentier fermé entre Grande Place et Roche Plate qui m’avait forcé à prendre ce détour. J’étais sans aucun doute sur le sentier panoramique par excellence du Cirque.
Allez… il n’était pas encore le temps de célébrer. En quelques minutes, la météo était devenue extrêmement instable; le ciel s’était couvert, il pleuvait et je pouvais entendre le tonnerre gronder. N’empêche, ma journée de travail était presque terminée… et l’eau était accueillie en sauveur par mon corps en surchauffe.
À 13.00, j’avais atteint l’épicerie de Roche Plate et la pluie s’était installée pour de bon. Il était grand temps de changer d’activité… à la bière. 
En 5h30, j’avais parcouru 13km, monté +1300m et descendu -800m, pour me situer dorénavant à 1150m d’altitude. 

      
Encore bien tombé, mon gite du jour était avantageusement situé dans les hauteurs de Roche Plate et m’offrait une vue impressionnante sur de tout le Cirque de la terrasse.

Jour 6 – JE N’AI PAS D’IDÉE POUR LE NOM DU JOUR
30 Avril 2016 – 07.30
Ayant pris la poudre d’escampette de mon gite… le repas d’hier avait été infecte, je ne voulais pas goûter à son déjeuner… j’étais déjà sur le sentier à marcher en direction de Marla… le ventre vide, mais les jambes qui ne faisaient pas trop mal (pas trop mal = super).
Sur ma droite…

une gigantesque paroi rocheuse infranchissable… le périmètre du Cirque… je me sentais comme dans « The Maze Runner »… vous savez ce mauvais film où des ados sont dans un labyrinthe géant…

    
Sur ma gauche…

un paysage très accidenté… espérons que le sentier n’aurait pas la mauvaise idée de s’y aventurer…

            
Derrière moi…

il m’était devenu impossible de voir les endroits où j’avais marché les jours précédents.
Devant moi…

j’apercevais Marla tout au fond avec le Col du Taibit au-dessus et le Piton des Neiges sur la gauche.
Sous mes pieds…

un sentier clairement fait de roches volcaniques…
Au-dessus de ma tête…

un ciel bleu avec quelques nuages. Espérons que ceux-ci réussiraient à cacher mon (enn)ami le soleil. 
Dans mon ventre…

absolument rien… 
Dans mes souliers…

vous voulez vraiment le savoir?!? Ok… si vous y tenez. Des bas détrempés sentant le fromage… je ne sais plus trop si c’était le jour « à l’endroit » ou « à l’envers ». 
Bref…
Arrivé au fond de la vallée, je retrouvais à nouveau la rivière aux Galets au site des « Trois Roches ». À cet endroit, la rivière formait des bassins d’eau qui étaient propices à la baignade.

          
10.30 et déjà à mi-chemin de mon parcours du jour, je décidais de prendre des détours pour me ralonger…
Je passais par la mystérieuse « Plaine des Sables »… n’ayant pas de sable… et étant complètement exempte d’arbre au milieu d’une forêt dense. Site d’atterrissage pour vaisseau extraterrestre?!? Ne partez pas en peur, mais peut-être…

    
L’inévitable se produisait finalement… j’arrivais à Marla. Signifiant « beaucoup de monde » en malgache, Marla était de loin le plus gros village de Mafate au sortir de la 2ème Guerre Mondiale… mais était quasiment désert de nos jours.
J’aurais pu croire que Marla signifiait « Là où tombe la pluie » puisque pour une 2ème fois que j’y passais (épisode précédent), une 2ème fois que je j’y étais accueilli par la pluie. Qui sait… peut-être que le Cirque de Mafate pleurait mon départ?
J’avais parcouru 13km, monté +1100m et descendu -550m. 

            
Malgré des paysages moins spectaculaires que tous les autres endroits où j’avais séjoubb yrné dans le Cirque auparavant, je tâchais de m’empreigner de l’ambiance du Cirque une dernière fois. 

