Épisode 12 – Du soleil et des vagues
Tout d’abord, vous ne rêvez pas, il s’agit bel et bien de l’épisode 12 et non le 11. Le numéro 11 est terminé d’écrire, mais il se trouve sur mon ordinateur et comme celui-ci a décidé d’ouvrir quand bon lui semble depuis 2 semaines (c’est-à-dire jamais depuis 4 jours), vous aurez l’épisode 11, qui relate mes aventures du moment où j’ai quitté Colombo au moment où je m’apprêtais à quitter pour Trincomalee (donc le principal de mon voyage au Sri Lanka) un de ces jours, mais pas tout de suite.
Après 2 semaines en montagnes et à visiter les trucs culturels du pays (épisode 11), j’entreprend aujourd’hui avec Trimcomalee la section vacance de mon voyage au Sri Lanka.
Trimcomalee, petite bande de terre, se trouve entre l’arbre et l’écorce, ayant d’un coté l’océan indien et de l’autre une énorme baie à l’intérieure duquelle de gros paquebot, etc. viennent jeter l’ancre afin d’être à l’abri des caprices de la mer. Cette situation géographique en avait fait le principal port de l’ile à l’époque des grandes cités impériales de Anuradhapura et Polonnaruva. L’endroit est donc habité depuis presque 2 millénaires.
Si on remonte de quelques siècles à l’époque des colonies, les hollandais et ensuite les britanniques ont occupés l’endroit. De cette époque subsiste un vieux fort hollandais (aujourd’hui une base militaire, mais aussi un lieu touristique?!?) sur le rocher qui domine la ville et la plage.
Un peu plus près de nous, les 20 dernières années ont vu la ville être au coeur de la guerre civile que se livrait le gouvernement (le sud et le centre du pays) et le nord, vu son emplacement stratégique (presque au centre de l’ile sur la cote Est). Cependant, depuis 2009, elle reprend tranquillement où elle en était avant. Elle est encore un endroit majoritairement boudée par les touristes, mais possède tout ce qu’il faut pour devenir un incontournable dans quelques années; plage sublime en forme de croissant sur 6km de Trincomalee à Uppuveli bay et authenticité (qu’elle perdra assurément, mais qu’elle possède actuellement contrairement à toutes les autres villes les long des cotes où j’ai pu aller).
Je suis donc installé à peu près au milieu de cette plage dans une belle chambre à moitié peinturée au primer et comprenant une impressionnante colonie de petites fourmis (heureusement, elles n’ont pas encore apprises à monter sur le lit). Malgré tous ses défauts, l’important est là; elle donne directement sur la plage, tellement que même avec le ventilateur ouvert à pleine capacité la nuit, j’entends clairement le bruit des vagues.
Arrivé en début après-midi en provenance de Anuradhapura, c’était une journée sans histoire jusqu’à ce que j’aperçoivent des locaux tirer sur une corde semblant aller jusqu’au plus profond de l’océan. Est-ce qu’ils essaient d’enlever le bouchon au fond de l’océan que j’ai demandé à un Sri Lankais médusé par ma question?
Eh non, quelques 30 minutes plus tard, j’apercevait un autre groupe faire du souque à la corde avec l’océan. Pendant la prochaine demi-heure, les 2 groupes allaient se rapprocher de plus en plus jusqu’à ce que des bouées formant un demi-cercle, puis un immense filet pointe à l’horizon. Après plus d’une heure, les 2 groupes de tireurs se sont finalement rejoint et le piège s’est refermé sur les poissons.
Pour ceux ayant déja vu le film »Mutinerie sur le Bounty » avec Marlon Brando, ils faisaient exactement ce que les indigènes dans le film faisaient pour attraper du poissons (à plus petite échelle). Au final, j’ai trouvé qu’ils avaient fait beaucoup beaucoup d’effort pour peu de résultat puisqu’il n’y avait pas grand chose dans le filet…
J’ai ensuite été me baigner dans l’océan et je dois l’admettre, c’est de loin l’océan le plus chaud dans lequel j’ai posé les pieds. Tellement que ce n’était même pas rafraichissant (je suis sur que vous avez une larme sur le coin de l’oeil… allez, allez, laissez-la tomber). Pour ajouter au confort, j’avais plusieurs petites égratignures sur les jambes, dont une bonne scratch sur le gros orteil et les poissons s’en sont donnés à coeur joie en venant me chatouiller (ils viennent « picoser » les égratignures). J’ai même pilé sur au moins 2 d’entre-eux parce qu’ils voulaient « grignoter » mon gros orteil (pas une sensation terrible). Aussi, c’était très commun de voir sauter hors de l’eau des poissons à 5-10 mètres de moi même quand j’étais à moins de 5 mètres de la plage.
En me promenant sur la plage à mon 1er soir, j’avais plein de liquide visqueux en dessous du pied après avoir pilé sur quelques chose de vraiment étrange. Il n’en fallait pas plus pour que j’allume ma lampe frontale. Quelle surprise j’ai eu en assistant à une migration de la mer vers la plage et vice versa de nombreux (incalculable) crabes de toutes grosseurs autour de moi. L’un d’entre-eux ne retournera cependant jamais à la mer. Pas besoin de vous dire que ma lampe frontale était toujours allumé les autres soirs.
À ma première journée complète là-bas, je m’étais promis 2 choses; ne rien faire et prendre un peu de temps pour moi. Après plus de 8 jours passés à partager ma chambre avec quelqu’un et à constamment faire des activités en groupe, j’avais besoin d’un peu d’air (à découvrir dans le futur épisode 11).
J’ai donc fait… exactement le contraire. J’ai tout d’abord rencontré un couple suisse (encore et toujours des suisses) et nous avons décider de marcher toute la plage pour se rendre jusqu’au fort hollandais sur le rocher à l’autre bout de la baie.
La promenade a été très agréable, ponctuée par une quantité incalculable de personnes qui voulaient nous inviter dans leur maison, aller se baigner avec eux, etc. Ce n’était pas comme en Inde, c’était fait d’une manière très gentille et avec aucune arrière pensée.
Rendu au rocher, nous avons quitté la plage et la chaleur était tout simplement intenable sur l’asphalte en étant pieds nu (je n’avais pas de sandales… brisé depuis Polonnaruva… et j’ai été trop lâche pour les faire réparer ou en acheter d’autre).
Tania, la suissesses, m’a alors prêté ses sandales de rechange (même en voyage, les filles ont plusieurs paires de soulier à porté de la main). J’ai donc marché comme une petite ballerine dans des mocassins pendant toute l’heure suivante au grand plaisir de mes 2 amis et des nombreux sri lankais que nous croisions. Au final, c’était soit avoir l’air fou, soit bruler vif des pieds… Vous auriez fait quoi? (je sais, je sais, vous seriez allé acheter une nouvelle paire de sandales à la minute ou vos anciennes aurait brisées…).
Grâce à cette visite du fort (visite sans histoires), je peux cocher de ma To Do List de choses à faire dans ma vie »me faire servir une crème glacé par un militaire (habillé avec tout le tralala) ».
Autrement, il n’y a pas grand chose à faire là-bas mis à part se lever à 5h30 du matin pour admirer le sublime lever de soleil dans l’océan (la plage de Trincomalee est orienté plein Est).
Je profite du fait que je parle de Trincomalee pour faire un aparté (et non apartheid je vous rassure). Savez-vous que le Sri Lanka a été l’un des pays les plus touchés, sinon le plus touché, par le tsunamis de 2004? Eh bien, c’est la vérité, toute la cote Sud et Est du pays ont littéralement été balayées. Tous les endroits sauf quelques-uns, dont Uppuveli bay. Pourquoi ce petit miracle, parce que les vagues venaient du sud-est et que le rocher sur lequel le vieux fort hollandais a été construit a servi de barrière aux vagues.
Si vous étiez en visite au Sri Lanka à cette époque (c’était la guerre civile, mais elle touchait principalement le nord et le centre du pays, tandis que le sud était une destination déjà prisée), il y a fort à parier que vous y auriez laissé votre peau, comme beaucoup de touristes l’on malheureusement vécus. En effet, à l’exception de la parti centre sud du pays (dans les environs de Ella, Haputale, Dalhousie) qui représente la partie montagneuse de l’ile, toute la cote est très majoritairement plane et au niveau de la mer. Elle a donc été balayé sur plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres. À plusieurs endroit, vous pouvez voir des plaques commémoratives ou encore voir à l’oeil nu jusque où les vagues se sont rendus (en quelques mètres, la végétation change du tout au tout).
J’ai aussi appris à mes dépends que le transport public (que ce soit le bus ou le train), n’est pas l’élément le plus développé au Sri Lanka. En effet, tu ne vas pas où tu veux à partir de où tu es, même si cela semble proche sur la carte. J’ai donc dû oublier mon projet de descendre la cote du Sri Lanka de Trincomalee à Colombo en raison du transport extrêmement compliqué entre la cote Est et la cote Sud du pays. Il m’est en effet plus facile de retourner à Colombo via le train pour ensuite prendre un train vers le sud.
Cela m’a donc permis de revenir sur les lieux du crime (youpi), là où 2 semaines plus tôt, mon voyage avait pris une toute autre allure. Faute de choix et puisque je voulais rester à proximité de la gare de train pour partir le plus tôt possible le lendemain, je suis retourné au même hôtel où j’ai perdu mon passeport.
Après 2 semaines, je me disais que les employés auraient oublié qui j’étais et cela faisait parfaitement mon affaire. Ce qui est fait est fait et on ne peut rien y changer, sauf peut-être… nah, lisez donc les prochaines lignes.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir le vieux gérant de l’hôtel se précipiter dans mes bras à la seconde où j’ai passé le porche. Il a alors dit l’une des phrases les plus troublantes que j’ai pu entendre de ma vie:
Gérant – »we have found your wallet (nous avons trouvé votre porte-feuille) »,
Moi – Euh… You have found what (vous avez trouvé quoi)??? Tellement sous le choc que j’en aurais perdu mon latin… si seulement j’avais su parler latin.
Gérant – Oui oui… Quelqu’un a trouvé votre portefeuille dans une ruelle à proximité de l’hôtel (il faut savoir que le soir où je suis arrivé à l’hôtel, la seule marche dans la rue que j’ai faite a été le 3 mètres qui séparait le taxi du lobby) 3 jours après que vous ayez quitté. L’argent n’est plus là, mais votre passeport, vos pièces d’identité, votre carte de crédit, etc. sont là. Je lui ai dit d’aller porter le tout à l’ambassade canadienne ne sachant pas si vous alliez revenir ici.
Moi – Quoi??? Je n’ai probablement jamais eu plus une face de gars complètement dépassé par les évènements. Il m’aurait parlé en chinois à ce moment que j’aurais plus compris ce qu’il était en train de m’expliquer.
Ce soir là, je me suis couché dans la même chambre que j’avais eu à mon premier soir au Sri Lanka; la fameuse 8A avec son évier dans le coin et le ventilateur qui donne l’impression qu’il va vous charcuter pendant la nuit tellement il ne tient plus qu’à 1 fil. J’étais alors convaincu que tout ce que le gérant de l’hôtel m’avait dit était une mauvaise joke ou que j’avais tout simplement mal compris ce qu’il me disait. Peut-être voulait-il simplement m’expliquer le déroulement du petit déjeuner et il s’était trompé de mots en anglais?!?. Dans tous les cas, pas moyen de dormir sur ses 2 oreilles dans cet hôtel là.
Le lendemain, toujours aussi songeur, je recevais un courriel de mon ambassade me disant que mon nouveau passeport serait près le 6 mai (donc dans 4 jours) et que by the way, quelqu’un était venu porter mon portefeuille avec toutes mes affaires dedans sauf l’argent. Le courriel se terminait en disant que puisque mon passeport avait été déclaré volé, il avait été expédié au Canada.
Tabarnak (excusez là)… On retrouve mon passeport, mais il n’est plus utilisable puisque je l’ai déclaré volé. Quelles étaient les chances de retrouver mon portefeuille dans un pays étranger après me l’être fait voler?
Je sais pas pour vous, mais j’aurais préféré ne jamais le retrouver. Maintenant, je ne peux me sortir de la tête que j’ai perdu une bonne somme d’argent lors du vol, faisant un beau trou dans mon budget, que j’ai dû dépenser une autre bonne somme pour avoir un nouveau passeport, qu’on a retrouvé mon passeport entretemps, qu’il n’est plus utilisable, que je ne peux utiliser le visa indien qui se trouve dedans, qu’après être allé à l’ambassade indienne ils ne peuvent (veulent) rien faire pour m’accommoder avec mon visa indien perdu (même si je leur ai montré la copie et qu’ils ont mon nom et visa dans leur registre informatique) et que je dois appliquer pour un nouveau. Caliss. Vivement les montagnes du Népal pour me replacer le moral.
Rangez les violons… et retour à la programmation principale.
Entretemps, j’ai pris un train sans histoire de Colombo à Galle dans le but d’aller à Una Watuna tout juste à coté sur la cote Sud du pays. Selon les 4 personnes avec qui j’ai voyagé au centre du pays pendant 8 jours (épisode 11), c’était sensé être le plus bel endroit de la cote Sud, le plus préservé (à l’état naturel) des gros resorts touristiques.
Ouch… Je n’ai pas encore vu les autres endroits, mais à première vue, je m’ennuie beaucoup de ma plage quasiment déserte de Trincomalee.
Entendez-moi bien, Una Watuna est une très belle plage en forme de baie (pour faire changement) s’étendant sur un peu moins de 2km… mais, il y a des hôtels et restaurants partout. En plus, la plage n’est pas des plus intéressante; elle descends vers la mer avec une très forte pente et comme à Barcelone, après 2 mètres, tu ne touches plus le fond.
Je parlais donc de Una Watuna. Depuis que j’ai commencé à écrire, le soleil a fini par se coucher et la plage s’est illuminée de centaines de bougies alors que les restaurants l’ont »envahis » avec leurs tables et leur présentoir de poissons du jour plus appétissants les uns que les autres.
J’ai donc opté pour… une pizza. Il faut savoir que j’ai le gout de manger une pizza depuis bientôt 1 mois. J’ai essayé une fois lors de ma dernière semaine en Inde, mais la pâte était un pain mouillé, la sauce était épicé comme jamais et le fromage avait été remplacé par des morceaux de noix de coco (vous savez, le blanc à l’intérieur… en fait, vous ne savez peut-être pas héhé… c’est très bon… surtout très bon pour les problème gastrique… mais pas sur une pizza aussi ratée soit-elle).
En lisant les pages de mon guide, je suis tombé sur un restaurant se trouvant à Una. Il était décrit comme le meilleur endroit pour manger une pizza au pays. Le meilleur endroit ne signifie pas automatiquement que ce sera bon puisque advenant que toutes les autres pizzas soient infectes, si celle-ci est passable, elle sera la meilleure de l’ile. Vous catchez la nuance? Ce n’est pas une garanti de qualité comme si il avait été marqué; les pizzas sont excellentes. Au final, la pizza fut excellente, tellement que j’y suis retourné le soir suivant. Après tout, je pouvais bien me gater un peu, c’étais le fin de mon 2ème mois de voyage.
Happy 2 months travelling (bruit de serpentins)!?!
Que dire de plus sur Una sinon que qu’ici les backpackers sont en minorités. Il y a beaucoup plus de vacancier ce qui contribue à faire monter les prix en flèche. C’est quoi la différence entre un backpacker et un vacancier, eh bien le premier fait un voyage prolongé et doit tenir un semblant de budget ou à tout le moins il fait attention à ses dépenses (et s’offusque quand un repas lui coute plus de 3$) alors que le second est en vacance 2-3 semaines et se fou bien de payer 7-8$ pour le même souper.
Bon… je chiale encore…
Focus Focus… parle de ton voyage et laisse tomber l’aspect sentimento-quétaine…
J’ai donc profité de ma 2ème journée dans les environs pour aller visiter Galle, la 4ème plus grande ville du pays à 5km de Una Watuna.
Le vieux fort hollandais, qui correspond à la vieille ville, est le principal point d’intérêt culturel/historique (donc pour ceux tanné des plages) sur la cote Sud. Je me risquerais à faire un parallèle entre le fort de Galle et le Vieux-Québec, à la différence que Galle est beaucoup moins touristique et qu’au lieu d’être sur un cap, elle est sur une simple bande de terre qui avance dans l’océan (seul les remparts protègent la vieille ville des vagues).
C’est l’un des premiers endroits où le simple fait d’être là et de marcher dans les rues me fait me sentir bien. La présence d’une grande quantité d’édifices très bien conservés de l’époque coloniale et la multitude d’endroits offrant de superbes perspectives sur le vieux clocher, le phare, les remparts, l’océan et la vieille ville font de cet endroit un lieu unique qui vaut le déplacement.
Que dire de plus sinon que c’est mon coup de coeur au Sri Lanka. On déambule librement dans les rues au sons des vagues qui viennent frapper les remparts, sans personne pour venir nous achaler. Pour preuve que c’est un site hors de l’ordinaire, j’ai en prime eu droit à mes premiers autobus remplis de japonais/chinois en 2 mois.
J’ai par la suite posé mon baluchon une fois de plus sur mon épaule le lendemain matin afin de me rendre un peu plus à l’Est de la cote Sud à Mirissa, paradis des surfeurs.
Il existe tout un contraste entre Una Watuna, très touristique et plage ordinaire, avec Mirissa, très belle plage, de grosse vague (je sens que je vais m’amuser) et des bâtiments qui se fondent dans les palmiers. Si ce n’était des nombreux restaurants qui s’accaparent la plage avec leurs tables, cette plage pourrait sembler quasiment déserte. Aussi, les prix sont à des années lumières (plus abordable) qu’à Una Watuna. Bref, tout le contraire de ce dont on m’avait dit à propos des 2 endroits. C’est possiblement le fait d’être hors saison qui change la donne (la grosse saison au Sud du pays est de décembre à mi-avril) mais j’en douterais.
Comme c’est devenu l’habitude, après une journée à rien faire sur la plage (j’ai quand même affronté de très bons rouleaux – vagues) il fallait que je me dégourdisse les jambes. J’ai donc entamé une visite des villes environnantes en commençant par Weligama, ville à 5km de Mirissa.
Bon… rien pour écrire à sa mère. Je me suis ensuite dirigé vers Matara, plus grande ville des environs, et là aussi, rien pour passer à la postérité. Le clou de ma journée selon mon guide allait être Dondra Lighthouse (le phare de Dondra), décrit comme un magnifique phare situé au point le plus au sud du pays. En fait, si vous partez de ce phare et que vous vous dirigez vers le sud, le premier morceau de terre que vous croiserez sera l’antartique.
J’ai donc pris un bus de Matara pour me diriger à Dondra 4km plus loin. Premier pépin de la journée, le chauffeur m’a déposé à Gandara (phonétique identique à Dondra) 5km plus loin. J’étais en beau maudit après lui, mais une fois arrivé à la fameuse Lighthouse, je me suis rendu compte que Dondra était le nom de la région et non une ville (merci guide de cul). Il me fallait donc pas aller à Dondra, mais à Devinurawa. Comme le dicton jamais 2 sans 3 le dit, il me fallait une 3ème bad luck. Celle-ci est arrivé au moment où j’ai voulu monter en haut du phare. Les 2 gigolos qui était en bas ont essayé de m’en passer une en me chargant 1000rs (le prix selon le guide était 50rs). J’ai tenté de marchander du mieux que j’ai pu, mais d’autres touristes se sont pointés et ont payés le 1000rs sans rechigner en me disant « I don’t care, it’s notting in Euro (je m’en fou, c’est rien en Euro) ». Cette phrase là et ses dérivés commencent sérieusement à me tomber sur les nerfs. Ces vacanciers là ne pensent qu’à eux et ils ne se rendent pas compte qu’ils contribuent à faire monter les prix de manière démesuré année après année en acquiessant sans broncher aux demandes farfelues des locaux.
Enfin bref, qu’est-ce qu’une bière de fin d’après-midi sur le bord de l ‘océan ne peut pas règler? Jusqu’à maintenant, je n’ai pas trouvé d’équivalent pour retrouver le bonheur…
Autrement, la dernière semaine sur la plage aura été bénéfique, je dirais même plus miraculeuse, pour mes blessures. Arrivé à Trincomalee avec des blessures qui ne voulaient pas cicatriser et qui en arrachait en raison du climat, l’eau salée aura fait le travail. En moins de 3 jours, mes blessures se sont cicatrisés et maintenant ce n’est plus qu’un lointain cauchemars.
J’aurais quand même voyagé presque 1 mois blessé et durant ce mois, mon moral a été mis à rude épreuve. Je crois être sorti grandi de cette épreuve.
Heureusement, j’ai eu des compagnons de voyage merveilleux durant ces moments difficiles; Roark, Yogourt (épisode 11) et Eva (épisode 11) pour ne nommer que les plus importants.
Demain, soit lundi le 6 mai, je retourne à Colombo pour collecter mon nouveau passeport et mon portefeuille miraculeusement retrouvé. Je vais ensuite booker un vol le 8 ou 9 mai pour je ne sais pas encore où, dans le but ultime d’arriver à Katmandou – Nepal au plus tard le 14 mai où je retrouverais mon pote Roark.
Donc, à moins d’un élément hors de mon contrôle, je quitterais le Sri Lanka après y avoir passé 3 magnifiques semaines remplis de moments magiques, d’un évènement beaucoup moins magiques et de rencontres marquantes. Je quitte aussi avec le plus beau bronzage (tout uniforme et même pas la face rouge) que j’ai eu jusqu’à maintenant dans ma vie, mais tout le monde s’en fou…
En terminant, j’avais l’intention de faire une rubrique nécrologique à propos des choses que j’ai perdus/brisés, etc. lors de ce 2ème mois, mais bon… la liste est beaucoup trop longue. Je dirais simplement qu’au moins je n’ai pas encore perdu la raison et Dieu sait que ce n’est pas les occasions qui ont manqués pour tester mon »mental toughness ».
