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Épisode 93 – Araucania; entre Lacs et Volcans

1 Décembre 2016

Araucania, l’ancien nom de la région chilienne se trouvant entre la région centrale de Santiago et la Patagonie (le sud du Chili).

Nous étions dans le bus qui nous conduisait de Santiago à Talca, que Tanzi me mentionnait « Araucania… on dirait que c’est le nom d’un royaume dans « Le Seigneur des Anneaux » ». Elle n’aurait pas pu miser plus juste.

Nous apprenions quelques jours plus tard que J.R. Tolkien, l’auteur nouveau-zélandais qui a écrit « Le Seigneur des Anneaux » et « Le Hobbit », a fait plusieurs voyages au Chili dans sa jeunesse. La légende veut qu’il se soit inspiré des habitants du sud du Chili pour inventer les hobbits; petits, trapus, avec un (fort) penchant pour la fête et la boisson.

Autrefois appelé Araucania, la région fut depuis rebaptisée « Los Lagos (Les Lacs) ». De la forêt, des (tonnes de) lacs et des volcans aux sommets enneigés, c’est ce que vous pouvez trouver un peu partout dans cette région.

Nous laissions afin derrière nous les déserts et paysages arides de la cote Péruvienne, de la Bolivie et du nord du Chili. Maintenant, et pour un très long moment, nous serions entouré de vert. Des arbres, un climat tempéré, des lacs et rivières… nous avions oublié comment cela faisait du bien de se retrouver dans ce genre d’environnement. De la nature avec un grand N… ENFIN;

La région des Los Lagos fut la dernière région du Chili à être colonisé par les européens après que les Mapuche eurent finalement abdiqué en 1882, soit plus de 60ans après l’indépendance du Chili. Les villes créé avant cela furent constamment détruites par les tremblements de terre et les attaques des Mapuche.

La province des Los Lagos est aussi le lieu de naissance de Bernardo O’Higgins, reconnu comme étant l’un des pères fondateurs du Chili. Quand même drôle qu’un gars avec un nom typiquement anglais soit reconnu comme le père fondateur d’un pays définitivement espagnol.

La raison s’explique par le fait que la colonisation de cette province fut principalement faite par des immigrants allemands, suisses, autrichiens et anglais venus directement d’Europe.

Née à Chillan, en territoire sous extrême tension avec les Mapuches, O’Higgins était le fils illégitime d’un soldat irlandais qui travaillait au service de la couronne espagnole. Bernardo fut l’une, sinon LA figure de proue de l’indépendance du chili. Il commença la guerre de l’indépendance en tant que simple officier militaire chilien et la termina en tant que Général en Chef de l’armée d’Indépendance du Chili.

Il fut ensuite le Commandeur Suprême du pays nouvellement formé en 1818, et se retira volontairement du pouvoir en 1823 pour éviter une guerre civile. Il s’exila par la suite à Lima (Pérou) jusqu’à sa mort.

LES MAPUCHES POUR LES NULS

Vraiment pas aussi connus que les Incas, Aztèque, ou autre ancienne civilisation du continent américain, les Mapuches mériteraient un peu plus de considération. Après tout, ils ont résisté coup sur coup aux envahisseurs Incas et aux Conquistadors Espagnols.

Aussi connu sous le nom de Araucans, le mot Mapuche signifie « peuple de la terre ». Les Mapuches étaient des guerriers redoutables qui maniaient l’arc et le javelot comme personne et qui ont défendu férocement leur territoire. À l’arrivé des espagnols, leur territoire s’étendait de Santiago de Chile, à environ Los Angeles (Chili) sur le territoire chilien et argentinien.

Ils détruirent/envahirent plusieurs fois les plus grandes colonies espagnoles/chiliennes tels que Temuco, Talca et Santiago de Chile.

En 1880, les argentiniens et chiliens se sont livrés à une guerre de conquête pour « pacifier l’Araucanie » (en d’autres mots; chasser/tuer les natifs). Cette « pacification » tua plusieurs dizaine de milliers de Mapuches, et Patagons (tribu originaire du sud… la Patagonie), et mena à la capitulation des Mapuches en 1882. Le Chili et l’Argentine pouvaient alors compléter leur « colonisation » du continent jusqu’à la pointe sud.

De nos jours, on estime à plus de 600000 descendants Mapuche vivant sur le territoire chilien, principalement dans la province Los Lagos.

L’histoire de l’humanité est une histoire écrite à l’encre rouge. Que ce soit en Amérique du Sud ou du Nord, des français, anglais, portugais ou espagnols, la « colonisation » de l’amérique signifiait généralement 1 chose; l’extermination des tribus indigènes.

ALTOS DE LIRCAY

Situé au centre sud du pays à quelques heures de Santiago, le parc Altos de Lircay est réputé pour être l’un des meilleurs endroits pour la randonnées dans le centre du pays. L’accès au parc se fait via le (très reculé) village de Vilches, que l’on atteint avec un petit bus roulant sur une route de terre depuis Talca.

14.00 – Parti de Santiago de Chile le matin, nous étions à l’entrée du parc.img_3988

La fille a l’entrée du parc nous refusait l’entrée au parc parce que nous n’avions pas de bruleur (bonbonne de gaz) et de fourneau pour cuisiner; « il est interdit d’accéder au parc sans un bruleur et un poêlon » nous répétait-elle.

Je m’obstinais à lui démontrer que nous n’avions aucune nourriture nécessitant un bruleur et un poêlon… mais elle ne voulait rien comprendre; « le règlement c’est le règlement ».