Jour 7 – LENDEMAIN DE VEILLE
1 Mai 2016 – 07.30
C’est complètement déshydraté, la tête dans le cul et avec le coeur sur la main que je commençais ma journée de travail.
Dans la catégorie « à ne pas faire » il fallait maintenant ajouter; en virer une au bar du village avec des locaux à coup de shooters de rhum arrangé (le rhum réunionnais… du rhum mélangé avec des fruits; goyave, citron, etc.). Il faut comprendre; c’était samedi soir, il y avait de la musique & de l’ambiance, mon gite était encore une fois désert… et j’avais soif… 

      
Après maintenant 4 jours passés à arpenter tous les recoins du Cirque de Mafate de long en large et de haut en bas, je m’apprêtais à passer (à nouveau) le Col du Taibit pour quitter Mafate et me retrouver dans le Cirque de Cilaos. Le parcours d’aujourd’hui faisait à l’inverse une parti du parcours que j’avais fait lors de ma première journée de randonnée dans les Cirques entre Cilaos et La Nouvelle (épisode précédent). 
08.20 – Moi, boule de quille et mon mal de vivre avions atteint (contre toute attente) le sommet du col de Taibit (2081m) dans un temps record. J’y étais accueillis par une vue magnifique sur le Cirque de Cilaos. Il ne me restait alors que 9km en descente…

    

          

Est-ce que mon sac était moins lourd?!?

Est-ce que j’avais pris des forces en l’espace d’une nuit?!?

Est-ce que c’était l’alcool dans mon sang?!? N’empêche, mon sac était beaucoup plus léger qu’à l’habitude. J’en venais même à penser que j’avais oublié quelque chose… mais tout était là… sauf ma tête.
11.00 – 13km, +550m et -850m après avoir sorti de mon lit ma carcasse imbibée d’alcool, j’étais à monter la dernière marche qui me menait à Cilaos. 
J’allais pouvoir renouer avec la civilisation l’instant d’une demi-journée.

Jour 8 – ASCENSION
2 mai 2016
Je quittais Cilaos aux premières lueurs du soleil… donc vers 08.30. À l’ombre du géant Piton des Neiges, les premiers rayons atteignent Cilaos sur le tard. 
Pas de mal de tête, pas (à peine) d’alcool dans les veines, les jambes aussi fraiches que des jambes peuvent l’être après 7 jours de marche… donc pas très fraiches… j’étais prêt à m’attaquer à la 2ème section de la Grande Traversée. 
Direction la Caverne Dufour… encore…
Premier challenge; m’attaquer au mur que j’avais descendu pour revenir à Cilaos de la Caverne Dufour lors de mon dernier jour de randonnée dans sur le Tour des Cirques (épisode précédent). Je savais que cela ne serait pas de la tarte… mais j’avais la journée pour atteindre ma destination du jour. 
La vue d’aujourd’hui était complètement bouchée par les nuages durant toute l’ascension. Heureusement, j’avais eu le spectacle il y a quelques jours. 

                  
Après une montée soutenue de 10km et +1300m, j’atteignais le gite vers 12.30. Le timing était parfait puisqu’il commençait à tomber des cordes tout juste après. On pouvait voir les rafales de brume qui descendaient la montagne à toute vitesse, apportant avec eux un froid glacial. 
J’avais en tête de monter jusqu’au sommet pour voir le coucher du soleil… mais l’après-midi allait finalement se résumer à se les geler dans le refuge à regarder la pluie tomber.