P.S. Savez-vous quelle est la pire colle (question) qu’un indien ou un sri lankais peut me poser (et ils me la posent souvent); Est-ce que c’est différent dans ton pays? Les premières fois, je répondais oui, mais ensuite ils me demandaient qu’elles étaient les différences et j’étais aussi fourré qu’au départ. Comment voulez-vous expliquer à un indien (surtout eux, les sri lankais c’est moins pire) qu’il n’y a pas de pauvreté extrême, de pollution tout aussi extrême, d’animaux sauvages à chaque coin de rues, que les bâtiments ne donnent pas l’impression d’avoir été bombardés, que même quand c’est bruillant, c’est plus tranquille qu’ici, que la nuit on n’entend pas de chiens errants se battre entre-eux, etc. Comment voulez-vous leur expliquer que le monde dans lequel ils vivent, donc la réalité comme ils l’ont toujours connue, est complètement différente de la notre? Je me contente donc maintenant de toujours répondre la même chose; « your country is way too hot and mine is way too cold (votre pays est beaucoup trop chaud, tandis que le miens est très froid) »
Épisode 11 – Après la pluie, le beau tem… l’humidité
(Une chose est sur, celui qui a inventé cette expression n’était assurément pas un Sri Lankais)
Résumé de la fin du 10ème épisode;
Vous vous rappellerez qu’à mon réveil à Colombo, je m’étais pointé tout bonnement à la station de train pour voir l’horaire et que j’avais finalement booké un train pour Ella qui partait 30 minutes plus tard…
J’ai donc quitté Colombo en catastrophe pour me diriger vers ma première destination à l’intérieur des terres; Ella. Le pas du tout médecin en moi se disait qu’un séjour en montagne allait faire le plus grand bien à mes blessures qui ne guérissaient pas. En effet, pour moi montagne rimait avec air frais. Air frais, oui, mais air très humide aussi, donc d’aucune aide. Si seulement j’avais su, je serais allé sur la côte en premier.
Le train que j’ai pris de Colombo à Ella est l’une des choses à ne pas manquer au Sri Lanka. En effet, la ligne serpente au travers des montagnes tantôt couvertes de jungle, tantôt tapissées de champs de thé (encore).
Le trajet a durée environ 8 heures et les 6 dernières n’ont été que de l’ascension; on montait, on montait et on montait. Heureusement, les plus beaux paysages étaient dans les 2 dernières heures, ce qui a eu pour effet de me réveiller.
La chose que je trouvais un peu moins drôle c’est qu’on était presque toujours sur le bord de la falaise et le train n’arrêtait pas de tanguer d’une manière assez importante d’un côté à l’autre. J’imaginais donc très facilement qu’il bascule dans le vide…
Ça mange quoi en hiver Ella? Un peu à l’image de Munnar en Inde, c’est une petite ville en plein cœur d’une vallée comprenant des plantations de thé. La ville est plus sympathique que Munnar, mais les champs étaient beaucoup plus impressionnant là-bas.
J’ai commencé ma première journée à Ella en allant monter la montagne la plus connu des environs; Ella Rock, un promenade d’environ 4 heures qui passe sur le chemin de fer, dans des plantations de thé, dans une jungle plus ou moins dense, pour finir sur un promontoire rocheux offrant une superbe vue de la vallée et de ses environs. Lors de cette montée, j’ai rencontré 4 personnes qui allaient devenir mes compagnons de voyage pour les 8 prochaines jours;
Joerg – allemand – 24ans
– Je suis incapable de prononcer son nom alors je l’appelle Yogourt puisque la phonétique se ressemble… pas vraiment, mais enfin,
– On se ressemble beaucoup (il est plus patient)… tellement qu’une fois, alors qu’il faisait jouer de la musique, j’ai entendu back to back les chansons »Sail » et »Nightcall » (mes 2 chansons préférés). J’ai été tellement surpris que j’ai pensé qu’il avait piqué mon Iphone,
3 suissesses; Eva – boule d’énergie, enseignante, Steffie – tout le temps malade, enseignante – Rahel, enseignante, la bonté incarné
Comme si une montagne dans la journée n’était pas assez, nous avons ensuite décidé de nous attaquer à la 2ème montagne des environs; Mini Adam’s peak. Se trouvant directement devant Ella’s rock, celle-ci offre un vue magnifique sur la montagne et la vallée en contrebas.
Le lendemain, moi et les joyeux lurons avons pris le train en direction de Haputale, 1 heure à l’ouest. Alors qu’Ella était un beau petit village au creux d’une vallée, Haputale est un super petit village perché sur une crête assez étroite, surplombant des vallées de part et d’autre.
Mis à part ne rien faire et admirer la vallée du haut de la terrasse de son hôtel, il y a 2 choses à ne pas manquer dans les environs. Personnellement, il y en a une des 2 qui pourrait bien être ignorée, mais comme elles sont à proximitées l’une de l’autre, les 2 sont généralement faites en combo.
Il y a donc d’une part la visite de la Dambatenne tea factory, une usine à thé. Rien de spécial, sinon le prix d’entrée exorbitant. On y voit toutes les étapes de transformations de la feuille de thé en thé et blablabla, Zzzzzzzz. En prime, il n’y a même pas de dégustation de thé à la fin. C’était donc la chose à ne pas oublier de manquer.
De l’usine de thé, on pouvait se rendre en haut de la plus proche montagne surnommé ‘’Lipton’s seat’’. Moyennant une montée de 15-20 minutes en tuk tuk au travers des plantations, vous êtes récompensé par une vue magnifique sur la vallée. Juste pour la vue, c’est à ne pas manquer. Cependant, le meilleur reste à faire. Afin de retourner à Haputale, il faut aller prendre le bus près de l’usine en contrebas de la montagne. Je vous conseille fortement de descendre à pied puisque cela vous permettra de marcher au travers des plantations.
Même si l’endroit était magnifique, il n’y avait pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent. Nous avons donc levé les feutres en direction de Dalhousie.
En chemin, nous avons fait un stop à Nuwura Eliya. Décrite dans le guide comme un endroit à ne pas manquer (je sais, j’ai souvent utilisé l’expression ‘’à ne pas manquer’’ depuis le début), ce village aux allures britanniques pourrait très bien disparaitre des guides de voyage et personne ne s’en rendrait compte. En effet, quand le seul attrait de la ville est que c’est la ville la plus en altitude du pays, mais qu’arrivé là, il n’y a aucune vue sur les environs et que la ville ressemble à tous les autres villes, tu fais quoi? Tu retournes à la station de train 2 heures plus tard pour continuer ton chemin en ayant passé les 2 heures à manger dans le bazar de la ville.
Le meilleur moment de notre court séjour à Nuwura Eliya fut de faire la connaissance du gars qui s’occupait des bagages à la gare de train. Le gars s’appelait Baggesh (phonétique presque identique au mot bagage). Il devait être prédestiné à faire ce métier dès sa naissance.
Retourné dans le train, j’ai pu continuer à peaufiner ma technique de voyage en train type asiatique, c’est-à-dire »me tenir dans l’ouverture de porte du Wagon quand le train file à toute allure au travers de paysage magnifique ». Pour ceux ayant déjà essayés, vous savez quelle feeling cela procure. Pour les autres, eh bien c’est un sentiment de liberté totale (demandez à Franko). En plus, c’est 100% sécuritaire… euh, je veux dire, c’est 100% sur que mes assurances ne couvrent pas cela. 3 heures de pur bonheur. Une fois que vous avez gouté à cela, vous ne voulez plus retourner vous assoir à votre siège.
Descendu du train à Hatton (ville principale à proximité de Dalhousie), il ne nous restait plus qu’à prendre le bus pour arriver à destination. Je n’avais jamais vu une station de bus aussi bordélique de ma vie que celle de Hatton (et pourtant j’ai ai vu des pas pire en Inde). Le meilleur moyen de vous imaginer le stationnement rempli de bus est de penser au jeu Tétris; imaginez des blocs de toutes grosseurs dans tous les sens et si un bloc veut sortir, d’autres blocs doivent bouger au préalable.
La raison de notre présence à Dalhousie était bien simple; c’est le point de départ pour l’ascension d’une des plus célèbres montagnes du Sri Lanka, j’ai nommé Adam’s Peak. Lieu de pèlerinage pour les sri lankais de toutes les religions, c’est aussi un lieu difficile à ne pas mettre dans son agenda en tant que touriste.
L’attrait principal de la montagne est d’aller y voir le lever du soleil qui se produit vers 6h, 6h30. Puisque la montée se fait en environ 3 heures, nous n’avons pas pris de chance et nous avons commencé à 1h30 du matin.
Je ne sais pas pour vous, mais si je vous dis ‘’je vais aller monter une montagne à 1h30 du matin’’, pour ma part, je m’attendrais à être pas mal tout seul. Eh bien je n’aurais pas pu être plus dans le tort. Déjà à 2 heures du matin, le sentier était une véritable autoroute. Pendant que moi et mes compagnons étions équipés pour faire une véritable expédition, nous étions entourés de vieillards, de parents avec des enfants dans les bras, des gens pieds nus, d’aveugles, etc.
Ce n’est pas compliqué, j’étais convaincu que nous avions trouvé le ‘’stairway to heaven (l’escalier pour aller au paradis)’’.
Rendu en haut, il y avait un gros temple, une armée de sri lankais (sans joke, il devait y en avoir un millier) empilés les uns sur les autres… et aucune vue possible sur les environs, encore moins sur le lever du soleil. En faisant un peu de recherches et en jouant du coude un peu beaucoup, j’ai finalement trouvé THE PLACE (à la française… il faut bien prononcer le TH) juste à temps pour voir le sublime lever de soleil sur le lac juste en bas et avec les montagnes environnantes nappées de nuages. L’expérience de l’ascension vaut la peine d’être vécu puisque c’est assez unique, mais le lever du soleil était la cerise sur le sunday.
À la minute où le soleil s’est levé, la tonne de sri lankais qui se trouvait dans le temple en haut de la montagne se sont (je sais, il faut accorder le verbe avec la tonne… mais bon) mis à descendre le sentier à la file (pas) indienne. Autant vous dire que le chemin du retour s’est fait à pas de tortue.
De retour à notre guesthouse à 8h30 du matin, notre journée était terminée.
A Dalhousie, nous avons rencontré des gens formidable; Brenda, Little Obama et Doug.
À tout seigneur, tout honneur, commençons par Little Obama. La guesthouse où nous étions se nommait ‘’White House’’ et comme le nom du gérant était très compliqué, nous avons décidé de le surnommer Little Obama (en plus d’avoir un nom compliqué, il était une personne de petite taille). Little Obame était tellement serviable qu’il a marché 1h30 pour aller nous chercher de la bière le premier soir (je prenais plaisir à l’imaginer courir dans la rue avec ses petites jambes… comme les jumeaux dans Fort Boyard héhé).
Il y avait aussi Doug le chien qui nous suivait partout et qui était notre espèce de bodyguard.
Finalement, la dernière et non la moindre, j’ai nommé Brenda (son vrai nom), une très vieille indienne venu habiter Dalhousie au Sri Lanka dans le but de devenir guide de montagne. C’est rare les vieille personne en Asie qui parlent anglais, encore moins un anglais très fluide. J’ai littéralement dû refuser ses avances plus d’une fois durant la demi-heure où elle nous a suivit (elle m’invitait à danser chez elle et disait qu’il y aurait beaucoup d’ambiance… quand je lui demandais si il y aurait d’autres gens, elle me répondait seulement moi et elle). Bon, on va mettre les choses au clair, les femmes de 60 ans qui sont grand-mère, ce n’est pas trop mon genre.
À notre départ de Dalhousie, nous avons décidé de mettre le cap sur Sigiriya, pas mal plus au nord. Cette journée là en fut donc une de déplacement. Tout d’abord, il y a eu le bus jusqu’à Hatton, ensuite le train jusqu’à Kandy et ensuite le bus jusqu’à Dambulla. Arrivé à Dambulla, il ne nous restait qu’un petit bus de 30 minutes à prendre pour arriver à bon port et nous étions convaincu que la journée était terminée.
C’était cependant mal connaitre l’Asie que de faire cette supposition. En effet, ce court trajet en bus s’est transformé en mon pire trajet de train/bus jusqu’à maintenant.
Imaginez-vous dans un premier temps un bus de la taille des petits bus scolaire que l’on retrouve au Québec. Au début, ça allait bien, le bus était plein comme à l’habitude, mais sans plus. Ensuite, d’autres personnes sont montés, et puis d’autres et puis d’autres et puis d’autres, tellement qu’au milieu du trajet, des indiens s’accrochaient à l’extérieur du bus. Étant assis à l’intérieur, j’avais les fesses d’une grosses sri lankaise dans le visage.
C’est à ce moment là que le clou du spectacle est arrivé; une classe complète (15-20) de jeunes sri lankais d’environ une dizaine d’année. Quand je les ai vus sur le bord de la route, je ne pouvais pas concevoir qu’ils allaient tous entrer. Eh bien, le sceptique en moi a été confondu. L’expression entassé comme des sardines n’est pas assez forte pour décrire le spectacle auquel j’ai assisté/participé. Je n’aurais pas été surpris si à la fin du trajet si nous avions retrouvé 1 ou 2 jeunes morts asphyxiés. Quand on roulait entassé comme des sardines, ça allait encore, le pire moment a été de sortir du bus… Je vous laisse imaginer la situation.
Ajoutez à tout cela que le chauffeur était un véritable enf*i+é. Comparativement à tous ses collègues asiatiques, il ne roulait pas en fou… LOIN de là. Il devait rouler en moyenne à 10-12km/h TOUT le trajet. Le calvaire qui devait prendre 30min s’est donc éternisé durant 1h30. La colère montait en moi et à tout moment j’avais envi de crier »next gear (change de vitesse) ».
Le lendemain matin, nous étions les premiers dans la file à 7h pour aller visiter Sigiriya Rock (seule et unique attrait de l’endroit). Pour faire une histoire courte, le palais a été érigé il y a plusieurs siècles par un roi un peu dérangé qui voyait constamment des gens comploter pour l’assassiner. Il a donc ordonné de construire un palais perdu au milieu de la jungle sur le rocher de la tête du lion (Lion’s head).
Le prix d’entrée nous a un peu beaucoup refroidis (30$ us), tellement que je peux maintenant affirmer sans me tromper que c’est l’une des pires attrapes touristes en Asie. L’endroit vaut le déplacement, mais AUCUNEMENT à ce prix, même pas au quart. Pour vous donner une comparaison, l’entrée au Taj Mahal m’a couté 15$ et c’est l’un des sites les plus importants en Asie. Ce qui me fait le plus chier c’est l’écart de prix extrême pour les sri lankais (150rs – 1,20$ US) versus le prix pour les étrangers (3750rs – 30$ us). Je n’ai aucun problème à payer plus que les habitants du pays, mais il y a une limite à ne pas franchir et elle a été dépassée ici.
Concernant la visite, eh bien, pour accéder au sommet, il faut emprunter un chemin tantôt creusé à même la roche, tantôt ajouté depuis que c’est un site touristique pour plus de sécurité (une section des marches originales est sculptée à même la roche sur une paroi à 90 degrés…). À ce sujet, ces sections rajoutées me donnait l’impression d’être les plus dangereuses; 2 escaliers en colimaçon interminables et suspendus dans le vide et un escalier standard qui aurait besoin de rénovations (travaux faits de préférence par un gars ayant un niveau pour éviter que l’escalier donne l’impression de pencher dans le vide comme actuellement). Bref, ceux ayant le vertige s’abstenir.
Quelques heures plus tard, nous nous sommes dirigés vers Dambulla (la ville voisine) pour aller visiter des cavernes sculptés dans le rock comprenant d’immenses statues de Bouddha (des centaines et des centaines de représentation de Bouddha de toutes les dimensions). En arrivant sur le site si vous y allez un jour, il ne faut pas se laisser impressionner (dans le mauvais sens du terme) par le temple contemporain qui a été construit à l’accueil juste devant la montagne.
Cet endroit a beaucoup stimulé mon imagination et je me suis mis à jouer les guides avec l’une des filles avec qui je voyageais en racontant l’histoire à ma manière… J’ai donc fermé mon guide de voyage pour ouvrir mon livre d’histoire imaginaire. En bout de ligne, je crois avoir transformé l’histoire un peu monotone en une fiction digne d’un film de série B à Hollywood ou d’un blockbuster à Bollywood. Je vous laisse en juger par vous-même… soyez dont un peu indulgent.
Dans un premier temps, elle m’a demandé ‘’pourquoi ont-ils sculpté autant de représentations de Bouddha dans un seul et même endroit?’’. Je lui ai répondu ceci;
À l’époque, le chef des moines a demandé à tous ses aspirants moines un devoir; ils devaient tous et chacun faire une statue représentant quelqu’un ou quelque chose et ils avaient 10 ans pour la réaliser. Dans sa grille d’évaluation, le chef moine a fait une erreur, il a oublié de donner des points pour l’originalité. Du coup, tous les moines se sont dit qu’ils allaient opter pour la facilité et faire une représentation de Bouddha. À la remise du devoir, le chef moine se rendant compte de son erreur décida de faire passer tout le monde et afin de camoufler son erreur, il fit déposer toutes les répliques de Bouddha dans des cavernes en haut d’une montagne perdu au milieu de nulle part. Quelques siècles plus tard, des archéologues ont découvert l’endroit et ont tout simplement mal interprété la signification du lieu… ou sinon, ils ont très bien compris et ils ont décidé de camoufler la vérité afin de couvrir le chef moine. Voila… pas plus compliqué.
Ensuite, à la question ‘’à quoi le mot Dambulla peut-il référer?’’, je lui ai fait part de l’histoire secrète de Dambulla, le frère jumeaux diabolique de Bouddha (The untold story of Dambulla, the evil twin brother of Bouddha). Bon, je ne vous raconterais pas l’histoire parce qu’elle est secrète et bon… moi les secrets c’est motus et bouche cousue… euh
Après ce cours d’histoire accéléré, moi et Yogourt avons fait nos adieux aux 3 suissesses avec qui ont voyageait depuis maintenant 6 jours. Elles prenaient la direction de Colombo en fin de journée puisque leur voyage au Sri Lanka était terminé.
Malgré une grosse journée derrière la cravate et une humidité indescriptible (tu as beau prendre une douche froide, en fermant le robinet tu recommences à suer), nous avons décidé d’aller monter la montagne juste à côté de Sigiriya palace pour le coucher de soleil. Bien que le sentier n’était pas très évident (merci guide de voyage de merde), nous sommes parvenus à notre fin.
Ce qu’il y a à savoir, c’est que si vous avez un guide de voyage et que vous allez à cet endroit, laissez le dont dans votre chambre, ce sera déjà une très bonne étape de faite. Donc, pour aller en haut de la montagne, vous devez vous rendre jusqu’au monastère bouddhiste à sa base (environ 4km du village). De là, 2 sentiers s’offriront à vous. Prenez celui de droite. Ensuite, lorsque vous croiserez une intersection, prenez le sentier de gauche. Vous devriez apercevoir quelques mètres plus loin une indication sur laquelle est écrite ‘’Old Cave Bouddha’’. En arrivant au Bouddha, vous ne verrez plus de sentier. À ce moment là, si vous voyez des locaux et que ceux-ci vous disent que ce n’est pas le bon chemin pour atteindre le sommet ‘’There is no trail to the summit this way… you need to go down and take an other trail (il n’y a pas de sentier jusqu’au sommet à partir d’ici… vous devez redescendre et prendre un autre sentier)’’. À ce moment là, regardez dans les yeux de l’un des locaux en lui disant mentalement ‘’ah ouin, ya pas de trail de ce côté… regarde moi ben’’ et marchez tout droit en direction du pas de trail. Longez ensuite la paroi rocheuse jusqu’à ce que vous trouviez une ouverture. De là, il ne vous reste qu’à jouer aux alpinistes afin de vous faufiler entre /sur les rochers. À ce sujet, si vous voyez une bouteille d’eau pleine au travers des roches, c’est la mienne et l’eau est potable…
Au final, vous serez récompensé avec une superbe vue du Sigiriya Palace et le plus beau coucher de soleil des environs (si vous commencez votre périple du village vers 4h45-5h). C’est en fait la meilleure chose que nous avons faite de la journée et la moins chère.
Le lendemain, après un faux départ de Sigiriya à 7h du matin (le bus, nous ayant pourtant très bien vue sur le bord de la route, nous a passé dans la face) les choses se sont replacées. Le trajet, qui devait durer environ 2h30 selon le guide, ne nous a pris qu’une heure. Tellement que nous étions convaincu que les gens dans le bus se foutaient de notre gueule quand ils nous ont dit que nous étions arrivés. C’était pourtant bien notre stop.
Polonnaruva est donc une ville du centre du pays qui abrite l’une des 2 anciennes cités impériales datant de presque 2 millénaires. Il y a tout d’abord eu Anuradhapura et quand celle-ci fut détruite par les indiens, Polonnaruva a été construite.
La journée s’est super bien passé à se promener à vélo d’une ruine à l’autre. Chacune avait un cachet particulier formant au final un ensemble très intéressant à visiter. Côté visite de temple, etc. c’est assurément le plus bel endroit au Sri Lanka jusqu’à maintenant.
Le défi du jour était d’arriver à visiter chaque endroit avant que la horde d’étudiantes (elles devaient être au moins une centaine) en robes blanches se pointent sur les lieux.
Ce n’est pas compliqué, à la minute où elles arrivaient, s’en était fini des photos. J’irais jusqu’à dire qu’elles étaient pire que n’importe quelle groupe de chinois ou japonais que j’ai vu prendre l’assaut d’un site touristique armé de leur caméra.
À un certain moment, nous avons dû passer au travers du groupe avec nos vélos sur une petite route. J’ai alors dit à Yogourt de se fermer les yeux, de garder ses bras bien tendus et accrochés à son guidon et de pédaler le plus vite possible. C’était selon moi le meilleur moyen de s’en sortir intact…
La visite s’est donc déroulée en toute quiétude jusqu’au moment où… je me suis ouvert… le criss de gros orteil… sur une roche… parce que le vélo que j’avais loué, quoique le plus grand disponible, était fait pour un enfant de 10ans. Le destin continuait donc à s’acharner sur moi. Pourquoi, je n’en ai aucune idée…
À ce sujet, si j’ai fait du tort à quelqu’un et que celui-ci a fabriqué une poupée voodou à mon effigie pour me faire payer, eh bien je crois que peu importe ce que j’ai pu te faire on est quitte.
