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Épisode 96 – Isla Grande de Chiloé

13 Décembre 2016

15.00 – Notre bateau en provenance de Chaiten, sur la cote, arrivait à bon port à Quellon, sympathique village de pêcheurs sur la Isla Grande de Chiloé (la Grande Ile de Chiloé).

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À peine arrivé que nous sautions dans un bus en direction du centre de l’ile.

CHILOÉ POUR LES NULS

Pas de haute montagne, encore moins de volcan, aucun sommet enneigé… notre nouvelle destination contrastait grandement avec les précédentes.

Isla Grande de Chiloé est la plus grande ile de l’Archipel de Chiloé, la 2ème plus grande ile du Chili (après Tiera del Fuego… dans quelques Épisodes) et 5ème plus grande d’Amérique du Sud.

Alors que quelques communautés indigènes habitaient déjà l’ile, les espagnols ont « colonisé » (le mot juste serait plus « pris l’endroit de force ») l’ile dès 1567.

Chiloé, qui signifie « Territoire des Albatros » en language ancien, est isolé du continent depuis toujours. Les habitants y ont développé une culture/mythologie unique à l’ile au fil des siècles, étant très proche de « Nuke Mapu » (Mère Nature).

Encore aujourd’hui, même si l’ile et le continent sont séparés par moins de 7km en leur point le plus proche, le seul moyen d’accéder à l’ile est par bateau. Tout ou presque sur l’ile tourne autour de la pêche.

L’ile est aussi reconnue pour ses contrées à l’état sauvage, que ce soit ses forêts humides, ses lacs et ses paysages côtier à peine touchés par l’homme. On retrouve aussi des colonies de penguins, des lions des mers, des dauphins, et une multitude d’oiseaux de toute sorte.

Chiloé est une contrée difficile où l’homme a constamment du se battre pour conserver sa place. Quand il fait mauvais sur Chiloé, il fait MAUVAIS. L’ile est d’ailleurs abonnée au temps gris/pluvieux, et fut l’épicentre du plus puissant tremblement de terre jamais enregistré par l’homme en 1960.

PAS FIDEL, MAIS CASTRO

Nous étions donc au centre de l’ile dans la capitale Castro. Charmante petite ville à l’architecture de bois très élémentaire, Castro était la 3ème plus vieille ville du Chili (1567).

L’église de Castro, en tôles ondulées de couleurs jaune et mauve, étant l’une des quelques 180 églises de Chiloé, et l’une des 16 inscrites au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Certains quartiers de la ville étaient aussi construit en Palafitos; ancienne méthode de construction sur Chiloé qui consistait à construire les maisons de pêcheurs sur des pilotis au-dessus de l’eau.

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Je ne pouvais passer par Chiloé sans essayer le plat typique de l’ile; Curanto… une assiette remplie à rebord de moules (je n’avais jamais vu d’aussi grosse moule… ça faisait peur à croquer), clams, poulet et autres viandes.

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Vous êtes du pour un bon mal de ventre une fois fini… rien de mieux que d’aller taquiner les lions de mer.

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PARQUE NACIONAL QUILOÉ

Direction Cucao, minuscule village sur la cote pacifique et porte d’entrée du Parque Nacional Chiloé. Le parc fut entre autre visité par Charles Darwin au 19ème siècle (si vous ne savez pas qui est Charles Darwin… eh bien… que Dieu ait pitier de vous… ce qui est assez contradictoire en soi…).

L’instant du trajet de bus de Castro à Cucao, Tanzi avait commencé à se sentir très mal… très probablement une indigestion alimentaire. Je la laissait repartir à Castro avec le bus suivant, avant de commencer ma randonnée.

« All By Myself », comme au bon vieux temps, comme le chanterait la regrettée Whitney Houston.

Direction le Refuge/Camping Cole Cole 18km plus au nord.

Les 4.5km premiers km se passaient sur une route de terre au travers de paysages côtière à l’état presque complètement sauvage. Inhospitalier était probablement le meilleur mot pour décrire l’endroit… et pourtant, on pouvait trouver des maisons un peu partout. L’endroit me faisait beaucoup penser au Cape Breton en Nouvelle-Écosse.

Arrivé à la fin de la route, je marchais désormais sur le bord de l’océan pacifique au travers des dunes de sables. J’étais alors complètement exposé au fort vent et avançais en luttant contre les multiples rafales de sable. Les quelques moutons que je croisaient ne semblaient pas comprendre ce que je pouvais faire là.

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J’arrivais finalement au bout de la plage pour y trouver un village (Huentemo). Coupé de tout et sans aucune route excepté la plage pour y accéder, il fallait vraiment être dans le 0.01% des personnes les plus solitaires sur Terre pour habiter là. J’apprenais plus tard que le village était habité par une communauté indigène depuis des centaines d’années.

Je devais alors franchir la rivière à l’aide d’un vieux pont en bois qui ne m’inspirait rien de bon.

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C’est à partir de ce moment que la randonnée devenait véritablement intéressante. Je quittais alors la cote pour entrer dans les terres. Le sentier montait sur des collines boisées avec quelques sections à plus de 70 degrés d’inclinaison. La vue sur la cote était magnifique.

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J’arrivais au Refuge Cole Cole sur la plage Cole Cole au bout de 4 éreintantes heures de marche… un endroit que j’allais appeler « mon chez moi » pour la nuit en campant au son des vagues un peu en retrait de la plage.

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La température avait été clémente toute la journée… nuageux avec quelques percés de soleil… l’équivalent d’une journée ensoleillée sur Chiloé. L’équilibre semblait cependant fragile puisque le ciel ne faisait qu’un avec l’océan au loin.

06.00 – Levé à la première heure, je démontais mon campement et retournais à Cucao, pour ensuite sauter dans le premier minibus pour Castro, récupérer Tanzi et sauter dans un autre bus pour quitter l’ile et retourner à Puerto Varas.

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Demain, nous allions définitivement quitter la région des Los Lagos par la grande porte…

P.S. La vie de backpacker est tout sauf glamour: on dort plus souvent qu’autrement dans des dortoirs, et on marche au moins 10 à 20km par jour dans toutes sortes de conditions & en transportant de lourds sacs sur notre dos. Tout cela dans le but de voyager le plus longtemps possible.

Quelqu’un m’a l’autre jour demandé si j’étais tanné de ne rien faire/me reposer tout le temps. Cette personne n’aurait pas pu être plus dans l’erreur. Voyager comme je ne le fait est tout sauf du repos; mes journées commencent vers 06.00, se terminent vers 21.00 et sont remplis plus que jamais. Voyager comme je le fait est un travail (très amusant) 24h/24, 7jours/7. Ce n’est pas un tout inclus. Quand j’ai un moment de libre, je lis sur de potentielles destinations futures, sur l’histoire des lieux, planifie mon itinéraire, etc.

La nuit venu, et pour décrocher un peu, Tanzi et moi jouons à Worms Armageddon (le vieux jeu Nintendo sur IPhone) et écoutons l’émission The Walking Dead… et quand nous allons finalement au lit, nous sommes exténué mentalement et physiquement…

That’s It… je ne dis pas cela pour que quelqu’un me prenne en pitier (je suis loin de faire pitier). Je ne suis pas un touriste, je suis un voyageur… que je n’entendent plus jamais quelqu’un dire que je me repose à la journée longue…

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Publié par Nicolas Pare le 21 décembre 2016

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