Jour 9 – JOURNÉE DE MERDE
3 mai 2016 – 06.45
Il y a des jours où on ne veut pas aller travailler… comme il y a de ces jours où on ne veut pas marcher. Aujourd’hui était un jour comme cela. J’aurais aimé passer la journée au lit à écouter des films toute la journée… mais je ne pouvais pas… je devais continuer mon périple.
Il y avait un vent à glacer dans le dos et le soleil se levait à l’horizon. À peine levé que les nuages se mettaient à l’attaque. Ils n’attendraient vraisemblablement pas très longtemps pour recouvrir le ciel d’aujourd’hui. 
Complètement exténué, je quittais le refuge sans avoir monté le Piton des Neiges un seconde fois. 
Pour dire vrai, mon estomac avait pris la décision pour moi. Une nuit blanche passée dans la salle de bain du gite avait cette capacité de convaincre même les hommes les plus déterminés. 
Parti le ventre vide… puisque je ne pouvais rien avaler, j’allais manger 20km plus loin une fois arrivé à destination. 
Après 8 jours passés autour des Cirques, je quittais définitivement les Cirques et le Piton des Neiges pour me diriger vers le Sud de l’ile. Je me retrouvais à marcher dans un paysage composé de toundra vert délavé à perte de vue, sur un sentier extrêmement glissant… qui demandait une concentration de tous les instants pour négocier toutes les roches… concentration que je n’avais pas. 

                
Je décrirais la marche d’aujourd’hui comme marcher sur une patinoire en flip flop… aucune adhérence… avec le pied qui pouvait partir à tous les instants…
Comme si ce n’était déjà pas assez, une pluie diluvienne s’abattait sur moi et ne me quittais plus jusqu’à mon arrivé à destination… 5 heures plus tard. J’étais trempé jusqu’aux os… mais je ne pouvais pas arrêter puisqu’il n’y avait pas d’abri et pas âme qui vivait à des kilomètres à la ronde sur cette partie de l’ile. Mon cerveau pensait constamment à l’imperméable que j’avais retiré de mon sac à la dernière minute à mon départ de St-Denis; « ton imper t’aurais au moins tenu au chaud… »… Shut cerveau… ça ne m’aide pas à avancer… aide-moi plutôt à faire cesser ces dents de claquer de froid… 
Je n’arrêtais pas de me répéter que les mauvaises journées étaient là pour être en mesure d’apprécier les bonnes… mais cela ne suffisait pas. Je voulais cette journée de marche terminée et tout de suite.
J’avais perdu pied une bonne demi-douzaine de fois… à chaque fois mon pied partait, mes yeux devenaient tout rond, mes bras se mettaient à danser… et je reprenais mon équilibre par magie. Le sentier me réservait cependant de nouveaux pièges. On m’avait raconté à Cilaos de faire bien attention à cette section de sentier puisqu’il y avait des trous de boue d’une profondeur pouvant aller jusqu’à 1/2 mètre…
Ma réaction intérieure lorsque la personne m’avait parlé de ces gigantesques trous de boue; « ouais ouais… des trous de boue géant… tu me prends pour un con… »
Eh bien, j’avais dû ravaler mes paroles et donner raison à cette personne au moment où j’ai mis le pied dans l’un de ces trous…
L’effet de surprise fut total… un trou de boue qui ressemblait à tous les autres que j’avais déjà franchis… et puis boum… je me retrouvais avec une demi-jambe toute brune… et j’avais maintenant peur de mettre les pieds sur quelque chose d’autre que des roches…

            
Tic Tac… 08.00, 09.00, 10.00, 11.00… Sentier de merde, température de merde et paysage de merde… pas de doute, c’était une vraie belle journée de merde.
Puis… sans avertissement, la toundra/jungle et les montagnes disparaissaient et je me retrouvais à marcher dans des pâturages. Je marchais désormais entre les ballots de foin et les vaches… vaches qui mâchaient leur foin et semblaient me regarder en se disant « il est vraiment con de marcher sous la pluie… »

  
Puis je me retrouvais à marcher sur le bord de la route avec les voitures qui faisaient tout en leur possible pour ajouter une couche d’eau sur mon corps déjà imbibé en ne ralentissaient pas en passant à coté de moi… 
J’atteignait finalement Bourg Murat sous les coups de 12.30. 
Après une marche de la mort de 5 heures sous la pluie… j’avais décidé de me gâter… en allant manger dans le restaurant le plus en vue du village (mon Guide disait que c’était à ne pas manquer).
Vous auriez du voir la scène; moi, randonneur détrempé et couvert de boue, entrant dans un restaurant huppé… avec des nappes blanches et de la coutellerie en argent sur les tables… et plein de vieux couples qui me regardaient avec des points d’interrogation dans les yeux. Oui moi, le clochard… j’allais manger là. Après tout, il n’était jamais trop tard pour le 1er repas de la journée. J’osais même à prendre les chaises d’une autre table pour faire sécher mes vêtements… hehe.
Comme si tout le monde s’était donné le mot pour me faire passer une journée de merde, le restaurant avait le pire code pour le wifi EVER. Premier wifi que je rencontrais depuis le départ de ma randonnée 9 jours plus tôt, le code était la seule chose qui me séparait d’enfin donner un signe de vie à ma famille… grrrrr…