Prière d’annuler le sortilège A.S.A.P.
Merci
Autrement, si c’est Bouddha qui me rend la monnaie de ma pièce en raison de ma fausse histoire à propos de Dambulla, son méchant frère jumeau, eh bien tous ceux qui ont cru cette histoire (euh)… comment dire… c’est faux bon. Content Bouddha?
De toute façon, si c’est toi qui a provoqué cela, cela va contre tes principes de paix et en plus, j’ai toujours imaginé qu’un gars de 300 livres qui prônait une vie saine avait une sorte de sens de l’humour un peu tordu… Bon, je m’arrête là, je ne veux pas d’autres représailles… Anyway, j’espère que tu comprends mon point Boud… Je peux t’appeler Boud?
Avec cette nouvelle blessure, mes jambes ressemblaient de plus en plus à un mauvais remake du déjà très mauvais film »Terre, champ de bataille » mettant en vedette un John Travolta à son meilleur. Il fait savoir que chaque petite coupure ou enflure prend de l’ampleur jusqu’à devenir plus grande que nature en raison du climat.
En une journée, s’en était donc fait de Polonnaruva. Le jour suivant, nous avons mis le cap sur Anuradhapura. Le moment fort du trajet s’est produit quand notre chauffeur, qui roulait quand même assez prudemment jusque là, s’est fait dépassé par un autre bus. A ce moment, il a littéralement été piqué au vif et s’est mis à rouler en malade sur la route sinueuse. Il a fini par redépasser le dit bus (vous auriez dû voir son sourire… je lui aurais appris qu’il avait gagné 1 millions qu’il n’aurait pas été aussi content) et il a ensuite continué à rouler en malade pour le distancer. Bravo champion…
Disons simplement que j’ai l’habitude de somnoler dans les bus, mais que dans celui-ci, j’avais les yeux bien ronds (Si je vivais mes derniers moments, je préférais le savoir).
Autre fait inusité, en attendant pour notre second bus, nous avons assisté à une course de vélo sur route. Bon, seulement 2 ou 3 avaient un vrai vélo de route, les autres se contentant au mieux d’un vélo hybride, mais quand même. Une course de vélo organisée en Asie du Sud Est avec une foule très importante massée tout au long du trajet… je n’aurais jamais cru voir cela. Faf, tu passeras le message à Geoff, je crois qu’il y a un bon marché en devenir ici.
À notre arrivé à Anuradhapura, j’avais l’impression d’être comme le gars dans le film »Orange Mécanique » quand on lui lave le cerveau avec des séances de vidéo. Les 2 heures de bus avaient été une succession de chansons plus horribles les unes que les autres et en prime, il y avait des écrans dans le bus pour voir les vidéos.
Quelques minutes après être sorti du bus et s’être débarrassé des chauffeurs de tuk tuk qui vendaient leur salade comme d’habitude, moi et Yogourt marchions tout bonnement dans la rue pour se rendre à une guesthouse quant quelque chose que je n’aurais jamais pu concevoir est arrivé. Un tuk s’est arrêté sur le bord de la route à coté de nous et au moment ou je me suis retourné pour lui dire »gentiment » que nous n’étions pas intéressé par son offre même avant de l’avoir entendu, je me suis rendu compte… que… le tuk tuk… était conduit… par un touriste.
J’ai lancé un regard d’incompréhension à Yogourt du genre »est-ce qu’on est en train de rêver là? » et il m’a répondu avec un regard qui voulais dire ‘’pourtant on a juste pris une bière hier soir et je ne me sens pas hangover’’.
Ce n’était aucunement un rêve ni un lendemain d’une soirée bien arrosée. Il y avait bel et bien 2 touristes voyageant à bord d’un tuk tuk au Sri Lanka (on a appris par après qu’ils ont loué le tuk tuk pour 1 semaines). Ils nous ont ensuite proposé de faire le tour des temples et ruines (seule et unique raison d’être ici) avec eux.
Nous avons assurément établi un nouveau record Guinness pour le plus grand nombre de personnes uniquement non asiatique dans un tuk tuk. Vous auriez du voir la figure des locaux qui nous voyaient, particulièrement les chauffeurs de tuk tuk. Leur visage était rempli d’incompréhension.
En ce qui concerne la visite d’Anuradhapura, l’endroit comporte 3 dagobas (espèces de grand dôme ressemblant à un bol renversé) très impressionnantes et extrêmement bien conservées, mais c’est à peu près tout. Heureusement, au moins ici nous n’avons peu eu à débourser un prix de fou.
En sommes, j’ai terminé la section culturelle de mon voyage au Sri Lanka. Cette section du territoire s’appelle le »triangle culturel » et cela comprend Kandy (je ne suis pas allé), Dambulla, Sigiriya, Polonnaruva et Anuradhapura. Si vous venez un jour ici et que vous n’avez pas le temps de tout voir, allez à Dambulla/Sigiriya (se fait bien en une journée) et aller à Polonnaruva. Vous pouvez laisser tomber Anuradhapura (avis partagé par mon ami allemand).
Je mets donc le cap ce matin vers Trincomalee sur la cote Est de l’ile pendant que mon compagnon des 8 derniers jours prend le chemin de Kandy. Ça va faire bizarre de ne plus l’avoir dans les environs puisque nous formions une bonne équipe du style bon cop, bad cop (moi impulsif et lui plus réfléchi… quand on négociait le prix des chambres, il commençait la négociation et si il n’était pas capable d’avoir le prix que nous voulions, je prenais le relais). Le mois et demi passé en Inde m’a littéralement transformé en une bête impitoyable quand vient le temps de négocier. À ce moment, aucun coup bas n’est assez bas pour avoir le meilleur prix possible héhé.
De là, j’ai l’intention de descendre en longeant la cote pour les 2 prochaines semaines (ce sera vraiment pénible).
Jusque là, portez-vous bien et je tâcherai de faire de même.
Les 10 premiers jours que j’ai passé au Sri Lanka, j’avais une énorme barde et je peux compter sur les doigts d’une main le nombre de personne qui m’ont demandé d’où je venais ou même salué (tout un contraste avec l’Inde). Depuis, j’ai rasé ma barbe et je me suis faits un nouveau public; les jeunes filles sri lankaise. C’est pas compliqué, à tous les endroits où je vais depuis, les groupes de jeunes filles me saluent et essaient d’attirer mon attention avec des regards coquins quand je passe près d’eux. C’est assez agréable, mais le hic (sans aucune méchanceté, c’est une question de gout), je trouve que les femmes sri lankaise ont pour la grande majorité des traits s’apparentant plus aux hommes qu’aux femmes (visage). En d’autres mots, elles ne sont pas vraiment attirantes.
Dans le même ordre d’idée, durant le mois et demi que j’ai passé en Inde, j’aurais quasiment pu compter sur les doigts de mes mains le nombre de gros indiens que j’ai croisées. C’est tout un contraste avec le Sri Lanka. En effet, disons simplement qu’ici les gens ne meurent vraiment pas de faim (clin d’œil). C’est probablement en raison du fait qu’ils mangent principalement le même plat (Rice and Curry; une grosse assiette de riz blanc servie avec plein de légumes) matin, midi et soir.
Après maintenant presque 2 semaines, je peux vous dire que je commence à en avoir assez. C’est super bon, mais manger uniquement de cela matin, midi et soir, ça commence à faire. Autrement, la seule alternative la majorité du temps consiste à prendre des Rotis (espèce de pain cuit replié en forme de triangle ou de carré avec de la viande ou des légumes dedans) ou du Kottu (espèce de salade de légumes tranchés en petits morceaux).
Autrement, la religion principale au Sri Lanka est de loin le bouddhiste avec entre 65 et 70% de la population. Or, dans chaque ville ou nous allons, il y a toujours un maudit minaret (tour duquel les musulmans entonnent des chants qui peuvent être entendus à la grandeur de la ville tôt le matin (vers 5-6h et après le coucher du soleil). Yogourt me passait le commentaire suivant l’autre soir; ‘’je me demande si les bouddhistes n’en on pas plein leur casse (traduction libre) de ces minarets’’? C’est une très bonne remarque et si c’était juste de moi, je serais à bout de me faire réveiller tous les matins par un gars qui donne l’impression de chanter avec une brosse à dents dans la bouche et qui en plus n’est pas de ma religion… pousse, mais pousse égale. Cependant, comme les bouddhistes sont des gens généralement pacifiques et compréhensifs, je crois qu’ils acceptent de se faire tondre la laine sur le dos.
En terminant (pour de bon), je me suis toujours demandé où était passé la grande majorité des synthétiseurs après que ceux-ci ait été abandonnés par l’industrie de la musique après une décennie 80 catastrophique. Bon, le synthétiseur a donné naissance à quelques petits bijoux, mais pour la majorité, c’est catastrophique. Je peux dorénavant répondre à l’énigme. Non, ils n’ont pas été mis dans la navette spatiale qui a explosée il y a quelques années. Ils n’ont pas non plus été enterrés dans un bunker qui a ensuite été inondé. Non… tenez-vous bien… ils ont été expédié au Sri Lanka. Ça y est, je l’ai dit…
L’emploi du synthétiseur est SYSTÉMATIQUE dans toutes les chansons. On se croirait dans un très très très mauvais Noël des campeurs dans un camping près de chez vous. Très sérieusement, la très grande majorité des chansons que j’entends ici, sinon la totalité (dans chaque bus, la musique joue à tue tête) utilisent le synthétiseur pour faire la mélodie.
La résolution de cette énigme est une très bonne nouvelle puisque je vais maintenant pouvoir mettre tous mes efforts sur la résolution d’un autre mystère qui hante mes nuits; comment le caramel est introduit dans la Caramilk?
Épisode 10 – Pour le meilleur et pour le pire
Je suis littéralement tombé en amour avec Colombo (capitale du Sri Lanka et lieu d’arrivé de tout voyageur arrivant au pays). Décrite comme chaotique, sale et inintéressante dans le Lonely Planet, cette ville a plutôt été un véritable vent de fraicheur pour moi. C’était tout un contraste par rapport à toutes les villes d’Inde (grande comme petite) où je suis allées.
En 2009, ce tout petit pays est sorti d’une guerre civile très sanglante qui a durée plus de 20ans (entrecroisé de quelques période de paix n’ayant jamais durée très longtemps). La capitale Colombo est le meilleur exemple de l’incroyable relance économique du pays depuis.
À ce sujet, si vous voulez visitez le Sri Lanka comme il est présentement, c’est-à-dire pas mal intact d’après la guerre (fin en 2009), il faudra penser à organiser votre voyage assez vite. Contrairement aux indiens, ils ne niaisent pas avec la puck et le pays se développe à la vitesse grand V. Il y a des grues ou des annonces de chantiers (beau 3d et tout) partout. Pour vous donner un autre exemple du dynamisme de la ville, elle compte 2 hôtels de la chaine Hilton et un concessionnaire Porsche.
À ce sujet, la chose qui m’a frappé le plus en me promenant dans Colombo c’est le nombre de banque qu’il peut y avoir. C’est complètement fou. En fait, je mets au défi quiconque de marcher en ville sans apercevoir une banque à tous les 100m. Qui dit banques, signifie donc présence de capitale (money money money… Sur un air d’Abba)
Aussi, ne vous laissez pas aveugler par la faiblesse de leur dollar. En arrivant ici je me disais; ‘’pfff, j’ai 2.25 roupies sri lankaise pour 1 roupie indienne… c’est 3 semaines là ne vont rien me couter’’. Eh bien, disons qu’ils sont assez futés; à bon nombre d’endroits, ils affichent le prix en dollar américain et demandent ensuite d’être payé en roupies sri lankais.
Sinon, c’est aussi tout un contraste en ce qui concerne »l’ordre publique » (vous savez la chose qui n’existe pas en Inde et qu’on m’a déjà accusé de troubler). Ici, les gens marchent sur les trottoirs, les voitures et tuk tuk s’arrêtent au passage pour piétons, ils ne klaxonnent pas comme des cons tout le temps (il peut s’écouler 2-3min entre 2 klaxons), des gens font leur jogging ou du vélo de route le long du parc linéaire sur le bord de l’océan et plus important encore, les gens se »criss ben que je sois un blanc bec ». Je me sens anonyme dans la foule.
Seule note négative, et une grosse, je croyais avoir vu qu’est-ce qu’était l’humidité en Inde, mais je n’avais encore rien vu. J’ai écris dans une chronique précédente à propos du sud de l’Inde où j’avais l’impression que les goutes d’eau attendaient que je leur rentre dedans tellement il faisait humide. Eh bien, l’endroit dont je parlais à ce moment pourrait paraître sec en comparaison à ici.
Autrement, comme beaucoup de relation amoureuse dans le monde d’aujourd’hui, mon coup de foudre pour Colombo allait finir par me couter cher.
Dans le dernier épisode, j’étais à vous raconter la fin de la pire journée de ma vie… le 17 avril 2013.
C’est donc fraichement sorti de l’aéroport après un vol en première classe que je me suis dirigé vers un hôtel des plus miteux au centre-ville en compagnie de 2 autres touristes. Il était 9h du soir, on ne connaissait pas la ville, alors on a opté pour le plus cheap dans le guide de voyage (pas digne d’un voyageur en 1ère classe, mais bon…).
Nous sommes donc arrivés à l’hôtel, j’ai payé le taxi avec l’argent contenu de mon portefeuille, j’ai booké ma chambre d’hôtel et alors que je m’apprêtais à payer… hop, plus de porte feuille dans ma poche. Une poule a qui on a coupé la tête (j’en ai déjà vu quand j’étais petit) n’aurait pas plus couru dans tous les sens que je l’ai fait à ce moment là.
Volatilisé…
Encore aujourd’hui (je finis d’écrire ma chronique 2 semaines plus tard), je ne comprends pas ce qui est arrivé. Entre le moment où j’ai payé le chauffeur de taxi en sortant de l’argent de mon portefeuille (je me rappelle très clairement l’avoir remis dans ma poche) et le moment où je voulais payer la chambre, il ne s’est pas écoulé 10 minutes. Je n’arrive tout simplement pas à m’expliquer ce qui s’est passé. Le meilleur scénario que je peux imaginer c’est que quelqu’un a du profiter du moment où je sortais les sacs à dos taxi pour me faire la passe.
Il fallait être là pour me voir faire une fouille digne des aéroports à la dizaine de sri lankais qui se trouvait là (y compris le chauffeur de taxi qui était encore là… et son taxi).
Concrètement, j’ai perdu mon passeport, mon permis de conduire, ma carte d’assurance maladie, mes photos type passeport pour d’éventuel visa, ma carte de crédit, mon argent américain et un peu d’argent sri lankais et indien. En fait, seulement ma carte de débit a survécu à l’attaque. Fort heureusement, outre mon passeport, c’est la chose la plus importante pour moi depuis le début du voyage en Asie (c’est très rare qu’on peu payer avec la carte de crédit alors je sors tout mon argent avec ma carte de débit dans les guichets).
Pour les voyageurs avisés qui auront lu le dernier paragraphe, une question vous viendra surement en tête; mais pourquoi il a mis tous ses affaires dans le même portefeuille… quel nul. En effet, quel nul. Pendant les 6 heures que j’ai passé à l’aéroport à attendre, il m’est venu l’idée de génie de tout mettre mes œufs dans le même panier. Je voyage avec 3 portefeuilles et j’ai l’habitude de séparer les éléments dans chacun afin d’éviter ce genre de situation. Je ne sais pas qu’est-ce qui m’a passé par la tête puisque c’est bien la pire chose à faire et je ne fais jamais cela en temps normal. Il aura donc fallu que la fois ou je fasse le con correspondent à la fois ou je me fais voler. Est-ce qu’il y a des hasards dans la vie, j’en doute de plus en plus.
En résumé, il aura fallu moins de 10 minutes pour retransformer mon voyage en calvaire. Entre vous et moi, on dit généralement qu’on frappe le mur du voyageur après 3 semaines, 1,5mois et 3 mois… ben le 1.5 mois venait de me rentrer dedans S O L I D E.
Le lendemain matin, j’entreprenais donc mon séjour au Sri Lanka en allant visiter l’ambassade canadienne. Arrivé à l’ambassade, je me suis fais accueillir et servir par des sri lankais. Pas que j’ai quelque chose contre eux, au contraire, mais bon… quand tu t’es fait volé ton portefeuille avec beaucoup d’objet de valeur dedans, que 2 semaines plus tôt tu as eu un accident de scooter et que depuis tu regardes les blessures anodines du début empirer de jour en jour, bref quand tu es sur le bord de craquer et que tu vas dans l’ambassade de ton pays… comment dire… tu t’attends à avoir le soutien d’un compatriote.
La tension a donc monté un peu (bon, je l’avoue, j’ai pété ma coche). Quelques secondes plus tard, j’entendais un »qu’est-ce qu’on peut faire pour vous? » typiquement québécois. Quand tu es à l’étranger au bord de craquer et avec les larmes aux yeux parce que même à ton ambassade tu ne te sens pas le bienvenue, je sais pas pour vous, mais bon…
J’ai donc passé l’avant-midi en compagnie de ce québécois qui m’a expliqué toute la procédure à faire pour avoir un nouveau passeport. J’aurais très bien pu avoir un passeport temporaire de 1 ou 2 ans en 1 ou 2 heures, mais bon, puisque je ne sais pas combien de temps je serais parti et que la très grande majorité des pays demandent qu’il reste au moins 6 mois à ton passeport avant de ne plus être valide quand tu entres dans le pays, j’ai cru bon d’avoir un nouveau vrai passeport.
J’en ai aussi profité pour lui demander les qualifications qu’il faut pour travailler dans une ambassade canadienne. Disons simplement que ma bad luck n’est peut être pas arrivée pour rien puisque j’ai le profil de l’emploi héhé.
La première étape pour avoir un nouveau passeport était d’aller au poste de police pour avoir un rapport officiel de l’incident. À l’ambassade, on m’avait dit que ce ne serait pas très long et que la procédure était facile…
Ouin, disons simplement que j’ai eu mon rapport après avoir passé 3 belles heures au poste. J’ai même passé l’une de ces heures dans le bureau du directeur du poste à compter les points sur le mur pendant qu’il faisait comme si je n’existais pas. En fait, il n’avait aucune envi de m’assigner un policier pour faire un rapport… en anglais. Il m’a même plusieurs fois dit d’aller à un autre poste de police pour l’avoir. Je crois que ce sont mes yeux complètement désespérés le fixant à chaque fois qui ont fini par le faire changer d’idée (oui oui, croyez moi je peux faire pitié et je ne faisais même pas semblant). J’ai donc fini par avoir mon rapport de police.
Prochaine étape, la prise de photo pour le passeport. Je ne sais pas pour vous, mes de prendre une photo de passeport avec une barbe de 3 semaines en étant tout en sueur, je ne crois pas que c’est l’idéal. Je vais ressembler à un vrai robineux sur mon passeport et je me doute bien que cela me vaudra quelques questions supplémentaires aux douanes.
Tout cela pour dire que ma demande est en route. Cela devrait prendre 2 semaines et pendant ce temps, je peux voyager à ma guise à l’intérieur du pays. Le timing est excellent puisque je reste au pays pendant 3 semaines et que je repars par Colombo. J’irais donc piquer une jasette à mes amis de l’ambassade avant de partir.
Même si la procédure pour avoir un nouveau passeport a été longue et fastidieuse, ce n’était rien par rapport à ce qui m’attendais pour annuler ma carte de crédit en m’en faire livrer une au Sri Lanka. Afin de pouvoir me faire livrer ma nouvelle carte au Sri Lanka, plus précisément à l’ambassade canadienne, j’ai du passer au travers d’un immense questionnaire à propos de mon historique bancaire. À la fin du questionnaire, la femme a fini par me dire que j’avais échoué le test et que ce serait impossible de délivrer ma carte à l’extérieur du Canada. J’ai donc demandé à repasser le questionnaire; Impossible. J’ai ensuite utilisé l’argument du désespoir en scandant que les questions étaient à propos de ma vie… On parlait de ma vie… Rien n’y a changé. Elle s’apprêtait à raccrocher quand j’ai utilisé le 2ème argument du désespoir; »je veux parler à votre supérieur ».
Tadam… Je lui ai livré mon speech de chien battu, il m’a refait passé le test, je me suis concentré comme jamais et j’ai passé le test.
Je me suis donc réconcilié avec mon voyage en fin de journée en allant marcher le long d’un magnifique parc linéaire bordant l’océan en plein cœur de Colombo. De là, on pouvait apercevoir de gigantesque vague frapper le rivage de la ville jusqu’à l’horizon.
Le lendemain, ayant l’intention de décompresser un peu (donc rien faire de la journée), je fais la grâce matinée jusqu’à… 8h. Il faut savoir que depuis le début de mon voyage, je me lève entre 5 et 6h du matin, c’est-à-dire quand le soleil se lève. C’est tôt, mais quand on pense qu’il ne se passe plus rien dans la majorité des villes où vous allez après le coucher du soleil (donc vers 7h-7h30), vous modifiez votre rythme de vie en conséquence.
Vers 8h30, j’ai donc tout bonnement décidé d’aller voir à la gare pour les horaires de trains vers ma prochaine destination; Ella. Le prochain train partait à 9h… 27 minutes plus tard.
Avant même d’avoir contacté le département repos de mon corps, ma bouche disait au commis ‘’I’ll take one ticket (je vais prendre un billet)’’.
Quelques secondes après la bourde de ma bouche, mon cerveau a allumé; il te reste 27 minutes pour retourner à ton hôtel, faire tes bagages (disons qu’ils étaient pas mal un peu beaucoup défaits après avoir cherché mon portefeuille la nuit d’avant), checker out de ton hôtel, retourner à la station de train, trouver ton train dans la plus grande station du Sri Lanka (vraiment facile en comparaison aux stations de trains en Inde).