J’étais hors de moi et lui chantais des bêtises (en français). Nous avions fait tout ce chemin pour nous faire refuser l’accès au parc puisque nous n’avions pas de bruleur, que nous n’avions pas besoin de toute façon?

Nous réussissions finalement à louer un bruleur (que nous n’utiliserions pas) dans un chalet un peu plus bas… pour finalement avoir accès au parc.

15.00 – À vos bottes… prêt… marchez…

La température était PARFAITE et nous avions un parc national chilien, situé dans les pré-andes (la montagne, mais pas la très haute montagne) pour nous tout seul. En effet, bien que majestueux, le parc était totalement hors des radars touristiques.

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17.30 – Nous atteignons un premier camping, mais décidions de pousser plus loin. Le prochain camping indiqué sur ma carre était à plus de 15km. Le soleil allait se coucher vers les 8-9 heure et nous avions de l’énergie à revendre.

18.30 – Arrivé au Mirador Valle de Venado, la vue changeait du tout au tout; une vallée plongeait directement devant nous et 2 volcans enneigés frôlant les 3000m nous faisaient face au loin.

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L’ascension de l’un, ou des 2 volcans, était possible et très tentante… mais nous n’avions ni le temps (nécessite au moins 4 jours), ni la nourriture pour une telle entreprise.

À partir du Mirador, le sentier descendait abruptement jusque dans le fond de la vallée 800m plus bas via un mur végétal; exigeant pour les genoux en descente, mortel pour le cardio à l’ascension. Nous passions dans une foret remplis d’araignées grosses comme mon point et toutes velues.

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Le sentier était aussi une section du plus grand sentier « Sendero de Chile »; projet ambitieux qui reliera l’extrême nord à la pointe sud du Chili via un seul et même sentier pédestre. Le sentier n’est pas encore complété, mais lorsqu’il le sera, il deviendra le plus long sentier de grande randonnée au monde.

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Une fois au fond de la vallée, il fallait traverser (sans pont) le rio Claro à de multiples reprises. La dessus, il y a 2 écoles de pensée; avec ou sans souliers. Je vous laisse deviner à quelle école j’appartiens.

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21.15 – Plus de 23km et 6h après notre départ, nous arrivions finalement au camping. Notre arrivé coïncidait avec le début de la noirceur.

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Tout fin seul au milieu de nul part en pleine nuit, nous passions les heures suivantes à regarder des épisodes de l’émission The Walking Dead… coeur sensible s’abstenir…

Une autre nuit dans le parc…

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…et nous prenions ensuite la direction de Pucon, 600km plus au sud.

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PUCON ET LE VOLCAN VILLARICA

L’autobus roulait au travers de champs et forêts quand 2 cônes aux sommets enneigés faisaient leur apparition au loin; le volcan Villarica (2861m) & son petit frère. Les volcans ne sont pas très grands comparativement à tous les monstres que j’ai sommités auparavant, mais la plaine où nous nous trouvions était au niveau de la mer, donnant ainsi aux volcans des allures de mastodontes des neiges. J’aurais bien tenté le coup, mais les prix sont complètement insensé au Chili; l’ascension du Villarica n’est pas technique  et prend moins de 6h allé/retour, et les agences chargent pourtant 150$ par personne, ce qui est presque le prix que j’ai payé en Équateur pour réaliser l’ascension du Chimborazo (6300m) sur 2 jours. Vas-y en solo me direz-vous? J’aimerais bien mes des rangers surveillent l’accès à la montagne.

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Fait intéressant, comme pour plusieurs autres volcans des environs, il est possible de skier dessus en hier (juin à septembre). Skier sur un volcan… qui dit mieux?

Pucon, notre destination, se trouvait directement au pied du volcan. Le village était un espèce de Chamonix version chilienne… une destination hyper populaire pour les touristes chiliens et étrangers.

Malheureusement pour nous, la seule fois où nous allions voir le volcan allait être du bus puisque le ciel allait se couvrir pour le reste de notre séjour…

PARQUE NACIONAL HUERQUEHUE

Nous quittions Pucon tot le matin das un minibus bondé de touriste afin d’aller passer la journée dans le parc Huerquehue un peu plus loin.

J’avais l’impression d’être de retour dans la forêt canadienne… bambou en moins. Le sentier principal traçait à travers la forêt, via des sentiers hyper bien aménagés, et croisait une demi-douzaine de petits lacs.

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13.00 – Rendu au point le plus éloigné du parcours, la température devenait merdique. Nous décidions de nous transformer en coureur de ultra marathon (les gars qui courent de longues distances sur des sentiers de randonnées) afin d’attraper le bus de 14.10 pour retourner à Pucon.

J’arrivais à l’entrée du parc à 14.09 à bout de souffle et sous une pluie diluvienne pour voir le bus me partir dans la figure. Je courais sur le coté du bus pour tenter de le faire arrêter… mais rien n’y changeait… c’est sur que le conducteur m’avait aperçu, mais l’enfoiré ne s’était pas arrêté.

Nous passions les 3h suivantes à se protéger de la pluie sous un abri de fortune à attendre le prochain bus…

Pour une journée de repos, nous trouvions le moyen de marcher 11km, monter + 1350m et descendre -780m.

Pucon fut le premier endroit de tout mon séjour en Amérique du Sud où la mauvaise température a gâché mes plans. Quand même pas si mal quand on pense que je suis en Amérique du Sud depuis 4mois 😉

The show must go on… Direction Puerto Varas… encore plus au sud.

Distance jusqu’à Ushuaia; 1780km

Catégories : Chili
Publié par Nicolas Pare le 16 décembre 2016

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