  
Résultat du jour, j’avais marché 22km, monté seulement +200m et descendu -1000m.
Je me retrouvais à Bourg Murat pour la nuit, petit village sans histoire. Rien ne laissait présager que j’étais à un peu plus de 20km du sommet d’un des volcans les plus actif au monde. 

Jour 10 – LA CONVENTION ANNUELLE DE LA BOUE
4 mai 2016 – 09.00
Jour de célébration… c’est le premier jour où je n’avais pas à mettre de bandage en préparation pour la marche… Hip Hip Hip… un petit pas pour l’homme, mais un très grand pas pour moi. 
Je remettais mes short/t-shirt/bottes encore souillés de la veille… moins hip hip hip… et je reprenais la route.
Nouveau jour, même rengaine; un pas devant l’autre. Direction le Gite du Volcan… par un matin brumeux, mais pas pluvieux…
Je me promenais dans les pâturages encore un bon moment… avec une bonne odeur de merde… avant de m’enfouir à nouveau dans la forêt par un petit sentier sinueux. 

                  
Beaucoup de tortues et le désormais classique des toiles d’araignée dans la figure… mais pas de sangsue… c’était ça l’important. Le défi d’aujourd’hui; éviter les trous de boue. On va le dire franchement; c’était un vrai festival de bouette… la convention annuelle de la bouette… le un sentier était COMPLÈTEMENT défoncé. 

                        
Je n’avais jamais vu ça. J’avançais à pas de tortue dans des champs de boue. Après un certain moment, j’arrêtais d’essayer d’éviter la boue… ça n’avait pas trop bien marché et je m’étais fait mal à marcher dans les buissons sur le coté. J’allais maintenant privilégier la méthode directe… je laverais mes jambes/bas/bottes plus tard…
Les 9 derniers km passaient en coup de vent (un coup de vent très lent) sur un sentier de roches volcaniques… sec.
Le gros désavantage avec la randonnée à La Réunion c’est que tous les panneaux d’indications inscrivent le « Temps » et non la « Distance ». C’est un peut frustrant quand on vous dit 20 minutes et que vous n’êtes toujours pas arrivé après 40 minutes. Le temps est variable selon les personnes, alors que la distance.. c’est la distance. Ils sont con c’est français. 
Non sans être préalablement passé par une étrange plaine aux apparences lunaires, j’arrivais finalement au Gite du Volcan à 15.45.