Eh bien, à 8h57 j’étais dans le train… pour apprendre qu’il allait partir 30 minutes plus tard en raison d’une défaillance.
Mon voyage était donc remis sur les rails… Après tout, le meilleur moyen de ne pas s’apitoyer sur son sort est de s’occuper l’esprit… en voyageant.
Épisode 9 – Le jour qui ne voulait pas finir…
Le 17 avril 2013 restera à jamais gravé dans ma mémoire. À présentement 28 ans, 4 mois et quelques jours, c’est de loin le pire jour de ma vie. Jusqu’à ce que je réussisse finalement à fermer les yeux dans une chambre beaucoup trop chaude et hyper humide du centre-ville de Colombo – Sri Lanka, tout ce que j’avais fait ou qui m’était arrivé ce jour là, sauf deux choses, avaient tournés à la catastrophe.
Remontons donc à 5 heures du matin le jour même à mon arrivé à Chennai via un train de nuit en provenance de Madurai où j’avais laissé mon buddy Roark continuer son chemin vers le Nord de l’Inde.
Mon plan de journée était très simple; j’allais tout d’abord aller déposer mes sacs dans un locker à la station, j’allais ensuite aller faire un check-up de mes blessures à l’hôpital, j’allais revenir près de la station pour prendre un déjeuner et ensuite faire du wi-fi jusqu’à 3 heures de l’après-midi, heure à laquelle je prendrais un train pour aller jusqu’à l’aéroport. J’allais finalement prendre un vol d’une durée de 1 heure afin de me retrouver au Sri Lanka, ma destination des 3 prochaines semaines.
Ça c’était en théorie. Comme très souvent depuis 2 mois, le destin voulait faire autre chose avec moi.
En pratique, je suis sorti du train direction le stockage des sacs. Arrivé là, je me suis fait dire par le créti% d’indien qui y travaillait que je ne pouvais pas stocker mes bagages dans un locker si je ne prenais pas un train quittant la ville dans la journée (il fallait que je lui montre le billet)… et le train pour l’aéroport ne comptait pas puisque c’était un train de ville. Comme réveil, je n’aurais pas pu demander mieux.
Pour une fois, le Lonely Planet n’était pas tendre avec un endroit, en l’occurrence Chennai. Il était écrit que ce n’était pas une belle ville, MAIS que la gentillesse des gens valait le détour. Bon… si je sortais de prison après 15 ans en cellule d’isolement, peut-être, je dis bien peut-être, j’aurais pu trouver les gens aimable… mais encore. C’était aussi écris que malgré tous ses défauts, Chennai avait un hôpital à la fine pointe de la technologie et qu’en plus, elle était habitué de traiter des touristes… ça restait à voir.
C’est donc accompagné de toute mon artillerie lourde que j’ai pris la direction de l’hôpital, mais pas avant d’avoir eu l’une de mes bonnes disputes avec des chauffeurs de tuk-tuk. Je ne m’étais pas fait arnaqué comme cela depuis mon premier jour à Delhi, à la différence que cette fois, j’étais conscient de l’arnaque et eux aussi. Ils n’arrêtaient pas de dire »je sais que c’est beaucoup trop cher en roupie, mais c’est rien en dollar américain ». Ce n’est pas compliqué, je leur aurais tous cassé la gueule avec un coup de poing américain si j’en avais eu un. Si je pensais comme ces supers crétins, je pourrais déclarer une faillite personnelle dans 3mois. Malheureusement pour moi, ma blessure saignait et comme mes sacs pesaient lourd sur une seule épaule, je ne me voyais pas aller négocier ailleurs pour sauver 2-3$ Can. J’ai donc accepté son insulte.
C’est donc échaudé 2 fois plutôt qu’une que je suis entré dans l’hôpital en m’attendant au pire. Résultat? Pour une fois, le livre disait vrai…
J’ai dû passer pas loin de 1h30 dans une superbe urgence, traité hyper rapidement et aux petits oignons et cela ne m’a rien couté (je ne comprends toujours pas). En quittant, le docteur m’a dit de faire une chose et une seule; »keep your arm dry (garde ton bras au sec) ». Du tac au tac, je lui ai demandé »How am I suppose to do that in India (comment je suis sensé faire cela en Inde moi là… comprendre que le temps est tout sauf sec… c’est même le plus contraire de sec que j’avais vu de ma vie à ce moment… c’est tout juste si les gouttes d’eau n’étaient pas en suspension dans l’air et attendent que les gens leur rentre dedans)? ». Il m’a regardé en souriant et a quitté la salle.
Après quelques jours à essayer la technique ‘’à l’air libre’’ sans succès, c’était le retour des bandages, le look momie et l’éternelle question des indiens; ‘’what happen to your arm (qu’est-ce qui est arrivé)?’’. En ce qui concerne le dernier point, j’étais maintenant plus outillé que la première fois pour y répondre. Dorénavant, j’allais alterner entre ces 3 réponses;
– silence et continuer mon chemin – la réponse que j’utilise le plus souvent,
– I woke up some day and it was there (je me suis réveillé et c’était comme cela) – la réponse pour une indien sympatique,
– I already told it to your twin brother earlier, go ask him (je l’ai dit à ton frère jumeau tout à l’heure, tu n’as qu’à aller lui demander). La plupart d’entre eux me regardent avec un regard confus et certains vont même jusqu’à me dire qu’ils n’ont pas de frère jumeau. À ce moment, je répond; yes yes, your twin brother… the one with dark hair, dark skin and who look as stupid as you… et je tourne les talons. Désolé, je ne traduirais pas cette section, c’est un peu méchant. Cette réponse est réservée aux indiens qui me font royalement chier, donc la majorité. En bout de ligne, c’est impossible d’avoir le dessus sur eux, mais au moins ça, ça me fait un petit velours héhé…
À ce sujet, il me faut vraiment un changement d’air puisque je n’ai plus AUCUNE patience envers ces espèces de crét.. euh… ces espèces de gentils bons hommes. J’ai eu la discussion avec plusieurs voyageurs et une majorité pensent que la question n’est pas de savoir SI on va un jour avoir son voyage des indiens, mais QUAND. Tout le monde a une limite et la mienne aura durée 45jours.
Bon, retournons à la programmation principale. J’en étais donc à ma sorti de l’hôpital. Contrairement à mon trajet précédent, j’étais un peu plus équipé pour veiller tard et le chauffeur de tuk tuk a trouvé la négociation longue. À sa décharge, il n’a pas tout compris les mots que je prononçais puisque beaucoup étaient en français (je ne peux pas écrire ce que j’ai dit parce que je risque d’offenser quelqu’un…).
Je suis donc retourné près de la station de train en quête de café internet pour y passer la journée. Je pensais que ce serait la partie facile de mon plan puisque le Lonely Planet avait identifié plein de @ (signe pour un café internet, wifi, etc.) à proximité, en plus de mentionner qu’il en pleuvait à Chennai. 1 heure plus tard, mon constat était ‘’légèrement’’ différent. Après avoir marché chacun des hôtels/hostels/agences de voyage/name it… Yen avait pas un cal&@s qui voulait me louer leur wi-fi/internet sans avoir au préalable booké une chambre/ un billet de bus/train, etc.
C’était donc retour à la case départ devant la gare de train avec mes sacs à dos… à 10h du matin. N’ayant AUCUNEMENT l’intention de visiter la ville, j’ai alors décidé de filer directement à l’aéroport même si mon vol était seulement à 18h30.
J’ai donc passé un gros 6 heures devant le comptoir d’enregistrement avant de finalement voir le nom de mon vol s’afficher. On aurait dit Tom Hanks dans le film ‘’Terminal’’ à la différence que mon pays n’était pas en insurrection, que j’avais de l’argent (plus pour longtemps, mais bon… je ne veux pas gâcher le punch), que ça n’a duré que l’instants de quelques heures, que je n’étais pas dans le terminal. Ah pis bon, je pense que vous avez compris.
La partie la plus ‘’sympathique’’ de ma journée fut de me »laver ». J’arrivais d’un train de nuit, j’étais un peu pas mal poqué, j’ai donc voulu aller me laver un peu et changer de vêtement. Après avoir fait un tour d’horizon, la toilette pour handicapé se voulait l’endroit tout désigné. Tranquillité assurée, mais salubrité inexistante. En entrant dedans, cela ne semblait plus un aussi bon plan; la toilette était bouchée de papier, il y avait des couches souillées par terre dans un coin de la pièce, l’odeur était à réveiller un mort et il y avait un »filet » d’eau par terre.
Autant vous dire qu’il était hors de question que mes pieds touchent par terre et je devais poser mes sacs… mais où? Bref, je ne crois pas que vous voulez plus de détails, à moins que vous vouliez la vérité à la ‘’Pan’s Labyrinth’’ et non la version édulcorée à la sauce Disney?
J’ai aussi profité de cette journée à l’aéroport pour me foutre de la gueule de mes bubbleheads indiens. Mais qu’est-ce qu’un bubblehead indien? Eh bien ce sont les indiens en général. Quand ils parlent, ils font généralement plein de mouvement de la tête I DEN TI QUE au mouvement des petites figurines bubblehead qu’on retrouve souvent dans les boutiques de souvenirs sportifs. C’est littéralement devenue une drogue de regarder une discussion entre 2 indiens.
Qu’est-ce que ce mouvement de la tête veut dire? Les avis à ce sujet sont divers et aucun ne sais vraiment comme l’interpréter puisque ça varie d’un indien à l’autre. Pour l’un, cela peut vouloir dire « oui », pour l’autre « non » et pour l’autre « je sais pas/peut-être ». Bref, la signification demeure un mystère, mais il n’est absolument pas requis de comprendre pour »l’apprécier ».
Mon copain Roark s’est assis l’autre fois avec l’un d’entre-eux qui faisait ce mouvement et qui parlait bien anglais. Il lui a demandé pourquoi il faisait ce geste et qu’est-ce que cela signifiait. Eh ben, la seule réponse que nous avons eu c’est »de quel geste de tête parlez-vous » pendant qu’il faisait un geste de tête. Il est donc clair pour moi qu’ils ne font pas cela consciemment…
Pour clore cette belle journée du côté indien, lorsque j’avais booké mon billet d’avion, j’avais choisis un siège dans l’allée de la porte. J’ai donc été très enchanté d’apprendre qu’on m’avait changé de siège… pour aller en première classe. Je n’en croyais pas mes yeux, ma journée de cul allait prendre fin avec un vol en première classe.
Bon, le vol n’a durée que 1h30, mais j’ai quand même passé au travers d’une bouteille de vin européenne et eu un repas 5 services tout eu étant assis dans un fauteuil hyper moelleux. On aurait pu aller virer en Australie tellement j’étais bien.
À ma sorti de l’aéroport, je flottais donc sur un nuage. Ce que je ne savais pas, c’est que tout cela était seulement un mirage et que ma journée de cul allait continuer de plus belle. Même que le pire était à venir…
Épisode 8 – Beer, Bear, Beard, Bird
Kochi, Cochi, Cochin, Fort Cochi, Fort Kochin, etc. nommez les, toutes les façons sont bonnes pour épeler le nom de la ville (et vous trouverez chacune de ces prononciations utilisées au moins une fois dans la ville) où je suis allé directement après Mysore. Pour les besoins de l’article, nous utiliserons donc Kochi, parce que c’est ma manière préférée bon…
Pour ajouter à tout cela, les stations de train et d’autobus se situent sur le continent dans la portion de la ville appelée Ernakulam. J’étais donc un peu beaucoup confus quand j’ai demandé un billet pour Cochi et que je me suis ramassé à Ernakulam.
Kochi est l’une des grandes villes de la province du Kerala et un incontournable pour tout touriste qui se respecte et qui passe un peu de temps dans le sud de l’Inde. La ville est composée d’une agglomération terne et sans intérêt sur le continent (Ernakulam) et de plusieurs îles, dont celle qui attire les touristes; Fort Kochi. À l’époque des colonies, l’endroit qui se trouve à l’embouchure de l’océan, était un comptoir d’échange très important. Le fort a été tour à tour occupé par les portugais, les hollandais et les britanniques et cela se reflète dans son architecture. C’est donc très agréable de simplement se promener dans les rues et de s’y perdre.
Une chose a frappé mon imaginaire à mon arrivé là-bas. Il y avait sur le bord de l’eau d’immenses structures de bois similaires à des catapultes médiévales (avec un système de balancier). J’ai par la suite appris que ces structures de bois étaient en fait des filets de pêche chinois; la structure comprenant plusieurs filets est balancée dans l’océan et ensuite remontée capturant ainsi plusieurs poissons, vieilles bottes, etc.
L’endroit perd un peu de son charme avec la présence d’un important port pétrolier tout juste de l’autre coté de l’île et de la présence d’une base militaire à quelques centaines de mètres de l’autre coté, limitant ainsi l’accès à la plage à une toute petite portion.
Le soir venu, il vous suffit de vous promener près de la plage pour tomber sur une multitude de marchants étalant tous les poissons qui ont été pêchés durant la journée. Vous pouvez y sélectionner votre/vos poisson(s) pour ensuite aller vous trouver un cuisinier pour vous préparer le tout (ce que j’ai fait). Le Nicolas d’avant l’Inde m’aurait trouvé complètement dégoutant en me regardant manger à main nue un poisson qui était en entier dans mon assiette (avec la tête, la peau et tout), mais bon, un peu moins de 2 mois en Inde te change une personne.
Malgré toutes les belles choses à propos de Kochi, on fait très vite le tour de l’endroit. Cela représentera essentiellement un lieu de repos et/ou de transit qui permet de rejoindre facilement pas mal toutes les destinations du sud de l’Inde, notamment les backwaters (Allepey) à proximités et les montagnes (Munnar et Kumily pour ne nommer que les principaux).
Autrement, depuis mon arrivée dans le Kerala, j’ai remarqué la présence de BEAUCOUP d’églises. Ce n’est donc pas un hasard si le slogan de la province est »God’s own province » (la province où reste Dieu… en voulant dire que c’est tellement beau que même Dieu demeure là-bas).
Exit Kochi, bienvenue Munnar et les montagnes.
Le trajet de bus de jour qui m’a conduit là-bas s’est fait en 2 temps; 2 heures à passer de ville en ville et 2h30 à foncer à tout allure sur une route sinueuse de montagne. Si vous n’aimez pas trop l’air climatisé naturelle, eh bien sachez qu’il n’y avait pas de fenêtre dans ce bus (peut-être qu’il y en avait à l’époque où il n’était pas périmé… c’est-à-dire dans les années 60) seulement de gros rideau de fer qui peuvent se déplier. Je ne peux tout simplement pas concevoir un trajet sous la pluie dans un de ces bus.
Le trajet en montagne se faisait au travers d’une forêt dense de feuillus et de palmiers jusqu’à ce que Munnar se pointe à l’horizon. À partir de là, Le paysage a changé du tout au tout. La forêt a fait place à des flancs de montagnes aménagés en champs de thé. Il y avait donc de petits arbustes d’un vert vif partout. De ce fait, je peux vous confirmer que le thé n’a pas seulement des capacités de relaxation quand on le déguste, mais aussi quand on le contemple à son état naturel. J’’étais d’une zenithude absolue… même si j’étais assis squeezé entre mon sac et pas le plus petit des indiens.
Après quelques 4h30, j’ai eu droit à mon désormais habituel »last stop (dernier arrêt) ». Tout le monde descend.
Munnar est l’un des endroits qui est à l’origine de la renommé de l’état du Kerala. La ville se trouve à 1500m d’altitude et l’air y est plus frais et beaucoup moins chargé en humidité. À l’époque de la colonie Britannique, le gouvernement du sud de l’Inde passaient l’été dans cette station de montagne pour ainsi éviter la canicule.
Les plantations de thé qui tapissent la grande majorité des vallées environnantes sont la raison principale d’aller là-bas puisque les panoramiques sont à couper le souffle. Vous pouvez vous promener librement directement dans les plantations autour de la ville. Autrement, vous pouvez louer un scooter pour la journée et en sortant de quelques kilomètres de Munnar peu importe la direction, vous aller tomber sur des paysages plus époustouflant les uns que les autres. Aussi, l’un des endroits à ne pas manquer se nomme Top Station; c’est un belvédère se situant à 33km de la ville qui offre une belle vue sur les montagnes.
Malheureusement pour vous, Munnar est le genre d’endroit qui se prend difficilement en photo, dans la mesure où aucune photo ne pourrait lui rendre justice puisque le ciel est souvent nappé d’un faible couvert nuageux ce qui a pour effet de diffuser la lumière uniformément (le ciel sort blanc éclatant).
J’ai donc pris un bus public tôt le matin pour me rendre à Top Station. En montant, j’étais un peu déçu puisque le chemin longeait beaucoup de plantation, mais cela allait trop vite et tout dépendant du coté du bus bondé que tu étais, tu ratais toujours des paysages. Après avoir ri en pleine face du prix que le chauffeur de tuk tuk me proposait pour redescendre vers Munnar (il faut savoir que le Top Station n’est qu’un arrêt parmi tant d’autre pour le bus, on peu donc attendre longtemps avant qu’un autre bus passe) j’ai décidé de… retourner en ville à pied.
Alors, je veux vous entendre chanter avec moi; »33 km à pieds, ça use, ça use, 33km à pieds, ça use les… » gougounes.
J’entre très probablement dans le club des fous ayant marché Top Station à Munnar à pied. Je ne veux rien enlever aux autres, mais je vais avoir 2 astérisques à côtés de mon nom; d’une part, je l’ai fait en babouche et de l’autre, j’avais une blessure au bras qui me grugeait beaucoup d’énergie. Ahhh, aussi, le 33km est la distance officielle entre la ville et mon point de départ. Selon mon application Nike sur Iphone, j’aurais fait 40km en comptant tous les détours.
Est-ce que je l’ai regretté? Pas du tout. J’étais entouré presque continuellement de flancs de montagne tapissés de thé. Avoir eu un chauffeur, je n’aurais pas pu autant apprécier. Cependant, mes pieds ne sont pas du même avis. J’ai eu beau leur expliquer qu’ils avaient eu une grosse journée de repos la veille et que depuis le début du voyage ils n’avaient pas été très sollicités, ils m’ont expliqués que cela ne fonctionnait pas comme cela dans la fonction publique québécoise; tu ne peux pas justifier une grosse journée de travail parce qu’on a rien fait depuis 1 mois…
En bref, est-ce que c’était une idée stupide; sans AUCUN doute. Est-ce que je suis content de l’avoir fait; oui. Pourquoi? Eh bien, j’avais besoin de faire quelque chose qui allait booster mon moral puisque depuis mon accident à Hampi, je broyais pas mal du noir. Aussi, je suis content de ne pas avoir succombé à embarquer dans l’un des nombreux véhicules qui se sont arrêtés pour m’offrir un retour gratuit en ville.
Tout cela étant dit, je ne conseille à personne de faire ce truc de fêlé. Si vous voulez faire quelque chose qui y ressemble, je vous conseille plutôt de marcher de Top Station à Yellopetty (km 33 à 28), de prendre ensuite un bus (pas cher) ou tuk-tuk qui vont passer sur la route jusqu’à Mattupetty dam (barrage) au km 11 et d’ensuite faire le reste de la route en marchant. Comme cela, vous verrez les meilleurs endroits et vous aurez sauvé 16km.
En terminant sur le sujet, j’aimerais remercier mes babouches, quoique collante à la fin, qui m’ont supporté tout le long et la quantité d’indiens qui m’ont demandé tout au long du chemin; »where are you going? (où est-ce que tu vas comme ça?) » et la face complètement médusée qu’ils faisaient en entendant la réponse; »Munnar ». Certains commençaient alors à vouloir répondre »but… (mais…) » et c’est à ce moment que je continuais mon chemin.
À mon retour à l’hôtel après ma marche de la mort, j’ai rencontré un américain (Roark (oui oui, c’est un nom) – de Seattle – a lâché son travail il y a 1,5mois et voyage en Asie pour au moins 1 an) avec qui j’ai beaucoup d’affinités. Le lendemain, juste avant d’aller prendre mon bus pour Kumily, je l’ai croisé dans le corridor et je lui ai proposé de venir avec moi là-bas. Il n’en fallait pas plus pour le convaincre et il a fait ses bagages en 2 temps 3 mouvements.
Nous nous sommes donc pointé à la station de bus pour apprendre que la liaison avait beaucoup de retard (heures) ce jour là. Nous étions au total 6 touristes, alors nous avons décidé de louer un taxi (jeep). Plusieurs d’entre-nous on cru que ce jeep serait notre tombeau tellement notre chauffeur roulait en malade (il roulait plus dangereusement que la moyenne des indiens qui roulent déjà dangereusement). Il dépassait des gens en plein virage en flanc de montagne sans pouvoir voir si un véhicule pouvait s’en venir en sens inverse. Bref, a hell of a ride et cœur sensible s’abstenir (j’étais sur le bord d’être malade).
Durant le trajet, une autrichienne qui m’avait vu marcher le long de la route la veille m’a affublé du surnom »Crazy Canuck’’. Pour ceux qui ne le savent pas, le terme Crazy Canuck désignait les membres de l’équipe masculine de ski dans les années 70. Ils étaient réputés pour être sans peur et puisque le sport national en Autriche est le ski et que l’autrichienne connaissait l’histoire du ski par cœur (elle m’a nommé le nom des 4 membres des Crazy Canuck), comme moi j’en ferais de même pour le hockey, le nickname est parti de la.
En ce qui concerne Kumily maintenant…
Tout d’abord, cet endroit peut créer la confusion. Certains emplois le nom de Kumily pour l’identifier, d’autre Peryard et d’autre Thekkady. Si vous allez là un jour, sachez que cela fait référence à un seul et même endroit et qu’ils sont aussi valides les uns que les autres.
