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Épisode 95 – Pumalin; Contre Vents et Marées

11 décembre 2016

08.00 – Par un matin au ciel très bas, le bateau, sur lequel nous avions pris place à Puerto Montt la veille, était sur le point d’accoster à Chaiten.

« Chaiten no solo es la puerta de entrada de la Patagonia, !Es La Patagonia!

(Chaiten n’est pas seulement la porte d’entrée à la Patagonie, Chaiten est la Patagonie) »

Situé à l’extrême nord de la Carretera Austral, l’une des routes les plus reculées au monde, le village de Chaiten se situe au pied du Volcan Chaiten.

En mai 2008, le volcan s’est réveillé pour la 1ère fois en 9000ans, prenant tout le monde par surprise, dévastant le village & les environs avec des coulées de boue.

Le village, sans AUCUN intérêt, est la porte d’entrée du Parque Pumalin.

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PARQUE PUMALIN POUR LES NULS

Fondé par le philanthrope & milliardaire américain Douglas Tompkins, le fondateur de la compagnie « The North Face« , le Parque Pumalin est le plus grand parc privé sur Terre.

Grand adepte de la Patagonie depuis les années 60, Tompkins acheta des terres à partir de 1991. Au départ, le gouvernement chilien lui mettait des bâtons dans les roues, pensant que Douglas était l’un de ces illuminés qui voulait fonder une secte.

Les intentions de Douglas étaient toutes autres; grand amoureux de la nature, il voulait conserver l’une des dernières forêts humides tempérées au monde, empêchant ainsi les humains de l’exploiter/la détruire.

Tous ses efforts furent finalement reconnus par le gouvernement chilien qui donna au parc le statu de « Sanctuaire Naturel » en 2005.

Douglas Tompkins est mort dans son parc il y a quelques années lors d’une expédition de kayak qui a mal tourné.

Le parc offre une demi-douzaine de randonnées réparties sur 80km entre les villages de Caleta Gonzalo et El Amerillo. La plupart des sentiers sont des randonnées d’un jour. Il est cependant possible de dormir dans l’un des nombreux camping (hyper bien aménagé).

Quelques minutes avant de sauter dans un bus qui nous mènerait à El Amarillo (à 25km de Chaiten), Tanzi me lançait un regard rempli. Un regard qui voulait dire « dis-moi que c’est une joke… on s’en va vraiment faire du camping avec cette température? ».

Dame Nature peut-être très capricieuse dans le sud du Chili. Même si vous y allez durant la meilleure parti de l’année, la température est complètement imprévisible. Il peut pleuvoir durant 1 semaine. Malheureusement pour nous, le temps allait être merdique durant tout notre séjour; le bulletin météo annonçait 100% de chance de pluie sur les 24h des 3 prochains jours.

Nous avions seulement 2 jours à passer à Pumalin, je ne voulais pas les passer dans un auberge miteux (parce que c’est la seule offre dans tout le village) de Chaiten.

25km plus tard et nous étions à l’entrée du parc Pumalin.

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RANDONNÉE VENTISQUIERO

La randonnée vedette de Pumalin! 10km sépare la Carretera Austral du Camping Ventisquiero, camping réputé comme étant le plus beau du Chili; 10km sur une belle route de terre serpentant au travers de la forêt enveloppée de brouillard… sous une pluie battante.

Même si des cordes nous tombait sur la tête, je croyais en notre bonne étoile et espérais des éclaircis qui nous permettraient d’admirer le paysage. À vaincre sans difficulté, on triomphe sans gloire!

15.00 – Une fois au camping, il pleuvait toujours des cordes, mais nous entreprenions la randonnée de 10km menant au glacier à la base du volcan Michinmahuida. La randonnée passait au travers d’une vallée dévastée par l’éruption de 2008; l’un des environnements les plus inhospitaliers que j’ai vu dans ma vie; un mélange de roches, de troncs d’arbres morts, d’arbres encore debout mais mort, sans compter une rivière au torrent aussi déchainé qu’assourdissant. Nous marchions sur une espèce de plage de sable volcanique gris. Un paysage d’une beauté dangereuse et sauvage!

Après 5km, notre randonnée coupait court quand le sentier disparaissait… emporté par le torrent. Impossible de continuer plus loin! Il fallait se résigner à voir le glacier de très loin.img_4732img_4740img_4741img_4751

Nous prenions possession du camping; la tente sous l’abri en bois servant habituellement de salle à manger (où il est interdit d’installer sa tente) et l’immense-moderne bâtiment des salles de bain comme salle à manger.

Seul perdu au milieu d’un parc que peu de gens se donnent la peine de visiter, il fallait en profiter.

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Au final, Dame Nature s’était déchainée sur nous toute la journée; 22km de marche contre vents et marées. Les rares percées de soleil signifiaient que la pluie allait redoubler d’ardeur sous peu. L’expression « trempé jusqu’aux os » n’était pas suffisamment forte pour décrire à quel point nous étions mouillés. C’est quand même drôle la vie; tu passes la journée à te faire mouiller dessus, tous tes vêtements sont détrempés… et tu rêves à une douche bien chaude (encore de l’eau)…

Cette douche serait pour un autre jour. Ce soir, ce serait la serviette, tordre nos vêtements pour y extraire le plus d’eau, et ensuite le sleeping. Malgré tout, le spectacle avait été hors du commun et nous avions le sourire au lèvres.

PERDU ET RETROUVÉ

05.30 – Le lendemain matin, Dame Nature avait cru bon nous laisser un peu de répit. Le mal était quand même fait puisque tout ce que nous portions était détrempé de la veille.

Endormi et écrivant des trucs sur mon iphone, je prenais le mauvais sentier… et perdais la trace de Tanzi.

Je regardais ma carte, et voyais qu’il y avait une jonction quelques km plus loin avec le sentier que j’aurais du prendre. Au lieu de rebrousser chemin, je décidais de continuer jusqu’à la jonction en espérant que Tanzi ferait de même.

Malheur… j’arrivais à la jonction pour ne trouver personne. Est-ce que Tanzi avait rebroussé chemin pour prendre mon sentier? Est-ce qu’elle m’attendait encore là-bas? Est-ce qu’elle était en chemin pour la jonction sur son sentier? Toutes ces options se bousculaient dans ma tête. Je décidais de défaire mes pas sur le sentier que j’avais emprunté. Je décidais aussi de laisser mon sac bien en évidence à la jonction. Elle n’avait pas le choix de passer par cette jonction, et si elle arrivait ici, elle ne pourrait le manquer et comprendrait que j’étais parti la chercher?!?

Entre temps, à partir du moment où Tanzi avait perdu ma trace, elle m’avait attendu sur place, était retourné au camping, et avait finalement décidé de continuer sa route jusqu’à la jonction.

Le temps que je retourne à l’endroit où je l’avais perdu, elle s’était rendu à la jonction… de sorte que je faisais une boucle additionnelle de 3km alors que j’aurais pu sagement l’attendre à la jonction. C’est toujours facile de prendre des décisions après coup… mais sur le coup, il faut faire avec les infos incomplètes que nous avons sous la main.

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De retour à l’entrée du parc, il fallait toujours se rendre 25km plus loin à Chaiten. Après 6km à marcher sur le bord de la Carretera Austral, un bon samaritain nous embarquait.img_4771

Une nuit à Chaiten et nous sautions dans un ferry pour traverser les 100km d’eau qui nous séparaient de Isla Grande de Chiloé.

Publié par Nicolas Pare le 20 décembre 2016

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