      
J’avais mis 6h30 à parcourir les 25km, +800m d’ascension et -200m de descente. Encore aujourd’hui, j’avais été tout fin seul sur le sentier. 
Ce soir j’allais être entouré de touristes et non de randonneurs dans un Gite de Montagne pas vraiment gite de montagne puisqu’il était accessible par la route… triste.
Je termine cette journée avec ma montée de lait mensuelle. Vous auriez l’idée de dormir dans un dortoir avec votre nouveau née? 
Non… C’est bien ce que je pensais… 
Eh bien j’avais le plaisir de partager mon dortoir de ce soir avec un couple et leur nouveau née. Tu réserve dans un dortoir de 12 personnes avec ton bébé naissant?!? Ça va pas la tête?!? Le gite offrait des chambres privées… 
Ce qui devait arriver arriva; le bébé allait crier toute la fucking nuit.
… 
Jour 11 – LE PITON DE LA FOURNAISE
5 mai 2016
Pendant 1 seconde au souper d’hier, j’avais pensé me lever à 04.00 du matin pour monter en haut du volcan au lever du soleil… 
Eille chose… tu as déjà vu les 2 plus beaux lever de soleil sur l’ile avec le Piton des Neiges et la Roche Écrite… le volcan n’est pas du tout réputé pour ça… personne ne t’en voudra de rester couché jusqu’à 06.00. Right cerveau… pour une fois tu as raison. 
06.00 – Vent extrême mais vue dégagée…
Je voulais vraiment aller au sommet du volcan avec ce vent à écorner les boeufs? 
J’ai bien dû me poser la question 10 fois… et puis merde… Allez…
06.30 – Après un déjeuner copieux (une première depuis mon départ de Dubai)… je prenais la route du sommet.
À peine marché 15 minutes que je me retrouvais à descendre dans l’immense cratère du volcan… ils appellent cela « l’enclo » ici… les mêmes français qui traduisent en français le titre du film « Hangover » par « Very Bad Trip »… je me répète… mais cons ces français 😉

  
Une fois tout au fond, je marchais en direction de la montagne, sur un ancien océan de lave en fusion désormais figé à jamais dans le temps. On pouvait facilement différencier les différentes coulées de lave. 

              

   

  
J’étais au beau milieu d’un paysage dévasté et je me sentais infiniment petit dans cette mer de chaos… et ne pouvais m’empêcher de penser que de tous les types d’endroits sur Terre, les volcans étaient probablement les pire endroits pour les êtres humains… et que celui-ci… encore actif… était possiblement l’attraction touristique la plus populaire de toute l’ile… 
Une fois la montagne atteinte, il fallait maintenant monter jusqu’au sommet pour y admirer le cratère Dolomieu, point culminant du volcan. 
Le sentier montait en ceinturant la montagne. J’avais commencé à l’intérieur des terres pour me retrouver directement face à l’océan et à la Cote 2500m plus bas… Cote inhabité à cet endroit en raison des coulées de lave encore fréquentes.

                  
08.20 – Je me trouvais juste à bord du cratère Dolomieu à 2512m d’altitude… le coeur d’un des volcans les plus actifs au monde… mon Mordor à moi… en ayant oublié l’anneau.
Aucun doute, c’était la meilleure journée pour monter au Piton. Le vent m’avait fait le plus grand cadeau qui soit; il n’y avait pas 1 seul nuage à l’horizon… phénomène très rare au Piton de la Fournaise. 
En effet, on m’avait souvent raconté que de voir le Piton de la Fournaise était une espèce de loterie peu importe la période de l’année. La matinée n’était pas garante d’un ciel bleue comme dans les Cirques. Beaucoup de gens venaient et se buttaient à un brouillard épais. Il n’y avait pas de recette miracle; il fallait simplement monter jusqu’en haut, lancer les dés et espérer avec une paire de 6.
Je ne pouvais m’empêcher de penser que le volcan donnait une fausse impression de sécurité. Malgré la présence d’une grande quantité de touristes, nous étions sur un volcan actif qui pouvait exploser à tout moment. Il y avait des fumeroles (petites cheminées) qui s’activaient dans le fond du cratère comme pour nous rappeler que le volcan n’était pas éteint. 
On raconte qu’il y a 2 types de volcans actifs; les explosifs (dangereux) et les non explosif (pardonnez les termes non scientifiques). Le Piton de la Fournaise est considéré comme un volcan actif non explosif. Concrètement, il va entrer en éruption, mais seulement de petites coulées de lave à la fois… il n’y aura pas de gigantesques explosions. Par exemple, le Piton de la Fournaise a eu 3 éruptions jusqu’à maintenant en 2016. 
La dernière éruption majeure remonte à 2007. À ce moment là, le Piton était un cône presque parfait, le cratère Dolomieu n’étant qu’un tout petit trou. C’est alors que le volcan s’est effondré sur lui-même… le cratère devenant un gigantesque trou de 1000m de diamètre et 350m de profond… trou où je me trouvais juste à coté. Depuis, la lave a comblé 70m de profondeur. Les experts estiment que le Piton de la Fournaise sera à nouveau un cône dans 100 ou 200ans.
Pour vous montrer à quel point les réunionnais sont con… Lors de chaque éruption du volcan, des gens de partout sur l’ile se ruent autour du volcan pour admirer les coulées de lave. Je vais encore plus loin… la fin de semaine, certains réunionnais vont sur d’anciennes coulées de lave encore chaude… pour se faire des BBQ (ça prend 10ans à de la lave pour se figer complètement). Con, mais con… 
Fin de la section éducative… début de la section « truc stupide »…
Sur un coup de tête (extrêmement con… probablement les français qui dépeignent sur moi), je décidais de descendre sur la paroi (le flanc… pas l’intérieur) du volcan jusqu’à un sommet un peu plus bas. 
Seul, hors sentier, à marcher sur d’anciennes coulées de lave… sur le flanc d’un volcan actif… mon coeur battait à tout rompre. Tout pouvait arriver… je pouvais tomber dans une rivière de magma coulant sous la surface (peu probable, mais possible), etc. J’en avais fait des trucs stupides dans ma vie, mais ça c’était dans les meilleurs…