La raison pour aller à Kumily était bien simple; la ville est à 2 pas du Peryard Wildlife National Parc, la plus grande réserve d’animaux sauvages dans le Sud de l’Inde et la 2ème en superficie au pays. Le parc abrite entre autre des tigres et des éléphants sauvages. J’avais lu qu’on pouvait y faire des treks en petit groupe accompagné de guide et c’était la raison de ma présence là-bas (il n’y a absolument rien d’autre à faire). C’est pas mal le discours que j’avais tenu à Roark pour qu’il me suive là-bas.
À notre arrivé, nous avons donc tout de suite réservé le Border Trek; une marche dans le parc de 8am à 5pm, lunch inclus. Dès le départ, on nous avait avertis que c’était quasiment impossible de voir un tigre à cette période de l’année et qu’il y avait de bonne chance de voir des éléphants. Dans la tête de moi et Roark, le « quasiment » et « bonne chance » ont été interprétés; »on va voir des tigres et des éléphants sauvages ». Le mot sauvage est très important puisque j’ai vu beaucoup d’éléphants en captivités jusqu’à maintenant, mais dans la nature c’est différent et je suis toujours vierge d’éléphants sauvages.
Constat de la journée; 24km de marche (seulement 2 jours après ma marche de 40km) dans des sentiers de montagnes à monter et descendre des montagnes à la recherche d’éléphants et de tigres sauvages. Résultat de la recherche; aucun tigre, aucun éléphant, que des foutus bisons, mais des panoramas à couper le souffle.
Pendant toute la promenade, nous étions accompagnés par 2 guides, un chasseur armé d’un fusil de chasse (on marchait dans le parc… sans clôture) et de 2 autres touristes. Sans avoir vu de tigres, le feeling que j’avais durant toute la journée en parcourant les plaines, forêts, brousses, etc. était l’impression d’être dans le film Jurassic Park. J’avais le feeling qu’un T-Rex allait sortir à tout moment de nul part et le fait qu’un des gardes ait été armé renforçait cette impression.
Sinon, l’un des guides, probablement pour compenser l’absence d’animal, n’arrêtait pas de nous pointer des tas de merde d’éléphants et de tigres… toute la journée (une fois c’est bien, 2 fois cela peut aller, mais 15-20 fois, on repassera).
Les meilleurs moments du trek sont survenus quand l’un des guidess’est mis à nous parler des ours qui vivent dans le parc (il y a des ours noir). À notre plus grand plaisir, à chaque fois qu’il voulait prononcer le mot ours (bear), il prononçait plutôt bière (beer). Cela a donc donné de désormais grands classiques comme »you can see beer in the tree left to the trail (vous pouvez apercevoir des bières dans l’arbre à gauche du sentier) », »beer use to go there at night (des bières ont l’habitude de venir ici la nuit) » ou encore ‘’this hole was made by beer (ce trou a été creusé par des bières)’’. Moi et Roark avons donc commencé à chantonner »Beer, Bear, Beard (barbe), Bird (oiseau) », comme chanson thème du trek.
Aussi, petite mise en garde, quand c’est marqué « bouffe incluse » méfiez-vous et apportez tout de même quelques choses. Nous nous sommes retrouvé à manger une sorte de pain au déjeuner, une autre sorte de pain au diner et une autre sorte de pain comme collation.
L’absence des 2 grands animaux s’explique en très grande partie en raison du fait que c’est la saison chaude présentement. Les animaux se cachent généralement dans la journée puisqu’il fait trop chaud et de toute façon l’eau est peu présente. En fait, le meilleur moment pour y aller est juste après la mousson; il y a beaucoup d’eau et les températures ne sont pas si intenses. Ahhh… et pour ce qui désirerait faire un truc moins hardcore qu’un trek de 24km, il y a plusieurs autres choix…
Le moment le plus intéressant de notre séjour à Kumily fut de tomber par hasard sur un Liquor Store (qui avait des prix fixes bien identifiés sur un tableau géant… difficile de nous charger plus dans ce temps là). Nous avons donc eu droit à 2 belles soirées avec de grosses bières (1L) pour 1$ l’unité alors que le prix que nous avons généralement à payer est au moins 3 ou 4 fois supérieur (sauf à Goa).
Le lendemain matin, 30 minutes avant d’aller prendre mon bus pour Varkala, Roark est venu me voir pour me dire que c’était un plaisir de voyager avec moi et me proposer d’aller avec lui à Madurai. Les 30 minutes ont passées et j’ai finalement sauté dans le bus direction… Madurai. Je n’ai pas regretté ma décision puisque même si on m’a parlé en hyper bien de Varkala, cela reste une ville en bord de mer et au lieu de faire un détour, Madurai était à mi-chemin entre Kumily et Chennai (la ville où je prends l’avion pour le Sri Lanka).
Durant le trajet de bus, nous avons participé à une partie d’échec internationalle opposant moi et Roark à 2 indiens qui ne parlaient pas un mot d’anglais et qui étaient squeezé debout dans l’allée. Au départ, je dois avouer qu’on les prenait un peu beaucoup à la légère, mais on a arrêté de rire quand ils ont tués notre reine dans une embuscade. Nous avons finalement gagné la partie, mais cela aurait pu tourner des 2 cotés.
Sinon, Madurai a essentiellement été une étape de relaxation avant mon vol pour le Sri Lanka. Décrite dans le Lonely Planet comme étant l’âme de la province du Tamil Nadu, c’est une très belle ville (toujours indiennement parlant parce si c’était au Canada, je vous conseillerais fort probablement d’aller à Thunder Bay – ONT ou encore St-Quentin – NB avant…même si il n’y a rien à faire dans ces 2 villes), mais il n’y a pas grand chose à faire.
Tout au long de mon séjour là-bas, j’avais l’impression d’être au beau milieu du film »Spy Game », dans une ville du moyen-orient, en train d’incarner Robert Redfort ou Brad Pitt (excellent suspense de guerre en passant), l’ambiance était la même.
Sinon, il y a 2 choses à ne pas manquer.
D’une part, le temple de la ville est grandiose… et l’entrée est très abordable. Cependant, vous aurez à passer au travers de la fouille la plus minutieuse que j’ai eu à passer en Inde (aéroport compris) pour y arriver. Normalement, il y a des détecteurs de métal et quand ça beep à ton passage, tu n’as qu’à sortir un élément de tes poches et le montrer au garde pour qu’il continue de s’en foutre assis sur sa chaise (j’ai toujours pu garder mon couteau dans mes poches, même au Taj Mahal). Pas dans ce cas là… La gardienne se prenait littéralement pour une super héro et nous avons eu droit à la fouille le plus méticuleuse que j’ai eu droit jusqu’à maintenant dans ma vie. Après avoir retiré nos chaussures (comme dans chaque temple), la garde nous a apostrophé avec un salut militaire et un cri de mort; »booom ». Pour vous épargner les détails, il a fallu que je prenne une photo avec elle et moi et que je lui monte la dite photo pour lui prouver que ma caméra n’était pas une bombe.
L’autre élément à ne pas manquer sous aucun prétexte est une découverte que moi et Roark avons faite à notre dernier soir en ville. En allant prendre un lunch sur l’un des nombreux toits terrasses que les hôtels de la ville proposent aux touristes, nous sommes tombé sur… un bar… ayant été conçu… à l’image… de l’intérieur… d’un vaisseau spatial tout droit sorti des vieux films de Star Wars et Star Trek.
Ce n’est pas compliqué, les 2 bras et ma mâchoire sont tombés. Le gamin en moi qui adorait ces films (bon, je l’avoue, je les aime encore) capotait. Il y avait plein de petites lumières qui clignotaient partout et l’ambiance était telle que je m’imaginais dans mes rêves. Je me serais par contre passé de musique indiano-techno-bizarre au profit de classiques plus à propos tels »ground control to major Tom » de David Bowie, etc. Ce n’est pas compliqué, tout amateur de science-fiction doit faire un pèlerinage (euh) au bar Apollo (ouais comme les fusée) de l’Hôtel Supreme.
Sur une note encore plus légerte, beaucoup d’homme à Madurai et dans le Tamil Nadu portent un drap à la place d’un pantalon. Tandis que certains le porte comme une jupe, d’autre le porte comme une couche culotte. C’est quand même drôle de voir un indien avec une belle chemise… et une couche-culotte. Personnellement, c’est comme cela que je me suis toujours imaginé les lecteurs de nouvelles des téléjournals; un beau complet pour la caméra et en bobette en dessous du bureau pour le confort.
La ville a aussi été témoin d’un phénomène très rare. En fait, je crois qu’il y a plus de chance d’apercevoir la comète de Haley qui passe à tous les 72ans je crois (pas sur de l’orthographe). J’ai fait mon L_ _a _e à l’_ _ci_ _ _e (voir à la fin de l’épisode pour avoir la réponse et l’explication). Premier et seul indice que je donnerai; ceux qui me connaissent bien, surtout ma famille, ne pourraient jamais concevoir que j’ai fait cela.
Sinon, je me rappellerais de Madurai comme de l’endroit où j’ai mangé 2 de mes meilleurs repas (hyper pas cher en plus) en Inde jusqu’à maintenant (et ce n’est pas les bons repas qui manquent en Inde). Malheureusement pour vous, je n’ai pas la mémoire des noms de restos et c’était 2 restos pris au hasard, donc aucunement dans le Lonely Planet (normalement, les restaurants que le guide recommande proposent de la bonne nourriture, mais sans plus et un peu cher la plupart du temps… si vous voulez essayer la vraie nourriture indienne, il faut se fier à son instinct et sortir des sentiers battus).
C’est donc à la station de train que j’ai laissé mon buddy Roark. Après lui avoir expliqué les rudiments des trains de nuit et l’avoir aidé à trouver son train et wagon en direction de Mysore, je suis monté dans mon train en direction de Chennai. Au revoir Roark, ce fut un plaisir… et je crois que ce n’est qu’un au revoir.
Donc, direction Chennai où je dois en principe prendre l’avion en début de soirée pour le Sri Lanka. Je n’ai aucunement envie de visiter cette ville. En fait, j’avais une mauvaise opinion de celle-ci et tous ceux à qui j’en ai parlé n’ont fait que la consolider. J’espère donc que mon train aura un peu de retard (pas trop quand même), sinon j’ai bien l’intention de squatter un café internet jusqu’à ce que je me pointe à l’aéroport.
À la veille de quitter l’Inde après un peu plus de 1 mois et demi ici, j’aimerais remercier mon IPhone pour être ce qu’il est; mon meilleur ami. Un meilleur ami c’est quelqu’un qui vous réconforte dans la quantité industrielle de moments difficiles s arrivent (il est toujours là pour mettre de la musique à mes oreilles; merci à ‘’Mumford and sons’’ d’exister, à ‘’Kavinsky’’ d’avoir créé ‘’Nightcall’’ et à Calvin Harris d’avoir fait de même avec ‘’Feel so Close’’), qui prend le temps de vous écouter (chaque mot qui est écris dans mes chroniques a tout d’abord été écris dans le bloc-note de mon iphone quand j’ai croisé un indien bizarre, quand quelque chose de cocasse m’est arrivé, etc.), qui vous réveille le matin, qui vous signale la présence d’un wi-fi, etc.
Je regarde tout le bagage d’expérience que j’ai pu accumuler depuis mon arrivé ici. Ce n’est pas compliqué, je ne suis plus la même personne. Le gars impatient et pour qui ne rien faire était inconcevable a fait place à un gars beaucoup plus posé, qui ne se stress plus avec la vie, se contentant plutôt de suivre le courant. Ma première semaine ici a été un cauchemar, j’étais en état de panique constante et le simple fait de penser à me déplacer d’une ville à l’autre me faisait faire des nuits blanches. Maintenant, les bus et les trains n’ont plus de secrets; train de nuit (on book un peu à l’avance, on se retrouve sur une liste d’attente et on croise les doigts ou sinon on opte pour le tourist quota 24-48h à l’avance), train et bus de jour (on se présente sur place, on prend un ticket et on embarque) et bus de nuit (tout d’abord, je ne conseille à personne les bus de nuit, mais bon, des fois on a pas le choix… donc réserver la veille est généralement ok). Même ma blessure, qui me fait chier au plus haut point, n’arrive pas à me stresser.
Réponse de la devinette; j’ai fait mon lavage à l’ancienne. Oui oui… En fait c’est pas vraiment à l’ancienne puisqu’ici c’est encore la méthode, mais bon, avec le seau d’eau et tout le tralala. Est-ce que le soleil a frappé trop fort sur ma tête me demanderez-vous? Oui, mais ce n’est pas la raison. La raison principale est que j’avais usé toute les ressources imaginables pour ne pas avoir à faire de lavage jusqu’ici, mais à Madurai, j’ai été placé devant le dilemme; tu achètes du nouveau linge et tu jettes l’ancien… ou tu laves l’ancien. J’avais donc décidé d’aller porter mon linge à la réception de l’hôtel le lendemain tout comme Roark. Cependant, le coup était beaucoup plus élevé que j’avais imaginé et je n’avais pas les fonds suffisants. J’avais donc remis cela au lendemain. Entretemps, l’américain avait donné son linge à la réception et c’est quand nous sommes allé le rechercher que j’ai décidé de le faire moi-même. Son linge séchait par terre enroulé dans du papier journal dans une salle sans fenêtre remplie de… coquerelles. J’ai donc mis en pratique ce qu’une fille m’avait montré (j’avoue j’écoutais pas trop) à Hampi. Je m’attendais au pire, mais ce fut un sans faute. Fin de l’histoire.
Bonne journée de travail mes chanceux… 🙂
P.S. Un vendeur qui parlait très bien anglais et a qui nous avons dit que nous n’étions pas intéressé, nous a répondu une phrase épique; je comprend très bien que vous n’êtes pas intéressé, mais mon travail ne me permet pas de comprendre que vous n’êtes pas intéressé. Cette franchise explique bien des choses…
PHOTO À VENIR… DÉSOLÉ J’AI PAS EU LE TEMPS DE LES CLASSER
Épisode 7 – Les risques du métier…
Profession actuelle; voyageur à temps plein
En tant que professionnel, je suis soumis aux risques inhérents de mon métier. Il faut accepter de courir certains risques, autrement autant plier bagages, aller pleurer dans les jupons de ma mère (non ma mère ne porte pas de jupons… c’est une métaphore… euh je crois), m’acheter du pop-corn et/ou des Doritos et ne plus jamais sortir de mon salon. Les risques que j’encourent en exerçant ma profession sont donc; mourir dans un écrasement d’avion (rare, mais possible), attraper une maladie incurable (je pourrais difficilement être à un meilleur endroit actuellement), me faire prendre à la douane avec de la drogue (pour les cinéphiles, j’ai 2 bons films tirés de faits vécus à ce sujet; »Bangkok allé simple » et »Midnight Express »), mourir d’un empoisonnement quelconque sur une île paradisiaque de la Thaïlande, me faire voler, oublier des choses à un endroit et m’en rendre compte seulement rendu dans une autre ville et/ou encore avoir un accident de la route (mortel, qui entraine une débilité/handicap quelconque ou de simples blessures superficielles).
Pour ceux qui ne sont pas sur mon facebook, sachez qu’il m’est arrivé l’une de ces bad luck. Vous pouvez tout de suite éliminer celle qui entraine la mort puisque je suis à vous écrire présentement. Concernant les maladies, il est beaucoup trop tôt pour le savoir, mais avec la tonne de vaccins que j’ai reçus avant de partir et la quantité de pilule que je prends, j’en douterais. Il ne reste donc que quelques possibilités; arrêté pour possession de drogue, accident de la route, vol ou oubli.
Je n’aurais pas écris un aussi long préambule pour un vol ou un oubli… et je n’ai pas (encore) été pris aux douanes avec de la drogue. Anyway, vous en auriez entendu parlé aux TVA 18h; »un ressortissant canadien a été pris la main dans le sac en train de passer de la drogue au douane indienne ». Ensuite, vous auriez probablement eu un court vidéo de moi en train de clamer mon innocence; »je pensais que c’était un sac de farine ».
Je vais mettre fin au suspense littéralement insoutenable; j’ai eu un accident de la route à Hampi. Bang…
Avant d’en parler plus longuement, remontons tout d’abord 2 jours avant l’incident…
À cette époque je filais le parfait bonheur en profitant de mes derniers instants à Gokarna (mon premier paradis asiatique).
Je m’apprêtais alors à prendre un bus pour Hampi. J’avais fait beaucoup de train de nuit jusqu’à maintenant, mais ce trajet allait représenter mon premier voyage en autobus de nuit.
Verdict? Disons simplement que le bruit d’un moteur de bus (avec le rpm dans le tapis parce que le chauffeur est un e&ti de %ave en roulant 1 vitesse trop basse) et le trajet sur des routes de brousse est loin de s’apparenter au son relaxant et au tangage endormant d’un train. Bref, nuit blanche; 1, sommeil; 0.
J’avais donc l’allure d’un zombie en sortant de l’autobus à Hampi seulement quelques minutes après les premières lueurs du soleil.
Malgré des yeux dans la »graisse de bine », j’ai vite compris que cet endroit était unique. Le paysage sort de l’ordinaire, autant en Inde que partout où je suis allé dans le monde jusqu’à maintenant.
Vous prenez un territoire d’environ 10 kilomètres carrés, vous faites un centaine de milliers de voyage de grosses roches aux formes arrondis (il est important de commander beaucoup de grosseur et non simplement une seule. Résistez à la tentation d’acheter au prix du gros ou en spécial), vous ajoutez par-ci par-là des palmiers et des plantations de bananiers et vous installez un très petit village au milieu avec une rivière qui serpente tout près. Pour les plus méthodique (non vous n’aurez pas de points bonus), vous pouvez construire un pont à proximité du village que vous prendrez ensuite bien soin de détruire avec l’aide des indiens s’occupant des ferrys (je n’ai pas de preuve, mais je suspecte que ce soit ce qui est arrivé). Enfin, l’élément le plus important, vous construisez une quantité incalculable de temples (de toute forme et de toute grandeur) sur la totalité du territoire. Une fois le tout près, faites mijoter pendant une couple de siècles afin de laisser le temps aux temples de se transformer en belles ruines et le tour sera journée. Ahhh… dans votre propre version de Hampi, je vous laisse la liberté de mettre la température que vous voulez. Si vous voulez une touche de réaliste, tournez le piton en mode »suffocation ». Ailleurs en Inde, on est généralement bien le matin jusqu’à midi ou 1h, mais là-bas à 9h c’était déjà insupportable.
Plus sérieusement, Hampi est un véritable terrain de jeu pour explorateur en herbe.
Autrement, le timing de mon voyage dans le sud de l’inde ne pourrait pas être mieux; Goa en était à ses 2 dernières semaines d’activités et les bus que j’ai pris de Gokarna à Hampi et le prochain de Hampi à Mysore ne seront plus en service sur une base quotidienne dans 4 jours. C’est donc dire que si j’étais resté 1 semaine de plus au paradis (Palolem ou Gokarna), j’aurais eu beaucoup de difficulté à venir ici.
J’ai passé un total de 2 jours à Hampi (arrivé le matin du premier et reparti le soir du 2ème). J’ai littéralement passé pour un extraterrestre en mentionnant aux autres touristes que je restais seulement 2 jours là-bas. Il faut savoir que la norme est environ 1 semaine…
Mon premier jour a été sans histoire, visitant le village et les temples à proximités. Le 2ème jour, j’avais l’intention de louer un scooter pour la journée afin de visiter le reste du territoire. Entretemps, j’ai rencontré 3 filles qui ont décidés de m’accompagner dans mon périple. L’une d’elle allait embarquer avec moi tandis que les 2 autres allaient louer un autre scooter.
Nous nous sommes donc levée hyper tôt afin d’aller admirer le lever du soleil du haut de Anjanadri Hill, ou dans le jargon touristique, à Monkey Temple (je vous laisse deviner pourquoi). Ça, c’était en théorie. En pratique nous avons manqué le lever du soleil par quelques minutes en raison d’un problème avec mon scooter. Nous avons donc dû aller réveiller le mécano pour nous aider. Cependant, pour réveiller le mécano, il fallait trouver le mécano. C’était comme chercher un indien dans une botte de foin; »cogne à la porte… »are you the bike mecano »… Cogne à une autre porte… et ainsi de suite…
Après coup, j’interprète maintenant cela comme un signe venant de je-ne-sais-pas-qui-ou-quoi qui voulait me prévenir de ne pas prendre de scooter ce jour là.
Nous sommes finalement parvenus au sommet du Monkey Temple et cela en valait pleinement la peine. L’une des montagnes les plus hautes de la région, cela offrait une très belle vue de la région.
Maintenant, vous voulez savoir comment avoir un beau bras comme sur la photo? Eh bien, vous n’avez qu’à suivre les étapes suivantes. Aller admirer un simili lever de soleil. Passer ensuite la journée à parcourir la région en vous arrêtant à pas mal tous les temples sur votre chemin. Alors que la journée s’achève et que vous êtes à environ 10min d’une douche et d’un hamac, acceptez finalement de passer le volant à la fille qui était avec vous après lui avoir dit non toute la journée. Finalement, regarder impuissant la même fille perdre la contrôle du dit scooter seulement 2 minutes plus tard parce qu’en regardant tout sauf la route, elle n’avait pas vu un dos d’âne et que quand nous sommes passé sur le dit dos d’âne son réflexe a été de braquer le volant à 90 degrés. Si vous suivez toutes ces étapes, vous aurez un beau bras et une paume de main qui ressemblent à un proscuito.
Résultat de l’accident; mes 2 amies (les 2 sur l’autre scooter et non pas 3 parce que l’e$%i de f#ll* qui était sur mon scooter n’existe plus pour moi), ainsi que la tonne d’indiens qui se sont attroupés autour de nous, ont appris beaucoup de nouveaux mots en français (pas les meilleurs).
Après coup, je me considère quand même très chanceux d’avoir de simples égratignures (très grosse, mais quand même de simples égratignures) au bras droit. Cela aurait pu être bien pire puisque je ne portais pas de casque (même si j’avais voulu un casque, il n’y en a pas à louer) et que nous devions rouler à 60-70km/h au moment de l’accident. Autre élément heureux, un policier se trouvait à proximité de l’accident quand c’est arrivé. Il nous a tout de suite conduit au médecin du village (maison très clean, hyper gentil et professionnels). Au moment où je pensais appeler mes assurances de voyage afin de les aviser de ma malchance pour qu’il paie la facture, le médecin m’a présenté une facture de… 70rs (environ 1.50$). J’ai donc laissé tombé le coup de téléphone (je m’imagine appeler mes assurances pour 1.50$).
Autrement, bien que j’ai bien aimé l’endroit, 2 éléments m’ont royalement fait chier. Tout d’abord, même si il y a une station de bus dans la ville, les bus qui arrivent de l’extérieur arrêtent à environ 3-4km de là. Tout le monde est donc obligé de prendre un tuk-tuk. Le prix n’est pas élevé, mais c’est simplement une question de principe et je n’aime pas me faire prendre pour un cave. Sinon, Hampi est séparée par une petite rivière qui passe en son centre. Avant il y avait un pont un peu à l’extérieur de la ville, mais maintenant, pour traverser d’un coté à l’autre, il faut absolument prendre l’un des 3 ferrys (des chaloupes qui sont sur le point de couler). C’est encore une fois une question de principe, mais aussi le fait que les ferrys ne traversent pas tant qu’ils ne sont pas pleins (tu peux donc attendre 30min comme un con) et qu’ils arrêtent à 18h (après cela tu vas devoir sortir le chéquier).
Ce refus d’aller de l’avant me fait beaucoup penser au Québec. Si nous avons le choix entre conserver 50 jobs et avoir des méthodes de travail désuètes ou moderniser, le Québec décidera plus souvent qu’autrement de faire le statu quo. Comme je le dis souvent, une chance que le Québec n’était pas comme cela au début du 20ème siècles sinon nous serions encore pogné avec une tonne de forgerons. Enfin bref… ce n’est pas le sujet de cet épisode.
Pour terminer sur une note un peu plus légère ma section sur Hampi, disons que les pannes de courant sont très fréquentes (plutôt que le courant se fait rare). C’est quand même drôle puisqu’il y a très souvent un poteau et/ou un fil d’électricité dans votre champ de vision quand vous voulez prendre une photo des temples.
Le bus de nuit que j’ai ensuite pris le soir même (je vous rappelle que je venais de me blesser quelques heures plus tôt) pour Mysore a été TRÈS pénible. Je vais donc éviter le sujet.
Autrement, j’avais entendu beaucoup de bien à propos de Mysore et ce, de plusieurs voyageurs que j’avais rencontrés depuis le début de mon périple.
Que dire de cette ville sinon qu’elle se décrit difficilement avec des mots ou avec des photos… elle se vit tout simplement. Bien sur, les premiers instants à mon arrivé en ville ont été comme d’habitude; encore une grande ville comme les autres. Cependant, après quelques minutes, j’ai eu l’impression qu’il y régnait une ambiance différente. Je trouvais que les gens n’étaient pas achalant, ils étaient simplement courtois. En me promenant dans les rues, les habitants me donnaient l’impression que j’étais l’un des leurs, non pas un touriste blanc.
La seule chose à ne pas manquer est la visite du Maharaja Palace (je crois que c’est un incontournable… N’oubliez pas d’y retourner en soirée pour le voir illuminé). De l’extérieur il avait l’air d’un gros gâteau à la banane saupoudré de cerise (En d’autres mots, ça ne me tentait pas plus d’aller à l’intérieur). Au lieu d’écouter le démon qui se perchait sur mon épaule gauche et qui me disait de »sacrer mon camp », j’ai plutôt écouté l’argument de l’ange sur mon épaule droite qui me disait; »tu n’as rien d’autre à faire de ta journée et il est seulement 12h. J’ai donc visité le palais et à ma grande surprise, je n’ai pas regrettée. Le palais ne ressemble à aucun autre palais en Inde. Il a une touche occidentale et coté architecture, c’est très impressionnant. Malheureusement, il était défendu de prendre des photos à l’intérieur.
Pour le reste, le bazar principal (Devaraja market) a représenté une belle surprise (je ne suis vraiment pas un fan de bazar, mais celui-ci est différent; c’est comme si j’étais au marché Atwater à Montréal (encore une fois post-apocalyptique)). En entrant dans le market, un jeune indien m’a approché, m’a posé les questions habituelles; nom, pays d’origine, combien de temps que je suis en Inde, etc. Il a ensuite commencé à me parler en français quand il a compris que c’était ma langue maternelle. Il m’a alors fait faire le tour du propriétaire (sans me demander de l’argent en retour) et m’a fait manger une spécialité du coin. Je ne me rappelle pas du nom, mais ce que je sais c’est que ça ressemblait comme2 gouttes d’eau à un cerveau…
Enfin, pour ceux qui se cherche vraiment, mais vraiment quelque chose d’autre à faire dans cette ville (comme moi), vous pouvez aller en haut de Chan hill pour y voir un temple et y admirer la ville (boffff). Sinon, j’étais dans un hôtel ou le concept d’insonorisation n’était qu’une théorie obscure.
Je ne suis vraiment pas déçu de quitter Mysore. Pas que j’ai détesté la ville, au contraire c’est l’une de mes belles expériences de villes en Inde. Même que si je voulais passer le reste de ma vie dans une ville en Inde (j’aimerais mieux mourir, mais jouons le jeu une seconde), elle serait assurément dans les finalistes. C’est plutôt qu’il n’y a vraiment pas grand chose à faire mis à part crever de chaleur.
Sinon, les chauffeurs de tuk-tuk sont remplis de surprise. Quand vous refusez leur offre pour vous faire conduire à une destination quelconque, beaucoup sortent leur artillerie lourde en vous proposant de la marijuana ou même de l’opium…
En terminant, l’autre jour j’ai lu un article qui m’a frappé; chaque année 7 millions d’enfants âgés entre 0 et 5 ans meurent. De ce nombre, 2 millions meurent en Inde. Imaginez un instant, la population du Québec est actuellement d’environ 7 millions d’habitants. Combien d’enfants ai-je croisé, salué avec un signe de la main ou avec un sourire, pris une photo avec eux, joué au ballon pendant quelques secondes ou plus communément refusé de donner de l’argent, vont être mort l’an prochain. J’ai de plus en plus de difficulté à gérer tout cela. Je me sens parfois comme un voleur puisque je suis en vacance ici pour profiter des merveilles de leur pays pendant que beaucoup d’entre-eux meurent de faim.
Quand tu te promènes dans une grande ville, il y a tellement de mendiant que s’en est presque normal. Par contre, dans un endroit très petit comme Hampi, la pauvreté a un visage. Tu ne fais plus face à une foule (quand il y a un grand nombre de mendiants, tu regardes la foule de mendiants, non pas une personne à la fois, c’est donc impersonnel), mais à 1 ou 2 visages qui te regarde complètement désespéré. Il est donc difficile de s’en laver les mains comme avec les foules.
Je ferais un parallèle boiteux avec une présentation orale. C’est souvent plus stressant de parler devant 20 personnes sur lesquels tu peux mettre un visage que devant une foule de 2000 personnes (c’est moins gênant puisque ce ne sont plus des individus, mais une foule).
L’un des indiens à qui j’ai parlé récemment me disait que si il m’arrivait à moi, le touriste blanc, un accident et que j’étais blessé gravement ou pire encore, le premier ministre de l’Inde prendrait surement la peine de se déplacer et offrirait au moins ses vœux. Par contre, si lui et sa familles devaient mourir demain, personne ne lèverait le petit doigt. Pourtant, l’indien avec qui je parlais était assurément dans la partie supérieure de la classe moyenne indienne…
Tout cela pour dire qu’on se complique tellement la vie en tant qu’occidental. On prend pour acquis tant de chose que beaucoup de personnes sur cette Terre n’oseraient même pas rêver; vous ouvrez le robinet et il y a de l’eau potable, vous allumez l’interrupteur et il y a toujours de l’électricité, vous avez faim, vous allez au supermarché, vous perdez votre emploi et le gouvernement vous fourni une aide, etc.
Les indiens n’ont rien de tout cela et trouve le moyen de sourire à la vie au quotidien. Pour notre part, on trouve le moyen de se casser la tête pour des choses qui n’ont aucune importance, alors qu’on oubli souvent l’essentiel; nous sommes des Privilégié de la vie. On parle souvent du 3% des personnes les plus riches de la société… Ahhh c’est méchant capitalistes. Eh bien, sachez qu’à l’échelle mondiale, tous les canadiens (Tout le monde… y compris les pauvres), faisons parti de cet infâme 3%.
Je me rappelle la vieille femme, que j’ai vue à Jaisalmer. En début de journée, elle était dans un petit chariot, toute blanche (à cause d’une surexposition au soleil) et ne bougeait pas d’un fil. Elle tenait une pancarte qui disait »je suis aveugle et paraplégique, donnez-moi de l’argent » ou quelque chose comme cela. Comme tous les autres, j’ai tourné le regard et j’ai continué mon chemin. Je suis retourné à cet endroit en fin de journée et elle n’avait pas bougé d’un poil (je suspecte qu’elle couchait là).
Je me rappelle aussi de ces 2 petits enfants hyper cutes qui s’amusaient à mes dépends en me quêtant de l’argent lorsque moi, Franko et Pascale étions au temple sur le bord de l’eau à Mumbai pour admirer le coucher du soleil. C’est bien parce que je ne pouvais pas m’en aller et qu’ils étaient mignons tout plein que j’ai fini par leur donner un gros 2 roupis chacun au bout de 15min d’acharnement de leur part. Vont-ils être en vie à la fin de l’année? Tout cela pour dire que j’ai de plus en plus de difficulté à dealer avec cela. je me sens des fois comme un voleur, c’est-à-dire que je viens admirer leur monuments/paysages/richesses, mais que je me fou de leur sort.
Bon, c’était la section mélo-dramatique. Vous pouvez ranger les violons…
L’épisode se termine donc ainsi… désolé pour ceux et celles qui aiment les belles conclusions.
PHOTO À VENIR… DÉSOLÉ J’AI PAS EU LE TEMPS DE LES CLASSER
Épisode 6 – Happy Holi… day
La présente chronique se scinde en 2 sections; la partie Happy Holi, qui relate mon séjour de 4 jours à Mumbai, et la section Holiday (vacance), qui relate mes 6 jours passés sur les plages de Palolem (4 jours) et Gokarna (2 jours).
Après 4 jours de voyagement infernal (voir épisode 5), j’arrivais donc enfin à Mumbai le 26 au matin. Comme toute grande ville où je suis allé dans ma vie, les premiers instants sont toujours difficiles (recherche d’éléments pour s’orienter, etc.). En Inde, les premiers moments à la sorti d’une gare de train ou de bus sont déterminants pour… votre portefeuille. Ne sachant généralement pas où aller, c’est à cet instant que le touriste moyen (moi) représente une proie facile pour les chauffeurs de tuk-tuk/taxi. Ceux-ci attendent les touristes de pied ferme avec des prix plus déraisonnable les uns que les autres et des promesses d’un super hôtel pas cher et à proximité de tout. Pour avoir déjà fait l’expérience 1 fois, vous vous ramassez généralement à l’autre bout de la ville et vous êtes le seul touriste blanc dans les environs. Il ne faut donc jamais tomber dans le piège de la facilité en acceptant leur offre. Personnellement, je refuse systématiquement l’offre des chauffeurs qui viennent à mes devants. Je préfère aller négocier avec ceux qui restent en retrait.
Ma première journée là-bas s’est résumé à trouver une chambre d’hôtel. À première vue, cela pourrait sembler facile, mais dites-vous que c’était une fête nationale le lendemain et que je devais en trouver une pour 3 et non pour moi tout seul. J’ai aussi profité du moment pour aller voir le coucher du soleil de la promenade.
Fast forward jusqu’au milieu de la nuit où je suis allé chercher mes amis François et Pascale à l’aéroport. Dans les heures précédant leur arrivé, je m’étais imaginé plein de scénarios catastrophes dans lesquels j’étais dans l’impossibilité d’aller les chercher ou encore que je n’arrivais pas à les trouver. Finalement, tout s’est passé comme sur des roulettes.
Le lendemain, c’était la fête des couleurs (Holi) en Inde. Le meilleur moyen de vous expliquer cette fête est avec la série de photos qui va suivre.
La fête consiste donc à se ‘’pitcher’’ de la couleur partout sur le corps (principalement dans la figure). Vous n’avez pas à aller à un endroit particulier puisque la fête se passe partout dans les rues de la ville.
Une fois la figure bien tachée, nous faisions parti de la gang. La très grande majorité des indiens qui nous rencontrait nous disais »happy holi » et certains rajoutait une couche de couleur sur nos visages déjà bien garnis. Certains indiens étaient tellement barbouillés que j’avais du mal à savoir s’ils étaient véritablement indiens ou des touristes comme nous.
La plupart des indiens lancent de la couleur en poudre, ce qui est assez facile à faire partir avec une bonne douche, mais certains vous étendent de la peinture mouillée dans la figure… et ça, croyez-moi sur parole, ce n’est vraiment pas facile à laver. Moyennant 2-3 douches de 30min durant 3 jours et un frottage du visage intense, j’ai réussi à tout faire partir en plus d’avoir une peau hyper lisse.
Complètement tâché, nous sommes ensuite allé voir le coucher de soleil dans le smog à partir d’un temple qui est ceinturé par l’océan et relié à la terre ferme par une simple promenade.
La journée d’après, nous avons pris un ferry (plutôt un vieux bateau en bois) à partir de India Gateway (l’arche) pour nous rendre jusqu’à Elephant Island (site de l’UNESCO). Une fois arrivé là-bas, on peu y admirer des temples sculptés dans le rock. Disons que ce n’était pas trop impression en comparaison aux grottes d’Ellora d’il y a quelques jours. Pour tout vous dire, le moment fort de ma visite s’est passé quand j’ai vu un attroupement de singes et de chiens sauvages. Je me suis alors imaginé une nouvelle race d’animal; les chienges. J’ai aussi pu y admirer l’un des enfants les moins »gâtés » sur la terre; en plus d’avoir une énorme mouche sur la joue, il était doté d’un seul sourcil bien noir et bien touffu (malheureusement, toutes mes tentatives de prendre une photo avec lui avec l’aide de Franko se sont soldées par un échec). Il avait cependant l’air très heureux malgré ses ‘’handicaps’’. Je sais, je sais, ce n’est pas drôle de se moquer des autres, mais bon…
Malgré ce que j’ai pu écrire dans le dernier paragraphe, je conseille d’aller faire un tour à Elephant island. Le trajet en ferry (1 heure allé) vous permettra d’admirer la grandeur démesuré de la ville de Mumbai.
Le secteur touristique de Mumbai étant une pointe de terre qui avance dans l’océan, cela fait en sorte de créer une immense (gigantesque) baie (il est difficile de voir de l’autre côté). Toute cette baie forme la ville de Mumbai. Pour vous donner une idée, je crois que la baie est plus grosse que le lac St-Jean. Mettez donc 17 millions d’habitants et des gratte-ciels partout autour du lac et multipliez la grosseur par 2 et vous aurez quelque chose qui ressemble à Mumbai.
À notre retour de l’ile Francois et Pascale ont gouté pour une première fois à la célébrité en Inde. Pendant que nous étions en train de contempler l’arche »Gateway of India » (l’un des monuments emblématiques de la ville), une quantité industrielle d’indiens se sont ‘’garochés’’ sur nous pour prendre des photos. Dans chaque site touristique c’est toujours du pareil au même; la plupart des indiens sont trop gênés pour venir vous demander une photo, mais à la minute où l’un d’entre-eux vous approche et que vous acceptez, cela fait boule de neige et tous les autres indiens vous sautent dessus. Bref, nous avons littéralement du partir de l’endroit afin d’avoir la paix.
J’avais un préjugé TRÈS négatif envers Mumbai avant d’y poser les pieds. Après 4 jours passés là-bas, je dois dire que ce n’était aucunement fondé. Bien que ce soit la plus grande ville de l’Inde, il y règne une ambiance différente. Je ne me sentais pas en Inde là-bas. La circulation n’est pas chaotique (il y a même des feux de circulation), la ville est propre, il n’y a pas d’animaux dans les rues, c’est assez facile de s’orienter (en marchant dans l’axe Est-Ouest, vous aller tomber sur de l’eau en 30 minutes) et la plupart des gens vous foutent la paix. Bien sur, je vous parle du centre-ville de Mumbai. Il faut savoir que Mumbai comporte le plus grand bidonville du monde et environ 55 à 70% de la population de la ville y vit.
Autre particularité de la ville, il n’y a pas de ricksaw dans les rues, seulement des petits taxis noir et jaune. De plus, le centre ville se marche très bien. Il est donc facile de se promener d’un attrait/monument à l’autre.
Tout cela étant dit, je crois que c’est la ville toute désigné pour commencer un voyage en Inde pour quelqu’un qui veut s’acclimater en douceur au pays. Si j’avais à recommencer mon voyage, j’entrerais en Inde par Mumbai sans hésiter.
Après Mumbai, je me suis dirigé vers la province de Goa, la destination soleil de l’Inde, avec un train de nuit. Si vous voulez du soleil, des plages et boire de l’alcool pas cher, c’est l’endroit tout désigné. La province se sépare en 3 parties; le nord, le centre et le sud. Le Nord et le Centre étaient décrits dans mon guide comme des endroits pour faire le party, tandis que le sud était sensé être un endroit propice à la relaxation. J’ai donc mis le cap sur Palolem au sud de la province. Bon… o va tout de suite mettre quelque chose au clair. Si la définition de ‘’tranquille’’ comprend les mots ‘’remplis à craquer de touristes’’ et ‘’party tous les soirs’’, alors c’était un endroit tranquille. Autrement, je n’ose imaginer les endroits moins tranquilles au Nord et au Centre.
Concernant Palolem, eh bien c’est un village le long d’une route de campagne avec une grande plage de 2-3km de long en forme de croisant. Sur chaque mètre de cette plage, on retrouve une quantité incalculable de restaurants et de guesthouses/huttes. Ils sont tous entassé les uns sur les autres et luttent pour leur place au soleil au travers des palmiers.
Après un long magasinage, j’ai finalement pris possession d’une belle hutte construite avec les moyens du bord (donc tout croche). J’avais en prime une belle salle de bain qui n’avait rien à envier à un trou creusé dans le sol. Pourquoi avoir choisi cette hutte aux allures paradisiaques me demanderez-vous? Parce que je devais débourser seulement 3$/nuit, que j’étais directement sur la plage et que j’avais un hamac à ma disposition.
De jour, les activités ne manquent pas à Palolem; se pogner le cul, faire du kayak (sans flotte, sans aucune indication de quoi faire ou ne pas faire… même pas un ‘’hey dude, va pas trop loin au large c’est dangereux’’), se baigner, dormir dans un hamac, admirer le coucher de soleil et j’en passe (il y en a tellement… oufff).
Le soir venu, la plage s’éteint complètement. Le bourdonnement de la journée laisse alors toute la place au bruit des vagues qui viennent frapper le rivage… et aux hurlements des chiens sauvages. C’est alors le moment idéal pour se mettre à la recherche d’un restaurant. Ceux-ci profitent de la plage déserte pour y installer des tables à la belle étoile, tout en ne manquant pas d’exposer leurs plus belles prises de la journée (poissons).
L’un des faits marquants de mon séjour là-bas aura été d’aller à un party silencieux. Intitulé ‘’Silent Disco’’, on vous remet des écouteurs à l’entrée et vous pouvez ensuite alterner entre 3 DJs qui rivalisent l’un contre l’autre afin d’attirer le plus d’auditeurs. Chacun des DJs a une couleur qui lui est attitrée. Il vous donc de mettre vos écouteurs à la couleur désirée. C’est assez particulier comme expérience puisque quand vous retirez vos écouteurs, il n’y a plus aucun son. Vous voyez alors une tonne de gens autour de vous danser en silence avec un casque sur la tête.
L’autre fait saillant de mon séjour à Palolem aura été de perdre 2 fois mon IPhone… et de le retrouver par hasard les 2 fois; une fois je marchais dans le sable et mon pied s’est buté sur lui et l’autre fois un gars faisait le tour des huttes pour savoir à qui appartenait le IPhone.
Après m’être offert des vacances dans les vacances durant 4 jours, j’ai dû me résigner à quitter ce petit coin de paradis. Pour ce faire, j’ai dû me donner un sérieux coup de pied dans le cul puisque la tête ne voulait rien savoir de repartir. J’aurais volontiers passé le reste de mes jours dans cet endroit, moyennant un gros 20$ de dépense par jour; chambre, repas, activités, bières, etc. compris.
Mais bon, mon fun n’aurait pas durée très longtemps encore puisque la saison touristique à Goa et les environs tire à sa fin à la mi-avril; beaucoup d’indiens, qui sont venus de partout au pays il y a 6 mois dans le but d’y trouver du travail, vont retourner chez eux. Les activités vont donc considérablement diminuer jusqu’à l’arrivé de la mousson en juin. À ce moment, la très grande majorité des huttes et restaurants, qui bordent la plage, seront démantelés afin de ne pas être endommagés, voir détruits, par les pluies torrentielles et les grands vents qui vont frapper l’endroit pour quelques mois. Après la mousson, de nouvelles huttes et restaurants feront leur apparition sur la plage et un nouveau Palolem prendra forme.
Au moment où j’ai appris cette information, j’ai songé un gros 2 secondes et demi à rester ici et devenir l’architecte en chef des travaux. Bon… de la manière dont ils construisent, je doute fort qu’ils voudraient d’un architecte dans les pattes et je ne me risquerais jamais à signer quelconque papier attestant de la sécurité des bâtiments.
J’ai donc remballé mon baluchon pour me diriger un peu plus au sud à Gokarna. J’étais bien naif de penser que j’allais ‘’restarter la machine’’ en allant à Gokarna. Je me suis plutôt ‘’enlisé’’ encore plus. Chaque chose en son temps, il faut à tout prix que je vous parle de mon trajet en bus jusque là.