  
Il y avait pas mal de curieux qui me regardaient. Peut-être attendaient-ils le moment où j’allais disparaitre dans une crevasse…
Finalement tout se passait bien, j’atteignais le petit sommet et je remontais jusqu’au cratère principal sans problème. Une promenade dans le parc comme on dit 🙂
Passé 9.00, le sommet commençait à être rempli de touristes. C’était mon signal pour redescendre. Le sentier était alors devenu une véritable autoroute de touristes. 

            
Passé 10.00, les nuages commencaient à faire leur apparition. Bon nombre de randonneurs n’auraient aucune vue très bientôt… l’avenir appartient à ceux qui se lève tôt…

      
11.30 – J’étais de retour au gite. 
Résultat du jour; 13km de marche, +600m de montée et -400m de descente…
Pour la 1ère fois depuis le départ de la randonnée, j’allais dormir au même endroit 2 soirs de suite. J’allais enfin avoir le temps et les bonnes conditions pour avancer l’écriture de cet épisode. 

Jour 12 – LE VENT DU NORD
6 mai 2016 – 06.45
J’entamais ce matin la descente qui me mènerait éventuellement à ma destination finale; l’océan Indien… à l’extrêmement opposé de St-Denis (mon point de départ il y a 12 jours). Direction le Gite de Basse-Vallée quelques 1800m plus bas… les genoux allaient être mis à rude épreuve…
Je ne le savais pas encore, mais le lever du soleil allait être le seul moment de cette journée où je verrais le soleil. Dame Nature avait décidé de me concocter un petit quelque chose dont elle est la seule à connaitre la recette; un vent extrêmement fort & glacial et du brouillard si sombre et dense que je ne voyais pas à 2 mètres en avant de moi par moment. 
Je marchais un bon moment dans un paysage lunaire où tout se ressemblait à perte de vue… avec de multiples sentiers… pas exactement le genre d’endroit où je voudrais me perdre… il fallait donc redoubler de vigilance… 

          
Je marchais ensuite sur le rempart du cratère dans lequel j’avais marché la veille…

  
Puis plus rien… comme si j’avais perdu l’usage de la vue… tout autour de moi était devenu blanc… j’avais pénétré dans un brouillard qui ne me quitterait plus. Les rafales de vent étaient alors tellement fortes que la plupart des gens seul dans une température comme celle-là auraient rebroussées chemin ou à tout le moins été prises de panique. 

  
  
Pas moi… je me concentrais à suivre les petits drapeaux rouge et blanc du GRR2. Mes seuls moments de panique se produisaient quand je n’apercevais pas de drapeau durant 4-5minutes… et puis j’en apercevais un… et je respirais à nouveau. 
J’étais complètement frigorifié, mais j’avais les pieds au sec et le sentier n’était pas boueux… tout ce qu’il me fallait.
Passé 09.00 je commençais à descendre un pan de mur végétal de 1500m… et la pluie se mettait de la partie. Il n’y en aurait définitivement pas de facile.
Je me retrouvais alors dans une forêt toute verte… même les troncs d’arbre étaient recouverts de lichen couleur vert radioactif. Il devait pleuvoir souvent ici. Le tout donnait à l’endroit des allures de forêt enchantée directement sortie d’un conte pour enfants. À ma plus grande surprise, j’y ai croisé une vingtaine de randonneurs qui montaient… quel réconfort de savoir que je n’étais pas le seul dans ce bourbier.

              
12.30 – Mon calvaire était terminé… J’atteignais mon gite de Basse-Vallée.
Au final, j’avais marché 21km, descendu -1800m et monté +150m. Je me trouvais désormais à 600m au-dessus du niveau de la mer. J’aurais très bien pu boucler les 15 derniers kilomètres dès aujourd’hui… mais j’avais déjà réservé/payé le gite, mes genoux n’avaient aucune envi de descendre -600m de plus et il faisait un temps de cul. Je voulais aussi maximiser mes chances de terminer la randonnée sur une bonne note avec du beau temps à mon arrivé à l’océan Indien.
Anecdote qui va surement être drôle dans quelques mois… mais qui ne l’est toujours pas quelques jours après; je suis arrivé à mon gite vers 12.30… j’ai cogné… pas de réponse… j’ai alors pensé que ce gite était comme les quelques autres gites que j’avais croisé qui ignoraient les randonneurs jusqu’à 15.00 (heure typique d’arrivé) pour ensuite ouvrir leur porte. 
J’ai donc attendu dehors jusqu’à 15.00… en plein milieu du bois… sous la pluie. 
15.00 – Je me met à taper dans la porte… COGNER avec mes poings… crier des injures… je fais le tour du gite… j’essai de rentrer par une fenêtre… rien ne marche. On dirait qu’il n’y a personne à l’intérieur… 
Il est maintenant 15.15… le village le plus près est à 2h de marche. Je peux le faire avant la noirceur… encore drôle si je réussis à me trouver un gite à cette heure si tardive… un vendredi soir…
Je remballe mes affaires et remet mes bottes mouillées… 
Je reprend la route en TABARNAK… j’ai envi de frapper sur tout ce qui bouge…
Je descends la petite route pour aller rejoindre le sentier. J’ai marché 2 minutes dans le sentier quand me vient l’idée d’aller voir à la maison un peu plus bas pour savoir si ils n’auraient pas le numéro du responsable du gite…
Je remonte à la maison… je cogne… une femme m’ouvre…
Moi – « Bonjour, j’ai fait une réservation au gite un peu plus haut… ça fait plus de 2h que j’attends dehors… je crois qu’on m’a oublié… »
Femme – « Ohhh… il fallait venir ici en premier… nous sommes les responsables du gite »…
Moi (avec des éclairs dans les yeux) – « vous êtes en train de me dire que j’attends sous la pluie depuis 2h alors que je devais passer ici pour m’enregistrer avant d’aller au gite? »
Femme – « oui c’est bien ça »
Moi – « Et qu’est-ce qui pouvait m’indiquer que je devais venir ici avant d’aller au gite?!? Ça ne vous tente pas de mettre une indication en avant du gite?!? »
Femme – « vous n’êtes pas le premier à qui ça arrive… »
Moi – (j’ai arrêté la discussion là sinon j’allais la frapper sous peu)
CR!SS de C@NNE… Excusez-là… ça aide à faire passer le morceau…
Ajoutez à cela qu’ayant mal planifié mon budget… ou bu trop de bières en chemin… je n’avais plus assez d’argent pour me payer le repas du soir :-(… Je devrais me contenter d’un déjeuner le lendemain matin. 