En quittant Palolem pour Gokarna, 2 options s’offraient à moi; prendre le bus (moins couteux, qui arrive directement dans la ville, mais beaucoup plus long) ou prendre le train (plus rapide, mais plus couteux et qui arrive à environ 20km de ma destination). Si j’avais su qu’est-ce qui m’attendait en prenant le bus, j’aurais assurément fait un choix différent, mais la machine à voyager dans le temps et/ou la téléportation (où es-tu Scotty… référence geek à Star Trek) n’ont pas encore été intentés…
En vous épargnant les détails devenus routiniers à propos des transports collectifs en Inde (retard, etc.), disons simplement que je peux rayer de ma liste de chose à faire dans la vie ‘’faire 2 heures et demi de bus, rempli à pleine capacité et encore plus, debout dans une allée squeezé entre une grosse indienne et ses criss (excusez la) de gros chaudrons et un vieux papy avec les mains baladeuses (ses mains alternaient entre mes fesses et la poche contenant mon portefeuille). Disons que j’ai regretté pas mal tout le long du trajet avoir fait 2 heures de kayak plus tôt dans la journée.
Le moment fort du trajet a été quand le bus s’est arrêté sur le bord de la route pour prendre une vieille femme qui avait de la difficulté à marcher. Il faut savoir qu’à l’exception des stations de bus officielles, où le bus s’arrête 5min ou plus, à la minute où la personne qui veut monter à bord de l’autobus pose 1 pied dans les marches, l’autobus repart en trombe. Il y avait donc cette vieille femme… Quand le chauffeur l’a vu du coin de l’œil, il lui a tout de suite tendu la main pour l’aider. À ce moment, je me suis dit ‘’onnnnn, les indiens ne sont peut-être pas tous si cons que cela avec les femmes’’. Je n’ai pas eu le temps de finir de penser que la vieille dame avait un pied dans l’autobus, que le chauffeur lui lâchait la main et qu’il pesait comme un déchainé sur l’accélérateur. En 2 secondes, la vieille femme se retrouvait de tout son long dans l’allée. Fin de l’anecdote (désolé ce n’est pas un film de Disney…)
Malgré tout, il n’y a pas eu que des moments négatifs dans ce bus maudit. Entre 2 séances de collage avec la grosse indienne et papy, j’ai fait la connaissance d’une polonaise et d’un espagnol avec qui j’allais passer le plus clair de mon temps à Gokarna.
Pour ce qui est de Gokarna, eh bien c’est une ‘’belle’’ petite ville en bord d’océan. Elle se divise en 2 partie; la ville (qui comporte plusieurs maisons de style méditerranéens post apocalyptique) et la plage (environ 1km de long sans grand intérêt).
La partie la plus intéressante de Gokarna se situe le long de la cote un peu plus au Sud. On y retrouve 4 plages plus paradisiaques les unes que les autres; Kudle Beach, Om Beach, Half Moon Beach et Paraddise Beach. Chacune de ces plages est d’une dimension d’environ 1km de long ou mois et est enclavée dans les montagnes. Un sentier en flanc de montagne relie chacune d’entre-elle aux autres et cela prend environ 30min pour passer d’une à l’autre.
Om Sweet home
Suivant les conseils de Micha (la polonaise), qui en était à son 2ème séjour à Gokarna, nous nous sommes dirigés vers Om Beach.
Que dire de plus de cette plage sinon que c’est un véritable petit coin de paradis où la tranquillité est reine (pour vrai). Autant je pensais regretter longtemps mon départ de Palolem, autant ce n’était alors qu’un vague souvenir dès que j’ai posé les pieds là-bas.
Les habitations sont plus rudimentaires et beaucoup plus rares (ils ne sont pas entassées les unes sur les autres) à Om Beach en comparaison avec Palolem. La plage est donc dans un état quasi vierge puisque les bâtiments se fondent en grande partie dans les palmiers.
Si vous allez un jour là-bas, sachez que les meilleurs guesthouses se trouvent à l’autre bout de la plage. C’est un bon 15-20min de marche avec son sac à dos, mais cela en vaut la peine. Si il existe encore, allez au Nirvana Café (très clean, pas cher).
Au chapitre des activités à ne pas manquer, la promenade à flanc de montagne pour aller d’une plage à l’autre est un must et il ne faut pas manquer de prendre un bain de minuit dans l’océan. Oui, oui… vous pourrez alors admirer le plancton qui devient phosphorescent quand on brasse l’eau.
Sinon, l’autre moment fort de mon séjour à Om Beach fut d’assister à une ‘’course’’ de vaches pourchassées par des chiens sauvages sur la plage. Croyez-moi sur parole, il ne fallait pas rester sur leur chemin.
Au moment d’écrire ces lignes, cela fait environ 1 mois que je suis en Inde. J’ai perdu beaucoup de poids (mes muscles ont fondus à manger seulement de la bouffe végétarienne), mon bronzage s’améliore de jour en jour, j’ai toujours mon accent de cul en anglais et fort heureusement, je pense avoir encore toute ma tête (en tout cas, la partie de tête que j’avais au départ).
Je profite donc de cette chronique commémorant mon 1er mois dans l’enfer indien pour faire un rubrique nécrologique (mes grands disparus);
– À tout seigneur, tout honneur, ma casquette de Hockey Canada que j’ai stupidement oublié dans un train à Mumbai. ‘’Made in Bangladesh’’, je me faisais un plaisir d’aller là-bas afin de trouver celui qui l’avait fabriqué. Quelle retrouvaille cela aura fait… Repose en paix sur la tête d’un indien qui n’a aucune idée de qu’est-ce que le logo peut bien représenter. Voici donc une photo durant les jours heureux en sa compagnie (JR, si je pouvais te tagger, je le ferais).
– Mon savon. Il s’est sacrifié dans la fleur de l’âge afin de m’aider à retrouver ma vrai couleur de visage. Je t’en dois une cher ami… on se retrouve de l’autre côté. Euh, ben, bon, je crois que c’est le temps de finir cette chronique…
P.S. I – Généralement, quand un indien me demande comment je m’appelle, je répond Nicolas avec mon accent anglais de cul. La plupart des indiens comprennent alors ‘’necklace (collier)’’. Ils sortent alors leur face d’indien qui se questionne. Avant, je répliquait en simplifiant et en disant simplement Nik, mais encore là, plusieurs comprenaient ‘’neck (cou)’’. Je suis dorénavant passé au mode ‘’je m’en fou bien de ce que tu as compris anyway je ne te reverrais jamais’’.
P.S. II – À voir le nombre de vieil hippy qui se trouve en Inde, je crois que les pays occidentaux devraient envoyer un détachement pour les recenser. De ce fait, je suis pas mal certain que beaucoup d’enquêtes de disparition seraient résolues.
P.S. III – À mon arrivé en Inde, on m’avait parlé d’hommes qui se déguisaient en femme et que cela faisait ‘’peur’’ à une bonne quantité d’indiens naifs ou trop croyant. On m’avait ainsi raconté que pour éviter de se faire jeter un mauvais sort par ces hom…femme, les indiens préféraient leur donner de l’argent. Je croyais que c’était une invention jusqu’à ce que j’en fasse l’expérience il y a quelques jours dans un train. Trois femmes passaient dans le couloir et demandait de l’argent aux indiens. Je me demandais bien pourquoi la majorité d’entre-eux leur donnait de l’argent jusqu’à ce que l’une d’elle se tourne vers moi pour me quêter. C’est à ce moment que j’ai aperçu sa barbe de 3 jours. Illes n’était pas du tout content que je ne veuille pas lui donner de l’argent et brandissait une amulette en disant des choses incompréhensibles (anyway c’était en indien donc c’est à la base incompréhensible pour moi).Je termine présentement l’écriture de cette chronique en direct d’un restaurant directement sur la plage à Om Beach à quelques mètres de l’océan. Nous sommes au beau milieu de l’après-midi, mais comme à l’habitude, il fait beaucoup trop chaud pour être au soleil. Je quitte dans quelques heures via un bus de nuit pour Hampi. C’est à l’intérieur des terres, ce qui veut donc dire que les moments à relaxer sur la plage sont terminés… pour les 3 prochaines semaines héhé
P.S. IIII – Je suis très curieux de savoir qui peut bien lire mes chroniques depuis le début. N’hésitez pas les commenter, cela me fait hyper plaisir de vous lire. Si vous pensez qu’il y aurait des choses à améliorer, ne vous gênez surtout pas. Si vous avez des conseils au niveau de la syntaxe… eh bien gardez-les pour vous héhéhé
Bon…fini les P.S. @+
Épisode 5 – On prend toujours un train…
À la fin de ma dernière chronique, je mentionnais que j’étais sur le point de prendre un train de nuit pour Ahmedabad avec l’intention d’y passer 1 journée, pour ensuite mettre le cap sur Mumbai dès le lendemain. Ça c’était la théorie… et comme tout le monde le sais, la pratique est bien souvent très différente Entre mon départ de Udaipur et mon arrivé à Mumbai, j’ai plutôt pris des décisions sur des coups de têtes et j’ai visité 3 villes, 2 sites touristiques majeurs en Inde, pris 3 train de nuit (durée de 8, 9 et 11 heures respectivement), pris 1 train de jour (durée de 3 heure) et fait 2 trajet de bus de 6 heures chacun… en 4 jours.
Pourquoi? Ne vous inquiétez pas, je vais tout vous expliquer, mais d’abord, j’aimerais vous parler du système ferroviaire en Inde.
La première chose à savoir à propos de ce système est que c’est TRÈS COMPLIQUÉ (je crois que ça bat à plate couture la fonction publique canadienne et québécoise). Cela peut entrainer beaucoup de confusion lors des premiers jours ici et je crois qu’il faudrait toute une vie pour assimiler la tonne de règlements. Vous pensez avoir un billet de train et finalement vous ne pouvez pas prendre le train…
Il y a donc 2 types de trains; les trains de jour (généralement de courte durée) et les trains de nuit (pour les trajets de longue durée avec des couchettes). Pour ces 2 types de trains, il y a différentes classes.
Pour les trains de nuit, il y a AC1 (1ère classe air climatisé), AC2 (2ème classe air climatisé), AC3 (3ème classe air climatisé), Sleeper (wagon couchette sans vitre et sans air climatisé qui ressemble à un dortoir miteux) et la 2ème classe (sans air climatisé et sans couchette…juste des bancs). Les 3 classes AC sont généralement occupées par des indiens aisés, tandis qu’on retrouve la classe moyenne indienne dans la classe sleeper. Pour ce qui est de la 2ème classe, c’est la classe du ‘’peuple’’… donc occupé par les indiens pauvres (donc la majorité des indiens). Cette dernière classe ne nécessite aucune réservation à l’avance (1er arrivé, 1er servi…vous devriez voir les indiens se précipiter dans cette classe quand le train arrive en gare…ils ne laissent même pas le temps à ceux déjà à l’intérieur de sortir). Je ne conseille à aucun voyageur de prendre cette classe. La grande majorité des backpackers comme moi voyagent soit en classe AC3 ou en Sleeper. Pour ce qui est des trains de jour, c’est beaucoup plus simple, il y a une classe avec air climatisé et une sans.
Ça, c’est la partie facile à comprendre. Là où ça se corse c’est en ce qui concerne le système de réservation. Ce qu’il y a à savoir c’est qu’en Inde, la majorité des billets de train sont mis en vente 90 jours avant le départ des trains. Une pratique assez courante chez les indiens est de réserver plein de billets sur différents train dans la période où ils pensent partir en voyage. Quand le moment arrive, ils sélectionnent le train qu’ils veulent prendre et annulent toutes les autres réservations.
Cela rend donc les voyages improvisés au jour le jour plus difficile à planifier (il y a certains moyens, mais je n’en parlerais pas ici). Pour ce qui est des trains de jour, la situation n’est pas trop problématique et il est facile de se trouver un billet le jour même. Pour les trains de nuit, c’est une autre histoire; il faut généralement réserver au moins 2-3 jours à l’avance et encore là, ce n’est pas sur que vous aurez votre train.
Le système fonctionne donc ainsi; vous sélectionner votre train et si celui-ci contient encore des places disponibles, vous achetez votre billet et le tour est joué. Si par contre le train est complet, vous pouvez acheter un billet sur la liste d’attente et espérer qu’il y aura des cancellations. Pour vous donner un exemple, en bookant mon train l’autre jour, j’étais 90ème sur la liste d’attente avec 2 jours à faire et le jour du départ j’avais une place assurée. Pour ajouter à tout cela, il y a des billets RAC qui font en sorte que les 1er sur la liste d’attente peuvent entrer dans le train sans avoir de siège.
Malgré tout ce que j’ai pu écrire ci-haut, le système de train en Inde est assez efficace et on peu aller presque partout. Il représente donc le meilleur moyen pour voyager à l’intérieur du pays.
C’était donc la petite histoire du système ferroviaire indien. J’ai simplifié au maximum, mais sachez qu’il y a beaucoup d’autre éléments à prendre en compte. Si vous voulez d’autres renseignements, n’hésitez pas à me contacter. Pour tous ceux qui n’ont absolument rien compris à ce que je viens d’expliquer, sachez que c’est tout à fait normal.
Bon, passons maintenant à l’histoire. J’étais donc à vous expliquer mes 4 journées d’enfer entre le moment où j’ai quitté Udaipur et le moment où je suis arrivé à Mumbai.
J’ai tout d’abord pris un train de nuit en direction d’Ahmedabad. J’avais réservé une couchette en classe sleeper et j’étais le seul blanc dans un wagon rempli à pleine capacité d’indien. J’allais donc passer un beau 8h dans un environnement restreint avec mes amis indiens. Ça allait donc être ma prison…euh maison pour la nuit. Excusez le lapsus, c’est probablement les barreaux aux fenêtres qui m’ont confondus en erreur. Le peu d’aversion aux choses dégueulasses qu’il me restait encore depuis mon arrivé en Inde allait donc rester sur la plateforme no.4 de la gare de Udaipur pendant que j’allais continuer mon chemin vers le sud de l’Inde. Contre toute attente, cette nuit dans le train fut ma meilleure nuit jusqu’à maintenant en Inde; le brasement et le son du train avaient un effet reposant sur moi.
Maintenant, que dire d’Ahmedabad, sinon que cette ville devrait être rayée de tous les guides de voyage. Pour ceux qui ont un guide sur l’Inde, on va faire un petit jeu. Ouvrez votre livre aux pages parlant d’Ahmedabad. Prenez ensuite le coin supérieur de ces pages avec votre main droite. Serrez les doigts…et donnez un coup sec. C’est le meilleur truc que je peux vous donner à propos de cet endroit.
Pour être plus précis, c’est le premier endroit où je n’ai pas pris de photos. Ce n’est pas compliqué, le coin le plus touristique de la ville n’a rien de touristique. J’ai été dévisagé plus souvent dans cette journée que durant tout le reste de mon voyage combiné. C’est maintenant clair pour moi, ils devaient tous se demander; ‘’mais qu’est-ce qu’un blanc peut bien faire ici?’’. L’absence de touriste s’explique aussi par le fait qu’il est interdit de vendre ou de boire de l’alcool dans cette région de l’Inde.
C’est donc en très grande partie dû à ma volonté de quitter au plus vite cette ville que je suis arrivé à Mumbai 3 jours plus tard que prévue. À peine quelques heures après avoir posé les pieds dans cette ville, j’ai décidé que j’en avais assez et je me suis présenté à la gare pour voir si il ne serait pas possible de me retrouver sous d’autre cieux. Mon guide de voyage mentionnait de se présenter au guichet 6 (service pour les touristes), ou encore d’aller à l’info touristique à même la gare. J’étais donc assez confiant. C’était cependant avant de m’apercevoir que le guichet no.6…et l’info touristique étaient tous les 2 fermés. Entre vous et moi, ce n’est pas très surprenant parce que j’étais assurément le seul touriste non indien dans la ville. Quelques minutes de panique et d’hyper ventilation plus tard, j’ai décidé de faire la queue comme tous les autres. Après m’être fait dépassé par beaucoup d’indien, j’ai décidé de moi aussi jouer du coude et j’ai finalement pu remplir un formulaire pour booker un train et le tour était joué (c’était beaucoup plus compliqué que ce que je viens de décrire, mais bon…). Ce qu’il y a à savoir c’est que j’ai donc pris un train de jour pour Vadadora (2h au sud) avec comme intention d’aller au site archéologique Champaner and Pavagadh le lendemain.
Petite remarque en passant comme cela; je ne sais pas qui a bien pu inventer l’expression ‘’faire la file indienne’’, mais il devait être soit complètement chaud ou sur l’acide. Cette expression ne tient pas la route puisque tous et chacun vous dépassent sans aucun remord.
La prochaine portion de mon article pourrait très bien s’appeler ‘’Champaner et Pavanadh… ou l’art d’aller où aucun autre touriste blanc ne va’’.
Ça mange quoi en hiver cet endroit? D’une part, Champaner est une ancienne cité fortifié comprenant quelques très belles mosquées. De l’autre, Pavanadh (je ne me rappelle jamais comment prononcer ce mot) est une montagne ayant un dénivelé d’un peu plus de 700m et ayant comme point culminant un temple. En fait, ce lieu jure beaucoup avec le reste du paysage entièrement plat de la région. Le site me faisait beaucoup penser au Mont St-Bruno (en beaucoup plus gros) près de Montréal; une montagne déposé au milieu de la plaine sans trop savoir pourquoi.
Avant de monter la montagne et admirer les temples, il fallait que je m’y rende (à 50km de Vadodara). L’option la plus sur…et très couteuse…était de prendre un chauffeur. J’ai donc décidé de ne pas écouter ma raison et de prendre le bus de ville.
Résultat? Ce n’est pas si mal. Ma plus grande crainte était de savoir si j’avais pris le bon bus puisque tout était écrit en indien et que personne ne parlais anglais. Ce fut heureusement plus de peur que de mal.
Arrivé à bon port, j’ai commencé à stresser pour mon voyage de retour puisque ce n’était pas une station de bus, mais plutôt une route où le bus arrêtait 2 secondes pour laisser monter/descendre les passagers. First thing first, j’ai décidé de m’attaquer à la montagne en me disant que le problème allait se régler par lui-même au fur et a mesure que la journée allait avancer.
Il faut savoir qu’il existe quelques possibilités pour gagner le sommet. D’une part, on peu prendre un sentier de haut en bas. D’un autre, il est possible de prendre un taxi jusqu’à mi-chemin et ensuite rejoindre le sentier. Enfin, il existe un funiculaire à mi-chemin pour les plus fainéants. J’ai choisi quoi vous pensez?
Tou ti tou ta tou ti tou ta tou ti tou ta touu; le sentier… que j’ai appelé gentiment mon chemin de Compostelle.
Après avoir regretté mon choix pendant la première heure (après 3 semaines en Inde à manger uniquement de la nourriture végétarienne, ma forme physique en a pris un coup), j’ai finalement été récompensé par la présence de plusieurs ruines tout au long du sentier jusqu’à la mi-hauteur et qui auraient été impossible à voir/visiter si j’avais pris un taxi.
À partir de la mi-hauteur, le sentier devient un bazar et vous devez passer au travers des vendeurs, etc. C’est donc dire que je ne pouvais même pas avoir la paix des indiens en faisant un trek.
Après 2-3 heures de souffrances, je suis finalement arrivé au sommet. J’ai eu droit à un super spectacle en ayant un 360 degrés de la région.
En descendant, j’ai décidé de me gâter un peu en prenant le funiculaire. Cette décision a été salutaire pour le reste de ma journée puisque j’ai littéralement été adopté par une famille indienne. Ils ont tout d’abord commencé par me demander une photo individuelle avec chacun des membres de la famille (6 personnes… mais bon, j’attendais le funiculaire à côté d’eux, qu’est-ce que je pouvais faire d’autre).
La demande est venu du père dans un anglais très fluide et j’ai été très surpris par le choix de mots qu’il a décidé de prendre: ‘’ you are the most awesome men I ever met, can we take a picture with you? (vous êtes le plus bel homme que j’ai jamais rencontré, est-ce qu’on peut prendre une photo avec vous?)’’. Ahahahah.
Si il y a bien une chose que je ne m’attendais pas à me faire dire à ce moment c’était bien un compliment de la sorte. J’étais en sueur de la tête au pied, complètement exténué, mon chandail et ma casquette avaient plein de cerne et on me faisait un compliment de la sorte.
C’était donc très difficile de dire non après une telle demande (dommage que ce soit venu d’un homme). Ce que je ne savais pas à ce moment, c’est que ces photos allaient faciliter mon retour en ville. Sorti du funiculaire, ils m’ont payé un taxi jusqu’en bas de la montagne pour ensuite me pointer le bon bus à prendre. J’ai même eu ma première demande d’amitié sur facebook de la part du plus jeune. Il tenait absolument à devenir mon ami alors je lui ai donné mes vrais coordonnés. On verra bien qu’est-ce que ca va donner. Il fera surement une crise de cœur en regardant toutes mes photos de voyage quand il est confiné à vivre dans un dépotoir.
Concernant la descente en taxi (plutôt un jeep), elle valait le déplacement à elle seule. Sur le siège avant, dans un endroit où je voyais un maximum de 3 personnes, nous étions 6. J’avais un grand-père assis sur moi en plus d’être squeezé sur la porte côté passager. Tout cela, pour descendre une route hyper sinueuse à pleine allure. J’ai passé toute la descente à prier pour une seule et unique chose; que la porte ne s’ouvre pas.
Revenu à Vadodara le soir même, j’ai décidé sur un autre coup de tête de prendre un train de nuit (à ma grande surprise, il y avait de la place) le soir même pour Jalgeon, dans le but d’aller aux grottes d’Ajanta le lendemain.
Durant ce train, encore une fois en classe sleeper, tout allait très bien. Pendant qu’un bon 75% des indiens dormaient… l’autre 25% épiaient tous mes faits et gestes (j’étais encore une fois le seul blanc dans le train). Tout allait donc super bien jusqu’à environ 1h avant l’arrivé de mon train à destination. Je savais que mon train avait pris beaucoup de retard, j’étais donc un peu nerveux à l’approche de l’heure fatidique. Chaque ralentissement du train me faisait craindre le pire. C’était comme dans les dernières heures précédant un gros examen à l’école; tu as hâte que ce soit fini, mais tu ne veux pas que le moment arrive.
C’est environ à ce moment que quelque chose de magique s’est produit; les quelques 5 indiens à qui j’avais demandé si c’était le bon train (quand j’étais encore en gare) et/ou si ma station était sur le point d’arriver sont tous venus me dire que je devais débarquer à la prochaine station dans un espace de 5 minutes. La plupart d’entre-eux n’étaient même pas dans mon wagon, c’est donc dire qu’ils se sont donné beaucoup de mal pour m’aider. Cette grande générosité de leur part a vraiment secoué la mauvaise opinion que j’avais à propos d’eux. Bon, j’ai toujours une mauvaise opinion des indiens (ce sont de véritables tâches), mais il y a un peu de bien héhé.
Je suis donc arrivé à Jalgaon gonflé à bloc. Pour une fois, tout fonctionnait. J’avais même réussi à avoir une chambre dans l’hôtel que je voulais (une rareté jusqu’à maintenant). Cependant, le gérant a quelque peu (beaucoup) cassé mon fun en m’annonçant que les grottes d’Ajanta étaient fermées le lundi (donc le lendemain). Caliss… Il m’a dit que c’était écrit noir sur blanc dans le lonely planet. Après relecture, je dois lui donner à moitié raison. C’est mentionné; ‘’ouvert du mardi au dimanche’’ et non FERMÉ LE LUNDI. Et puis après, même si j’avais lu la note, cela fait bientôt 2 semaines que j’ai perdu la notion du temps; je fonctionne avec la date et non les jours de la semaine. J’aurais donc probablement fait la même erreur en ayant eu l’information.
Ce petit contretemps foutait en l’air mes plans. J’avais l’intention de visiter Ajanta le lendemain pour ensuite prendre un train de nuit pour Mumbai le soir même, le tout afin d’aller accueillir mes amis François et Pascale à l’aéroport le 26. Il était donc hors de question que je reste un jour de plus là-bas.
Vous faites quoi si vous vous trouvez au milieu de nulle part dans le seul et unique but d’aller visiter l’un des sites les plus visités de l’Inde, qu’il est fermé ce jour là et que vous avez un billet de train pour quitter l’endroit le soir même? Ceux qui ont dit : se lever à l’aurore, prendre un bus durant 6heures pour aller voir un site similaire (les grottes d’Ellora… qui sont aussi un site touristique très visité en Inde), visiter le site, reprendre le même bus pendant 6 heures pour revenir au point de départ, prendre un train de nuit en fin de soirée et arriver à Mumbai à l’aurore le lendemain… vous gagnez. Ce n’est pas compliqué, c’est comme si je m’étais réveillé un bon matin au Lac-St-Jean, que j’étais monté à Montréal pour visiter le planétarium et que tout de suite après j’étais revenu au Lac.
Pendant que j’y pense, il faudrait un jour penser à inventer un nouveau mot pour décrire la vitesse des transports en commun en Inde (je suppose que c’est partout pareil en Asie) puisque le mot lent n’est pas assez fort. Le trajet de bus 6h allé et 6h retour était pour une distance de 140km… Tant qu’à y être, même les trains express qui sont affublés du terme »super fast » sont lents. L’autre jour j’ai fait 400km en 9h.
Concernant maintenant les grottes d’Ellora. Le meilleur moyen de vous décrire cet endroit est de faire un petit bricolage. Allez laver vos mains et je vais tout vous expliquer par la suite.
Vous avez donc besoin d’une montagne (préférablement avec de la roche non friable et pas trop d’arbres sur le dessus), des mains avec de très long ongles…ou des outils, beaucoup de volonté et pas mal d’imagination. Vous prenez donc la montagne et vous y sculptez 34 temples plus impressionnant les uns que les autres (bon, je l’avoue, il y en a une dizaine d’assez ordinaire). Voila votre bricolage terminé.
Plus sérieusement, ces temples, qui ont été sculptés entre le 6ème et 9ème siècle (me rappelle plus si c’est avant ou après J.C.) sont des endroits très importants pour les religions hindou, bouddhiste et jainisme. On m’a expliqué que la religion bouddhiste s’est principalement développée en Inde avant de se faire chasser de là par les musulmans. Ils se sont ‘’réfugiés’’ au Népal, Tibet et en Chine. En Inde aujourd’hui, la religion bouddhiste compose une très petite tranche de la population.
Lors de cette journée, une chose que j’aurais cru impossible s’est produite; j’ai passé la journée (et je suis devenu ami) avec un couple de chinois très sympathique (oui oui, chinois et très sympathique dans la même phrase). J’ai aussi sympathisé avec un moine bouddhiste (avec la toge et tout le tralala) en vacance en Inde. Il prenait plein de photo avec son iphone et avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles.
Je suis donc retourné à Ajanta en fin de soirée où j’ai finalement pu prendre mon train de nuit pour Mumbai. Fin de l’histoire… pour l’instant.
Les derniers jours ayant nécessité beaucoup de déplacements en train/autobus, cela a fait ressortir un grand sentiment de vulnérabilité et dépendance aux autres. Ce n’est pas compliqué, je dois me fier sur les indiens la plupart du temps… surtout dans les trains.
Une fois à bord d’un train, il y a peu ou pas d’indication sur l’endroit où le train est rendu. Le seul point de repère pour avoir une idée de quand on arrive c’est l’heure d’arrivée prévue sur le billet. Par contre, je ne sais jamais si le train a été plus vite que prévue (j’en douterais, mais c’est arrivé une fois jusqu’à maintenant), ou s’il a pris du retard (ce qui est très fréquent). Ma plus grande crainte est de débarquer au mauvais endroit et de me retrouver au milieu de nulle part sans internet et/ou avec personne qui parle anglais pour m’aider. Je peux vous dire sans hésiter que la chose qui me manque le plus jusqu’à maintenant du Québec est d’avoir mon iphone connecté en permanence à internet. Quelle délivrance ce serait d’être dans un train au milieu de nulle part, d’ouvrir google maps et de peser sur le piton localisation pour m’assurer que je suis toujours sur le bon chemin et/ou si la prochaine station est la bonne. Bref, pour un autodidacte orgueilleux comme moi, ce n’est pas la chose la plus facile à accepter. J’imagine que cela fera de moi une meilleure personne (long soupir)…
Aussi, j’ai habituellement beaucoup de facilité à m’orienter, mais ici ce n’est pas le cas. En fait, mon seul point de repère est le soleil (en début ou fin de journée, parce qu’en milieu de journée il me fourre plus qu’autre chose). Avant de partir pour quelque part, je regarde sur une carte dans quelle direction cela se trouve et je peux au moins me rassurer un peu que le bus ou le train part.
Ne vous inquiétez pas, je ne vous laisserais pas sur cette note mélo-dramatique. J’aimerais plutôt vous entretenir d’une dernière chose qui me fait bien rire.
En occident, il y a les personnes »normales » et les végétariens. En Inde, la grande majorité des Indiens sont végétariens (sauf les islamiques…si vous voulez manger de la viande, promenez vous près des mosquées). Dans le même ordre d’idée, ici la vache est sacrée. Ils les considérèrent comme étant des réincarnations de leur mère décédé (ou quelque chose comme cela). Ce n’est donc pas une insulte de traiter une femme de vache ici…euh… je m’égare.
Sur les panneaux des restaurants, c’est donc très souvent marqué veg (végétarien) ou non-veg (non végétarien). C’est très important puisque pour certains indiens vraiment à fond dans leur religion, c’est absolument impensable de manger dans un restaurant servant de la nourriture non végétarienne ou encore de manger dans une même cafétéria que quelqu’un ayant apporté un lunch non végétarien. L’anecdote me vient d’un étudiant européen en échange à Delhi. Il s’est faut convoquer au bureau du recteur de l’université parce qu’il avait apporté et mangé du PFK à la cafétéria de l’université…oufff.
P.S. Certains indiens plus gêné s’invente des prétextes pour venir me parler. L’autre jour dans le train, un indien était tout fier de me faire jouer ‘’hit me baby one more time’’ de Britney Spears en me disant ‘’good music from your country’’…
Épisode 4 – Bons baisers de… Udaipur
Bon, je ne suis plus à Udaipur, mais j’ai quand même gardé le titre. Pour les amateurs de James Bond comme moi, vous aurez peut-être compris l’allusion; le film Octopussy (Roger Moore – Année 70) a été tourné en parti dans cette ville. Pour les autres, eh bien ce n’est pas plus grave.
Nous en étions donc au lendemain de ma dernière nuit mouvementée à Jaisalmer. Après avoir fait un finger au manager de l’hôtel, j’ai mis le cap sur Jodhpur.
Cette ville représentait simplement un passage obligé en route vers Udaipur et j’en savais peu sur elle. Quelle ne fut pas ma surprise de lire dans mon livre qu’il y avait un palais (eh ben… ça fait changement) et qu’il était sois disant M A G N I F I Q U E… Zzzzzzz. Entre vous et moi, cela fait déjà un bon moment que le naif en moi (prendre pour du cash tout ce qu’il y a d’écrit dans mon guide) est désabusé; à en croire le lonely planet, chaque ville, fort, palais et/ou temple seraient la 7ème ou 8ème merveille du monde. Après cette lecture très inspirante, j’avais comme plan de me diriger directement à l’hôtel et y dormir le plus longtemps possible.
C’était le plan avant de voir la ville à l’horizon, ou plutôt le palais. Que dire de plus que; WOW. Perché en haut d’une montagne au beau milieu de la ville, il domine complètement celle-ci. J’ai donc remplacé mon plan initial pour plutôt aller piquer jasette avec ses vieilles roches. Sinon, que dire de plus à propos de Jodhpur sinon qu’en me promenant dans les rues, j’ai eu l’impression que la ville est plus »civilisé » que les autres villes indiennes où je suis allé depuis le début de mon séjour. C’est sale, mais moins qu’ailleurs et ca a l’air plus organisé (le trafic n’est pas chaotique).
Le jour suivant, j’ai repris la route pour Udaipur. Ce jour là, j’étais au bout du rouleau… exactement le genre de jour où vous ne voulez pas être en voyage. J’aurais donné beaucoup pour être dans mon ‘’ancien’’ salon à rien faire. J’avais essentiellement besoin d’un break; plus de bazars, plus de klaxons, plus de mendiant qui me demande de l’argent constamment… plus d’Inde pour une journée.
Je ne pensais pas qu’un endroit comme cela existait, encore moins à proximité de où je me trouvais à ce moment… jusqu’à ce que je tombe sur Ranakpur en parcourant les pages de mon guide sur Udaipur et ses environs. À environ 75km au nord d’Udaipur, Ranakpur y était décrit comme une petite station balnéaire où la tranquillité était reine. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. Après tout, qu’est-ce que j’avais à perdre; au pire, ce serait comme partout ailleurs et au mieux…eh bien, ce serait mieux.
Une fois sur place, il ne me fallut pas plus de 5 minutes pour réaliser que c’était…véritablement un havre de paix. Aucun bruit, à l’exception de ma peau qui cuisait au soleil et le bruit des oiseaux.
Cela dit, après 2 heures, j’en avais mare de cette tranquillité. J’ai donc décidé d’aller visiter le temple de l’endroit; le Chaumukha Temple.
Vieux de plus de 500ans, le temple est beau, mais sans plus de l’extérieur. J’étais donc un peu déçu, mais tant qu’à avoir payé, j’ai décidé d’aller faire un tour à l’intérieur. Quelle ne fut pas ma surprise…
De tous les endroits (temple, palace, fort, name it) où je suis allé en Inde jusqu’à maintenant, c’est sans aucun doute le plus beau intérieurement parlant. Entièrement fait de marble blanc, absolument tout ce qui se trouve à l’intérieur (colonnes, voutes, etc.) a été sculpté avec soin. On se sent envahi d’une paix intérieure (non je ne deviens pas hippie) en le parcourant. Ce n’est pas compliqué, j’avais le gout de m’endormir adossé sur une colonne tellement j’étais bien. On m’aurait proposé d’acheter une statue 100% authentique (euh…) de Dumbo le dieu de La pesanteur que j’aurais dit oui.
En plus, ceux qui ont construit le temple était de véritable petits pervers (sarcasme). Ils ont sculpté plein de personnages tirés tout droit…du Kâma-Sûtra sur les murs. Je ne l’ai pas inventé, c’est le gardien du temple avec un grand sourire qui me l’a dit. Même sans son aide, vous comprenez assez vite si vous vous attardez un peu aux personnages. Bref, ce n’est vraiment pas le plus connu des temples du pays, ni le plus long à visiter (30min en se trainant les pieds suffisent pour faire le tour), mais il vaut définitivement le détour.
C’est donc bien reposé que j’ai posé les pieds dans la capitale romantique de l’Inde; Udaipur. Cet endroit n’a pas volé son ‘’titre’’. À peu près tout est charmant dans cette ville; de beaux quartiers amusant à parcourir, un palais grandiose (de l’extérieur et du haut de la montagne voisine parce que l’intérieur il ressemble à tous les autres palais), 2 îles/palais et un panorama à couper le souffle pour le coucher de soleil. Seul hic, c’est en Inde…il y avait donc des indiens.
J’ai profité de cette halte pour me dégourdir les jambes et marcher dans toutes les petites rues que je pouvais trouver. J’ai aussi fait comme tout bon touriste qui se respecte à Udaipur; j’ai fait une croisière sur le lac pour voir l’ensemble d’un point de vue différent et pour aller sur l’une des 2 iles palais.
Autrement, en ce qui me concerne, tout va toujours bien dans le meilleur des mondes. Bon, pas le meilleur des mondes, mais je vais faire avec ce que j’ai sous la main…l’Inde. J’ai présentement une écoeurantite aigue de la musique indiano-techno-bizarre que j’entends par-ci par-là depuis un certains temps. Vous prenez la musique de DJ Tiesto (qui est soit dit en passant très populaire ici), vous y ajoutez Édith Piaf chantant en duo avec Bruno Lapointe (tsé le frère de l’autre) et vous aurez une petite idée de ce qui peut jouer ici (j’exagère…un peu…à peine…croyez moi dont sur parole…pas sur que ce soit une bonne idée de me croire sur parole…ahhh pis allez dont c?%er).
Sinon, c’est fou comment l’eau est devenu un élément central dans ma journée. Si je n’ai pas une bouteille dans mon sac, je suis constamment à la recherche d’une nouvelle. Un autre des éléments que nous les nord-américains prenons pour acquis, mais qui est loin de l’être pour beaucoup de monde sur cette terre.
Autrement, j’ai depuis quelques jours accepté l’inévitable; je serais un jour ou l’autre frappé par une voiture/moto/tuk-tuk. Depuis que j’ai accepté la situation, je me sens beaucoup mieux. Je marche dans la rue au travers du chaos comme un véritable indien, c’est-a-dire complètement insouciant. Entre vous et moi, si j’avais à choisir par quoi je serais frappé, je choisirais une moto qui viendrait en sens inverse. Comme ca, je pourrais lui faire une belle corde à linge ou tendre mon poing dans sa figure comme dans le temps des chevaliers. Il encaisserait toute la frustration que j’ai envers les indiens depuis mon arrivé ici. .
Pour terminer, l’autre soir, je suis allé souper dans un charmant petit restaurant familial (Il faut parfois laisser de coté son livre de voyage et se fier à son instinct). Cela m’a permis de discuter longuement avec l’un des fils. J’ai été complètement abasourdi d’apprendre qu’il avait seulement 17 ans (il avait l’air d’un homme), que son père avait 35 ans (il avait l’air d’en avoir 50) et que sa mère avait…30 ans (je lui en aurais donné au moins 60-70) Cela veut donc dite qu’elle a eu son enfant a 12-13ans. Depuis mon arrivé ici, j’avais beaucoup de difficulté à évaluer l’âge de gens, je n’aurais jamais imaginé me tromper autant.
Au moment où j’écris ces mots, cela fait un peu plus de 3 jours que je n’ai pas vus de visages familiers (des touristes comme moi). Je vis donc pleinement mon dépaysement (rire jaune). Autant je n’aimais pas trop les destinations trop touristiques comme Udaipur, Jaisalmer ou Pushkar parce qu’il y avait trop de blanc, autant maintenant je m’ennui de tout cela. Comme on dit, l’herbe est toujours plus belle chez le voisin.
Toute bonne chose ayant une fin, je quitte Udaipur ce soir avec un train de nuit pour me rendre à Ahmedabad. Je devrais y passer une petite journée pour ensuite mettre le cap sur Mumbai.
La suite dans un prochain épisode près de chez vous… en fait, loin de chez vous.
Épisode 3 – Last call à Jaisalmer
J’ai écris mon Épisode 2 en fin d’après-midi lors de ma dernière journée à Jaisalmer, au moment où je croyais en avoir fini avec cette ville.
Mon intention initiale était d’écrire ma prochaine chronique à Mumbai dans 1 semaine, mais ma dernière soirée à Jaisalmer fut haute en couleur et mérite d’être racontée.
Certains éléments vous sembleront tirée par les cheveux, mais sachez que je n’ai pas tout compris moi non plus. J’étais pourtant complètement ajun (difficile à croire, mais vrai).
…
Fast-foward sur une journée plutôt ennuyante (avec la chaleur qu’il faisait, il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire), pour se transporter vers 10h du soir alors que je faisais jouais au carte en compagnie de 3 allemandes, 2 suissesses et un couple d’australien complètement saoul. Le perdant devait sauter dans la piscine complètement habillé.
En bon gentlemen, je décidais de perdre la partie (euh). À ma décharge, le jeu était allemand. J’en entends déjà dire que les jeux de cartes sont universels. Je vous répondrais simplement; ‘’vous étiez là?!?’’.
Je m’égare…
Je me suis donc exécuté en faisant mon plus beau flat. Au moment où tout le monde était sur le point de me rejoindre dans la piscine, le directeur de l’hôtel, escorté par 2 polices, est venu me sommer de sortir de la piscine, de faire mes bagages et de quitter l’hôtel sur le champ. C’était la première fois que je voyais un indien fâché. Malgré la situation, j’avais beaucoup de difficulté à ne pas lui rire dans la face en l’entendant casser son anglais et chercher ses mots, tout en restant fâché.
Quelques minutes plus tard, j’étais donc au milieu de la rue en plein milieu de la nuit, avec mon sac sur le dos et en quête d’un nouvel hôtel…
Nahhhh…vous pensez vraiment que je suis assez con pour avoir capitalisé sans me défendre un peu. La vérité c’est qu’après m’être fait sommer de quitter l’hôtel, j’ai eu une discussion très constructive (euh… j’ai oublié le mot »anti ») avec le manager. Je l’avoue, quelques mots de français ont pu m’échapper par-ci par-là (pas les plus beaux);
Moi – Pourquoi mon tab*&n&k ?!?
Le directeur – Vous avez causez du désordre public!
Moi (du tac au tac) – Première fois que j’entends parler d’un ordre public en Inde!!!
Directeur – Fait une face de monsieur pas content après la réponse que je viens de lui dire…
Je vous épargne la suite de la discussion puisque c’était sans intérêt. Cela alternait entre des gros mots français et un indien fâché parlant un anglais cassé.
L’important à comprendre c’est qu’il voulait que je quitte l’hôtel sur le champ parce que j’avais sauté dans la piscine en dehors des heures d’ouverture (je vous jure que je n’ai rien fait d’autre).
Mes amis du moment n’en revenait pas de mon ‘’châtiment’’. J’ai même dû retenir mon nouveau copain australien d’aller péter la gueule du directeur (oui oui, le gars qui a la mèche courte habituellement a joué le rôle de modérateur).
Au final, j’ai réussit à négocier une trêve avec le directeur; j’allais regagner ma chambre sur le champ et ne plus la quitter de la soirée. Je trouvais le deal excellent puisque je me disais qu’après avoir passé 10 minutes dans ma chambre, le directeur se serait tanné et serait retourné se coucher. Je pourrais ainsi aller retrouver les autres sur le bord de la piscine. Or, c’était prendre les indiens pour plus stupide qu’ils en ont l’air; un policier indien a surveillé ma chambre toute la nuit!
L’histoire se termine donc ainsi (ce n’est pas un film de Disney).
…
Je vous entends déjà penser; ‘’ben oui Paré, t’as juste sauté dans la piscine et les policiers sont débarqués’’. OUI!!!
Depuis le début de mon voyage, je n’ai pas pris une goute d’alcool et j’ai (jusqu’à maintenant) toujours gardé mon sang froid.
Le plus drôle dans tout cela, c’est qu’on m’a accusé de troubler l’ordre public. Depuis 2 semaines que je suis en Inde, en aucun temps, je dis bien AUCUN, j’ai assisté à quelconque chose qui pourrait ressembler à un ordre public. Des chiens sauvages jappent toute la nuit, on entend des voitures/tuk-tuk klaxonner toute la journée, il ne manque pas un coin de rue sans voir un itinérant et/ou des animaux sauvages, et les villes sont de véritables dépotoirs à ciel ouvert… mais moi, un touriste sans histoire qui saute dans la piscine tout habillé… ouuuu, ça, ça ne passe pas.
…
Je suis présentement sur la terrasse de mon hôtel à Udaipur, sur le bord d’un magnifique lac. Je quitte pour Ahmedabad demain soir et je ferais possiblement un stop à Vadodara avant de gagner Mumbai le 25-26 mars.
Jusque là, j’espère qu’il ne fait pas trop froid au Québec…si oui, c’est votre problème!
…
P.S. J’ai fait un beau doigt d’honneur au directeur de l’hôtel en lui remettant la clé de ma chambre le lendemain matin. Je crois que ce geste n’a pas la même signification en Inde puisqu’il m’a répondu avec ‘’Namaste (bonjour/au revoir)’’.





















