Jour 13 – LA DESCENTE D’HONNEUR
7 mai 2016 – 08.30
Par un ciel stable, je descendais dans une forêt noire… mais je pouvais apercevoir l’océan par le feuillage et entendre la bruit des vagues frapper le rivage. J’y étais presque…
10.15 – 15km et -600m de descente… mais surtout après 13 jours de marche… j’atteignais l’océan à nouveau. Cette fois c’était vrai; la FIN. J’avais gagné mon pari en attendant une journée pour finir; il faisait beau soleil.
Il n’y avait pas de panneau « Félicitation vous avez terminé la Grande Traversée GRR2″… non… un simple stationnement… et maintenant la vie devait continuer… je faisais quoi avant de marcher en montagne?!?

ÉPILOGUE
Ma Grande Traversée est dorénavant chose du passé. 
J’avais commencé le trek avec une forme physique suspecte et je le terminais en possession de tous mes moyens.
J’aurais facilement pu retrancher 3 ou 4 jours à la randonnée, mais chaque endroit où j’avais séjourné était spécial. Cela m’avait aussi permis de faire un tour complet et profiter à fond des paysages à couper le souffle… non pas simplement passer en coup de vent comme la plupart des randonneurs font. 
La Réunion était en quelque sorte l’échauffement de mon voyage. Je voulais éviter toute blessure inutile avant d’enligner coup sur coup le Chemin de Compostelle et le GR20 en Corse. 
Passer autant de temps dans les montagnes loin d’internet, de la télévision, etc. m’a aussi permis de me mettre en symbiose avec la nature et de considérablement ralentir mon rythme de vie. Auparavant basé sur la performance, à essayer d’en faire toujours plus avec le moins de temps possible… je profite maintenant du moment présent un point c’est tout. Fini les écouteurs en permanence sur les oreilles comme à Dubai, je prends maintenant le temps de regarder, écouter et sentir mon environnement immédiat. 
Une fois qu’on se libère du carcan que la société a bâti pour nous emprisonner jours après jours, on commence à profiter à fond de la vie 7jours sur 7. Le travail n’est pas la vie. Le travail est une invention du 21ème siècle… une nouvelle sorte d’esclavage… où les gens monnayent leur temps en échange de 1 ou 2 journée de congé par semaine.
Je ne suis pas le plus fort, ni le plus intelligent, je suis même assez stupide… mais j’ai beaucoup de détermination. Comme mon directeur à Dubai se plaisait à me dire; « you are a free spirit (tu es un esprit libre) ». Je n’ai que faire des principes établis. Comme Néo dans la Matrice, j’ai réussi à me libérer de ces chaines invisibles qui me retenaient prisonniers.
Bon… je commence à divaguer encore une fois… il est temps de conclure…
Je passe quelques jours sur la Cote pour me reposer et ensuite je met le cap sur l’Europe. 
Je serais vraisemblablement dans les Pays Basque (Espagne) lors de notre prochaine discussion. 

P.S. I – Sur la Cote comme dans le Centre de l’ile, la grande majorité des maisons ont de panneaux solaires pour s’alimenter en électricité.  
P.S. II – kékette… non je ne parle pas de ma 3ème jambe… je parle plutôt d’une bière locale… le slogan est « I love Kékette »… Les réunionnais ont un sens de l’humour tordu… j’adore…

P.S.III – Vous prendriez un bus dont le nom de la compagnie esr Marde
P.S. IIII – Budgéter une randonnée à La Réunion;
Tout d’abord, il fait savoir qu’une randonnée ici n’est pas pour les pauvres.
– Il est interdit de camper presque partout… mais beaucoup le font quand même,

– 20 euros pour un lit dans un dortoir en gite, 

– 20 euros pour un souper copieux en gite,

– 6-7 euros pour un déjeuner hyper basic,

– 5 à 10 euros pour le lunch et les fringales,
Il y aurait toujours moyen de réduire à 5-6 euros le prix du souper en mangeant des trucs en boite de conserve, mais je vous le déconseille. Vous manqueriez alors l’un des moments les plus intéressants de votre randonnée; le souper autour d’une même table avec tous les randonneurs et l’hôte du gite. 

Publié par Nicolas Pare le 10 mai 2016

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